MARIE-FRANCE PISIER (1944 – 2011)

On l’a vue partout : partout où ça comptait. C’était elle Colette, dans Antoine et Colette de Truffaut en 1962, et elle retrouvera Antoine en 1968 dans Baisers volés, puis en 1979 dans L’amour en fuite. Elle était dans Trans-Europe-Express d’Alain Robbe-Grillet en 1967, dans Le Fantôme de la liberté de Luis Buñuel en 1974, et la même année, dans le délicieux Céline et Julie vont en bateau de Jacques Rivette (une pensée émue pour la grande Juliet Berto). Dans Barocco d’André Téchiné en 1976. Et, et, et… et je pourrais continuer presque à l’infini, enfin jusqu’en 2011.

On apprend la mort d’un artiste ou d’une artiste et on dit : « Ah ! je l’aimais beaucoup ! », ce qui est vrai, et on retourne vaquer à ses affaire. Parfois – on ne sait pas pourquoi, c’est différent – on entend la nouvelle, et on pleure.

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24 réflexions sur « MARIE-FRANCE PISIER (1944 – 2011) »

  1. laissons parler le titre, et une immense artiste saluer une autre grande artiste….regardez la coupe de cheveux, ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?
    Si vous aimez Milva , écoutez Estate sur you tube…. n’ attendons pas que les gens soient morts pour nous souvenir d’ eux.

  2. Encore un amour de jeunesse qui s’en va……
    moi je vous dit tout ça va mal finir !
    Poussez pas derrière !

    Sérieusement , c’est vrai pour certains le coup de coeur est nettement plus fort ,
    Un personnage , une époque , une idée qui passent comme M Ferrat l’an dernier……

  3. “L’actrice française Marie-France Pisier s’est éteinte à l’âge de 66 ans dans la nuit de samedi à dimanche, dans sa maison de Saint-Cyr-sur-Mer, dans le Var. «Le corps a été retrouvé vers 4 heures du matin par son mari dans la piscine», a affirmé un magistrat du parquet de Toulon, qui a ouvert une enquête pour «recherche des causes de la mort». «Il ne s’agit pas d’une enquête criminelle», a précisé le magistrat. Selon la même source qui a ordonné une autopsie, «le corps ne portait pas de trace de violence externe».

    http://www.lefigaro.fr/cinema/2011/04/24/03002-20110424ARTFIG00042-la-mort-de-l-actrice-marie-france-pisier.php

  4. Poême de Shrî Ràmana Maharshi

    LE CHEMIN DE L’ÊTRE

    Retire ton esprit de ce dehors où l’attirent les sens
    et contemple au-dedans ta forme de Lumière
    ainsi tu parviendras à la vision de l’Être.

    Plonge ta pensée jusqu’au fond d’elle-même,
    jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse
    c’est là le vrai chemin de l’être.

    Vois : l’esprit n’est que pensée;
    source de tout penser est le penser de soi.
    L’esprit n’est autre en vérité que ce penser de soi.

    Le « je » qu’en toute pensée tu penses,
    cherche avec soin d’où il jaillit
    tu le verras disparaître
    Mais dans le temps même qu’il s’évanouit,
    en le fond a déjà surgi le Je (Aham) essentiel.

    Lorsque tu dors d’un sommeil très profond,
    quel « je » prononce alors ton coeur?
    et cependant,
    Tu es.

    Corps, sens, souffle, pensée, tout cela, c’est ténèbres seulement,
    de l’inerte, non de l’étant.
    Tu n’es, toi, ni ceci ni cela
    Tu es !

    Réfléchis : le connaisseur de ce qui est peut-il être un autre être?
    L’être c’est la conscience de soi
    Tu es cela !

    Le Soi divin et toi, en vérité vous êtes,
    mais l’Être est UN ?
    Dans l’esprit seul est l’idée du divers.

    Qui hors tout ce qui passe réalise qu’il Est dans l’absolu,
    celui-là seulement a de soi la vision
    en la vision de soi est la vision de Dieu.

    Être fixé en soi, c’est connaître le Soi
    et le Soi à soi serait-il autre ?
    le Soi, c’est l’Être.

    Au-delà du savoir comme du non-savoir seulement est le vrai savoir,
    là où plus rien n’est à savoir.

    Quand alors est atteint le vrai savoir de Soi,
    il n’est plus que l’Être, sans fin ni commencement
    ,
    la jouissance infinie de la conscience d’être

    SAT – CIT – ANANDA

    1. Le Soi est l’ami du Soi et aussi son ennemi…Le Subjectif et l’Objectif…Mais d’une façon très objective terrestre je dirait que Marie-France Pisier possède le ton et voix rare, la bande son son…Il existe, en effet, peu de chose aussi difficile que d’entendre réellement notre propre voix dans tous ses aspects de ton et d’accent…Nous sommes tellement habitués à elle que nous ne pouvons dire si elle est désagréable ou au contraire mélodieuse…Nous devons nous fier aux dires de ceux qui l’entendent…Pour Marie-France la chose est CLAIRE…Sa voix est limpide…Le Son…La bande son de notre existence (donc notre propre voix) nous révèle bien d’avantage que tout autre chose…Enfin c’est mon opinion…La voix reste le crédit de l’individu bien souvent, même si, ces écrits peuvent-être énigmatiques,non?

    2. Maharsi, le dernier grand mystique hindou… Attention à vous, Jerôme, vous allez attirer à vous les grands carnassiers du Néant…

      1. @ Pablo 75,

        Bonjour,

        Heu….que saint Panikkar me protège?

        Pas ceux-là quand même, hein..
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Tyranide

        De Marie-France Pisier émane un appel à la poésie, ce poème passait par là, tout ce petit monde s’est un instant choisi.

        Rencontre enchantée d’égos, Pablo

        http://www.youtube.com/user/1salacious?blend=22&ob=5#p/u/0/e2ePX6pK1HE

        sans la voix…perd-elle de son charme si particulier, idle? L’amour coupe parfois l’ouïe, la vue, ou grave des rencontres qui font de ces parties subjectivement perçues de l’autre comme des nouvelles parties de nous-mêmes, agréable diffusion du soi autre en vibrante reconnaissance.

  5. Marie-France Pisier, une époque, un cinéma, …
    Depuis que je suis ado, Il y a deux actrices qui représentent La Femme et c’était l’une d’elle.
    Grande tristesse.

  6. Etrange télescopage dans l’actualité, un aristocrate meurtrier … et une aristo happée par le destin !

  7. Hello Jérôme, bien sûr qu’il n’y a pas que la voix chez Marie France…Ce que vous avez très bien démontrez par le choix de votre vidéo…Si toutes les femmes pouvaient ressembler à Marie France, quel bonheur ce serait!

  8. Marie-France Pisier n’était pas seulement une actrice mais aussi un écrivain d’une grande sensibilité.

  9. Le questionnaire de Proust de Marie-France Pisier en 2002:

    Le bonheur parfait selon vous?
    Me balader dans Paris, au printemps, sans but, nez au vent…

    Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureuse?
    Sur une plage, en Nouvelle-Calédonie, quand j’avais 13 ans. Du sable filait entre mes doigts; je me disais: “Je tiens ma vie entre mes mains.”

    Quel est le principal trait de votre caractère?
    L’exaltation.

    Et le trait de votre caractère dont vous êtes le moins fière?
    Mes crises rapides et violentes de paranoïa.

    Votre dernier fou rire?
    A la suite d’une réflexion de Thierry Funck-Brentano, l’homme que j’aime, à qui je demandais: “Alors, c’est vraiment mieux d’être un homme”? “Oh oui… mais on a des compensations!” m’a-t-il répondu.

    Et la dernière fois que vous avez pleuré?
    C’était dans une piscine à Miami, il y a trois ans. J’ai cru que j’allais faire déborder la piscine de mes larmes…

    Vos héros dans la vie d’aujourd’hui?
    Deux médecins: le Pr Baulieu, qui a inventé la pilule RU 486. Et le Pr Frydman, l’un des “papas” d’Amandine, qui a réalisé la première procréation médicalement assistée.

    Votre héroïne de fiction préférée?
    Cette grande hystérique de Scarlett O’Hara.

    Votre film culte?
    La Splendeur des Amberson, d’Orson Welles.

    Vos auteurs favoris?
    Henry James, Edith Wharton, Fitzgerald, Faulkner.

    Votre occupation préférée?
    Lire dans ma baignoire.

    Et votre livre de chevet?
    Le Dictionnaire des personnages de la littérature, dans la collection Bouquins.

    La couleur que vous préférez?
    Le rouge des rideaux de théâtre.

    La fleur que vous aimez?
    L’iris, pour le mot et parce que c’est le prénom de ma fille.

    Votre boisson favorite?
    Le gevrey-chambertin.

    Le talent que vous auriez voulu avoir?
    Savoir chanter.

    La chanson que vous fredonnez?
    Comme un avion sans ailes, de CharlElie Couture. On l’entend d’ailleurs dans mon prochain film. C’est même son titre.

    Que possédez-vous de plus cher?
    Ma vue… qui baisse.

    Que détestez-vous par-dessus tout?
    Ne pas voir le temps passer.

    Les fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence?
    En tout cas pas les fautes d’orthographe.

    Si vous deviez changer une chose dans votre apparence physique?
    Je serais une grande blonde… ou un grand blond!

    Qu’avez-vous réussi de mieux dans votre vie?
    A aimer et à être aimée.

    Quel serait votre plus grand malheur?
    Que les gens que j’aime meurent avant moi.

    Votre plus grand regret?
    Ne pas arriver à me débarrasser du sentiment de culpabilité.

    Votre devise?
    Chaque matin qui se lève est le premier de tous les matins qui me restent.

    Et comment aimeriez-vous mourir?
    En rêvant.

    http://www.lexpress.fr/culture/cinema/marie-france-pisier-son-questionnaire-de-proust_985998.html

  10. « Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureuse?
    Sur une plage, en Nouvelle-Calédonie, quand j’avais 13 ans. Du sable filait entre mes doigts; je me disais: « Je tiens ma vie entre mes mains. » »

    Superbe !

  11. Merci Pablo75

    Mais j’ai trouvé dommage :
    Si vous deviez changer une chose dans votre apparence physique?
    Je serais une grande blonde… ou un grand blond!

    Elle était parfaite comme elle était, tout comme peuvent l’être les grandes blondes ou blonds.

    Mais après tout, si elle avait préféré être une grande blonde, pourquoi pas, mais ça n’aurait pas été elle.

    Moi qui suis un grand blond aux yeux bleus, gamin j’enviais les africains, j’aurais voulu être un noir d’Afrique ou d’ailleurs, chacun ses lubies, ça m’a passé, je suis là où je suis et qui je suis.

  12. Pour moi le plus étonnant dans ce questionnaire c’est:
    “-Et la dernière fois que vous avez pleuré?
    -C’était dans une piscine à Miami, il y a trois ans. J’ai cru que j’allais faire déborder la piscine de mes larmes…”

    1. Ah ! l’angoisse prémonitoire de la baigneuse à Miami… Marie-France Pisier aura donc fait beaucoup de mal aux Pisciniers de France.
      Mais qu’allait-elle donc faire dans ces piscines ! Mais que ne s’est-elle contentée de ce qu’elle disait préférer, lire du Faulkner dans sa baignoire…
      Je hais ces questionnaires “á la Proust”, ou à la Pivot, concentrés pseudo poétiques de virtuosité mensongère et de vaine superficialité putassière d’hebdos pour gogos à people.

      Questions originales du jeu anglais “Confessions ” de 1860. Version de Proust , Réponses de Proust à lui-même vers 1890 :

      Your favourite virtue. Le principal trait de mon caractère.
      Le besoin d’être aimé et, pour préciser, le besoin d’être caressé et gâté bien plus que le besoin d’être admiré.
      Your favourite qualities in a man. La qualité que je préfère chez un homme.
      Des charmes féminins.
      Your favourite qualities in a woman. La qualité que je préfère chez une femme.
      Des vertus d’homme et la franchise dans la camaraderie.
      Your chief characteristic.
      Pas de réponse.
      What you appreciate the most in your friends? Ce que j’apprécie le plus chez mes amis.
      D’être tendre pour moi, si leur personne est assez exquise pour donner un grand prix à leur tendresse.
      Your main fault . Mon principal défaut.
      Ne pas savoir, ne pas pouvoir « vouloir ».
      Your favourite occupation. Mon occupation préférée.
      Aimer.
      Your idea of happiness. Mon rêve de bonheur.
      J’ai peur qu’il ne soit pas assez élevé, je n’ose pas le dire, j’ai peur de le détruire en le disant.
      Your idea of misery. Quel serait mon plus grand malheur ?
      Ne pas avoir connu ma mère ni ma grand-mère.
      If not yourself, who would you be? Ce que je voudrais être.
      Moi, comme les gens que j’admire me voudraient.
      Where would you like to live? Le pays où je désirerais vivre.
      Celui où certaines choses que je voudrais se réaliseraient comme par un enchantement et où les tendresses seraient toujours partagées.
      Your favourite colour and flower. La couleur que je préfère.
      La beauté n’est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie.
      La fleur que j’aime.
      La sienne- et après, toutes.
      Your favorite bird. L’oiseau que je préfère.
      L’hirondelle.
      Your favourite prose authors. Mes auteurs favoris en prose.
      Aujourd’hui Anatole France et Pierre Loti.
      Your favourite poets. Mes poètes préférés.
      Baudelaire et Alfred de Vigny.
      Your favourite heroes in fiction. Mes héros dans la fiction.
      Hamlet.
      Your favourite heroines in fiction. Mes héroïnes favorites dans la fiction.
      Bérénice.
      Your favourite painters and composers. Mes compositeurs préférés.
      Beethoven, Wagner, Schumann.
      Mes peintres favoris.
      Léonard de Vinci, Rembrandt.
      Your favourite heroes in real life. Mes héros dans la vie réelle.
      M. Darlu, M. Boutroux.
      Your favourite heroines in real life.
      Pas de réponse.
      What characters in history do you most dislike.
      Pas de réponse.
      Your heroines in World history . Mes héroïnes dans l’histoire.
      Cléopâtre.
      Your favourite food and drink. Pas de réponze.
      Your favourite names. Mes noms favoris.
      Je n’en ai qu’un à la fois.
      What I hate the most . Ce que je déteste par-dessus tout.
      Ce qu’il y a de mal en moi.
      World history characters I hate the most . Personnages historiques que je méprise le plus.
      Je ne suis pas assez instruit.
      The military event I admire the most. Le fait militaire que j’admire le plus.
      Mon volontariat !
      The reform I admire the most. La réforme que j’estime le plus.
      Pas de réponse.
      The natural talent I’d like to be gifted with . Le don de la nature que je voudrais avoir.
      La volonté, et des séductions.
      How I wish to die . Comment j’aimerais mourir.
      Meilleur – et aimé.
      What is your present state of mind. État présent de mon esprit.
      L’ennui d’avoir pensé à moi pour répondre à toutes ces questions.
      For what fault have you most toleration? Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence.
      Celles que je comprends.
      Your favourite motto. Ma devise.
      J’aurais trop peur qu’elle ne me porte malheur.

  13. UNE FILLE ÉPATANTE
    “Parfois – on ne sait pas pourquoi, c’est différent – on entend la nouvelle, et on pleure.”
    Oui, on entend la nouvelle et on ne peut y croire ; plusieurs jours après, on commence à réaliser et l’on se met à pleurer.
    Archives de l’Ina.

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