LIBYE, LES CHEMINS D’UN ÉCHEC MAJEUR DE L’OCCIDENT, par Cédric Mas

Billet invité

Libye 2011 : entre incompétence politique et illégitimité démocratique, les chemins d’un échec majeur de l’Occident.

Le terrain : la Libye est constituée de deux provinces côtières : la Tripolitaine et la Cyrénaïque, chacune bordée de deux « marches » frontalières. La zone qui nous intéresse particulièrement est appelée Sirtique, placée au fond du golfe de Sirte entre ces deux provinces. C’est fort logiquement dans cette zone que vont se concentrer les combats entre deux régions relativement homogènes (rappelons que c’est là que combattirent les Italo-Allemands et les Alliés à 3 reprises : février 1941, janvier et décembre 1942). Cette zone est une bande de terre étroite, entre la mer Méditerranée et le Sahara, parsemée de bancs de sables mous impropres aux mouvements et coupée par une route côtière unique (construite par les Italiens à l’époque de la colonisation). Cette zone stratégique majeure, point de passage obligé entre les deux provinces est coupée par une ville importante, Sirte, lieu de naissance du dictateur et sanctuaire de son pouvoir. A l’Est de Sirte, se situe un goulet d’étranglement, Mers el Brega véritable porte d’entrée de la Cyrénaïque, la chute de cette position ouvrant sur une vaste étendue de terrain plat et indéfendable jusqu’à Benghazi, avec au centre le carrefour d’Ajdabiya. Enfin, le tableau ne serait pas complet si l’on ne précise pas que c’est justement dans cette zone que se trouve le débouché principal du pétrole libyen le terminal Ras Lanouf, dont l’importance économique est essentielle pour les deux camps.

Ce qui s’est passé :

C’est à partir du 13 janvier 2011 que commencent à la suite des évènements tunisiens, des manifestations plus ou moins spontanées en Libye. Le mouvement s’étend malgré les mesures prises très tôt par le pouvoir. A partir de la mi-février, la répression se durcit, la réaction policière brutale transformant la manifestation en insurrection dans un processus désormais classique.

Aux alentours du 18 février, le pouvoir perd le contrôle des deux principales villes de la Cyrénaïque : Benghazi et El Beïda, puis le mouvement s’étend en Tripolitaine, avec des émeutes à Zenten et le ralliement à l’insurrection de deux tribus touareg. Il est impossible toutefois de confirmer que le mouvement a aussi touché Tripoli à la fin février comme cela a été affirmé par les médias.

Au début du mois de mars, le pouvoir de Kadhafi réprime vigoureusement les mouvements à l’Est et reconquiert à l’aide de mercenaires payés en pétrodollars les villes les unes après les autres, dont les positions essentielles de Zouarah et Zaouïa. Pendant ce temps, l’insurrection se structure avec l’autodésignation d’un Conseil National de Transition (CNT), sorte de « gouvernement-bis » de la Cyrénaïque.

La reconquête de la Tripolitaine par le pouvoir kadafhien (à l’exception de la région de Misrata) est terminée dès le 3 mars et les combats se déplacent vers l’Est. Après plusieurs jours de combats, les forces loyales à Kadhafi reprennent Brega, puis le 15 mars Ajdabiya. Benghazi, qui n’est pas défendable face au Sud est désormais menacée par les forces loyalistes qui progressent vers elle jusqu’au 19 mars, date où les Nations Unies adoptent une résolution autorisant le recours à la force. Les frappes aériennes commencent immédiatement, le contrôle des airs étant acquis en quelques jours.

Les troupes du CNT passent à la contre-offensive et reconquièrent rapidement Brega, puis Ras Lanouf et menacent enfin Sirte. Or, cette position est impossible à prendre avec leurs faibles moyens militaires. De plus, les forces loyalistes s’adaptent au nouveau contexte, camouflant leurs positions et « civilisant » leurs véhicules pour empêcher les frappes aériennes, qui craignent les bavures.

Les forces du CNT sont donc repoussées rapidement, et refluent en abandonnant Ras Lanouf puis Brega où la situation se stabilise un temps. Le CNT a perdu le contrôle du débouché du pétrole et reste sous la menace d’une nouvelle avance depuis Brega vers Ajdabiya et Benghazi. Cette menace se concrétise à partir du 10 avril, les forces loyales à Kadhafi profitant de la baisse d’intensité des frappes aériennes (les moyens franco-britanniques étant épuisés), de la baisse d’efficacité marginale des frappes.

Malgré une débauche de moyens technologiques onéreux, l’insurrection reflue aussi bien dans son dernier bastion de Tripolitaine, Misrata, qu’en Cyrénaïque où Ajdabyia est à nouveau menacée. Rappelons que le terrain rend impossible la défense de Benghazi vers le Sud et seule une volonté politique de Tripoli peut expliquer que les troupes de mercenaires à la solde de Kadhafi ne soient pas au 15 avril devant Benghazi. Il semblerait même aux dernières nouvelles du 21 avril, qu’elles reflueraient vers le verrou de Brega, qui a été miné.

Bref, difficile de ne pas constater l’échec de la stratégie adoptée par la coalition internationale emmenée par la France et la Royaume-Uni, avec un soutien américain retiré le 4 avril. Kadhafi a réussi à survivre à cette offensive et à rétablir une situation compromise. Il joue aujourd’hui la carte de l’enlisement, grâce à une analyse plus pertinente des véritables rapports de force que celles menées à Paris, Londres ou Washington.

Le soutien des opinions publiques des pays de la coalition s’essouffle, malgré un intense battage médiatique digne des propagandes de guerre, la mauvaise foi et l’étouffement de toute opinion discordante dans les grands médias atteignant un niveau étonnant (à titre d’exemple BHL est ainsi passé 22 fois entre le 1er et le 31 mars sur un grand média).

Les facteurs de l’échec résident principalement dans deux éléments conjugués : une incompétence politique patente des gouvernements occidentaux (et particulièrement de celui de la France) et une absence de légitimité démocratique :

Rappelons d’abord le manque de cohérence de cette intervention avec la politique suivie jusque-là de coupe sombre dans les budgets de défense. De fait, les dirigeants français et britanniques se sont privés depuis 5 ans des moyens nécessaires aux politiques qu’ils veulent continuer à mener.

L’alternative est simple : soit ils renoncent à peser ainsi sur la situation internationale, soit il leur faut réinvestir massivement dans le budget de la défense, ce qui pose quelques problèmes dans le contexte de Crise actuel. Rappelons que les opérations coûtent environ 5 à 6 millions d’euros par jour à la France.

L’intervention en Libye, comme la catastrophe au Japon, est donc un jalon de plus dans la contradiction majeure du capitalisme en Crise étudiée ici : le soutien massif des États aux banques n’est pas compatible avec ces évènements nécessitant que ces mêmes États assument leurs responsabilités et leurs devoirs « régaliens ».

Cette incompétence réside aussi dans l’absence de plan et d’unité de commandement d’une action décidée à l’emporte-pièce pour des raisons de politiques intérieure (certains l’ont appelé une «guerre sondagière»).

C’est particulièrement patent pour ce qui concerne Paris, où cet interventionnisme soudain et irrationnel comporte tous les symptômes des méthodes de gouvernement employées depuis au moins 4: prééminence des sondages, décision dans l’urgence, mal ficelée et sans plan de secours en cas de problème.

Il est extrêmement inquiétant que l’état-major, institution dont la formation des membres et les méthodes de fonctionnement sont aux antipodes de telles logiques, se soit laissé entraîner dans une aventure dont les objectifs sont encore illisibles.

L’intervention aérienne a été lancée comme un pari, qui a raté.

A cette incompétence politique, il faut ajouter une volonté évidente de contourner la légitimité démocratique qui montre à nouveau à quel point la démocratie est menacée.

Une guerre doit normalement nécessiter une autorisation votée par le Parlement. De même, toute intervention militaire à l’étranger exige une information du Parlement, notamment des buts poursuivis, au plus tard dans les trois jours du début de l’intervention (article 35 de la Constitution). Précisons que cette information est suivie d’un débat sans vote (sic).

Le gouvernement dispose aujourd’hui au Parlement d’une majorité confortable, qui a démontré sa soumission. Le respect de ces règles ne devrait donc poser aucune difficulté, surtout que les Français la soutenaient massivement au début, preuve que la propagande médiatique avait pleinement réussi.

Or, une nouvelle fois, pour contourner cette exigence démocratique, le gouvernement a choisi une voie difficile, celle du multilatéralisme. Or, en s’astreignant à passer par l’ONU, il a ainsi mis en place le cadre de son échec futur, et ce pour deux raisons :

–          D’une part, les débats devant l’Onu ont retardé de trois semaines une intervention qui aurait pu être beaucoup plus efficace à la fin février (date à laquelle le pouvoir ne contrôlait plus grand-chose, les insurgés étant à moins de 50 km de Tripoli) ; lorsque les frappes ont commencé, il était trop tard pour aspirer à autre chose qu’à une stabilisation précaire ;

–          D’autre part, le passage par l’ONU a contraint les pays interventionnistes à s’engager sur une interdiction de toute intervention au sol.

Cette renonciation affichée avant même le début des frappes aériennes démontre une méconnaissance grave de la chose militaire (rappelons qu’une action aérienne n’est que très rarement décisive : « on ne se rend pas à un missile de croisière ). D’ailleurs, une intervention au sol, à laquelle les Français sont pour l’instant massivement opposés, est de plus en plus probable (au-delà des forces spéciales déjà à l’œuvre avant même le début de la campagne aérienne).

Mais surtout, cette annonce a donné les clés de son succès à Kadhafi en dévoilant les limites de son adversaires : il lui suffit de tenir au sol (et il fait mieux que cela pour l’instant) et il peut espérer raisonnablement que les Occidentaux à bout de souffle économiquement abandonneront à plus ou moins long terme.

La crainte d’une menace de débarquement (jouée par les Américains qui ont transféré des forces dans la zone) aurait pu changer la donne.

En contournant le fonctionnement normal des institutions démocratiques, par le biais d’un passage à l’ONU, Paris s’est placé avec Londres et Washington sur la voie d’un échec évident dès l’origine.

Conclusions et perspectives :

Cette guerre est un symptôme des maux actuels de nos Sociétés.

Mais pour s’en rendre compte, il faut dépasser le discours pacifiste de la condamnation de la guerre « par principe », pour analyser en détail et de manière détachée ce qui s’est passé.

Engagée pour de mauvaises raisons, au mauvais moment et de la pire des manières qui soit, cette opération ne pouvait réussir que sur un coup de chance. Hors coup du sort, l’échec était inéluctable.

Une fois cet échec constaté, les perspectives ne sont pas très réjouissantes :

Pour la Libye, le schéma à court terme le plus probable (hormis un soudain effondrement interne de la structure du pouvoir kadhafien – toujours possible) est une partition de fait sous protection aérienne occidentale des deux provinces (scénario de type Kurdistan irakien), le temps que les forces du CNT montent en puissance. Une nouvelle campagne terrestre sera ensuite possible mais nous sommes là, à un horizon de fin d’année 2011.

Un autre schéma plus dramatique serait celui d‘une intervention à terre des Coalisés occidentaux. Le risque est alors d’un scénario « à l’afghane » (avec le CNT dans le rôle de l’Alliance du Nord), c’est-à-dire la reproduction du scénario somalien des années 90. Gageons qu’avec les échéances électorales à venir, les dirigeants des pays de la Coalition s’abstiendront d’une telle intervention, même si le pire reste malheureusement possible.

Pour la région, les perspectives sont tout aussi sombres :  la déstabilisation de l’ensemble du secteur Sud-saharien va s’aggraver (les mercenaires de Kadhafi étant destinés à retourner dans leurs régions d’origine, avec leurs armes). Des missiles sol-air SA-7 ont déjà disparu des arsenaux libyens : il est recommandé d’éviter les voyages en avion vers l’Afrique ces prochaines années…

Enfin, pour les pays occidentaux, cette intervention correspond à une fin de cycle géopolitique. Résumons en quelques points que chacun pourra développer et apprécier :

L’Europe démontre à nouveau son inconsistance diplomatique,

Le modèle militaire occidental misant sur la technologie fait la preuve définitive de son inefficacité face à des adversaires qui savent désormais y faire face. Nous entrons dans une phase de l’histoire militaire équivalente à celle de la fin de la supériorité des chevaliers. Quel formidable message au monde que l’échec des fleurons de la technologie occidentale face à des mercenaires armés de vieilles pétoires soviétiques montées sur des Toyota… surtout en terrain désertique plat et sans aucun couvert !

Les gouvernements des pays interventionnistes confirment leur incompétence, mais c’est surtout la manière dont les opinions ont été manipulées pour amener au soutien d’une intervention dont la légitimité est pour le moins contestable, par les médias qui inquiète au seuil d’élections cruciales pour l’avenir du pays.

Enfin, on ne peut que déplorer que ce qui restera dans l’histoire  comme un formidable « printemps des peuples arabes » soit l’occasion d’un tel raté. Les peuples secouant courageusement le joug de dictatures que nous avons tant soutenues méritaient mieux que cela.

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221 réflexions sur « LIBYE, LES CHEMINS D’UN ÉCHEC MAJEUR DE L’OCCIDENT, par Cédric Mas »

    1. Incroyable! Il mène sa campagne électorale au milieu des morts! Il est désespéré car si il n’est plus Président, il ne sera plus rien et son égo ne résiste pas à la frustration!

      1. C’est décidé. Je lance un appel solennel à la communauté internationale !
        « Help ! A l’aide ! Au secours ! Délivrez nous du tyran Sarkozy ! Il est devenu totalement incontrôl… Arrrglll….bip bip bip .. »

  1. Très bonne analyse, Cédric.
    J’aime bien aussi toute la nuance : « il faut dépasser le discours pacifiste de la condamnation de la guerre « par principe » ».
    ça aide à éviter le manichéisme …
    Perso, quitte à y aller (et je pense qu’il fallait sans doute y aller), fallait y aller dès le début et avec un max de moyens, en associant le parlement dès le départ.
    Infaisable, en l’état actuel de l’Etat français (et de son chef en cours).

    1. Interview du Dr. Paul Craig Roberts, ancien secrétaire au trésor sous Reagan, sur la situation Lybienne entre autres, on comprend mieux pourquoi nous sommes entrés dans l’Otan alors que ce n’était pas au programme électoral de sarkozy:

      En anglais et à un journal iranien, mais Mr Roberts n’est pas n’importe qui.

      http://www.informationclearinghouse.info/article27904.htm

  2. « Les facteurs de l’échec résident principalement dans deux éléments conjugués : une incompétence politique patente des gouvernements occidentaux (et particulièrement de celui de la France) et une absence de légitimité démocratique : »
    Peut-on parler d’absence de légitimité démocratique quand tous les efforts des occidentaux se sont concentrés sur l’obtention de l’aval de l’ONU ( pour ce qu’il vaut, bien sûr). Comment, après l’Irak, vendre une intervention aux opinions publiques sans le tampon ONU ?
    Quant à l’incompétence supposée des gouvernements, c’est un vieux refrain entonné en coeur par toute la gauche transatlantique « rationnelle » depuis le 11 septembre 2001. J’ai le sentiment que « l’incompétence » est bien plus facile à gérer émotionnellement qu’un « complot », ou un plan préparé à l’avance entre responsables « éclairés » et tenu le plus possible à l’écart des médias. Pour ma part, j’ai tendance à favoriser la « théorie du complot », par parti pris « esthétique », affligé d’une nature paranoïaque et estimant que nos dirigeants ne sont pas des idiots, loin de là. L’auteur de ce billet juge que la stratégie des occidentaux a été un échec, encore faudrait-il savoir ce qu’est cette stratégie.
    L’argument de soutien à une rebellion populaire ne tient pas la route, quand on s’intéresse d’un peu plus près au contexte libyen. En outre il semble que cette révolte fut loin d’être spontanée, un site comme Libero.news.it ( classé pro-Berlusconi) allant jusqu’à tracer l’historique des opérations françaises secrètes depuis l’automne dernier. Sans parler des américains et anglais.
    Une décision prise dans l’urgence ? Comment alors expliquer la présence de la flotte américaine, qui elle n’a pas attendu l’aval de l’ONU ? Les français et anglais en première ligne ne tiennent pas la route ? Mais les américains ont assuré 60% des frappes aériennes et le déluge de missiles Tomahawks, jusqu’à leur « retrait » pour essentiellement des raisons médiatiques. Y a-t-il encore quelque chose à bombarder en termes d’infrastructures militaires ?
    Une décision prise pour des motifs électoraux ? Est-ce qu’on croit vraiment que Sarkozy en est réduit à ça ??
    Comment ne pas voir qu’au contraire tout se déroule à peu près normalement : une zone d’exclusion aérienne pour commencer et justifier l’intervention « humanitaire », puis des frappes pour « protéger les civils », puis l’envoi de conseillers, puis l’inévitable intervention de troupes coalisées pour terminer le travail et atteindre le but premier, chasser Kadhafi. On vendra aux opinions publiques la nécessité de « finir le travail », maintenant qu’on a commencé, faut rester logique. Et ça marche, il suffit de voir les réactions sur les blogs des journaux mainstream.
    Pourquoi intervenir, alors ? Le pétrole ? Mais Kadhafi le vendait déjà aux occidentaux. Le problème avec Kadhafi, c’est qu’il est « uncontrollable », et ça les occidentaux et en particulier les américains n’aiment pas du tout . En outre Kadhafi a des vélleïtés de politique africaine, d’autonomie de décision politique. Il nous vend son pétrole aujourd’hui, mais à qui le vendra-t-il demain ? Il ne suffit pas d’avoir accès à un brut d’excellent qualité, il faut peut-être s’assurer de la fiabilité du vendeur, n’importe quel chef d’entreprise sait cela. Le mieux c’est de contrôler la source. Et le pétrole, c’est de plus en plus vital si on considère que d’après Collins et Laherère on a déjà dépassé le peak de production depuis 2-3 ans. Et quand bien même les populations occidentales en seront réduites au vélo et aux transports en commun dans un avenir plus ou moins proche, il faudra toujours du pétrole pour faire marcher avions de combats, hélicoptères, tanks, navires de guerre, bref, l’essentiel de la puissance. Il n’y a pas d’alternative sérieuse à cette merveille de rendement énergétique qu’est le pétrole, les gouvernements en sont certains.

    1. « Peut-on parler d’absence de légitimité démocratique quand tous les efforts des occidentaux se sont concentrés sur l’obtention de l’aval de l’ONU ( pour ce qu’il vaut, bien sûr)… ? »

      Oui, pour info, la résolution n° 1973 du 17/03/2011 (texte intégral ici : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/03/18/le-texte-de-la-resolution-sur-le-libye_1494976_3212.html ) a été votée par les représentants des pays suivants :

      Chine
      États-Unis
      France
      Royaume-Uni
      Russie
      Bosnie-Herzégovine
      Brésil
      Gabon
      Liban
      Nigeria

      Combien de ces représentants ont été démocratiquement élus ? Combien ont été mandatés par un scrutin des populations ou de leurs représentants pour la voter ?

      « Comment, après l’Irak, vendre une intervention aux opinions publiques sans le tampon ONU ? »

      Justement, le « tampon de l’ONU » permet de passer outre à la consultation des parlements nationaux. C’est bien commode.

      Sauf qu’en Libye, ce « tampon » a été long à obtenir et au prix de concessions qui ont mis en place le cadre de l’échec actuel.

      1. Il me semblait que la Belgique avait aussi voter pour cette intervention ???
        (quelles sont les 5 abstentions ??,)

      2. Oups il manque des pays désolé :

        La résolution est présentée par la France, le Liban, et le Royaume-Uni, sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies. Les négociations préalables ont suscité d’abord l’opposition de la Russie et de la Chine qui s’abstiennent finalement lors du vote[3]. Elle est votée par l’Afrique du Sud, la Bosnie-Herzégovine, la Colombie, les États-Unis, la France, le Gabon, le Liban, le Nigeria, le Portugal, et le Royaume-Uni ; cinq membres s’abstiennent : l’Allemagne, le Brésil, la Chine, l’Inde, et la Russie ; aucun ne s’y oppose. La résolution est donc adoptée le 17 mars 2011 à 22 heures GMT (17 heures à New York).

        source Wikipedia.fr

  3. Juste des questions idiotes
    Pourquoi on voit jamais de reportage d interviews sur ceux qui sont du coté de Kadhafi ?
    Pourquoi nous avons un seul son de cloche ?
    Comment son armée les opposants ?
    Combien de force spéciale au sol ?
    Combien de conseillés actif ?
    Quel est l objectivité d un BHL ?
    Ou avoir des infos impartiales ?

  4. l’article est bien fait , Depuis 1980 le désarmement de l’armée , politique intérieur, extérieure déplorable et douteuse , un abandon des valeurs du pays , l’islamisation faute de courage, des politiques incompétent prés a tous , même à vendre leurs père et leur mère par idéologie , le chômage , l’oppression sur les routes , sûr imposition , destructions volontaires des valeurs républicaine ,la folie de l’immigration qui asservie notre peuple , et par dessus tous de très mauvais électeurs les petits fils de la collaboration pour certain des traîtres .

    1. Ah Ustica ! Je me rappelle qu’on en avait (un peu) parlé à l’époque et plus bien sûr après les attentats de Lockerby puis de l’avion d’UTA…
      Faut dire que c’était un an avant la première guerre franco-kadhafienne quand la France soutint le coup d’État au Tchad de Hissène Habré contre Goukouni Oueddei qui voulait faire la fusion du Tchad et de la Libye, puis mena les opérations Manta (83/84), puis Épervier.
      Opération épervier (84/??, 1100 hommes au Tchad aujourd’hui) remise en cause en aout dernier par le président tchadien Idriss Déby…

  5. Parler ce coup de génie pour définir l’intervention militaire en Libye est un peu trop orienté ou un peu flou si l’on n’a pas pris la précaution d’ajouter qu’il y a un bon et un mauvais génie. Mieux vaudrait parler de coup de poker. Un coup de poker peut marcher ou ne pas marcher.
    Après avoir loupé le train tunisien puis le train égyptien (ne parlons pas des autres : shocking) on comprend qu’un président accro à son ego ai voulu se rattraper à la branche libyenne, chute dans les sondages obliges car quoi de mieux qu’une bonne petite guéguerre pour ressouder sa majorité et déplacer le débat critique qui s’ouvre dans la perspective des présidentielles qui demeure très toxique à son encontre.
    Stratégie oblige, le calcul est le propre de l’action politique et ce choix là s’imposait et s’impose. Une guéguerre propre, au panache blanc pour sauver le petit soldat Sarkosy. Les questions d’ordre humanitaire ne font pas parties de la décision guerrière mais seront utilisées comme étendard, utilisées dans l’orchestration de la mise en scène, car mise en scène il y aura. Le défenseur des valeurs de l’occident va revêtir son armure étincelante, « Wonder Woman » sera-t-elle du voyage? Peut-être pas, mais le show est dans les tuyaux.
    Ouverture de la campagne! C’est parti.

  6. Bonjour
    Je prendrais , un parti un peu iconoclaste sur ce sujet . Je connais bien le sud en dessous d’une latitude que je situe vers Orange , Avignon se pratique le caïdat , celui ci est très imprégné dans les populations qui bordent la Méditerranée . Notre Président a souvent des attitudes de parrain, je ne sais pas qui l’a initié ou formé à cela mais il est évident par rapport à ses paroles ou prises de position qu’il a des prédispositions pour cet exercice
    M. Kadhafi a été notre invité en France et celui ci, s’est mal conduit lors de sa visite, il nous a amuser avec son achat d’avions, et comme l’a dit Mme Rama Yade, il nous a pris pour un paillasson.
    Chez , un parrain , lorsque vous êtes invité , vous êtes bien reçu , mais vous devez aussi respecter votre hôte . Pour le cas contraire on ne vous dira rien vous êtes son invité et tant que vous êtes son invité vous êtes son protégé . On vous dira au revoir , on vous embrassera , mais lorsque vous aurez passé la porte , méfiez vous des tueurs . Et si vous n’êtes pas assez fort, alors vous chercherez des alliances .
    Pour notre Président , sans aucun doute la vengeance est un plat qui se mange froid .

    Je suis souvent étonné sur le blog , ou l’on nous parle de la CIA qui serait de tous les mauvais coups , le grand Satan Américain, à croire que chez nous du coté de la caserne Mortier , on ne fait que des cocottes en papier et cela pour tous les services Européens .
    Nous savons aussi mener des politiques avec la finesse florentine qu’il se doit face à une réal politique souvent brutale mais je ne suis pas sur que( le meilleur d’entre nous comme disait Chirac ) soit le meilleur pour cette guerre , il y a des choses que l’on apprend pas à l ‘ENA , se battre avec des mafieux .c’est l’école du clan puis de la rue .
    En Libye nous avons à faire à une guerre de tribus Lorsqu’un clan perd il n’est pas décimé, il fait allégeance, ses chefs seront sans doute pendus et comme l’on dit en orient, baise la main que tu ne peux couper.
    Cette guerre est étrange on parle de bataille avec des bilans de tués au combat, un jour 7 morts le lendemain ,douze morts (communiqués de presse ) mais pas des milliers de mort comme dans notre bataille de la Somme ou de la Marne, ils n’ont pas de général Nivelle. Et puis l’on s’alarmait bien moins lorsque Hanoi était bombardé.
    Quand on écoute les insurgés , ils aimeraient bien que l’on fasse la guerre à leur place , quoi de plus normal puisque nous avons applaudi à ce soulèvement, voir peut être même un peu aidé…..
    Je crains qu’il faille que nous gagnions, car Kadhafi pratique la vendetta et tôt ou tard il se vengera, directement ou indirectement. Qui vous dit que cela n’est pas déjà en cour peut être à Kaboul ou certains s’en seraient pris à notre ministre des armées, « avertissement » ? . Entre frères de la côte il existe une entraide et des échanges depuis toujours..
    Tout cela n’est pas fini , cet homme a une tribu , un clan , une famille ce sont souvent les mêmes , allez du coté de Palerme , ils vous expliquerons comment cela marche, la bas on pratique la langue des signes .

    Bien cordialement

  7. Libye – Message de Mouammar Kadhafi au monde

    http://www.centpapiers.com/libye-–-message-de-mouammar-kadhafi-au-monde/67980

    Depuis 40 ans, à moins que ce ne soit plus, je ne me souviens pas, j’ai fait tout mon possible pour donner aux gens des maisons, des hôpitaux, des écoles, et, quand ils avaient faim, je leur ai donné à manger. À Benghazi, j’ai même transformé le désert en terres arables, j’ai tenu tête aux attaques de ce cow-boy, Reagan, quand il a tué ma fille adoptive orpheline. Essayant de me tuer, il a tué à la place cette pauvre enfant innocente. Ensuite, j’ai épaulé mes frères et sœurs d’Afrique avec de l’argent pour l’Union africaine.
    J’ai fait tout mon possible pour aider les gens à comprendre le vrai concept de démocratie, qui consiste en des comités populaires dirigeant leur pays. Mais ce n’était jamais assez, comme me l’ont dit certains. Même ceux qui possédaient une maison de 10 chambres, des costumes et du mobilier neufs, n’étaient jamais été satisfaits. Ils étaient si égoïstes qu’ils en voulaient toujours plus. Ils ont dit aux Zuniens et aux autres visiteurs qu’ils avaient besoin de « liberté » de « démocratie, » et n’ont jamais réalisé qu’il s’agit d’un système de panier de crabes, où le plus gros bouffe les autres. Ils étaient seulement ensorcelés par ces mots, sans réaliser jamais que, en Zunie, il n’y a pas de médicaments gratuits, ni d’hôpitaux gratuits, ni de logement gratuit, ni d’enseignement gratuit, ni non plus de nourriture gratuite, sauf quand les gens sont obligés de mendier ou de faire longtemps la queue pour avoir de la soupe.
    Non, peu importe ce que j’ai réalisé ! Pour certains ce n’était jamais assez. Mais les autres savaient que j’étais le fils de Gamal Abdel Nasser, le seul vrai leader musulman arabe que nous avons eu depuis Salah-al-Din. Nasser était sur ses traces quand il a exigé le canal de Suez pour son peuple, tout comme j’ai réclamé la Libye pour mon peuple. J’ai essayé de l’imiter pour garder mon peuple libre de la domination coloniale, des voleurs qui nous détroussent.
    Maintenant, je suis attaqué par la plus grande force de l’histoire militaire. Obama, mon petit-fils africain, veut me tuer, priver notre pays de liberté, nous priver de la gratuité de nos biens : logements, médecine, éducation, nourriture, et remplacer tout ça par la grivèlerie à la zunienne appelée « capitalisme. » Or, nous tous, dans le tiers monde, savons ce que cela veut dire. Cela signifie que les multinationales dirigeront le pays, dirigeront le monde, et le peuple souffrira. Voilà pourquoi il n’y a pas d’autre solution pour moi, je dois prendre mes dispositions. Et si Allah le veut, je mourrai en suivant Sa Voie, la voie qui a rendu notre pays riche en terres arables, avec de quoi manger et la santé, et nous a même permis d’aider nos frères et sœurs africains et arabes en les faisant travailler ici avec nous, dans le Jamahiriya libyen.
    Je ne désire pas mourir, mais si cela devait advenir, pour sauver cette terre, mon peuple, tous ces milliers de gens qui sont tous mes enfants, alors qu’il en soit ainsi.
    Que ce testament soit ma voix dans le monde. J’ai tenu tête à l’agression des croisés de l’OTAN, résisté à la cruauté, contrecarré la trahison ; je me suis élevé contre l’Occident et ses ambitions colonialistes, et, avec mes frères africains, mes vrais frères arabes et musulmans, je suis dressé comme un phare de lumière. Quand d’autres construisaient des châteaux, je vivais dans une maison modeste et dans une tente. Je n’ai jamais oublié ma jeunesse à Syrte, je n’ai pas stupidement dépensé notre trésor national, et comme Salah-al-Din, notre grand leader musulman qui sauva Jérusalem pour l’Islam, je n’ai guère pris pour moi-même…
    En Occident, sachant pourtant la vérité, certains me qualifient de « fou, » de « bizarre » [*], ils continuent de mentir, ils savent que notre pays est indépendant et libre, et non pas sous emprise coloniale, que ma vision, ma conduite, est et a été sincère et pour mon peuple, et que je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour garder notre liberté. Puisse Allah Tout-Puissant nous aider à rester fidèles et libres.
    Souvenirs de ma vie
    Colonel Kadhafi Mouammar, Guide de la Révolution, 5 avril 2011
    Note du traducteur : Les dirigeants occidentaux savent la valeur humaine de Kadhafi, et le danger d’éveil de conscience du public qu’elle représente. Voilà pourquoi elle est soigneusement cachée et pourquoi tous les grands médias diabolisent Kadhafi.
    On peut constater en creusant un peu que pratiquement tout ce dont la Libye a été accusée a été soigneusement tramé en Occident ou en Israël. Comme d’habitude, il s’agissait de coups montés. Comme l’ont démontré les pièces à conviction pipées dans les procès, il est très improbable que les attentats contre des avions de ligne étaient des complots libyens.

    1. Un vrai démocrate ne se maintiendrait pas au pouvoir pendant plus de 40 ans et ne chercherait pas à léguer à ses enfants.
      .
      Les attentats contre les avions de ligne ont été officiellement reconnus par la Libye.

    2. Sans compter qu’il a renversé une monarchie…
      On ne va pas dire des méchancetés au moment ou Willam et Kate vont convoler en justes noces…

      1. camping…

        …urbain, si l’on peut dire …
        et même urb-élyséen …

        feu-de Gaulle avait du faire un triple-salto dans son cercueil …ce qui, avec sa taille,n’était point aisé …

        d’ailleurs, il s’est même dit, en milieu autorisé, qu’il avait failli revenir, pour fesser le sous-vers-rien …

        affaire à suivre.

    3. 1. L’intervention militaire en Libye vue du sud du Sahara
      Par Alain Foka
      Le 19 mars 2011, une vaste coalition internationale décide de faire respecter la résolution onusienne votée deux jours plus tôt en passant aux actes. Un objectif affiché: l’arrêt des violences contre les populations civiles en Libye. Quelle légitimité pour cette intervention militaire? Jusqu’où ira cette guerre? Quelles sont les véritables intentions de la coalition? Les populations sub-sahariennes soutiennent-elles cette action?
      pour l’intervention
      – M. Bernard Valero, directeur de la communication et porte-parole du ministère français des Affaires Etrangères
      contre l’intervention
      – Mme Adame Ba Konaré, auteure et historienne malienne
      – M. Pierre Goudiaby-Atepa, ingénieur-architecte sénégalais
      – M Omar Tahar (??)
      – M. Constant Némalé, PDG de la chaîne Africa 24
      http://www.rfi.fr/emission/20110327-1-intervention-militaire-libye

      2 L’intervention militaire en Libye vue du sud du Sahara (suite)
      pour l’intervention
      – M. Bernard Valero, directeur de la communication et porte-parole du ministère français des Affaires Etrangères
      – M. Belgacem Tayech, militant, membre de l’Association des Tunisiens de France
      contre l’intervention
      – Mme Adame Ba Konaré, auteure et historienne malienne
      – M. Pierre Goudiaby-Atepa, ingénieur-architecte sénégalais
      http://www.rfi.fr/emission/20110327-2-intervention-militaire-libye-vue-sud-sahara

    4. toujours un peu dans le portrait
      source : The Independant (Samedi 12 Mars 2011)
      « Robert Fisk : les palestiniens comprennent Kadhafi beaucoup mieux que nous
      …….
      Rencontre avec un ami proche de l’un des fils Kadhafi. « Il veut une bataille, très cher, il veut une bataille. Il veut être le grand héros guérillero, le grand homme qui se bat contre les Américains. Il veut être le héros libyen qui brise les colonialistes. M. Cameron et M. Obama, le feront pour lui. Ils lui donneront le titre de héros. Ils feront ce qu’il veut.
      ….. »
      source : The Independant du Samedi 12 Mars 2011, Traduit de l’anglais par Maurice Lecomte pour
      http://socio13.wordpress.com/2011/03/19/robert-fisk-les-palestiniens-comprennent-kadhafi-beaucoup-mieux-que-nous/

    1. Le facteur temps…
      On veut vivre mille vies en une journée,trois semaines c’est une éternité.
      Enlisement?
      Irak? Afghanistan?Côte d’Ivoire?Lybie?
      La Guerre de Cent Ans…

  8. Un jour, quelqu’un a demandé au général Mc Arthur ce qui selon lui caractérisait une défaite, il a répondu qu’elle se résumait en deux mots : « trop tard », et c’est bien ce qui s’est passé en Libye comme l’article le démontre brillamment.

    Une action de soutien limitée pourvu qu’elle soit ciblée et efficace avant que les forces de Khadafi ne reprennent leurs esprits et celui-ci serait tombé dans les oubliettes des l’histoire depuis des semaines.

  9. Que ne ferait-on pas pour épater la galerie,n’est ce pas La Fayette!
    Par un hasard historique ou histrionique , l’hexagone et la perfide Albion sont unis pour promouvoir en Lybie les bienfaits de la démocratie.Je vous rappelle que si la démocratie gagne, c’est la fin de l’histoire voire Fukuyama à ne pas confondre avec Fukushima.Si tel est le cas, on va franchement s’emmerder.

  10. Bravo et merci pour cette brillante synthèse qui confirme les appréhensions d’un néophyte comme moi de la géopolitique que je découvre depuis un peu plus de 2 ans à peine à travers les analyses et témoignages des journaux comme le Monde et aussi le diplo.
    Daniel Mermet avait reçu Rony Brauman et nous a donné rendez-vous dans un an pour le bilan.
    On rejoint dans vos propos ceux de Rony Brauman et de Claude Lanzmann.

    Claude Lanzmann – En Libye, la patience contre l’enlisement (extrait)
    « Fût-ce sous l’amicale pression de Bernard-Henri Lévy, qui en était l’initiateur, Claude Lanzmann avait signé, le 16 mars, « l’appel de la dernière chance » pour une intervention en Libye. L’écrivain et cinéaste exprime aujourd’hui, dans ces colonnes, plus que des doutes sur cette stratégie de l’ingérence qui débouche sur « une guerre sans nom, à l’issue très incertaine ». Controverse très parisienne ? Peut-être. Mais très révélatrice de l’embarras croissant qui entoure désormais l’intervention internationale en Libye. L’enlisement, la discorde et, au final, l’échec : tel est, en effet, l’enchaînement qui menace ».

    A décharge, à lire les témoignages des forfaitures de Kadhafi et les espoirs des « insurgés » de Benghazi on ne peut que leurs souhaiter de réussir.

    Regrets : l’attitude pré et post insurrection de nos démocraties, le jour et la nuit.

    1. BHL

      il peaufine son bronzage sous la lampe à UV, et il améliore son brushing …
      pendant ce temps là, il ne pense pas à mal . ouf !
      d’ailleurs le mal est fait.

      damned, selon une source non identifiée, il écrirait un nouveau non-livre …

      1. @M

        BHL ? S’il faut en croire Bruno Béziat, envoyé spécial de Sud Ouest en Cyrénaïque et à Benghazi, il s’y trouvait bien la semaine dernière. Il l’a croisé sur les marches du seul palace de la ville et a refusé de répondre aux questions du fâcheux petit journaliste provincial…
        Article de Sud Ouest Dimanche du 24 avril 2011 :

        Carnet de route dans la Libye des insurgés
        Récit de ce conflit libyen, en quelques histoires vécues dans la Cyrénaïque rebelle.

        La route sera longue jusqu’au front. La première étape s’appelle Tobrouk, ville pétrolière de l’Est libyen. Encore faut-il trouver un chauffeur. Et ne pas traîner. Il est déconseillé de rouler de nuit, par crainte des embuscades de voleurs, dans un pays qui est passé de l’excès d’autorité à son absence. Les prix ne reposent sur aucune logique, si ce n’est celle de la négociation ou de la chance. Ils peuvent varier de 5 à 100 dollars pour ce trajet de 200 kilomètres.

        Chauffeurs et chauffards
        Il y aura finalement deux chauffeurs improvisés. Le premier, un Égyptien, ne roulera qu’une dizaine de minutes dans une vieille 504 Peugeot break, avant d’interpeller un Libyen par sa fenêtre. Le second sera notre taxi pour Tobrouk, peu bavard mais bon marché. Les routes sont rares mais larges, guère encombrées. Le hasard va mettre sur notre chemin un troisième et dernier chauffeur, Ali, quinquagénaire volubile, ancien marin reconverti en guide touristique, qui nous conduira jusqu’au bout du voyage, 1 000 kilomètres après la frontière. En appliquant à la lettre un grand principe du Code de la route libyen : priorité au premier qui passe, si possible à vive allure en klaxonnant. Le danger n’est pas toujours là où on l’attend.

        Femmes et religion
        Il y a trois choses que vous ne verrez jamais en Libye : du porc, de l’alcool et un séduisant décolleté. La lecture du Coran – particulièrement du côté de la Cyrénaïque des insurgés – semble bien plus stricte que dans l’Égypte voisine. Les femmes sont presque toutes voilées, le port de la burqa est une pratique très courante, et l’écho des multiples prières devient souvent cacophonique. C’est particulièrement vrai à Derna, deuxième étape de notre voyage, la ville la plus islamiste de la région, accusée de fournir des combattants à al-Qaida. L’intensité de cette foi s’est matérialisée sous nos yeux à travers un rituel religieux, celui de dames en noir arrosant les tombes de jeunes rebelles morts au combat. Des femmes que l’on a aussi vues manifester leur soutien à la révolution, mais à l’écart des hommes, comme si le fait de les côtoyer pouvait être plus dangereux que les kalachnikovs.

        Le sang et l’horreur
        On aurait justement aimé poser une question sur l’islam des insurgés à Bernard-Henri Lévy, croisé par hasard un soir sur les marches du seul hôtel chic de Benghazi, la chemise blanche ouverte, étincelante. Mais il a tourné les talons avec dédain.

        Les médecins des hôpitaux de Benghazi et d’Ajdabiya avaient de toute façon bien plus à dire et à montrer que notre philosophe des affaires étrangères.

        Les hôpitaux… Ce sont les antichambres des horreurs de la guerre. Celle-ci, comme les autres, charrie son lot de corps mutilés, de morts Les hôpitaux… Ce sont les antichambres des horreurs de la guerre. Celle-ci, comme les autres, charrie son lot de corps mutilés, de morts entassés dans des chambres froides, de douleurs et de blessures. On y entre comme dans des moulins, toutes sortes de gens traînent dans les couloirs.

        Quelques-uns s’échangent sur des téléphones portables des images du front ou d’hôpitaux, particulièrement atroces, qui font le tour de la Libye.

        Montrer ses faiblesses
        Mais les blessures les plus déroutantes sont celles que les insurgés se sont infligées par maladresse, inexpérience, comme, dans l’hôpital de Benghazi, cette main broyée après le maniement d’un explosif. Les rebelles n’ont pas peur de jouer la transparence. Ils montrent presque tout, y compris leurs faiblesses. On pénètre facilement sur l’aéroport militaire. L’un des officiers appartient à la tribu de notre chauffeur. Cela aide. Pour y voir finalement deux pauvres Mig en panne, l’armada rebelle. Au camp d’entraînement, un ancien militaire, 70 ans passés, donne une leçon peu convaincante de maniement de la kalachnikov. La tournée des points de défense de Benghazi ne manque pas non plus de sel. Les armes y sont souvent anciennes, et les volontaires n’ont vraiment rien d’effrayant. Mais ils portent en eux une vraie motivation, une lueur dans les yeux, ce « V » de la victoire devenu un geste rituel.

        Jouer sur les chars
        Les occasions de se détendre en Cyrénaïque étaient déjà rares en temps normal, en guerre plus encore. Pas de cinémas, de théâtres, peu de restaurants ouverts. Le travail manque, même si le pays est relativement riche pour le monde arabe. Tous les chantiers sont arrêtés. Les immigrés africains et égyptiens, main-d’œuvre bon marché pour les petits boulots, ont fui. La principale occupation consiste à regarder la télévision, surtout la chaîne al-Jazira, qui prend ouvertement parti pour les insurgés. Celle de l’État libyen diffuse des clips surréalistes à la gloire de Kadhafi. Du coup, rien ne vaut, pour se remonter le moral, une petite balade sur la route des chars loyalistes détruits par les frappes de l’Otan. On en dénombre plus de 100 entre Benghazi et l’ouest d’Ajdabiya. On vient y poser pour la postérité, récupérer des douilles, des morceaux calcinés ou une chaussure d’un soldat de Kadhafi. Le front n’est pas loin.

        Les incertitudes du front
        À quoi reconnaît-on le front ? « Lorsque l’on voit les ambulances. » Le seul point de repère vraiment fiable selon un confrère expérimenté. Cela se révèle exact. Les rebelles eux-mêmes ne sont jamais d’accord lorsqu’ils vous indiquent la ligne de front. Dans cette guerre, les journalistes ne sont pas « embedded » (embarqués), selon la formule consacrée. Ils partent au hasard, en espérant rester à distance raisonnable des troupes de Kadhafi, tout en surveillant du coin de l’œil leur chauffeur : certains peuvent vous laisser sur place si la situation se gâte. À quoi reconnaît-on le front ? « Lorsque l’on voit les ambulances. » Le seul point de repère vraiment fiable selon un confrère expérimenté. Cela se révèle exact. Les rebelles eux-mêmes ne sont jamais d’accord lorsqu’ils vous indiquent la ligne de front. Dans cette guerre, les journalistes ne sont pas « embedded » (embarqués), selon la formule consacrée. Ils partent au hasard, en espérant rester à distance raisonnable des troupes de Kadhafi, tout en surveillant du coin de l’œil leur chauffeur : certains peuvent vous laisser sur place si la situation se gâte. Lorsque des roquettes tombent, on se précipite aussi vite que lui vers la voiture. À ce moment-là, le front fait plutôt penser à une débandade. Peu après, les rebelles ripostent par des tirs de missiles. « Que visez-vous ? » demande-t-on. « On a vu quelque chose là-bas… » Il est ainsi arrivé plusieurs fois que les insurgés se tirent dessus.

        À la guerre, la qualité du renseignement reste le plus précieux des alliés.

        http://www.sudouest.fr/2011/04/24/carnet-de-route-dans-la-libye-des-insurges-379792-4696.php

  11. Un papier intéressant qui a le mérite de rompre avec le ronron médiatique habituel.

    Vous écrivez fort justement: « Rappelons que le terrain rend impossible la défense de Benghazi vers le Sud et seule une volonté politique de Tripoli peut expliquer que les troupes de mercenaires à la solde de Kadhafi ne soient pas au 15 avril devant Benghazi ».

    Ca fait plaisir enfin que quelqu’un ne répète pas comme un automate qu’on a évité un « bain de sang » à Benghazi (dixit Juppé). Kadhafi a en effet eu quelques jours pour attaquer Benghazi et faire son bain de sang, ou, mieux, aller directement à Tobrouk prendre en étau les rebelles et rompre leurs communications avec l’Egypte (une nuit de camion d’Ajdabiya, 400 km). En fait, Kadhafi avait probablement l’intention de faire ce que son fils Saif Al-Islam avait annoncé dans une de ses dernières interviews avant l’attaque occidentale: laisser partir les rebelles vers l’Egypte. Il a donc voulu effrayer les civils et les moins déterminés en stationnant ses troupes à quelque distance de Benghazi, espérant vraisemblablement ne plus avoir affaire qu’à ceux qui resteraient pour en découdre.

    De plus la nature tribale de la société libyenne interdit les massacres à grande échelle: le prix du sang à payer serait exorbitant. On ne parle pas de tribus de quelques centaines de personnes que l’on peut éradiquer mais de tribus de centaines de milliers voire plus d’un million de personnes pour certaines, si bien que même si des milliers de personnes sont tuées, il restera toujours beaucoup de monde pour réclamer ce prix du sang ou se venger. Quand Saif Al-Islam choque les bonnes âmes occidentales dans une de ses premières interventions à la télé libyenne au début du conflit annonçant des « fleuves de sang », il ne faut pas le prendre au pied de la lettre comme des menaces d’une répression féroce mais comme un constat et une mise en garde réalistes et objectifs de ce qui se passera si la société libyenne tribale entre dans une guerre civile, avec tout ce que ce genre d’événement comporte de cruauté et de misère: un pays en guerre civile entre tribus fait nécessairement couler des fleuves de sang et chaque camp se bat férocement, allant traquer l’ennemi partout où il est, rue par rue, maison par maison.

    On constatera également que la terrible aviation de Kadhafi a été réduite au silence en 24 h…

    Si l’on avait les choses se dérouler sans s’en mêler, tout serait fini depuis 15 jours, alors que le peuple libyen risque de vivre à présent des mois ou des années dans le chaos, la mort, la destruction et la misère. C’est lamentable: la Libye était le pays d’Afrique qui s’en sortait le mieux, on va le renvoyer au Moyen Age et le polluer avec des munitions à l’uranium appauvri. Tout cela pourquoi? Pour la « démocratie », qui n’est jamais dans nos contrées qu’un mode de sélection au sein d’une oligarchie fonctionnant comme un gang et où les façons d’accéder au pouvoir ne diffèrent pas de celles de n’importe quelle dictature (naissance, richesse, haute administration, armée, cooptation par un parti, sociétés secrètes).

    Doutant que les Occidentaux soient étrangers à cette insurrection libyenne (voir les liens ci-dessous + le fait que les Américains aient envoyé sur zone immédiatement de quoi intervenir + l’accélération, comme par hasard, à l’ONU de leur part qui conduit à une résolution plus contraignante en fait que la simple interdiction de survol), je pense qu’ils ont traîné à intervenir parce que 1/ dans un premier temps les rebelles gagnaient du terrain, 2/ quand ceux-ci eurent démontré leur incapacité à l’emporter, il fallait laisser Kadhafi avancer le plus possible pour, d’une part, faire monter la tension auprès des opinions publiques et obtenir leur soutien en faveur de l’intervention, pour éviter ce fameux bain sang qu’on promettait, et d’autre part, se faciliter la tâche pour détruire les troupes de Kadhafi dont les lignes s’étendent alors sur 1000 km: les militaires ont certainement pensé qu’ils n’auraient plus qu’à les tronçonner aux bons endroits pour que les rebelles puissent ensuite passer derrière éliminer la piétaille et les troupes légères. Il se pose aussi la question de savoir ce que Russes et Chinois ont obtenu en échange de leur abstention à l’ONU (les Brésilien ont obtenu un prêt d’un milliard de dollars deux jours après soi-disant pour financer leurs JO): il y a fort à parier que les Mistral ne coûteront pas cher aux Russes et qu’ils obtiendront pour le même prix le transfert de technologie réclamé (un différend financier supplémentaire était étrangement apparu fin février début mars sur ce dossier: on n’en a plus entendu parler depuis), quant aux Chinois, plus personne ne réclame depuis quelques temps la réévaluation de leur monnaie (pourquoi faire un G8 des ministres des Affaires étrangères « spécial Libye » le weekend d’avant la résolution à l’ONU, alors que cette organisation a des attributions essentiellement dans le domaine économique?).

    Par ailleurs, on commence à trouver quelques vidéos d’actes de barbarie commis par les rebelles. Voici un lien vers ces vidéos et je préviens les âmes sensibles, c’est insoutenable: http://uruknet.de/?p=m76906
    Le lien suivant contient une description explicite et suffisante de ce qu’on voit dans les vidéos avec quelques commentaires (plus ou moins pertinents et parfois de mauvaise foi: le site est d’obédience néo-conservatrice et pro-israélienne): http://www.drzz.info/article-la-barbarie-a-benghazi-par-guy-milliere-72075747.html

    En tout cas si l’on a trouvé des vidéos d’exactions commises par les rebelles, on attend encore celles des massacres commis par les troupes de Kadhafi, montrant des montagnes de corps mutilés et torturés… Tout ce qu’on a eu, c’étaient des images de morgue, non datées, non localisées, montrant quelques corps, peu abîmés; Al-Jazeera a bien passé quelques images (non authentifiées) de corps mutilés de personnes soi-disant victimes des troupes, tanks, avions, etc. de Kadhafi fin février mais sa source s’est très vite tarie puisqu’on n’a pas revu d’images similaires depuis. Pourtant les rebelles ont des téléphones portables qui font de la vidéo et prennent des photos, et ils auraient tout intérêt à diffuser les images de ces fameux massacres. On se rappellera de ce « médecin français » travaillant dans un hôpital de Benghazi, interviewé par tous les médias aux premiers jours de la rébellion et disant que Kadhafi faisait un carnage avec son aviation et qu’il voyait des centaines de corps arriver à l’hôpital et parlait de 2000 morts au bas mot. On n’a plus jamais entendu parler de lui non plus…

    Il est très étonnant qu’on ne fasse que très peu de reportages à Benghazi alors que la ville est pleine de journalistes occidentaux et qu’ils sont censés être en zone libérée du tyran Kadhafi et de sa propagande, et doivent donc pouvoir travailler plus facilement (on s’attendrait à voir des reportages comme les journalistes aiment à en faire sur la vie quotidienne qui reprend et le bonheur d’être libéré du joug de l’infâme dictateur); de même concernant les reportages sur le front aux côtés des rebelles: on les voit tirer mais la caméra n’est jamais tournée dans la direction que visent leurs tirs. Autant c’est de la mise en scène et ce sont des forces spéciales ou des mercenaires qui se battent contre les troupes de Kadhafi…

    Quant à la question du financement de cette guerre, elle n’est peut-être pas aussi cruciale qu’elle en a l’air vu que ce sont le Qatar et les Emirats Arabes Unis qui paient le gros de la facture, ce qui ne leur pose guère de problème puisque le baril de pétrole a monté de 20% depuis le début de l’année: in fine, ce sont donc les automobilistes occidentaux qui supportent le coût des opérations!

    Voici quelques liens pour faire réfléchir sur ce qui se passe dans le monde arabe depuis trois mois.

    Sur la Libye:

    http://www.italiah24.it/dal-mondo/africa/6575-guerra-libia-la-francia-dietro-la-rivolta-preludio-alla-guerra-.html

    http://bellaciao.org/fr/IMG/pdf/2011032318218960.pdf

    Notez que la date d’arrivée en France de Mismari n’est pas indiquée (aucun article sur le net publié à l’époque ne la donne non plus): http://www.lefigaro.fr/international/2010/12/01/01003-20101201ARTFIG00662-defection-en-france-d-un-proche-de-kadhafi.php

    http://tv.globalresearch.ca/2011/04/us-orchestrates-regime-change-libya-using-social-media
    http://tv.globalresearch.ca/2011/04/libya-rebels-had-nato-weapons-day-1
    http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=24049
    http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=24367

    http://www.michelcollon.info/Comprendre-la-guerre-en-Libye-1-3
    http://www.michelcollon.info/Comprendre-la-guerre-en-Libye-2-3.html
    http://www.michelcollon.info/Comprendre-la-guerre-en-Libye-3-3.html

    Emission sur les tentatives occidentales pour assassiner Kadhafi depuis des années: http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/rendezvousavecx/index.php?id=103062

    Sur les révolutions arabes:

    Notamment à partir de 7:00 sur certains leaders d’opinions des révolutions « populaires », qui ne sont autres que des agents d’influence américains (Waël Ghonim, mentionné dans cette vidéo, a justement été élu par Time Magazine avant-hier la personne la plus influente de 2011):

    http://www.dailymotion.com/video/xht7pk_pierre-hillard-l-islam-face-a-l-empire-ripoublik-com_news#from=embed

    Sur la Syrie (si le 2e lien ne fonctionne pas, il est en cache sur Google):

    http://www.afrique-asie.fr/index.php/blog/le-blog-de-gilles-munier/la-syrie-prochaine-cible-de-l-otan

    http://www.champress.net/index.php?q=en/Article/view/86507

    http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=24375

    Bonus (spécial théorie du complot):

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=d70YP63zb7k
    http://www.dailymotion.com/video/xh84ja_1-2-lindsey-williams-avenir-des-petro-dollars-s-t_news
    http://www.dailymotion.com/video/xh9g72_2-2-lindsey-williams-les-reserves-de-petrole-us-s-t_news

    Dans le bain général de désinformation dans lequel on macère depuis un moment, difficile de savoir ce qu’il faut penser tout cela: mais lire autre chose que la pensée unique dispensée par les organes de presse officiels (par exemple Le Figaro = Dassault; Libération = Rothschild) ne peut pas faire de mal.

    Pour conclure, voici à quoi ressemble une frappe « chirurgicale », vue de chez ceux qui reçoivent les bombes sur la tête, pour leur bien évidemment (les âmes sensibles peuvent y aller: très impressionnant mais rien de choquant): http://letacle.canalblog.com/archives/2011/04/12/20875172.html

    1. Votre avis recoupe mon sentiment général sur l’affaire libyenne et les infos que j’avais glanées deci, delà, Merci pour les liens et bravo aux modos pour avoir laissé passer le maximum d’infos, d’avis ou de liens sur le sujet.

    2. Excellent commentaire, Wittgens.

      Bon, un peu de poésie complotiste 😉 :

      « When you have eliminated the impossible, whatever remains, however improbable, must be the truth »
      (Sherlock Holmes in « the Sign of the Four » )

      « Is there any point to which you would wish to draw my attention? »
      « To the curious incident of the dog in the night-time. »
      « The dog did nothing in the night-time. »
      « That was the curious incident, » remarked Sherlock Holmes. »
      ( The Memoirs of Sherlock Holmes )

    3.  » Big brother mangera son chapeau, le fera digérer aux Peuples, puis en achètera un autre, tout neuf « 

    4. Je suis profondément choqué par la video où les « gentils » que nous défendons massacrent visiblement un prisonnier proKadhafi, c’est horrible mais visiblement les gens de la foule avec leur téléphone portable n’ont pas l’air d’être horrifiés..ce qui est encore plus horrible et inquiétant pour la suite!

    5. Pour qui n’a pas rencontré Kadhafi en tête à tête, comment pouvoir juger son action sur l’ensemble de ses années de pouvoir libyen, sa part authentique de guide à résister à la pression occidentale.

      Il est difficile, bercé depuis son enfance par de belles histoires françaises, d’arriver, avec les années, à réaliser l’épaisseur de propagande qui enrobe le tout.

      Kadhafi et son ego, certes, mais le reste, qu’en est-il ?

      De toute manière, à chaque âme avertie, impossible de prendre pour argent comptant ce qu’en rapporte le média à intérêt et sous influence. Toute contradiction par des faits, témoignages, images, réalisme intuitif, est la bienvenue, bien qu’elle dû aussi passer par la critique sur sa crédibilité.

      Kadhafi est un emmerdeur pour la grosse machine à régir le monde, ce qui est au moins sa première qualité. Pour le reste, on n’a pas à rêver non plus de faire partie de son harem,

      Quoi qu’il en soit, l’intervention en Libye, c’est de l’ingérence sous faux prétexte, et donc à but non avoué.

      1. Je suis rasuré , il y aura peut être assez d’argent pour les prochaines élection, ils n’auront pas besoin d’aller mendier chez les Bettencourt

  12. article sympathique, mais je ne comprends pas l’intérêt que vous avez à dire que l’initiative est française.

    Où avez vous vu que la france, et à plus forte raison son président, peuvent s’embarquer dans une guerre de leur propre chef, sans mandat international? Ou que la constitution française prévaut sur le droit international dont la france a ratifié les traités? Nous sommes intégrés à l’otan et à l’union européenne, n’est ce pas?

    sarkozy a demandé un embargo à l’ue (le 23 février, hors protocole : « juste » une déclaration) ici à la limite initiative de proposition), puis sous décision américaine d’intervenir (jour de création du cnt, le 26 février discours d’obama repris le lendemain par clinton) militairement, la machine s’est mise en route : vote à l’onu le 17 mars pour l’intervention (alors que l’ue l’a rejetée le 11, préférant l’embargo). (france, angleterre, usa font partie du conseil de sécurité de l’onu, non? et donc soumis à son droit.)
    Ensuite la « coalition internationale franco-britannique, appuyée par les usa, et leurs alliés interviennent, via l’otan, sous mandat de l’onu (non fly zone). », comme le raconte les médias.

  13. Très bonne analyse et cette guerre va être la copie-conforme de celle du Viètnam résumée brievement et ses conséquences.
    – 1961. Débarquement d’un Porte avion US de 2 escadrilles d’hélicoptères pour appui au sol des forces sud-viètnamiennes qui ne controlent plus la poussée des viètcongs.
    – 1964 Premier bombardement de Hanoï sur ordre de Lindon Johnston
    – 1973 Embarquement en catastrophe des derniers G.I
    Bilan de cete guerre pour les USA : 58.000 Morts
    303.000 vétérans foutus à vie
    Voila ce qui nous attend avec notre Naboléon qui ne fait cette guerre que pour son prestige personnel et sa publicité politique auprès des Français en attente des élections électorales

  14. ARTE Reportage, 14 avril 2011
    (sur nos frappes si chirugicales, si propres, aux noms des droits de l’homme, ingérence humanitaire, déjà pour sauver les civils, à l’époque ceux du ceux du Kosovo)
    Serbie : le cancer de la guerre
    De Thomas Wedmann – ARTE GEIE / Wedmann Production – Allemagne 2011
    Ce 15 avril 1999, la guerre fait son entrée à Pancevo, en Serbie, une ville de 70.000 habitants à l’éclatante santé économique. L’OTAN bombarde la raffinerie de pétrole, l’usine pétrochimique et une usine d’engrais.
    http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/arte-reportage/3835976.html
    résumé
    Ce jour là, les bombes qui ont fait de Milorad Dimitrovski un héros, ont aussi détruit sa vie. Employé à l’usine, il parvient à empêcher l’explosion d’un container rempli de produits chimiques extrêmement toxiques. Mais d’autres containers explosent. Des milliers de tonnes de produits chimiques polluent l’air, le sol et la nappe phréatique… et contaminent la population.
    Une catastrophe chimique dévastatrice : l’étendue de la contamination n’a jamais été sérieusement mesurée. Le site bombardé a été peine nettoyé. A ce jour, les usines n’ont été que partiellement reconstruites. Beaucoup de gens sont au chômage.
    A Pancevo, la maladie tutoie la peur. Les autorités sanitaires de la ville essayent de comptabiliser tant bien que mal le nombre croissant de malades. En dix ans, le nombre de cancers aurait augmenté de plus de 329%… tous âges confondus.

    1. Arte reportage
      Côte d’Ivoire : carnet de guerre
      De Grégoire Deniau et Johan Bodin – ARTE GEIE / Keep Shooting – France 2011
      Chronique de la semaine, qui a conduit à l’arrestation du président sortant Laurent Gbagbo.
      (les troupes de Ouatarra, des soudards …. )
      http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/arte-reportage/3835972.html

      (le soutien de la force française ….)
      ….
      D’abord attribuée aux soldats français de la Licorne puis refilée aux combattants fidèles à Alassane Dramane Ouattara, la paternité de l’offensive finale sur le palais présidentiel, où s’abritaient Laurent Gbagbo et plusieurs membres de son entourage, n’en finit pas de susciter la polémique. L’Hexagone a beau se ruiner en démentis, l’avancée de ses troupes vers la présidence quelques heures avant l’assaut final a de quoi jeter le trouble sur son rôle dans l’arrestation du chef de l’Etat …
      Que peuvent bien cacher ces dénégations de l’ancienne puissance coloniale ? Le souci de ne pas froisser la susceptibilité des FRCI qui, malgré la destruction des armes lourdes des troupes républicaines, peinaient à mettre la main sur l’ennemi intime de leur chef, pourtant à portée de tir ? Ou serait-ce la peur d’être accusée d’interventionnisme, ce qui, en l’espèce, rappelle cette période glauque des relations entre la France et ses ex-colonies d’Afrique noire ?….
      Mais quelles que soient les motivations réelles et cachées de cette interventions française sur les bords de la lagune Ebrié, dans sa finalité, elle ne différera en rien de la Françafrique originelle, c’est-à-dire celle conçue par le général De Gaule et mise en œuvre par son bras séculier, Jacques Foccart. Le prix à payer par Alassane Ouattara, « président élu », mais installé par la force Licorne sera le même que celui réglé par les nombreux dictateur portés au pouvoir par le mercenaire Bob Denard : servir d’abord les intérêts français, qu’incarnent les multinationales comme Total, Bouygues, Bolloré et nous en passons. La Françafrique reste la Françafrique : la France-à-fric.
      Par Alain Saint Robespierre
      http://www.tchadforum.com/node/8251

      « Ouattara a du sang sur les mains » Dominique Paillé
      http://www.wat.tv/video/ouattara-sang-sur-mains-dominique-3lldf_2hpbt_.html

      Campagne électorale, programme politique de Ouatarra
      http://www.africa24tv.com/section/les_emissions_debats/6812

    2. … « Depuis Benghazi, des bateaux de pêche traversent le golfe de Syrte, chargés de vivres, mais surtout d’armes, cargaisons essentielles à la résistance de la ville ».
      « En Libye, l’équipe d’ARTE Reportage a pu embarquer à bord d’un des rares bateaux à prendre le large pour approvisionner Misrata. Cette ville, tenue par les rebelles, est située à seulement deux cent kilomètres de Tripoli. … »
      (avec et sur les forces CNR de Lybie ….)
      De Julien Fouchet et Sylvain Lepetit – ARTE GEIE / Babel Presse – France 2011
      http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/arte-reportage/3835968.html

      Le regard sur les interventions militaires de la France en Côte d’Ivoire et en Lybie
      http://www.legrigriinternational.com/article-cote-d-ivoire-libye-verges-arrose-tout-le-monde-au-dessus-c-est-le-soleil-71237308.html

  15. Je suis perplexe, car il se dégage de ce billet et des commentaires un concensus majoritaire tres argumenté contre l’ingérence en Lybie et en cote d’Ivoire, la situation n’étant d’ailleurs pas symétrique car en cote d’Ivoire on peut dire que l’ONU soit aller chercher la France et qu’en Lybie ce soit les Français et les Anglais qui aient sollicité un feuille de route tardivement définie.
    Il est clair que l’OUA aurait du mais n’aurait pu, ni probablement voulu, jouer un role de médiateur dans ces guerres civiles; éliminants toutes les critiques d’un comportement néocolonialiste de l’occident, que dire alors des oligarchies pétrolieres du monde arabe et de leur attitude masquée envers le colonel Lybien.
    Il a méme était dit dans les commentaires en faveur de Kadhafi qu’il n’était directement pas à l’origine des attentats contre les avions civils ?

    Révulsé par l’intempestif va t’en guerre BHL dont on peut se demander ce qu’il venait faire dans cette affaire, conscient de ce que des considérations de politique intérieure ont poussé Juppé et Sarkosy à vouloir éffacer les prestations de MAM en Tunisie, que la mane pétroliere Lybienne reste secondaire, il fallait donc rester sourd a un soulevement spontané contre Kadhafi, non ingérence oblige.

    Cela me rend perplexe et qu’auraient dit alors les détracteurs à cette ingérence ?,
    Le Colonel Kadhafi serait t’il notre meilleur ennemi sur le sol Lybien ?

    1. Bonjour!

      « Je suis perplexe, car il se dégage de ce billet et des commentaires un concensus majoritaire tres argumenté contre l’ingérence en Lybie et en cote d’Ivoire, la situation n’étant d’ailleurs pas symétrique car en cote d’Ivoire on peut dire que l’ONU soit aller chercher la France et qu’en Lybie ce soit les Français et les Anglais qui aient sollicité un feuille de route tardivement définie. »
      les membres du conseil de sécurité de l’onu, ceux qui sont aussi membres (et tête) de l’otan ont quelque peu forcé la main à l’onu, en reconnaissant le « gouvernement de transition » (cnt, celui la même qui refuse tout autre médiation extérieure depuis). En CI, la commission électorale mandatée par l’onu a reconnu ouattara comme vainqueur de l’élection, alors que le conseil d’état (ou équivalent) tranchait en faveur de gbagbo.
      Dans les deux cas la « communauté internationale » (c’est le flou complet, cette expression) outrepasse son droit : nulle menace internationale, et dans les deux cas, l’OUA s’était montrée claire.
      « Il est clair que l’OUA aurait du mais n’aurait pu, ni probablement voulu, jouer un role de médiateur dans ces guerres civiles; éliminants toutes les critiques d’un comportement néocolonialiste de l’occident, que dire alors des oligarchies pétrolieres du monde arabe et de leur attitude masquée envers le colonel Lybien. »
      Non : le cnt (appuyé par ses alliés) a refusé et refuse tjrs toute médiation ; l’ONU s’est assise sur les positions et de l’OUA, et de l’autorité constitutionnelle de la CI.

      « Révulsé par l’intempestif va t’en guerre BHL dont on peut se demander ce qu’il venait faire dans cette affaire » bonne question
       » conscient de ce que des considérations de politique intérieure ont poussé Juppé et Sarkosy à vouloir éffacer les prestations de MAM en Tunisie »
      Marginal à mon avis pour des décisions de cette ampleur. Pourquoi croire que c’est une initiative française?
       » que la mane pétroliere Lybienne reste secondaire » qd même…5000 milliards $ de réserve, selon un rapport du département américain de l’énergie daté de…février 2011.

      « il fallait donc rester sourd a un soulevement spontané contre Kadhafi, non ingérence oblige. »
      belle tarte à la crème : bombardement ou autruche.
      c’est un peu plus complexe : d’abord, il y a le droit national et le droit international, censé respecter le droit national, sauf traités explicites. Ensuite bien sûr, il y a la souveraineté des peuples reconnues à l’onu. Mais je ne vois nulle trace de spontanéité ou de soulèvement d’une majorité, ni en Libye, ni en CI d’ailleurs, où les conflits nord-sud s’égrènent depuis longtemps.
      Sans compter que la libye a l’indice de développement (octroyé par l’onu!) le plus élevé d’Afrique, ainsi que bcp de marchés publics
      « Cela me rend perplexe et qu’auraient dit alors les détracteurs à cette ingérence ? »
      N’imaginez pas que l’ingérence débute à une date précise, sous injonction de l’onu…

      « Le Colonel Kadhafi serait t’il notre meilleur ennemi sur le sol Lybien ? »
      De toute façon, est ce à nous de décider cela, tant que la libye n’attaque pas ses voisins (ou ne commet des massacres sur sa population)?

      1. Entendu

        A votre avis, que c’est t’il passé en Lybie qui ait pu poser la légimité de Kadhafi, le soulévement a t’il un fond légitime ou une simple apparence ?

      2. La côte d’Ivoire est francophone, je peux donc lire plus d’articles ..

        dont par ex, cet extrait (article de 2003) :
        « …..
        VI – CONCLUSION :
        A BON ENTENDEUR, SALUT !
        La situation actuelle de crise de la Côte d’Ivoire s’inscrit dans la philosophie de recolonisation de la Planète par les pays occidentaux. La globalisation des marchés à l’échelle mondiale n’a pas de dimension humaine. « Globalisation, oui, dans les pays développés mais monopolisation dans les pays pauvres d’Afrique ». Elle vise à transformer les multinationales des pays déjà riches en entreprises transnationales en leur donnant un passeport universel pour devenir propriétaires des ressources des pays déjà pauvres, sans aucune référence à la liberté des marchés. Le pire est que ce pillage éhonté se fait de plus en plus dans un cadre organisé de quelques Etats maffieux qui essaient d’utiliser l’ONU comme une référence légale pour rabaisser illégitimement et immoralement les autres nations.
        La France joue ce rôle de pilleur de nos ressources économiques avec arrogance et sous la menace de son armée et du chantage de certains membres du Conseil de sécurité de l’ONU dont elle est membre permanent avec un droit de veto. ….  »
        http://www.africa-humanvoice.org/afrique/guerrefrci.html

        mais surtout ou encore celui-là ( 25 avril 2011 )
        « Ouattara se trouve dans une situation fragile. Son élection reste contestable aux yeux de nombreux Ivoiriens, son refus dès la fin des élections d’un recomptage ne fait qu’augmenter la suspicion. Mais surtout, Ouattara se retrouve otage vis-à-vis des chefs de guerre des FRCI. En effet, ces « Com Zone » (commandants de zone) dirigent les régions du nord du pays et s’enrichissent en imposant un racket sur toutes les activités économiques. Il sera difficile à Ouattara d’imposer un État de droit qui suppose de faire le ménage. Les forces armées qui l’ont soutenu sont loin d’être unies, comme on a pu le constater lors des affrontements à Abidjan. Redevable aux chefs de guerre du nord du pays, il l’est aussi à l’Onuci mais surtout à la France qui veut faire de la Côte d’Ivoire un Eldorado pour les entreprises de l’hexagone, à la manière de ce qu’ont fait les USA avec l’Irak. Le gouvernement français vient de débloquer 400 millions d’euros sous forme de prêts pour la reconstruction du pays, soit plus du double de l’engagement de l’Union européenne.
        Ces sommes iront directement dans la poche des multinationales françaises déjà très présentes dans le pays, pendant que le peuple ivoirien meurtri par la guerre se verra obligé de rembourser cette nouvelle dette… humanitaire.  » Paul Martial
        http://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/cote-d-ivoire/article/l-imperialisme-francais
        (-crédit .fr mentionné dans le rapport de l’ UA, 21/4/2011
        « …. Il convient de noter que la France va mettre en place un crédit de 400 millions d’euros pour aider la Côte d’Ivoire à faire face aux dépenses urgentes (salaires, et fonctionnement de l’Administration), cependant que l’UE est également disposée à octroyer une aide de 200 millions d’euros. ….  »
        http://news.abidjan.net/documents/docs/Rapport_UA_situation_CI.pdf
        -crédit .fr Christine LAGARDE et Charles KOFFI DIBY, 11/4/2011
        http://news.abidjan.net/v/6563.html )

        Tout ne semble pas très très clair…
        -point de vue de Julien Dray
        http://www.dailymotion.com/video/xi2is8_cote-d-ivoire-quot-des-graves-derives-quot_news
        -photos étudiant Abidjan
        http://twitpic.com/photos/anarshy
        -manifestation « pas une voix pour Sarkozy en 2012 »
        http://moubamba.com/manifestation-du-4-avril-2011-calixthe-beyala-pas-une-voix-pour-sarkozy-en-2012/

        Je ne sais pas ce qu’il en sera de la Côte d’Ivoire, avec son nouveau président, assis dans sa place, par la force, dont la force française Licorne, grande encorneuse du dictateur déchu….
        mais je doute …

        Hors que semble-t-il s’organiser en Lybie ???
        L’intervention militaire ne vise-t-elle pas là-aussi, et là aussi par la force, d’obtempérer à un changement de pouvoir ???
        Ce nouveau pouvoir, qui aura été mis en place, à grand coup de bombes étrangères, avec le soutien militaire de la France, et autres démocraties occidentales, se peut-il seulement se concevoir une fois installé dans la place, à ne leur être redevable de rien ???
        Qu’en est-il de la représentation de ce nouveau pouvoir dont personne ne sait trop rien, hormis d’un ancien ministre de Kadhafi (subitement transfiguré ?? ..), d’un prince prétendant au trône (fatalement démocrate ?? ..),… (???), mais dont notre président reçoit ???
        Je ne vois pas que cela soit très très clair non plus ….

      3. « A votre avis, que c’est t’il passé en Lybie qui ait pu poser la légimité de Kadhafi, le soulévement a t’il un fond légitime ou une simple apparence ? »

        Je n’ai pas d’avis ou de réponse direct, alors pardonnez moi de prendre ce biais : qui légitime ou délégitime, dans ce cas précis? reconnaître un gouvernement contre un autre n’est pas un choix anodin (de gaulle avec la chine de mao par ex), plus à fortiori lorsqu’on le soutient militairement, et financièrement (bahrein récemment). Il est presque amusant de voir ce même nouveau légitimé refuser toute médiation. Sa situation réelle sur le terrain le lui permet elle, sans un soutien fort de la coalition?

        En fait…y a t il réellement soulèvement (en nombre, donc), spontané ou non?
        Si la coalition s’enlise, il sera clair que non. Si elle perd de même. D’ailleurs elle intensifie les bombardements, et l’intervention au sol, depuis longtemps dans les cartons, se discute : il est malheureusement difficilement envisageable que les faits montrent qu’elle avait tort quant à la question de la volonté populaire. Mais comme l’a dit clinton le 27 février (cf la chronologie au post 47), à la suite d’obama, « khadafi doit partir ».

        De fait, je ne pense pas que la perte de légitimité du gouvernement libyen (khadafi)soit venue de l’intérieur du pays*, puisque celle ci est conférée par une communauté internationale, terme aux contours changeants, mais au centre assez clair.

        Est ce que cela s’est seulement passé en libye? Outre l’environnement international, il semble qu’il y a des actions spécifiques des services de renseignements (français, qui semble avoir laissé penser ses homologues us et anglais qu’il y avait une opportunité pour un changement à l’égyptienne : qq gradés libyens (dixit les renseignements) furent positifs sur ce point). Les centres de décisions étaient plutôt à Paris et à Washington (centre de commandement de l’Otan, en fait le secrétariat à la défense américaine). En passant, ce genre de plan militaire intempestif et mal goupillé ressemble aussi bcp aux tactiques américaines habituelles.

        A noter que le conseil de sécurité de l’onu peut en quelque sorte s’autosaisir s’il considère la paix internationale menacée (art 39 40 41 ou 42, je ne sais plus) et les mandats de l’onu insuffisants. Mais je ne vois là encore aucun justificatif préalable : avant le choix de prendre comme interlocuteur légitime représentant le peuple libyen ce fameux cnt autoconstitué(choix français semble t il, mais nécessairement en accord avec les alliés), Khadafi n’était pas (plus?) une menace pour la paix internationale ( au contraire, bcp d’éloges plus ou moins hypocrites). Maintenant, la situation tend à le devenir, justifiant de plus en plus d’actions de la part de la coalition : en soutenant ce qui n’est pas un soulèvement, avec l’intention affichée d’éviter les morts civils, on se retrouve à risquer de créer une guerre civile.

        …en fin de compte, d’où émanent la légitimité d’un gouvernement, et donc quelle est la légitimité de l’action de la coalition? Sur ce point, cette coalition a clairement autolégitimé son action (la peur d’un massacre de population fut la principale motivation de la résolution 1973 ; et les témoignages provenaient justement de l’entourage du cnt**, lui même légitimé par le noyau de la coalition.). Normalement, à l’onu, la volonté du peuple est souveraine (et donc ses institutions) sur son territoire. Et l’onu reconnaissait la légitimité de Khadafi à la tête de la libye.

        Après ce biais, je peux commencer à vous donner une opinion : en gros, vous me demandez pourquoi les membres de l’otan qui sont aussi membres du conseil de sécurité de l’onu (usa france angleterre) ont changé d’avis sur Khadafi, suffisamment pour pousser l’onu à l’urgence, et mécontenter des alliés (allemagne par ex) et des partenaires (russie, chine)?
        En plus, en cas de problème, l’opprobre diplomatique retombera sur la france (et l’angleterre dans une moindre mesure), puisque c’est présenté comme une initiative de Sarkozy.
        bonne question…la réponse est sûrement économique. (cf DSK ci dessous). Ou aussi concerner la défense. Pareil a contrario pour les non-interventions au yemen et à bahreïn, ou ailleurs.
        En plus, après le 11 sept 2001, les usa ont décidé un redéploiement de leur fourniture énergétique, ce qui les a fait se tourner vers l’afrique (où ils ont rencontré europe, russie et surtout chine). Il y a aussi de profonds changements géopolitiques et donc économiques, qui sous tendent les changements en Afrique. A simple titre d’exemple, l’Afrique était mise sous l’autorité militaire européenne (eucom, elle même sous autorité us), mais sous l’impulsion de bush, fut créé fin 2008 l’usafricom http://fr.wikipedia.org/wiki/Africom

        Et le peuple dans tout çà? Sincèrement, autant en égypte et en tunisie, le nombre et la volonté semblaient là, même appuyés de l’extérieur (les renseignements sont payés entre autre pour çà), autant en libye, je ne sais pas.

        [*(certes le régime est assez despotique, et la crise n’arrange rien), même si, comme partout, il doit exister un terreau plus ou moins propice au changement politique (nul pays qui n’ait son lot de mécontents (pauvres & ou idéologues) ; et que la spéculation bancaire sur les matières premières (énième horizon d’investissement « refuge » depuis les subprimes), atteignant directement ceux dont les achats sont incompressibles met à mal bcp de gouvernements (islande, angleterre compris)). Un récent rapport sur ce sujet, du Fmi, évalue le rapport entre l’augmentation des prix et celui des protestations : sans être sûr des chiffres, +10% de prix de l’alimentation=+100% de contestations. Mr Strauss Kahn s’en inquiète : les pays ayant le plus suivi le credo ultralibéral sont aussi les premiers touchés (et donc les pays « pauvres », biens libéraux, sont en tête), et les plus durement, décrédibilisant l’action de ces mêmes gouvernements (leur orientation politique est remise en cause en même temps que leur légitimité). « At the same meeting IMF’s managing director Strauss-Kahn expressed that « … the consequences [of food price increases] on the population in a large set of countries … will be terrible … disruptions may occur in the economic environment so that at the end of the day most governments, having done well during the last five or 10 years, will see what they have done totally destroyed, and their legitimacy facing the population destroyed also. »
        Mais je crois que la libye est (était?) dans cette région, la moins exposée (un peu hors système international, avec un pib moyen/habitant élevé pour la région sud méditerranée, alphabétisation, et accès à l’eau, ainsi qu’une moins grande disparité de droit homme/femme, tjrs par rapport à la région, un accès à un service public de santé aussi. Parmi les meilleures (en quantité) redistributions des revenus du pétrole). Il y a aussi les mouvements politiques qui s’opèrent, principalement en Afrique, par ex les déjà historiques « révolutions arabes », qui créent une « dynamique de changement » (la vieille théorie des dominos…)]

        [** Si comparaison n’est pas raison, un parallèle peut se faire sur d’autres déclarations faites à l’onu sur des sujets similaires (le pillage d’une maternité au koweit, témoignage à l’appui d’une infirmière, qui motiva en bonne partie la mise en route d' »Irak 1″. La nurse se révéla être la fille d’un ambassadeur koweitien aux us, et n’avait jamais mis les pieds dans une maternité de sa vie. D’ailleurs aucune destruction de maternité ne put être avérée par la suite, même après la guerre. De même les ADM ou les caches d’anthrax dont Powell avait agité une fiole (présentée comme telle à l’assemblée), à l’onu, pour convaincre de l’imminence et de la prégnance du danger : « Irak 2 ». L’urgence presse la décision…et l’émotion domine.]

      4. Il y a eu des manifestations, je n’en sais pas plus que ça, …..
        (je n’écoute plus les infos, ….
        alors après les manifestations que je peux voir, je regarde les maisons, si la ville est bien entretenue, comment vont les gens…
        en Lybie, il me semble, mais j’ai pas beaucoup vu d’images, que c’était bien entretenue, propret … )

      5. Pas sympa de zaper mes commentaires, alors que je m’applique à lire en anglais, (ce qui est un nouvelle matière pour moi ) les articles de Robert Fisk, pour essayer de traduire son point de vue
        donc je résume, les leaders savent qu’ils ne sont pas représentatifs, ils ont appelé à une intervention étrangère, et réalisent qu’ ils chevauchent sur un tigre

  16. Salut,

    Obama l’a dit dans un langage plus direct que ces « alliés » (pions) européens :

    Qu’à partir de maintenant tout pays qui pourrait menacé la manière de vivre ou les valeurs d’un Occident prospère et dominateur, pourrait être la cible d’une opération légale et adéquate (cf guerre).

    Malheureusement, toute personne (média, politique, personne simple) qui bénéficie de ce way of life et de ces valeurs, ne verra pas directement le crime qu’implique ce genre d’opération guerrière.

    @++

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