L’actualité de la crise : ÇA COINCE ET ÇA BOUGE , par François Leclerc

Billet invité

Les agences de notation viennent d’ajouter brusquement un obstacle au bouclage du plan de sauvetage de la Grèce, déjà repoussé à on ne sait trop quand. Suivant les avis, à la fin de l’été ou à l’automne, avec la même imprécision que pour la date de publication des résultats des stress tests des banques.

Les agences ont classé le plan français de participation volontaire des banques à ce présumé sauvetage comme étant un défaut en puissance sur la dette, le condamnant sans appel après qu’il ait été reconnu – même par les banques qui renâclaient – comme une bonne base de discussion, bien qu’à parfaire dans les détails.

De son côté, la BCE a maintenu fermement son refus d’accepter à titre de collatéral les obligations grecques si un défaut est constaté par les agences, ce qui plongerait sans délais les banques grecques dans le précipice, pour commencer.

Nous voici revenus au point de départ, dans un grand vide. « Il ne faut pas toucher à un seul cheveu du système financier » est la seule leçon qui peut être tirée des événements de ces dernières 24 heures.

Standard & Poor’s a certes pris position de la manière la plus explicite, mais Moody’s et Fitch ont en réalité été encore plus loin, expliquant dans leurs dernières notes méthodologiques que le seul fait qu’une telle opération soit montée afin d’éviter la faillite de la Grèce lui vaudrait d’être qualifiée de défaut, quelles que soient ses modalités.

Les agences de notation – dont on connaît les faiblesses coupables et qui sont désormais mises en cause au plus haut niveau, sans que rien ne se passe toutefois – sont-elles pour autant totalement dans leur tort ? Elles ne font en fait que constater l’insolvabilité de l’État grec, une vérité qu’il faut cacher car elle en entraîne d’autres.

Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des finances, vient une fois de plus de mettre les pieds dans le plat, en reconnaissant à l’occasion d’une interview au Spiegel qu’il avait un autre fer au feu et se préparait à l’éventualité d’un défaut grec. Désavouant au passage ses collègues Olli Rehn et Christian Noyer qui continuent d’affirmer contre vents et marées qu’il n’y a pas de plan B…

La Grèce est d’autant plus insolvable qu’elle est condamnée à une double peine, démunie des moyens de soutenir son économie – et donc d’accroître ainsi ses recettes fiscales – et devant payer des intérêts exorbitants à ses sauveurs, au nom du terrible danger que représente l’aléa moral (si son sauvetage n’est pas très douloureux, d’autres voudront en bénéficier). S’inscrivant dans cette logique, le plan de sauvetage en discussion évoque des intérêts variant de 5 à 8 % l’an, suivant la croissance économique, prohibitifs et qui ne pourront jamais être payés.

Si l’on comprend bien le fond de la pensée de ces percutants économistes pour qui l’aléa moral est le principal des dangers, les États sont comme les banques, il faut les retenir sinon ils font des grands malheurs. Jamais il ne leur vient à l’idée qu’il faudrait mieux supprimer les dangereux joujoux des dernières.

L’attention est focalisée sur ce nouveau gros obstacle dressé par les agences de notation, moins contournable que ne le pensaient des commentateurs toujours prêt à les minimiser pour la bonne cause, se détournant à tort d’un autre problème, moins spectaculaire mais tout aussi redoutable. La Finlande, soumise à la pression du Parti des Vrais finnois (True Finns Party), exige des garanties à tout nouveau prêt aux Grecs. Rendant impossible de réaliser le plan de vente des actifs qui est prévu, ceux-ci ne pouvant avoir deux utilisations simultanées.

Petit contributeur du fonds de stabilité financier européen, l’abandon du mécanisme par la Finlande n’est pourtant pas envisageable et tétanise les chancelleries, risquant d’inciter d’autres pays à faire de même. Restreignant par la même la base des pays qui en constituent le socle et sont appelés à financer les autres, au fur et à mesure qu’ils rejoignent la zone des tempêtes. Un scénario de film d’horreur de plus.

La nature ayant horreur du vide, suivant l’expression passe-partout, on voit apparaître au fil de l’actualité de nouvelles suggestions pour le combler. Dans son éditorial, le Financial Times rappelle pour en proposer l’application l’épisode des bons « Brady » – du nom de leur inventeur – qui avait permis de juguler la crise financière des États latino-américains dans les années 80 et de l’assainir. Sans entrer dans le détail d’un mécanisme à plusieurs détentes, il s’agit de proposer aux créanciers privés d’échanger leurs obligations contre des bons garantis par l’État mais à maturité plus longue ou après décote de la valeur des obligations initiales.

Allant plus loin dans ses intentions, un appel signé par des personnalités européennes est parallèlement paru dans le Spiegel, appelant à l’émission d’euro-obligations. Le belge Guy Verhofstadt, le français Michel Rocard, le portugais Jorge Sampaio, l’italien Guiliano Amato, tous anciens chefs d’État ou de gouvernement, ainsi que le grec Yanis Varoufakis et le britannique Stuart Holland se sont déclarés en faveur d’un New Deal européen financé par ce moyen, sur le modèle du plan lancé par Franklin D. Roosevelt pour sortir dans les années 30 les États-Unis de la Grande dépression.

Dans leur déclaration commune, les parti socialistes allemand et français se sont aussi déclarés en faveur de l’émission d’euro-obligations, leur fixant notamment comme objectif de financer « un programme de croissance européen qui soutienne en particulier l’activité économique et la compétitivité des États membres affaiblis ».

Enfin, moins explicite mais provenant du gouvernement polonais de centre-droit, qui vient de prendre la responsabilité de la présidence tournante de l’Union européenne, une première critique des plans de sauvetage conçus au sein d’une Eurozone qu’il est appelé à rejoindre est à signaler. Jacek Rostowski, le ministre des finances, les juge trop focalisés sur la réduction de la dette et pas assez sur le soutien à la croissance. Un de ses collaborateurs en tirant comme conclusion, sous couvert d’anonymat, que la Pologne ne pourra rejoindre la zone euro que « quand elle sera sortie de l’hôpital ».

Les dirigeants européens sont confrontés à deux problèmes distincts qui appellent une réponse commune. D’un côté, liquider le passé et les effets de la crise financière, abusivement caractérisée comme crise de la dette publique. De l’autre, envisager le redémarrage de l’activité économique sur de nouvelles bases, tenant compte des réalités mondiales et de l’avénement désormais acquis de pays émergents qui ne devraient plus être désignés ainsi.

Il est significatif que le débat se déplace insensiblement vers le second volet, dans le cadre duquel il est seul envisageable de régler le premier. Sans se contenter et se perdre dans les problématiques institutionnelles de la nouvelle gouvernance économique, qui la réduisent au rôle de père fouettard au service exclusif des intérêts du système financier, tout en la profilant sous des jours bien peu démocratiques.

Cela rend indispensable de cerner ce que vont être les moteurs de cette activité économique, pour laquelle le terme de croissance n’est pas recommandé, étant donné ce qu’il a signifié et qu’il est exclu de reproduire. S’il devait s’agir, comme cela a par exemple été en pure perte le cas au Japon, et aux États-Unis à moindre échelle, d’un programme de grands travaux, cette tarte à la crème de la relance qui engraisse les entrepreneurs du BTP et les politiciens corrompus qu’ils arrosent, cela n’aurait aucun sens. L’Espagne et le Portugal, pour ne citer qu’eux, ont largement utilisé leurs fonds structurels européens pour construire des kilomètres de ponts, de tunnels et d’autoroutes, sans plus générer d’activité productrice à l’arrivée et se retrouver aujourd’hui avec des infrastructures quasi désertes dans de nombreux cas.

S’il fallait s’engouffrer dans le dernier secteur à la mode qu’est celui de l’énergie renouvelable et du « green business », des déconvenues seraient à en attendre car celui-ci, mis à toutes les sauces et déjà très concurrentiel, ne peut prétendre se substituer aux activités déclinantes. Pas plus que la galéjade de l’aide aux personnes âgées et des services d’assistance ne peut prétendre résoudre la question de l’emploi.

De la même manière que le système financier est nécessairement à la veille de son profond aggiornamento, n’en déplaise à ceux qui veulent continuer comme avant et pratiquent la fuite en avant, l’activité économique de nos sociétés ne peut continuer à se développer sur sa lancée et sur le même mode. Non seulement en raison de considérations environnementales, qui ne pardonneront pas si elles ne sont pas écoutées, mais également d’exigences sociales, toutes aussi essentielles si l’on veut s’inscrire dans le XXIéme siècle. Il serait temps.

Mais pour revenir dans l’actualité, l’État américain du Minnesota, en faillite avec un trou de 5 milliards de dollars, vient de fermer au 30 juin les portes de nombreux services publics, ne pouvant plus financer les salaires de 22.000 fonctionnaires. Ne pouvant constitutionnellement financer par l’emprunt ses dépenses courantes de fonctionnement, le gouverneur démocrate a du se résoudre à cette extrémité, les élus républicains s’opposant au relèvement des impôts des contribuables les plus aisés et réclamant des coupes dans les dépenses publiques. C’est très exactement ce même débat qui oppose les démocrates et les républicains au niveau fédéral. Même cause, même effet ?

Un défaut américain début août prochain serait d’une toute autre portée qu’un défaut de la Grèce… Les deux sont incertains mais possibles.

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191 réflexions sur « L’actualité de la crise : ÇA COINCE ET ÇA BOUGE , par François Leclerc »

    1. Moi j’ai été voir l’une des dernières pages (la 1025) du Vol. II du « Journal » des Goncourt, est c’est un peu plus intéressant:

      “Ce soir, Bardoux racontait qu’un de ses amis, un médecin, et un médecin à clientèle de populaire [sic], lui disait que dans le moment, le peuple se nourrissait des choses les plus chères, huîtres et gibier, était fort bordelier et, par là-dessus, ne voulait plus travailler que deux ou trois jours par semaine. Or, pour que son salaire de trois jours puisse payer les huîtres, l’alcool, le bordel, se produisaient à tout moment des demandes d’augmentation. Cette hausse excessive des salaires amenait le prix de la fabrication française à devenir très supérieur aux prix des pays où ces exigences ne se produisaient pas. Voilà ce qui fait qu’à l’heure présente, l’importation de tous objets quelconques grandit tous les jours, tandis que notre exportation diminue, diminue. Et cela ne peut aller que de pis en pis, jusqu’au moment où messieurs les ouvriers demanderont le partage du capital.”
      (Goncourt. Journal, 26-X-1883)

      1. comme quoi l’imaginaire des riches ne changent pas beaucoup …………….

        j’en reste sur le cul de voir que les arguments importations / exportations étaient déjà utilisés !!!

        les travailleurs sont des faignant, qui veulent gagner un max en travaillant peu ……..

        j’ai déjà dit sur ce blog que je suis à la recherche de ce genre de prose car il montre que le discour n’a pas changé et qu’il s’agit d’une lutte à mort pour le partage du gateau ( lutte des classes que ceux qui sont au sommet nous annonce dépassé pour mieux désarmer les travailleurs

      1. @ J.Gorban

        Vous connaissez la formule d’Alphonse Karr: « Plus ça change, plus c’est la même chose ».

        Depuis la Révolution Française ce genre de mépris des privilégiés pour « le peuple » qui se révolte est une constante. On le trouve partout dans la littérature « privée » (Journaux intimes, Correspondances, Mémoires). Je suis en train de lire le très intéressant Journal du très réactionnaire et très méchant Horace de Viel-Castel.(« Mémoires sur le règne de Napoléon III (1851-1863) », dans la collection Bouquins) et là c’est un vrai festival…

        Sur ce thème des relations entre les élites et le peuple il faut lire « Vie et opinions de M. Frédéric-Thomas Graindorge » (1867) du très lucide et très caustique Hyppolyte Taine.

      2. @Pablo75: je lis Tite-Live et c’était déjà identique aux temps des Romains de la république. Juste qu’on parlait pas de capital mais de terrains. C’est dire…

      3. @ Moi

        « Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. S’il est une chose dont on dise : Vois ceci, c’est nouveau ! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés. On ne se souvient pas de ce qui est ancien ; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard. »
        (Ecclésiaste, 1, 9-11. Traduction Louis Segond)

        Pour ceux qui veulent relire ce texte à la lucidité implacable, vieux de plus de 2 000 ans:
        http://fr.wikisource.org/wiki/Eccl%C3%A9siaste

        « J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent. Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.  » (1, 14-15)

        « J’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie ; j’ai compris que cela aussi c’est la poursuite du vent. Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur. » (1, 17-18)

        « J’ai considéré ensuite toutes les oppressions qui se commettent sous le soleil ; et voici, les opprimés sont dans les larmes, et personne qui les console ! ils sont en butte à la violence de leurs oppresseurs, et personne qui les console ! Et j’ai trouvé les morts qui sont déjà morts plus heureux que les vivants qui sont encore vivants, et plus heureux que les uns et les autres celui qui n’a point encore existé et qui n’a pas vu les mauvaises actions qui se commettent sous le soleil. J’ai vu que tout travail et toute habileté dans le travail n’est que jalousie de l’homme à l’égard de son prochain. C’est encore là une vanité et la poursuite du vent. » (4, 1-4)

        « Celui qui aime l’argent n’est pas rassasié par l’argent, et celui qui aime les richesses n’en profite pas. C’est encore là une vanité. »
        (5, 9)

        « J’ai encore vu sous le soleil que la course n’est point aux agiles ni la guerre aux vaillants, ni le pain aux sages, ni la richesse aux intelligents, ni la faveur aux savants ; car tout dépend pour eux du temps et des circonstances. » (9, 11)

        « Il est un mal que j’ai vu sous le soleil, comme une erreur provenant de celui qui gouverne : la folie occupe des postes très élevés, et des riches sont assis dans l’abaissement. » (10, 5-6)

      4. Ah ça ! Ça nous pendait au nez ! Un d’ces quatre, Il y en aurait bien un pour dégainer son ecclésiaste…
        Moi je dégaine cuilà alors :

        Va, mange avec joie ton pain,
        et bois gaiement ton vin ;
        car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais.
        Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs,
        et que l’huile ne manque point sur ta tête.
        Jouis de la vie avec la femme que tu aimes,
        pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t’a donnés sous le soleil,
        pendant tous les jours de ta vanité ;
        car c’est ta part dans la vie,
        au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil.
        Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le ;
        car il n’y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse,
        dans le séjour des morts, où tu vas.

        Et je rengaine ma rengaine.

      5. Vigneron, tu as oublié:

        « Ne te hâte pas en ton esprit de t’irriter, car l’irritation repose dans le sein des insensés. » (7,9)

  1. Dans l’improbable cas oú certains pourraient croire encore que Baroin c’est pas exactement du Lagarde avec, en plus, la greffe d’une fausse voix de basse et, en moins, une élégance naturelle nettement inférieure en milieu aquatiqque, Pébereau clôt le débat en résumé-commentaire de l’audition du discours du néo-bercycrate par 1 500 représentants de la finance : « Il n’y aura pas de changements par rapport à Mme Lagarde. » et – accrochez vous au bastinguage – « C’est un politique. C’est ce qu’il faut à Bercy. »
    Grand Sachem a parlé. Ugh !

  2. Mardi 5 juillet 2011 :

    L’agence de notation Moody’s a dégradé mardi de quatre crans la note du Portugal, de « Baa1 » à « Ba2 », et envisage de l’abaisser encore à court terme, estimant notamment que le pays pourrait avoir besoin d’un deuxième plan d’aide avant de pouvoir emprunter de nouveau sur les marchés.

    Moody’s s’inquiète également du fait que le Portugal ne parvienne pas à tenir les engagements en matière de réduction de son déficit qu’il a pris envers l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=ee98b6715325c840c5ea611d178ee5a5

  3. La dictature continue:

    Moody’s dégrade de quatre crans la note du Portugal

    L’agence de notation Moody’s a dégradé mardi de quatre crans la note du Portugal, de « Baa1 » à « Ba2 » et envisage de l’abaisser encore à court terme, estimant notamment que le pays pourrait avoir besoin d’un deuxième plan d’aide avant de pouvoir emprunter de nouveau sur les marchés. Moody’s s’inquiète également du fait que le Portugal ne parvienne pas à tenir les engagements en matière de réduction de son déficit qu’il a pris envers l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).

  4. Selon un nouveau document de la Cour des comptes, que nous révélons, l’arbitrage en faveur de Bernard Tapie a donné lieu à une série d’irrégularités budgétaires. En outre, Christine Lagarde, qui prend aujourd’hui ses fonctions à la tête du FMI, a laissé une bombe budgétaire derrière elle : à échéance de 2014, l’endettement de la France pourrait être creusé d’environ 4 milliards d’euros, du fait d’opérations publiques de « défaisance », dont celles concernant l’affaire Tapie.

    http://www.mediapart.fr/journal/france/040711/tapie-lagarde-une-cascade-d-irregularites-budgetaires

  5. Superbe réponse du ministre brésilien de l’Education interrogé par des étudiants aux Etats-Unis… la presse nord-américaine a refusé de publier ce texte. On se demande bien pourquoi.

    Discours du ministre brésilien de l’Éducation aux Etats-Unis.

    Pendant un débat dans une université aux États-unis, le ministre de l’Éducation Cristovao Buarque, fut interrogé sur ce qu’il pensait au sujet de l’internationalisation de l’Amazonie.
    Le jeune étudiant américain commença sa question en affirmant qu’il espérait une réponse d’un humaniste et non d’un Brésilien.

    Voici la réponse de M. Cristovao Buarque.

    En effet, en tant que Brésilien, je m’élèverais tout simplement contre l’internationalisation de l’Amazonie. Quelle que soit l’insuffisance de l’attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre.
    En tant qu’humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l’Amazonie, je peux imaginer que l’Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l’importance pour toute l’humanité. Si, au nom d’une éthique humaniste, nous devions internationaliser l’Amazonie, alors nous devrions internationaliser les réserves de pétrole du monde entier.
    Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l’humanité que l’Amazonie l’est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des réserves de pétrole se sentent le droit d’augmenter ou de diminuer l’extraction de pétrole, comme d’augmenter ou non son prix.
    De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches. Si l’Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d’un pays.
    Brûler l’Amazonie, c’est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l’économie globale. Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.
    Avant l’Amazonie, j’aimerai assister à l’internationalisation de tous les grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France. Chaque musée du monde est le gardien des plus belles oeuvres produites par le génie humain. On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l’Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d’un seul propriétaire ou d’un seul pays.
    Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé d’enterrer avec lui le tableau d’un grand maître. Avant que cela n’arrive, il faudrait internationaliser ce tableau.
    Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés pour y assister, à cause de difficultés aux frontières des États-unis. Je crois donc qu’il faudrait que New York, lieu du siège des Nations unies, soit internationalisé. Au moins Manhattan devrait appartenir à toute l’humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde entier.
    Si les États-unis veulent internationaliser l’Amazonie, à cause du risque que fait courir le fait de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors internationalisons aussi tout l’arsenal nucléaire des États-unis. Ne serait-ce que par ce qu’ils sont capables d’utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste que les déplorables incendies des forêts Brésiliennes. Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des États-unis ont soutenu l’idée d’une internationalisation des réserves florestales du monde en échange d’un effacement de la dette.
    Commençons donc par utiliser cette dette pour s’assurer que tous les enfants du monde aient la possibilité de manger et d’aller à l’école. Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu’ils naissent, comme un patrimoine qui mérite l’attention du monde entier. Davantage encore que l’Amazonie.
    Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de l’Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu’ils devraient aller à l’école; ils ne les laisseront pas mourir alors qu’ils devraient vivre.
    En tant qu’humaniste, j’accepte de défendre l’idée d’une internationalisation du monde. Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l’Amazonie soit à nous. Et seulement à nous !

    En complément, pour mémoire, la citation de Lula à l´issue de Copenhage :
    « Je pensais avoir à traiter avec des hommes politiques, c´est avec des hommes d´affaires que j´ai eu à traiter ». (de mémoire, ce devait être un peu différent, mais l´idée est là).

    1. magnifique texte du brésilien

      jolie retournement de sens et pas étonné que ce texte ne soit pas diffusé aux usa

      merci

    2. Acho que este homem tem um discurso duplo e falso… Nao concordo com vocês.

      Je vous trouve bien naïfs dans votre appréciation de ce discours que sous-tend le chauvinisme nationaliste brésilien traditionnel et une langue de bois politicarde du plus mauvais aloi !

      Ce discours date du 23 octobre 2000, o Sr Buarque n’était pas encore ministre de l’éducation et il ne l’est resté qu’un an avant de se faire viré par Lula sur un coup de fil. Aujourd’hui il est toujours sénateur pour le PDT, parti démocratique travailliste lié à l’internationale socialiste de Me Papandréou.

      http://ecolesdifferentes.free.fr/AMAZONIE.htm

      1. Allez faire un tour au Brésil pour vous confronter à une réalité sociale et politique qui suppose de chausser des lunettes adaptées à ce que l’on peut y observer !

        Buarque est un homme honorable et reconnu comme tel dans un monde politique qui ne l’est pas, même par ceux qui se situent à « sa gauche » (au PSOL, par exemple). Il y a quelques sénateurs assez détonants au Brésil, comme Eduardo Suplicy, membre du PT.

        Connaissez-vous Leonel Brisola, mort prématurément car promis à un grand avenir, fondateur du PDT, grande figure de la résistance brésilienne, entre autre maire de Porto Alegre et gouverneur de Rio de Janeiro ? De quoi l’auriez-vous traité ?

      2. C’est que l’ironie taquine de Cristovam Buarque
        fait l’effet d’un poil à gratter sévère, chez certaines … sensibilités.

      3. Aujourd’hui il est toujours sénateur pour le PDT, parti démocratique travailliste lié à l’internationale socialiste de Me Papandréou.

        Magnifique JeanLuc, on dirait du JLM ou du MlP…

        une langue de bois politicarde du plus mauvais aloi !

        Taper sur les zazitateurs de bocal genre Greenpeace et dénoncer les prétentions impèrialistes verdâtres de ceux qui les instrumentalisent, c’est « de la langue de bois du plus mauvais aloi » ?

        Vraiment impeccable votre lecture. Épatante même.

      4. Ben effectivement, je n’ai pas attendu votre invitation pour aller faire un tour au Brésil, ça fait déjà une vingtaine d’années que j’y fais un tour régulièrement et la réalité sociale locale, je m’y suis confronté un peu.

        Ce n’est rien que de dire que le monde politique brésilien est loin d’être honorable, et vous tombez mal avec Brizola, qui n’échappe pas à cette triste qualification pour la fin de sa carrière politique (post-amnistie).

        Désolé, mais renseignez-vous un peu mieux…

        Je ne dis pas que o Sr Buarque n’est pas honorable, mais il n’est plus ministre de l’éducation depuis janvier 2004 après avoir été débarqué sans ménagement et les beaux discours plein de promesses n’engagent que ceux qui y croient… Et ça, les politiques brésiliens de tout bord savent faire !

      5. Hé Vigneron, je vous ai connu plus pointu question lecture il me semble… Relisez bien, vous ne trouvez pas ce discours démagogique et creux ?
        « le pétrole est aussi important pour le bien-être de l’humanité que l’Amazonie l’est pour notre avenir ».
        L’avenir de qui ? ceux qui la brûlent et la défrichent ?

        « mais tant que le monde me traitera comme un brésilien, je lutterai pour que l’Amazonie soit à nous. Et seulement à nous !  »
        Ben si ça n’est pas l’expression exacerbée de l’orgueil nationaliste brésilien, c’est quoi ?

        Loin de moi de défendre l’idée de l’internationalisation de l’Amazonie mais je ne vais pas m’esbaudir pour autant devant les belles paroles un peu creuses d’un tel politicien.

      6. @JeanLuc

        Vous vous enfoncez. Je réitère. C’est le mot « humaniste » qui vous défrise ?

        Si vous connaissiez vraiment le Brésil et son histoire récente, vous sauriez que les quelques titres de gloire que Lula peut légitimement et sans honte aucune tirer de son règne, c’est aux initiatives et aux idées de mecs comme Buarque qu’il les doit comme au combat de ces gars là contre les plus populistes du parti « populaire » qui lui permit d’accéder au pouvoir.

        Ps : sans indiscrétion aucune, on peut connaitre les motifs qui vous amenèrent si régulièrement et depuis si longtemps à douze heures de vol de Paris ?

      7. Si vous connaissiez vraiment le Brésil et son histoire récente, Vigneron vous sauriez que les Brésiliens ne sont pas les derniers à s’engager avec Greenpeace ou autres pour la protection de l’Amazonie…
        Combien de centaines de milliers d’hectares de forêt primaire amazonienne partis en fumée depuis ce discours qui date d’octobre 2000 ?
        Le mot humaniste ne me défrise aucunement mais la démagogie un peu. Sr Buarque a dû faire de meilleurs discours que celui dont il est question ici, entre autres pour la défense de l’éducation mais le rayon réalisation pèche un peu.
        Les raisons qui m »emmènent si régulièrement au Brésil ? eh ben famille, vacances, travail et malgré ses défauts et ses milieux politique peu honorable j’adore ce pays et plus particulièrement l’Etat de Bahia.

  6. Krugman,une vaste escroquerie:

    L’observation de l’évolution des débats économiques à Washington au cours des deux dernières années est déprimante. Au fil des mois, le discours s’est fait de plus en plus primitif ; les leçons de la crise financière de 2008 ont été oubliées à une vitesse étonnante, et les idées mêmes qui ont engendré la crise – la réglementation est toujours mauvaise, tout ce qui est bon pour les banquiers est bon pour l’Amérique, les réductions d’impôts sont l’élixir universel – ont retrouvé leur influence.

    http://www.rtbf.be/info/chroniques/chronique_une-vaste-escroquerie?id=6403373&chroniqueurId=5032403

    1. ça fait deux siècles que la théorie « mathématiquement incontournable » de Malthus est fausse dans la réalité.

      1. Suis bien d’accord, Malthus a eut raison trop tôt, mais la réalité d’aujourd’hui confirme les bases de sa théorie. La croissance exponentielle est intenable pour la démographie et l’économie. Construire une nouvelle société humaine devra en tenir compte.

      2. @alain samoun: La réalité d’aujourd’hui ne confirme pas la théorie de Malthus, elle l’infirme. Il n’y a pas pénurie actuellement et la croissance démographique est plutôt en train de se calmer depuis quelques décennies (contrairement aux prévisions « mathématiques » de Malthus, la population ne croit pas mais se stabilise en période d’abondance pour tous). Vous confondez le présent et un futur probable.

    2. Très loin d’avoir tout compris.
      Cette video aurait besoin de sous-titrages, scrupuleux et précis,
      en autant de langues que possible.
      Merci pour ce précieux lien.

      1. @Moi

        Il n’y a pas pénurie actuellement

        Energie?alimentation? eau potable? J’espere que vous ne parlez pas seulement de l’occident…

        et la croissance démographique est plutôt en train de se calmer

        Bien sur, il y a autorégulation La nature agit si l’homme n’agit pas – Je vous l’accorde,c’est cela peut être ce que Malthus n’avait pas prévu –

        prévisions « mathématiques

        Dans un monde aux ressources limitées ’en croissance’ La ’prévision’ exponentielle existe que vous le vouliez ou non.

        Vous confondez le présent et un futur probable.

        Malthus aura raison dans le futur d’après vous?
        Je crois que dans les faits nous serons d’accord, non?

  7. Art 35 de la Constitution Française, issu de la révision Sarko de 2008 – adoptée grâce à l’extrème amabilité du professeur émérite de droit public Jack Lang :

    Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote.Lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort.Si le Parlement n’est pas en session à l’expiration du délai de quatre mois, il se prononce à l’ouverture de la session.

    Libye, bientôt quatre mois… Manque de bol l’Assemblée n’est pas en session… On va pas les convoquer pour si peu quand même, juste une jolie petite guerre dans les sables et les ports libyens. Qu’à cela ne tienne, on a quelques sénateurs hyperactifs réunis en session extraordinaire pour rattraper un peu de retard législatif. On va leur faire voter une gentille prolongation histoire de finir le beau boulot si bien entamé, soit liquider le colonel. On va bien finir par y arriver. On a bien réussi à dégommer son plus jeune fils Seïf al-Arab avec sa femme et trois enfants, plus la fille de 4 mois de sa fille Aïcha. Remerciement éternels à Serge et son pére Marcel pour nos merveilleux avions et gloire aux héros qui les pilotent.

    Tiens justement une petite interview à Sud-Ouest d’Aïcha, la fille avocate du colonel, qu’a fait ses études en France et qui dit aimer encore les français…
    http://www.sudouest.fr/2011/07/02/les-verites-d-aicha-kadhafi-442026-4693.php

  8. Tiens, je viens de voir que le Portugal a vu sa note à long terme abaissée de 4 crans par Moody’s dans la catégorie des investissements « spéculatifs », car elle estime que le pays pourrait avoir besoin d’un deuxième plan d’aide avant de retourner sur les marchés.

    Après la Grèce, le Portugal, puis l’Espagne, etc…

    Je crois que ceux qui pensent encore que l’Allemagne va faire quelque chose vont en être pour leurs frais. En effet, elle va faire quelque chose: sortir de l’euro quand il sentira trop mauvais pour récupérer son Mark, nous laissant avec un euro qui aura la même valeur que les assignats d’autrefois sous le Directoire.

    Pourtant il y a quelque chose qui me chiffonne.
    Comment se fait-il que nos politiques, s’ils étaient de vrais politiciens tordus, à la Machiavel, mais compétents, n’envisagent pas tous les scénarios possibles avec l’euro?
    Pourquoi s’arc-bouter sur le sauvetage à tout prix de l’euro avec « une seule méthode », la déflation compétitive avec austérité et coupes sombres du type FMI?

    Alors que, on pourrait (on devrait) envisager:
    – une sortie de certains pays de l’euro avec effacement partiele ou total de la dette de ces pays
    – ou bien une dévaluation de l’euro avec fédéralistion des dettes sous formes d’obligations européennes
    – ou encore la création de deux zones monétaires, une zone mark et une zone franc
    – ou encore le retour aux monnaies nationales classiques (faut tout envisager)
    – des monnaies nationales avec un système du type bancor pour compenser les échanges entre pays de l’Union européenne
    – et même, un défaut de la Grèce et un effet domino sur les autres pays, parce qu’enfin si cela arrive qu’est-ce qu’on fait!?

    Cette liste n’est pas exhaustive bien sûr. Mais quand même, ce qui me frappe, c’est de la part de nos politiques cette absence d’instinct de survie darwinien, cette cécité sidérante de n’envisager qu’un scénario, de n’ouvrir qu’une porte vers le précipice alors qu’il existe d’autres passages.

    On dirai un banc de sardines qui foncent droit vers le filet!

    « S’adapter ou mourir », disait Darwin.

    A moins que la dernière solution envisageable ne soit celle-ci: n’attendez rien de ce qui ont fait le système qui s’auto-détruit devant leur yeux, ils refusent de le voir car il faudrait qu’ils oublient ce qu’ils sont.

    1. Vous posez une excellente question: pourquoi s’acharnent-ils et disent-ils – comme vient de le faire Alain Juppé, ministre Français des affaires étrangères – « nous n’avons pas le choix » ?

      La seule réponse possible est qu’ils ne veulent pas remettre en cause la clé de voûte d’un système qu’ils défendent étroitement, prenant conseil auprès de ceux qu’ils protègent et qui sont leurs mandants.

      Pardon pour la caricature, mais ils en portent seuls la responsabilité !

      Nous allons y assister, ils vont devoir continuer de manger leur chapeau et accepter, forcés et contraints, des remises en cause qu’ils se refusent encore à envisager.

    2. Pourquoi s’acharnent-ils? Mais qui est donc au juste ce « il » ?

      Qu’on ne s’y trompe pas: les plus gros « banquiers, traders, financiers et chantres du libéralisme » sont anglo-saxons. C’est à dire américains ou anglais.

      Le roi est nu, vive le roi! Les USA sont dans un état économique lamentable, le royaume uni avait tout misé sur la finance… Ils tentent de masquer leur situation économique en créant une diversion: Grèce, puis Portugal, puis etc., par le biais des agence de notation.

      Si les Européens avaient un peu de co****, ils créeraient illico une agence de notation « européenne » pour dégrader la note des USA à CCC , puis déchireraient les accords sur la détention du USD en tant que monnaie de réserve. Se délesteraient allègrement de cette monnaie et des bons du trésor USA pour « racheter » des bons de dette grecque…

      Rirait bien qui rirait le dernier… mieux vaudrait une Europe unie mais isolée, qu’une Europe démantelée, éclatée, asservie, avec en toile de fond des libéraux anglo-saxons ricanants.

      1. M’excusant quelque peu de m’être « emporté » à ce point, étant relativement pessimiste ces derniers temps, je vous conseille la lecture de l’analyse suivante:

        http://criseusa.blog.lemonde.fr/

        L’auteur a fait preuve de beaucoup de rigueur dans ses analyses jusqu’ici. Ce qu’il explique à propos des USA est très frappant… un modèle économico-financier défaillant, pour des raisons profondes et multiples. Cela ne rassure vraiment, vraiment pas sur l’avenir des USA, et l’avenir du système.

      2. @G punkt

        Vous excusez pas. Me suis bien marré. C’est cruel je sais, mais que voulez-vous, impossible de réprimer ses zygomatiques et son diaphragme devant une belle sortie de route et un vautrage dans les règles de l’art. Le vôtre bien sûr, pas celui très hypothétique des Zuhesses.

      3. @vigneron

        Cher militant communiste, si au moins cela a pu vous faire rire, c’est déjà pas mal!

        Évidemment, il aurait été bien plus utile pour votre « esprit critique » de lire (ou survoler, a défaut) l’article du blog que je mentionnais. Que vous soyez d’accord ou non avec l’analyse et les conclusions, la démarche et les chiffres cités ont une valeur intrinsèques… Se baser sur des faits, des chiffres, challenger les sources, se remettre en question, ne pas faire dans le « sensationnalisme », ne pas verser dans la recherche systématique et aveugle de « boucs émissaires » et des grands méchants…

      4. @G punkt

        Onubre ça fait deux ans bientôt que je parcours ses billets. Il fait un bon boulot de collecte et de synthèse sur l’aspect proprement monétaire et financier de la Crise à travers les chiffres US, même si son champ d’investigation me parait partiel ou en tout cas très monocentré. Mais les délires de la pauvre victime française ou européenne de l’axe du mal libéral anglo-yankee, l’appel à la révolte des gentils petits et grands pays européens contre la dictature de l’Empire du Mal et de leur dette obscène, les mobilisations testiculaires, et tout le fatras habituel et convenu, c’est bien de vous, même si nombreux sont ceux qui chantent allègrement cet air avec vous, non ?
        Et que vous en rabattiez ensuite honteusement, tout en renvoyant à une docte analyse d’Einz qui vous semble vous conforter dans votre préjugé, puis n’omettiez pas de conclure sans vergogne la reponse que vous me faites par un définitif :

        ne pas verser dans la recherche systématique et aveugle de « boucs émissaires » et des grands méchants…

        , franchement, dites, vous voulez ma mort ? De rire bien sûr.

      5. @Vigneron

        « Mais les délires de la pauvre victime française ou européenne de l’axe du mal libéral anglo-yankee »

        Tout le monde peut partir en vrille de temps en temps, certains plus que d’autres. J’oubliais que vous, Oh Grand Vigneron, ne racontez jamais d’ânneries, que vous faites toujours preuve d’un calme et d’un sang froid exemplaire, d’un recul parfait lors de toutes vos interventions…

        Quand à prétendre comme vous le faites que les anglo-saxons sont « forcément nos amis », vous oubliez de petites choses historiques telles que:
        « Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème »
        De même, prétendre que les USA ne chercheront pas à défendre leurs propres intérêts à tout prix, quitte à faire couler les autres, c’est être naïf et oublier un peu l’histoire… bref, sans en faire les « grand méchants » de l’histoire, ils ont été une usine à propagande libérale, à la dérégulation, à la société de « consommation », etc.

        « Et que vous en rabattiez ensuite honteusement »

        Honteusement? Pas du tout. Lisez ce que je viens de vous écrire. Je trouvais que d’une part le blog d’Onubre était trop peu lu (difficile à savoir, vu le peu de commentaires), tout en étant de fort bonne qualité analytique. D’autre part, en comprenant les bases du fonctionnement de l’économie US, telle que décrite dans le blog d’Onubre et son récent article, on perçoit comment et pourquoi ils ont pu / eu intérêt à se faire les « chantres » du laissez faire, du libéralisme extrême de la Finance toute puissante… Modèle qu’ils nous ont vendu allègrement, puisqu’ils en étaient dépendants et moteurs.

         » franchement, dites, vous voulez ma mort ? De rire bien sûr. »

        Vos sarcasmes me font sourire. Ce n’est pas la première fois que quelqu’un prêche quelque chose qu’il a du mal à appliquer lui même. Cela ne retire en rien la valeur ou l’importance de cette chose. Cela signifie juste qu’elle est dure à atteindre…

        Vous n’êtes vous même pas un saint du tout, et votre comportement radical (agrémenté de sarcasmes) n’est pas prêt de faire changer d’avis qui que ce soit, d’amener les gens à voter autrement, ou à réfléchir autrement.

      6. Té ! Que voulez-vous ! Moi, le chatouilli comme le gratouilli du G Punkt, çe me fait rire. On s’refait pas. Et en plus ça m’va.
        Et pour les bienfaits de la discussion, vous en faites donc pas, aucune illusion sur le sujet. Pour reprendre Léotaud à la louche, discuter n’est d’aucune utilité, on aurait sinon arrêté depuis longtemps…

  9. Chacun hurle après les banques , mais regardez un bilan de banque , il y à plétore de comités de sécurité , preuve que c’est un métier à haut risque , collecteur de votre épargne , qui permet la dette d’état.
    Je crains que l’inculture des peuples s’oppose aux réformes necessaires pour nous sauver collectivement.
    Je crains que comme en Grêce la révolution ne permette pas la mise en place de plans de sauvetage dans toute l’europe.
    Car toute la zone € sera touchée d’ici 2/3 ans.
    Mobilisons nous contre les injustes décisions à venir , mais ne faisons pas capoter des plans intelligents par inculture.
    Les politiques ont un devoir d’explications.

  10. « Quatrième fortune mondiale d’après le magazine américain Forbes, Bernard Arnault reste l’ homme le plus riche de France, selon un classement établi par le magazine Challenges. Avec une fortune estimée à 22,76 milliards d’euros, le PDG de LVMH devance Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan et ses 19 milliards, et l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt dont le patrimoine s’élève à 14,45 milliards. A noter que la quatrième place est occupée par un dirigeant d’un autre groupe de luxe, Bertrand Puech, le porte-parole des familles actionnaires d’Hermès, qui fait l’objet d’un intérêt grandissant de LVMH.

    Le top 10 est complété par un certain nombre d’héritiers de grand groupes comme Louis-Dreyfus (5e avec 8,5 milliards d’euros), Serge Dassault, propriétaire du Groupe Figaro (6e avec 6,8 milliards) ou encore François Pinault de PPR, (7e avec 6,2 milliards d’euros). Le très controversé Jacques Servier est neuvième avec 3,8 milliards d’euros. Selon une étude Société Générale Private Banking/Forbes, deux tiers des grandes fortunes françaises sont héritées alors que deux tiers de leurs homologues américains, chinois ou brésiliens, sont à l’origine de leur propre fortune.

    Challenges précise que «la fortune totale des 500 plus gros patrimoines professionnels français a augmenté en un an de 25%, passant de 194 à 241 milliards d’euros». »

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/05/04016-20110705ARTFIG00583-arnault-reste-l-homme-le-plus-riche-de-france.php

    1. De telles fortunes n’ont pu être constituées que par le dépouillement d’autres personnes, donc illégalement d’après les principes fondateurs de La République : employés exploités, produits ou services surévalués , manoeuvres boursières …

      Par rapport à ces accumulations douteuses de capital , comment peut-on considérer que de pauvres bougres qui travaillent très dur ou qui recherchent désespérément un emploi en menant une petite vie toute simple « vivent au-dessus de leurs moyens » en désirant acquérir un modeste logis par un emprunt ?

      Si le genre humain retrouvait la raison, en mesurant la fortune à l’aune des revenus du plus pauvre de chaque pays, on devrait reverser dans le budget public toute fortune personnelle et tout revenu dépassant trois fois ceux du plus pauvre.

      Mais avant cela, il faudrait supprimer les paradis fiscaux où les riches tenteraient de se soustraire à la loi . Je n’ai pas encore compris en fonction de quelle loi des territoires de la taille d’une ville, paradis fiscaux, ont le droit de faire sécession par rapport aux pays voisins alors qu’on refuse ce même droit à d’autres villes qui ont également un casino et un châtelain noble local de vieille souche ( si c’est cela le critère) .

      Après l’annexion (ce serait une noble tâche pour l’OTAN) de Monaco, Andorre, Jersey, les îles Cayman , le Vatican, le Luxembourg et des autres… aux grands pays voisins fiscalisés, avec une loi internationale imposant la transparence bancaire, on pourrait mettre en place un système financier plus sain . Sinon, avec le maintien de paradis fiscaux, ce n’est même pas la peine d’y songer, il restera toujours favorable aux brigands.

      Tant que ce premier pas ne sera pas franchi, il sera impossible de trouver un système financier à la fois juste et stable .

  11. Tano écrit qu’on pourrait envisager plusieurs hypothèses. Parmi toutes ces hypothèses : « une dévaluation de l’euro avec fédéralisation des dettes sous formes d’obligations européennes. »

    Tano, l’Allemagne et les autres pays européens riches ne veulent pas de ces obligations européennes.

    Lisez cet article :

    Sondage : 90 % des Allemands interrogés sont contre les eurobonds.

    Les eurobonds auraient pour conséquence d’augmenter les intérêts de l’Allemagne de 4,5 % pour par exemple des eurobonds empruntés pour 10 ans, et cette prévision est très optimiste. Cela correspondrait au niveau actuel (12/2010) de l’Espagne, l’Italie, Malte, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie ou Chypre. Les Allemands devraient donc chaque année, rien que pour les intérêts, faire face à une charge supplémentaire d’au moins 17 à 20 milliards d’euros, ce qui représenterait en 10 ans la somme minimum de 170 milliards d’euros supplémentaires, et en 20 ans de 340 milliards.

    Et ce, dans un pays dans lequel les retraites ne peuvent déjà plus être garanties. Sans obligations, les États ne peuvent pourvoir à leur besoin de financement. Par conséquent, l’Allemagne ne pourrait ni rembourser sa dette, ni financer ses dépenses sociales comme elle le fait jusqu’à présent.

    Résultat de notre sondage : 90 % des Allemands qui s’intéressent à la finance sont contre les eurobonds.

    La plupart des Allemands qui s’intéressent à la bourse sont bien conscients de ce problème, si l’on en juge les résultats du sondage de boersennews.de, 90 %, un nombre impressionnant, des 1 478 participants à un sondage sur les eurobonds rejettent clairement les eurobonds. Si elle se prononce catégoriquement contre les eurobonds, la Chancelière allemande, Angela Merkel, semble donc avoir la majorité de l’élite financière d’outre-Rhin avec soi. 22 % des interrogés pensent que l’Allemagne n’a pas à payer pour les erreurs des autres pays, il s’agit de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande et peut-être de l’Espagne et de l’Italie. Enfin, 14 % craignent que les eurobonds ne privent fortement l’Allemagne de sa liberté en matière de gestion économique.

    Une chose ressort clairement de ce sondage : si les grands partis politiques croient pouvoir imposer au peuple les eurobonds tout comme ils ont imposé l’élargissement de l’EU aux pays de l’Est sans vote des Allemands, l’électeur leur fera payer la note aux prochaines élections.

    À la question « Pour qui ne voteriez-vous plus, si les eurobonds sont introduits ? », 14 % des interrogés ont en effet choisi la CDU. En outre, 3 % ne donneraient plus leurs voix au FDP et 4 % se détourneraient définitivement du SPD. Les Verts allemands, die Grünen, et le parti allemand de gauche radicale, die Linke, perdraient respectivement 1 et 2 % des votes des électeurs sensibles aux questions financières.

    http://www.news-banques.com/sondage-90-des-allemands-interroges-sont-contre-les-eurobonds/012166054/

    1. c’est scandaleux -voilà encore une preuve que le capitalisme est devenu fou-

      Scandaleux oui. Devenu fou non. Le capitalisme a toujours été et l’un et l’autre, consubstantiellement. Et c’était plus démentiel et plus intolérable encore il y a cent ans.

      1. « Et c’était plus démentiel et plus intolérable encore il y a cent ans. »
        Bien vu, évidemment. Suffit de voir l’espérance de vie des besogneux et des exploités d’alors. Pas question de protection sociale publique, de déficit budgétaire ou que sais-je à l’époque ! Autre différence, aujourd’hui, du côté de la Finance mondiale, c’est qu’on est vraiment dans un monopoly : avec le faux pognon pour jouer et tout et tout !!! Le comble ? ‘a pu de vrai fric alors on nous présente la facture en disant : « déficit budgétaire = CACA = se serrer la ceintuuure ! ». Moralité : on reviendra vite cent ans en arrière, à ce train-là…

      2. Moralité : on reviendra vite cent ans en arrière, à ce train-là…

        Sauf que le capitalisme, c’est un char d’assaut sans marche arriére. Il s’arrête, il rouille, il disparait. Donc revenir en arrière, peut-être, mais avec un autre véhicule et pour prendre d’autres chemins. Plus escarpés sûrement; plus ouverts sûrement aussi.

      3. le bétise humaine et la cupidité n’ont pas régressé-le cerveau humain évolue très lentement-et le communisme de MARX n’a jamais existé encore-surement pas en urss et dans les pays de l’est-
        car quelles différences entre des rois au pouvoir absolu et ces grands patrons? plus riches que le trésor public?? c’est eux qui representent en ce moment l’état car ils le gouvernent et pèsent sur ses décisions-C’est eux qui remplaçent les administrations avec leurs sous traitants en tous genre obligés de leur obéir et qui reçoivent aides payées par nos impots et charges salariales -vus qu’ils ont des services juridiques et autres pour leur économiser le maximum de charges et récupérer ce qu’ils ont pu donner en cotisations patronales.

  12. L’agence de notation Moody’s a relégué mardi le Portugal dans la catégorie des investissements « spéculatifs », en abaissant de quatre crans sa note à long terme, car elle estime que le pays pourrait avoir besoin d’un deuxième plan d’aide. Alors que le premier, de 78 milliards d’euros, vient tout juste d’être décidé.

    « Ce n’est pas le regard d’une agence de notation qui va régler l’affaire de la dette souveraine », a rétorqué mercredi M. Baroin, tandis que le ministre grec des Affaires étrangères Stavros Lambrinidis a dénoncé la « folie » des agences de notation.

    Mais l’inquiétude à Lisbonne est palpable.

    La zone euro risque donc de rester durablement en état d’urgence.

    « La crise mondiale et en particulier la crise de la dette ont jeté le doute sur les fondamentaux de l’intégration européenne. L’impensable est devenu envisageable : la sortie d’un pays de la zone euro, la fin de l’euro, et même la désintégration de l’Union Européenne ne sont plus tabous », estime le think-tank bruxellois Europolicy Center dans une récente étude.

    Pour les dirigeants européens, il faut tenir bon. « Nous n’avons pas le choix. Si la zone euro disparaissait, l’UE elle-même serait en danger et nous ne pouvons nous permettre une telle situation », prévenait fin juin le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hiXxDb31SYT6I0E2GvcXeIWG-Dog?docId=CNG.f20f6d1dd5e9716dae4e3233d4fcec81.571

  13. Moi qui faisait des économies en attendant l’effondrement du marché immobilier ( on y a presque cru l’an dernier), j’ai bien peur maintenant qu’il va falloir que je m’achète mon logement plein pot avant l’effondrement de tout le système monétaire…

  14. Lundi soir tard Moodys a abaissé le bon du trésor portugais à BAA1

    Après la Grèce le Portugal va être vendu à l’encan. Le programme implacable de démembrement des état-nations européens se poursuit: plus précisément la mise à bas de ce que l’on appelle l’état-providence, car concernant les forces armées et la police il faut les maintenir en état pour faire la guerre à l’extérieur et réprimer les mouvements de contestation à l’intérieur.
    Ceci non pour créer une entité européenne solidaire qui viendrait se substituer à ces vieux états-nations, mais pour flexibiliser au maximum le marché de l’emploi et donc les conditions d’exploitation des salariés européens qui ont le mauvais goût de ne pas être « compétitifs » par rapport aux salariés chinois ou indiens.
    L’exemple du port du Pirée racheté en partie par des « capitalistes d’état » chinois est à cet effet édifiant. Les conditions de rémunération, de temps de travail et de protection sociale dans la partie grecque restent nettement au dessus de celles qui ont cour dans la partie chinoise. Les patrons grecs se réjouissent de cette situation, qui va aboutir à terme à aligner tous les employés du port sur les conditions d’exploitation chinoise.
    Les peuples vont se retrouver ramenés à des conditions de vie qui étaient celles du XIXième siècle. Tout cela sous couvert de réformes « inévitables » et de « progrès ».
    La classe capitaliste à la manoeuvre ne pourra être stoppée que par un nouveau Front Populaire, car les partis de gauche de type social-démocrate, héritiers des radicaux-socialistes de l’entre deux guerre n’ont pas l’intention de s’opposer au rouleau compresseur de cette contre-révolution du capital. Papandréou en est l’archétype.

    1. El lunes por la noche Moodys bajó los bonos del Tesoro portugueses a BAA1

      Después de Grecia, Portugal será vendido en una subasta. El programa implacable de desmantelamiento de los Estados-Nación europeos continúa, más precisamente de lo que solemos llamar « Estado de Bienestar », puesto que a las fuerzas armadas y a la policía deben mantenerlos en condiciones de hacer la guerra al exterior y reprimir las protestas en el interior.
      Sin embargo no se trata de crear una entidad europea solidaria que se sustituiría a los antiguos estados-nacion, pero de que sea el mas flexible possible el mercado laboral, y por lo tanto las condiciones de la explotacion de los trabajadores europeos que tienen el mal gusto de no ser « competitivos  » en comparación con los trabajadores chinos o indios.
      A este propósito el ejemplo del puerto de El Pireo comprado en parte por el « capitalismo de Estado » chino es instructivo . Los términos de la remuneración, las horas de trabajo y el bienestar social en la parte griega se mantienen muy por encima de los de la parte china. Los patrones griegos están muy contentos con esta situación, que finalmente conducirá a alinear a todos los empleados del puerto en las condiciones que prevalen en la zona china.
      Los asalariados se verán reducidos a condiciones de vida que fueron las del siglo XIX. Todo esto bajo el pretexto de que la reforma es « inevitable » y constituye un « progreso ».
      La clase capitalista en la maniobra no podra ser detenida, si no por un nuevo Frente Popular (mejor al nivel europeo), teniendo en cuenta que los partidos de izquierda de orientacion social demócrata, herederos de los radicales-socialistas de la tercera republica francesa no se opondran a la contra revolución del capital. Papandreou es el arquetipo de esta gente, tal y como Zapatero.

    2. Monday night Moodys downgraded the Portuguese Treasury bond to BAA1

      After Greece, Portugal will be sold at auction. The relentless program aiming at dismantling european Nation-States continues, more precisely at tearing to pieces the so-called « Welfare State », as the armed forces and police must keep them in condition to make war outside and suppress protests inside.
      This is not to create a united European entity that would replace the old nation-states, but to make the labor market the more flexible that it’s possible and therefore the conditions of exploitation of the European work force that has the bad idea not to be so « competitive  » as the chinese or indian one.
      The example of the port of Piraeus bought partly by the chinese « state capitalism » is instructive for this purpose. The terms of remuneration, working hours and welfare in the Greek part remain well above those in the Chinese area. The Greek owners are pleased with this situation, which will eventually lead to align all employees of the port on the operating conditions of the chineses.
      The wage earners will see their living standards turned back to the conditions which were those of the nineteenth century. All this under the guise of « inevitable » reforms and « progress. »
      The capitalist class currently being on manoeuvers will only be stopped by a new Popular Front (better at european level), for the left parties like the Social Democratic ones,
      heirs of the Radical Socialists of the third french republic do not intend to oppose the juggernaut of the capitalist counter revolution.
      Papandreou is the archetype of such people, as is Zapatero in spain.

  15. Emprunt à 3 mois :

    Quand l’Allemagne ou la France lancent un emprunt à 3 mois, elles doivent payer un taux d’intérêt d’environ 1 %.

    Et le Portugal ?
    Mercredi 6 juillet 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 3 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de … 4,926 % !

    Les taux sont en hausse : c’était 4,863 % lors de la précédente émission le 15 juin 2011.

    Plus les jours passent, plus le Portugal emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.

    Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRWEB857620110706

    1. Seul remède :
      1- Annexion forcée ( une action éthique de l’OTAN, pour changer) des paradis fiscaux à un grand état voisin fiscalisé.

      2- Reversement au bénéfice de l’Etat des revenus et patrimoines dépassant trois fois ceux du plus pauvre citoyen d’un pays.

      3- Transparence imposée internationalement sur les évaluations de biens mobiliers et immobiliers, y compris métaux précieux, oeuvres d’art, ainsi que sur les comptes et coffres bancaires .

  16. Selon Moodys rapporté par « La Tribune », un tiers des banques européennes ne passeraient pas les stress test…..lesquels, comme de bien entendu ne comportent pas l’hypothèse d’un défaut de risque souverain d’un petit pays de la périphérie de la zone euro….un peu comme si les test de sécurité d’une centrale nucléaire implantée en zone sismique excluaient l’hypothèse « tremblement de terre » même d’intensité moyenne!
    conclusion personnelle: c’est du bidon destiné à « rassurer les marchés » et surtout les déposants, histoire qu’il ne prennent pas la poudre d’escampette en cas de clash….
    hypothèse totalement farfelue: imaginons un seul instant que ça coince et que ça bouge, et pas dans le bon sens, en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie ( rayer la mention inutile), et que par un effet domino les banques plantées avec du papier qui ne vaut plus rien soient légèrement gênées aux entournures vis à vis des déposants, investisseurs et clients, crise momentanée de liquidité, qu’elles leur diront…..évidemment, les files s’allongent devant les agences, effet panique et mouvement moutonnier, les déposants essayant de sauver leurs avoirs et retirer du cash……les DAB étant pris d’assaut en sus; naturellement, comme les banques ne se font plus confiance entre elles, le DAB de la banque machin n’accepte plus la carte de la banque truc, donc, chacun pour soi….dans ces conditions, et si j’étais banquier peu ou prou à l’abri de la faillite ( ça existe quand même, des banques un peu pépères ) ou du moins chargé de préparer le bank run dans la joie, la discipline et la bonne humeur, je limiterais les montants des retraits de mes clients dans mes DABS ( les autres peuvent aller se faire cuire un oeuf), histoire de sécuriser un tant soit peu la ruée vers le cash ( il faudra bien alimenter en papier monnaie et en continu les machines)…..eh ben c’est ce que vient de faire la Banque Postale avec ses clients!
    soit je me fourre le doigt dans l’oeil, soit il s’agit d’un sacré « signal faible », un « précurseur furtif » de ce qui nous pend au nez ( à compter du 1° août )
    En conclusion, le spectacle fascinant le la haute finance qui s’agite me fait tristement penser à la débâcle de 1940: fins prêts pour livrer la guerre de 14/18 bien à l’abri et au chaud de la ligne Maginot….aisément contournée par l’armée d’en face, laquelle se déplaçait à 20 kms/h alors que nos braves pioupious faisaient du 5 kms/h, on connait la suite et ce qu’il en est advenu.

  17. Mercredi 6 juillet 2011 :

    Le vote du parlement grec aura donné à la zone euro un répit de … sept jours !

    Sept jours après le vote du parlement grec, les taux des obligations des Etats européens en faillite sont repartis à la hausse : plusieurs records historiques ont été pulvérisés.

    Portugal, Irlande, Grèce : les courbes des taux sont inversées !

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 16,744 %. Record historique battu.
    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 18,331 %. Record historique battu.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 13,064 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 15,307 %. Record historique battu.
    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 15,769 %. Record historique battu.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 12,434 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 28,444 %.
    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 27,693 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,822 %.

    1. Et que disent les agences de notation portugaises et européennes au sujet de la dette de tous les états américains, à commencer par le Minnesota, et de celle de l’état fédéral américain ?

  18. Bonsoir hema.

    Croire en une issue raisonnable à tout ce merdier est un acte de foi si il n’y a pas la volonté d’en faire une réalité. vous pensez que cela relève de la foi parceque vous imaginez impossible de changer les choses ce en quoi vous avez raison compte tenu des politiques qui prétendent gérer notre destin.
    Ces politiques ne sont que des hommes donc mortels. A partir du moment où vous en avez conscience et que le nécessaire est fait pour que eux aussi en soient conscients, tout deviendra possible. La fin justifie les moyens.

    1. @Marc

      La fin justifie les moyens

      Rarement, très rarement la fin justifie les moyens et c’est ce qui rend toute (r)évolution compliquée, vous m’avez balancé Pétain sur un post, je me permets de vous renvoyer à Staline sur celui-ci.
      Cordialement,

      1. Bonsoir hema.

        Je ne parlais pas de révolution, pourquoi faire: pour que des innocents meurent?.

        Ceux à qui je faisais référence ne sont qu’une poignée et ce sont ceux-là qui doivent payer. En Grèce, pays où est née la démocratie il y avait un garde fou. Si l’élu ne se comportait pas comme il le devait, il était ou bien chassé de la citée ou condamné à mort.

        Force est de constater que la grande majorité de ceux pour qui nous avons voté entrent dans ce cas de figure. J’ajoute à titre personnel que si nous nous contentons de les expulser, nous prenons le risque qu’ils reviennent.

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