LA SITUATION À FUKUSHIMA (XV), par François Leclerc

Mise à jour n° 236 (mercredi 14h36)

D’autres épisodes décisifs décrivant le chaos initial sont apportées par le Wall Street Journal, après analyse des 2.000 pages de documents rendus publics par Tepco.

Il est confirmé que – pour des raisons non élucidées dans ces documents – un système de refroidissement de secours par condensation avait mis hors service avant que le tsunami ne se déchaîne et produise ses effets. Ne ralentissant pas comme il aurait du l’élévation de la température et de la pression à l’intérieur de la cuve du réacteur n°1, avec les conséquences que l’on connaît.

Les téléphones du bunker de l’autorité de sûreté nucléaire (NISA), situé à 15 minutes de route du site de la centrale, ne fonctionnaient pas, pas plus que le téléphone satellitaire. La pompe du générateur d’électricité de secours non plus, laissant le responsable sans aucun moyen de communication avec la centrale et avec Tokyo. La pompe ensuite réparée, la réserve de fuel ne dura que 24 heures.

L’alarme initiale et l’ordre d’évacuation de la population dans un rayon de deux miles n’a été donnée que tardivement, l’exposition à l’air des barres de combustible du réacteur n°1 encore ignorée, la situation au sein du réacteur n°2 étant seule considérée à tort comme préoccupante, son système de refroidissement étant arrêté pour repartir ensuite avant de finalement stopper.

La décision très tardive de relâcher des gaz contaminés dans l’atmosphère, au risque d’une explosion de la cuve du réacteur n°1 (incident du type Techernobyl, à 350 kms de Tokyo) aurait eu en autre cause que le président de Tepco, seul habilité à prendre la décision, était bloqué à environ 165 miles à l’ouest de Tokyo, n’étant pas parvenu à prendre un avion militaire qui devait l’y transporter et qui avait été dérouté pour se rendre dans les régions atteintes par le tsunami sur ordre du gouvernement. Il revint ensuite le chercher.

Le tuyau d’évacuation des gaz n’était pas muni d’un filtre destiné à empêcher la contamination de l’atmosphère, amenant le gouvernement à étendre de 2 à 6 miles la zone d’évacuation avant de procéder au dégazage (sans avoir le temps et les moyens de vérifier que son ordre était exécuté).

Il était nécessaire d’injecter de l’eau dans la cuve, car le dégazage allait diminuer la pression et la température à laquelle l’eau bout. Mais le camion de pompier qui l’aurait permis avait été enlevé par le tsunami, retardant considérablement l’opération.

Ouvrir la valve permettant le dégazage devant se faire manuellement, les systèmes hydraulique et électrique ne fonctionnant plus, le directeur de la centrale a donné le coup d’envoi, suivi par 18 ouvriers qui se sont relayé en courant pour tourner la manivelle, afin de rester très peu de temps sur place, étant donné le niveau des radiations. Finalement, la valve fut ouverte d’un quart. La seconde valve le fut totalement grâce à un compresseur et une batterie amenée à l’intérieur du bâtiment du réacteur.

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Mise à jour n° 235 (mercredi 11h22)

Une longue enquête du Wall Street Journal (réservé aux abonnés) tente une reconstitution du début de la catastrophe. elle s’appuie notamment sur 2.000 pages de documents publiés par Tepco.

Elle met en premier lieu en évidence le chaos qui a résulté de l’interruption totale de toute fourniture d’électricité et de la panne des moyens de secours, groupes électrogènes et même de la plupart des batteries qui donnaient une autonomie de huit heures. Pour en donner une illustration, elle révèle que les ingénieurs ont du utiliser les batteries des voitures qui n’avaient pas été détruites par le tsunami pour simplement essayer de remettre en marche les instruments de mesure de température, niveau d’eau et pression (le crépuscule tombait à ce moment-là sur la centrale). C’est ainsi qu’ils comprirent que les barres de combustible allaient être découvertes dans le réacteur n°1.

L’enquête confirme qu’un premier camion-générateur était bien ensuite arrivé sur le site (à 11 heures du soir) mais n’avait pu être connecté, son câble de raccordement trop court. Un seul camion générateur a pu être branché durant les 24 premières heures.

Plus impressionnant encore, l’enquête révèle que le premier ministre est venu en personne et par hélicoptère sur le site de la centrale, afin d’obtenir que le dégazage de l’intérieur de la cuve, au sein de laquelle la pression avait dépassé de 50% la limite autorisée, intervienne finalement.

Un état de grande confusion et d’absence de communication régnait et il a donc considéré n’avoir plus comme ressource que ce déplacement dans l’urgence, faisant face à un refus déguisé d’obéir à ses instructions. A la suite de vifs échanges avec le directeur de la centrale et un ingénieur, dans une pièce du bunker de la centrale, il est en plus apparu qu’il était nécessaire d’ouvrir manuellement une valve et que les systèmes électrique et hydraulique permettant de le faire ne fonctionnaient pas. C’est finalement le directeur de la centrale qui le fit, s’exposant à hauteur de 106,3 millisieverts.

Tepco n’a pas donné suite à la demande du journal de rencontrer les interlocuteurs présumés du premier ministre.

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Mise à jour n° 234 (mercredi 08h13)

Des travaux préliminaires ont débuté dans les réacteurs n°2 et 3.
Dans ce dernier, le pompage de l’eau hautement contaminée a débuté, entrainant une baisse de 1 cm de son niveau dans le sous-sol du bâtiment de la turbine (il est de 144 cms).

Quatre ouvriers ont été envoyés en mission exploratoire au sein du réacteur n°2, munis de système de respirations autonomes. L’envoi de robots, déjà tenté le 18 avril dernier, se révélant inefficace étant donné le taux d’humidité de l’air supérieur à 90% et la buée en résultant sur les lentilles de leurs caméras.

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Mise à jour n° 233 (mardi 16h38)

L’opérateur a annoncé maintenir son planning initial de travail, en dépit des incertitudes, tout en adaptant ses moyens. Il vise toujours à la réduction de la contamination radioactive pour juillet prochain et la stabilisation de la température des réacteurs (arrêt à froid) entre octobre et janvier de l’année prochaine.

Il n’est définitivement plus question, vu les fuites, de remplir les réacteurs n°1 à 3 d’eau, mais de mettre en service un système reposant sur une décontamination, et un refroidissement de l’eau répandue dans les réacteurs avant de l’injecter à nouveau dans celui-ci. Nouveauté, des échangeurs de température seraient également installés afin de refroidir l’eau des piscines n°1, 3 et 4.

Dans les deux cas, l’objectif est de cesser d’alimenter les nappes d’eau hautement contaminée par de nouvelles injections d’eau. Tepco projette aussi de construire des murs dans l’océan, faute de mieux, afin de contenir la contamination. D’autres travaux destinés à éviter la contamination du sous-sol de la centrale sont à l’étude.

Enfin, les conditions de logement et la nourriture des ouvriers vont être améliorés (plus de deux mois après le début de leur intervention).

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Mise à jour n° 232 (mardi 09h50)

En attendant de prendre connaissance des nouveaux plans de Tepco, qui pour l’instant confirme son planning original en modifiant la conception du circuit fermé de refroidissement qu’il cherche toujours à mettre en place, de nouvelles informations surgissent du passé.

Il apparaît que le système de refroidissement de secours du réacteur n°1 aurait été arrêté manuellement après son lancement automatique et maintenu ainsi trois heures après le tsunami. Cette décision aurait été prise en raison d’une brutale chute de la pression au sein du réacteur et semblerait-il conformément aux instructions. Ce qui n’aurait pas été sans conséquence sur le démarrage de la fusion du combustible.

La concentration dans l’urgence d’environ 70 camions porteurs de générateurs d’électricité de toute provenance sur le site de la centrale aurait été très largement inutile. Tant en raison des débris qui perturbaient l’accès que de l’état des tableaux électriques de raccordement.

Le premier générateur n’a pu être connecté au réacteur n°2 que 24 heures après le début de la catastrophe. Mais l’explosion d’hydrogène au sein du réacteur n°1 a ensuite détruit la connexion, qui a brûlé. L’explosion au sein du réacteur n°3, deux jours plus tard, a endommagé en raison des projections de débris d’autres camion-générateurs.

Il a fallu attendre le 21 mars, 10 jours après le début de la catastrophe, pour que l’énergie soit finalement rétablie via une ligne d’alimentation raccordée au réseau.

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Mise à jour n° 231 (lundi 15h52)

22.000 tonnes d’eau contaminée seraient répandues dans le bâtiment de la turbine du réacteur n°3 ainsi que dans une tranchée technique. Le débit de la fuite s’accentue, à considérer le niveau atteint par l’eau qui est monté nettement plus vite en un seul jour que les deux dernières semaines. Une partie de cette eau atteint l’océan.

Au rythme de 10 tonnes par heure, l’opérateur devrait commencer à pomper cette eau à partir de demain mardi. 4.000 tonnes d’eau contaminée pourraient être ainsi transférées dans un réservoir qui a été rendu imperméable. L’autorité de sûreté nucléaire a donné son accord pour cette opération.

Entre temps, de nouvelles masses d’eau seront contaminées, à un rythme certainement estimé mais non divulgué. Plus ou moins soutenu que les opérations de pompage ?

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Mise à jour n° 230 (lundi 12h30)

En pénétrant dans le bâtiment du réacteur n°1 afin d’en débuter l’inspection, les ouvriers ont contribué à commencer à permettre d’éclaircir la séquence de démarrage de la catastrophe, plus de deux mois après celle-ci.

La question de savoir si l’opérateur l’avait déjà ou non analysé n’est pas secondaire, mais ce ne peut être qu’une hypothèse dans l’état actuel des choses, s’il est exact que les instruments de mesure dont il disposait l’informaient faussement.

L’arrêt de tout refroidissement par eau n’a pas seulement abouti à une fusion déjà reconnue comme partielle du combustible nucléaire, mais probablement de la totalité de celui-ci, ensuite tombé au fond de la cuve sous forme d’un corium et trouant son fond (dans les réacteurs n°1 à 3).

Il n’est pas exclu que ce même réacteur n°1 – sans plus de précision – puisse avoir souffert du séisme et subit des dommages structurels non localisés, alors qu’il n’était jusqu’à maintenant pris en considération que les effets du tsunami aboutissant à l’arrêt du refroidissement des réacteurs.

L’opérateur poursuit ses investigations et revient sur l’analyse détaillées des données qu’il possède, plus spécialement sur l’intervalle de temps (50 minutes) qui a séparé le séisme du tsunami.

Enfin, les délais mis à procéder au dégazage d’hydrogène par l’opérateur continuent d’alimenter le questionnement sur ses circonstances et ses raisons. Ce retard lui serait clairement imputable, aux dires du gouvernement qui lui en aurait a plusieurs reprises l’ordre avant qu’il soit exécuté. Il en aurait résulté les explosions qui ont aggravé dans des proportions encore difficiles à évaluer l’ampleur de la catastrophe.

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Mise à jour n° 229 (lundi 09h48)

En raison de l’existence de trous dans le bas de la cuve où se trouve le cœur proprement dit du réacteur, une importante fuite d’eau hautement contaminée se poursuit.

En conséquence, le corium – toujours à très haute température – ne serait pas totalement couvert d’eau, en raison d’une forte vaporisation de celle-ci. C’est ce qui expliquerait, toujours selon l’opérateur, que si la température en bas de la cuve atteignait hier dimanche en milieu de journée 110,4°C, elle était de 88,6°C dans le bas de celle-ci.

L’augmentation du débit d’injection de l’eau de 8 à 10 tonnes par eau aurait permis de baisser de 15°C la température en haut de la cuve, mais cela augmente la quantité d’eau hautement contaminée qui se répand dans l’enceinte de confinement, et peut-être au-delà, ainsi que la radioactivité dans certaines zones du bâtiment où il est impossible d’effectuer des travaux.

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Mise à jour n° 228 (dimanche 23h25)

La contamination de l’océan se poursuit et les mesures effectuées dimanche signalent un accroissement de la présence de césium-134 et 137 depuis la veille samedi aux abords des prises d’eau du réacteur n°3.

Aucune information n’a été donnée à propos d’éventuelles tentatives de colmatage de la fuite détectée dans un puits technique mais dont l’origine n’est pas établie strictement. Des trous dans la cuve en seraient la cause, comme c’est le cas dans la cuve des réacteurs n°1 et 2.

Après avoir découvert que la jauge indiquant le niveau de l’eau dans la cuve du réacteur n°1 indiquait un niveau erroné, l’opérateur craint qu’il en soit de même dans les réacteurs n°2 et 3. Au lieu d’être à hauteur de la moitié des barres de combustible, l’eau n’atteindrait pas le niveau de leur base, ce qui signifierait que le combustible y aurait également totalement fondu.

Des ouvriers devraient donc pénétrer dans les deux réacteurs pour installer de nouvelles jauges, afin d’obtenir des mesures fiables et de mieux réguler le refroidissement des réacteurs. Mais le niveau de contamination à l’intérieur des bâtiments n’est pas connu et il va devoir être déterminé si cette opération va être ou non possible, et dans quelles conditions

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Mise à jour n° 227 (dimanche 18h02)

Les cuves de trois réacteurs sont percées, a-t-il été annoncé.

La fusion de la quasi-totalité du combustible au sein du réacteur n°1 remonterait selon Tepco aux premières heures de la catastrophe, le 11 mars dernier.

C’est tout du moins ce qui, selon l’opérateur, résulte de l’analyse des données recueillies et des calculs qu’il a effectué sur leur base.

Partant du principe que l’arrêt du système de refroidissement a été immédiatement consécutif au tsunami, il considère que dans les trois heures qui suivirent le haut des barres de combustible était à découvert. La fusion du haut des barres aurait commencé une heure et demi après, la température atteignant 2.800° C, pour se propager rapidement.

C’est le lendemain, vers 6 heures 50 du matin, que le combustible fondu serait tombé dans le bas de la cuve, de l’eau ayant commencé à y être déversé par des camions de pompier depuis une heure, ce qui a permis d’empêcher une catastrophe majeure. Le corium (terme qui n’est pas employé) aurait seulement percé plusieurs petits trous dans la cuve avant de refroidir progressivement. Selon l’opérateur, la radioactivité qui s’en échapperait serait limitée.

C’est tout du moins le scénario qui est proposé.

L’opérateur a par ailleurs reconnu qu’une même séquence d’événements devait être intervenu dans les réacteurs n°2 et 3: fusion de combustible et percement de la cuve.

En ce qui concerne l’explosion intervenue dans le réacteur n°4, il fait l’analyse que l’hydrogène qui s’y est répandu et qui en est à l’origine provenait du réacteur n°3, des valves n’ayant pas fonctionné.

Tepco étudie par ailleurs une variante du schéma du système de refroidissement en circuit fermé qu’il cherche à mettre en place. L’hypothèse est de recueillir par pompage l’eau dans l’enceinte de confinement, la cuve étant percée, avant de la refroidir, de la décontaminer et de l’injecter à nouveau dans la cuve du réacteur par le haut.

Un nouveau calendrier prévisionnel des travaux devrait être annoncé mardi prochain.

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Mise à jour n° 226 (dimanche 08h59)

En dépit de la fuite du réacteur n°1, Tepco va accroître le débit d’injection d’eau, ayant constaté que le niveau d’eau au sein de la cuve était « extrêmement bas », et suivre de très près l’évolution de la température, de la pression et du niveau de l’eau en son sein.

Un diagnostic devrait être fourni mardi quant à la suite à donner au projet de création d’un circuit de refroidissement en circuit fermé, que l’opérateur cherche à ne pas abandonner. Etant donné la localisation des canalisations, la présence d’un niveau minimum d’eau est nécessaire pour que le circuit fermé fonctionne.

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Mise à jour n° 225 (dimanche 08h06)

La catastrophe de Fukushima-Daiichi vient définitivement d’acquérir une nouvelle dimension. Elle s’inscrit dorénavant dans une échelle de temps exprimée en années. Il ne peut plus être question d’un calendrier de travail de 6 à 9 mois, comme prématurément annoncé par Tepco, pour parvenir à l’arrêt à froid des réacteurs.

Pour faire référence, il aura fallu dix ans pour extraire de la cuve du réacteur le combustible qui avait partiellement fondu à Three Mile Island. Or trois réacteurs sont très vraisemblablement dans ce cas à Fukushima. Un diagnostic est en tout état de cause désormais indispensable, sans plus attendre.

Il apparaît qu’aucune autre solution que la poursuite des injections d’eau par les moyens actuels n’est désormais envisageable pour refroidir les installations. Le cas du réacteur n°3 étant à surveiller particulièrement.

S’il peut être établi que les processus de fusion du combustible se sont arrêtés – ce qui reste à déterminer – comment colmater les fuites d’eau hautement contaminée ? La tâche semble impossible, vu le niveau de la contamination qui croit.

De générateur de vapeur et d’électricité, la centrale est passée à une toute autre fonction : elle est devenue pour longtemps générateur d’une pollution radioactive qui ne peut pas pour l’instant être contenue.

Déjà incertaine, l’intégrité des enceintes de confinement et des structures en général va prendre toute sa décisive importance.

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Mise à jour n° 224 (dimanche 07h48)

L’opérateur poursuit sa bataille contre les masses d’eau contaminées qui fuient de trois réacteurs et polluent les sols en profondeur ainsi que l’océan, qui revient au premier plan.

Provenant du réacteur n°3, du césium-134 et 137 ont été découverts dans la mer dans des proportions de 2.300 et 1.700 fois la limite légale.

La quantité d’eau hautement radioactive présente dans les sous-sols du réacteur n°1 augmente. Une hauteur de 4,2 mètres a été mesurée, dans l’attente de son analyse. Vendredi dernier, un robot avait constaté une augmentation de la radioactivité au 1er étage du réacteur, qui en est la conséquence.

Les efforts réalisés en vue de permettre la présence d’ouvriers en son sein sont contrecarrés, mettant en cause ou rendant encore plus complexes et longs les travaux projetés.

Tepco croit que la fuite proviendrait de canalisations connectées à la cuve du réacteur, qui sont probablement endommagées à la suite de la fusion du combustible.

Une gigantesque barge de 136 mètres de long sur 46 de large et pouvant contenir 10.000 tonnes d’eau va être acheminée sur le site d’ici une à deux semaines, afin de stocker une partie de l’eau contaminée. Elle a été aménagée pour répondre aux besoins de ce nouvel usage. D’autres capacités de stockage vont être nécessaires, au rythme où s’opère la contamination puis la fuite des eaux de refroidissement injectées dans les réacteurs.

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Mise à jour n° 223 (samedi 11h45)

L’attention a été ces derniers temps focalisée sur les fuites d’eau hautement radioactives et les tentatives de l’opérateur de les contenir afin d’éviter la contamination de l’océan pacifique. Ainsi que par ses opérations de pompage destinées à vider les sous-sols des bâtiments des réacteurs où elle avait été découverte.

Les nouveautés au sein du réacteur n°1, suite à l’entrée d’ouvriers dans son bâtiment, amènent à s’interroger sur ce qui pourrait être également trouvé comme situation encore non révélée au sein des réacteurs n°2, 3 et 4. Des hypothèses circulent, qui n’ont pas à ce jour de confirmation et réclament des éclaircissements.

1. La fuite dans la réacteur n°2 a été a priori localisée dans son tore (chambre de condensation), mais cela n’a pas été confirmé. L’origine de la fuite dans le réacteur n°3 reste indéterminée. Les cuves de ces deux réacteurs ont-elles ou non été également percées ?

2. Quel est le niveau de l’eau à l’intérieur de la cuve du réacteur n°3  ? La haute température relevée sur le haut de celui-ci et la faible pression qui y est mesurée incitent à penser qu’il est très bas, rapprochant cette situation de celle qui a été constatée dans le réacteur n°1 et pouvant avoir reproduit les mêmes effets.

3. L’explosion au sein du réacteur n°3 a été présentée comme d’hydrogène, à l’identique de ce qui est intervenu dans d’autres réacteurs. En raison de sa puissance particulièrement forte, est-ce bien son origine, sinon quelle est-elle ?

4. L’état de la structure de la piscine du réacteur n°4 est reconnu comme préoccupant et allant être renforcé. Qu’en est-il des autres structures du réacteur ?

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Mise à jour n° 222 (samedi 09h24)

Sur sa lancée, l’opérateur poursuit les travaux planifiés sur le réacteur n°1, sans être certain de leur utilité.

Il a engagé ceux qui vont permettre de l’envelopper dans une structure métallique, sur laquelle sera tendue une bâche en polyester, afin de réduire la contamination qui s’en dégage, son toit ayant été soufflé lors de l’explosion d’hydrogène. L’édifice fait 50 mètres de haut. Un système interne de ventilation muni de filtres complétera le dispositif, afin d’éviter une concentration de la contamination à l’intérieur de cette nouvelle enveloppe.

Il a également commencé l’installation de premiers échangeurs de chaleur sur les 10 prévus, destinés à être raccordés à des tuyaux existants, éléments de départ d’un futur système de refroidissement en circuit fermé.

Parallèlement, Tepco s’efforce de localiser dans les sous-sols des bâtiments les masses d’eau hautement contaminée qui ont fuit de la cuve du réacteur. Avec probablement la crainte qu’elles se soient infiltrées plus profond dans le sol, pour en partie ruisseler vers la mer, ou bien en empruntant des tranchées techniques, comme c’est le cas pour les réacteurs n°2 et 3.

L’analyse des données relatives à la contamination interne du réacteur et des images fournies par les robots précédemment introduits au 1er étage du bâtiment du réacteur a été engagée afin de tenter d’y parvenir, l’envoi d’ouvriers dans les sous-sols étant exclu.

Tous ces travaux sont d’après l’opérateur effectués en prenant le maximum de dispositions destinées à limiter l’exposition des ouvriers qui vont les réaliser.

Mais la mise en service du système de refroidissement en circuit fermé ne pourra être effective que si un niveau minimum d’eau est présent dans la cuve, ce qui est désormais une forte inconnue.

Une autre question toujours sans réponse est la possibilité de reproduire ce même dispositif pour les réacteurs n°2 et 3.

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Mise à jour n° 221 (vendredi 19h15)

Où se trouve répandue l’eau hautement contaminée qui a fui du réacteur n°1 et comment le savoir ? Parmi les nombreuses questions que l’opérateur est en train d’évaluer, après sa découverte de trous dans la cuve du réacteur, celle-ci a quelque importance, car il se sait condamné à poursuivre les injections d’eau et à alimenter la fuite.

Plus de 5.000 tonnes d’eau sont d’après ses estimations quelque part dans les sous-sols des bâtiments du réacteur, qu’il n’est pas question d’inspecter en raison de la radioactivité qui y règne. L’envoi de robots télécommandés dans ces zones risque de se heurter à des difficultés de transmission.

Dans ces conditions, comment étudier l’évacuation de l’eau contaminée ?

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Mise à jour n° 220 (vendredi 12h43)

Le gouvernement japonais a choisi de sauver Tepco, n’ayant que le choix des moyens, qui font déjà débat, vu qu’ils tentent d’éluder toute nationalisation.

Car la compagnie d’électricité dessert une région comprenant Tokyo et qui abrite plus d’un tiers de la population japonaise, ainsi qu’un grand nombre d’entreprises. Son arrêt aurait de gigantesques implications. Ce qui est au passage une autre manière d’éclairer le pari de l’électro-nucléaire.

L’impact financier d’une faillite serait également disproportionné. Non seulement pour les banques qui lui ont prêté à tout va depuis le début de la catastrophe – et qui ne veulent plus continuer – , mais surtout pour les fonds de pension, car ceux-ci sont détenteurs de l’essentiel des obligations émises par Tepco, pour une valeur totale de 43,5 milliards d’euros.

Enfin, cela affecterait également l’indemnisation des victimes, qui serait la charge directe de l’Etat.

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Mise au point

Les journalistes et les historiens – qui traitent pour les uns de l’actualité immédiate et les autres de l’actualité passée – ont en commun de chercher au mieux à établir les faits et à s’appuyer sur des sources fiables avant d’en rendre compte.

S’aventurer hors de cette démarche souvent pleine de pièges et d’embûches, c’est s’exposer à induire en erreur ceux qui vous lisent, quelles que soient les intentions de départ.

Les analyses peuvent nécessiter d’avoir recours à des hypothèses, mais celles-ci doivent être le plus possible étayées et en tout cas produites comme telles. Pour ce qu’elles sont : des questions et non des réponses.

Toute démarche qui prétend s’affranchir de ces contraintes et sort de ce cadre est à rejeter, car elle ne permet pas de faire avancer la compréhension des événements que l’on cherche à éclairer.

A la dissimulation et à la falsification des faits, il ne peut en tout état de cause être valablement opposé que la véracité de ceux qui leur sont opposés, ce qui implique que des sources fiables soient identifiées ou disponibles. Dans les cas ultimes, les journalistes font état de ce dont ils sont témoins, devenant leur propre source.

Il y a de bons et de mauvais journalistes et historiens.

S’exprimer sur un blog n’est pas un cas à part.

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Mise à jour n° 219 (vendredi 10h16)

La catastrophe de Fukushima vient de faire un grand pas en avant dans un monde inconnu où les ressources éprouvées font défaut.

L’information selon laquelle la cuve du réacteur n°1 est percée en plusieurs endroits, et que cela pourrait aussi être le cas des cuves des réacteurs n°2 et 3, change la donne et bouleverse la perspective affirmée d’une reprise en main progressive de la situation à Fukushima Daiichi. Il est également reconnu qu’un corium aurait pu se répandre à l’extérieur de la cuve et à l’intérieur de l’enceinte de confinement.

Elle impose en premier lieu qu’une analyse probante et attendue de l’état des réacteurs soit effectué, avec les moyens disponibles étant donné la défaillance de certains instruments de mesure et le niveau de la contamination interne qui limite ou empêche les inspections.

Il est en effet indispensable de déterminer la localisation des fuites d’eau hautement contaminée et d’établir au mieux le statut des coriums, résultant de la fusion totale ou partielle du combustible nucléaire. La fusion est-elle ou non stoppée, le corium s’est-il ou non échappé des cuves, en totalité ou partiellement ?

La reprise en main de la situation reposait jusqu’à ces derniers jours sur l’installation de circuits fermés de refroidissement par eau des réacteurs, permettant de graduellement atteindre le statut « d’arrêt à froid ». Ce projet doit être abandonné, mais au profit de quel plan alternatif ? Par défaut, il n’existera comme solution précaire que de poursuivre avec les moyens déjà opérationnels, afin de refroidir au mieux les installations.

L’autorité de sûreté japonaise vient de demander d’annuler le projet de remplissage de l’enceinte de confinement et de ne maintenir a minima que les injections d’eau permettant comme actuellement de refroidir le bas du réacteur et le corium.

Si la contamination de l’atmosphère semble relativement contenue – aucun nouveau dégazage n’ayant pour le moment été effectué afin de prévenir de nouvelles explosions d’hydrogène – on ne peut en dire autant des sols. Le ruissellement en leur sein de masses d’eau hautement contaminée a déjà aboutit à une nouvelle pollution de la mer. Qu’en sera-t-il demain, étant donné l’impossibilité d’obturer les trous dans les cuves et la poursuite des injections d’eau  ?

L’effet de nouveaux séismes sur les structures, dont les piscines et les enceintes de confinement, représentera dorénavant un danger majeur, si les trois cuves des réacteurs sont percées, comme maintenant considéré comme probable (certain dans le cas du réacteur n°1).

Le gouvernement a parallèlement mis au point dans l’urgence un plan de soutien financier de Tepco, afin d’éviter sa mise en faillite ainsi qu’un défaut de remboursement dont les banques seraient victimes.

Présenté sous la forme d’un partenariat public-privé destiné à permettre l’indemnisation des victimes, à assurer la continuité d’exploitation de l’opérateur et la fourniture d’électricité ainsi qu’a en stabiliser le prix, le fonds qui va être mis sur pied va en réalité faire principalement appel au financement public sous la forme de l’émission de bons, qui devront être ultérieurement remboursés par l’opérateur. Un montage qui écarte toute nationalisation, protège le système financier privé, et reste dans le flou sur de nombreuses questions.

Dans ce double contexte de crise, de nouveaux arrêts de centrales viennent d’intervenir à Hamaoka, à la demande du gouvernement.

L’approvisionnement énergétique et la place de l’électro-nucléaire vont de facto devoir être reconsidérés au Japon. Ce qui va se heurter à la puissance de l’un des piliers sur lequel repose son système économico-politico-financier.

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337 réflexions sur « LA SITUATION À FUKUSHIMA (XV), par François Leclerc »

  1. Au cas où personne n’aurait déjà mis ce lien, la presse se réveille enfin, ou plutôt, réussit à obtenir aussi des infos…
    http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Japon.-La-situation-plus-grave-que-prevue-a-Fukushima_39382-1801448_actu.Htm
    « Le Japon a dévoilé, ce mardi, être confronté à une situation plus délicate qu’initialement pensé à la centrale de Fukushima-Daichi. C’est le scénario du pire qui semble se profiler. »

    Délicate.
    Y’a qu’un journaliste pour trouver des termes aussi idiots.

  2. Mercredi 18 mai 2011 :

    Révélations sur la crise de Fukushima Daiichi.

    La compagnie électrique Tepco a finalement reconnu que les barres de combustibles du réacteur numéro 1 avaient fondu seulement cinq heures et demie après le tsunami.
    Et des éléments de preuves, provenants de sources internes à Tepco mais pas encore officialisées, indiquent que les réacteurs 2 et 3 également ont fondu, le numéro 3 s’étant même effondré dans sa cuve.
    « Cela remet en cause la gestion de crise de l’opérateur, qui a hésité à utiliser l’eau de mer pour refroidir les réacteurs », estime l’Asahi Shimbun.
    Tepco avait jusqu’ici affirmé que seulement 55 % du combustible d’un même réacteur étaient endommagés, mais il admet désormais que le cœur du réacteur numéro 1 a finalement complètement fondu pour former du corium, ce qui implique une forte détérioration de la cuve contenant cette matière en fusion.
    Cela explique aussi que de l’eau radioactive s’en échappe massivement. Mis à part les réactions d’internautes qui laissent éclater leur colère sur la Toile, l’essentiel de la population reste calme.
    « Si cette information avait été donnée une ou deux semaines après le séisme, beaucoup de personnes auraient certainement fui. Mais à force d’être sans cesse exposés à des nouvelles inquiétantes concernant l’accident de Fukushima, les Japonais ont peut-être fini par y devenir insensibles », analyse le Sankei Shimbun.

    http://www.courrierinternational.com/breve/2011/05/18/revelations-sur-la-crise-de-fukushima-daiichi

    1. Le « syndrome de la grenouille » dans toute sa stupide dimension……
      Effrayant constat !
      Quant à nous notre préoccupation « centrale » a divergé vers « DSK à Rikers Island »,
      « l’enfer carcéral » de la méga-centrale New Yorkaise……
      Dans ce domaine les imaginations débordent en flots débridés!
      Car :
      * En moyenne dans le monde, près d’une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de son existence.
      * En Arabie saoudite, les victimes d’un viol sont passibles de la peine de mort. Le 22 novembre 2007, une chiite violée par sept hommes près de Qatif a été condamnée par un tribunal à recevoir 200 coups de fouet et à 6 mois de prison. La femme avait cependant été surprise en compagnie d’un homme n’appartenant pas à sa famille[, ce qui constitue une infraction de la loi locale.
      * En Afrique du Sud, la violence sexuelle est la plus élévée au monde en 2000. 147 femmes sont violées chaque jour selon un rapport de 2003[24]. Le taux de condamnation pour viol reste bas, de 7 % en moyenne. Un tiers du nombre de viols estimé aurait été signalé en 2003[25].
      * 11,6 % des Canadiennes disent avoir été victimes de violence sexuelle de la part de non-partenaires dans leur vie[26]. Par ailleurs, une campagne associative très contestée[réf. souhaitée] déclare qu’une femme sur trois sera agressée sexuellement durant sa vie[27].
      * Aux États-Unis, en 2004-2005, 64 080 personnes ont été victimes d’un viol, 51 500 d’une tentative de viol[28],[29], soit une personne toutes les deux minutes et demi[28] ; 50 % des viols déclarés ont été commis au domicile de la victime. Seuls 41 % des viols sont signalés à la police[28]. Le nombre de viols diminue de façon continue depuis plusieurs années[30] : le taux est passé de 2,8 pour mille personnes de plus de 12 ans en 1979 à environ pour 0,8 mille en 2004[28]. Entre 1993 et 2005, les viols ou tentatives de viol ont diminué de 68 % aux États-Unis[29].
      * Au Pakistan, la loi religieuse, introduite en 1979 et en vigueur jusqu’en 2006, fixait que le viol devait être attesté par quatre témoins masculins, sans quoi la plaignante pouvait être poursuivie pour relation extra-conjugale. Désormais, la preuve du viol se fera sur la base d’expertises médicales et d’une enquête sur les circonstances[31].
      * En Turquie, 35,6 % des femmes subissent des viols conjugaux parfois, et 16,3 % souvent[32].

      France

      Le viol est un phénomène de société considérable dont l’ampleur commence à être reconnue. On ne dispose de données chiffrées officielles que depuis l’enquête nationale menée en 1999 (ENVEFF)[33]. Selon Amnesty International, 50 000 à 90 000 femmes ont été violées en France[34][Quand ?].

      96 % des auteurs de viol sont de sexe masculin et 91 % des victimes sont de sexe féminin (statistiques concordantes du ministère de la Justice et du CFCV, Collectif Féministe Contre le Viol). Cependant on ignore le nombre réel de victimes de sexe masculin, les hommes révélant rarement ces crimes.

      Selon les statistiques de la permanence téléphonique nationale Viols Femmes Informations :

      * 74 % des viols sont commis par une personne connue de la victime ;
      * 25 % des viols sont commis par un membre de la famille ;
      * 57 % des viols sont commis sur des personnes mineures (filles et garçons) ;
      * 49 % des viols sont commis sans aucune violence physique ;
      * 67 % des viols ont lieu au domicile (de la victime ou de l’agresseur) ;
      * 45 % des viols sont commis de jour.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Viol#.C3.80_travers_le_monde

      Nous ne sommes violés par l’industrie nucléaire qu’une fois tous les vingt-cinq ans…..
      Que penser si les violés enfantent de monstres ?…..

  3. En spam…

    Bon, je le remets :

    http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Japon.-La-situation-plus-grave-que-prevue-a-Fukushima_39382-1801448_actu.Htm
    « Japon. La situation plus grave que prévue à Fukushima »
    Déjà, on a du bol, les gars avaient « prévu » quelque chose.
    Mais pas un pique-nique, à priori.
    Evidemment, si j’écris qu’ils avaient prévus une sortie piscine, ça va faire railleur surtout que les structures métalliques des piscines ont subi un « léger » mélange.

    « Le Japon a dévoilé, ce mardi, être confronté à une situation plus délicate qu’initialement pensé à la centrale de Fukushima-Daichi. »
    Délicate. Ouais, tiens, j’y aurais pas pensé.
    T’as des tonnes d’uranium qui ont le ventre à l’air, des gars qui vont bientôt pouvoir faire un concours de cancers, un Pacifique qui se fait tranquillement polluer tout comme le Japon en entier au niveau atmosphérique, mais … attention, délicatement.
    Y s’agirait pas que ça se fasse avec 9 sur l’échelle à Richter, on a dit : en délicatesse.
    D’ailleurs, associer Richter avec le Japon, ce sera bientôt plus qu’un souvenir économique, si je puis dire…

    « C’est le scénario du pire qui semble se profiler. »
    Là aussi, on a eu du bol, ça n’aurait pu être que grave. (tchin, Vigneron)
    Mais si ça ne fait que sembler, les gars, si on a ici des anciens d’autres centrales qui se sont joyeusement éclatées, vous allez pouvoir nous dire ce qu’il entendent par pire…

    Ils en ont des bonnes, tout de même, dans la presse.

  4. Un truc m’inquiète quand-même… à part la centrale.

    Personne n’a d’infos sur la pollution sur les US…???

      1. Merci Youpi.

        Le gamma est déjà un indicateur. Me manque l’alpha…
        Quoique… les deux étant liés (le gamma produit de l’alpha), leur chaine alimentaire est en train de se faire polluer tranquillement.

        Mais bon, la consigne est … en délicatesse.
        Vaseline à tous les étages.

      2. vous aviez sûrement toutes et tous remarqué : le blog de Dominique Leglu sur « Sciences & avenir » est STRICTEMENT inaccessible depuis quelques jours… j’me trompe ?
        Christophe.

    1. Yvan,
      Pour un debut, allez voir sur le site glastnost Fukushima . Qu’a communiqué Kolclink ? IL y a des relevés d’Iode et Césium divulgués par l’allemagne, pour les côtes ouest et est des etats Unis.

    1. Ben ouais, Yvan. Les grandes sociétés ne sont jamais responsables de rien en leur nom, off course !!! Y a toujours un lampiste de service. Cf. par analogie le crash du vol Rio-Paris : on est allé rechercher l’épave et les boites noires pour quelle raison ? Pardi ! Pour prouver que Airbus n’était pas en cause. Ce serait une erreur humaine : équipage ou Air France… De manière générale, tant que les travailleurs encaissent sans broncher, tout ce b…del continuera joyeusement. Au Japon, en France et ailleurs.

  5. Bonjour à toutes et à tous et respect au maitre de céant.

    Le site le plus pointu (et souvent en grande avance) sur la question de Fukushima :

    https://sites.google.com/site/glasnostsurfukushima/

    Pas de concession, des chiffres (pas tous publics qui plus est, mais souvent publiés plus tard dans les médias officiels).. des analyses par un technicien de haut vol sur la question du nucléaire et de la radioprotection.

    1. Merci Kolclink (évadé du Stalag 13 :-D), comme quoi tous les joueurs de casino ne sont pas complètement mauvais.

  6. « La situation est beaucoup plus grave que ce que Tepco et l’agence de sécurité nucléaire japonaise ne l’ont laissée paraître », déclare Harry Bernas, directeur de recherche au CNRS. « Des mesures – encore incomplètes – publiées ces jours-ci- prouvent qu’en perçant leurs barrières de sécurité, des éléments hautement radioactifs se sont non seulement échappés dans l’air et l’océan, mais ont également pollué les nappes phréatiques« , s’inquiète le chercheur. « Reste à savoir maintenant à quel degré de gravité nous sommes confrontés ».

    http://www.france24.com/fr/20110518-fukushima-tepco-reacteur-fusion-corium-degats-fuite-radioactivit%C3%A9-crise-japon

    1. @ Martine Mounier Attendre 2 mois pour reconnaittre dans le creux médiatique ce que tout expert indépendant pouvait prévoir dès le début compte tenu de l’arrêt du refroidissement n’est-ce pas la preuve d’une remarquable maîtrise de la communication dont tireront les leçons, nos opérateurs et autorités nucléaires. ?

      Ce n’est cependant pas le pire que l’on (certain(s) nous annonçait à savoir l’explosion de 5 Mégatonnes au contact du corium et de la nappe phréatique.
      8 m à traverser à 1m par jour, on attend depuis le 20 mars.
      Il est vrai que compte tenu du refroidissement permanent par de l’eau la vitesse serait 10 fois ? moins grande.
      maintenant on serait pas surpris .
      Même si le mécanisme n’est toujours pas établi !

  7. Yvan ils ne me payent que dalle. Mauvaise insinuation donc.

    C’est un site monté via google (d’ou l’adresse), je n’en suis ni acteur, mais simple promoteur bénévole, le rédacteur en chef, outre donc ses grands talents en la matière -radioactive – m’honore d’autres publications, dans le secteur de la finance et du trading qui eux sont plus ma tasse de thé.

    Allez donc lire les bulletins, vous saurez à qui vous avez affaire.

    https://sites.google.com/site/glasnostsurfukushima/

    moi je fais même la promo de mon site perso (qui lui est payé via de la pub google, mais bon s’ils sont assez furieux pour le faire, on va pas les contrarier).

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