UNE ÉCONOMIE MORALE EST UNE ÉCONOMIE POLITIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Avec sa proposition de bancor, Keynes prend le contrepied de conceptions monétaires anciennes. Non seulement il propose des justifications morales à son étalon monétaire : plein emploi des ressources de travail, équité des relations internationales et régulation du crédit entre débiteurs et créanciers ; mais il prétend à l’universalité de la norme monétaire comme matérialisation commune d’un bien moral.

Comme monnaie, le bancor est un étalon de rationalité internationale des prix mais non un prix-étalon d’un quelconque bien particulier ni une valeur en soi. Selon ses biographes, dans l’esprit de Keynes, il n’a jamais été question de fixer en bancor le prix de l’or ni même de mettre un certain poids d’or dans l’étalonnage du bancor en biens réels.

Keynes voulait que l’étalon international résulte de la négociation des parités relatives entre monnaies. Les déficits ou excédents de paiement étaient comptabilisés en bancor et la réévaluation ou la dévaluation était le moyen de sanctionner une contribution excessive aussi bien comme prêteur que comme emprunteur à la masse mondiale des crédits en bancor.

L’émission de bancor devait être complètement rationalisée, c’est-à-dire indépendante de tout mécanisme automatique asservi à une réalité objective posée comme valeur en soi. Cela signifie qu’il fallait opérer une comptabilité des échanges par un marché commun compensé à un certain taux de change. Régulièrement l’autorité commune multinationale de compensation doit opter pour des parités cibles qui récupèrent les dérives constatées en excédents et déficits.

La logique de rationalité monétaire de Keynes est strictement morale ; étymologiquement économique. C’est pourquoi elle repose sur des prix universellement discutables par des options. Un prix nominal réglé en monnaie ne peut pas échapper à une confrontation rationnelle équitable de points de vue particuliers mis en équilibre par l’arbitrage public de l’intérêt général.

La compensation internationale de Keynes porte sur des prix nominaux en monnaies différentes mises en équivalence par une négociation publique de marché. Cette négociation arbitrée par des compensateurs exclusivement dédiés à l’équilibre juste des intérêts exprimés calcule des primes positives et négatives sur les prix nominaux convertis dans l’étalon commun. L’obligation de régler les primes à l’issue de la compensation oblige les opérateurs de transaction internationale à moduler leurs propositions de prix des biens en monnaies selon les primes qu’ils risquent de devoir régler.

L’arbitrage des dépositaires de l’autorité publique multinationale signale à l’avance à tout opérateur que son intérêt sera pris en compte dans la limite d’une appréciation de l’intérêt général par les compensateurs. Intérêt général réalisé par les prix qui satisfont le maximum d’achats et de ventes avec le minimum d’encours de crédit pour les primes exposées en couverture de toutes les transactions.

Les instruments financiers optionnels induits par la compensation existent depuis des siècles même s’ils n’avaient pas à l’époque de Bretton Woods le développement qu’on leur connaît aujourd’hui. En l’occurrence ce qui n’était pas faisable à l’époque de Keynes, c’était la consolidation informatisée mondiale des comptes et l’accessibilité large et facile de ces comptes à un grand nombre d’opérateurs.

En 1945, la compensation aurait nécessairement été limitée à un nombre restreint de compensateurs et une longue chaine d’opérateurs demandant des primes de compensation relativement élevées par rapport aux prix d’introduction garantis. En 1945 comme aujourd’hui, il n’y a pas d’autres moyens de compenser des monnaies différentes que par des options de change, des options de crédit et des options de capitalisation des intermédiaires de compensation.

La proposition de Keynes est parfaitement rationnelle et réalisable aujourd’hui comme hier. Mais elle est potentiellement beaucoup moins coûteuse aujourd’hui. La compensation actuellement en vigueur est privée et polycentrique dans les réseaux bancaires internationaux. La centralisation publique des compensations privées permet la comparaison des primes réellement prélevées avec la position mondiale de crédit consolidée en bancor.

Le principe fondamental du bancor, c’est la compensation surveillée et garantie par une communauté d’États. C’est très exactement ce que les États-Unis ont refusé à Keynes et qui manque aujourd’hui. Sans compensation régulée par un accord politique entre les États, c’est le chaos assuré par la prédation financière illimitée ; la finance sans cadre moral négociable par la politique.

Ce n’est pas le marché qui produit le chaos mais bien l’absence de régulation du marché sous une autorité publique indépendante appliquant une réglementation identique à tous les acteurs. Avant la dérive libérale entamée au 19ème siècle, un marché sans loi, sans police, sans justice et sans fiscalité était inconcevable. La conception archaïque naturelle du marché, antérieure au capitalisme financier, n’imaginait pas que des prix économiques pussent se négocier selon des lois privées inintelligibles en bien commun.

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65 réflexions sur « UNE ÉCONOMIE MORALE EST UNE ÉCONOMIE POLITIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Monsieur Sarton du Jonchay,

    je vous prie de m’excuser pour mon insistance, mais le bancor ne saurait être une solution acceptable pour les peuples : la morale dont vous parez l’idée de Keynes est une chimère, car le capitalisme est amoral. Ce bancor, auquel vous semblez sincèrement apporter du « crédit », ne sera toujours qu’un moyen pour les puissants d’écraser les faibles, et il ne peut en être autrement : qui dit prix dit négociation, et qui dit négociation dit rapport de forces. Qui dit rapport de forces dit un plus fort et un plus faible, autrement dit un vainqueur et un vaincu. toujours le même.

    Vous en voulez une preuve tangible ? Et bien attendez encore un peu, et vous allez bientôt voir cette fabuleuse idée sortir du chapeau de ceux-là mêmes qui ont créé la situation dans laquelle se trouve le monde aujourd’hui : FMI, Europe, Etats-Unis…

    Peut-être vous direz-vous « ils nous ont enfin écouté, et se sont rangés à la sagesse » et vous serez fiers et heureux. Mais moi je me dirai qu’ils tentent encore de nous berner, car s’ils nous le proposent un jour, c’est qu’il n’est pas bon pour nous.

    1. @Caleb Irri le 7 août 2011 à 23 h 21
      A vous lire je me dis que l’idéologie a horreur du vide et que vous appuyez sur un point de scission exacerbé par la reconnaissance, justifiée, du blog de Paul Jorion. Je ne m’en plains pas, l’important étant la qualité des points de vue et de fuite alors rendus possibles.

    2. @Caleb
      A vous lire, il y a d’une part le peuple – et d’autre part les dirigeants du peuple – tous ennemis du peuple. En réalité, il y a probablement le même taux de vertueux et de vicieux dans chaque camp. Au fait, vous mettez Keynes de quel côté ?
      Quant au rapport de forces, l’histoire nous montre que parfois, il s’inverse.

      1. @ Pol

        Les dirigeants sont les ennemis du peuple car il ne peut en être autrement : comme on le voit aujourd’hui, les contraintes qu’ils subissent de la part du pouvoir financier les « oblige » à mettre en place des mesures impopulaires qui engagent leur élection future. Et comme les riches sont les plus puissants, ce n’est évidemment pas vers eux qu’on va chercher l’argent, mais vers les pauvres, ceux que je nomme « le peuple ». Il m’arrive parfois de faire la confusion entre les « dirigeants » et les « riches », mais c’est que la frontière est parfois si floue qu’on ne sait plus quel terme employer !

        pour ce qui est du vice et de la vertu, je considère que nous sommes tous sujets à l’un et à l’autre, mais que le système capitaliste (qui lui ne se préoccupe pas de cela), engage les « puissants » à des actes certes vicieux d’un point de vue moral et humain, mais simplement logiques et rationnels d’un point de vue « efficient ».
        De plus, même le plus « moral » des individus, une fois proche du pouvoir, en viendra à devoir faire le choix entre se soumettre au fonctionnement habituel du système (corruption, conflits d’intérêts, rétro-commissions…), ou se démettre…

        Pour Keynes, je le mettrai du côté des capitalistes, ce qui résout définitivement votre question : ni droite ni gauche au sens où on l’entend habituellement… Quand on lit les auteurs économiques du passé (et même ceux d’aujourd’hui), on s’aperçoit toujours qu’ils ne souhaitaient que le bonheur de l’humanité toute entière, que ce soit à travers la main invisible ou le malthusianisme. Mais, et on revient au problème actuel, parer un système amoral de vertus qui n’existent pas chez l’homme commun est illusoire, comme la rationalité de l’individu qui fonde pourtant nos théories économiques !

        A moins que de former des individus totalement conditionnés à la « vertu » (mais seront-ce encore des êtres humains ?), toutes les formules mathématiques basées sur ces concepts erronés n’ont aucune chance de fonctionner.

        Enfin, pour ce qui est du rapport de forces, je voudrais bien connaître vos exemples….

        Merci!

      2. @Caleb,
        On va vite vérifier si vous voyez juste ou pas. Il y a des élections l’année prochaine. Si les dirigeants marchent pour les riches, ils seront obligés d’annuler les élections ; il n’y aura plus assez de riche pour voter dans le bon sens. S’ils ne marchent pas pour les riches, les élections auront bien lieu, peut-être anticipées, et les citoyens riches et non riches diront qui les représentent.

      3. @Caleb irri,

        en France et dans la plupart des pays de l’OCDE, nous vivons dans une société aujourd’hui où la répartition de la richesse n’est plus, loin s’en faut, un faible pourcentage de « riches » qui possèdent tout et le reste, un peuple de pauvres qui ne possèdent rien. Aujourd’hui, dans ces pays, la répartition de la richesse c’est 50% de la population qui possède tout, et 50% qui ne possède rien, ou pratiquement rien. Parmi les 50% qui possèdent tout, les 10% les plus riches possèdent environ 60% de la richesse (quand on inclus biens immobiliers et avoirs financiers), les 40% restants possédant le reste.

        Election après élection, ce sont les 50% qui possèdent tout qui représentent une très nette majorité des votants, les 50% qui ne possèdent rien ayant un taux d’abstention bien plus important. Ce double phénomène, répartition de la richesse parmi une moitié de « possédants » et une plus haute abstention parmi ceux qui ne possèdent rien ou pratiquement rien, se retrouve dans la plupart des pays de l’OCDE.

        Ceci explique pourquoi dans tous ces pays, les dirigeants politiques dans les partis de gouvernement n’ont qu’une idée en tête, maintenir le plus longtemps possible l’illusion que se font les 50% de possédants, qui les élisent très largement, de la valeur de leurs possessions.

        Le jour approche où il ne sera plus possible de maintenir cette illusion, il faudra bien alors que les politiques proposent quelque chose de radicalement différent pour avoir une chance de se faire élire.

      4. @Pierre Sarton du Jonchay le 8 août 2011 à 15 h 07
        Les dirigeants prochainement élus marcheront pour les riches, ce serment fait parti du processus d’élection à la candidature, et les élections auront bien lieu, même en cas d’émotions populaires, comme on disait jadis, lesquelles ne se manifestent pas selon ce calendrier.

      5. Pol,

        « A vous lire, il y a d’une part le peuple – et d’autre part les dirigeants du peuple – tous ennemis du peuple. » : ennemis non, mais la place qu’ils occupent et qui est nécessaire au fonctionnement de la société (ici) les oblige à avoir ce comportement qui peut être vu au premier abord comme ennemi.

      6. @ Pierre Sarton du Jonchay

        pour tout vous dire l’idée m’a déjà plusieurs fois traversé l’esprit, et j’ai déjà commencé plusieurs papiers que j’avais intitulé « et si en 2012 il n’y avait pas d’élection ? », mais je n’ai jamais réussi à les terminer… quand on voit à quel point Nicolas Sarkozy a verrouillé la position présidentielle, envoyé coup sur coup sa lettre aux parlementaires (dans laquelle il demande ni plus ni moins que « l’union sacrée » ; c’est mon avis) et sa fumeuse idée de « règle d’or  » économique pour empêcher toute future politique sociale, on peut se demander si parfois l’hypothèse d’un « état d’urgence » avant les élections n’est pas envisageable…

        Mais élections ou pas, la volonté réelle de nos politiques sera très vite explicitée dans les mesures qui seront proposées bientôt, et qui taperons une nouvelle fois sur les plus fragiles. Quand ils en seront à nous proposer le bancor, à grands renforts de « on va sauver la planète (enfin eux-mêmes) à grands coups de Bretton woods et tout repartira comme avant », je serai certain qu’il ne faudra pas l’accepter… on verra bien !

    3. « Qui dit rapport de forces dit un plus fort et un plus faible, autrement dit un vainqueur et un vaincu. Toujours le même »

      À force d’y glisser de nouveaux talons pour en chausser les bottes, le visage humain perd figure. La valeur d’économie morale, attachée aux monnaies par le système du Bancor , aura pour négatif de monter aux peuples que l’immoralité de leurs petites pratiques quotidiennes ne peut plus s’abriter de la corruption des grands !

      Allez, ne désespérons pas…

    4. Caleb Irri,

      Méfiez-vous : la morale est un sujet glissant…j’en ai fait la triste expérience.

      Bizarrement ce sujet est fondamental : il peut faire apparaître les convictions les plus profondes de chacun (ses valeurs), ses bases philosophiques. Et bizarrement (non je rigole) certains sont effrayés à cette idée. Étonnant non ?

      Sur le fond donc : la morale qui s’est établie dans notre société, qui fait loi, est au final une morale de civilisation. Elle évolue, certes, mais difficilement, lentement (et encore…). C’est une crise de civilisation que nous connaissons aujourd’hui : parler de morale ou de valeurs c’est pour certains prendre le risque de dévaluer sa propre crise économique. Égoïsme inacceptable car dangereux pour la diversité, pour la société, pour la démocratie, mais pourtant égoïsme faisant partie de la morale actuelle : seul celui qui crie le plus, le plus fort, le mieux, etc., est écouté.

      Dans le cas qui nous préoccupe, la morale actuelle organise sa défense : ce n’est pas la manière de vivre-ensemble qui doit être changée selon elle, mais la manière dont nous organisons le vivre-ensemble autour de l’échange monétisé. La morale des éconophiles risque de plaire pour une seule raison : elle pérennise la soumission volontaire, à mes yeux le capitalisme historique :

      « Quelques-uns s’occupent de tout (pharaonies, seigneuries, bondieuseries, junteries et autres pseudo-démocraties dont je ris), ce qui nous permet de ne pas y penser ; et pour ça le meilleur moyen est de continuer à travailler sans y penser, à produire et consommer sans savoir quoi ni se demander pourquoi. »

      Sacrée morale pas vrai ?

      Je vous cite : « …qui dit prix dit négociation, et qui dit négociation dit rapport de forces. » : c’est simple et incontournable : ça dérange. Les éconophiles notamment :

      « La découverte involontaire de Ricardo, confirmée ensuite par Sraffa, c’est qu’un domaine de « l’économique » stricto sensu est illusoire : ce qui fonde ce qui apparaît comme « l’économique » est ailleurs : dans le rapport de force entre groupes humains définissables seulement en ceci qu’ils sont les récipiendaires de la rente, du profit ou du salaire. Autrement dit : une « science économique » est nécessairement une économie politique et l’économie politique a son fondement dans le politique. » (Paul Jorion)

      Plouf ! C’est « l’économique » qui fonde les notions de rapport de force et de groupes humains définissables seulement en ceci qu’ils sont les récipiendaires de la rente, du profit ou du salaire – de groupes humains économiques quoi ! : lui étant nécessaires elle les entretient !

      Ça arrange particulièrement les sociologues et autres anthropologues pour qui la société (le groupe) est plus importante que l’individu : parqués (en groupes), les individus ont moins de chance d’échapper à l’observation des scientifiques. Cette facilité des sciences sociales à se plier à l’ordre établi – accepter la tyrannie de l’échange monétisé comme une caractéristique sociale – maintient un voile sur l’humanisme.

      Allons, allons, messieurs-dames les scientifiques sociaux plus qu’humains : osez vous défaire du lien économique qui empêche l’individu d’exprimer ses valeurs : la tyrannie de « l’économique » impose le vivre-ensemble ainsi que les sciences qui l’observent. Or : « Ce n’est pas une crise économique, c’est beaucoup plus : la façon de vivre les uns avec les autres est remise en question. » (A. Jacquard, qui n’a pas non plus été formé comme économiste) :

      Il ne suffit plus de mettre (perpétuellement) en cause la manière dont le lien économique – le seul utilisé pour la construction de la société… – fonctionne, c’est de sa tyrannie dont il faut se débarrasser. Et pour cela, chacun doit faire son propre ménage, sa propre autocritique…avec cette mise en garde : « On ne règle pas un problème en utilisant le système de pensée qui l’a engendré. » (A. Einstein)

      Du même Albert (quelle cohérence !) : « La chose la plus difficile à comprendre au monde c’est l’impôt sur le revenu ! » ! Tu m’étonnes ! Je traduis pour les éconophiles : la société ne se préoccupe de ses membres que s’ils produisent ! Oui messieurs-dames, vous avez bien lu : nous n’avons le droit à ce qui nous a fait entrer en société que si nous produisons (pour certains c’est l’Histoire) !!!

      C’est un comble. Non ?

      L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres. Le pauvre étant le faible ou celui qui ne veut pas participer au jeu. Nous sommes nombreux à être (au moins) dans ce deuxième cas, mais la société monovaluée – n’ayant pour structure qu’une seule valeur, qu’un seul lien : l’échange monétisé – ne laisse actuellement pas la possibilité à d’autres valeurs, d’autres possibilités d’échanger (ou pas d’ailleurs), de s’exprimer : ce serait un changement de structure, de cadre, de civilisation…inacceptable pour l’organisation et sa morale en place.

      Parvenir à se libérer de cette tyrannie devient vite l’exercice d’une vie : le but c’est le chemin. Du pratique et du théorique.

      Pour le pratique.

      Il faut parvenir à se libérer de la contrainte physique, quotidienne, il faut se libérer de la tyrannie de l’échange monétisé : il faut le domestiquer (étymologiquement ça lui met un coup !). Vaste programme : le tyran détient sous sa férule la quasi-totalité de la planète ! Gare à celui qui se tient mal, qui ne travaille pas, qui ne consomme pas, qui ne produit pas, qui ne brasse pas d’argent : la sanction sociale sera terrible : banni ! Mais personne n’a dit que la démocratie était facile.

      Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde, disait Gandhi.

      Pour le théorique.

      La finance est une ponction nécessaire à la tyrannie de l’échange monétisé, mais pas sa cause : elle tombera avec le tyran.

      La tyrannie de l’échange monétisé est nécessaire au capitalisme ainsi défini := soumission volontaire, elle tombera en même temps que lui, qu’elle…

      En s’attaquant à une expression plutôt qu’à une cause, on donne la possibilité à la cause de s’exprimer autrement (voir l’Histoire pour preuves). Il faut s’attaquer à la soumission volontaire, pour que chacun puisse verbaliser consciemment sa vie et que tous s’attèlent à assembler ces valeurs verbalisées: c’est la démocratie.

      Simple non ? Pour cela il faut du temps, de la liberté.

      Pour le mix : La semaine des quatre jeudis.

      Il faut libérer du temps pour ceux qui le veulent. Pour cela il faut repenser la création de richesse, il faut la reléguer au second plan. Actuellement la contidion sine qua non pour que la société satisfasse ses besoins de base est la production de richesse. C’est un comble : satisfaire les besoins de base de chacun est ce qui nous a fait entrer en société ; et cette condition est soumise à la production de richesse !

      Il faut absolument s’occuper de ces besoins de base en premier : que ce soit ce travail accompli qui donne l’autorisation de créer des richesses par la suite. Ou pas : c’est la nouvelle option ! Pour cela deux jours de travail imposé et éventuellement rémunérés en monnaie (si on est capable d’en créer une à la hauteur !) devraient suffire. Ensuite, que celui qui souhaite produire, consommer, jouer avec l’argent…puisse le faire, à condition qu’il laisse les lieux au moins dans le même état qu’il les aura trouvés. Pour cela il serait intéressant de définir le salaire comme une taxe sur la consommation, à savoir qu’il contienne dès son émission la capacité de réparer les dégâts qu’il va occasionner.

      Merci pour l’espace d’expression. On m’a souvent poussé (fort parfois) à ouvrir mon propre blog. Je ne suis pas pour : c’est l’union qui fait la force (si si : même pour un cerveau collectif). Mais quand l’égoïsme prime sur l’efficacité…la démocratie est encore loin.

  2. Bonjour!

    Est-il sérieux qu’une phrase comme celle-ci apparaisse dans votre billet

    Comme monnaie, le bancor est un étalon de rationalité internationale des prix mais non un prix-étalon d’un quelconque bien particulier ni une valeur en soi.

    Comment vous dire? Connaissez-vous des rapports humains basés sur une quelconque rationnalité, qu’elle soit sous forme de papier, de Bancor ou même d’or?

    L’attirance pour l’or a quelque chose d’animal et l’homme a bien compris que s’il en avait plus que son voisin, celui-si s’enragerait. Lui donnant par la même occasion du pouvoir sur lui-même.
    L’histoire de l’attirance pour l’or n’a rien de raisonnable. Celle de la suprématie du dollar non plus.

    Le Bancor est une solution raisonnable voire idéale , mais pas réaliste. En tous cas pas pour les hommes de cette planète.
    La Raison permet de prendre le pouvoir sur les autres qui n’en ont pas, est-ce cela que vous voulez?
    La Raison permet aussi de régler des problèmes techniques. Mais ici, le Bancor ne propose aucune solution viable à long terme car tout le monde n’est pas doté d’un cerveau full-option (full-equiped) comme le vôtre!
    On croulerait sous une bureaucratie encore plus omniprésente pour régler toutes les incapacités des gens à se mettre d’accord sur la véritable valeur de ce Bancor. Pourquoi? Parce que le respect des nouvelles règles et, la « valeur » qu’on leur donne, se mesure aussi au charisme de ceux qui les mettent en place.
    Les dirigeants d’aujourd’hui ont le charisme suffisant, mais ils ne le feront pas.

    Connaissez-vous l’apostrophe faite à Monsieur Herman Van Rompuy, président du Conseil Européen, sur son charisme de serpillère humide? Ca, c’est ce qui se passe avec des gens dits civilisés. Imaginez si les techniciens du Bancor venaient imposer cela au peuple (même pour leur bien)! On assisterait à un lynchage…

    Tim K.

    1. Qu’ils soient dotés du charisme d’un gourou,
      ou du magnétisme d’une endive cuite,
      les dirigeants impressionnent énormément
      il est vrai, du simple fait de leur suffisance.

      … est-ce le peuple dont nous sommes familiers
      et que nous fréquentons quotidiennement,
      qui serait adepte du lynchage ; ou bien s’agit-il
      de quelque chose d’autre, né d’une imagination
      fertile d’écorché vif

    2. @ Tim K dit:
      « La Raison permet de prendre le pouvoir sur les autres qui n’en ont pas, est-ce cela que vous voulez ? »
      La raison, c’est la lumière naturelle que chacun possède et qui permet l’accord des volontés. Ce qui s’oppose à la raison, c’est la déraison, la démence, la folie.
      @ Tim K dit:
      « Le Bancor est une solution raisonnable voire idéale , mais pas réaliste »
      Souhaitez-vous que seule la démence soit réaliste ?

      1. @ d0d01 et Pol

        Entre le peuple dont nous sommes familiers et ses agités préexistants, il y a un pas qu’on franchit quand justement « c’est la crise ».
        C’est cela que je dis… Il ne suffit pas que les dirigeants sachent où ils vont. Si certains dans le peuple -où même dans la classe politique- sentent que ce n’est pas dans la bonne direction qu’ils nous mènent , ils peuvent devenir des agités prêts à lyncher. C’est une question de temps…
        Ici le débat est très raisonnable, je ne pense pas qu’il le soit à ce point dans les G7 ou 20… Et encore moins dans la rue…
        La Raison est une aubène dans la vie, mais elle ne peut tout régler, il faut l’accepter.
        La Raison, c’est comme une machine bien huilée, elle ne peut prendre le pouvoir sinon elle se transforme vite en tyran vu le peu de souplesse qui la caractérise. Demandez au peuple soviétique ce que ça fait de vivre soumis à une Raison omnipotente…

        Tim K

      2. Tim K, quand vous dites – ses agités préexistants – vous pensez à qui ;
        à des agents provocateurs, des pompiers pyromanes, des pousse-au-crime,
        des va-t-en guerres, ce genre de types ?
        … nous y sommes bel et bien et en plein dans la crise de la crise

      3. En plein dans le mille d0d01!
        Pourquoi attendre les mauvaises nouvelles alors que tous les éléments d’actualités vont dans le même sens.
        « Le capitalisme à l’agonie », ce n’est pas moi qui l’ai dit. On sait tout cela, alors pourquoi stagner dans le marasme?
        Pour les uns, l’heure est aux commentaires sur l’actualité. Ils font leur métier et je les en remercie! Pour d’autres, l’heure est plutôt à la construction de quelque chose de nouveau. N’allez pas croire que je fonde un nouveau système, je n’en ai pas les moyens évidemment! Mais pourquoi ne pas commencer à s’intéresser à ce qu’on avait perdu de vue depuis bien longtemps: son bien-être personnel?

        Tim K

      4. son bien-être personnel?

        ce qui serait mieux -car ce que vous dites est précisément le regard nombril-centré proposé par
        le consumérisme, avec pour corolaire le mal-être intérieur, même des gens qui ont de quoi satisfaire bien au delà des besoins fondamentaux …- ce serait de penser au mieux-être personnel du plus grand nombre, car en dehors des vrais prédateurs = ceux qui n’en auront jamais assez, il y a aussi un élan généreux chez l’être humain …
        c’est bien sur celui-là qu’il faut aussi miser …

        Il y a une différence fondamentale entre les zélites actuelles, et le Peuple, chaque individu ayant toute la gamme en lui (du meilleur au pire, bien sûr), c’est que ces zélites ont perdu toute mesure, sont dans une incapacité même d’imaginer les difficultés de la vie des personnes vivant dans une extrême précarité, y sont totalement insensibles, ne sont plus ni des Serviteurs de l’Etat, ni des Représentants du Peuple ( sauf exception, bien sûr ) : mais, ici, depuis l’après-guerre, c’est la première fois que nous touchons le fond à ce point : ce ne sont plus quelques individus déviants, mais bien un ensemble qui est « corrompu » =) voir les dernières inventions d’un sinistre de droite-extrême pour exercer un contrôle encore plus drastique sur les personnes les plus abîmées …alors même que la première loi, lorsqu’on a l’honneur d’appartenir à un gouvernement, est de se soucier de TOUTE la population, en remettant de la justice là où il en manque …et a fortiori, en période de crise aigüe telle qu’actuellement, il parait logique de faire participer à l’effort commun, EN PREMIER LIEU, ceux qui se sont servis sur la bête, en fraudant le fisc, spéculant, se délocalisant uniquement pour ne pas payer d’impôts …etc…, ou en ne faisant rien d’autres que de demander à des avocats d’affaire de tripatouiller au mieux pour surgonfler des patrimoines dont certains ont été acquis de façon douteuse !
        Il y a donc là une différence majeure et fondamentale entre les zélites et le Peuple : il serait judicieux de ne pas intervertir la question !
        La douleur morale que nous fait subir ce gouvernement pré-fasciste, est inouïe. La violence subie par la Population est terrible.

    1. @Rosebud1871 le 7 août 2011 à 23 h 42

      Mon petit doigt me dit que vos doigts sont trop gros à l’échelle du cellulaire et que vous évoquiez Gilles Dostaler comme la fois précédente (d’un autre rat-d’auteur et pour pallier votre sous-équipement)

      1. Merci doigts de fee … J aime bien le Banor de Scaringella …Zebu me lit ! Oui et non pour Caleb…

      2. @Ros…71
        Pour Cal… idéol… pas du côt… croient. (On développera quand vous aurez retrouver votre Minitel, les lettres y sont grosses mais continues. Là on est dans le développement inégal)

  3. @ Pierre :
    Je ne peux que saluer les efforts de rapprochement.

    Mais j’ai encore quelques questions :
    « C’est pourquoi elle repose sur des prix universellement discutables par des options. »
    Selon moi, la dernière partie de la phrase n’est pas obligatoire, voir justifiée. Elle pourrait se terminer sans ‘par des options’ qu’elle serait toujours juste.

    « La compensation internationale de Keynes porte sur des prix nominaux en monnaies différentes mises en équivalence par une négociation publique de marché. »
    Idem pour ‘de marché’. La négociation publique est l’apanage de la compensation internationale, nul besoin d’y ajouter ‘de marché’.

    « La centralisation publique des compensations privées permet la comparaison des primes réellement prélevées avec la position mondiale de crédit consolidée en bancor. »
    Quel en serait son intérêt ? Sinon, comme pour les marchés à terme actuellement, d’indexer non plus la ‘valeur’ mais la compensation monétaire sur celle résultante des marchés concernant les prix en effet ?
    La régulation de la compensation, à mon sens, comporte suffisamment d’indicateurs possibles d’anticipation pour y adjoindre elles des marchés.

    Si je comprends bien, Pierre, la compensation monétaire par le Bancor pourrait être ‘indexée’ sur celles des marchés de prix nominaux et surtout de leurs options à terme, afin ‘d’anticiper’, sur la base des options, la régulation à mettre en oeuvre ?
    Comment se réaliserait cette ‘indexation’ ?
    Je veux dire que si les options prennent en compte les risques de change et de crédit (c’est leur rôle) de manière anticipée, comment coordonner la nécessaire régulation politique de la compensation monétaire (bancor) d’avec celle anticipée par les acteurs de marché ?
    Et dans le cas où l’anticipation est contraire aux objectifs politiques de régulation, comment concilier les deux, dans le cas où cette anticipation produirait par exemple une dévaluation à T de la monnaie à T+1 alors que la régulation politique à T+1 aurait décidé à T+1 une dévaluation ? En quoi une anticipation, même collective, serait-elle plus légitime qu’une régulation politique ad hoc ?
    C’est mettre en oeuvre une double source de légitimité entre deux ‘institutions’ : est-ce vraiment nécessaire ? Pour quelle utilité ?

    1. @Zébu,

      « C’est pourquoi elle repose sur des prix universellement discutables par des options. »
      Selon moi, la dernière partie de la phrase n’est pas obligatoire, voir justifiée. Elle pourrait se terminer sans ‘par des options’ qu’elle serait toujours juste.

      La mention de l’option n’est pas ici une recommandation mais une constatation logique. Discuter, c’est échanger des paroles auxquelles on donne un prix. Les paroles échangée ont un prix dans la mesure où elles débouchent sur une conclusion provisoire commune aux échangistes. Si la conclusion se matérialise par l’échange concret d’un objet quantifié par un nombre, les parties à la discussion sont convenues, ont opté, un prix qui est une possibilité d’étalonnage de la monnaie si la discussion est validée par la société présente par le marché. Le « par les options » signifie que la discussion n’a pas de conséquence dans l’expérience empirique sans représentation écrite du prix nominal, du contrat et de la prime négociable par n’importe qui.

      « La compensation internationale de Keynes porte sur des prix nominaux en monnaies différentes mises en équivalence par une négociation publique de marché. »
      Idem pour ‘de marché’. La négociation publique est l’apanage de la compensation internationale, nul besoin d’y ajouter ‘de marché’.

      La compensation est un concept sans conséquence empirique si elle n’est pas représentée sur et par un marché. Un marché qui réunit ceux qui offrent des prix d’achat et des prix de vente d’objets visibles, avec les compensateurs et les juges publics de la compensation vérifiant l’équivalence effective des droits engagés. Le marché de compensation est à la fois une place publique, le lieu de travail des intermédiaires compensateurs, un tribunal de délibération de la justice et un lieu de discussion du prix relatif (parité de change) des lois nationales appliquées. La compensation est un processus d’économie politique couvrant tout le champ de la discussion humaine des objets concrets jusqu’aux principes de valorisation entre des personnes différentes les unes des autres.

      « La centralisation publique des compensations privées permet la comparaison des primes réellement prélevées avec la position mondiale de crédit consolidée en bancor. »
      Quel en serait son intérêt ? Sinon, comme pour les marchés à terme actuellement, d’indexer non plus la ‘valeur’ mais la compensation monétaire sur celle résultante des marchés concernant les prix en effet ? La régulation de la compensation, à mon sens, comporte suffisamment d’indicateurs possibles d’anticipation pour y adjoindre celles des marchés.

      Oui, la compensation publique centralisée des sous-compensations publiques ou privées effectue une comparaison dans la même monnaie entre une consolidation générale des prix nominaux réglés et des primes qui garantissent le crédit des prix nominaux à toutes les échéances convenues de règlement. La régulation de la compensation consiste à appliquer la même règle universelle à la réalité des prix.

      La finalité du marché est de rendre visible dans le temps l’ensemble des transactions compensées, des livraisons et des règlements effectués. Le principe d’égalité des droits appliqué dans la compensation est extérieur au marché et vérifié en dehors des intérêts particuliers exprimés par le marché. Le marché opère le principe de réalité de la compensation.

      Si je comprends bien, Pierre, la compensation monétaire par le Bancor pourrait être ‘indexée’ sur celles des marchés de prix nominaux et surtout de leurs options à terme, afin ‘d’anticiper’, sur la base des options, la régulation à mettre en œuvre ?
      Comment se réaliserait cette ‘indexation’ ?

      Oui, tu comprends bien. Le bancor est un instrument financier public indexé sur le prix nominal à terme et sur le prix réel comptant des transactions compensées. L’indexation sur le prix nominal à terme est normative. Toute séance de compensation calcule par l’ensemble des offres d’achat et de vente de prime la probabilité de règlement effectif à terme des prix nominaux irrévocablement engagés par les vendeurs d’option.

      La probabilité compensée sur chaque nominal induit une variation par rapport à la précédente compensation : cette variation donne immédiatement lieu au règlement d’appels de marge. L’augmentation de la probabilité induit un paiement des vendeurs de prime aux acheteurs. La diminution de la probabilité induit au contraire un paiement des acheteurs aux vendeurs. Une prime négative implique que les vendeurs de la prime reversent l’appel de marge au vendeur du nominal.

      Le vendeur de nominal en bancor est immédiatement renfloué de sa perte de crédit à terme évaluée par la compensation de marché. Une perte de crédit détruit de la masse monétaire en bancor. Une perte de probabilité de remboursement de crédit détruit également de la masse. En revanche l’augmentation de probabilité de remboursement crée de la masse ; augmente les unités de bancor en disponibilité de règlement.

      Le bancor est une monnaie primaire. L’émission et la destruction d’unités de bancor résulte de la compensation des primes d’achat et de vente des prix nominaux proposés à l’achat et à la vente. La monnaie primaire est par nature l’indexation de la mesure du crédit sur la probabilité de réalisation des prix nominaux sous-jacents au crédit. Quand les acheteurs et vendeurs à terme d’un même nominal sont compensés, le prix nominal d’équilibre les engagent irrévocablement ; les vendeurs à livrer et les acheteurs à régler. Tous sont couverts dans leurs engagements par des primes également cotées, négociables et compensées.

      Tous les prix nominaux sont probabilisés ; le prix d’une prime est probabilisé à 100% par les appels de marge si nécessaire dans toutes la chaine des garants pour un règlement intégral de la perte de crédit issue de la compensation. Le prix nominal est probabilisé entre 0% et 100% entre son origine et son échéance. Un prix nominal probabilisé à 0% n’a pas d’échéance du fait que personne n’achète la prime. La compensation d’un prix nominal probabilisé à 0% implique le règlement immédiat de la variation du prix ; ce prix a donc le statut de prime.

      Un prix nominal probabilisé au-dessus de 0% acquiert l’échéance autorisée par les acheteurs de la prime. Une fois compensée, une échéance engage irrévocablement ses acheteurs primaires qui devront régler tous les appels de marge négatifs jusqu’à l’échéance. Si l’échéance et le prix sont réalistes, la prime suscite des offres d’achat : elle monte au fur et à mesure que l’échéance s’approche et que le livrable sous-jacent est produit par le vendeur du prix nominal.

      Si l’anticipation compensée du nominal se réalise effectivement, l’ensemble des acheteurs primaires d’un nominal livré se retrouvent propriétaires de l’équivalent du prix réel du sous-jacent supérieur au prix nominal originellement vendu. La compensation de la livraison du sous-jacent débite l’acheteur nominal par le crédit des acheteurs primaires tandis que le vendeur nominal est débité du prix nominal par le crédit des vendeurs primaires. Le sous-jacent est livré et réglé. Le crédit du vendeur nominal est remboursé.

      La masse de bancor est diminuée du crédit remboursé. Les acheteurs primaires conservent par un crédit en bancor la différence entre le prix de leur prime à l’échéance et le prix nominal remboursé. Les vendeurs primaires en bancor disposent du débit net de contrepartie en bancor du crédit net des acheteurs primaires. Mais ce crédit net et ce débit net sont compensés par l’emploi nominal du crédit net dans la garantie d’un nouvel achat à terme et par l’emploi nominal du débit net dans une nouvelle vente à terme. Si le crédit et le débit issu d’une échéance de transaction réelle à terme ne sont pas employés dans une nouvelle anticipation, l’absence du futur engagé par les résultats du passé entraîne le solde du crédit par le débit et la contraction de la masse monétaire en bancor.

      La masse monétaire en bancor représente la masse des primes évaluant la probabilité de remboursement de la masse des crédits engagés en bancor. La masse des crédits engagés en bancor représente l’anticipation réaliste de la masse de richesses en production négociée dans des transactions à terme dans n’importe quelle monnaie. L’anticipation réaliste de la production universellement engagée de richesses est prouvée par le dépôt des transactions par les vendeurs et le dépôt de la justification comptable de leurs anticipations de production et de vente.

      Le réalisme des vendeurs est garanti par la vente systématique de la prime de crédit sur les comptes des vendeurs en bancor. La réalité de la garantie est démontrée par la compensation qui rend tout le marché solidairement responsable de l’équilibre des prix compensés. La garantie de la compensation est réelle par la justice rendue par les États nationaux de droit sur l’application effective de la loi juridique dans l’ensemble des transactions. La justice des États nationaux est présumée par l’effort de démocratie qu’ils instituent par l’engagement des citoyens.

      Si les options prennent en compte les risques de change et de crédit (c’est leur rôle) de manière anticipée, comment coordonner la nécessaire régulation politique de la compensation monétaire (bancor) d’avec celle anticipée par les acteurs de marché ?

      L’ordre politique ne se situe pas sur le même plan que l’ordre économique. L’ordre politique institue la discussion et la hiérarchisation des finalités humaines entre des citoyens libres et responsables. L’ordre économique institue la discussion et la hiérarchisation des réalisations matérielles des finalités humaines par les prix. Entre ces deux plans, il faut dire lequel prime sur l’autre. Si c’est l’économique, une logique de prix se met en place où toutes les finalités humaines non prises en compte dans l’équilibre de facto sont niées purement et simplement.

      Si c’est le politique qui prime, la logique des prix s’intègre par un rapport de force où toutes les finalités acceptées et reconnues par la politie sont représentées par une force effective. Pour reprendre la théorie de Paul, toutes les finalités humaines ont un statut discuté par la politie avant d’être confrontées dans la production du prix. La finalité humaine de la justice, de la médecine et de la plomberie sont posées, discutées et définies, traduites en compétences mesurables pour être proposées comme prestations donnant lieu à une certaine négociation de prix et à un règlement.

      Si la primauté du politique est rétablie, alors les monnaies différentes reflètent des ordres politiques nationaux différents par la différence des cultures politiques. Ces ordres politiques produisent des systèmes économiques différents plus ou moins générateurs de crédit international. Le crédit international des ordres politiques nationaux est prisé par la parité monétaire en bancor ; laquelle varie selon les primes de change souscrites et compensées en bancor.

      Les systèmes économiques nationaux, régionaux et multinationaux produisent des biens et services réels négociables dans les monnaies nationales convertibles par le bancor. La conversion par le bancor garantit la mise en équivalence juridique des crédits nationaux par les primes de crédit, de laquelle dépend la mise en équivalence des prix nominaux, de laquelle dépend la mise en production effective des biens et services selon les prix négociés dans les systèmes économiques nationaux. Les systèmes économiques sont subordonnés par la compensation internationale aux discussions nationales d’économie politique.

      1. @ Pierre :
        Je crois avoir (mieux) compris.
        Ton système serait effectivement ‘fonctionnel’, au sens où il pourrait fonctionner.
        Mais c’est un système complètement différent de celui imaginé par Keynes, ne serait ce que parce celui-ci n’intègre pas les marchés (à fortiori à terme) dans son schéma. En ce sens, cela permet aussi d’identifier les alternatives en présence.
        Nos divergences apparaissent alors clairement politique, sur le rôle du politique et du marché, à conduire le système.
        Un exemple : « L’ordre politique ne se situe pas sur le même plan que l’ordre économique. » A mon sens, non. Il n’y a pas à dissocier les deux ‘ordres’. Il y a par contre nécessité à réintégrer ‘l’ordre’ économique au sein de ‘l’ordre’ politique. Il n’y a pas un homo economicus d’un côté et un homo politicus de l’autre, à moins que pour le même individu, on ne prône la schizophrénie …
        Je perçois par contre la possibilité pour le pouvoir politique d’agir en retour (effets feed-back) sur les conditions de formation des prix, au travers de ses législations (travail, sécurité sociale, …), pour influer sur les conditions de formation des options, donc de la compensation du crédit et de la masse monétaire. Je pense que c’est ainsi que tu le conçois.

        Pour autant, je vois aussi deux difficultés dans ce système, qui fait que sa fonctionnalité risque d’être défaillante assez rapidement :
        1/ la théorie de la ‘valeur’ y a été extirpée, au sens qu’elle en donne économiquement. Pour autant, il me semble que cette théorie de la ‘valeur’ fait place à une théorie … de ‘l’anticipation’, efficiente, forcément efficiente … par les mêmes marchés. Là encore, l’anticipation va jouer un rôle d’artefact pour masquer les rapports de force, sur la définition des primes quant aux options, et ce, quelque soit la force de l’effet (cet ajout est important dans ton système mais non suffisant). En se focalisant sur la flèche du temps (neutre, forcément neutre, comme la ‘valeur’), on oubliera ainsi que ceux qui définissent les primes sont les mêmes que ceux qui aujourd’hui définissent sur les marchés la ‘valeur’. La contractualisation n’y changera rien : au fort sera proposé une prime faible et inversement. Sauf qu’en lieu et place d’une régulation politique sur cet acte, on aura … la ‘neutralité’ du temps comme rideau de fumée.
        De sorte qu’il me semble que ce que tu transformes refonde par un autre biais (anticipation/valeur) le même principe : l’efficience de marché.
        2/ l’option n’aura pas (ce ne sera pas son rôle) à évaluer la ‘qualité’ de la formation des prix, à savoir s’ils sont équitables ou non. Car l’objet même de l’option est bien de définir si oui ou non, le prix nominal sera ou non celui en effet lors du terme et si non, de combien sera la différence (+/-). Un pays où les conditions de travail seront épouvantables mais où l’ordre règne (capitalisme à la chinoise, par exemple) pourra définir ainsi des prix très bien ‘anticipés’, à savoir que leurs primes seront faibles, voir positives et ainsi bénéficier et de crédit et d’un change positif au sein d’un bancor. L’option et son marché seront donc inefficient par rapport à la répartition du surplus au sein du capitalisme : rien de changer donc.
        Tu me répondras que ce n’est pas le rôle de cet ‘ordre économique’ mais bien du politique.
        Mais si l’ordre politique est indexé sur celui du marché des options, que pourra-t-il modifier sur ce point ? Rien, à part agir directement sur les changes monétaires … ce qui reviendrait à nier l’indexation sur le marché des options. Dès lors, si l’on veut préserver la capacité du politique à réguler quelque chose, non seulement l’indexation sur le marché des options est impossible mais l’utilité même de ce marché se pose puisque si le politique peut réguler par la monnaie (en haut), pourquoi instaurer en contre-partie une régulation par les marchés (en bas), si ce n’est pour instaurer un rapport de force entre deux légitimités : celle du politique et celle de l’économique, toujours séparées ?
        En quoi tout ceci dès lors change par rapport à ce qui existe dans le système actuel ?
        Rien, à mon sens : même dualité politique/économique, même conflit économique/politique, suprématie du marché forcément ‘efficient’ (et qui sait mieux que le politique), …
        Hormis l’extirpation de la théorie de la ‘valeur’, transformée en théorie de l’anticipation rationnelle des acteurs du marché …

        On tourne en rond.
        Et on créé un rideau de fumée.

      2. zébu, Pierre,

        Pour éviter de tourner en rond en fumant les rideaux, il me semble que ce qui vous empêche de vous rejoindre, Pierre et vous, c’est ce que pourrait ou devrait être le politique. Si c’est la démocratie (démocratie := possibilité donnée à chacun d’exprimer ses valeurs pour un monde dans lequel il souhaiterait passer son temps de vie, en toute conscience, et de participer à l’assemblage de toutes ces valeurs…pour cela il faut du temps…deux jours de travail social imposé par semaine par exemple…) alors l’échange monétisé n’est plus imposé et « La finalité humaine de la justice, de la médecine et de la plomberie sont posées, discutées et définies », d’accord, « traduites en compétences mesurables », ou pas, « pour être proposées comme prestations donnant lieu à une certaine négociation de prix et à un règlement » ou pas. Ça c’est le politique qui remet l’économique à sa place.

        Le bancor comme monnaie d’échanges désirés : d’accord.
        Toute monnaie qui n’empêcherait pas la tyrannie (de l’échange monétisé, qui pousse par exemple la société à produire des biens dont l’utilité sociale reste à démontrer pour subvenir aux besoins de base des individus : un comble, quand on sait que c’est précisément le désir de combler ces besoins qui nous a fait entrer en société, à l’époque !) et les dégâts humains et environnementaux en découlant nécessairement : non !

        C’est simple et légitime, non ?

      3. @Zébu,

        Une précision s’impose : je ne propose pas de système. J’interprète Keynes dans le contexte d’aujourd’hui. Je pars de ce que je vois et essaie de comprendre si cela rentre logiquement et utilement dans le schéma keynésien de compensation. Logiquement : il faut que la compensation puisse transformer des prix d’une monnaie à l’autre, transformer des biens produits quelque part en biens vendus ailleurs et transformer des droits respectés dans le pays de production en droits satisfaits dans le pays de consommation. Utilement : il faut que la compensation réponde aux besoins humains exprimés et entendus, que les droits affirmés verbalement soient réalisés et que la dignité humaine soit promue comme principe directeur des contingences matérielles.

        Si nous discutons de ce qu’on nous comprenons de Keynes, il nous faut reconnaître les bases de son corpus théorique. Il me semble que l’originalité du courant keynésien dans la théorie économique est d’analyser explicitement les rôles financiers distinctement des rôles de production et de consommation physique. Keynes inscrit son analyse dans le cadre politique qui pose des autorités publiques. Ces autorités régulent les relations entre les acteurs financiers et économiques ; elles dirigent la politique monétaire et la politique budgétaire. Les autorités publiques ont une politique économique qui fait partie de l’équilibre général des prix, de la production, de la consommation et de l’investissement.

        Toute la théorisation keynésienne repose sur la manifestation des phénomènes économiques par le marché : les prix résultent des anticipations et des décisions des agents économiques ; ces prix engendrent le crédit, l’épargne et l’investissement ; la politique monétaire génère une plus ou moins grande émission monétaire par le système bancaire. Si l’économie est la matière étudiée par Keynes, le marché en est la forme et la politique en définit les fins. Sommes-nous d’accord avec Keynes sur cette différenciation des plans de l’économie politique ?

        Comme théoricien de l’économie politique, Keynes utilise le concept de la valeur. Il a besoin de théoriser la transformation du travail, des décisions et des anticipations en monnaie. Il utilise la valeur comme prédicat de la fonction de transformation ; comme Ricardo, il veut expliquer comment les objets fondamentaux de l’économie politique reçoivent des prix exprimés en monnaie dont l’émission est dirigée par l’État de droit. La valeur est bien pour Keynes un artefact de transformation d’objets qui s’échangent par des prix. Mais cet artefact n’est pas un masque de la réalité économique ; c’est un révélateur des forces qui s’expriment ou devraient s’exprimer.

        L’hypothèse de théorisation keynésienne est que l’économie est pensée avant d’être actée. Elle est pensée par des artefacts comme la valeur, le prix, la monnaie, l’anticipation, l’option et la loi d’origine politique. L’économie keynésienne est finalisée par le plein emploi du travail et la croissance maximale de la production. Cette double finalité de la valeur économique n’est pas réalisable selon les forces « naturelles » du marché non régulé par la puissance publique. Keynes affirme que la monnaie exprime dans le temps l’information des prix aux acteurs du marché ; elle n’est pas neutre sur l’équilibre général des prix.

        La force de l’État est économiquement indispensable dans la régulation du crédit et dans la correction de l’offre et de la demande par les services de la dépense publique. Cette hypothèse keynésienne de l’économie politique a été doublement controversée par la théorie et la pratique. La théorie libérale de l’économie affirme que la rationalité des individus suffit à tout équilibre de prix ; cette rationalité s’exprimerait naturellement et n’a pas besoin de loi et de régulation par l’intérêt général.

        En pratique, l’intérêt général a été neutralisé par la captation des institutions et pouvoirs politiques par des intérêts particuliers. Le démantèlement de la puissance publique a été achevé par la globalisation et le « libre échange » où toutes les activités économiques rentables ont été internationalisées pour échapper à toute fiscalité et à tout contrôle de conformité économique au bien commun. En fait, il n’y a plus de marché par opacification générale des forces économiques, des rapports de force et des calculs de force.

        La finance simule par le numération la soupe d’énergie à l’origine du monde où la matière ne peut pas se former en l’absence de force de matérialisation régie par une loi d’information déterminante d’ordre. Ou bien le bancor est une force qui sera captée par une puissance occulte qui se rendra maître de la soupe monétaire exprimant des prix, ou bien le bancor est une règle d’information internationale du prix par un marché de rationalité humaine. Le marché est dans la main des peuples s’ils veulent prendre la main qui ne peut plus être invisible.

  4. « L’émission de bancor devait être complètement rationalisée, c’est-à-dire indépendante de tout mécanisme automatique asservi à une réalité objective posée comme valeur en soi », à mon sens, ceci implique la capacité de « sortir du cadre ». Je ne sais si il est possible d’évoluer hors-cadre, donc, ce serait élargir le cadre en exprimant l’incapacité d’évaluer par voie de dévalorisation.
    http://fr.wiktionary.org/wiki/valeo#.C3.89tymologie

  5. je ne suis pas sur d’avoir bien compris ce truc du « bancor »
    c’est un étalon de papier pour de la monnaie en papier ?

  6. Le bancor unité de mesure de la valeur (ou du prix) de l’argent comme le kilogramme ou le mètre.

    La principale difficulté est de définir un système de référence rationnel et détaché des décisions humaines qui soit accepté par tous.

    Par ailleurs il serait souhaitable que sa gestion soit affectée à un organisme international du type poids et mesure plutôt que par des officines du style agence de notations.

    Partant du principe que « le temps c’est de l’argent » et que le temps est « constant » et relatif l’unité de valeur du « temps décimal » pourrait être un bon candidat pour matérialiser le concept de bancor de Keynes.

    Par exemple la valeur du smic définit en temps décimal s’obtiendrait par division du montant du salaire par le temps passé exprimé heure sexagésimal.

    1. La bonne solution aux échanges n’est-elle pas tout simplement la création d’une monnaie internationale fondée sur le produit d’ un mix des diverses zones monétaires (un étalon fluctuant, issu d’un panier de monnaies) ?
      Toute discussion sur « la valeur » d’une chose n’a guère de sens sachant que celle-ci se fonde sur le désir humain, lequel est, par essence, subjectif.

    2. Le temps n’est pas constant … il est variable et dépendant de la vitesse et de la masse.
      Ce sera le cas du bancor?
      Je plaisante… bien sûr qu’une monnaie de référence universelle est déjà un 1er pas vers une économie basée sur la mutualisation des ressources et redistributive.

      1. Il faudra effectivement prévoir des modifications du concept de la valeur basée sur le temps décimal à l’occasion des voyages interplanétaire.

        mais d’ici là … 😉

  7. Le bancor serait donc une abstraction de l’echange entre pays. Comme toute abstraction elle est un vide. Peut on assimiler le bancor (en tant qu’abstraction) au zero de l’arithmetique qui seul permet le calcul et permet l’existence des autres abstractions que sont les chiffres ??

    En tant qu’abstraction et etant du domaine eco donc social, le banor doit etre re-introduit dans le monde ou nous vivons sous une forme historique car nous vivons dans le temps. Cette historicisation du bancor est-elle realisee dans l’option ??

    Cela necessitera un mecanisme de gestion de cette historicisation. Etant du domaine sociale il y faudra des lois, une institution de justice dediee, ainsi qu’une institution d’execution separee. Ce code de lois ne peut etre que mondial. Il doit donc reposer sur des regles et normes mondialement admises respectant des principes ethiques et moraux acceptes mondialement. Cela seul permettra de garantir une deontologie.

  8. Une assemblée de sages en haut pour effectuer les compensations .
    En bas , dans les diverses nations , une industrie de cassage de cailloux subventionnées par l’état ici , une industrie de remplissage des trous là , afin d’assurer le plein emploi .
    Tout cela selon une organisation rationnelle .
    On compense les divers niveaux mais le niveau général n’ a pas d’importance .
    Que les terrassiers ne mangent pas de cailloux n’a pas d’importance , puisque les états se substituent à sa consommation . Les états , mais pas les fonctionnaires , ni les fournisseurs de l’état , comment distinguer , en qualité ?

  9. Ces réflexions sur la meilleure maniére d’établir une bonne monnaie fiduciaire , jointe au contexte , me renvoie à une objection que Mazarin opposait à Louis XIII , je crois , qui faisait valoir la limite
    atteinte à pressurer les paysans et artisans , mais Sire , les ‘couches moyennes’ ! ( quelque chose comme çà ) .
    Au delà , dans cet ordre d’idée de pomper les réserves , pourquoi ne pas l’étendre aux ressources naturelles , d’ailleurs n’est ce pas le cas ! Quoique là il y a un bémol , suffit pas d’un décret , ou d’une écriture comptable pour faire jaillir le pétrole du puits .
    Si pas de mesure , étalon , point fixe , niveau ….

    1. @Roger Wielgus,
      Hypothèse : l’éthique est une réflexion individuelle sur la qualité des relations avec les autres ; la morale est une discussion collective de la qualité des relations entre les individus.
      Question : ne faut-il pas que les deux démarches se rejoignent pour qu’éthique et morale fassent un équilibre politique des relations entre citoyens responsables de leurs intentions ?

      1. @PSDJ; votre découpage de la philosophie morale selon les niveaux d’organisation individuel / collectif s’inscrit naturellement inscrit dans la biologie des comportements et dans le dépassement de la biologie des comportements ; le circuit de la récompense d’une part ,et les neurones miroirs d’autre part, permettent l’institution d’une nature humaine de la nature humaine.

        Si, de quelque façon que ce soit, une transévolution humaine est réalisée par l’homme même, l’humanité aura accompli sa potentialité, ayant amené la matière vivante au stade de la matière étique. Celle-ci sera législative non seulement comme l’était celle de l’homo faber – dans l’ordre instrumental …

        Boris Rybak, Pour une éthique, chapitre conclusif de Psyché Soma Germen, Gallimard,1978.

        Repenser l’économie demande, je crois, d’affirmer en premier, que sa réorganisation ne doit pas, cette fois, servir de faux nez à l’instauration d’un nouveau mode de domination.

      2. L’éthique, dans mon sens, n’a rien d’individuelle, c’est bien au contraire un idéal dans la qualité des relations entre individus, alors que la morale est elle a géométrie variable, selon la culture des uns et des autres. A mon humble avis.

      3. @Jean-Luc,
        Cette citation de Boris Rybac me convient absolument. Il faut tuer par la loi l’acceptation possible d’une domination de l’homme sur l’homme même si l’on sait que cela ne suffit pas ni n’instaure de réalité définitive.

        @Roger Wielgus,
        Vous faites donc dialoguer l’éthique et la morale…

      4. Bonjour,

        Juste pour répéter un cours de philosophie sur la distinction moderne entre éthique/morale : en gros l’éthique se passe de transcendant politique.
        D’une certaine manière, cela rejoint votre hypothèse. La morale fait souvent référence à un transcendant qui fonde et maintient la communauté : le matérialisme comme les croyances « en lien direct » se passent de ce transcendant politique (immanence de la société civile, typiquement le « tout marché »).

        Il y a l’influence de l’anglais ethic qui joue aussi, comme semble le montrer votre hypothèse. En anglais, il se réfère à la sphère privée, alors que dans un schéma hégélien, la transcendance est représentée par l’état (« seul dans l’universel (du concept)… »).
        S’il y a une morale politique (républicaine, royale), il y a une éthique des professions, et en ce sens, non plus une morale civique, mais une éthique citoyenne (adjectif récent issu de l’économie politique d’ailleurs). Aux cotés des libéraux s’ajoute la critique de Marx sur l’état : pour lui penser que le citoyen et donc l’état sont dans l’universel est une illusion qui signe l’aliénation de l’homme (séparation de la société civile et de la société politique), position aujourd’hui adoptée par une partie des libéraux (républicains aux états unis) ; là où Marx voyait l’hypocrisie de la bourgeoisie, des libéraux modernes voient le dirigisme, au nom des valeurs bourgeoises (liberté propriété sureté).

        Des glissements similaires ont opéré sur ars/tekne : ars désignait comme tekne les professions, notamment celles dites libérales (celle des hommes libres (citoyens, cf ci dessous le citoyen, ainsi que la critique marxiste), ces mêmes professions qui aujourd’hui ont une éthique (il y a une éthique du médecin, mais un bon sens paysan.)
        Ars, art, a fini par désigner la plus « haute » expression de la subjectivité individuelle, tandis que la technique (la Raison) emportait le marché de l’objectivité.

        Mais c’est pour faire une différence. Tantôt l’éthique est invoquée comme pragmatique face à une morale déconnectée du réel (déontologie), tantôt elle est la science de la morale (l’éthique de Spinoza), et c’est alors la morale qui est un ensemble de préceptes pratiques que l’éthique explicite.

        L’éthique est à la morale ce que la prothèse est à la jambe de bois (car en fait, cette transcendance n’est jamais gommée : elle est niée ou recluse à la sphère privée, hors du politique, politique qui est la « vraie » société), voire dans le futur, ce que le membre bionique (les scientifiques ont parfois de ces termes…) est à la prothèse.

        « parce qu’elle a trait aux mœurs, en grec ethos, nous, pour désigner cette partie de la philosophie, nous disons couramment philosophie des mœurs, mais c’est le cas d’enrichir notre langue et de l’appeler morale ». (Cicéron, le Destin)

        Comme ars et tekne, art et technique, politique et civilisation, éthique dit en grec ce que morale dit en latin. Si les sens divergent, c’est surtout que l’un veut oublier l’autre… : éthique est utilisé pour une morale qui ne peut plus ou ne veut plus se dire. (« l’esquive à la mode », écrit F Jullien à propos de l’éthique, dans dialogue sur la morale)
        De la volonté de se distinguer.

        L’opposition joue à plein d’une opposition société/état, qui elle même se retrouve dans les oppositions politiques de tout les jours.

        Si l’on se base juste sur les étymologies : économie renvoyant à la loi du foyer, et éthique ou morale renvoyant peu ou prou aux coutumes, et donc au groupe social, ces deux termes s’opposent politiquement (à l’un la cellule familiale, à l’autre la communauté politique, distinction entre la tribu et le clan aussi). Sur cette base (seule : juste une perspective) si la politique peut être morale, l’économie ne peut être ni politique, ni morale (ou éthique). Du moins dans le cas où d’un bien commun ou d’une perspective grecque où la loi libère, et où le foyer est celui d’un tyran domestique (tyran que l’on retrouve chez les latins, puis version moderne, dans le propriétaire, libre d’user de son bien comme il lui semble bon). C’est bien dans l’isoloir, hors « société civile », que s’exprime le vote (à juste titre).
        De ce point de vue, « une économie morale est une économie politique » revient à dire (je force le trait) « un oxymore est un oxymore ».

        Si l’on évite les étymologies, qui ont le mérite selon moi de faire ressortir des problèmes intéressants, et pour rester à peu près dans le sens(moderne) que vous donnez à ces termes, je dirais que l’économie politique (comme organisation des foyers en corps politique, ultimement l’état) se doit d’être morale (impératif moral qui ne mange pas de pain, mais qui se mord la queue… : en gros, « que la force soit juste »), une économie étant politique, qu’elle soit morale ou non.
        Ce qui n’est pas possible dans le cas marxiste puisqu’au mieux le citoyen est dans le particulier (idiotie selon l’étymologie grecque), ni non plus dans le cas libéral (celui qui présuppose l’état, et donc la coordination des groupes sociaux à égalité de droit ET d’expression (un citoyen, un vote) néfaste).

        « un équilibre politique des relations entre citoyens responsables de leurs intentions ».

        « droit de l’homme et du citoyen »
        C’est à travers la notion de citoyen que se voit le mieux le problème qu’il y a a opposer (pour s’en plaindre ou s’en réjouir) société et état, d’autant plus dans une démocratie (réelle), et encore plus dans une république. Tantôt sujet tantôt participant du souverain.
        Il est bien sûr possible que cette distinction devienne une distinction de classe (d’un coté les citoyens, de l’autre, les sujets, « citoyens passifs », fondement de la critique marxiste, notamment avec la distinction droit formel/droit réel sur la liberté.), mais le « mal » fondamental est commis dans cette séparation : l’état (de status, ce qui se tient debout, statue de commandeur autant que marionnette), devient l’autre de la société (de la même façon le surgissement du couple conscient/inconscient à la même époque, le for intérieur qui devient fort intérieur).
        L’habitant de la cité grecque, le citoyen, n’avait pas de concept pour désigner une société distincte de la cité, de la polis. L’individu (l’âme : l’individu n’existe pas dans le champ politique grec, puisqu’il n’existe que hors du politique) est une cité dans la cité les deux devant s’accorder ; l’autre est l’autre individu, ou l’autre politique (la perse, en opposition avec le mythe du despotisme oriental).

        Qu’est ce qu’un citoyen? Aristote remarque que le citoyen existe surtout en démocratie (la politique). Il définira le citoyen par la liberté, liberté intérieure (domestique : l’esclave ne peut être citoyen.), et extérieure (membre d’un peuple souverain. L’empire perse n’est pas loin. Le courage était la première vertu du citoyen libre, libre par son adhésion à la loi grecque, et donc capable de risquer sa vie pour cette liberté.).

        Une distinction utile aussi est celle de la citoyenneté par imposition, et de la citoyenneté par consentement.

        Qu’est ce qu’un citoyen responsable? Pas le citoyen passif par imposition, en tout cas. Et si la définition par la liberté est nécessaire, elle n’est pourtant pas suffisante : la question des moyens (matériels et intellectuels) arrive rapidement.

  10. Nous vivons des temps remarquables, a nous de bien les vivre….
    Tout ces problèmes de valeur , de morale , d’éthique sont insolubles avec ce qui existe mais le seront avec l’acceptation totale d’un nouveau ,d’une modification de conscience de l’ordre du monde.
    Quand je vois mes résistances à changer mes habitudes j’ai un peu plus de compréhension pour tout les responsables politiques , financiers et autres pour leur manque de courage à accepter ce nouvel ordre qui vient. Sans doute que si nous étions quelque millions à exprimer ce besoin cela les aideraient à prendre des décisions difficiles avec courage plutôt que de les prendre très difficilement dans la douleur….

    1. « Ce dont il s’agit, donc, est tout autre chose que de gérer tranquillement le consensus existant, augmenter millimétriquement les « espaces de liberté » ou revendiquer « de plus en plus de droits ». Comment le faire est une autre affaire. Un grand mouvement politique collectif ne peut pas naître par l’acte de volonté de quelques-uns. Mais, aussi longtemps que cette hypnose collective dure [ndlc: « la représentation du monde comme objet d’une maîtrise croissante ou comme décor d’une anthroposhère »], il y a, pour ceux parmi nous qui ont le lourd privilège de pouvoir parler, une éthique et une politique provisoires: dévoiler, critiquer, dénoncer l’état de choses existant. Et pour tous: tenter de se comporter et d’agir exemplairement là où ils se trouvent. Nous sommes responsables de ce qui dépend de nous. »

      C. Castoriadis
      http://lexiconangel.blogspot.com/2009/09/quelle-democratie-cornelius-castoriadis.html

  11. Le bankor , a mon sens , est une meilleure solution qu’une monnaie unique …mais il n ‘en reste pas moins une linéarisation de la complexité « naturelle » des systèmes .
    Les monnaies de chaque etat (elles memes linéarisation locale), ont des interactions entre elles et ces interactions ne sont pas référencées a une « valeur » commune….Mettre en place une reference commune c’est rationaliser a un niveau supérieur et supprimer le particularismes des dualités ……Ce la facilite le travail des comptable mais désenchante le système .
    L’altérité me semble nécessaire a la vie , …mais elle s’use qd on s’en sert , surtout qd cet usage la supprime ….seuls les systèmes naturels (parcellisés) permettent de régénerer l’altérité et de l’utiliser sans l’abimer .

    1. @Kercoz,
      Exact : le bancor est une prime de rationalité sur la linéarisation de la complexité naturelle des systèmes. Au lieu de produire de la complexité par le discours, l’homme accepte les limites de son intelligence et naturalise la complexité dans son rapport à l’autre et à la réalité concrète du monde. L’hypothèse de la référence commune permet d’attribuer un prix nominal collectif universel à toute offre de simplicité.
      Mais cette simplicité s’inscrivant nécessairement dans une complexité irréductible dans la diversité des jugements, le prix nominal de l’un est systématiquement garanti par la prime de l’autre qui croit à l’utilité de l’hypothèse de simplicité de l’un. Si l’hypothèse de l’un ne se réalise pas complètement, l’autre en assume la perte de prix. La parcellisation des systèmes par l’intégration individuelle de la complexité régénère l’altérité et développe le monde réel.

      1. ////// Exact : le bancor est une prime de rationalité sur la linéarisation de la complexité naturelle des systèmes /////

        pourquoi « prime » ? la rationalité est un echec ou une manipulation « par défaut » .
        Pour réfléchir a ces problèmes , il me semble qu’il faut revenir aux fondamentaux : nous sommes formatés pour etre fortement autarciques et nous l’étions encore a forte dose il y a 60 ans .
        l’importance de la monnaie est nettement moins importante chez un système ou les gens produisent l’essentiel de leur subsistance (au niveau individuel comme au niveau des groupes) .
        La dépendance actuelle des individus au système est devenu énorme et leur élimine le peu de libre arbitre qui subsistait …..
        Qd on a une cheminée , 4 poules et qqs ares , les « crises » sont moins effrayantes , meme si ça reste subjectif .
        Pour caricaturer ;
        100 pays et cent monnaies induisent 10 000 interactions si l’on reste au niveau des interactions en couples (les interets et interactions spontanées et complexes s’installent en réalité sur des groupes de groupes etc … )
        100 pays a monnaie unique n’induisent que 100 interactions , meme si l’on fabrique qqs rétroactions correctives .
        Le Bancor semble posseder l’avantage de désynchroniser ces interactions et par là augmenter souplesse et stabilité (la plus part des moteurs elecs sont asynchrones)

  12. Il faudra effectivement prévoir des modifications du concept de la valeur basée sur le temps décimal à l’occasion des voyages interplanétaire.

    mais d’ici là … 😉

  13. @PSdJ,Zebu,keroz
    J’ai un peu de mal pour comprendre toutes les finesses du bancor. Mais je m’accroche! Toutefois, il me semble que l’Europe avec ses organismes communautaires dispose d’une base de données pour tenter (une thèse collective??) de calculer des Euromark, Eurofranc, Eurolire, Europeseta,… versus un eurobancor.
    La publication régulière de cette table de conversion serait de nature à induire des changements via une action de lobbying.
    Evidemment cette approche ne me range pas dans le camp de ceux qui rêvent d’un grand soir, mais plutôt dans celui de ceux qui pense qu’il est possible d’utiliser l’extraordinaire résilience du système actuel et son incroyable adaptabilité. C’est moins romantique, mais peut-être moins générateurs de misères….

  14. Parfois l’altérité peut être conflictuelle et elle implique dans ce cas l’arbitrage ou la conciliation, intuitivement il me semble que l’instauration du Bancor nécessite quelque part, au niveau national ou international une avancée du Droit.
    C’est intuitif, c’est à dire un point de départ pour une réflexion rationnelle.

    1. L’ altérité EST conflictuelle et ce conflit EST nécessaire . Conflit ne signifie pas guerre . C’est une difference de potentiel qui comme en élec peut faire émmerger un « courant » …..voir Zyzek « réhabiliter l’intolérance ».

      1. L’ altérité EST conflictuelle et ce conflit EST nécessaire .

        oui, sinon, nous voilà dans un processus de fusion ( fusion mère-nourrisson , indispensable à la survie du tout-petit), mais qui, si se prolonge au delà, devient fortement régressive, niant et gommant l’autre. =) ce qui est fort dangereux, et qui évite le conflit, puisque personne n’existe, mais qui ne permet la résolution d’aucun problème, ni aucune avancée !
        Voilà un des grands dégâts causés par le consumérisme ! =) fusion et addiction.

        c’est un point fondamental.

      2. Le développement du caractère « NEOTENIQUE » , au sens de K.LORENZ est une déviance évidente de nos sociétés …Si ce caractère permet l ‘émmergence et le développement de l’ outil intelligence chez certaines especes (spécialisées ds la « non spécialisation ») , il semble que le délitement des rites modérateurs ait autorisé l’hypertrophie de ce caractère .

  15. @PSDJ,

    Selon ses biographes, dans l’esprit de Keynes, il n’a jamais été question de fixer en bancor le prix de l’or ni même de mettre un certain poids d’or dans l’étalonnage du bancor en biens réels.

    J’attire votre attention sur un passage dans lequel Keynes explique le rôle qu’il voit pour l’or dans le cadre de ses propositions pour une une union internationale de compensations (texte final Avril 1943) (voir page 31)

    VI.—THE POSITION OF GOLD UNDER THE PLAN

    26. Gold still possesses great psychological value which is not being diminished by
    current events; and the desire to possess a gold reserve against unforeseen contingencies
    is likely to remain. Gold also has the merit of providing in point of form (whatever the
    underlying realities may be) an uncontroversial standard of value for international
    purposes, for which it would not yet be easy to find a serviceable substitute. Moreover,
    by supplying an automatic means for settling some part of the favourable balances of
    the creditor countries, the current gold production of the world and the remnant of
    of gold reserves held outside the United States may still have a useful part to play.
    Nor is it reasonable to ask the United States to de-monetise the stock of gold which is
    the basis of its impregnable liquidity. What, in the long run, the world may decide
    to do with gold is another matter. The purpose of the Clearing Union is to supplant
    gold as a governing factor, but not to dispense with it.

    27. The international bank-money which we have designated bancor is defined
    in terms of a weight of gold. Since the national currencies of the member States are
    given a defined exchange value in terms of bancor, it follows that they would each
    have a defined gold content which would be their official buying price for gold, above
    which they must not pay. The fact that a member State is entitled to obtain a credit
    in terms of bancor by paying actual gold to the credit of its clearing account, secures
    a steady and ascertained purchaser for the output of the gold-producing countries, and
    for countries holding a large reserve of gold. Thus the position of producers and
    holders of gold is not affected adversely, and is, indeed, improved.

    28. Central Banks would be entitled to retain their separate gold reserves and
    ship gold to one another, provided they did not pay a price above parity; they could
    coin gold and put it into circulation, and, generally speaking, do what they liked with it.
    29. One limitation only would be, for obvious reasons, essential. No member State
    would be entitled to demand gold from the Clearing Union against its balance of
    bancor; for bancor is available only for transfer to another clearing account. Thus
    between gold and bancor itself there would be a one-way convertibility, such as ruled
    frequently before the war with national currencies which were on what was called a
    « gold exchange standard. » This need not mean that the Clearing Union would only
    receive gold and never pay it out. It has been provided above that, if the Clearing
    Union finds itself in possession of a stock of gold, the Governing Board shall have
    discretion to distribute the surplus between those possessing credit balances in bancor,
    proportionately to such balances in reduction of their amount.

    30. The question has been raised whether these arrangements are compatible with
    the retention by individual member States of a full gold standard with two-way
    convertibility, so that, for example, any foreign central bank acquiring dollars could
    use them to obtain gold for export. It is not evident that a good purpose would be
    served by this. But it need not be prohibited, and if any member State should prefer
    to maintain full convertibility for internal purposes it could protect itself from any
    abuse of the system or inconvenient consequences by providing that gold could only
    be exported under licence.

    31. The value of bancor in terms of gold is fixed but not unalterably. The power
    to vary its value might have to be exercised if the stocks of gold tendered to the Union
    were to be excessive. No object would be served by attempting further to peer into
    the future or to prophesy the ultimate outcome.

    Il est clair qu’aujourd’hui la situation est différente du temps où Keynes écrivait ces lignes puisque partout l’or a été démonétisé. Mais quand on voit l’empressement qu’ont aujourd’hui même la plupart des banques centrales et/ou les trésors des gouvernements à maintenir et même augmenter leurs réserves d’or, pour, comme le remarquait justement Keynes en 1943, « parer à des éventualités imprévues », je pense que la plupart des remarques de Keynes sur l’or dans ce texte restent valables aujourd’hui et qu’il sera très concrètement impossible de mettre les gouvernements des pays de la planète d’accord sur une union de compensation internationale et un Bancor dans lesquels l’or ne joue absolument aucun rôle.
    Et j’ajouterais même, en paraphrasant Keynes, ce que le monde décide de faire avec l’or sur le long terme est une autre question. Le but de cette union de compensations est de remplacer l’or et/ou le dollar comme seuls facteurs de gouvernance mondiale, mais pas forcément de s’en dispenser.

    L’idée de Keynes, qui était de commencer par un adossement du Bancor à l’or et d’avoir un mécanisme qui permette de s’en détourner graduellement, me semble toujours d’actualité.

    1. @Chris06,

      The purpose of the Clearing Union is to supplant gold as a governing factor, but not to dispense with it.
      No member State would be entitled to demand gold from the Clearing Union against its balance of
      bancor; for bancor is available only for transfer to another clearing account.
      It is not evident that a good purpose would be served by this. But it need not be prohibited, and if any member State should prefer to maintain full convertibility for internal purposes it could protect itself from any abuse of the system or inconvenient consequences by providing that gold could only
      be exported under licence.

      Merci de nous renvoyer à Keynes dans le texte. Le principe de la compensation est bien de réaliser l’essentiel des règlements internationaux sans recours à l’or. L’or a dans la compensation le même statut que les biens réels dont les prix sont compensés et dont la matière peut être comptabilisée comme garantie des engagements achetés ou vendus. Ainsi Keynes précise-t-il bien qu’aucun pays ne peut réclamer un règlement en or de la chambre de compensation. Par contre la chambre peut restituer de l’or à sa discrétion si elle détient des stocks qu’elle juge excessif en garantie des encours de crédit dont elle assure la bonne fin.

      On voit bien aussi le souci de Keynes de partir des systèmes existant où les conceptions et situations monétaires sont différentes. La compensation internationale n’implique nullement l’homogénéité des systèmes. Si aujourd’hui des États veulent remonétiser l’or, cela ne poserait aucun problème avec l’adoption du bancor. Bien qu’il n’y soit pas favorable, Keynes explique même la possibilité de systèmes de paiements internationaux parallèles fondés sur la monétisation de l’or ou de n’importe quoi d’autre.

      Le bancor est un système de responsabilité financière internationale applicable dès aujourd’hui sans autre contrainte que la logique de faire ce qu’on dit et de dire ce qu’on fait pour ne pas tromper les autres.

      1. @PSDJ,

        L’or a dans la compensation le même statut que les biens réels dont les prix sont compensés et dont la matière peut être comptabilisée comme garantie des engagements achetés ou vendus.

        Pas tout à fait, puisque dans la proposition de Keynes le prix de l’or est fixé (mais ajustable périodiquement) en Bancor (et donc dans toutes les monnaies qui y participent) et il est possible aux pays membres d’acheter des crédits en Bancor à leur compte de la chambre internationale de compensation en lui livrant une quantité d’or, ce qui n’est pas possible avec les autres biens réels.

        Un dernier point, je pense que le principal obstacle à la mise en place d’une chambre de compensation internationale suivant les principes évoqués par Keynes c’est que ceci nécessite de la part de chaque nation qu’elle abandonne la souveraineté nationale et le contrôle de soit son système bancaire domestique soit sa politique monétaire et fiscale. Vu le climat politique actuel ceci me semble un obstacle qui rend la proposition de Keynes impraticable telle quelle est aujourd’hui.

        C’est dans cette optique que Paul Davidson a proposé un système alternatif à celui de Keynes qui propose aussi la mise en place d’une chambre de compensation internationale suivant les principes économiques chers à Keynes mais qui donne aux nations un plus grand degré de liberté.

        Connaissez vous sa proposition?

      2. @PSDJ,

        la proposition de Davidson reflète les lignes directrices de celle de Keynes (Davidson est un disciple de Keynes), monnaie supranationale, taux de changes fixes mais ajustables, chambre de compensation internationale. La différence principale entre Davidson et Keynes est dans le rôle joué par la International Clearing Union (ICU). Alors que dans le plan de Keynes la ICU est une véritable banque centrale mondiale avec son organisme de gouvernance qui dirige les politiques monétaires des banques centrales nationales, dans celui de Davidson la ICU n’est qu’une entité comptable qui se contente de maintenir les scores de paiements entre les nations membres et de vérifier que les règles sur les lesquelles elles se sont mises d’accord pour assurer la création et les flux de liquidité internationale sont bien respectées.

      3. @Chris06,
        La version Davidson de la compensation apparaît donc plus appropriée à la situation géo-politique d’aujourd’hui. Il y a une autre différence importante de la compensation à organiser par rapport à celle de Keynes et Davidson : la cotation des dettes publiques et bancaires en même temps que celle des monnaies. C’est la condition d’une cohérence des parités de change avec la solvabilité des emprunteurs. Mais peut-être que Davidson a évoqué ce point ?

        Je commence à explorer votre lien. Il est très prometteur !

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