DES QUESTIONS ÉPINEUSES, ET DE LA MANIÈRE DE LES TRAITER

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Ce n’est pas mon cas : je n’ai pas eu l’occasion de vivre dans des sociétés de ce genre, mais certains de mes confrères anthropologues ayant vécu dans des sociétés de chasseurs-cueilleurs ont attiré mon attention sur deux exigences considérées comme minimales dans les sociétés à l’organisation politique extrêmement réduite – celles à propos desquelles Pierre Clastres a parlé de résistance délibérée à toute forme d’autorité. Je me situe bien entendu dans une perspective où le manger et le boire sont assurés (quand ce n’est pas le cas, je crois que tout ce qu’on peut décemment dire à ce sujet l’a été par le metteur en scène bengali Satyajit Ray dans son film Ashani Sanket,  Tonnerre lointain – 1973). Les droits imprescriptibles dont je parle sont :

1° le droit de – excuse my French – se péter la gueule, si on ne fait de tort à personne d’autre qu’à soi-même,

2° le droit de défiler, peint et décoré de plumes.

Une autre question, mais que l’actualité m’oblige à traiter conjointement, est celle des peuples et de leurs armées. Les armées tuent et font donc partie des choses dont il convient a priori de se méfier énormément. Il arrive cependant que certains de vos voisins veuillent envahir le pays où vous habitez, et vous faire bien du mal, sans que vous ayez fait quoi que ce soit pour les encourager à le faire (pour avoir plus de place pour eux-mêmes, par exemple : Lebensraum) et c’est une bonne idée dans ce cas-là, d’avoir une armée pour vous protéger.

C’est cela qui obligea Hegel à s’opposer aux Quakers, pour lesquels il avait par ailleurs beaucoup de sympathie. Il est un peu facile, dit-il en substance, de dire « pacifisme à tout prix ! », quand on sait qu’il existe par ailleurs un corps organisé par les bons soins de l’État qui viendra vous protéger contre ceux qui « viennent jusque dans vos bras égorger vos fils et vos compagnes », et auquel tout le monde participe – même si c’est le plus souvent à contrecœur – sinon vous-même.

Ces questions-là, sont de vrais casse-têtes qui soulèvent des monceaux de « pour » et des monceaux de « contre », et c’est pourquoi il convient de marcher sur des œufs, comme on dit, quand on les évoque. Il faut en tout cas éviter à tout prix de les traiter à l’emporte-pièce.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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121 réflexions sur « DES QUESTIONS ÉPINEUSES, ET DE LA MANIÈRE DE LES TRAITER »

  1. Vu à la télé . Au cours du défilé . Je ne suis pas anthropologue mais mais je crois qu’il s »agit de chasseurs-cuelilleurs aussi . Un régiment qui dansait le haka . Je crois savoir que les concepteurs étaient cannibales . Ce qui est intéressant économiquement puisque çà résoud la question démographique . Il s’est imposé à moi que çà tombait for à propos dans l’ambiance Européenne . On reste perplexe en réalisant que le cannibalisme se pratiquait avec des rites trés sophistiqués , et que ces peuples nous ont laissés des Trésors artistiques : magnifiques tatouages , prodigieuses grimaces , toujours appréciés malgré les siécles , par nous qui sommes civilisés . Cette culture n’ a peut étre pas dominé , parce qu’elle accordait plus d’importance à l’art et au rapports sociaux qu’à la science et aux techniques.
    A armes égales , je crains que les Quakers n’aient pas eu le dessus , c’est çà qu’on sent bien
    avec le haka .

    1. Difficile de résoudre la question démographique avec le cannibalisme rituel tel qu’il était pratiqué.
      Les amateurs de messe de sont pas moins cannibales, puisque le principe est de manger un corps humain et de boire son sang.
      Rien de plus commun que le sacrifice humain, même symbolisé.
      Rien ne change sous le soleil…

    1. Pour faire bonne mesure la très bonne réponse de Frédéric Lordon:

      http://blog.mondediplo.net/2011-06-13-Qui-a-peur-de-la-demondialisation

  2. En écoutant V. Malka ce matin sur FR C, ce qui m’arrive rarement, il est question de Moise…

    Je suis sans doute à titre personnel une sorte de Moise (privé)…concernant certaines choses.

    Mais justement nous sommes tous des Moise dans le sens où des limites existent pour chacun.

    Il était aussi question du veau d’or et de la légèreté du peuple juif… et de se laisser porter par la fluidité du Temps. Ceux qui s’en remettent au veau d’or renoncent à l’impulsion du Temps… bref.

    Moise n’a pas eu à changer d’époque. Il s’arrête avant le changement, c’est par conséquent un personnage hautement conservateur. Mais la frontière est perdue pour tous, pour Celui qui ne la franchit pas et pour ceux qui la franchissent d’un pas léger sans s’en rendre compte. D’où l’immensité de ce que le mythe cache à savoir la Révolution, remplacée par une banale conquête de territoire « promis ».

  3. Je pense que parler de lebensraum n’est pas plus adéquate que de parler du colonialisme français et britannique dont il s’inspire. Le défilé militaire du 14 juillet trouve ses origines dans la défaite de Sedan.
    A l’heure ou l’Europe a besoin de la puissance économique allemande, il s’agirait plus de trouver un consensus historique pour faire défiler notre armée fédérale au service du nouveau état fédéral. Le terme de lebensraum peut s’appliquer malheureusement à l’état d’Israêl, mais de grâce épargnez nos générations des plaies de l’histoire pour regarder devant, les Allemands méritent mieux aujourd’hui !

  4. Comme Strategix et Philippe, je vois dans ce billet une allusion (entre AUTRES) à « l’affaire du 14 juillet », et je suis en complet accord sur la conclusion.

    Mais en l’occurence, on ne peut pas ignorer la campagne électorale en cours, et malheureusement, les choix de la majorité s’équilibrant peu ou prou, on peut penser que le résultat des élections se fera « à la marge », et chacun caresse le poil des minorités agissantes qu’il a identifiées. Ceci bien sûr en parfaite connaissance de cause.

    Pour résoudre les vrais casse têtes : aucune chance.

  5. Je crois que surtout le pacifisme des quakers est aberrant.
    C’est cette caricature du pacifisme qui est instrumentalisé par les militaristes à tout prix.
    C’est une méthode de propagande courante.
    Les quakers se basent probablement sur les évangiles. Mais si Jesus le nazaréen disait qu’il « fallait tendre l’autre joue », il ne parlait pas de l’armée. Jésus n’a jamais rien dit contre l’armée romaine, qui defendait les frontières de la Palestine.
    Eva Joly, puisque c’est elle qui fait remue ménage, n’attaquait pas l’armée, mais sur le fond, s’attaquait au militarisme. Bien sur alors, elle fait figure de « pacifiste à tout prix », par les militaristes qui caricaturent ses propos. Méthode classique.
    Il faut etre maniaque et compltement fanatisé pour croire que de ne pas mettre au premier plan l’armée le 14 juillet est le signe d’un pacifique intégriste absolu, dont l’ambition est de détruire toute armée!
    C’est oublier le contexte historique, ou en 1880, on institua le défilé militaire. L’armée française écrasée en 1870, avait besoin d’etre remise à l’honneur, avec un esprit de revanche qui annonçait 14-18. De plus cette armée se montra colonialiste et agressive et non pacifique. Le mot « pacification » utilisé à l’époque est déja tout un programme.
    Plus un peuple est médiocre, plus il utilise les défilés militaires…
    Le défilé militaire est un instrument politique qui n’a rien à voir avec la défense nationale. Un sorte de rappel des anciens triomphes romains.
    Un triomphe par an, ça fait un peu ridicule, non?

    1. C’est oublier le contexte historique, ou en 1880, on institua le défilé militaire. L’armée française écrasée en 1870, avait besoin d’etre remise à l’honneur, avec un esprit de revanche qui annonçait 14-18.

      Non.
      En 1880, la fête de la Fédération devient Fête Nationale par adoption du Sénat le 28 juin.
      Fete de la Federation:
      On désigne particulièrement sous le nom de Fête de la Fédération la fête qui fut célébrée au Champ-de-Mars de Paris, le 14 juillet 1790, premier anniversaire de la prise de la Bastille.

      Je vous renvoie à la page wiki « Fete de la Federation », ainsi que tous les lecteurs de ce blog, pour ce qui est du lien intime entre l’Armée, la Révolution et ses idéaux, et la Fête de la Federation.

      Lors du défilé du 14 juillet, l’Armée française et les citoyens rendent hommage à l’armée de la Révolution. Ce dernier rappelle qu’elle est, en dernier ressort, au service des idéaux inscrits dans la Constitution. Au service du Peuple donc, et non au service de tel ou tel.

      Si vous n’avez pas compris ça et en restez à 1880 et à son contexte belliciste (il s’agissait d’ailleurs d’une guerre juste au demeurant, quand on s’en réfère aux sentiments des alsaciens, et au simple « droit des peuples à disposer d’eux-même »), vous êtes tout simplement « hors-sujet ».
      Le défilé militaire du14 juillet n’a absolument pas la signification belliciste que vous lui prêtez. C’est bien pour cette raison que ce défilé a lieu… le14 juillet! Encore une fois la France n’est pas la Corée du Nord, et s’il s’agit du dernier pays démocratique à souscrire à cette pratique, et bien c’est également tout à fait légitime !!

      Ne pas avoir compris cela, c’est ce qui est au fond reproché à Eva Joly (sans quoi elle n’aurait pas songé une seule seconde à remplacer des militaires par des civils, puisque dans le contexte de la Fete de la Féderation, sa proposition n’a rigoureusement aucun sens).
      Et passer à côté de la signification de la Fete Nationale d’un peuple qui se définit politiquement par son « vouloir vivre ensemble » et en même temps briguer l’investiture suprême ne pouvait pas, toute velleité d’instrumentalisation polémique mise à part, ne pas provoquer de réactions fortes.

      Maintenant ce n’est la peine non plus de passer un mois là-dessus.

      1. Maintenant ce n’est la peine non plus de passer un mois là-dessus.

        Pardi… Comme qui dirait «  l’incident d’inspiration pseudo franco-norvégienne est clos. Cessons ces enfantillages et ces inopportunes manifestations de crasse inculture nationale. Passons l’éponge et n’en parlons plus.« 

  6. Si les mécanismes de solidarité sont effectifs, une phase de décroissance économique relative peut être très supportable, surtout si des perspectives encourageantes existent (progrès+écologie par exemple). Inversement, si ces mécanismes sont défaillants, comme aujourd’hui, une décroissance est difficile à accepter. Sur un plan régional, les questions touchant le mala création d’emplois, la fiscalité, la redistribution sont, de ce point de vue, primordiaux.

    Pouvoir se serrer les coudes permet donc d’envisager de pouvoir se serrer la ceinture.

  7. Lebensraum (espace de vie). C’est un mot allemand . Pratiquement çà veut dire drang nach osten (droit vers l’Est ) , à l’Est il y a les Polonais ,les Baltes, les Hongrois, les Tchéques mais surtout les Russes qui occupent la steppe et encore avant les Biélorusses qui sont encore plus bornés .
    Bref , les Allemands contrairement à nous qui sommes adossés à l’Atlantique ont deux fronts , ce qui est un souci permanent chez eux comme l’indique l’Aigle à deux tétes .
    Ce que nous avons tendance à oublier . Il existe actuellement en Allemagne un fort lobby d’affaires dit de l’Est . Les machines-outils Allemandes sont naturellement complémentaires des matiéres premiéres Russes . La question c’est le rapport de prix . Si un accord apparait : genre le gaz Russe , le mur de Berlin tombe .,Cet accord a précédé les événements de Pologne et l »élection d’un Pape Polonais . Sarkozy , avec son mépris des Russes , son tropisme pro-Atlantique et son opportunisme à courte vue n’est surement pas adéquat à la situation . Se rappeler que les Grecs ne sont pas Slaves , mais entourés d’eux et …orthodoxes .
    La Gréce est une anomalie dans l’espace Européen , elle ne fait pas partie de le l’ex Empire
    Romain d’Occident dont l’Eglise catholique est héritiere et les Protestants le prolongement médiéval . Ces vieilleries historiques à mon avis pésent plus lourd qu’on ne le pense .
    La chute de l’Urss a une dimension non négligeable c’est le retour à l’occidentalisation en Russie à l’opposé de son coté asiatique , Tatar comme Lénine pour préciser .

    1. Si la Russie est le plus vaste Etat de la planète l’essentiel de la population (80%) vit entre les frontières des Etats situés plus à l’ouest et les petites montagnes de l’Oural. Il n’y a pas de steppe dans cette zone. Il y a effectivement une sorte de frontière culturelle entre les deux Europe. Historiquement et culturellement, la Russie se veut le dépositaire de l’héritage de Constantinople, de l’Empire romain chrétien (personne à Byzance, avant la chute, ne faisait une distinction qui n’avait alors aucun sens entre « Orient » et « Occident » et bien après être tombés sous le joug turc les habitants de Constantinople se désignaient encore eux-même comme des « Romains »). Parmi d’autres facteurs, l’héritage byzantin, càd impérial et chrétien, figure en bonne place dans le code génétique de la civilisation russe. Avec l’autoritarisme. L’Eglise orthodoxe est très certainement plus proche que celle de Rome de ce que fut l’église des premiers chrétiens du fait de cette filiation directe avec l’église de l’Empire romain. Enfin, il est désolant qu’on en soit encore en 2011 à évoquer cette tarte à la crème idiote et raciste de la « Russie asiatique ».

      1. Pas de racisme , chez moi , je n’évoque pas le code génétique . Certes j ‘ai étendu la steppe trop au Nord . Il m’eut fallu plutot parler de forets , forets qui correspondent à celles de nos montagnes ,où la vie est dure , avec presque 6 mois d’hiver par an . La dureté des conditions impose une forte solidarité . Comme encore dans nos montagnes et en Suisse , la propriété de la Terre est encore le plus souvent municipale , peut étre ne le saviez vous pas . C’est encore le cas méme à Lyon . Méme chose en Russie , a deux pas de Moscou on a Kazan ancienne capitale des Tatars , branche Mongole , ville natale de Lénine , au centre une superbe mosquée , fruit de leur conversion tardive . Toute l’histoire de la Russie est imbibée de la lutte entre Russes et Tatars . A tel point que dans les histoires pour enfants , le méchant a les traits du Tatar .
        Tatars qui sont actuellement assis sur du pétrole et du gaz . Vous étes je pense un peu cours avec Byzance , çà c’est la version Russe , c’est à dire la version du mélange issu des Vikings et des Slaves du cru . Un pays comme la France où pourtant la population est bien mélangée , mis à part les nouveaux immigrants , a inventé le racisme ( c’est en France que çà été inventé
        et pas par la droite , mais par la gauche avec Augustin Thierry , c’est en France le juif Suss ; les nazis avaient un critére religieux ) , et vous voudriez que ces questions éthniques n’ai plus d’existence pour un peuple aussi récent que les Russes !
        Il ne suffit pas de s’enterrer la téte dans le sol , pour résoudre ces questions . A mon avis , il serait nécessaire d »en admettre la réalité ,le déni ne me dis rien qui vaille , mais comme vous je pense nécessaire de ne pas justifier les haines . J’aime bien d’ailleurs cet attachement à la
        Terre communale . Je regrette cette invention de la propriété privée du sol , cette spéculation immobiliére éffrénée des Cathédrales , la crise des Subprimes , la violence faite aux Paysans
        en Chine sur la terre de leurs ancétres . Faut-il en dire plus … Ce n’est pas une question génétique , mais sociale et culturelle , le déni est à mon sens du mauvais coté , mais présente
        bien .

  8. Je suis heureux que l’on parle (enfin, ça faisait si longtemps) d’autre chose que d’économie ! Le sujet est d’importance, et il ne faut pas qu’il nous échappe et soit réduit à un oui ou non préélectoral : il faut en parler, en débattre, faire une pétition (Avaaz ?), etc.

    Le « pacifisme à tout prix ! » c’est la non-violence de Gandhi : c’est un art, une science, que dis-je un mode de vie ! Qui à part l’armée nous empêche d’aller en Lybie, en Syrie, en Afghanistan ou partout où ils se font péter la gueule ? Personne. Nobody. Dégun ! Qui à part l’armée oblige les autres États à se dire qu’il leur en faut une aussi ? J’vois pas. Qui part l’armée décide de ne pas intervenir au Rwanda en continuant son petit bonhomme de chemin avec un fardeau d’un million de cadavérés ? Pffff, là je sèche.

    L’armée est malheureusement un ministère comme les autres qui se renforce au point de devenir quasi-indépendant du peuple : le seul lien qui les unisse étant nos cotisations.

    Eva Joly-jolie a mis un coup de talon-aiguille dans la fourmilière, si nous nous y mettons tous elle n’y survivra pas. Pour cela j’espère que les approches autres qu’éconophiles seront non seulement prises en compte mais surtout débattues avec au moins autant d’intérêt. C’est la seule solution : fédérer les approches, les critiques, les analyses (pour ses adeptes). L’union fait la force, et pour sortir de la crise de civilisation, ce n’est pas du luxe.

    La démocratie, d’après l’idée que je m’en fais, devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu’au plus fort. Seule la non violence peut aboutir à ce but. (Matmatah Gandhi)

    http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=violence
    http://www.dicocitations.com/citation.php?mot=non_violence

  9. Aaaaaah les défilés militaires! Lorsque les russes (soviétiques à l’époque), les chinois ou les nord coréens bombent le torse et affichent fièrement leurs arsenaux militaires, nos belles démocraties qualifient aussitôt ces peuples d’ultra-nationalistes, de petits soldats aux ordres de leur guide et très dangereux pour la paix mondiale.
    A croire que notre armée n’a eu comme but que le maintien de la paix dans tous les pays où elle est intervenue et que c’est elle qui doit illustrer la première des valeurs francaises.
    Un signe de plus de notre époque et de notre société bien défiante à l’égard de l’Autre.

    1. Cette Fete Nationale rappelle à l’Armée Francaise qu’elle reste, en dernière alternative, au service des idéaux révolutionnaire (Constitution) et sous le contrôle du Peuple.Ce n’est pas l’Armée française qui est saluée, mais l’armée française en tant qu’elle est l’héritière des armées fédérées, ce qui l’oblige d’ailleurs à se comprendre elle-même sous ce rapport. Ce n’est pas une « parade nationaliste ». Il y a une différence de fond entre le « patriotisme constitutionnel », qui est un canon moral, et le « nationalisme » (qui n’est qu’une auto-célébration narcissique et aveugle de la puissance pour la puissance).
      Si « les cordes de l’imagination » lient autant que le prétend Pascal,par exemple, ce défilé est mêmepeut-être d’autant plus important maintenant que l’armée française est une armée de métier. On n’est jamais trop prudent.

      Pource qui est des guerres. Une guerre n’est jamais « pour la paix », de toute façon. Elle est est simplement juste ou injuste. A lalimite elle peut être pour la liberté ou pour la domination, mais certainement pas « pour la paix ».
      L’armée française obeit aux ordres, et n’est pas responsable des crimes commis par les politiques que le peuple a élu. L’armée française n’est pas responsable de l’intervention en Lybie, par exemple. Elle n’est pas non plus responsable de la colonisation.Que ceci vous plaise ou non. Les responsables, c’est vous, c’est moi, c’est le peuple qui a mis au pouvoir cet executif et ce legislatif qui impose à l’armée sa volonté politique. Cette dernière ne devient politiquement responsable qu’à partir du moment où elle prend son autonomie par rapport aux politiques, en bien ( défendre la souveraineté du peuple contre la trahison de ses élites…) ou en mal (coup d’Etat puis dictature militaire, le cas leplus fréquent). Et bien sûr elle est toujours responsable des moyens qu’elle met en oeuvrepour accomplir la mission qui lui est confiée ( « crimes de guerre »,etc).

      1. Cette Fete Nationale rappelle à l’Armée Francaise qu’elle reste, en dernière alternative, au service des idéaux révolutionnaire (Constitution) et sous le contrôle du Peuple

        Vous vivez dans l’illusion soit! mais ne leurrez pas les autres Svp!

        Maintenant ce n’est la peine non plus de passer un mois là-dessus.

        Alors n’y revenez pas vous même, on sent que ça vous tient à cœur !

      2. Une guerre n’est jamais « pour la paix », de toute façon. Elle est est simplement juste ou injuste.

        Oh bé oui, comme vous dites, « simplement ». Naturellement, « juste juste » quoi. Pi l’autre en face, y mène une guerre « juste injuste ». Et les « guerre de domination justes », c’est juste des guerres pour la domination de la justice, j’ai bon ?
        Ce qu’est bien c’est qu’y a plus à s’en faire là. Bé voui. Si c’est une guerre « juste juste », ben on est sûr de leur péter la gueule aux zinjustes d’en face, rapport au jugement de Dieu. Eh bé oui.

        Cette dernière ne devient politiquement responsable qu’à partir du moment où elle prend son autonomie par rapport aux politiques, en bien ( défendre la souveraineté du peuple contre la trahison de ses élites…)

        Ah ok. Alors là ce serait une sorte de guerre civile juste juste quoi. Tain ! Il est vraiment con ce Debré ! Que n’a-t-il prévu ça dans la Constit ! Ça nous les aurait responsabilisés formellement nos officiers. Ce serait des interventions « en bien » à tous les coups comme ça. Plus de fâcheux quarterons opportuns zou importuns…
        Arlette Chabot aurait pu les inviter même, histoire qu’on prenne la température du kaki.

  10. Ah ben c’est bien pour cette raison que le ministère de la défense ne s’appelle pas le ministère de l’attaque, et ce, quelque soit le pays.

    Cela dit, le projet Manhattan a été très pédagogique, et on évite de partager, ou même de révéler l’existence, y compris à ceux qui pourraient se les payer, des armes derniers cris … je ne vous dis pas de qui viennent ces cris, mais on trouve toujours une bande de terre quelque part, ou un pays entier, on tester les plus petites, subrepticement bien sûr. Par contre on a toujours des outlet à proposer.

    Le problème se trouve d’ailleurs insurmontable quand le militaire devient complètement indépendant de l’exécutif ( qui contrôle tellement peu de quoi que ce soit, de toute manière), et que vous pouvez avoir de forts soupçons de cet état des choses, lorsque les USA changent parait-il d’administration, en gardant le même secrétaire d’état à … quoi disions-nous ? Ah non, zut, l’argument ne tient plus, Gates vient de repartir planter les choux dans sa campagne dit-on.

    Voyez-vous, un militaire avec du sens de l’honneur, du sens de la patrie, même si quelques principes philosophiques pourraient lui échapper, il reste gérable. Un lobby militaire qui retient les dernières avancées technologiques comme secrets militaires, retardant d’autant leur utilisation et exploitation par la société civile sous menace d’ accusation de haute trahison, n’est plus un lobby qui protège quoi que ce soit sinon ses intérêts. Pléonasme, j’ai dit Lobby

    Pour ne pas parler tout-à fait dans le vide, je vous rappellerais d’où tombe les miroirs déclassés de Hubble, la belle utilisation des lasers megajoules qui ne sont pas conçus pour couper les carottes en tranches, et tout ce qui concerne la MHD qui n’est sûrement d’aucune utilité pour booster un peu les avions de lignes qui volent moins vite que ce que nagent les dernières torpilles américaines. Ah bon ?

    Ah, notre militaire national, heureusement que tu es là pour nous protéger. Aurais-tu le dernier haveneau sorti des arsenaux pour attraper les torpilles à enrhumer les poulpes au courant d’air ? Sinon, veux-tu qu’on augmente ton budget recherche ? Bref sujet délicat, effectivement.

  11. Votre plaidoyer pour le droit de se péter la gueule me convient assez.
    La préfète Malgorn n’aimerait pas, rien que cela peut réjouir le cœur des malotrus et gougnafiers de mes amis.
    Ponctuelle ou continue pendant une assez courte période, cette pratique laisse des souvenirs agréables à évoquer tout au long du naufrage de la vieillesse.
    Pratiquée avec constance et jusqu’à son terme rapproché, seuls Kerouac et Blondin en parlent avec justesse.

    1. Je rapporte un propos relatif aux sociétés de chasseurs-cueilleurs. Dans des sociétés où la plupart des adultes conduisent des véhicules en ferraille à des vitesses importantes, la notion de pouvoir se péter la gueule sans constituer un danger pour les autres devient très théorique.

  12. Quand j’étais môme, mes grands-parents non conduisaient, ma sœur et moi, à la retraite aux flambeaux du 14 juillet. C’était dans une paisible station balnéaire du sud de la Bretagne.
    Les enfants portaient des lampions avec une petite bougie dedans. Il y avait pas mal de monde pour défiler lentement de la garer à la mairie. Sans doute aussi, je ne me souviens plus, quelques drapeaux, des anciens combattants, un arrêt au monument aux morts.
    C’était familial et républicain.
    Aujourd’hui plus personne ne défile.
    La grande parade militaire d’une armée de métier reste désormais la seule dans une nation qui se contente de rester devant sa télé. Tels nous sommes : ni soldats, ni citoyens.

  13. La signification de se « péter la gueule » n’est pas claire pour moi dans votre billet:
    a) se saoûler?
    b) se prendre une gamelle?
    c) les deux?

    1. Pendre ses responsabilités en veillant à ce que ça n’ éclabousse personne, parce qu’ainsi, c’est faire preuve de savoir-vivre. Et comme disait Staline, « la liberté des uns, s’arrête où commence la mienne », N’ai-je déjà cité l’illustre ici?

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