ALBERTO GRANADO (1922- 2011)

Le Monde :

« Alberto Granado, le biochimiste argentin qui avait accompagné Ernesto Che Guevara pendant une tournée à moto dans plusieurs pays d’Amérique latine dans les années 50, est mort, samedi, à La Havane. “Ce matin, à l’âge de 88 ans, est mort subitement, dans notre capitale le camarade Alberto Granado, ami inséparable du Commandant Ernesto Guevara”, précise le communiqué lu à la télévision cubaine. »

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49 réflexions sur « ALBERTO GRANADO (1922- 2011) »

    1. encore un complot des capitalistes impérialistes, ils ne cessent de ramener des tournées !

  1. Grace au film Motercycle diaries, j’ai compris que Che Guevarra n’était pas que une mythe/legende mais une homme qui a vraiment existé. Après j’ai lu un biographie de John-Lee Anderson par mieux approche à l’homme.

    Le personage dans le film d’Alberto Granado est fortement sympathique en peut plus que Che Guevarra qui a des éléments “fanatiques”.

    1. L’un fut un personnage majeur de la symbolique révolutionnaire du XXe siècle, l’autre joua un rôle beaucoup plus modeste. Mais ne vous y trompez pas, ils furent d’accord en tout. Quant à l’aspect “fanatique” du Che (il se trouve que je vis à quelques centaines de mètres de sa maison natale), un regard, même rapide, sur les formes moyenâgeuses de domination oligarchique et impérialiste de l’époque en Amérique latine devrait vous permettre de lui accorder les circonstances atténuantes…

  2. Quand j’ai vu ce film en 1980, je me suis dis : « Voilà pourquoi le monde ne peux pas fonctionner »….ce petit résumé en vidéo de quelques minutes vous propose l’idée de  “bien commun accessible à tous”  vs “rareté”…et le très sage choix de la tribu bushman (choix que nous devrons peut-être faire nous aussi, un de ces jours…) 🙂

    http://www.youtube.com/watch?v=z4zufs6XZVg

  3. (Anecdotique, quoique…). On sait peu que c’est Granado qui a détourné le Che, “Fuser”, de sa première passion, le rugby, pratiqué, comme il se doit, par les rejetons d’une certaine bourgeoisie de Buenos Aires (aristocratie désargentée pour d’autres historiographes, ou bourgeoisie de gauche…). C’est ce voyage à travers l’Amsud sur la Norton 500 qui interrompit définitivement sa longue histoire d’amour avec le rugby – “J’aime le rugby et, devrais-je en crever, je continuerai à y jouer“- pour démarrer la nouvelle, avec la révolution, jusqu’à en crever, pour de bon, cette fois là.
    Mais c’est aussi Granado qui l’amena au rugby :

    Interview de ALBERTO GRANADO
    L’œil vif, débordant d’activité, l’ancien N°9 (demi de mêlé) de Cordoba à 81 ans raconte comment il fût l’autre argentin de la « Revolucion Cubana », un peu grâce au rugby :

    Quelle relation entre le rugby et le Che ?
    J’ai connu Ernesto par mon frère Thomas, le gamin de 14 ans voulait pratiquer le rugby. Les autres équipes ne voulaient pas de lui par peur de jouer avec un asthmatique. Malgré sa maigreur il possédait une force physique surprenante. Pour cela et pensant que le sport était le meilleur remède pour l’asthme, nous l’avons accepté dans une équipe, mais de second niveau. Il possédait un excellent plaquage, à la hauteur des coudes… C’était un enthousiaste du rugby. Son père dira qu’il en retint les enseignements de l’esprit d’équipe, de la discipline et du respect de l’adversaire.

    Vous avez joué ensemble ?
    A Cordoba. On l’appelait « FUSER » : Furibond de la Serna (de son nom : Ernesto Guevara de la Serna). Nous pratiquions le rugby à contre courant de l’époque, et particulièrement des courants de Buenos Aires, où le rugby comme le golf, étaient d’abord des sports d’élite réservés à la haute société. C’était avant les Pumas et la renommée mondiale du rugby argentin. « Nous, c’était pour le défi, la compétition ! » D’ailleurs Ernesto vécu un jour une descente de police pour une accusation de divulgation de propagande communiste, alors qu’il participait à la rédaction d’un article dans « Tackle » (plaquage), commentant les différences de classes dans la pratique du rugby argentin.

    Extrait de l’interview publiée sur le site dédié au Rugby à Cuba ( http://www.rugbycuba.com)

    Un article publié en 1951 dans son magazine de rugby “tackle” par le Che, sous le pseudo de “Chang cho”…
    Alors ? On dit merci Monsieur Granado ? Sans lui, peut-être aurait-il fini président de la FAR, fédération argentine de rugby, voire membre du CIO, ou même Président du CIO ! pensez donc… ce bon Ernesto Guevara de la Serna ! Ca sonne bien pour un Président du CIO, à Lausanne, non ?

      1. Consolez vous Fab. le Che est ad patres et pas au CIO, peut-être, mais Debray vient d’être élu à l’académie Goncourt ! Alors ? Que demande le Peuple ?

  4. Ils avaient entrepris un voyage complètement fou et avaient découvert la misère des indiens qui malheureusement n’a pas vraiment diminué ! “Carnets de voyage” avec l’excellent acteur Gael Garcia Bernal !

  5. Le Che: Ce n’est pas parce qu’on a repéré de vrais problèmes qu’on devient un grand homme.(Chez nous aussi certain parti détecte bien certains vrais problèmes: cela le rend-il fréquentable?) . Quant à l’individu, c’était tout de même un tortionaire hystérique dont Castro a du se débarasser.

    1. Alors là bravo-chapeau, Nabilat ! Je ne trouve pas le mot juste pour qualifier comme il se doit votre analyse ébouriffante, rendre justice à votre synthèse éblouissante ! Grandiose peut-être… non c’est très insuffisant… décidément je sèche… Pitié ! Prenez pitié de nous, misérables taupes tâtonnant, aveugles, effarées, dans les galeries labyrinthiques et enténèbrées de l’histoire !
      À genoux, je vous en prie ! dites nous en plus… Ne nous laissez pas ainsi au milieu du gué. Divertissez derechef votre Lumière, de grâce !
      Divertissez nous encore.

      1. c’est… c’est un article du WSJ ?
        bon, j’me replonge dans l’Huma,
        lutte finale et tutti frutti !

    2. Nabilat, troll de la pensée dominante? Il faut vraiment avoir avalé tous les mensonges éhontés concernant le Che pour sortir des énormités pareilles.

      1. Si on faisait un sondage sur ce site, y trouverait-on aussi 23% de réactionnaires (pour employer un euphémisme)?

      2. @ Sylvain,

        “Réactionnaire”…
        Je regarde les trois définitions que me propose mon dictionnaire Larousse :

        Réactionnaire 1 :
        “Personne qui réagit face à un événement ou à l’action de qqn d’autre” ; je crois que nous sommes une écrasante majorité dans ce cas sur le blog de Paul Jorion.

        Réactionnaire 2 :
        “Personne opposée à un mouvement antérieur” ; je pense qu’ici nous sommes encore une majorité dans ce cas (le “mouvement antérieur” nous ayant amené à la situation économique, sociale et politique où nous sommes).

        Réactionnaire 3 :
        “Personne qui s’oppose au progrès social et s’efforce de rétablir un état de choses ancien” ; pour suivre le blog de Paul Jorion depuis un certain temps, j’estime qu’ils sont beaucoup moins que 23% ici à être de ceux-là.

        …Et puisque votre mot était un euphémisme, je crois que ceux que vous dites ne viennent pas ici.

      3. @ David,

        Rassurons-nous, la pensée dominante imprime encore des T-Shirts à l’effigie du Che.

    3. Le détective voudrait bien qu’on lui explique comment et pourquoi, dans une humanité si imparfaite, un homme très actif dans son époque, qu’il s’appelle Guevara ou De Gaulle, devrait être parfait.

      Cet être parfait n’existe que dans les mythologies religieuses et a comme imperfection notable la non-existence.

    4. Héros et guérillero: le mythe du Che perdure. Quarante ans après la mort de l’icône de la révolution cubaine, ses exactions restent un sujet tabou. L’Express a retrouvé quelques-uns de ses anciens compagnons de route, aujourd’hui en exil. Leurs récits font froid dans le dos.

      Avec sa gueule d’ange et son béret à étoile, l’Argentin Ernesto «Che» Guevara incarne à lui seul la pureté originelle de la révolution cubaine. Son effigie de héros populaire a acquis, depuis une quarantaine d’années, l’aura d’une icône. Quelque 20 millions de personnes, à travers le monde, posséderaient un tee-shirt à l’image du «rebelle éternel», assassiné le 9 octobre 1967 dans un village de Bolivie (lire le témoignage de Felix Rodriguez). La mythologie aurait-elle faussé notre perception de la réalité? Ceux qui l’ont connu aux premières heures de sa fulgurante carrière portent, en tout cas, un autre regard sur le «guérillero romantique». Anciens compagnons d’armes ou victimes, ils brossent le portrait d’un être froid. Brutal. Autoritaire. Et aux mains tachées du sang de nombreux innocents.

      Luciano Medina, d’abord. A 81 ans, robuste, volubile et enjoué, il reste ce guajiro (paysan) qu’il fut au temps de la révolution quand il était le facteur personnel de Fidel Castro. Dans la sierra Maestra, en 1957 et 1958, c’est lui qui acheminait les messages du comandante en jefe à travers les lignes ennemies aux autres comandantes: Raúl Castro, Camilo Cienfuegos ou encore Ernesto «Che» Guevara. «C’est simple, je les ai tous connus», lance l’ex-coursier, dont la voix rocailleuse retentit dans le deux-pièces exigu de Miami (Floride) qu’il occupe depuis les années 1970. «Guevara? Il traitait mal les gens. Très mal», insiste Medina. Les deux hommes se sont fréquentés, deux mois durant, en avril-mai 1958, dans le campement de La Otilia, près de Las Minas de Bueycito. «Un jour que je lisais Sélection du Reader’s Digest, peinard dans mon hamac, le Che, furieux, m’arrache la revue des mains et s’écrie: “Pas de journaux impérialistes ici! ” Mais surtout, il tuait comme on avale un verre d’eau. Avec lui, c’était vite vu, vite réglé. Un matin, vers 9 heures, nous déboulons au Rancho Claro, une petite exploitation de café appartenant à un certain Juan Perez. Aussitôt, le Che accuse le fermier d’être un mouchard à la solde de la dictature de Batista. En réalité, le seul tort de ce pauvre homme était de dire haut et fort qu’il n’adhérait pas à la révolution.» Une heure plus tard, le malheureux caféiculteur est passé par les armes devant sa femme et ses trois enfants de 1, 3 et 4 ans. «Les voisins étaient traumatisés, indignés. Et nous, la troupe, nous étions écoeurés. Avec trois autres compañeros, nous avons ensuite quitté le Che pour rejoindre un autre campement.» A l’image de Juan Perez, 15 «traîtres», «mouchards», ou supposés tels, devaient pareillement être liquidés sur ordre de Guevara, entre 1957 et 1958. Et ce n’était qu’un début.

      Aujourd’hui retraité en Floride, mais autrefois capitaine au sein de la fameuse colonne n° 8, celle de Che Guevara, Eduardo Perez, 71 ans, conserve, lui aussi, un souvenir pour le moins mitigé de son supérieur hiérarchique. Selon cet ex-comptable devenu révolutionnaire, le guérillero argentin se montrait hermétique à l’esprit de camaraderie qui régnait à tous les échelons de l’armée rebelle. Il en veut pour preuve ce récit édifiant: en novembre 1958, le Che envoie 30 de ses hommes, dont Eduardo Perez, en première ligne. Leur mission: tendre une embuscade à l’armée du dictateur Batista, dont une colonne, partie de Fomento, se dirige alors vers le massif de l’Escambray, où se trouve le Che. «Après une minutieuse préparation, nous lançons l’assaut vers 14 heures. Mais, deux heures plus tard, notre position n’est plus tenable en raison de la puissance de feu adverse. Du coup, nous décidons de nous replier d’un kilomètre. Mais, quand le Che a pris connaissance de notre recul, il nous a coupé les vivres!» Une journée passe, sans rien à se mettre sous la dent. Puis deux, puis trois…
      Finalement, après soixante-douze heures de diète forcée, le détachement est à nouveau ravitaillé grâce au commandant Camilo Cienfuegos, qui, venu du nord, passait dans le secteur avec ses hommes pour livrer une cargaison d’armes à Guevara. «Ayant appris notre sort, Camilo nous a fait livrer d’autres rations. Plus tard, il a, paraît-il, sermonné le Che: “Que nos hommes soient tués par ceux de Batista, d’accord; mais qu’ils meurent de faim, non! “»

      Au fond, même si les portraits géants du Che jalonnent leur île, ce sont sans doute les Cubains qui sont les moins sensibles au «charme» de l’icône planétaire de la révolution. Tel est l’avis d’Agustin Alles Sobreron, toujours fringant malgré ses 81 ans et qui rédige, ces jours-ci, ses Mémoires de guerre. En mars 1958, ce journaliste, accompagné d’un photographe, fut le premier reporter cubain à rencontrer, pendant de longs mois, successivement, Che Guevara et Fidel Castro dans la sierra Maestra. Un scoop publié sous la forme d’un article-fleuve dans la prestigieuse revue cubaine Bohemia (aujourd’hui disparue), où le Che s’offusque qu’on lui prête des sympathies communistes: «Je suis un militaire, rien de plus!»

      A la Cabaña, il exécute les basses oeuvres du régime

      «En arrivant dans le campement du Che, raconte l’ancien reporter, j’ai été frappé par sa remarquable organisation. Le bivouac possédait son propre four à pain, un petit hôpital et un émetteur de la clandestine Radio Rebelde. Tout était beaucoup mieux tenu que chez Fidel… Mais j’ai, aussi, vite remarqué que le Che ne comprenait rien à la mentalité des Cubains. Ils sont blagueurs, conviviaux et, soyons francs, un peu bordéliques; lui était réservé, intériorisé, rigide. Pas vraiment antipathique mais imbu de lui-même et un peu arrogant. En un mot, c’était l’Argentin typique!»
      Quoi qu’il en soit, le 1er janvier 1959, jour du triomphe de la révolution cubaine, Che Guevara est célébré en héros. C’est lui qui, par la prise stratégique de la ville de Santa Clara, située dans le centre du pays, a fait sauter le dernier verrou et ouvert la voie de la victoire vers La Havane (dans l’ouest du pays). Dans la capitale, c’est la liesse. Et pour «el Che», une nouvelle vie commence. Fidel Castro le nomme commandant de la Cabaña, prison qui domine le port de la capitale. Derrière les hauts murs de cette ancienne forteresse coloniale, le guérillero argentin va écrire, au cours de l’année 1959, les pages les plus ténébreuses de la révolution cubaine – et de sa propre histoire.
      Minimisée par de nombreux biographes de Che Guevara, cette période restera pourtant gravée à jamais dans la mémoire collective des Cubains. Tandis que Castro chauffe à blanc la population par ses discours enflammés, Guevara prend en charge les basses oeuvres. Selon Armando Lago, vice-président de l’institut de recherches Cuba Archive, 164 personnes sont envoyées au paredon (peloton d’exécution) de la Cabaña entre le 3 janvier et le 26 novembre, date à laquelle Guevara quitte la carrière pénitentiaire (1). Cette célérité fait de lui le plus grand meurtrier de l’histoire de la révolution cubaine (216 meurtres au total), devancé seulement par Raúl Castro, responsable, directement ou non, de 551 exécutions. Quant à Fidel, sans doute plus calculateur et soucieux de la postérité, il n’a jamais commis l’imprudence de se tacher les mains de sang.

      En ce début d’année 1959, à la Cabaña, où s’entassent 900 détenus, on fusille tous les jours, généralement le soir. Pour partie, les condamnés à la peine capitale sont des membres de la dictature déchue, coupables de crimes avérés. Mais dans le couloir de la mort se trouvent aussi de simples opposants politiques et nombre d’innocents. C’est le cas de l’agent de police Rafael Garcia, 26 ans, de la Section radio-motorisée de La Havane. Accusé, à tort, d’avoir participé à l’assassinat d’un membre du Mouvement du 26 juillet, le parti de Castro, ce simple flic est condamné à mort, le 13 mars, à l’issue d’un simulacre de procès vite expédié. Son exécution est programmée pour le 18. Mais sa famille remue ciel et terre, réunit les preuves de son innocence et produit des témoignages à décharge. Le tribunal, en appel, n’en tient aucun compte. Sergio Garcia, frère du condamné, obtient un rendez-vous avec Che Guevara. «Je lui ai dit: “Regardez le dossier, il y a erreur, vous verrez par vous-même.” Alors Guevara m’a regardé et, l’air narquois, il a lâché: “Votre frère est peut-être innocent, mais il portait l’uniforme bleu. Alors il doit mourir.” Puis il m’a congédié.» Quarante-huit ans plus tard, dans son appartement du quartier de Little Havana, à Miami, Sergio Garcia tient à lire, à voix haute, la dernière lettre que son frère adressa à sa jeune épouse. La voix est blanche, ses mains tremblantes, ses yeux soudain humides: «Mon amour adoré, ceci est la dernière lettre de ma vie. Nos quatre mois de mariage furent les plus beaux du monde. Je suis fier de ma famille. Je vous aime à la folie. La seule chose qui me peine est que je meurs innocent. Je dois te laisser, mon amour, car je crois qu’ils viennent me chercher. Rendez-vous dans l’autre vie où nous nous retrouverons, ma chérie. Rafael.»

      «La révolution exigeait qu’il tue, il tuait»

      Témoin clef de cette période, le père Javier Arzuaga, aumônier de la prison de la Cabaña, aura mis près de cinq décennies à rompre le silence. Dans Cuba 1959: La Galera de la Muerte (Cuba 1959. Le couloir de la Mort), publié l’année dernière à Porto Rico, celui qui recueillait les confessions des condamnés et les accompagnait dans leurs derniers instants affirme que des dizaines d’entre eux étaient innocents. «Le Che n’a jamais cherché à dissimuler sa cruauté, souligne-t-il. Bien au contraire. Plus on sollicitait sa compassion, plus il se montrait cruel. Il était complètement dévoué à son utopie. La révolution exigeait qu’il tue, il tuait; elle demandait qu’il mente, il mentait.» A la Cabaña, lorsque les familles rendent visite à leurs proches, Guevara, comble du sadisme, va jusqu’à exiger qu’on les fasse passer devant le mur d’exécution, maculé de sang frais…

      «Je crois qu’en définitive cela lui plaisait de tuer des gens», estime Huber Matos, qui, en qualité de commandante de la revolucion fut l’alter ego du guérillero argentin, avant d’être condamné à vingt ans de cachot, à la fin de 1959, pour avoir dénoncé la dérive autoritaire du mouvement (2). «Au début, dans la sierra Maestra, nous avons noué une amitié qui reposait sur des affinités intellectuelles. Comme lui, j’avais une formation universitaire. Mais, quand j’ai su ce qu’il faisait à la Cabaña, j’ai pris mes distances. Tout le monde savait ce qui se passait là-bas…»

      1. Oulalalala ! Jésusmariejoseph ! Par la Sainte Immaculée conceptipn ! Comme vous fûtes bien avisé de nous avertir dès avant la narration des terribles témoignages de ces vénérables octogênaires ! J’avais opportunément enfilé une prudente petite laine et pourtant, j’ai nettement ressenti ce “froid dans le dos” que vous nous annonciez si charitablement…
        Brrrr… Un froid sibérien a envahi mes rêves caraïbéens. Ma moelle épinière se fige dans mes vertèbres antarctiquées. J’ai pris dix ans, vingt ans, trente ans, quarante ans, j’ai quatre-vingts ans, plus encore, je suis au frigo, en chambre froide, à l’abattage, abattu, refroidu… je n’aurai plus jamais dix-sept ans, je ne mourrai jamais à trente neuf ans, sans jugement aucun, aucun, il neige suuuuuur la Higueraaa ah ah… j’ai tout oubliéééé du bonheuuuu euheu euheu euheur….
        Aaah ça! Ya les iconoclastes et pi ya les ziziconnaudclastes… bien intentionnés bien sûr…
        Eh ! vous voudriez quand même pas que j’vous raconte qielques zolis zistoires de nos hèroïques maquisards ou de notre glorieuse épuration, juste par ici, là, dans un rayon de cent bornes autour de mon bled, que vous connaissez pas ? Si ? Ben non. Non.

  6. Et bien, c’est une page qui se tourne.
    Que je sache, Granado était bien moins connu que le Che. Mais cette épopée aura véhiculée avec elle, comme bien d’autres épopées, ses cortèges de mythes, de gloires et de zones d’ombres… Très jeune, m’étant précipité deux fois (1968 et 1970) à Cuba, attrapé par le tourbillon révolutionnaire du moment, mais aussi déjà amateur de musique cubaine et hispano-américaine en général et de géographie tropicale, c’était dans le fond ma principale motivation, et non pas une révolution de plus, car peu d’années après, je laissai tomber toute relation avec ce type de régime. Mais suis content d’avoir cotoyé un peuple adorable qui mérite tellement mieux que les “tribulations de l’histoire” qui ne font que rendre le quotidien insipide et l’injustice plus criante.
    J’ai su bien après que Che Guevara était secrètement un grand admirateur du Général Peron
    Il est vrai que le Général Juan Domingo Peron est inclassable. Hélas il était trop démagogue
    (doublé d’être un amateur de jupons) et durant sa présidence de l’Argentine, le peso ne cessa de baisser. Mais ses principes étaient très respectables et son modèle est à prendre en compte. J’ai toujours apprécié le Général Peron pour l’essentiel.
    Avec la réforme financière très possible qu’on pourrait mettre en œuvre facilement aujourd’hui, s’il n’y avait pas cette inertie et cette fatuité (surtout dans les têtes), tant de pays seraient infiniment plus riches, par exemple, l’Argentine serait l’un des pays les plus riches au monde.

  7. @Sylvain

    Est-on forcément soit révolutionnaire soit réactionnaire ? J’ai tendance à penser que je ne suis ni l’un ni l’autre ou alors que je suis révolutionnaire sur certains aspects et réactionnaires sur d’autres.

    En fait je suis surtout pour un retour à la raison tant chérie, pour plus de cohérence et d’honnêteté :
    – Faire de l’économie (des économies) : gérer sur le court-moyen-long terme au lieu de tout plomber
    – Faire de la politique (l’agora): construire la démocratie au lieu de l’enterrer
    – Faire du social (moins d’individualisme): créer du lien au lieu de créer du vide entre les êtres
    – Faire du culturel : valoriser les particularismes au lien de les dissoudre dans le vide de la masse informe et du consumérisme dépressif

    Et puis il y a le plus grand de tous les tabous qui me chipote depuis longtemps ; la prolifération humaine (Bengladesh vs. Laos). Paul targue Malthus de réactionnaire comme pour l’accuser mais c’est jouer sur les mots car si la peuplade qui vit à l’équilibre avec son environnement est réactionnaire car elle ne vise pas à remettre en question cet équilibre, les modernes eux sont devenus réactionnaires depuis qu’ils dominent et écrasent le vivant et qu’ils sont en mode prolifération. Limiter cette prolifération est selon mois plus révolutionnaire que réactionnaire, c’est changer le nouvel ordre (suicidaire) établi.

    Alors révolutionnaire ou réactionnaire?

    1. Nous ne sommes que des crottes de pigeon sur le pare-brise d’un camion cosmique en route vers le néant.
      Nous n’avons pas encore développé un sens collectif de la vertu. Nous parvenons à grand peine à maintenir le sens du collectif “tout court”.
      Il nous manque encore un maillon dans la chaîne d’évolution darwinienne. Il est permit d’espérer ce grand avènement silencieux (qui n’est pas pour tout de suite), mais on peut aussi le redouter avec nos émotions humaines du moment, car il faut bien être conscient que la vertu collective inscrite dans les gènes nous donnerait un nouvelle ressemblance avec le peuple des fourmis!
      Je ne sait pas si Malthus ne pensait pas un peu comme ça…
      Pour l’heure, REVOLUTION! ça va de soit… ou plutot : 1) Réaction 2) REVOLUTION! 3) Réaction 🙂

    2. @Marlowe

      Merci car en effet je faisais l’association d’idée apparemment simpliste entre réactionnaire et conservateur. Moi qui croyais que réactionnaire s’opposait à révolutionnaire j’y vois encore moins clair avec les 3 définitions sélectionnées par Jean-Luc. J’en arrive à me dire que ces concepts nous compliquent plus la tâche qu’ils ne nous la simplifient.

      Je comprends mieux pourquoi Paul dit de Matlhus qu’il serait réactionnaire, en faisant allusion à la définition 3 de Jean Luc je suppose. Pour ma part je pense que l’on peut être pour la limitation des naissances et pour le progrès social.

      1. Les conservateurs ont quelque chose “de bon” à conserver.
        Les réactionnaires veulent rester dans un temps immobile.

        Le meilleur exemple est Georges Orwell qui se définissait comme “anarchiste conservateur.”

      2. @marlowe

        Ah bon ? Orwell se définissait comme anarchiste conservateur ? Mort à 46 ans. Desproges se disait lui “anarchiste de droite”. Mort à 48. Comme quoi ça conserve mal son bonhomme c’t’affaire.

      3. @ vigneron,

        Une autre proposition pour la cause du décès : ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers.

      4. @ Marlowe,

        Orwell se disait aussi, jusqu’au bout de sa vie, “sympathisant” du parti travailliste (voir la mise au point publiée après la parution de “1984”, reprise dans ses “Ecrits politiques”, publiés l’an dernier chez Agone). Il est évident que certaines personnes déborderont toujours des qualificatifs et des cases, raison pour laquelle Jean-Claude Michéa a inventé ou repris cet oxymore – anarchiste tory – pour nous présenter la pensée élaborée par George Orwell.

      5. @ Jean-Luc

        Hihi… Comme vous avez raison ! Et c’est bien en cela que la saillie de Séguéla était si merveilleusement juste… Passé l’âge des meilleurs, tant qu’à passer du temps, autant qu’il soit exactement décompté comme esthétiquement satisfaisant de le regarder s’écouler.
        Moi, c’est mon évangile, plus radical que Séguéla : trente trois ans, tu choisis mon gars ! la croix ou la Rollex. Dura lex sed lex. Sinon t’as plus l’choix. C’est Duralex et Durex. Bref, passé l’âge prophétique, tout ça verse dans l’avarice ou l’avarie et toujours dans l’avarié, un grand avaloir, un “à valoir” sur l’enfer.
        PS : Faites pas attention, mon p’tit Jean Luc, faut m’comprendre : ma mère était catéchiste, et pas qu’le mercredi, non, à plein temps. Et pi pas dans l’genre pré-Jean XXIII, tièdasse et compromis, non non ! encore moins dans l’hérésie – très très relachée, avouons le -de la reconquista wojtilienne, version “charismatique” ou version “légionnaire”, toutes deux réacs au p’tit pied. Non non, dans l’genre Vatican II, fondamentaliste, intégriste, corseté, ancré, à la lettre ! pureté originelle et tout l’toutIm ! C’lui qu’est à tous les coins d’rue, c’lui qui tarabuste le quotidien, c’lui qui t’fout jamais la paix, c’lui qui t’colle aux doigts, c’lui qui dérègle les Rollex, c’lui qui raye le diamant, c’lui qui dissout les lingotins refuges, c’lui qui dèsemboucane. Vous dire les peines, les trébuches et les acricrimonies du pèlerin, cher petit réac muraydolâtre ! 🙂

      6. @ vigneron,

        Pas dolâtre, vigneron, phile dans la limite du raisonnable, et je ne serais pas étonné que vous en soyez un autre.
        Je comprends mieux d’où vient votre moralisme, qui nous régale régulièrement ici. Dieu vomit les tièdes (vous avez vu ce bon film de Guédiguian ?).

      7. Oui, du bon Guédiguian… Et “PI” aussi : « Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. » (Apocalypse 3:14-16)

        A part ça, “phile dans la limite du raisonnable”… Hurmpfff… gare au goupil !

      8. @ vigneron,

        … toujours pas.

        On laisse tomber ? Je crains de passer – en plus du reste ! – pour un benêt et aussi pour un rustre si je vous oblige à ergoter sur un mot d’esprit. Allez zou ! on passe à autre chose (ça chauffe sur d’autres fils ; il est temps de lâcher celui-là).

      9. @ Jean Luc

        Bon, allez, puisque c’est vous, in extenso, goupil (ou renard…) :

        renard (lâcher le -) ; renard (faire un -) ; renard (aller au -) ; renard (balancer un -) ; renard (piquer un -) ; renard (cracher un -) ; renard (écorcher le -) ; renard (venir au -) ; renard (au -) ; renard (piquer un -) >
        ¶ Vomir (souvent par ivresse, mais pas nécessairement), vomissement
        â—Š Il paume les cale-pieds, le mec, brutal. Au renard il voudrait aller, de ce qu’il a dans le buffet, et même dans le cigare, si ça se pouvait 1960 â—Š C’est un vice ! Ils peuvent jouir qu’en dégueulant, qu’en venant au renard sur vos pages 1937 â—Š Voila mon sac à vin couché par terre, avec le Renard qu’il vient d’écorcher 1957 [1624] â—Š Abadie, garçon d’écurie dans le civil, ivre mort et «gerbant» à la ronde aux cris amusés des camarades, qui s’exclamaient : «Attention, il y a des renards !» 1994 [1966] â—Š A ce moment, Expilly fut pris d’un malaise subit et sortit en se tenant l’estomac salué des cris ironiques de «au renard ! au renard !» 1994 [1966]

        ‡ Expression ancienne (VIR) / Jadis on disait écorchait le renard : le renard est une bête si puante que bcp de chasseurs vomissent en voulant l’écorcher (LARCH cité par GIR)

      10. @ vigneron,

        Pigé ! (jusqu’au rapport avec le bonhomme dont on causait – surtout quand Elisabeth L. lui sert d’excipient ; je répète que je pratique la chose avec modération, même si on observera que j’y puise parfois quelques réflexions stimulantes pour intéresser les parties de clavier de chez Jorion)

        Eh ! vrai-de-vrai vigneron (si je mens je vais travailler dans un bureau à La Défense), je n’avais jamais vu passer ces expressions. Ou alors je n’avais pas percuté quand on me les a servies. Ensuite je n’ai pas su chercher correctement. Voilà donc mon vocabulaire élargi.

        Pour ce qui est des quelques fins observateurs de nos pauvres conditions modernes, on m’a offert il y a deux jours l’album “Insondables mystères” de l’indépassable Sempé. Contrairement à d’autres, qui nous farcissent de leur propre acrimonie, pas de goupil à craindre chez lui, jamais :

        Une église plongée dans la pénombre. Depuis la hauteur du chapiteau d’une colonne, nous observons une petite dame. Debout dans l’allée centrale, manteau noir et souliers vernis, chapeautée, son parapluie fermé au bout du bras, l’autre main encore posée sur l’accoudoir d’un prie-Dieu ; on devine qu’elle vient juste de se lever. Elle est seule dans l’immense nef. Prête à quitter le lieu, elle a levé une dernière fois les yeux pour s’adresser à l’immense statue qui rayonne dans le choeur :
        – Bon, maintenant, la balle est dans votre camp.

      11. Héhé… Élisabeth Lévy en “excipient” superfétatoire de PM, excellent ! Et que dire de Finkie en exhausteur lourdingue du même !
        Très joli votre dessin. Vous écrivez comme du Sempé. Number one des dessinateurs d’humour bordelais, avec Chaval peut-être, l’autre mélancolique. L’autre face.
        Cela dit, méfiance ! les renards sont tapis partout. Tenez, rien que le p’tit Nicolas… j’ai du mal maint’nant ! (Chaval, n’en parlons pas !)

      12. Finkie aussi ?! Il est donc capable de dire tout et son contraire. J’avais pourtant lu de gros bémols chez “notre philosophe énervé” (salut Martine !). Mais, comme dit ce dernier dans ce texte – soupçonne-t-il à quoi il s’expose ? : “Il appartient à la postérité (…) de faire le tri.” (au passage, vigneron, ne m’envoyez pas vos flèches pour le lien vers ce site ; croyez bien que je n’y forge pas mes opinions ; ancien kiosquier à Paname, j’ai simplement pris l’habitude de tout lire sans exclusive, et le début des années 80 m’a affranchi ; tout comme les “radios libres” ou les sites Internet aujourd’hui, les magazines et les journaux pullulaient, et rappelez-vous combien le bon grain se découvrait parfois difficilement sous l’ivraie ; juste un exemple : le journal “Zéro”, ramassis de toutes les outrances, était le seul à publier les premiers reportages dessinés de Jean Teulé, ou les premières “brèves de comptoir” de Jean-Marie Gourio)
        Pour Muray, je me demande s’il n’y a pas que Luchini qui s’est trouvé à la bonne hauteur, en restant à sa place de passeur de textes (pas assisté à ses lectures, mais la presse en a causé).

        Chaval.
        Je découvre grâce à vous que Chaval était bordelais. Chaval me plaît depuis tout môme, quand je tombais sur ses dessins bizarres et dadaïstes dans la salle d’attente du médecin, dans Jour-de-France ou Paris-Match je ne sais plus (tiens, à propos de Chaval et de médecin, je viens de tomber sur cette citation du bordelais : “Le médecin à qui vous tirez la langue vous le fera payer très cher”).
        Vous connaissez peut-être cette anecdote, vigneron (je ne la trouve nulle part en ligne, je l’ai entendu il y a une trentaine d’année à la radio, peut-être de la bouche de Claude Villers) :
        Chaval avait obtenu le “prix de l’ORTF” pour son court-métrage animé “Les oiseaux sont des cons”. Le jour de la remise du prix, en grande pompe, il s’approche du micro que lui tend Claude Contamine, ancien directeur de cabinet du ministre de l’information, passé directeur de l’ORTF. Chaval ne porte pas ce serviteur de la censure d’Etat dans son coeur. Claude Contamine vient cependant de terminer son compliment sur lui. Alors, avant de remercier le jury, il se tourne vers le directeur :
        – Merci, monsieur Oiseau-tamine.
        Suicidaire Chaval ? Résolument.

    3. @sylvain

      Je pense qu’un des gros problèmes de l’homme est d’arriver à se définir au niveau du collectif. Lesquels privilégier ? La famille, le village, le district, la province, le pays, le continent … La langue, la religion, le mode de vie, la culture …

      Le dilemme est qu’inclure revient à exclure à savoir déterminer les limites d’un ensemble conceptuel qui permet dire ce qui en fait et n’en fait pas partie. Inclure et Exclure sont inséparables et aussi inévitables. Sans être dogmatiques nous devons fixer des limites si nous voulons pouvoir nous organiser quelque peu or fixer ces limites nous mène à exclure bien que nous n’aimerions ne pas devoir le faire. On aimerait accueillir tout le monde mais c’est impossible et cela ne peut mener qu’à notre incapacité à accueillir tout court.

      Comment faire pour se mettre d’accord sur des ensembles. Lesquels privilégier ? L’Europe des régions comme le proposent les flamands ?

      1. @PeakOil
        Tout à fait d’accord sur inclure/exclure. Regis Debray l’explique bien dans Le Moment Fraternité, qui est par ailleurs un livre assez abscons.

        nous devons fixer des limites

        N’est-ce pas là tout le problème de l’homme depuis son plus jeune age? Un problème qui se répercute dans les sociétés et qui défini la civilisation ?
        Rien de tel que quelques bonnes castrations symboligènes (=dire non), comme disait Dolto, pour apprendre les règles de vie en société. Les banquiers ont besoin de rééducation!

  8. Selon le journal Le Progrès, « Les députés européens ont ignoré les appels à l’austérité imposée par la crise et se sont alloués hier une augmentation de 1 500 euros par mois de leurs budgets de frais d’assistants. Les députés européens ont une rémunération mensuelle de 7 956,87 euros avant impôts et bénéficient d’une enveloppe mensuelle de 19 709 euros pour rémunérer leurs assistants. »

    A quand la révolution ?????

  9. Implication des grande banques US en Lybie, JP Morgan chase. On en parlera surement pas dans les médias français.. Et Blair a toujours courtisé khadafi…

    http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/0,1518,749363,00.html

    Tatsächlich soll JPMorgan Chase bis vor kurzem enge finanzielle Kontakte zu Gaddafi unterhalten haben. Nach übereinstimmenden Berichten mehrerer US-Medien managte Amerikas zweitgrößte Geschäfts- und Investmentbank Abermillionen Dollar aus den Beständen des libyschen Staatsfonds Libyan Investment Authority (LIA).

    “JPMorgan verwaltet einen Teil der LIA-Einlagen und Teile der libyschen Zentralbank-Reserven”, schreibt “Vanity Fair” unter Berufung auf US-Banker. Wie die “Huffington Post” ergänzend meldet, besteht die JPMorgan-Verbindung seit 2008 – dem selben Jahr, als Blair bei der Bank als Berater für “globale politische und strategische Fragen” anheuerte, zum Jahressalär von rund einer Million Dollar.

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