LA SITUATION À FUKUSHIMA (XIX), par François Leclerc


Mise à jour n° 284 (jeudi 30 juin 15h24)

Clé de voûte de la reprise en main de la centrale, la chaîne de décontamination de l’eau hautement contaminée va-t-elle totalement répondre à l’attente de l’opérateur ? La démonstration doit encore en être faite.

Les tests se succèdent et les incidents se multiplient, laissant s’installer un doute sur le rendement final du système. L’objectif proclamé est de réduire dans les trois mois de 34.000 tonnes les 120.000 tonnes d’eau hautement contaminée, ce qui supposerait que le système fonctionne à 90% de ses capacités. Il en est loin, atteignant actuellement 55%.

La vie quotidienne du chantier nucléaire est ponctuée par des impondérables, dont la solution réclame d’importants efforts.

Dans le réacteur n°4, les ouvriers ont pu atteindre pour la première fois le niveau 5 du bâtiment, où ils doivent mettre en état un nouveau circuit de refroidissement de la piscine, mais ils ont découvert un amoncellement de débris radioactifs qui y font obstacle, à la suite de l’explosion intervenue le 15 mars dernier. Un moyen va devoir être trouvé pour les déblayer.

Installé depuis mercredi, le même système devrait incessamment fonctionner dans le réacteur n°3. Des tests sont effectués.

La très lente progression des travaux se poursuit, alors que de nouvelles poches de contamination radioactive sont découvertes au-delà des zones d’exclusion déjà décrétées, imposant des évacuations. Et que les contrôles de contamination interne au césium font apparaître chez les enfants de la ville de Fukushima, à 60 kms de la centrale, des niveaux élevés, les maximums autorisés par les autorités de plus en plus contestés.

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Mise à jour n° 283 (samedi 25 juin 15h03)

Tepco a annoncé que la chaîne de décontamination de l’eau, composée d’installations américaines et françaises mises bout à bout, allait être en mesure de réduire celle-ci comme prévu, le composant français remédiant au défaut de fonctionnement de l’américain.

L’absence d’informations détaillées sur les derniers tests effectués comme sur le niveau de contamination des 2.500 tonnes d’eau annoncées comme traitées implique toutefois de réserver son jugement à ce sujet.

Le début des opérations en continu est annoncé comme pouvant intervenir dans quelques jours, laissant le suspens entier. Aucune nouvelle information n’est donnée sur l’évolution du niveau de l’eau dans les sous-sols.

L’installation d’une nouvelle jauge de niveau d’eau dans le réacteur n°2 n’a pas été couronnée de succès, la température contribuant à vaporiser l’eau dans les tuyaux et empêchant toute mesure. Connaître le niveau de l’eau dans la cuve du réacteur, où elle peut être très basse, est essentiel afin de stabiliser son refroidissement.

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Mise à jour n° 282 (jeudi 23 juin 09h32)

Toute la partie Nord-Est du Japon est sous des pluies diluviennes continues, tandis que l’opérateur fait ce qu’il peut afin de prévenir qu’elles pénètrent dans les bâtiments des réacteurs. Ceux-ci sont entourés de sacs de sables et des bâches sont utilisées pour tenter de colmater les trous dans leur toiture.

Les injections d’eau dans les réacteurs, afin de les refroidir, ont encore été diminuées, quitte à ce que la température y augmente.

Parallèlement, les tests destinés à assurer le bon fonctionnement de la chaîne de décontamination de l’eau hautement contaminée se poursuivent. Les informations contradictoires se succèdent à ce propos, laissant penser pour certaines qu’il ne s’agit que de questions de réglages, et d’autres que le mal est plus profond et pourrait être lié à la conception du système.

Aucune indication n’est donnée sur le niveau de l’eau contaminée dans les sous-sols.

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Mise à jour n° 281 (mercredi 22 juin 12h42)

L’opérateur a pu enregistrer une diminution importante du taux d’humidité au sein du réacteur n°2 après l’ouverture de portes, mais la radioactivité reste très élevée au sein du bâtiment. Les ouvriers ont réparé une jauge du niveau d’eau et des caméras de surveillance au rez-de-chaussé, mais ils ne peuvent accéder aux étages supérieurs et commencer les travaux prévus.

La radioactivité est de 15 à 60 millisieverts par heure au rez-de-chaussé, mais elle grimpe jusqu’à 97,2 millisieverts par heure au-dessus.

Il y a 6,1 mètres d’eau hautement contaminée dans le sous-sol et il a été mesuré à la surface un niveau extrêmement élevé de radiation compris entre 388 et 430 millisieverts par heure.
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Mise à jour n° 280 (mercredi 22 juin 09h58)

L’heure est venue de nouveaux expédients, dans une situation qui n’en manque pas. Confronté au prochain débordement de l’eau hautement contaminée des sous-sols des réacteurs, l’opérateur tente de gagner du temps.

Devant l’arrivée de la saison des pluies, pendant laquelle elles sont diluviennes, il a entouré les bâtiments des réacteurs de sacs de sable, afin d’éviter que les eaux de pluie n’y rentrent et ne viennent grossir celles qui sont déjà contaminées. Ne pouvant rien faire pour le haut des bâtiments, qui sont étêtés, où elle s’engouffrera.

Tepco a aussi diminué ses injections d’eau dans le réacteur n°3, pour les mêmes raisons. La conséquence a été immédiate : la température s’est immédiatement élevée de 4°C en bas du réacteur et de 7°C en haut, ce qui pourra le conduire à augmenter le débit à nouveau.

L’opérateur est une fois de plus pris entre deux impératifs contradictoires. En dépit de cet effet, il va diminuer les injections d’eau dans les réacteurs n°1 et 2, où la température est actuellement selon lui « relativement stable ». [RECTIFICATIF: une diminution était déjà intervenue, mais moindre que pour le réacteur n°3, elle va être accentuée.]

Aucune nouvelle n’a été donnée sur la remise en route éventuelle de la chaîne de décontamination de l’eau.
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Mise à jour n° 279 (mardi 21 juin 17h23)

Devant la menace se précisant d’un débordement des sous-sols des réacteurs de masses d’eau hautement contaminées, et alors que s’annonce avec retard la saison des pluies, qui ne peut qu’empirer la situation, Tepco dispose d’une très faible marge de manœuvre.

Afin de gagner du temps, l’opérateur réduit dans l’immédiat et autant que faire se peut les injections d’eau destinées au refroidissement des réacteurs, surveillant attentivement l’élévation de la température qui en découle, afin de contribuer au minimum à l’élévation du niveau de l’eau. Il envisage aussi d’utiliser des expédients non identifiés pour stocker l’eau.

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Mise à jour n° 278 (mardi 21 juin 07h34)

Un nouveau test de fonctionnement de la chaîne de décontamination de l’eau a du être interrompu. C’est cette fois-ci la pompe d’un autre système qui s’est automatiquement arrêtée mardi matin (heure de Tokyo).

La question est de savoir s’il s’agit chaque fois d’erreurs de jeunesse d’un système inédit et composé de sous-systèmes venant des Etats-Unis et de France, ou si des erreurs de conception le rendent irrémédiablement inutilisable.

Dans le premier cas, le rendement du système pourrait toutefois être affecté, ralentissant de manière plus ou moins importante la décontamination de l’eau et détériorant le rapport entre les 500 tonnes d’eau quotidiennement produite sur le site et les 1.200 tonnes qu’il est prévu de décontaminer par jour.

Aucune nouvelle prévision n’a été donnée relativement au débordement de l’eau contaminée sur le site.

En dépit des conditions, l’opérateur a annoncé la poursuite des travaux de consolidation de la piscine n°4 avec la pose prévue de 32 piliers d’acier de 8 mètres de haut prenant appui sur le 2 éme étage du bâtiment. Du ciment sera ensuite coulé afin d’envelopper les piliers. Date prévisionnelle de fin des travaux : fin juillet.

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Mise à jour n° 277 (lundi 20 juin 19h07)

Après avoir éliminé de premières hypothèses, Tepco est toujours à la recherche des raisons du dysfonctionnement de la chaîne de décontamination de l’eau. Pendant ce temps, la centrale continue de produire quotidiennement 500 tonnes d’eau hautement contaminée et le moment approche d’un débordement sur le site et vers l’océan des masses d’eau déjà accumulées. L’opérateur parle d’une semaine depuis déjà deux jours.

D’autres opérations en cours se poursuivent ou ont du être engagées sans avoir été prévues. Le taux d’humidité à l’intérieur du réacteur n°2 a diminué depuis l’ouverture de portes du bâtiment, mais seulement à leur abord proche, tandis qu’il reste très élevé là où les ouvriers devraient intervenir pour recalibrer des instruments de mesure. Une radioactivité évoluant entre 5 et 27 millisieverts par heure a été mesurée, attribuée par l’opérateur à l’explosion qui a détérioré la chambre de condensation du réacteur.

De l’eau a du être d’urgence déversée dans la piscine n°4, son niveau ayant baissé d’un tiers depuis le 11 juin dernier. L’opérateur ne donne aucune raison à cela ni à ce remplissage tardif étant donné la date à laquelle cette baisse a été découverte. Le combustible stocké dans la piscine à été partiellement découvert et l’opérateur craint que le haut niveau de radiation en haut du réacteur – où se trouve la piscine – ne compromette les travaux prévus de consolidation de sa structure. Dans l’immédiat, les ouvriers ne peuvent pas accéder à ce niveau du bâtiment, l’espoir étant que la radioactivité diminue le combustible de nouveau refroidi par l’eau.

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Mise à jour n° 276 (dimanche 19 juin 12h36)

Plusieurs jours vont selon Tepco être nécessaires pour nettoyer la chaîne de décontamination de l’eau et comprendre si elle va pouvoir être remise en service ensuite, et dans quelles conditions.

Le début du débordement de l’eau hautement contaminée est désormais estimé pouvoir intervenir d’ici à une semaine.

Les radiations émises par les tuyaux alimentant les différentes parties constituantes de l’installation et permettant de l’alimenter vont devoir également être prises en considération.

On a appris à cette occasion que l’installation était également conçue pour retenir le technetium, un métal radioactif présent en grande quantité dans les déchets nucléaires, issu pour l’essentiel de la fission de l’uranium 235 ou du plutonium 239 dans les réacteurs.

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Mise à jour n° 275 (samedi 18 juin 11h15)

Tepco connaît un revers majeur, qui met en cause tout le processus de reprise en main de la centrale, s’il n’est pas résolu très rapidement. Arrêté dans son élan, l’opérateur a du stopper les opérations de décontamination de l’eau, cinq heures après les avoir engagées.

Tout avait bien commencé, en dépit de premiers essais qui avaient fait apparaître des fuites, bientôt réglées, mais un dysfonctionnement redoutable est vite apparu. Pour des raisons qui restent à élucider, la chaîne de décontamination n’a pas fonctionné comme prévu : la radioactivité de la zéolite destinée à absorber le césium radioactif – prévue pour être changée tous les mois – a augmenté beaucoup plus rapidement que prévu.

Non seulement l’installation devient dangereuse en elle-même, en raison de ses émissions, mais sa capacité de traitement de l’eau en est affectée, pouvant remettre en cause l’ensemble du projet de création de circuits fermés de refroidissement des réacteurs. La quantité d’eau contaminée s’accroît chaque jour de 500 tonnes alors que l’installation était prévue pour traiter 1.200 tonnes quotidiennes, afin de progressivement décontaminer les 100.000 tonnes déjà présentes sur le site et pouvoir les utiliser pour refroidir les réacteurs.

Cela repose dans toute son ampleur la question non résolue de leur stockage et rend inévitable leur débordement sur le sol et dans l’océan dans les quelques jours à venir, faute de pis-aller. Sans tenir compte de l’accroissement très important de la masse de boues très radioactives qui résulteront du fonctionnement de l’installation et dont, à leur tour, la question du stockage se pose et n’est pas à ce jour résolue.

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305 réflexions sur « LA SITUATION À FUKUSHIMA (XIX), par François Leclerc »

  1. Excusez du peu, certains découvrent l’ampleur des dégats de FUKU. Tout fut dit dès les premiers quinze jours ayant suivi le 11 Mars 2011;La suite ne fait que confirmer et nous pourrons réciter toutes les litanies versets et autres pensums scientifico-religieux, rien ne comble le vide de l’absolu absurde de notre situation. Car, comme nous le savons depuis T, les nuages ne s’arrêtent pas à la frontière et les courants marins dans l’espace maritime pacifique……..Il n’y a rien à dire si ce n’est que nous sommes en perdition. J’ai personnellement été guide dans ma jeunesse et je ne quitte jamais ma boussole. Une vraie fiction très réaliste: : Julia et Roem; Enki Bilal chez Casterman. A vous de juger. France Furby

  2. Japon Les Nomades Nucléaires(video)
    …..
    Usine de la Hague : la sous-traitance interdite par le TGI de Paris:
    Le tribunal de grande instance de Paris, saisi par les syndicats CGT et FO, a annulé le 5 juillet un projet de sous-traitance à l’usine de retraitement des déchets nucléaires Areva de Beaumont-Hague (Manche). Areva envisageait de confier la production et la distribution de l’énergie de l’usine a un groupement d’intérêt économique créé en mars 2011 avec Dalkia (filiale de Veolia).
    Pour le tribunal, cette externalisation,  »génératrice de risques psychosociaux importants et de risques techniques et industriels considérables, est de nature à compromettre la santé et la sécurité des travailleurs concernés. (…) Ces risques psycho-sociaux ont vocation au surplus à s’accroître au cours de la mise en œuvre effective de l’externalisation dès lors que ces salariés fragilisés vont devoir, en plus de leur tâche habituelle, former les salariés ». Le tribunal a souligné le risque d’une perte de savoir-faire technique et le risque industriel qui pourrait en découler.
    (article actu-environnement)

  3. Essais nucléaires : la Sécu polynésienne va porter plainte contre l’Etat

    La Caisse de prévoyance sociale (CPS), c’est-à-dire la Sécurité sociale polynésienne, va porter plainte contre l’Etat français pour obtenir le remboursement des 226 millions d’euros qu’elle estime avoir déboursés pour traiter les pathologies liées aux essais nucléaires.

    La CPS considère avoir pris en charge à 100 % les dépenses de santé de 5 046 malades qui souffrent ou ont souffert de l’une des 18 pathologies recensées par la loi Morin, potentiellement liées aux expérimentations nucléaires effectuées en Polynésie française entre 1966 et 1996.

    « La loi Morin n’indemnise qu’au cas par cas. Sur 12 dossiers, un seul a obtenu un remboursement à hauteur de 2 %, ce n’est pas sérieux », a déclaré à l’AFP Hiro Tefaarere, membre du conseil d’administration de la CPS et premier vice-président de l’Assemblée de la Polynésie française.

    REMBOURSEMENT SOUS FORME DE FORFAIT

    La CPS demande donc un remboursement sous forme de forfait, ce qui aurait été, selon elle, « admis par le cabinet du ministère de la défense ».

    L’organisme de protection sociale souhaite mobiliser le gouvernement polynésien et l’Assemblée locale, et prendre « un cabinet d’avocat international » afin d’accélérer le dossier et de négocier un forfait plus important, poursuit l’administrateur.

    « Lorsque je vois les montants qui sont affichés par la CPS, je ne pense pas que tous les cancers de Polynésie soient liés au nucléaire depuis trente ans, ou alors ça se saurait », a réagi le haut-commissaire de la République Richard Didier, qui représente l’Etat dans cette collectivité d’outre-mer.


    (Le Monde)

  4. Pour continuer d’espérer avoir des nouvelles…
    D’après NHK,

    « Informations sur les niveaux de radiation sur le site web du ministère japonais des Sciences

    Le ministère japonais des Sciences communique sur son site internet les niveaux de radiation relevés dans le pays entier. Ces informations sont également fournies en anglais, en coréen et en chinois.

    Les niveaux de radiation et de substances radioactives détectés au sol, dans l’eau de pluie, dans l’eau du robinet et dans l’atmosphère sont disponibles sur le site du ministère.

    Des mesures indépendantes de radiation effectuées par le ministère près de la centrale Fukushima Dai-ichi, gravement touchée par le séisme, sont aussi publiées.

    Retrouvez ces informations à l’adresse suivante :
    http://www.mext.go.jp « 

  5. Selon NHK, la décontamination de l’eau des tranchées de Fukushima n’avance pas comme espérée. Les fuites d’eau hautement radioactives des trois réacteurs sont tellement importantes que le système de décontamination n’arrive pas à suivre et que l’opérateur doit toujours ajouter de l’eau ne provenant pas du recyclage. Le niveau d’eau contaminée ne diminue donc pas, mais l’opérateur pense qu’il aura diminué d’un mètre au mois d’août (2011).
    L’état des cuves des réacteurs 1, 2 et 3 est préoccupant, ils n’ont plus rien d’étanche.

  6. Du MOX français au Pays-Bas :
    Approval for MOX use at Borssele (NL)
    06 July 2011
    Dutch utility EPZ has received permission from the government to use mixed-oxide (MOX) fuel at the Borssele nuclear power plant.
    A draft of the permit will be available for inspection by interested parties until 11 August. If no appeals have been lodged with the Administrative Law Division of the State Council by that date, the permit takes effect

  7. Effectivement le site du MEXT dispose d’un certains nombre de statistiques d’observations provenant des réseaux de mesures similaires à ceux existant en France. Une fois téléchargé les jeux de caractères japonais pour votre lecteur Adobe Reader , les documents sont lisibles en anglais et en japonais sans problèmes :

    – les stats globales sur le japon : liste des préfectures

    – le focus sur fukushima : liste des releves : deux relevés par jour
    – le relevé du 7/7/2011 : Fukushima 7/7/2011

    – le relevé du 2 avril 2011 : Fukushima 2/4/2011 ( à vrai dire j’hésitais entre le 1 et le 21)

    – le point de Tokyo : voir le pic du 15/03/2011

    -enfin hokkaido :pour la sérénité

    Et un dernier coup d’oeil sur mon site préféré de Tsuruga : Fukui

    Tsuruga c’est l’art de faire cohabiter les plus vieilles technologies disponibles avec les plus innovantes. Il est en effet indispensable de mettre toutes les chances de son côté.

    Voilà donc de quoi être au courant officiellement et régulièrement. Comme quoi, en insistant un peu, on finit toujours par obtenir l’information.

    Bonnes vacances

    1. A petites doses

      Il ressort des tableaux et des information fournis par les japonais dans les documents publiés
      que la dose acceptable
      pour un travailleur du nucléaire est de 250 000 microsieverts / an
      – correspond à une exposition moyenne 28.53 micro sievert/ heure (250000/365/24) pour la population
      – correspond à une exposition moyenne 134.48 micro sievert/ heure (250000/11/169) pour un travailleur exposé pendant toute la durée de ses 39 heures de travail par semaine.

      Ce ne sont que des moyennes, et je vous fais grâce de la dose acceptable pour l’intérimaire employé pendant un mois. Retenons simplement qu’à 28 micro sievert par heure vous habitez une zone remarquable.

      Deux zones particulières donc sont relevées dans le secteur Nord Est, Il s’agit du village de Litate dans l’arrondissement de SOMA situé à 33 km et un secteur de la ville de Namie dans le l’arrondissement de FUTABA située à 25 km

      Les relevés habituels dans les autres zones sont de 0.5 à 2 microsievert par heure.

      20 km : 62 micros/h – 2/4/2011

      24 lm 36 micros/h – 07/07/2011 Futaba county Namie town Akougi Kunugidaira
      24 km 37 micros/h – 11/07/2011 Futaba county Namie town Akougi Kunugidaira

      30 km : 36 micros/h – 02/04/2011

      33 km 14 micros/h – 07/07/2011 Soma county Iitate Village Nagadoro
      33 km 16 micros/h – 11/07/2011 Soma county Litate Village Nagadoro

      1. Les radiations externes sont une chose, mais qu’en est-il par exemple des ingestions de radionucléides par la chaîne alimentaire contaminée?

    2. Rapport IRSN du 13 juillet 2011 :

      Excellente carte montrant les dépôts cumulés et qui présente bien la zone de contamination par les émissions radioactives sur un axe Nord – ouest sur environ 80 km.

      Excellente recette du thé radioactif montrant les effets de la dilution dans l’eau chaude.

      Evaluation de l’accumulation radioactive par les plantes en fonction de leur développement végétatif et de l’effet de leur ingestion par les animaux.

      Point de situation IRSN

      Voilà donc des éléments de réponses sur les possibilités concrètes d’ingestion d’aliments radioactifs.

      Dans le rapport du 11 juillet 2011 consacré aux rejets dans le milieu marin Synthèse rejets marins

      La mise en évidence par cartographie des rejets atmosphériques et des rejets directs, malheureusement les mesures sont tardives.
      La mise en évidence de la contamination de la chaine alimentaire et de ses effets à long terme. Bien sûr, il est recommandé de poursuivre les mesures.

      Ensuite pour les recettes de sushi, à vous de choisir les sauces.
      Mais bon ce n’est pas vraiment la peine d’en rajouter et je crois que l’appétit ne reviendra pas aujourd’hui.

      Je ne vous met pas le lien sur le reportage de la Crirad, parce qu’il faut garder à ne pas dépasser la dose prescrite sous peine de grosse déprime.

      Donc pour finir un peu de poésie

  8. Attention la présentation de ce commentaire est inhabituelle et peut nuire à l’interprétation rationnelle de ces informations ( pas de panique donc vous pouvez retrouver toute l’info sur le site de l’opérateur, et c’est très intéressant).

    Donc ma présentation sarcastique en deux parties effectué en retraitant les articles du Figaro, de wikipedia etc :

    TRICASTIN : France 2 juillet 2011 15h00
    – Incendie d’un transformateur sur le réacteur N° 1
    – panaches noires de fumée
    – Les flammes ont été rapidement maîtrisées et il n’y a pas eu de blessés.
    – L’information a été donnée en premier via le témoignage d’un chauffeur routier
    Tricastin : 2009,
    – le bâtiment du réacteur N°2 a été fermé après un incendie.
    Tricastin : 7 juillet 2008,
    – fuite de 30 mètres cubes d’une solution contenant de l’uranium s’est produite,
    une partie se déversant dans les rivières environnantes.
    – cent personnes ont été contaminées
    Tricastin : 2007
    – rejets d’effluents liquides régulièrement supérieurs aux seuils autorisés, la canalisation qui les évacue a déjà été l’objet de plusieurs fuites
    Tricastin : juillet 2003
    – la température de l’eau du canal a dépassé la température maximale de 27° sur la période du 20 au 22 juillet pendant 37 heures

    Pour plus de lisibilité je mets ci-dessous les formules à ajouter à la fin de la phrase de votre choix .
    – mais sans conséquences sur l’environnement
    – n’a aucune conséquence radiologique sur l’environnement et la population
    – même à faibles doses
    – L’unité de production N°1 était en arrêt pour sa maintenance annuelle
    – l’incendie s’est déroulé dans la partie non nucléaire des installations
    – l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a approuvé une prolongation de dix années supplémentaires
    – « Nous avons sous-estimé l’émotion suscitée par cet incident autour du Tricastin »
    – « Je regrette que certains en profitent pour se refaire une santé militante »
    – Le remède au vieillissement des installations a un nom : l’EPR

    Le principe à appliquer est celui du pipotron

    Sources :
    le figaro : 2008
    2011
    wikipedia : Tricastin nuclear plant
    ASN : température

    Quand j’ai arrêter de fumer, je suis devenu hypersensible à la fumée de cigarette. Je crois que celà me fait le même effet avec le plutonium. C’est grave docteur ?

    Rappel l’information est toujours disponible sur le site del’opérateur

    Bonne vacances

  9. Bonjour,

    Ci dessous une cause démontrée de l’action délétère de pesticides sur les abeilles.

    Ses conclusions me semblent de portée générale, donc « possiblement » applicables aux faibles doses de radioactivité :

    Des abeilles qui supportent sans dommages des très faibles doses chroniques de fipronil (insecticide régent) et de thiaclopride (insecticide gaucho), quand elles sont en pleine santé, en meurent si elles sont affaiblies par des parasites.

    (Source internet : Sciences2 du 8 juillet 2011) :
    C’est une équipe de scientifiques du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2, ici le site de l’équipe concernée) et du Laboratoire de Toxicologie Environnementale (INRA Avignon, voir ici) qui vient d’expliquer une part de mystère : comment des doses très faibles, beaucoup plus faibles que les préconisations des industriels, peuvent tout de même jouer un rôle dans la disparition d’une population d’abeilles. Pour le mettre en évidence, ils ont soumis en laboratoires des jeunes abeilles saines et des jeunes abeilles infestées du parasite Nosema ceranae, un champignon microscopique colonisant leur intestin, à des doses très petites mais chroniques de fipronil et thiaclopride, deux molécules très différentes, utilisées pour des insecticides agricoles.

    Or, les abeilles infectées par Nosema ceranae et exposées régulièrment aux insecticides succombent, tandis que les abeilles saines supportent très bien ces doses d’insecticides. Cet effet combiné survient même pour une exposition quotidienne à des doses de chaque insecticide de plus de 100 fois inférieures à la DL50 – c »est à dire la dose qui tue en laboratoire la moitié des abeilles.

    L’effet létal observé ne dépend pas de la famille d’insecticides puisque les deux molécules étudiées, le fipronil et le thiaclopride, sont très différent au niveau moléculaire. D’ailleurs, les scientifiques n’ont pas encore élucidé le mode d’action responsable de cette synergie. En tout cas, il semble que la concommittance entre une nosémose (c’est le nom de la maladie provoquée par le parasite) et ces molécules insecticides pourrait expliquer certains cas de mortalité massive.

    Le fipronil a été inventé en 1987 par Rhône-Poulenc et est aujourd’hui commercialisé sous le nom de Regent par BASF. Ce produit a été mis en cause par les apiculteurs, mais les études de laboratoires ne parvenait pas à démontrer son mode d’action contre les abeilles aux doses recommandées.

    Le thiaclopride se trouve dans les produits Biscaya et Calypso de Bayer CropScience
    et une molécule proche (imidaclopride) se
    trouve dans le Gaucho du même industriel. L’équipe d’Avignon de l’Inra avait déjà montré en février 2010 que l’interaction entre l’imidaclopride et la nosémose était dévastatrice pour les abeilles. (A droite, une abeille reçoit l’infestation par le champignon dans le cadre de cette dernière étude). Cette expérience avait montré, expliquait l’Inra à l’époque : «Alors que Nosema et l’imidaclopride seuls n’ont aucun effet, leur combinaison provoque une réduction significative de la production de glucose oxydase. Ceci suggère sur le long-terme, en plus des effets immédiats de ces deux agents sur la mortalité des abeilles, une sensibilité accrue de la ruche aux pathogènes, due à la diminution des antiseptiques produits.»

    D’après Luc Belzunces, (l’un des auteurs de ces études à l’Inra Avignon) ce résultat vient confirmer d’autres travaux. Pour lui, il faut placer cette découverte dans un cadre plus général : «Les abeilles sauvages déclinent, or les abeilles sauvages n’ont pas de varroa (un autre parasite mis en cause), d’autres pollinisateurs déclinent, l’entomofaune en général décline comme les populations d’oiseaux qui se nourrissent d’insectes…» Pour le chercheur c’est bien l’usage massif des produits phytosanitaires dont les effets à faibles doses ont été sous-estimés car les études n’ont pas pris en compte ce type de phénomènes qui explique cette tendance lourde (lire également ici cette étude sur la biodiversité versus surfaces agricoles à l’échelle de l’Europe). Du coup, il ne sera pas facile de résoudre ce problème en changeant de molécule insecticide.

    amicalement,

    Delphin

  10. « capable de refroidir les 3 réacteurs » ? Ah non il en est loin !! Pour l’instant les ingénieurs s’heurtent à des problèmes de compatibilité de « raccords de tuyaux », les normes américaines, européennes et japonaises n’étant pas les mêmes…

    Tepco a mis en place un plan pour la construction d’un barrage sous-terrain en béton afin d’éviter que l’eau contaminée n’aille vers l’océan ou ne se diffuse dans le sous-sol… c’est une façon de préparer l’opinion à la confirmation que le corium a traversé le radier et atteint le sol sous la centrale, sinon à quoi pourrai servir un tel barrage ?

    Le sol du japon va être contaminé très très gravement et pour très très longtemps, sans que rien ni personne ne puisse faire quelque chose…

  11. c.learch c’est courageux de voir un commentaire sur fukushima un 14 juillet , la centrale avec ses problèmes est en train de passer d’actualité à souvenir , et même sur ce blog qui à été une de mes principale source d’information , mais bon le patient n’est pas mort son cœur bat encore en ce 14 juillet

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