Flash – 11h : CHAMPAGNE POUR PRESQUE TOUT LE MONDE ! par François Leclerc

Billet invité

À l’école des sorciers de la finance, la Fed, le maître de la classe des grands, a sonné le début de la récré. « Champagne pour tout le monde ! » s’est écrié Wall Street, actionnant ses ressorts les plus intimes, saluant faute de mieux le guichet ouvert et gratuit offert pour les deux années à venir. Cela n’a rien donné auparavant pour l’économie, mais c’est accessoire et rappelle les pays en conflit, où la guerre est si jolie et les fêtes si folles…

Les places européennes ont commencé par suivre, soulagées mais pas certaines qu’il y a assez de bouteilles en réserve pour tenir, l’euphorie de l’ivresse n’ayant qu’un temps… Déjà, on attend l’ouverture de Wall Street dans cette ronde boursière infernale.

À Manchester, on a aussi mis les bouchées doubles pour se rattraper, mais d’une autre manière. À son tour, une émeute y a éclaté, alors que dans les quartiers des villes déjà touchées des milices d’auto-défense ont patrouillé cette nuit. Pour protéger de la « racaille criminelle » le petit commerce et la communauté, surtout si elle est « blanche et respectable ». Un officier de police a appelé la population à « réfléchir soigneusement qui elle soutient », en prélude aux arrestations qu’elle prépare sur la base des images enregistrées par le réseau de caméras de télésurveillance.

En Israël, c’est sur un tout autre mode que les classes moyennes ont exprimé leur profond malaise et mis en cause pour ses conséquences sociales le modèle économique néo-libéral, soutenant massivement (80 % selon un sondage) les manifestants, qui font non sans ironie référence aux Égyptiens de la place Tahrir. Si l’on se déplace jusqu’au Chili, ce sont des dizaines de milliers d’étudiants qui continuent de s’opposer depuis trois mois à la cherté élitiste de l’université. Les mineurs du cuivre venant d’annoncer qu’ils se joignaient aux étudiants.

Même modèle, contestations différentes.

Quels vont être les lendemains de ces fêtes ?

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86 réflexions sur « Flash – 11h : CHAMPAGNE POUR PRESQUE TOUT LE MONDE ! par François Leclerc »

  1. Une réunion d’urgence à l’Élisée, les bourses qui tombent entrainées par les bancaires, la Société Générale qui perd plus de 11% à cette heure, ça vous évoque quoi ?

  2. les semblants de rebonds ne durent pas longtemps
    malheureusement la França ne va tarder a predre son AAA
    la sociéte generale va boire la tasse et elle ne sera pas seule

    comment vont-ils faire pour nous dire que tout va bien.

  3. La lutte des classes s’intensifie. Le camp des plus riches l’emporte évidement. 2012 sera l’année des destructions des divers aides sociales, une austérité très forte dans l’espoir d’enrayer la non maitrise des dettes. Je suis curieux de voir quelle sera la réaction de la population. La majorité sera t elle prête à fermer les yeux pour sauvegarder ses richesses et donc accepter un deuxième mandat de la droite actuelle, puis accepter de voir une partie de la population se faire spoliée ? Oui, c’est ce qui va de passer, sans aucun doute. Je vais devenir une bonne fois pour toute misanthrope. Déçu que rien n’ait changer, simplement que tout se soit modernisé. Nous sommes misérables dans tous les sens du terme.

  4. à propos de syndicat…..méfiez-vous de l’eau qui dort!!! ç’est « underground » mais on affute pour la rentrée. Les sages-femmes redescendent dans la rue mi-septembre, les médecins commencent à ruer dans les brancarts…..l’été est très chaud dans les hôpitaux français…sans vous parler de la situation catastrophique des grosses maternités. Quant à la rentrée des enseignants? Gloops!Je vous parlerai de la situation de l’agro-alimentaire en centre-bretagne une autre fois. Faut pas tout manger d’un coup! France Furby syndicaliste- militante

    1. Out……
      Chérèque en blanc et Tibault en tongs !
      Naufragés du cap Nègre…….
      Vacance des pouvoirs, vacances de classes.
      Accouchement prévu en septembre, …… mais sans sages femmes.

      1. C’est uniquement par égard pour Furby que je n’ai pas déversé un tombereau d’injures sur les syndicats (doit-on seulement parler de leurs chefs ?)….je n’en pense pas moins.

  5. Pour les banques étasuniennes également le répit aura été assez bref.

    money.cnn.com rappelle que « There are nearly 900 banks on the FDIC’s list of troubled institutions, the highest number since 1993. Only 76 banks were at risk as the Great Recession took hold”.

    http://finance.fortune.cnn.com/2011/05/24/problem-banks-list-hits-888/?iid=EL

    “Some will refer to that period as a golden age of banking, » she said, but « with the benefit of hindsight we now know that a substantial part of those record profits were illusory. The profits are coming back now, but in some ways they are just as questionable. Banks posted their biggest quarterly profit since the credit bubble burst in the first quarter, earning $29 billion in the first quarter. That is biggest number since a $36 billion profit in the second quarter of 2007. But as has been the case in recent quarters, the main driver of bank profitability was not revenue growth but the release of loan loss reserves. Banks took $31 billion worth of loss provisions and turned them into profits in the latest quarter, Bair said”.

    Le retour des profits des banques étasuniennes, les plus élevés depuis 2007, n’est pas la conséquence d’un retour à la profitabilité mais simplement de reprises sur provisions, non récurrentes donc…. La conjonction épuisement des réserves ainsi provisionnées + retour (probable) de la récession risque de leur être désagréable.

  6. les bourses, ça se recasse la gueule, ad nauseam, quelles gueules des bois mes chers vont nous faire la leçon?

  7. @Pierre
    Les syndicats même de gauche ne sont là que pour organiser les travailleurs afin que le partage des fruits de la croissance ne soit pas trop en la défaveur de leurs membres.
    La politique des syndicats vient de la base et les travailleurs sont pour l’instant sous le choc et dans la peur de perdre leur emplois, chacun pour soi sauf en cas de licenciement collectif ou les syndicats se contentent souvent d’organiser les négociations de prime de licenciement.

    1. La politique des syndicats

      Les syndicats « ouvriers » ne font pas de politique, et ils le réclament..
      Parfois, ceux des « ouvriers patrons » se risquent…….
      Lire plus haut la lettre de Marx à son pote.
      Lucide.
      C’est extra !

  8. Si j’étais le dirigeant d’un grand groupe oeuvrant principalement dans le domaine de la surveillance, du sécuritaire, de l’armement ou alors du tout contrôle de plus de l’homme se sentant de plus en plus écoeuré et dégouté, je me dirais alors mais c’est très bon tout ça pour les affaires, une autre petite coupe de champagne alors pour Mme. Et sinon votre premier domestique comment il va en ce moment ? Oh m’en parlez pas nos misérables deviennent si peu bien élevés et violents en société, c’est sur ça doit certainement venir de leurs mauvaises gènes, mais nous bien sur c’est pas du tout pareil, le monde est à nous, le monde nous appartient tout le temps à l’image.

  9. Bon article. L’italique marque la distance de l’indéniable manipulation de presse qui se poursuit pour stigmatiser les révoltés. Tout cela rappelle la couverture des émeutes de banlieue en France, où les bouffées de colère sont toujours présentées comme des comportements déviants venant d’asociaux, voire de sauvageons.

    Le plus drôle, en serrant bien les dents, étant le Sun qui appelle à dénoncer les sauvages et se permet de dévoiler des visages captés par les photographes de presse, durant les manifs/émeutes. On voit que ce journal populaire est en fait l’auxiliaire zélé de la repression généralisée qui s’amorce, brutale et accompagnée de peines lourdes, à n’en pas douter.

    J’aimerais que des journalistes et/ou des syndicats de journalistes dénoncent, s’ils le peuvent, cette pseudo-presse qui foule au pied non seulement son devoir d’impartialité, son fondement de dénonciation des pouvoirs, et la simple dignité humaine.

    Alors même que les gens qui font vivre le Sun et autres organes faisandés sont ceux-là qui sont, pour partie, dans les rues, et souffrent le plus des coupes su les bugdgets sociaux, les retraites et autres acquis que l’Angleterre réussissait à conserver, malgré la faux maniée déjà par Tina Tatcher et reprise par Cameron.

    De toute façon, cette nouvelle dérive du « journalisme » façon « Je suis Partout » doit faire le tour du Net et ne pas rester dans le silence de l’impunité. Ce serait un coin de plus plantée dans le corps d’une presse déjà malade des pouvoirs, en Angleterre comme ailleurs.

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