MONDIALISATION, DÉMONDIALISATION, POST-MONDIALISATION, par Corinne Lepage

Billet invité

Le débat autour de la mondialisation et de la démondialisation rappelle celui sur la croissance. Il va de soi que le temps de la mondialisation heureuse chère à Alain Minc est largement dépassé, à supposer que celui-ci ait jamais existé et qu’il n’ait pas été un simple leurre destiné à dissimuler la prise de pouvoir des multinationales. Nul ne peut nier en effet que la mondialisation qui a été réalisée a conduit à des délocalisations massives, liées au différentiel de salaires et au dumping social et environnemental, délocalisations parfois encouragées indirectement par les contribuables des pays du Nord. Si ces transferts de production ont permis la croissance des pays du Sud, ils n’ont pas pour autant assuré un développement équilibré et ont largement permis des enrichissements massifs grâce à une nouvelle forme d’esclavage dans des usines fonctionnant 24h sur 24 pour des salaires de misère. Cette liberté absolue du marché, débarrassée de toute règle autre qu’une prétendue concurrence – qui n’a de pure et parfaite que le nom, s’est faite au détriment du droit des États et sans création corrélative d’une gouvernance mondiale qui défendrait une forme d’intérêt général, c’est-à-dire les droits des humains en tant que terriens (rapport à la planète), salariés (rapport au travail) et consommateurs (rapport au prix et la qualité des produits).

Pour autant, l’idée de mondialisation n’est pas à rejeter en totalité, et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la mondialisation est une réalité qui peut être déplaisante mais qui est incontournable. Ensuite, certains sujets sont par nature planétaires et ne peuvent être renationalisés ou régionalisés. Ainsi, les questions climatiques, de biodiversité ou touchant aux océans et de manière plus générale macro-écologiques, imposent une vision planétaire. De manière paradoxale, on pourrait même soutenir que nous manquons de mondialisation effective et efficiente sur ces sujets, pour permettre de créer une cohérence et une synergie entre les activités et les politiques nationales et régionales. Enfin, certaines activités et services sont par essence ouverts et mondialisés; il en va ainsi de la planète internet et de l’économie 2.0 qui se met en place.

Pour autant la notion d' »économie plate » est dépassée. Celle de « frontière » reprend ses droits et surtout, celle de « proximité » redevient essentielle dans une économie décarbonée. Par exemple, dans le domaine agricole, la mondialisation apparaît comme une hérésie, source de l’abandon de l’agriculture vivrière en Afrique, de la subvention du maïs irrigué en Europe, du drame de l’élevage en Europe ou encore de la marche forcée de certains pays vers la monoculture destinée aux grands marchés internationaux. Plus encore, c’est la mondialisation qui est à l’origine de la spéculation sur la matière première agricole, de la pression pour une conversion vers une agriculture OGM, destinée par l’intermédiaire des brevets à nourrir Monsanto, et de la folie des agrofuels. De la même manière, l’émergence du concept de décentralisation énergétique qui doit permettre aux territoires de produire à terme leur propre électricité en fonction de leurs caractéristiques spécifiques donne un nouveau sens au local. Enfin, l’idée selon laquelle la production industrielle relèverait d’une économie dépassée, seuls les services étant créateurs de valeur, est elle-même aujourd’hui complètement dépassée et la reconquête industrielle est un impératif pour les pays du Nord. Dès lors, plutôt que d’aborder le sujet de la mondialisation de manière globale, sous une forme binaire du tout ou rien, il est beaucoup plus judicieux de l’aborder sous l’angle de la post-mondialisation.

Par post-mondialisation, il faut entendre la capacité d’une mondialisation sélective, à géométrie variable, qui doit être construite en fonction de la nature des activités et des sujets. Un tel modèle, de manière assez paradoxale, impose une gouvernance mondiale qui reconnaisse une organisation beaucoup plus décentralisée des marchés dans un certain nombre de domaines.

Dans ce contexte, la capacité de l’Union Européenne à créer un espace qui accepte l’idée de frontière, sans laquelle il ne peut y avoir de projet, est déterminante. Il ne s’agit pas d’un protectionnisme, au sens du XIXe siècle, qui serait destiné à protéger le marché intérieur à l’égard des tiers. Il s’agit de nouvelles formes d’organisation de l’économie du monde dans laquelle les considérations environnementales et sociales deviennent de véritables considérations économiques en ce qu’elles sont comptabilisées. Or, à partir du moment où les économies externes sont internalisées, la post-mondialisation prend tout son sens puisqu’elle repose sur un calcul économique devenu rationnel, intégrant la réalité et la totalité des coûts et des avantages.

La mondialisation, considérée comme le marché global des biens et des capitaux, mais malheureusement aussi comme celui des hommes et des biens publics, nous a conduits au gouffre de l’économie financière devenue tentaculaire et à l’enrichissement parfaitement injustifié et injustifiable des multinationales et de quelques élites qui les soutiennent. La post-mondialisation, envisagée comme un double mouvement de planétarisation – pour reprendre le mot d’Edgar Morin – en ce qui concerne la solution des problèmes globaux, et de relocalisation, en ce qui concerne les conditions de vie quotidienne, est la réponse non dogmatique à une simplification qui tourne à l’anathème, entre partisans et adversaires de la mondialisation.

Partager :

128 réflexions sur « MONDIALISATION, DÉMONDIALISATION, POST-MONDIALISATION, par Corinne Lepage »

  1. Corinne Lepage a voté « oui » au traité établissant une constitution pour l’Europe le 29 mai 2005.

    De même, Corinne Lepage était pour le « oui » au traité de Lisbonne.

    Voici un article qui se retrouve dans ces deux traités : cet article grave dans le marbre le libre-échange mondial.

    « Par l’établissement d’une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres. »

    http://consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/st06655.fr08.pdf

    On ne peut pas voter « oui » au libre-échange mondial, et ensuite venir expliquer qu’on est contre le libre-échange mondial.

      1. On peut se tromper en effet! Même si, à l’inverse de Corinne Lepage, le Francais lambda lui n’avait pas les mêmes moyens de compréhension des traités européens. Elle savait donc exactement ce qu’elle faisait.
        Aujourd’hui, Mme Lepage a donc entièrement changé d’avis. Or elle ne nous explique pas la raison de ce revirement ? Qu’est-ce qui a fait qu’après avoir épousé une certaine idée pendant des dizaines d’années, elle a changé?
        Je ne le vois pas dans son texte.

    1. @BA
      Il n’est jamais trop tard pour changer d’avis , surtout si le nouvel avis est plus judicieux que l’ancien.
      Perso, ce que j’ai lu dans ce billet me va bien, pour le comment, y a encore du boulot, mais on peut pas dire qu’on y réfléchi pas.

    2. On peut changer d’avis aussi;2005 c’était encore le temps de l’illusion d’une mondialisation qui profitait à l’ensemble des habitants de la planète.Je ne suis pas certain que le néologisme dé-mondialisation existait déjà même si le concept était déjà forgé.

      1. @Piotr

        En effet,je crois me souvenir qu´à l´époque on parlait de protectionnisme contre mondialisation. Dé-mondialisation a le mérite de se distinguer de protectionnisme.
        Au mieux, on parlait d´alter-mondialisme, mais cela restait trop faible.
        On peut regretter que les lignes de démarcations soient si floues et ne tiennent qu´à des mots. Mais bon, faut faire avec tout en luttant contre la novlangue.

      2. Le terme « mondialisation » m’arrive aux oreilles quand le capitalisme « global » fait son OPA sur l’internationale communiste à la chute du mur. Le rêve « américain » libéralise la lutte des classes dans un Disney Land global…… Youpi !!!! Vive les Tapis volant et les hommes en cols blancs !
        Les « alter » arrivent au même moment……
        Et Attac dix ans plus tard en 98.
        Et dix ans plus tard……….
        Paul Jorion . 🙂

    3. « Errare humanum est, perseverare diabolicum »

      J’ai moi même voté oui au référendum sur le traité de Maastricht, puis non au référendum sur la constitution de 2005.
      On peut changer d’avis au fur et à mesure que l’on voit comment les choses évoluent…

    4. À la lecture de cet article, je crois qu´on peut dire que ce n´est pas à cette Europe là et à cette mondialisation là qu´elle a dit oui. Effectivement, se tromper est possible, le reconnaître quand on s´en rend compte est indispensable.
      Madame Lepage ? Quelque chose à ajouter ?
      Je relie et vois si j´ai autre chose à dire de plus profond.

    5. BAh oui. Cependant son papier qui ne mange pas de pain n’est pas idiot… Depuis trois ans des yeux se sont ouvert… La post-m c’est la m sans la m. Pas simple… « quand le pire a ete evite, c’est necessairement faux quelque part. » bram van velde.

    6. « c’est-à-dire les droits des humains en tant que terriens (rapport à la planète), salariés (rapport au travail) et consommateurs (rapport au prix et la qualité des produits) »
      Les Droits de l’Homme, je connais. les droits des humains en tant que terrien (?!?), salarié/consommateur, c’est quoi?

      « par exemple, dans le domaine agricole, la mondialisation apparaît comme une hérésie, source de l’abandon de l’agriculture vivrière en Afrique, de la subvention du maïs irrigué en Europe, du drame de l’élevage en Europe ou encore de la marche forcée de certains pays vers la monoculture destinée aux grands marchés internationaux. Plus encore, c’est la mondialisation qui est à l’origine de la spéculation sur la matière première agricole, de la pression pour une conversion vers une agriculture OGM, destinée par l’intermédiaire des brevets à nourrir Monsanto, et de la folie des agrofuels. »

      Elle parle en fait de l’OMC et de l’UE. Pour ce qui concerne l’europe, tout peut se résumer à :
      Article 32
      Dans l’exercice des missions qui lui sont confiées au titre du présent chapitre, la Commission s’inspire:
      a) de la nécessité de promouvoir les échanges commerciaux entre les États membres et les pays tiers,
      Article 39 (tfue)
      1. La politique agricole commune a pour but:
      a) d’accroître la productivité de l’agriculture en développant le progrès technique, en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu’un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d’œuvre,
      Article 63
      1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.
      2. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux paiements entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.

      Qu’elle explique comment elle fait pour voter ce traité et s’indigner (en collant çà sur le dos de la mondialisation inéluctable).

      Lepage : « Dans ce contexte, la capacité de l’Union Européenne à créer un espace qui accepte l’idée de frontière, sans laquelle il ne peut y avoir de projet, est déterminante. »
      Pour une avocate, se tromper à se point, c’est impossible. Ou ne frontière qui ne sert pas contre le libre échange…?…

      « l ne s’agit pas d’un protectionnisme, au sens du XIXe siècle, qui serait destiné à protéger le marché intérieur à l’égard des tiers. Il s’agit de nouvelles formes d’organisation de l’économie du monde. » Ah! ben oui…

      « La mondialisation, considérée comme le marché global des biens et des capitaux, mais malheureusement aussi comme celui des hommes et des biens publics… »
      …je comprends mieux son accord avec les traités : elle est libre échangiste ; mais elle veut les avantages sans les inconvénients ; ou elle enfume son monde.

      Pour combattre les multinationales « tentaculaires », issues du libre échange, il faut…plus de libre échange. « …dans laquelle les considérations environnementales et sociales deviennent de véritables considérations économiques en ce qu’elles sont comptabilisées. »
      Pour sauver le service public le social et l’environnement, il faut les faire évaluer par le marché?!?

      La solution consiste à en appeler à :

      Un tel modèle, de manière assez paradoxale, impose une gouvernance mondiale qui reconnaisse une organisation beaucoup plus décentralisée des marchés dans un certain nombre de domaines.

      mouais…une europe infichue de s’organiser proprement…et on remet ces problèmes aux calendes grecques ; en attendant, c’est celui qu’elle proclame être son adversaire qui se régale ; et quand le capitalisme aura « organisé l’économie du monde » autour d’un centre politique, je doute qu’il laisse la place…l’OMC fait très bien son boulot.

      P.S. : « on peut changer d’avis ». pas l’impression que ce soit le cas : pas un mot sur la dérégulation, les monnaies, le mot libre échange n’apparait pas, démocratie, rien non plus…
      Acrobatique le député européen.

      1. Boooh Sylla, un peu de mansuétude, de charité, de miséricorde – au choix.
        A l’époque en 2005 elle était proche de l’UDF, avant de rejoindre Bayrou… Elle pouvait pas décemment faire trop la fine bouche devant le projet constit de Giscard et consorts.
        Par contre Monsieur Todd, lui, c’est tout seul comme un grand qu’il avait voté oui en 2005. Après avoir voté non à l’Acte Unique 13 ans avant… Tu me diras c’était peut-être cohérent avec sa prédiction de la Fin de l’Empire sorti trois ans avant – et qu’on attend toujours, va savoir, va comprendre les mobiles ultimes…

      2. Booh Vigneron c’est toi qui parle de

        un peu de mansuétude, de charité, de miséricorde

        tu l’as pour le moins sélectif.
        PS nous boirons du Chinon et du Bourgogne à ta santé et sans toi dans le Périgord, le Bergerac et le Bordeaux, c’est vraiment de la daube overpriced et puis leurs tanins çà me tanne.

      3. @Vigneron : de l’enfumage, du flou, de la promesse, de l’à côté, du de biais, et un peu d’illusion!
        Et encore, je suis de très bonne humeur!

        Mme Lepage est dans le circuit politique à haut niveau depuis au moins 15 ans, actuellement député européen.
        Une avocate experte en droit sur l’environnement.

        Quand il s’agit de voter pour l’ultra-libéralisme, elle est là ; quand il s’agit de s’y opposer, joker.
        Un élu démocrate vote il contre le résultat d’un referendum? Allons bon.
        On modifiera les traités par la suite? En pleine tourmente, on voit ce que çà donne. Hors tourmente, c’est pire : l’unanimité n’arrive que très rarement, et de toute façon, la commission ne propose que des textes libéraux, parfois rédigés pour elle…Bien sûr, pour modifier les procédures de modifications, il faut l’unanimité après l’accord de la commission. *

        A t elle changé notre député européenne…?!?
        Comme son laborieux développement de cette « post-mondialisation », le montre elle appelle a plus de marché et de libre échange: « Cette liberté absolue du marché, débarrassée de toute règle autre qu’une prétendue concurrence – qui n’a de pure et parfaite que le nom, s’est faite au détriment du droit des États et sans création corrélative d’une gouvernance mondiale. [le joker]
        « …dans laquelle les considérations environnementales et sociales deviennent de véritables considérations économiques en ce qu’elles sont comptabilisées. » ».

        ONU (c’est pourtant plus mondial et inéluctable que l’union européenne, mais non…), démocratie, droits de l’homme, redistribution, nada.
        Elle répète le mantra néo-libéral. La post-politique, la bonne gouvernance, citoyenne et tout le toutim. Je me répète : pas de liberté sans capital dans le libéralisme. Le libéralisme naïf qu’elle déploie n’est que l’avant garde du capitalisme libéral.

        De la mansuétude Vigneron…? Les maux dont elle parle n’ont pas les causes qu’elle identifie ; les solutions qu’elles proposent sont pour moi les causes de ces problèmes ; son joker : un « gouvernement mondial décentralisé ». Alors qu’on n’a même pas une UE présentable!?!
        Le métier de politique, à ce stade, c’est de l’enfumage.

        de la miséricorde?
        Elle parle de réindustrialisation : quels outils concrets? joker.
        De production agricole adaptée et « respectueuse de l’environnement » : quels outils concrets joker.
        Et pour cause, il faudrait remettre les traités européens sur la table des négociations. Clairement, ce n’est pas le moment ; clairement, çà ne le sera jamais, du moins sans une attention de l’électorat sur ces traités. Joker.

        De la charité? « les droits des humains en tant que terrien (?!?), salarié/consommateur », çà je veux bien lui accorder, à la condition qu’elle renonce à ce qui dans ses revenus dépasse trois fois le revenu moyen.

        Pour équilibrer un peu, il y en a des pires, même un peu plus à gauche.

        (*) l’unanimité produit des effets étranges : si on est tous d’accord pour une réforme, à quoi sert l’UE?

        Pour Todd, je n’ai toujours pas compris son « but » politique : après après l’empire, il a voté pour un maintien du filet européen. Soit l’empire tombe, et l’UE peut prendre son indépendance, mais alors à quoi servirait l’UE…?…un nouvel empire? Soit l’empire ne tombe pas, et alors l’UE reste au pied du maître, mais alors à quoi servirait l’UE…?
        Il a l’air sincère : au moins ses propositions sont cohérentes, (pas comme ses choix politiques : se bourrer la gueule, au bon vin, certes, pour être capable de voter Royal au second tour!…et le dire à la radio…!).
        Mais lui n’est pas un politique professionnel…Et ce n’est pas lui qui blablatte sur la post démondialisation avortée.

      4. Bien d’accord avec vous Sylla, le discours de Mme Lepage est un exemple de méli-mélo où l’on tient des propos un peu gauchisants et écologistes mais en restant totalement fidèle au dogme néo-libéral. Ainsi, dire: « …les considérations environnementales et sociales deviennent de véritables considérations économiques en ce qu’elles sont comptabilisées. » c’est se soumettre à l’économisme dominant : le social et l’environnemental n’ont de valeur que s’ils sont comptabilisés sous les espèces de l’économie.
        Elle semble aussi tentée par une gouvernance mondiale à la Attali: domination assurée des multinationales au dépens des peuples…
        Habitant à quelques centaines de mètres des institutions européennes et voyant comment vit et pense tout ce petit monde du ghetto européen, je comprends qu’il est très difficile de s’extraire d’un irréel si loin du vécu des 99% de nos populations. (Anecdote exemplative: une cheffe de service de l’administration européenne a fait un scandale car elle était en grande difficulté financière vu que son salaire mensuel de 14.000 Euros nets a été versé avec 3 jours de retard… Hé oui, il y a vraiment des gouffres d’incompréhension entre le vulgus et nos eurocrates…)

    7. @ BA

      Merci de le souligner et de nous le rappeler. Mme Lepage voudrait sans doute sauver le capitalisme, mais ce n’est plus si simple.

    1. C’est bien de recopier les articles dans votre site scoop.it mais inutile de le mettre dans les files de commentaires, cela n’a aucun intérêt.

  2. >>>>>>>>>Il ne s’agit pas d’un protectionnisme, au sens du XIXe siècle, qui serait destiné à protéger le marché intérieur à l’égard des tiers.

    Ben si c’est du protectionisme , je vois pas pourquoi on aurait honte de le dire . Dans la vie si on appelle pas un chat un chat on va pas tres loin. Emmanuel Todd ( a lire , relire et rerelire )n’a pas les memes complexes pour appeller au protectionisme europeen .

    @BA : tout le monde peut se tromper , moi par exemple je me trompe environ tous les 18sec , il est vrai que je ne suis pas grand chose , et il est vrai que certains se trompent moins que d’autres : Paul jorion (evitons de trop le caresser dans le sens du poil c pas bon pour l’ego) , emmanuel Todd (Trop Fort) , general de Gaulle (Trop Fort) , etc… etc…

  3. Sephyx -> A t-elle dit à l’instar d’Emmanuel Todd (enfin presque) que c’était une erreur d’avoir voté oui pour ce traité ultra-libéral ?

  4. La girouette et les vents qui tournent…

    Il vous en faut du temps pour nous suggérer que le vote « Oui »
    au référendum était un blanc-seing donné à une mondialisation
    sans mesure et regrettable par ses effets sociaux.

    Parenthèse:
    Grace à Alternatives Economiques, j’ai voté en conscience
    « non » à ce référendum. Quelques mois avant le vote,
    Alternatives Economiques a fait la recension d’un livre consacré
    au futur de l’Europe. Le journaliste conclut, avec l’auteur du livre
    que l’Europe sociale sera absente des projets européens.
    Ce qui n’a pas empéché plus tard le redac. chef de se fendre
    d’un éditorial appelant au vote positif:
    en substance, le projet n’a aucune portée sociale, mais il faudra
    « en être » pour pouvoir le modifier…
    Une simple lecture de la partie économique, réaffirmant plusieurs
    fois l’impératif absolu de le liberté de circulation des capitaux,
    avant même celle des personnes montrait un projet
    d’essence libertarienne : « le pognon d’abord, les personnes
    et le social après et si c’est possible. ».
    D’autre part, les conditions de modifications étaient, et sont,
    telles qu’elles sont impossibles à exercer à vue d’homme, sauf coup de force
    des gouvernements en vue de protéger les banques.
    Tout en votant « non » , j’ai mis fin à l’abonnement à Alter. Eco.
    Fin de parenthèse.

    Maintenant vous découvrez que la mondialisation est
    « …peut être déplaisante mais (…) incontournable.  »
    Et vous avancez un projet sympathique de protectionnisme
    suffisamment modifié pour qu’il n’en soit pas.
    Cette idée est une (vieille) resucée d’ Emmanuel Todd ,
    la cause de l’écologie devenant prioritaire.
    Il ne me semble pas que les politiques « modérés » se soient montrés
    ouverts envers cette idée, alors qu’ elle pouvait être encore
    efficace ( en réfléchissant à ses modalités d’application).

    Votre contribution pose le problème de la crédibilité…
    Voilà une idée respectable, bien que tardive, portée
    par une Politique qui nous a déja trompé, et le reconnaît
    partiellement, tout en nous disant TINA.
    Je ne marche pas.

    1. C’est vrai, on se souviendra que le gros hic à l’époque, c’était le tour de passe-passe sur l’Europe sociale. On remarquera aujourd’hui que ce gros lapin n’est toujours pas ressorti du chapeau, priorité à l’économique et au financier oblige.
      A posteriori il était donc tout à fait justifié de ne pas voter oui. Personnellement je me posais tant de questions que j’ai voté blanc. Mais il faut dire que la propagande était si omniprésente qu’elle a influencé énormément de votants, moi comme les autres.
      Et il faudrait ne jamais oublier que ce référendum, suivi d’un diktat ignoble, a été le bûcher de notre démocratie!

  5. …pendant qu’elle avait des responsabilités ministérielles : la mondialisation a-t-elle été freinée ?
    tout le monde peut se tromper : ou est son autocritique ??
    au contraire elle soutien la droite sans discontinuer : elle parle, elle parle, …nous sommes au temps ou il faut se faire une « image » !!

    1. En effet, Madame Lepage. L´heure n´est pas au demi-mot avancé pour tâter le terrain de l´électorat. N´ayez pas peur d´affirmer et de clarifier ce que vous analysez. Sans retenue et en étant ouverte à la discussion. L´heure du politique élu sur de belles promesses non expliquées,analysées, décrites et avec un projet à long terme expliqué n´est plus, ou ne doit plus être.
      Si ce que vous expliquez est valide et apporte au débat alors vous aurez votre rôle à jouer comme chacun d´entre nous dans la construction d´un autre futur. Si c´est uniquement pour vous faire élire et flatter l´électorat, laissez tomber et retournez dans le privé.

    1. merci pour les vidéos Edgar Morin : un rafraichissement dans l’univers du rétrécissement « mondialisé » de la Pensée !

  6. « la post-mondialisation prend tout son sens  »

    Me voilà rassuré.

    L’argument des marchés décentralisés n’est pas mauvais, mais il reste à définir concrètement. Corinne Lepage est semblable à une bonne fée mais qui arrive trop tard…: En fait la post-mondialisation qu’elle évoque ressemble à la pré-mondialisation des années 60-70, où les marchés étaient décentralisés, et où les problèmes environnementaux n’étaient pas criants. Il n’y a aucune différence de concept entre la pré et la post mondialisation, sauf en termes de tailles des entités en question, ce qui est sans importance.

    Ce n’est pas comme ça que l’écologie sauvera le monde.

    1. tout à fait lisztfr « agécanonix ».

      Il n’y a aucune différence entre la « pré » et la « post » mondialisation.

  7. Il n’a jamais été question que la mondialisation se réalisera sans heurts. Par définition, toute évolution entraîne des changements; ceux-ci plaisent ou déplaisent selon qui vous êtes et ce que vous désirez. Mais il n’est pas possible de ne regarder que les manifestations du changement pour en refuser la réalisation. Il faut aussi mesurer l’idée de la mondialisation une fois celle-ci réellement effective.

    Peu importe la taille du village, il y a toujours en son sein des maisons. Que le village soit planétaire, et les maisons faîtes de mégapoles.

    L’erreur souvent commise est de croire que mondialisation rime avec méga-monopoles. C’est l’idée selon laquelle la mondialisation serait l’avènement de la World Compagny. Or la mondialisation c’est aussi ces mêmes essais aux quatre coins du monde de techniques d’agriculture biologique et pérenne; c’est aussi des «indignés» aux quatre coins de la planète; ce sont aussi ces organisations, ces associations, ces manifestations culturelles qui élargissent leurs frontières.

    La mondialisation est plus une mise en réseau mondial, que l’instauration de la World Compagny.

    Aujourd’hui, ce qui rassemble toute l’humanité est l’économie. C’est le seul point qui nous unit tous. Libre à nous, d’en créer d’autres (et certains le font déjà). Refuser la mondialisation, qui est déjà effective, c’est aussi laisser l’économie être le seul point commun à toute l’humanité. Et comme l’économie est dirigée de manière non démocratique par quelques sociétés, refuser la mondialisation, c’est alors aussi laisser ce pouvoir économique diriger le monde.

    Vous ne pouvez pas refuser la mondialisation sous prétexte que quelques entreprises deviennent des monopoles. Ces entreprises deviendront des monopoles quoi qu’il arrive, et votre combat et votre refus seront vains. On peut avoir le sentiment d’être mis sous le travail accompli, mais on ne peut faire que travailler à mettre en place une mondialisation qui nous plaise. On ne reviendra jamais à un niveau où les pays et les individus se gèrent chacun de leur côté, en autarcie politique.

    Et encore une fois, il ne faut pas voir en la mondialisation l’œuvre du nouvel ordre mondial initié et dévoué à la World Compagny. Nous allons en fait gérer ensemble, quel que soit notre lieu de résidence, des objectifs communs. Et pour cela, il est vrai que l’instauration d’une langue mondiale commune serait bien utile. Malgré les réticences… et mon empressement 😉

    Quoi qui en soit, il me semble que ce que l’auteur appelle dans cet article «post-mondialisation» n’est tout simplement que la mondialisation sans l’imaginaire populaire. Il faut cesser de n’être que spectateur et de croire qu’on ne peut être que spectateur. Créer votre association ou organisation mondiale, et la mondialisation ne sera pas que celle du commerce. Par contre, il est vrai que de telles associations ou organisations ne s’achètent pas toutes faîtes dans un supermarché… et qu’il faut bien que quelques uns mettent la main à la pâte. Mais comment croyez-vous que le monde de construit ?

    1. Désolé mais le dogme de la mondialisation économique inéluctable est une ineptie.
      Continuez à y réfléchir.

      Quelques détournements fondamentaux du droit on permit le développement d’entités irresponsables. Celles-ci se sont placées d’instinct dans un cadre supra-national où le droit n’a pas acquis de légitimité historique ni d’efficacité.

      Le sentiment d’impunité ne suffit pas à conférer une légitimité, mais favorise au contraire les excès qui rendent insupportable le système et conduise à sa remise en cause.

      Les combats civiques ne se gagnent pas toujours facilement.

      N’hésitez pas relire « le code noir » pour vous rappelez pourquoi des gens biens pensants ne voyaient pas d’intérêt à changer un système si performant.

      Peut être n’êtes vous pas dans une position qui vous permet de prendre du recul par rapport à vos petits intérêts personnels.

    2. Je laisse à votre appréciation ce texte rédigé par PAR MAURICE ALLAIS, PRIX NOBEL D’ÉCONOMIE le Samedi 5 Décembre 2009

      Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

      Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial

      La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du  » protectionnisme « , dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé  » des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années  » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.

      Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres – si ce n’est des écarts plus importants encore – pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’oeuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.

      Il faut délocaliser Pascal Lamy !

      Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m’apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d’aggravation de la situation sociale. A ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d’un contresens incroyable. Tout comme le fait d’attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l’ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l’arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Comme je l’ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré :  » Aujourd’hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu’ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 « , et qu’il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m’apparaît une méprise monumentale. Je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !

      Plus concrètement, les règles à dégager sont d’une simplicité folle : du chômage résultent des délocalisations elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… A partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j’ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces  » organisations régionales  » serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus à certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d’une saine et réelle concurrence entre ses membres associés.

      Un protectionnisme raisonné et raisonnable

      Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l’est de l’Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d’Afrique ou d’Amérique latine. L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services.

      De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot  » bulle « . Qu’il y ait des mouvements qui se généralisent, j’en suis d’accord, mais ce terme de  » bulle  » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L’essentiel du chômage que nous subissons – tout au moins du chômage tel qu’il s’est présenté jusqu’en 2008 – résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l’échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu’une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l’est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.

      Crise et mondialisation sont liées

      Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu’une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu’est la libéralisation nocive des échanges internationaux. Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations à des causes monétaires, c’est une erreur folle.

      Pour ma part, j’ai combattu les délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons, ensuite, ouvert l’Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s’en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s’étonner des conséquences !

      Si le lecteur voulait bien reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n’ont bénéficié que d’un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s’interroger.

      Un prix Nobel… téléspectateur

      Les commentateurs économiques que je vois s’exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l’actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n’avaient pas annoncé l’arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d’entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma part, je n’étais pas convié sur les plateaux de télévision quand j’annonçais, et j’écrivais, il y a plus de dix ans, qu’une crise majeure accompagnée d’un chômage incontrôlé allait bientôt se produire. Je fais partie de ceux qui n’ont pas été admis à expliquer aux Français ce que sont les origines réelles de la crise alors qu’ils ont été dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des banquiers. Par le passé, j’ai fait transmettre à certaines émissions économiques auxquelles j’assistais en téléspectateur le message que j’étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n’est venue d’aucune chaîne de télévision et ce, durant des années.

      Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d’autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel… téléspectateur. Je me retrouve face à ce qu’affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu’il faut faire. Alors qu’en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation rejoint celle que j’avais constatée lorsque je m’étais rendu en 1933 aux Etats-Unis, avec l’objectif d’étudier la crise qui y sévissait, son chômage et ses sans-abri : il y régnait une incompréhension intellectuelle totale. Aujourd’hui également, ces experts se trompent dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant leur ignorance, mais d’autres, qui la connaissent et pourtant la dissimulent, trompent ainsi les Français.

      Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent. Des intérêts qui souhaitent que l’ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu’il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.

      Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu’aux sphères de la politique.

      Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu’un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ?

      Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu’elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d’une profonde incompréhension de la réalité économique ? S’agit-il seulement de leur part d’ignorance ? C’est possible pour un certain nombre d’entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs.

      1. Toujours trés pertinent Maurice Allais . Trop dans cette ambiance médiocre .
        Le pire , à mon avis , c’est qie le consensus mou permet sa récupération par le FN , qui ne le
        mérite pas et va contribuer à sa déconsidération imméritée .

  8. Je partage en partie le contenu de ce billet. Je dirais que certaines ressources sont stratégiques, comme l’alimentation, l’énergie, les réseaux de distribution, qu’il est important de développer localement. Cela ne doit pas empêcher les échanges avec d’autres régions, d’une pays ou du globe, complémentaires par leur cultures, leurs climats, leurs ressources locales.
    En revanche, il me paraît totalement inacceptable d’avoir accepté de développer une mondialisation des marchands au détriment des peuples, des acquis sociaux, des cultures et de l’environnement. Acheter des produits (nous le faisons tous par défaut d’autre chose au moins) fabriqués à l’autre bout de la planète dans des conditions sociales et environnementales honteuses, reviens à se voiler la face pour notre confort personnel et au grand bénéfice des marchands. Délocaliser des productions pour les importer ensuite certainement, mais délocaliser aussi les règles du jeu, adaptées aux conditions locales et les contrôler.
    Je propose de développer autant que possible la résistance aux achats de produits non fabriqués en Europe, voire très localement (agriculture, alimentation, vêtements, produits techniques). En achetant local on finance nos entreprise et nos emplois de demain.

  9. Madame Lepage , ce qui est intéressant dans les erreurs de jugement que l’on peut commettre , c’est surtout la compréhension du pourquoi de cette erreur .
    Il me semble avoir trouvé la source du bug qui vous a conduit à « mal » voté en 2005 ….;-)

    Du fond de la classe , je prétend que ce n’est pas la mondialisation en elle même qui a conduit à la crise ( ce que vous semblez croire) mais plutôt l’absence de limite à la spéculation .
    Ce n’est pas les échanges commerciaux qui sont le problème , mais la manière de faire ses échanges .
    Un jour viendra où les états qui commercent entre eux se demanderont s’il est bien utile d’appauvrir un client , soit par destruction d’emplois par le biais de la concurrence , soit par le biais des crédits internationaux et de la spéculation mondiale .

    Avez vous déjà songé à la possibilité d’ échanges commerciaux qui seraient régulés à travers l’utilisation d’une monnaie mondiale qui ne serait pas la monnaie d’un seul pays ? ( comme certains pensent encore pouvoir le faire en se servant de l’euro ou du dollar) .

    Politiquement , il s’agirait de créer les conditions d’une Paix commerciale en lieu et place de
    cette terrible guerre commerciale actuelle dont les victimes se comptent par milliards , et les soit disant  » gagnants » par milliers.
    Culturellement, la guerre est depuis toujours une affaire d’homme .
    J’aime bien l’idée que la paix à venir soit une histoire de femme .

  10. Je rappelle que beaucoup ont voté OUI au TCE parce que cela représentait une avancée importante par rapport au traité de Nice : plus de démocratie, moins de technocratie, plus de social et plus d’environnemental. La stratégie de résistances par un NON de révolte n’a pas fonctionné… peut-être aurions nous du lutter par un autre biais ?

    A lire et relire : http://www.onesta.net/planA+.html qui est un par ailleurs un grand militant altermondialiste pour une relocalisation des économies.

    Tout ça pour dire qu’il n’y a pas forcément corrélation entre le vote sur le TCE et le degré de résistance à la mondialisation. Je n’ai pas dit que ce n’était pas le cas de Corinne Lepage, mais il conviendra d’avancer d’autres arguments pour me convaincre. L’essentiel étant ce qu’elle pense sincèrement aujourd’hui, pas ce qu’elle pensait hier.

  11. Concernant ce sujet sur mondialisation/démondialisation je renvoie à l’excellent article de Fréderic Lordon sur son blog où il pointe son désaccord avec les altermondialistes.
    Pour lui, il faut distinguer deux sortes de mondialisations et ne pas tomber dans les pièges sémantiques dont sont friands les politiques :
    – la mondialisation nocive (néolibéralisme) (financière, commerciale…) et qui est développée à outrance
    – la mondialisation utile qu’il faudrait développer mais qui est bloquée (écologique, nucléaire, migratoire,…)
    Pour lui, la nation est et restera encore des décennies le seul lieu pertinent pour l’expression de la démocratie (pb de culture, de langue, ..)
    http://blog.mondediplo.net/2011-06-13-Qui-a-peur-de-la-demondialisation
    J’aimerais aussi vous conseiller (ainsi que Paul Jorion l’avait déjà proposé) la lecture de l’excellent livre de Jacques Sapir intitulé « la démondialisation » (ben oui, ça s’invente pas 😉

    1. @titi

      Pour lui, la nation est et restera encore des décennies le seul lieu pertinent pour l’expression de la démocratie (pb de culture, de langue, ..)

      Lordon évacue la tension qui a toujours existé entre l’universalisme et le relativisme au sein de la question démocratique. Au fond, son approche s’inscrit dans une opposition complètement d’arrière-garde entre le mondial et le particulier. Il ne parvient pas à penser le bon fonctionnement des démocraties nationales comme une interaction entre la partie et le tout. Sûr qu’à ce rythme, on en a encore pour des décennies avant que ça n’avance…

      1. Oui Martine, on est pas rendu.

        Je suis tout de même optimiste. Avec les moyens de communication modernes et une pédagogie revue et plus du tout ethno-centrée.

        Imaginez, vous faites votre cours ou présentation sur la Chine et derrière, vous balancez des cours donnés en Chine sur l´Histoire de France, vous faites cela partout sur plein de sujets… On se met à enseigner les autres cultures, partout. Enseigner, pas inculquer, attention.
        Doit y avoir moyen d´avancer plus vite non ?

        Là par exemple, sur les blogs, on fait peut-être pas la révolution, mais on est peut-être au début de la co-écriture de Das Kapital, l´homme révolté, Condition de l´homme moderne, … revus et corrigés. Cela peu donner du résultat. Non ?

      2. bonjour Martine,
        j’espère ne pas avoir trop déformé la pensée de Lordon
        pour ma part je pense que la nation a encore un rôle à jouer tant que l’Europe ne restera qu’une Europe de marchands et non une Europe de citoyens (pour reprendre l’idée d’un billet fameux de Paul ici même)
        c’est même d’ailleurs à partir du moment où les Peuples reprendraient réellement le pouvoir (suite à une crise de grande ampleur par exemple) au niveau national que l’Europe des Citoyens pourraient se construire
        c’est bien tout l’inverse qui s’est réalisé jusqu’à maintenant
        mais pour vous rejoindre, l’accélération des événements peut faire advenir ce moment plus vite et c’est vrai que les moyens de communication modernes peuvent aussi aider

  12. tout à fait d’accord avec l’analyse de Corinne Lepage. Alors « indignons-nous’ au minimum… mais au-delà, comment infléchir le cours des choses qui nous a conduit à une situation aussi absurde ? comment en sortir…

  13. Tout le monde peut se tromper,,,,,,,,,,,,,)))))).
    C’est comme le joueur de flûte, qui a fait une fausse note, mais qui veut continuer à nous jouer le même air en nous affirmant qu’une nouvelle ère serait souhaitable, mais qui ne veut point s’engager à écrire une nouvelle partition.

  14. Cet article est intéressant jusqu’au passage sur la prétendue « capacité de l’Europe » à disons faire quoique ce soit de positif pour la communauté. A mon avis il ne faut rien attendre de ce côté, et Corinne devrait le savoir étant donné le temps qu’elle passe (perd) au parlement européen.
    L’Europe est une machine à tout bloquer.
    Il faut que les pays reprennent leur indépendance sur tous les sujets et avancent chacun à leur vitesse plutôt que de faire faire du surplace à tout le monde. Ce qui n’exclue pas évidemment les accords entre pays d’Europe. Il faut penser local, donc oublier l’Europe et le monde, viser une auto-suffisance financière, alimentaire et énergétique. Utopie ? Il en faut par les temps qui courent sinon c’est la déprime assurée.

  15. Je ne vois pas très bien comment on va créer une mondialisation politique dans un contexte de démondialisation économique subie quand on sait à quel point l’économique conditionne le politique et quand on sait à quel point il est plus facile de se partager des surplus que de se partager des pertes. Quoiqu’il en soit je vote pour même si j’ai du mal à y croire.

    1. Peak
      Et vous imaginez sérieusement que la mondialisation politique sera démocratique?
      Plus les décisions s’éloignent de ceux qui les subissent, moins elles sont démocratiques. L’Europe en est une démonstration fort éclairante.
      Et un objecteur de croissance comme vous est prêt à voter pour la perte de son droit de vote? Dites-moi que c’est une provocation

      1. – Si on veut se prémunir contre une purge démographique de grande ampleur la centralisation me semble nécessaire. Cela dit je crois qu’il est un peu tard pour la mondialisation politique car la perte de contrôle est en passe de prendre le contrôle au grand damne des plus faibles comme des plus puissants.

        – Quant à la démocratie je rejoins Platon qui disait qu’il ne croyait pas à sa viabilité dans une cité qui compterait plus de 5000 habitants. Et puis en somme on n’a jamais fait que de se donner les apparences de sytèmes démocratiques sans jamais vraiment en être. Avec la technologie on aurait pu faire des trucs mais il n’en fut rien, on a préféré se distraire … Donc la démocratie ça reste un beau projet.

      2. @ Peak.Oil.2008

        Si on veut se prémunir contre une purge démographique de grande ampleur la centralisation me semble nécessaire.

        Je ne vois pas le rapport, ne serait ce pas justement la décentralisation qui permettrait de s’en prémunir?
        Certes, des décisions doivent être prises de manière centralisée et globale, mais les citoyens doivent les comprendre et elles doivent aller de pair avec des décisions proches du citoyen et être adhoc pour aménager son quotidien.

        Et puis en somme on n’a jamais fait que de se donner les apparences de systèmes démocratiques sans jamais vraiment en être.

        Comment voulez vous obtenir une véritable démocratie dans un système usinier?
        Camarade, c’est le marché, le patron, les délégués qui décident, vous le travailleur, vous n’avez qu’à acquiescer.
        La démocratie se construit chaque jour en dépassant ce stade de l’évolution pyramidale, nous avons une génération d’ainés qui a été enrégimentée dans une telle pyramide et qui a peur de tout perdre et qui pour la plupart perdront tout, c’est la génération du « on ne peut rien faire, c’est comme cela ».
        D’autre part la jeune génération est flambeuse du « tout de suite », ce qui ne concourt pas non plus à plus à la conscience démocratique.
        Globale ou locale, (tous les niveaux doivent être représentés) la démocratie sera participative ou ne sera pas.
        il reste un sacré bout de chemin à parcourir.

  16. Il ya 2 problèmes differents dans la « mondialisation » :
    1/ est elle possible ? (Elle a été initiée a une époque ou le petrole coulait a flot et ou le système etait « ouvert » , alors que nous sommes en récession et que le système mondialisé est « fermé » par définition)
    2/ est elle souhaitable ?
    mathématiquement , ce modèle oblige a simplifier des equa complexes et , a mon avis mène a des instabilités structurelles ……..(pas d’attracteurs)

    Il me semble que la tentation de la globalisation est trop alléchante pour etre honnète …. tu me donnes ton petrole , je te donnes de l’eau ….. mais actuellemen,t il faut traverser un desert et faire la queue pour avoir de l’eau …que l’on achemine en avion …et en superbe 4×4 ….

    1. Coup de blues.
      Voilà que ces discussions sur la mondialisation/démondialisation…me remettent à l’esprit des auteurs rebelles à l’utilitarisme, des auteurs rétifs à l’ordre qui vient de trop loin ou trop universel, des auteurs sensibles à la poésie de l’instant, et ça me fout le blues:
      Xavier Graal « fête de nuit »
      Jack Kerouac « sur la route »
      Henry D. Thoreau « la désobéissance civile »

      1. DE Thoreau , je trouve Walden plus subversif .
        Je découvre actuellement G. Bataille , et sur un ecrit athypique : «  »La part Maudite » .
        C’est un écrit sur l’économie exogène et éthèrodoxe ..que je conseille ;…qui se base sur l’aspect dispendieux des systèmes vivants et « donc » des comportements humains …..
        C’est interessant ds le sens ou je commençais a m’interroger sur le coté intuitivement obscène de certains ecolo-econo a vouloir par ex distribuer de l’eau potable séparément de l’eau non potable sous prétexte qu’il serait immoral de se doucher ou torcher dans de l’eau potable …..
        Ceci dit « sur la route » etait interessant et réalisable a cette epoque archaique tresv parcellisée, pleine de frontieres , ou l’on faisait le tour du monde en obtenant son visa ds le pays précédent ….ce qui est actuellement impossible , surtout si l’on veut « zoner » vers l’afgan ou te tukmenistan …. mais c’est vrai qu’on est achement plus « mondialisé » et donc civilisé !
        Coup de blues aussi qd je pense que pour passer la frontiere a El Passo , j’ai simplement du couper mes tifs que le douanier trouvait trop longs (en fait il voulait juste qqs § , mais j’etais naif) .

  17. Au commencement un a la loi anti-trust aux USA qui contraint les trusts en question à devenir des
    multinationales . Où ont-elles cherché refuge ? En Europe ! Elles sont revenu en force aux US aprés que nous aillons créé nos propres multinationales ( sans états d »ame chez nous ) ,
    maintenant que ces monstres ont leurs clones dans les Brics , postmondialisation ?
    Qu’est ce qu’on fait des monstres ? On généralise le commerce des indulgences comme pour
    le carbone , en se partageant les foires où s’échangent les titres ?

    1. Boutros Ghali a émis l’idée de les faire représenter à l’ONU, de leur refiler des sièges quoi, de même que les ONG multinationales…

      1. @vigneron: Remarque, c’est pas plus con (ou intelligent) que d’y faire représenter des gouvernements non-démocratiques (c’est-à-dire non-représentatifs). Quel est le critère pour être à l’ONU?

      2. PS: Je précise, la question est adressée à Vigneron.

        A Moi, tant que l’ONU est l’Organisation des NATIONS Unis, seule les nations (quelque soit leur régime) répondent aux critères. Même si la définition de « nation » est sujet à polémiques, je vois difficilement par quel abus de mots il serait possible d’intégré dans ce concept des entreprises ou même des ONG.

      3. Qui décide qu’un gouvernement est légitime
        Qui a le secret de ce qui est bien ou mal et légitime
        Un gouvernement qui laisse des membres de son peuple mourir dans la rue est il légitime
        Un gouvernement qui qui laisse des enfants des femmes des hommes dans la rue est il légitime
        Est il légitime de ne pas respecter l avis du peuple
        Est il légitime de ne pas appliquer la constitution comme en France ?

      4. @guillaume
        http://france.upf.org/index.php?option=com_content&view=article&id=419&catid=106&Itemid=145

        Le renouveau de l’ONU
        Écrit par S. Exc. Dr Boutros BOUTROS-GHALI   
        Samedi, 23 Mai 2009 17:49
        (…)Comment démocratiser la mondialisation ? Il faut commencer par démocratiser les Nations Unies. On s’égare en voulant discuter sur le point de savoir s’il faut augmenter le nombre de membres du Conseil de sécurité de 15 à 18 ou à 22 ?
        Faut-il que tel pays reçoive un siège permanent plutôt qu’un autre ?
        Faut-il abolir le droit de veto ou faut-il limiter l’utilisation de ce droit à certaines situations particulières ?
        Le vrai problème, c’est de tenir compte d’une évolution majeure, qui a été mentionnée tout à l’heure, c’est le nouveau rôle de la société civile. Donc, si nous voulons démocratiser les Nations Unies, si nous voulons nous préparer à la troisième génération des organisations internationales, il faut obtenir la participation de la société civile au sein de la nouvelle organisation avec un statut similaire à celui de l’État.
        Cette idée n’est pas révolutionnaire. Elle n’est pas nouvelle. L’organisation internationale du travail a une représentation tripartite : le représentant des États, le représentant des travailleurs et le représentant des employeurs, qui ne votent pas nécessairement de la même façon. Un même État peut donc avoir trois points de vue différents. Ce pluralisme constitue une forme de démocratie que l’on pourrait adapter à la nouvelle organisation mondiale.
        Ce que je suggère, c’est que les acteurs non étatiques puissent participer au système des Nations Unies. Comment vont-ils participer ? On vient de mentionner les organisations non gouvernementales. Il me paraît important que ces nouveaux acteurs participent aux travaux de la nouvelle organisation internationale, dans la mesure où ces institutions ont deux qualités. Premièrement, elles sont issues de la société civile ; elles obtiendraient donc l’appui de l’opinion publique internationale. Deuxièmement, elles ont des qualités que n’ont pas les États, elles seront en compétition avec les États.
        Vous allez me dire : « mais comment va-t-on représenter les organisations non gouvernementales ? Il y a des milliers d’organisations non gouvernementales de part le monde. »
        Ceci est un problème technique. C’est aux législateurs de demain de trouver des solutions. On pourrait imaginer que les organisations non gouvernementales qui s’occupent de la protection de la femme dans le monde aient un siège, que les organisations non gouvernementales qui s’occupent de l’environnement aient un autre siège. Voici une première formule. Selon une autre formule, les organisations non gouvernementales de l’Afrique, de l’Asie, de l’Europe, de l’Amérique auront droit à deux ou trois sièges par continent. Voici une deuxième formule. On peut même combiner la représentation fonctionnelle avec la représentation géographique.
        Mais ceci est un problème secondaire. Le véritable problème, c’est d’accepter la présence des organisations non gouvernementales au sein de la nouvelle organisation internationale. J’ajoute à ceci que vous avez d’autres acteurs qui sont très importants : les multinationales ont aujourd’hui un pouvoir plus grand que la majorité des petits États. Ces multinationales profitent des résolutions qui sont adoptées par les Nations Unies alors qu’elles devraient assumer la responsabilité de la mise en œuvre de ces résolutions. Elles devraient donc participer à leur élaboration. Il faut mentionner les organisations régionales, les parlements, les partis politiques… (…)

    2. @Paul Alain
      Bonne question, si on ne veut plus des monstres:

      Il faut apprendre à se passer d’eux:
      -Quitter la BNP pour aller à la NEF
      -Ne plus aller chez Carrefour, allez au marché
      -Ne plus faire entretenir sa voiture dans le réseau RENAULT mais chez le garagiste du coin

      Il faut se lancer dans toute activité qui augmente le niveau de résilience globale d’une population donnée:
      -Créer les ateliers de réparation de tout ce qui tombe en panne
      -Créer des entreprises visant à réduire les consommations énergétique (Isolation, Chaudières bois, solaire thermique,….)
      -Cultiver son jardin (au propre comme au figuré)

      Il faut aussi changer les hommes politiques qui les soutiennent aveuglement « pour préserver l’emploi » disent t’ils.
      -Rien que le mot « préserver » signifie bien que l’on a plutôt affaire, dans la tête de nos politiques, à une activité en voie de disparition
      -Si on les change (les politiques) pour choisir ceux qui poussent aux mesures ci-dessus, ça pourrait aller mieux,.. encore faut il les trouver…
      -Pour les entreprises nécessitant pour être productive un effet de taille important (je ne pense pas qu’il y en ait tant que ça), au choix des actionnaires, on re-nationalise en les laissant moisir pendant un moment (technique LORDON avec les banques) ou/et on change radicalement le mode de gouvernance (salaire maximum, limitation du pouvoir du capital, partage EQUITABLES des gains,…)

      1. si on ne veut plus des monstres:
        Il faut apprendre à se passer d’eux:

        C’est tout con, mais c’est la seule solution

        préserver l’emploi » disent t’ils.
        -Rien que le mot « préserver » signifie bien que l’on a plutôt affaire, dans la tête de nos politiques, à une activité en voie de disparition

        C’est le salariat qui est en voie de disparition, mais si le salariat est en voie de disparition, le patronat aussi, et comme le dit Fab, il faudra dépasser l’échange monétisé,
        Comment intégrer l’échange non monétisé à la mondialisation qui s’est organisée par la marchandisation , l’inverse de l’échange non monétisé?

        -Pour les entreprises nécessitant pour être productive un effet de taille important

        Dans un échange non monétisé post pétrolier, je ne suis pas certain qu’un effet de taille sera encore de mise, l’effet de taille est énergivore.
        Peut être pas au niveau de la production dans l’entreprise elle même (il faut garder une certaine synchronisation) mais au niveau du rassemblement des matériaux nécessaires à la production et surtout à la distribution de la production sur le marché.
        Les grosses unités ne résisteront pas à la déplétion pétrolière.
        La technique Lordon peut fonctionner, mais il me semble que la relocalisation près du citoyen sera encore plus efficace.

        -Si on les change (les politiques) pour choisir ceux qui poussent aux mesures ci-dessus, ça pourrait aller mieux,.. encore faut il les trouver…

        Je pense qu’il ne faut pas s’en faire à ce sujet, si nous sommes suffisamment nombreux à pousser à ces mesures, soit ils viendront d’eux mêmes, soit ils se créeront d’eux mêmes.
        Peut être va t il y avoir un crash financier qui va accélérer les choses.
        Dans quel sens, à nous de veiller à ce que se soit le bon.

  18. « Tout d’abord, la mondialisation est une réalité qui peut être déplaisante mais qui est incontournable. »

    Aucune justification, aucune explication dans le contexte. Cela m’a scié. Définir la mondialisation comme étant un procédé acquis et inévitable dans un article qui s’appelle « MONDIALISATION, DÉMONDIALISATION, POST-MONDIALISATION », c’est se contredire. Je suis assez choqué par ses vues de « modération » de la mondialisation, et surtout par le peu d’intérêt qui y est porté pour l’être humain en tant que tel. La mondialisation est-elle une situation propice au développement culturel, social, permet-elle de mieux se confronter à la question climatique? Voici les questions (et le réponses) que j’aurais aimé lire dans ce billet. Malheureusement, C. Lepage a écrit un pamphlet d’affirmations qui ne sont pas réellement très intéressantes. Une grande déception.

    1. Oui.

      Elle ne comprend « mondialisation » qu’au sens capitaliste, même avec modération. Or même 1 verre, c’est déjà les dégâts, si je puis dire parce, que tout cela me semble trop évident.

      Comment allez-vous résoudre le problème posé par la loi (de l’absence) des débouchés de J.B. Say, Md Lepage ? Aucune forme de ce système même édulcoré n’y arrivera.

  19. Mondialisation -Démondialisation- Altermondialisation ( j’aime-j’aimais?- bien) – Postmondialisation …Que voilà des termes et repères bien propres à entretenir les conversations de comptoirs aussi éternelles et passionnantes que stériles .

    S’il s’agit par contre de dire que le corps Humanité doit , pour parvenir à l’harmonie , respecter les quatre niveaux de structuration des organismes vivants autonomes ( Anatomie-Organes/Connexions-Liaisons/Groupe-Intégration/Unité-Diversification ) et que les sous ensembles géographiques doivent y trouver leur place et leurs fonctions , je comprends personnellement mieux , car c’est une approche systémique où mes travers d’ingénieur m’envoient plus volontiers . Ce corps vivant humain n’aura d’ailleurs d’avenir que s’il respecte le corps vivant Bio-diversité qui le porte .

    Je crois aussi percevoir l’idée que l’Europe , pour peu qu’elle échappe au carcan de l’Europe des marchands qui triomphe actuellement , peut ou doit être ce chantier qui démontre qu’une telle harmonie est atteignable en son sein . Je ne peux qu’approuver en notant que c’est le challenge depuis l’origine , et , en ce qui vous concerne , votre challenge depuis que vous êtes députée européenne.

    A ceux qui disent que l’Europe ne peut pas faire « jeu à part » dans l’étau des deux superpuissances ( qui ne le sont – ou ne le sont plus ou pas encore- pas tant que ça ) , je dirais volontiers qu’entre une mort sure et l’espoir d’un mieux même menacé , je n’hésite pas longtemps , et qu’en d’autres temps personne n’aurait jouer un kopeck sur des gueux qui coupaient la tête à leur roi .

    Mais votre texte m’intéressera plus (+) quand ce sera un manifeste un peu plus développé et surtout cosigné par une majorité de vos collègues européens .

    Entre temps , il va falloir que l’indignation ne se limite pas à l’Espagne et à la Grèce , pour rendre votre propos , qui tend à l’Europe des peuples , audible .

    Votre intervention ici ne me touche que si ce n’est pas la seule vôtre .

  20. Ne dit-on pas que les plus grandes vérités sont souvent voilés dans leurs contraires…Aussi, en page 92 du texte « La preuve » du livre de Paul Jorion « Comment la vérité et la réalité furent inventées », vous y découvrirez la démonstration mathématique intégral du processus…Paul Jorion si vous n’existiez pas il eut fallu vous inventer!

  21. Montebourg-Valls : 1 Partout, balle au centre ?
    C’est de bonne guerre de semer des petits cailloux blancs, des signes sur les chemins jorioniens où vont s’égarer, demain, bien des déçus du parti socialiste, et des déçus il y en aura encore davantage à l’issue des primaires socialistes. …Pêche aux voix n’est point péché, certes.

    M’enfin il me semble que la tirade

    et sans création corrélative d’une gouvernance mondiale qui défendrait une forme d’intérêt général, c’est-à-dire les droits des humains en tant que terriens (rapport à la planète), salariés (rapport au travail) et consommateurs (rapport au prix et la qualité des produits).

    est assez révélatrice : quand j’entends le mot « gouvernance », je peux en général sortir ma pétoire.

    Ce qui ne va pas dans les sous-entendus de cette énonciation, c’est qu’on y sépare des « victimes » (planète/travail, consommation : là où nous sommes atteints, vrai) , sympathique denrée électorale, et des « experts en gouvernance » (autoproclamés) évidemment capable de défendre l’intérêt général des premiers.
    Le défaut de ce genre d’approche ne se voit pas peut être parce qu’il est gros : nous ne sommes pas que des victimes mais aussi des acteurs. Les produits, ils viennent de nos mains ET de nos choix d’achat, les salaires de notre passivité ET de nos revendication, et pour l’environnement, nous sommes évidemment acteurs (à la pompe) et victimes (au thermomètre).

    L’intérêt de ce blog est d’avoir trouvé une petite note flutée qui nous fait nous croire un petit rien acteur par nos contributions encore assez collectives aux débats, à la néguentropie de l’information au fond. Donc un aspect participatif. De Gaulle, qui partit pour un réferendum perdu sur la participation, a eu raison 40 ou 50 ans trop tôt sur ce coup là.
    Je ne suis pas sûre que l’idée de responsabilité soit prête à éclore en politique si le cadre de pensée reste celui de « victimes-clientèles » sur les voix desquelles des « expert(e)s en gouvernance » viennent se pencher.

    Alors oui, on peut « post-mondialiser » en cherchant à harmoniser les grandes et les petites échelles d’organisation, mais le plus important est de penser le mode d’émergence des petites structures vers les moyennes, celles qui regroupent des moyens (intellectuels et matériels) que les particuliers n’auront statistiquement pas ou très peu. Après, à plus grande taille, on ne contrôle plus bien, je suis résignée sur ce plan.
    Mais j’enrage plus volontiers de voir qu’une communauté de 100 ou 5000 personnes qui ont les mêmes motivations (en résistance ou en proposition) ne peut, si souvent, trouver à émerger
    faute de choses élémentaires qui sont pourtant là : un peu de place, beaucoup d’information, et un goût pour « faire marcher » quelque chose, pour nous « renforcer empathiquement ».

    De la même façon que les structures actuelles de la démocratie représentative sont nées de la bourgeoisie (pour contenir la royauté), on peut rêver que des structures nouvelles naissent de nos capacités de partage de l’information, de l’énergie etc. Une « bourgeoisie linux » serait un embryon de ces nouvelles structures, en l’étendant peut être à l’information (wikileaks quand tu nous tiens… ).
    Et ce sont elles qui alors prendraient l’ascendant sur le type de post-mondialisation. L’indignation est un des moteurs que nous solliciterons dans cette transformation.

  22. Corinne Lepage : « Si ces transferts de production ont permis la croissance des pays du Sud, ils n’ont pas pour autant assuré un développement équilibré et ont largement permis des enrichissements massifs grâce à une nouvelle forme d’esclavage dans des usines fonctionnant 24h sur 24 pour des salaires de misère »

    A voir : Philippe Revelli : « Voyage autour des zones économiques spéciales des Philippines  » –
    http://philipperevelli.com/journal/?p=673

    Blog de Philippe Revelli :http://philipperevelli.com/journal/

    1. @jeff
      Merci pour cette magnifique (il y a du « Salgado » dans l’esthétisme des photos) et glaçante plongée dans le réel Phillipin.
      A voir absolument (8′ seulement mais ça vaut bien des discours)

      1. Sébastian Sagado: Un économiste qui a bien tourné!
        Après sa thèse ès Sciences Economiques à Paris et une courte carrière dans la fillière économique, change brutalement d’orientation en se tournant vers la photographie. Il va passer la plupart de son temps à montrer comment certains hommes sont maltraités dans leur vie quotidienne, et les souffrances qu’ils doivent endurer dans ce monde dit civilisé. En 2001 il est nommé représentant de l’UNICEF, et actuellement il s’occupe du grand projet photographique « Genesis », traitant de la nature et la vie sauvage.

  23. de la subvention du maïs irrigué en Europe,

    Bien d’accord, je suis assez fatigué d’entendre sans cesse les alertes sur l’état des nappes phréatiques (qualité et quantité d’eau) et voir les tuyaux toujours plus gros et plus nombreux des systèmes d’arrosage du maïs se mettre en place. Il y a des alternatives au maïs, plus rentables et bien plus respectueuses de notre milieu et des nappes. Suivez le regard et l’expérience de plus de 30 années d’André Pochon.

    Pour le reste, j’adhère à l’essentiel de ce texte.

  24. Mme Lepage, votre texte jongle avec des concepts grandioses : « post-mondialisation », « décentralisation énergétique », « double mouvement de planétarisation »… Parfois même à la limite de l’abscons un brin ampoulé : « Or, à partir du moment où les économies externes sont internalisées, la post-mondialisation prend tout son sens puisqu’elle repose sur un calcul économique devenu rationnel, intégrant la réalité et la totalité des coûts et des avantages. »

    Maintenant, toute cathédrale commence par des fondations beaucoup plus prosaïques. Si vous êtes candidate à la présidence de la république en 2012, vous engagez-vous à mettre en œuvre les cinq conditions fondamentales suivantes :

    1/ la garantie d’un minimum vital décent pour chaque ménage (permettant à tous l’accès à l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux et les services sociaux de base, tel que prévu par l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948) ;

    2/ la stricte limitation de l’échelle des revenus de 1 à 30 maximum (entre le revenu le plus haut et le minimum vital décent décrit ci-dessus) ;

    3/ le gel immédiat de la dette publique (pour anticiper et contrôler un « gel » de fait qui s’imposera de toute façon à terme, comme en Grèce, aux États-Unis d’Amérique…)

    4/ l’interdiction des spéculations sur les variations de prix (voir Paul Jorion pour les détails !) ;

    5/ la restauration d’un protectionnisme social (européen si possible, national si européen impossible, en attendant que la « post-mondialisation » qui vous est chère sorte de la nébuleuse des vœux pieux) ?

  25. Corinne Lepage,

    Bonjour. Que dites-vous d’un projet (prêt à l’emploi et gratuit) d’organisation du vivre-ensemble qui réinvestit l’individu dans sa citoyenneté (l’expression doit être d’un certain Pierre S.) ?

    Par exemple la post-mondialisation y est considérée « comme le marché global des biens et des capitaux », mais » heureusement « aussi comme celui des hommes et des biens publics » : vous aurez noté que le mal ne peut disparaître que si le marché n’est pas nécessairement monétaire. Les échanges entre individus, entre êtres humains ne sont pas nécessairement monétaires. Où alors il faudrait expliquer pourquoi ils le sont, nécessairement monétaires…

    Dans l’attente d’une réponse de votre part,

    Écologiquement et humanistement vôtre.

    PS pour Éva Joly : http://www.junodownload.com/ultraplayer/1661739-02-01-01.m3u?r=0&c=0&s=01-01

      1. Atchoum,

        Je réponds à vos souhaits : si l’on considère que le marché est strictement monétaire, que les échanges entre individus sont nécessairement monétisés, alors il est légitime de dire que la mondialisation est « strong>malheureusement » aussi le marché « des hommes et des biens publics » : ils sont prisonniers du marché, tenus par l’échange monétisé. Si l’on estime que le marché ne doit pas être réduit à l’échange monétisé, alors on peut enlever le préfixe « mal » pour dire que la mondialisation est « heureusement » le marché « des hommes et des biens publics », et ainsi – c’est à espérer – faire disparaître le mal : la tyrannie de l’échange monétisé précisément.

        Toujours dans l’attente d’une réponse de C. Lepage, à la fin de l’envoi je touche : il paraît qu’à l’UMP il y a dialogue : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=109571 , http://www.generationfrance.net/web/# : c’est la différence entre un think tank et un tract-tank.

      2. Corinne,

        Soit vous ne voulez pas répondre et je vous saurais gré de dire pourquoi, soit vous ne pouvez pas par manque de temps semble-t-il et je vous propose une réorganisation sociale qui permette de vous libérer du temps, sans danger pour la démocratie, bien au contraire…mais il vous faudra partager votre action politique…

        Qu’en dites-vous camarade citoyenne ?

      3. Corinne,

        Vous en parlez : « ce qui fait le fonctionnement fondamental d’un Etat« , et bien argumentez maintenant !

        Wikipédia nous dit : « Le 15 octobre 2009, elle [vous] annonce la création du club politique « Terre démocrate, l’imagination au pouvoir », dont la feuille de route tient en trois mots : « débat, échange et construction ». Débat, échange…ça laisse rêveur !

Les commentaires sont fermés.