L’actualité de la crise : ORGANISER OU SUBIR, par François Leclerc

Billet invité

La simultanéité de la crise de la dette en Europe et aux États-Unis est spectaculaire, mais elle n’est pas étonnante. Dans les jours qui viennent, des solutions de fortune permettront-elles d’éviter que la crise financière bascule et rentre dans son second acte, le premier ayant débuté avec la dégringolade de Lehman Brothers ? Si des ouvertures sont finalement trouvées, quel répit donneront-elles ? Si ce n’est pas le cas – soit aux États-Unis, soit en Europe, pour ne pas adopter le pire scénario selon lequel les deux plongeraient ensemble – que peut-il en résulter ? Autant de questions et pas de réponses…

L’énormité de ce qui surviendrait défie toute description et conduit les esprits avisés à se rassurer en pensant que le pire n’est jamais sûr. Qu’ici et là les négociateurs parviendront au final à s’entendre, parce que tout simplement ce n’est pas pensable autrement. Ces mêmes esprits se réfugient en attendant à des niveaux d’analyse insatisfaisants, s’appuyant sur les personnalités des intervenants, ou bien les jeux politiques, ou encore les conflits d’intérêts entre pays.

Ces réalités sont pourtant subalternes, car nous sommes en train d’assister en direct à une nouvelle phase de l’implosion du système financier. Un système qui reposait sur la fabrication d’une nouvelle marchandise : la dette, celle des particuliers comme celle des entreprises et des États. Il fallait la produire, mais le constat s’impose : il n’est plus possible de l’honorer. Le gigantesque échafaudage qu’elle représente ne trouve plus son équilibre, ceux qui l’on bâti en venant à s’attaquer à son principal point d’appui. Le système mettant en cause les États, garants en dernier ressort de son bon fonctionnement, sciant la branche sur lequel il est assis.

Dans les pays émergents, où tout se fait très vite dans une société dont la base reste figée, des bulles financières, notamment immobilières, ont gonflé outre mesure en très peu de temps. L’accès des classes moyennes aux produits de la consommation de masse occidentale repose largement sur le crédit aux particuliers, qui enfle lui aussi. Tout cela a un air de déjà vu. Le système reproduit là ce qu’il ne peut plus poursuivre ailleurs. Ces bulles devront un jour ou l’autre, elles aussi, crever. Le système financier y a engagé un remake de son film qui vient pourtant de mal tourner.

La crise financière actuelle se manifeste donc par une crise de l’endettement, et dans un second temps du désendettement. Cette délicate opération rencontre d’énormes difficultés, comme on peut le constater, car il n’y a pas de marche arrière de prévue par le constructeur de ce moteur et chacun veut se défausser sur l’autre. Il n’y a à cette échelle ni tribunal de commerce, ni règlement financier, ni procédure de liquidation judiciaire.

Plus exposés sur le devant de la scène, les États n’y parviennent pas. En premier lieu parce que les gouvernements ne peuvent s’appuyer ni sur une croissance économique qui améliorerait leurs comptes, ni sur une inflation prohibée par le système, car elle ferait fondre la valeur de ses actifs. En second, car cela suppose des atteintes au financement du Welfare State, dans tous ses compartiments, dont ils craignent le retour de flamme.

La Fed fournit un magnifique exemple d’une machine qui tourne à vide. Elle a financé la dette américaine par deux programmes successifs d’achats obligataires directs, et continue de le faire suivant d’autres modalités à un niveau plus modeste, mais tout cela en pure perte du point de vue économique et de l’emploi, avec pour seul effet d’alimenter le système financier. Comme les résultats des mégabanques américaines vont le montrer, sans même pouvoir éviter une baisse du rendement de leurs activités financières sur les marchés des taux, de change et des matières premières (à l’exception de JP Morgan).

La réalité est que si les banques centrales peuvent s’accrocher vaille que vaille à leur mission de lutte contre l’inflation, les instruments dont elles disposent ne leur permettent pas de relancer la machine économique. Pouvant encore prétendre défendre les intérêts du système financier, elles ne peuvent venir au secours des États, bien qu’appartenant au même monde.

De la même manière que la distinction dette publique-dette privée est en train de perdre tout son sens, tellement les deux fonctionnent suivant le principe des vases communicants (mais dans un seul sens), celle qui prétend distinguer les États et les banques centrales des établissements privés finit par ne pas en avoir davantage. Pour paraphraser les dirigeants chinois : « un système, deux entités ».

Avançant plus masqué et se réfugiant dans son opacité, le système financier n’y parvient pas non plus, quoique bénéficiant du transfert de sa dette vers les États (notamment la dette publique retournée à ses émetteurs européens). Aux États-Unis, la Fed, Fannie Mae et Freddie Mac jouent les amortisseurs et tentent de lentement la digérer, tandis qu’en Europe, la BCE veut accentuer le mouvement en refusant de continuer à faire de même.

Les États sont censés procéder à leur désendettement avec un lance-pierre pour que les banques puissent étaler le leur dans le temps. Il est accordé aux unes ce qui est refusé aux autres. Principe dont une autre application spectaculaire a été relevée quand on compare le coût que les premiers doivent accepter pour se financer et ceux dont les secondes bénéficient via les banques centrales. Expression même du transfert privé-public qui s’opère à la faveur du douloureux désendettement en cours.

Lorsque l’on explore les arcanes de la méthodologie des stress tests européens ou de la réglementation du Comité de Bâle, ou bien encore lorsque l’on plonge dans la loi de régulation financière Dodd-Frank et ses prolongements réglementaires qui tardent à venir, bloqués par les banques, on entre dans un monde dont la complexité n’a de pair que les ouvertures qu’il laisse béantes. Le déficit public est calculé au centime près, les résultats d’un établissement financier résultent de chinoiseries sans fin.

Les Européens sont pris au piège de leur stratégie de gestion de la dette privée-publique. Ne voulant, en premier lieu, reconnaître que la première de ses composantes, puis en tentant de la circonvenir aux pays de sa zone monétaire, élégamment dénommés les PIGS (PIIGS si l’on y ajoute l’Italie), inspirés dans doute par l’idée qu’ils ne voulaient pas être les cochons de payeurs. Toutes les formules possibles et imaginables sont depuis des semaines discutées, afin de trouver le modèle miracle qui permettrait de partager le fardeau du financement de la dette grecque entre les États et les établissements financiers.

Pourquoi ces interminables palabres n’aboutissent-elles pas ? Parce qu’il ne s’agit pas de la Grèce, mais de l’Europe toute entière, et que le problème continue d’être pris par le petit bout de la lorgnette. A ce jeu, la zone euro est aujourd’hui menacée d’éclatement – à court terme – comme elle ne l’a jamais été.

Les Américains sont pris dans une autre nasse. Parvenus au bout de leur chemin, ils ne peuvent plus financer leurs splendeurs et doivent étaler leurs misères. Devant descendre du podium, ils voudraient au moins ne pas louper une marche. Tentés par la fuite en avant et la poursuite d’un rêve qui va pourtant s’arrêter, aiguillonnés par leurs vieux démons porteurs de dangereuses aventures. A ce jeu, ce n’est pas d’une marche qu’ils risquent de dégringoler, mais d’entraîner une seconde fois le système financier dans leur chute.

Les échéances sont désormais à très court terme. Le 21 juillet – dans trois jours – un sommet européen doit boucler le second plan de sauvetage de la Grèce. Le 2 août au plus tard – dans deux semaines – les Américains vont faire face à un défaut sur leur dette s’ils ne parviennent pas à un accord sur son relèvement au Congrès. Si des accommodements sont in extremis trouvés avec le ciel, on sait par avance dans les deux cas que cela sera reculer pour mieux sauter.

Éponger toute cette dette dont le remboursement se révèle impossible est la seule solution, mais il faut le mettre en musique et en assumer les conséquences. Il est clair que cela serait d’une autre portée que cette inflation dont le système ne veut pas et dans laquelle il sera peut-être de toute façon entraîné. S’engager dans cette réduction ordonnée, c’est réduire la taille d’un monde financier hypertrophié, dont le poids même le fait tomber. Un bon début pour la remise à plat que cela induira.

Somme toute, il y a le choix entre deux solutions : tailler dans la finance ou laisser l’inflation y procéder dans le plus grand désordre. Organiser ou subir.

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146 réflexions sur « L’actualité de la crise : ORGANISER OU SUBIR, par François Leclerc »

  1. je lis souvent que les petits épargnants seraient les grands perdants d’une restructuration. et cela, je le lis aussi ici.
    Si je ne le lisais que dans le médias qui servent la soupe propagandiste classique, je soupçonnerais d’emblée la grosse ficelle, mais comme notre communauté l’affirme aussi dans ses lignes, j’ai naturellement un doute. est-ce vrai, est-ce possible?

    Car cette version me gène. Quand la finance fait de faramineux bénéfices, le livret A de mon petit ne fait aucun bond. Mais quand la finance s’apprête à se casser la figure, on vient m’expliquer que les livrets, les assurances-vie et autres seront les grands perdants.

    Quelqu’un pour m’expliquer cette pirouette, très classique je vous l’avoue? Ou est-ce encore la mutualisation des pertes et la privatisation des bénéfices en pleine action…?

    merci d’avance.

    1. Je crains en tout cas que les futures crises nerveuses des petits et grands épargnants nous révèlent une grande perdante : la Démocratie. Fini les pirouettes et les cacahouètes.

  2. Le Royaume Uni serait attaqué sur les marchés pour la première fois selon cet article de zero hedge.
    Rumeurs de démission du premier ministre en Espagne.L’avenir de Berlusconi incapable de réagir à la crise semble aussi plombé.Sans compter le méga scandale Murdoch qui s’approche de plus en plus de D Cameron….les rats quittent le Titanic semble t’il?

    Sigma X Trading Suggests European Contagion May Be Shifting From Italy To The UK.

    http://www.zerohedge.com/article/sigma-x-trading-suggests-european-contagion-may-be-shifting-italy-uk

    http://www.zerohedge.com/article/europe-imploding-again-greek-two-year-note-yield-surges-213-bps-record-3519-more-italy-stock

  3. J’aimerais tant parfois moi aussi rassurer la plupart de nos investisseurs,

    Oh vous avez vu, l’indice de la méfiance a encore fortement augmenté partout, c’est sur ma brave petite dame, il y a vraiment de quoi se frapper le coeur, si par exemple les choses ne devaient pas toujours se dérouler comme prévu, oui pourquoi autant d’inquiétudes grandissantes et palissantes autour de la dette américaine, mais faut pas, ce n’est peut-être qu’un autre petit mauvais moment à passer pendant les vacances,

    Oh j’aimerais tant pouvoir moins peser sur le moral de nos investisseurs, hélas j’ai beau y faire en matière d’économie ou de montage, je me rends bien compte qu’à force cela ne le fait pas plus chez moi com en matière d’assurance vie pour le monde.

  4. 1. Dans les grandes crises, y compris pour financer les guerres, il a fallu recourir aux emprunts exceptionnels.
    2. L’Europe pèse plus de 1/4 de l’économie mondiale, soit un peu plus que les USA.

    L’on n’échappera pas plus à la restructuration des dettes qu’à un immense emprunt solidement garanti par les Etats.
    Il convient donc, pour américains et européens, de se placer au mieux face au marché. A ce petit jeu, l’Europe part, sinon gagnante, du moins placée, grâce à la politique de la BCE ou encore son meilleur taux d’épargne. Les USA, avec les Q.E. et leurs ménages surendettés, ont des boulets aux pieds.
    Le débat aux USA sur le plafonnement de la dette est à examiner aussi sous cet angle.

    Reste que le pilotage de cette opération revient à stopper le paquebot de la dette, filant gaillardement sur son erre, sans stopper les machines. Dur, dur sans lessiver personne.

    1. Petite questions d’un ignorant mais neanmoins curieux : la restructuration de ces fameuses dettes comprend la denonciation de dettes non justifiees issues du grand casino financier ? ou doit t’on juste accepter de payer, peu importe le pourquoi et le comment et a qui ? parcequ’au final c’est le cretin de base comme moi qui doit payer ?
      Pourquoi ne doit on pas lessiver ce petit monde du haut de la chaine alimentaire, puisqu’ils sont le haut de la pyramide c’a fait moins de linge sale a laver ? ceci n’est pas une crise de plus c’est LA crise, alors tant qu’a remettre les pendules a zero pourquoi ne pas y aller a fond ?

      1. Le concept de « dette odieuse » répond à cette question. Doivent être annulées les dettes contractées – Sans l’accord des peuples
        – Si elles ont servi à financer des projets inutiles pour les peuples
        – Si le prêteur était complice (remboursement impossible, affectation du prêt,…)

        Il y a donc aussi de la dette odieuse en Europe (Soutien politique et financier contre achat d’armement,…).

        Un audit permet déjà ce 1er tri qui n’est pas limitatif.

  5. En tous cas, c’est bien beau tout ce que vous nous dites régulièrement Mr Jorion et Mr leclerc, mais cela ne me dit toujours pas comment mieux faire fructifier mon propre portefeuille ?

    J’aimerais bien moi aussi n’avoir qu’un seul but et faire des profits partout. Pouvoir par exemple quadrupler ma mise sur 10 ans ou 5 ans, pouvoir continuellement accumuler et accumuler toujours plus de gains sur terre à deux ou trois chiffres, ha si seulement je pouvais moi aussi pouvoir bénéficier d’un meilleur professionnel de la finance à mes cotés pour mes vieux jours.

    Mais quel beau métier je trouve à montrer principalement aux enfants les plus affamés de la terre.

  6. plaie d’argent n’est pas mortel-perdre son argent ne fait pas mourir comme le cancer mais encore fau t il pouvoir se soigner si on en souffre-

  7. Finalement laisser les banques sombrer n’est-ce pas le fusible le plus logique.
    Les dettes restent pour ceux qui savent rembourser, pour les autres le colatéral est liquidé.
    Les épargnants perdent une partie de leurs économies en fonction de leur créance ( un bon de caisse au nom de la banque passe après un compte courant) ce qui est de toute façon la seule porte de sortie. Les politiciens pouront être reélus car ils ne sont pas responsables de la faillite, au contraire,ils n’endettent pas plus leurs administrés.
    N’oublions pas que transformer une dette privée en dette publique c’est monter d’un cran l’état à des moyens de faire payer les citoyens que les banques n’ont pas.

  8. Bonjour à tous.

    J’ai juste trois questions (merci à Paul ou François de me répondre):

    1) Lorsque l’on parle de taux d’intérêts sur la dette souveraine (bons du trésor), est-ce que c’est l’intérêt annuel ou servi à terme? Pour être clair, sur les bons grecs à deux ans, qui sont à cette heure à 35.98%, la Grèce va-t-elle devoir payer 35.98% par an (soit deux fois), ou 35.98% à terme (soit une fois)?

    2) Le remboursement d’un CDS (c’est à dire le sinistre) inclut-il les intérêts ou ne concerne-t-il que le principal?

    3) Si l’on considère une croissance maximale de 2%/an, est-il raisonnable de demander 35.98% pour un prêt à terme de deux ans? Car en effet, s’il y a émission de dette, c’est que les rentrées ne sont pas présentes. Donc demander un tel taux met automatiquement l’emprunteur en faillite.

    Le sens de ma réflexion est le suivant:
    La croissance ne pouvant couvrir le prix de la dette (le taux d’intérêt), en quoi est-il rentable d’acheter cette dette puisqu’il est évident qu’il y aura un défaut?
    En effet, même le FESF (pioché dans nos poches) ne pourra pas couvrir l’ensemble des dettes, et des intérêts de celle-ci, des PIIGS. D’où mes questions 2 et 3…
    Qui a des nouvelles de la santé de MBIA, AMBAC, et consors?

    1. Ces taux hénaurmes, c’est une prime de risque, contre une obligation d’assurer, et ça fait du fric tant qu’on se refile le CDS comme une patate chaude. Chaises musicales, non ?
      A confirmer, ainsi que pour le reste: voyons les réponses des spécialistes.

  9. Le problème, c’est comment éviter à la fois la colère de Dr Jekyll (le créancier, petit porteur en charentaises) et celle de Mr Hyde (l’emprunteur, qui veut vivre « comme en Amérique »). Parfois c’est une seule et même personne, mais souvent c’est aussi un baby-boomer qui pratique le séjour en avion et le camping-car d’un côté, et de l’autre son descendant direct qui ne rêve dans la vie que des mêmes avantages…

  10. Troquerais contamination radio-active contre contamination financière…

    …paille de riz à 500 000 becquerels / Kg pour bourrer vos matelas contre CDS à 500 000 $ sur défaut de dettes souveraines pour bourrer les miens !

    Choisissez vos modes de capilotade, Mesdames-Messieurs, choisissez bien !!

  11. petit florilège :
    Non, non, pas acquérir; Voyager pour t’appauvrir, voilà ce dont tu as besoin

    Souviens toi. Celui qui acquiert, chaque fois qu’il acquiert, perd
    Henri Michaux

    Je constate qu’en six mois j’ai tout perdu : ma femme, ma maison, mon argent et mes jambes. Mais le plus amusant c’est que lorsque à la fin j’établis ma balance, je me trouve aussi riche qu’avant ! Je n’ai plus rien dit-on ? Non, plus rien à porter. Eh ! je suis délesté. Jamais je ne me suis senti plus frais, plus libre et plus flottant, au courant de ma fantaisie…… Finalement les choses tournent tout autrement que l’on voulait ; et c’est juste ce qu’il fallait….. Ainsi l’on est plus riche plus on est dépourvu ; car l’esprit crée ce qui lui manque L’arbre touffu que l’on élague monte plus haut. Moins j’ai et plus je suis …..

    L’argent est ce qu’on peut avoir, ce qu’on aura, ce qu’on aurait avec l’argent, tout ce qu’on rêve ; le reste, on l’a ; on ne l’a guère

    Colas Brugnon – Romain Rolland

    Derviche, dépouille-toi de cette robe peinte dont tu es si fier et que tu n’avais pas à ta naissance ! Endosse le manteau de la Pauvret ». Les passants ne te salueront pas, mais tu entendras chanter dans ton coeur tous les séraphins du ciel

    Omar Khayyam

  12. Peut on seulement imaginer autre chose de l’Apocalypse?
    Est il seulement souhaitable d’imaginer autre chose?

    Au lieu de souhaiter/attendre/rêver/prier que nos gouvernants trouvent la recette magique, qui ferait de cet Enfer un mauvais rêve, nous ferions bien de prendre nos dispositions pour le cataclysme inéluctable en cours.
    On ne peut faire mentir Shakespeare.

  13. Bonjour
    Petite question à M. Leclerc , comment se fait il que les grands groupes continuent à investir , dans un monde financier aussi instable , juste à coté de chez moi on agrandit un hypermarché Auchan et on construit et lance un nouveau magasin Leroy Merlin, qui ouvre en septembre . Je n’ai pas l’impression que le groupe Mulliez ,non coté en bourse , deuxième ou troisième fortune de France n’ai pas une certaine idée sur la crise et les risques liés à celle-ci , ils sont conseillés et pourtant ils passent outre . Ii y a un risque d’inflation ou de déflation et dans les deux cas le pouvoir d’achat en prendra un coup .Dans mon agence de com on continue à travailler comme si de rien n’était . Les commerçants continuent a investir , la com est un poste d’investissement dans la durée et à long terme pour nos clients qui m’apparaissent envisager l’avenir ,sinon sereinement du moins avec positivisme ; comment expliquer cette césure entre les financiers et les investisseurs de l’économie réelle; Et je n’ai pas mentionné le nombre d’Airbus vendus au dernier salon du Bourget
    Bien cordialement

    1. C’était exactement la même chose avant 2008-2009 ou personne n’avait venu venir la crise bancaire, en 6 mois, chômage, arrêt total de l’activité notamment dans le secteur « Pub et Com », décroissance du CA dans toutes les activités, coût d’arrêt brutal dans le bâtiment, l’industrie automobile… Les gouvernements ont réagi avec la dette en essayant de lancer en urgence l’économie. Cela a redonné de l’air ( et encore …..), fait illusion jusqu’à cet été, mais comme en 2008 personne ne veut croire que les états vont faire faillite, des gouvernements aux investisseurs et chefs d’entreprise, mais il n’y pas de porte de sortie, car le monde économique est mondialisée la Finance en premier, et nos politiques eux sont englués dans la glaise de leur pays, et ils crèveront avec nous.

    2. Quand vous êtes monté dans le train , vous y allez , mais vous ne savez pas que le pont est miné,à tout le moins vous ne pouvez pas descendre,alors vous foncez.

  14. Moi, quand j’étais plus jeune et que je devais rembourser mes découverts à la banque alors que je gagnais pas ma vie, ben je vendais jusqu’à mes CD préférés à des prix bradés… Mais je donnais un signe de ma bonne volonté à la banque. Et la banquière se montrait compréhensive. S’il faut qu’on vende jusqu’aux bijoux de famille, faisons le… L’Etat doit se désendetter.
    D’accord, les banques, certains états, ont bénéficié de la manne des intérêts de nos dettes gigantiques, profitant de notre faiblesse. Mais comment faire autrement aujourd’hui que de les rembourser? Pour ma part, je vais être au chômage dans deux semaines et franchement, j’ai bien peur que ma recherche d’emploi, infructueuse pour l’instant, ne se transforme vite en obligation de devenir serveur chez MacDo ou vendeur chez Décath, malgré mon diplôme d’HEC Paris et de la Sorbonne… Quel brin! Génération sacrifiée sur l’autel de la démagogie électorale…

    1. @Carlos
      Loin de moi l´idée d´être vexant, du moins gratuitement et par plaisir, mais faire HEC et sembler comprendre aussi mal les choses ne cesse de me laisser perplexe, même si je comprends les ressorts, je ne parviens toujours pas à décoder le mécanisme dans son ensemble, sans doute parce que je ne suis qu´un autodidacte qu´à jamais rien compris à rien, et surtout pas à l´école de l´excellence (je sais, je devrais mettre une majuscule, mais je n´y arrive pas), même si ça n´a pas toujours été consciemment.

    2. Vincent Wallon, vous êtes très respectable dans votre modération face au discours de Carlos !

      Je le suis en général beaucoup moins !

      Je comprends personnellement pourquoi notre pays va dans le mur avec des élites semblables : elles confondent la trésorerie d’un ménage avec le budget d’un État… Pauvre France !

      1. @JeanNimes

        Si je suis modéré, c´est parce que je me force à l´être. Il m´arrive à moi aussi de vraiment manquer de modération. Seulement, j´essaie de mesurer le niveau de circonstances atténuantes.

        Imaginez :
        – Vous cartonnez au primaire et au secondaire
        – Vous arrivez dans les écoles prépas
        – La première chose qu´on vous y dit, c´est « Vous êtes l´Élite de la Nation »
        – Ensuite, on vous torture avec toutes les méthodes psychologiques en vous montrant à quel point vous êtes nuls, mais z´êtes pas le seul
        – Une fois passé le truc, on vous redit que vous êtes « l´Élite de la Nation »
        – Après ça, (pour la plus part, puisqu´il semble que Carlos galère un peu, peut-être fait-il partie de ces exceptions de type courageux qui a réussit à sauter dans l´ ascenseur social malgré ses portes guillotines s´ouvrant et se fermant à 50 Hertz et que du coup, il lui manque le réseau dont bénéficient ceux qui étaient déjà sur la terrasse soleil/balnéo/spa/sauna…du building) , après ça disais-je il accède à des fonctions telles que la gestion de fortune ou de ressources humaines ou de direction, … toutes grandes pourvoyeuses de pouvoir et d´argent. Alors, oui, il fait bien partie de l´Élite, il fini par y croire. Il y est arrivé au prix d´un grand effort.

        Cela ne doit pas aider à ne pas vénérer l´effort, fut-il vain ou toxique, et surtout, ça ne doit pas aider à comprendre ou au moins tolérer les faiblesses des autres.

        Un peu caricatural, je ne fais qu´imaginer, ne l´ayant pas vécu. Si un ancien X ou Centrale, ou ScPO, ou … me rentre dans le lard, qu´il le fasse avec des arguments et je serai mieux informé.

    3. @ JeanNimes 20 juillet 2011 à 22:21

      Sans vouloir vous vexer, je me demande si vous n’êtes pas celui qui fait une confusion en confondant comparaison et confusion. Carlos, dans un souci didactique, compare son comportement vertueux de jeune désargenté, mais néanmoins responsable et respectable, au comportement irresponsable et condamnable des hommes politiques qui, pour se faire élire ou réélire, se refusent à rembourser les dettes d’Etat qu’ils ont contribué par, faiblesse et laxisme, à rendre insoutenables.

      @ Vincent Wallon 22 juillet 2011 à 16:04

      Il ne faut donc pas être sévère à l’égard des élites, ces têtes de classement qui en « cartonnant » dès le primaire et le secondaire se distinguent de ceux qui, pour certains, pourraient mieux faire, mais se laissent vivre. La loi du moindre effort, de la moindre volonté, on se l’autorise en début de vie parce que les parents trop laxistes sont là pour financer. Ces enfants gâtés ont été très nombreux dans les générations nées à l’après guerre. Il n’est donc pas étonnant, qu’une fois adultes et aux affaires, la tendance générale ait été influencée par un comportement global visant à reporter à plus tard les efforts qu’il aurait été bien plus sage et bien moins coûteux de fournir au plus vite.

      En roulant les dettes, on engraisse délibérément les créanciers et, comme ça n’est pas glorieux d’être le perdant, le dindon de la farce, pour tenter de se donner bonne conscience, il ne reste qu’à critiquer et à désigner à la vindicte populaire les créanciers, les banquiers, les actionnaires, les marchés, comme de vilains exploiteurs.

      Quand on ne s’astreint pas à bien gérer sa vie dès le plus jeune âge, puis à bien gérer le budget du ménage, on est tout à fait préparé à voter pour ceux qui sont prêts à gérer de la même manière et par délégation, le budget d’un Etat.

      Nous en sommes arrivés là dans certains pays de l’ Europe occidentale. C’est devenu insupportable de poursuivre dans cette voie. En effet, cela devient impossible, surtout à cause des pertes de richesse qu’entraînera inévitablement le renchérissement du coût d’accès aux matières premières, notamment de l’énergie. Cela pose un grave problème moral aux générations des baby boomers qui, en l’état actuel, laissent une lourde ardoise à leurs descendants.

      1. …celui qui fait une confusion en confondant comparaison et confusion

        Confondre la confusion est en effet confondant !

      2. @jducac

        Une fois de plus, vous ne faites pas dans la nuance.

        Le népotisme, ça vous dit quelque chose?? Vous croyez vraiment que toutes les « élites » ont bossé plus que les autres?

        Je sais que vous n’aimez pas que l’on vous lance des références, mais un petit tour du côté de Bourdieu et la reproduction des élites vous ferait le plus grand bien. Peut-être y abandonneriez-vous votre vision angélique qui me fait penser, à vous lire, à celle de ceux qui croient encore aux marchés et à l’information parfaite.

      3. @jducac

        Franchement, je m´étais juré de plus m´intéresser à vous, de vous ignorer complètement. Si vous saviez le nombre de fois où je me suis auto-censuré à votre sujet. Je crois que Julien n´a jamais eu à modérer un de mes messages vous étant adressé. Peut-être celui-ci le sera-t-il ?
        Si j´ai pris cette décision de ne plus vous répondre (pas de volonté puisque je craque de nouveau ici), ce n´est pas que je renie le dialogue nécessaire entre différents points de vue, c´est juste que je ne peux que constater que depuis au moins 2 ans, vous n´avez jamais bougé d´un iota dans votre discours. Les centaines de pages que vous avez produites, peuvent se résumer à un truc du genre :

        Toutes et tous faites comme moi, travaillez énormément, consommez peu, amassez un tas d´or (à prendre au sens richesse au sens large, y compris ressources) en cas de coup dur ou pour les descendants et aussi et surtout respectez les traditions des grands anciens et des religions. Faites le dans le respect des ressources de la planète et dans le respect de chacun

        Je peux comprendre que ce raisonnement vous semble cohérent et sympathique pour un projet de société. Il semble bien attentionné, permettant une harmonie durable. Mais essayons de le détailler un peu.:
        « Toutes et tous faites comme moi »
        Ben je ne doute pas que vous soyez satisfait de votre vie, et je m´en réjouis profondément pour vous. Mais il se trouve que je suis pour la diversité, que je ne déteste pas ma vie, j´en suis plutôt satisfait même si j´avoue d´énormes coups de blues et des périodes de remises en cause profondes qui sont des passages difficiles mais extrêmement enrichissants (s´ils ne vous tuent pas). Pour autant, je ne demande à personne de faire comme moi, je suis (du verbe suivre ou être) mon chemin, je tente d´expliquer pourquoi, à moi même et aux autres. Si ce que je dis ou fais peut de temps à autre être utile à quelqu´un, je suis satisfait. Si ce que je dis ou fais peut être nuisibles à quelqu´un , je souhaite en prendre conscience et corriger mes réflexions ou mon comportement.

        « travaillez énormément, consommez peu, »
        Ben là, vous nous préparez le rêve de Marx, la pire crise de surproduction du capitalisme. Sa mise à mort. Si vous n´avez pas compris que Capitalisme et sur-consommation croissante sont indissociables, après tout ce temps sur le blog et surtout à 75 ans, je ne peux rien pour vous. désolé.

        « amassez un tas d´or (à prendre au sens richesse au sens large, y compris ressources »
        Là, je suis tout à fait d´accord, il est absolument indispensable d´amasser des richesses (au sens large) pour prévoir les coups durs de l´avenir. Je diverge cependant sur la confusion que je crois que vous faites entre richesse et moyen d´exercer un pouvoir économique (l´OR). Je sais que vous n´y voyez aucun mal et que vous attribuez ce pouvoir à votre seul mérite. Vous pensez par ailleurs être juste avec les personnes sur lesquelles vous exercez ce pouvoir. Je ne doute pas que vous vous y efforciez et même que vous y parveniez souvent. Par contre, il faudra que la personne mérite cette justice que vous lui accordez du haut de votre grande bienveillance. Il faudra qu´elle se comporte en conformité avec votre façon de vivre. Il faudra qu´elle travaille beaucoup et consomme peu …. blablabla Sinon, le bras vengeur de la justice immanente frappera l´inconséquent de misère et de mille maux jusqu´à ce qu´il comprenne comment bien se comporter.

        « respectez les traditions des grands anciens et des religions »
        Ben, j´veux bien respecter des traditions qui ont fait leurs preuves. Les trucs comme tu ne tueras point, ça me cause, et ça me semble vraiment bien en effet. Par contre, des trucs comme tu ne porteras pas de capote, ou bien ta femme à la cuisine sera et enfantera, … vous voyez le genre, ben là, je me bagarre un peu contre.
        L´histoire de l´humanité est faites de progrès, d´erreurs, de reculs, d´expériences, de succès, …, alors les règles à suivre, on les écrit en permanence, tous ensemble et s´il est impératif de tirer des leçons du passé, il ne me semble pas opportun de rechercher les solutions du passé, du moins pas sans ajustements importants.

        « Faites le dans le respect des ressources de la planète et dans le respect de chacun »
        On ne peut qu´être d´accord. Rien de tel qu´une lapalissade pour emporter l´adhésion.

        Je peux me planter complètement à votre sujet, mais votre discours ainsi que quelques uns de vos débordements écrits ici même sur ce blog (je ne les ressortirai pas car contrairement à vous, je ne fais pas de fichier sur les différents contributeurs du blog) m´inquiètent quant à votre capacité à céder face au totalitarisme.
        Je ne peux que vous demander de penser à vos enfants et aux enfants de vos enfants et d´étendre cette pensée à tous les pères du monde.

        Voilà, jducac. Ici se séparent peut-être nos chemins, nous verrons… bonne route à vous, sincèrement.

        NB: l´usage des  »  » ne signifie pas d´authentiques citations mais des tentatives de résumé avec des raccourcis potentiels dont je suis prêt à discuter, mais pas trop longtemps tout de même, je connais votre capacité de polémiqueur en rond et j´avoue ne pas avoir le temps, ou plutôt, j´ai mieux à faire.

    4. @ FOD 22 juillet 2011 à 22:26

      Je sais que vous n’aimez pas que l’on vous lance des références, mais un petit tour du côté de Bourdieu et la reproduction des élites vous ferait le plus grand bien

      Bonjour FOD, heureux de vous retrouver.

      N’hésitez surtout pas à me signaler les références qui vous semblent utiles de me faire connaître. Je peux éventuellement m’y référer et de plus, accessoirement, cela vous donne l’occasion de montrer notre grande différence culturelle. Cela vous fait plaisir et cela ne me gêne nullement. Alors, ne vous en privez pas.

      J’avoue, qu’à 76 ans et depuis longtemps, combler mon manque de culture générale ne me préoccupe pas. De tout temps, le plus important m’a semblé être de bien comprendre, pour agir le plus utilement possible. C’est tout autre chose que de laisser croire, grâce à de volumineuses connaissances enregistrées plus qu’assimilées, qu’on peut agir sans forcément comprendre, en se contentant seulement de citer tel ou tel grand nom qui s’est exprimé sur un sujet.

      Dans ce dernier cas, très souvent certains puits de sciences font illusion pour un temps et, à terme leur inefficacité apparait au grand jour, concrétisée par des échecs qui apparaissent aux yeux de tous, y compris des moins cultivés, comme la marque d’une médiocrité dissimulée sous une grande culture, finalement inutile et trompeuse pour tous, y compris pour ceux qui la porte et qui en sont souvent prisonniers. A la rigueur, cela peut suffire à ceux qui ont à charge de transmettre ces cultures, à condition que cela ne soit pas orienté, ce qui n’est pas souvent le cas.
      http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/03/04/un-imbecile-qui-marche-ira-toujours-plus-loin-qu-un-philosophe-assis_1313996_3232.html

      Fort de telles expériences, en m’exprimant et en échangeant sur ce blog ou ailleurs, je ne cherche qu’à comprendre mes congénères, non leurs maîtres, et à me faire comprendre afin d’aider, si possible à l’aplanissement des divergences de vue. Pour être efficace, il m’a toujours semblé préférable d’exprimer franchement ce que je pense afin de susciter en retour des réactions aussi nettes que possible de la part de ceux qui ne partagent pas mes vues.

      Bien évidemment, cela conduit souvent à aborder les sujets sans grandes nuances. En les campant franchement, en se focalisant sur l’essentiel, je souhaite ainsi les approfondir progressivement grâce aux échanges croisés d’arguments et de contre arguments. Je ne souhaite pas échanger avec un pseudo Bourdieu, une voix de son maître.

      Il me semble de loin préférable d’échanger avec FOD lui-même. Hélas, vous me donnez l’impression de n’intervenir qu’en vous protégeant derrière quelqu’un d’autre -Julien Alexandre- pour ce qui est des « nuances », ou bien -Bourdieu- pour ce qui est des « élites ». N’existez vous pas, par vous-même ?

      Je finis par m’interroger quand j’attends toujours une réponse à une question très personnelle que je vous ai posée ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=25225#comment-195384

      Rassurez-moi en me disant que je n’ai pas tort.

      J’attends votre réponse ou vos contre arguments.

      Pour ne pas fuir moi-même un sujet auquel vous semblez tenir. Voici ce que je pense du peu que j’ai lu sur Bourdieu -sans avoir lu quoi que ce soit de lui- je le tiens de la lecture des sites suivants :
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociologie_des_grandes_%C3%A9coles
      http://www.denistouret.fr/ideologues/Bourdieu.html
      http://www.lefigaro.fr/livres/2008/05/22/03005-20080522ARTFIG00439-bourdieu-reconnaitra-les-siens-.php

      Je prends Bourdieu pour un idéologue ultragauchiste, qui a voulu s’attaquer à la dominance, donc aux inégalités que je considère, moi, comme inévitables -un donné, disent certains-

      Issu du pas peuple -tout comme moi, sans que j’aie atteint son niveau dans les élites- et alors qu’il a intégré une certaine élite, il a contribué à décourager ses semblables de même origine sociale à se lancer dans l’ascension sociale. Au prétexte que tout est pratiquement réglé par avance. Il a craché dans la soupe qui l’a pourtant fait grandir, comme c’est souvent le cas dans les attitudes 68ardes. Il a ainsi incité, en tant qu’anticapitaliste probablement animé d’intentions pures, à la lutte des classes, ce que je condamne. Il a développé des idées à la mode à une autre époque et ne semble pas avoir pu tenir compte des revirements spectaculaires et cinglants qui sont intervenus dans l’ex URSS, les pays de l’Europe de l’Est, la Chine et d’autres.

      Leurs élites d’hier, qui devaient prôner peu ou prou les mêmes idées que Bourdieu ont radicalement, pragmatiquement, et intelligemment changé leur vision pour adopter les règles et modes d’action du monde capitaliste afin de permettre à leurs pays de combler leurs retards.

      En final, il a probablement contribué à braquer à l’opposé de leurs propres intérêts, et des intérêts de leur pays, une partie des jeunes qui auraient pu connaître une vie plus positive, orientée vers le dépassement de soi, la progression, l’harmonie et le bonheur, en dépit des différences de situation, qu’on a tout intérêt, pour le bien de tous, à faire admettre comme pratiquement inévitables.

      Bien cordialement, malgré quelques rugosités.

    5. @ Vincent Wallon 23 juillet 2011 à 10:47
      Cher Vincent Wallon, merci d’avoir su vaincre vos réticences ! Les échanges sont maintenus, donc les possibilités de profits que l’on peut en tirer, aussi.

      Si j´ai pris cette décision de ne plus vous répondre (pas de volonté puisque je craque de nouveau ici), ce n´est pas que je renie le dialogue nécessaire entre différents points de vue, c´est juste que je ne peux que constater que depuis au moins 2 ans, vous n´avez jamais bougé d´un iota dans votre discours

      Vous n’avez pas tort de souligner la permanence de mon discours. Si je peux le tenir dans des espaces où la contestation est possible, c’est que les faits locaux où planétaires, qui s’inscrivent au fil du temps qui court, ne viennent pas me démentir et rendre ma position impossible à défendre. Tant que je peux argumenter mes prises de position, soumises à la critique de tous, pourquoi voudriez-vous que je change d’avis ? Tant que des contradicteurs ne sont pas en mesure de démolir les arguments que j’avance, en apportant à la face de tous des preuves de mes possibles erreurs d’analyse ou de raisonnement, pourquoi devrais-je changer ma façon de voir ?

      Je conçois que cela puisse gêner, agacer-même, ceux qui ne partagent pas mes vues. Mais est-ce une raison pour que je change mon discours ?

      Mon frère auto déclaré sur ce blog, le grand Vigneron, a depuis longtemps identifié le mécanisme de ce qu’il a appelé un couteau suisse à partir duquel j’aborde et répond à la plupart des questions. Est-ce une raison de rejeter l’usage de cet outil universel, dès lors qu’on peut l’employer dans de très nombreux cas et qu’il est simple et donc peu coûteux ?

      Heureusement qu’on n’a pas voulu condamner les informaticiens parce qu’ils font essentiellement usage de 0 et de 1 et qu’avec un outil aussi simple que cela, utilisé à l’infini, ils ont été capables de s’attaquer aux problèmes les plus complexes, pour le bien de tous, sauf des emplois qu’ils ont supprimé. Je n’en suis pas là.

      Courageusement et positivement, vous vous employez à démonter l’instrument.

      « Toutes et tous faites comme moi »

      C’est ce que vous retenez de mon discours même si, en réalité, il me semble dire le plus souvent « voila ce qu’il convient de faire » « voila ce qui aurait dû être fait » et je m’emploie le plus possible à en donner les raisons que je tire d’expériences personnelles, ou de faits qui se sont réalisés dans le passé ancien ou présent. Parfois, pour bien me faire comprendre, je vais jusqu’à écrire une histoire pour expliquer le mécanisme fondamental, simple et répétitif, (couteau suisse) du capitalisme.

      Avant de fréquenter ce blog, comme tout le monde, j’ai vécu dans le champ d’action du capitalisme. Je l’ai bien servi et j’ai fait, comme tout le monde, du capitalisme sans le savoir, mais je ne m’étais jamais interrogé sur le pourquoi et le comment du processus qui, là encore est simple et se répète à l’infini.

      Alors, parce que cela ne me coûtait rien et que cela pouvait être utile aux autres, j’ai écrit une robinsonnade pour illustrer ma compréhension de ce mode d’action universel. Je l’ai livrée aux critiques du blog, personne ne l’a démolie. Au contraire, un intervenant a même voulu se l’approprier. J’en ai donc déduit qu’elle tenait la route, ce qui ne m’a pas amené à la réviser. J’y faire souvent référence.

      Je n’impose mes vues à personne, je les livre à la critique et éventuellement à l’usage de ceux qui peuvent y trouver de l’intérêt. J’ai atteint mon objectif si ce que j’avance introduit le doute dans la certitude de ceux qui n’ont pas mon point de vue et qui, à partir de là, devraient normalement être amenés à s’interroger sur la validité de leur propre position, surtout s’ils ne sont pas en mesure de démolir la mienne.

      Mais cela oblige à une grande honnêteté intellectuelle, qualité essentielle pour bâtir des « projets fiabilisés » grâce à ce que permettent les analyses critiques diversifiées. Le blog de Paul Jorion, ouvert et non sectaire, offre cette possibilité.

      Ayant pratiqué ce type de travail collectif d’assainissement des projets, sous une autre forme, dans le domaine industriel-cela se fait dans l’aéronautique, le spatial, le nucléaire, le militaire, et ailleurs- je la pratique ici en l’adaptant au blog.

      Contrairement à vous, je n’ai jamais proposé ici de billet sur un projet, qu’à mon âge il serait déraisonnable de vouloir porter.

      Par contre, professionnellement, j’ai eu la chance de me voir confier, et de le mener à bien, des projets dont certains conditionnaient la réussite de mon pays et de l’Europe dans des secteurs de technologie avancée. Cela se passait il y a une trentaine d’années et j’ai le plaisir de constater, encore aujourd’hui, les retombées positives des actions que j’ai pu conduire, en collaboration avec d’autres, au sein de grands programmes qui se concrétisent par des réussites au plan mondial.

      En partant de cette expérience de réalisation concrète, au sein d’une compétition mondiale, j’interviens bien plus modestement sur le blog sous forme de « contres constructifs » qui ne sont pas toujours reçus positivement. De la sorte le contour de ce que je pense, pourrait finir par réunir l’ensemble des objections que j’ai formulées et qu’on n’a pas pu me démontrer comme étant fausses. C’est ce qui amène notre hôte à me voir comme le défenseur de « l’antithèse ».

      C’est peut-être pour cela que la collaboration que je vous ai offerte dès le départ de votre projet, vous a effrayé. S’il avait été suffisamment solide dans votre esprit, je pense que vous l’auriez poursuivi. Cela viendra peut-être et j’y apporterai ma sincère et complète collaboration. Non pour le démolir, mais pour le rendre plus fiable.

      « travaillez énormément, consommez peu ……..»

      Désolé, mais rien ne prouve que Marx avait raison, puisque vous l’évoquez. C’est plutôt le contraire qu’on observe là où ses thèses ont été appliquées. Elles ont fait naître des modes d’organisation dans des structures économico-politiques regroupant des millions de personnes et qui, devant les retards qu’elles ont accumulé au bout de 70 ans d’endoctrinement, se sont résignées à changer radicalement leurs vues pour adopter les modes de fonctionnement auxquels elles s’opposaient. Je salue leur courage, leur honnêteté intellectuelle, leur pragmatisme.

      Ne l’avez vous pas vu ?

      Il est vrai que lorsqu’on a conditionné des millions de personnes à ne voir que le contraire, c’est difficile de les sortir du dogme dans lequel des théoriciens – qui pensent mais n’ont jamais rien fait de concret-ont voulu enfermer les peuples et les asservir.

      Prenez votre liberté d’esprit et voyez ce qui s’est passé et se passe sous vos yeux. Notez les faits et les changements et soyez logique dans la construction de vos certitudes.

      « Travailler beaucoup et bien, tout en consommant le moins possible » est ce qui a permis à mes ancêtres et à moi-même, partant de conditions plus que modestes, d’améliorer notre situation sociale sans porter tort à quiconque. C’est un précepte qui me semble valable en situation de croissance comme de récession et aussi dans les situations où il s’agit de survivre. Car, ça n’est pas quand il y a moins de travail qu’il faut travailler moins. Non, il faut travailler plus pour moins cher afin de produire encore là où les autres étouffent leur économie.

      Voyez ce que l’Allemagne a fait depuis 10 ans. Voyez ce que la Chine et d’autres pays en développement font. Pensez-vous que c’est en faisant une politique basée sur la consommation qu’on peut s’enrichir, accroître ses ressources, alors qu’on manque de ressources non renouvelables pour assurez sa survie ?

      Non, si l’on sait voir les choses en face, le capitalisme n’est pas la consommation et la surconsommation. C’est le contraire. Ce que vous dites, c’est ce que les anticapitalistes veulent faire croire. Le capitalisme n’est rien d’autre que la gestion et l’exploitation de ressources. Le problème c’est de se les approprier, sous quelques formes qu’elles peuvent être. Il faut arriver à cela, même quand on en n’a pas, et y arriver sans déroger à la morale universelle sans laquelle il ne peut y avoir d’humanité.

      C’est ça le bon capitalisme. Celui qui s’adapte en permanence à l’évolution du monde tout en respectant l’espèce humaine et celles qui lui sont associées. Je vous souhaite d’arriver à le comprendre avant l’âge de 75 ans.

      « amassez un tas d´or (à prendre au sens richesse au sens large, y compris ressources »

      Nous ne possédons pas 1 gramme d’or hormis celui contenu dans les quelques bijoux que possède ma femme.

      « Vous pensez par ailleurs être juste avec les personnes sur lesquelles vous exercez ce pouvoir » dites-vous.

      En situation de retraité, je n’exerce de pouvoir sur personne hormis le pouvoir de faire travailler et vivre les gens que je paie avec l’argent que je dépense pour vivre. Cet argent provient de ceux qui, par leurs revenus paient des impôts et charges, lesquelles alimentent les caisses de retraites et de protection sociale auxquelles j’ai moi-même cotisé.

      Par contre, c’est vrai, durant la majeur partie de ma carrière, j’ai exercé un pouvoir d’encadrement hiérarchique sur des personnes grâce au capital que je me suis constitué « au mérite ».
      Si j’avais connu et observé les déclarations d’un certain Bourdieu, je serais resté un modeste mais très respectable ouvrier ajusteur. Dans un milieu où j’aurais peut-être subi une influence anticapitaliste doctrinaire, sans argument à faire valoir pour montrer sa nocivité.

      Il s’est trouvé que je pouvais faire plus et mieux qu’un travail d’ouvrier ajusteur, grâce à une certaine détermination et à des efforts personnels que d’autres n’ont pas faits alors que les voies empruntées leur étaient aussi offertes. Sans cela, j’y aurais perdu personnellement sur tous les plans. Mes communautés d’appartenance, nationale et européenne n’auraient pas bénéficié de ce que j’ai pu apporter à des niveaux d’action supérieurs.

      J’ai surtout exercé un pouvoir d’entraînement, d’animation, de sensibilisation et de management, à la recherche de vérité, de qualité et d’efficacité, dont les programmes auxquels j’ai participé avaient un impératif besoin pour réussir.

      « respectez les traditions des grands anciens et des religions »

      En traduisant ainsi, vous faites une erreur de décodage de ce que je dis et veux faire comprendre. Je dis qu’il faut tenir compte des longues lignées de ceux qui nous ont précédés, pour au moins deux raisons principales.

      1-Nous leur sommes redevables car nous leur devons d’avoir pu vivre. En dépit des erreurs qui ont pu être commises antérieurement, ils nous ont permis de naître et de devenir adultes pour prendre le relais et jouer notre rôle de perpétuant. Ce qui ne veut pas dire un rôle de recopie à l’identique. Ils se sont souvent donné beaucoup de mal pour que l’humanité aussi imparfaite qu’elle soit, arrive à s’extraire de l’animalité et de la barbarie qui la guette. C’est ainsi faire preuve d’humanité et de solidarité morale à l’égard des générations passées qui ne doivent pas compter pour rien, au contraire. Elles méritent notre gratitude bien plus que l’ingratitude dont un bon nombre de 68ards, matérialistes, individualistes, égoïstes pur jus, font encore preuve de nos jours, 40 ans après leur crise juvénile collective.

      2-Les vies de nos prédécesseurs et les faits qu’elles ont engendrés ou enregistré, constituent un formidable champ de données qu’il convient de regarder comme un capital d’expériences collectives, une ressource de grande valeur pour en tirer des leçons sur l’évolution de l’humanité et les tendances de fond qui la supportent. C’est notre richesse spécifique d’humains qui nous permet, en transformant des faits matériels antérieurs en données immatérielles précieuses, de nous appuyer sur des éléments que probablement aucun autre être vivant sur terre n’a été en mesure de collecter et d’exploiter pour guider son évolution avec autant de rapidité. Ceci a été rendu possible grâce à des inventions spécifiquement humaines, le langage parlé, l’écriture, les échanges, notamment commerciaux, la culture de l’imitation et du dépassement etc…

      Nul ne peut nier que les religions aient joué un grand rôle dans nos civilisations. Certes elles ont conduit à des erreurs, mais ça n’est pas une raison suffisante pour les négliger et ne pas tenir compte de leurs apports positifs dans le domaine de l’humain. Il vaut certainement mieux les amener à se s’adapter, à se fédérer, à se fondre et à évoluer dans la société plutôt que de les condamner en bloc, en les stigmatisant et en les conduisant à des extrémismes de désespoir.

      « Faites le dans le respect des ressources de la planète et dans le respect de chacun »

      Je suis heureux de constater notre accord sur ce point. J’espère que cela vous réjouit autant que moi de constater que malgré des divergences de vue sur certains points, nous pouvons nous rejoindre sur d’autres. Du travail reste à faire pour résoudre en les argumentant et les justifiant les divergences qui subsistent dans les autres domaines. Je ne pense pas qu’à moins d’un miracle nous puissions y arriver plus facilement en travaillant peu et mal tout en consommant beaucoup……

      Quant au totalitarisme, il n’est pas ma tasse de thé, même pour ce qui concerne l’écologie et l’humanisme. Je suis pour la compétition des idées et la recherche de l’unité, de l’association, par leur fusion raisonnée. C’est pourquoi je me sens démocrate et libéral, tout en ne négligeant pas les faiblesses qui peuvent résulter de mises en commun. Dans certaines circonstances, loin de tout résoudre, les mises en commun accroissent les dérives, notamment si l’on ne prend pas des dispositions pour prévenir les risques qu’elles présentent.

      Rassurez-vous, je ne tiens pas une fiche pour chacun de ceux auxquels je m’adresse. J’enregistre seulement dans un journal personnel – quand je n’en oublie pas- l’ensemble de mes interventions ainsi que le pseudo et la date de ceux auxquels je m’adresse. Je recherche ensuite en feuilletant ce journal tout en utilisant les fonctinnalités du blog. Si j’étais plus doué en informatique, j’aurais organisé mon journal en base de données. Je vous conseille, vous qui êtes jeune, de faire mieux que moi, si vous voulez améliorer vos performances et exploiter les insuffisannces qu’un de vos anciens reconnais sans honte.

      J’ai eu d’autant plus de plaisir à vous répondre, que vous aviez vous-même fourni un très louable effort pour clarifier et ordonner les sujets de désaccord afin de m’amener à me faire mieux comprendre.

      Je vous en remercie bien cordialement, en vous demandant d’excuser mon retard à vous répondre.

  15. le post est bien dans le ton et l »aperçu du moment , c’est ….pathétique .
    Ne conviendrait-il pas cependant de garder un peu de reserve . Le 2 aout US va déboucher sur un compromis , probablement , pareil pour la Gréce . Nous allons connaitre ensuite des rebondissements encore plus haut : le vote du budget US çà va étre encore plus chaud , beaucoup plus ; et les dettes des autres PiGS aussi .
    Mais çà c’est encore rien , le people vient juste de découvrir la partie émergée de l’iceberg , les produits dérivés dont ils ignorent encore l’existence sont puissance 10 fois tout çà .
    Il faut nous réjouir que Bernanke n’est pas encore atteint le fond de la trappe à liquidité , parce
    qu »aprés c’est l’hyperinflation . L’hyperinflation faut préciser , çà va venir par les matiéres premiéres , le tangible , plus concret encore : la nouriture , les médicaments , l’essence , le fioul , etc …Tout ce qui est indispensable . Il me faut ici rappeler une vérité élementaire , pourquoi l’or au travers des siécles a servi de base à la monnaie ? Parce que l’or ne sert à Rien et que çà se conserve , tandis que stocker du blé par ex , çà affame la population .
    Comme les pays Arabes , pauvres en matiéres alimentaires , et en reserves viennent d’en faire l’amére expérience , encore n’est ce qu’une premiére alerte .

  16. de mon expérience:ces années passée les banques ont prétées à tout va sans trop se pérocupper -suffit d’etre garanti ou épaulé ou sous traitant d’une ent du cac 40-sutrout dans l’immobilier d’affaire-par le biais de sci on emprunte et le loyer couvre l’emprunt-si ça dure 2 ou 3ans c’est toujours ça de gagné-faudrait que l’immobilier s’écrase vraiment pour que l’actionnaire sci ne retrouve pas ses billesl- et il n’aura rien payé de ses deniers personnels- les lois sont faites pour les dominants et ils sont bien informés-et ont bénéficié des conseils depuis plusieurs générations de leur pere et mère dans le bain comme eux.

  17. Money, Money, Money

    « I wanted to say something about the direction of the conversation. There has been a lot of talk about real estate and mortgage and savings and credit, these issues of retirements and issues of economics, all money related stuff. The important thing to keep in mind is, this is probably all going to collapse, it is all going to go away. When that happens money will become completely irrelevant, but not only that, but even the various type of precious commodities will be really hard to trade. The entire financial infrastructure is basically something that exists for a while and eventually won’t. And so really people should think about far more important things than money and not spend too much time obsessing about question of money. It’s just something I want to get out there because so much time is devoted to something so ephemeral. It seems like, first of all, it’s boring, and secondly, it seems like, it’s a waste of time. » – Dmitry Orlov

    #266: A black hole of debt
    http://energybulletin.net/media/2011-07-15/266-black-hole-debt

  18. Un truc curieux , c’est que le baril de petrole avait un prix constant en or , …puis il a décollé du cours du pêtrole …….La mouche a changé d’ane disait Roger Couderc .

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