LES « PROCESOS PRESUPUESTALES PARTICIPATIVOS », par Johan Leestemaker

Billet invité.

Cher et très estimé M. Jorion,

Suivant les dernières présentations et discussions sur votre blog, je me suis rendu compte hier à vélo (quelle liberté et source permanente d’inspiration nous a donné cette invention ! lisez aussi les travaux de Bart Jan Gewald, Université de Leiden sur son impact en Afrique) qu’il manque un élément sur la plateforme de votre blog. Probablement, parce que les gens ne sont pas au courant.

Je pense au plus grand cadeau que l’Amérique Latine nous offre après la tomate, le cacao, le maïs, la patate, et, évidemment le caoutchouc (puis-je vous recommander l’étude fascinante du Dr. Wade Davis (anthropologue et ethnobotaniste), intitulée « One river, explorations and discoveries in the Amazon rain forest ») :

« Procesos presupuestales participativos », traduit en Anglais comme « participative budgeting », financement participatif.

(Origine : Porto Alegre, Rio Grande del Sur, et très rapidement distribué au Brésil, et notamment très fondamental au cœur du changement profond en Colombie, notamment à Bogotá et Medellín. Permettez-moi de vous signaler que je suis depuis 1980 conseiller de la ville de Medellín en Colombie).

J’aimerais vous intéresser à ce sujet, vu l’importance de sauvegarder le progrès humain incorporé dans l’état de droit basé sur le respect des droits humains universels, un aspect sur lequel vous n’arrêtez pas d’attirer l’attention. (Explication : au Brésil COMME en Colombie, les procesos presupuestales participativos sont fermement basés sur les LOIS gouvernant ces « procesos »). D’un autre côté, pour l’effet démocratique (en effet on AJOUTE un niveau de démocratisation aux systèmes du XIXème siècle) et mobilisateur et, ceci n’est pas sans importance : porteur d’une discipline.

Exemple parfait : les témoignages de Jaime Lerner, ancien maire de Curitiba, affirmant : « Mon budget pour un financement participatif ? zéro ! ».

Autre exemple : le fonctionnement parfait de l’entreprise la plus grande en Colombie : EPM, Empresas Publicas de Medellín (malgré la pression incroyable des Américains pour la privatiser !).

Supervision : comité des gouverneurs, conseil municipal de Medellín, MAIS aussi un comité PERMANENT de citoyens concernés, soutenu maintenant formellement par les structures de « procesos presupuestales participativos ».

Essentiel : ne pas seulement DISCUTER des plans incorporés aux budgets, mais AUSSI prendre des DECISIONS sur les réservations et investissements et faire le MONITORING de l’implémentation et les droits d’y publier et de pouvoir continuer à en discuter.

Ce qu’on perd avant (chaque année, chaque section des villes doit être impliquée, organisée, etc.), on (« ON » = une nouvelle formule du fameux intérêt général), on le gagne ensuite : moins de risques, des grosses économies dans les investissements, pas de corruption = lire plus de transparence, etc.

Très souvent on OUBLIE en Europe que la Suède et le Finlande ont déjà mis en œuvre beaucoup de ces instruments et règles, notamment aussi dans le secteur des services financiers. Je vous rappelle le cas des banques liées à « Folksam » à Stockholm et des cas semblables en Finlande.

En Suède, en plus, on applique exactement les mêmes systèmes de « participative decision taking » dans des gros projets d’infrastructure, raison pour laquelle l’opposition à des grands changements infrastructurels n’intervient pas en Suède.

Il est probable que ces informations vous sont familières. Pardonnez moi dans ce cas de vous ennuyer. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’une bonne part de rancœur et de « nervosité » sur votre blog provient aussi de cette aspiration parfaitement légitime de la part des commentateurs, d’être écoutés d’une façon systématique et continue et d’avoir une influence VISIBLE.

C’est pour cette raison que j’attire votre attention sur cette idée qui est selon moi un cadeau (!) du « tiers monde » (comme je déteste ce mot..) aux autres êtres humains, et qui pourrait nous enrichir tous, et nous faire avancer tous ensemble.

Je vous rappelle, d’ailleurs, que ces « procesos presupestales participativos » se sont développés sur les débris laissés derrière par les politiciens, dans les crises financières des années 80 et 90 en Amérique Latine…..

Une sorte de populisme « intelligent », mais fermement basé sur la loi et très intéressant en ce qui concerne la QUALITE de vie qui en résulte (voir aussi Immanuel Wallerstein et Giovanni Arrighi et Beverley Silver sur le concept de « buen vivir »).

Vous trouverez ici le site de la ville de Medellín à ce sujet.

Mon ami Dr. Kees Koonings (université d’Utrecht) est considéré comme le plus grand expert à ce sujet aux Pays-Bas. Seule la ville de Deventer aux Pays-Bas a fait un tout premier petit pas sur ce terrain.

J’espère que ces idées vous paraîtront utiles.

Cordialement,

votre JL

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50 réflexions sur « LES « PROCESOS PRESUPUESTALES PARTICIPATIVOS », par Johan Leestemaker »

  1. Cher JL, vous apprendrez alors avec plaisir que trois universités néerlandaises m’ont invité à m’adresser à leurs étudiants dans les mois qui viennent : Deventer, Maastricht et Eindhoven, et que Deventer – que vous mentionnez dans votre billet – est précisément la première où je me rendrai : le 24 novembre précisément.

  2. Le budget participatif occupe les citoyens
    pendant qu’ils se font exploiter comme travailleurs.
    S’intéresser à la gestion municipale est utile,
    mais la bourgeoisie en Amérique Latine,
    comme la bourgeoisie française dite d’alternance à gauche,
    ont su en faire une petite digue du capital quand la mer monte.

    C’était un des contre-feu de la bourgeoisie face à la grève générale et au mouvement de Mai 68,
    qui avait répondu avec une affiche célèbre
    – Je participe
    – tu  »
    – il, nous, vous
    – ils profitent

    Heureusement l’indignation monte, réclamant une démocratie réelle.

      1. Il y a des références à Pierrefitte, c’est du néolithique !

        De toutes les façons, encore un rapport pondu par une commission d’experts en tous genres qui ne sera jamais lu et qui même s’il l’était ne résoudrait en aucune manière les problèmes constaté même avec une volonté politique.

        C’est comme le rapport de la commission Attali en 2007 avec ses 316 mesures pour relancer la croissance. 42 Experts pendant 7 mois tous choisis par J.Attali, Je vous laisse calculer le prix de la page.

        Tiens ! Je vous en donne 9 au hasard parmi les mesures phares.
        Nota : Il est interdit de se moquer.

        * Préparer la jeunesse à l’économie du savoir et de la prise de risque ;
        * Participer pleinement à la croissance mondiale et devenir champion de la nouvelle croissance ;
        * Améliorer la compétitivité des entreprises françaises, en particulier des PME ;
        * Construire une société de plein-emploi ;
        * Supprimer les rentes, réduire les privilèges et favoriser les mobilités ;
        * Faire converger les économies de l’Union européenne ;
        * Rétablir l’équilibre des finances publiques à 3% du PIB en économisant 75 milliards sur 3 ans;
        * Ne pas mettre le niveau de vie d’aujourd’hui à la charge des générations futures.
        * la création avant 2012 de dix Ecopolis, villes d’au moins 50 000 habitants intégrant haute qualité environnementale et nouvelles technologies de communication, intégrant une mixité sociale.

        Sûr qu’avec de telles mesures, c’était pas gagné d’avance. No comment !

      2. C’est pas du tout néolithique ce constat sur la France, même 10 ans, ça reste court.

        C’est d’ailleurs le temps qu’il m’a fallu pour me décider à aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, et je constate que pour moi c’est le cas. Il y a un effet de perspective initial dû au statut d’étranger, mais même après quelques années, je constate que là où je suis, ça fonctionne mieux, moins de frictions et de grincements.

        Je ne crois pas du tout à l’auto gestion, en revanche les coopératives, où chacun est intéressé à la bonne marche et où chacun est consulté pour les décisions importantes, me paraissent valables.

        Ça n’empêche pas que chacun a son domaine d’expertise, y compris dans une coopérative qui ne peut fonctionner si chacun se mêle de tout à chaque instant.

        J’ai d’ailleurs eu pour sous traitant une entreprise de ce type, et ils faisaient un très bon travail comparativement à ceux que j’avais contactés auparavant.

        Assez étonnement, l’Amérique latine semble la plus en pointe sur ces formes de fonctionnement, plus audacieuse à les essayer. Sans doute que le poids de l’histoire y est moins prégnant.

    1. @tous:

      Mais, permettez moi d’exprimer un « Caute! » (après Spinoza, = Soyez prudent!): vu l’importance du sujet (« démocratisation ») et aussi connaisssant les résultats d’une évaluation récente de l’université d’Utrecht en plusieurs villes au Brésil de participative budgetting, une évaluation qui a montré (prouvé à mon avis) que la droite au Brésil a appris quelques leçons, et utilise une sorte de `mimicri´ pour se camoufler en adhérant du participative budgetting, mais en réalité utilise les plateformes de participative budgetting pour regagner du terrain perdu (lire: ré-introduction de la corruption, disons, construire un autre système idiot et mégalomane Olympique comme à Athènes et qui a causé une grande portion de la misère là bas). Je suppose qu’íl soit clair que je regarde ces tentatives de « mimicri » au Brésil comme une autre forme de « mentir aux étiquettes », que j’ai indiqué avant dans un autre message à vous. Puisque, chacun de nous sache comme c’est important « the presentation of self in everyday life », c.à.d. l’art de la séduction, l’art du mensonge, mais par contre, ou très souvent au même temps, aussi l’art de chercher la vérité.

      Bref: la responsabilité sociale et scientifique de chacun qui s’engage dans le débat public.

      Alors: un avertissement pour ne jamais perdre le bon sens (et le bon humour comme beaucoup entre vous ont stipulé aussi, pffft…. comment c’est façil de perdre le bon humour) et pour être très prudent et surtout NON NAIF (Charles! Taratata!) avec les nouvelles formes de démocratisation… puisque, tout cela regarde (aussi) une invention et une élaboration humaine, alors c’est très très fragile, comme la démocratie même et les libertés.

      Dans ce sens, FNUR a bien raison de contraster « Les mots et les choses ».. Parceque: la démocratie réelle: c’est quoi?

      J’ai senti d’apercevoir chez Paul Jorion, la même hésitation quand il a souligné l’importance de la liberté en contraste avec la dictature, en même temps ne pas oubliant les avertissements du savant Suédois prof Erik Ringmar (voir: http://en.wikipedia.org/wiki/Erik_Ringmar) parlant du « liberal Barbarism ».

      Cela en ce qui concerne ma réservation d’un coté de parler et écrire sur les avances sur le terrain de la « démocratie réelle » en Amérique Latine, la ville de Montreal (Canada) et, Paul Jorion, quelle coïncidence opportune, la ville de Deventer aux Pays-Bas, berceau du ‘protestantisme’ de l’avant garde de Geert Grote (1340 – 1384).

      De l’autre coté: il nous faut du courage, et la démocratie n’a pas été faite pour des gens angoissées et taciturnes, et, pas non-important non plus, probablement le momentum est là.. (Evidemment je pense à Immanuel Wallerstein et sa description inoubliable de plusieurs identités de « temps », nous vivons actuellement aussi à l’heure de ‘Kairos’, à coté de l’heure de ‘Chronos’).

      Encore j’aimerais bien souligner que les banques suédoises que j’ai en vu, sont les « caisses d’épargne » en Suède, très profondément enracinées dans la démocratie participative. C’est d’une de ces caisses que vient M. Anders Sundström, le PDG de Folksam, un géant en Europe.
      Un homme impeccable, noble et très fidèle à la démocratie participative en Suède.

      Voir s.v.p.:
      http://www.swedbank.lt/en/people/viewPeople/166

      Là bas, chez les caisses d’épargne, pas de bêtises avec les sous des gens.

      Que pensez vous chèr Charles A: il faudra la peine étudier cette forme de démocratie réelle au Nord de l’Europe et y apprendre quelque chose?

      Bien à vous tous! 🙂

      1. Vous parliez de budget participatif en Amérique Latine, ce que je connais:
        un paravent pour l’exploitation, ce dont le PT est le champion.
        Quand je parle de démocratie réelle, c’est le contraire de la petite lorgnette!
        Cela commence par le contrôle de la production,
        l’autogestion généralisée, bref l’expropriation du capital,
        condition même de l’exercice de la démocratie,
        ce à quoi s’opposent tous les politiciens professionnels et autres parasites bourgeois
        qui profitent pendant que les autres « participent » et surtout galèrent.

        A propos des pays du Nord de l’Europe, et toujours concernant la démocratie réelle,
        pas celle des gangsters de l’Internationale Socialiste,
        prévenez nous par exemple quand les multinationles cesseront
        d’exploiter les travailleurs et de piller le tiers monde
        ou quand le Danemark mettra en prison ses dirigeants complices de crimes de guerre
        avec les autres boureaux et dirigeants de l’OTAN…

      2. Même a titre seulement consultatif (par exemple un feuillet de la déclaration d’impôt qui permette au gens de s’exprimer anonymement sur la manière dont ils voudraient que leurs impôts soient dépensés) ça apporterait qqchose. C’est notre argent qu’ils prennent, nous permettre de nous exprimer sur l’usage qui vas en être fait ne serait pas superflue. Je ne vois pas en quoi des budgets participatifs devraient protéger de l’exploitation, ce n’est pas du tout leur but.

      1. Marinaleda dans le texte
         » En discutant avec la population, j’ai pourtant appris qu’à certaines époques de l’année, il n’y a pas assez de travail dans l’agriculture pour tous, mais que les salaires sont tout de même versés. »
        C’est là un premier exemple et début un pour le revenu de base.
        http://le-revenu-de-base.blogspot.com/

      2. Malheureusement, ce revenu de base dépend d’une allocation spéciale (Regimen Especial Agrario) octroyée par Madrid, à l’Andalousie et se trouve fortement contestée et remise en cause pas la droite Espagnole (PP), qui trouve « inadmissible de continuer à verser cette aide à des individus qui passent leur temps à boire de la bière dans les bars »…
        Ceci dit, une majorité d’Espagnols outre Andalousie sont très envieux et jaloux de ce traitement de faveur concédé à seulement quelques uns…
        En admettant que cette idée géniale soit appliquée à tous, reste toutefois le problème du financement…

    2. Entièrement d’accord: il y a un problème particulier à la France, dans ce domaine. Une question d’état d’esprit ambiant?

      J’ai déjà fait part de mon expérience personnelle dans la pratique, caricaturale, sur ce blog (des outils comme le statut de coopérative, complètement détourné de son but: en simple exemple, en étant sous-traitant – et parfaitement dépendants, et « payé au lance-pierres » -, de grands groupes privés connus et réputés, où se fait la marge, mais pas ou très peu le travail…).

      1. Cela peut être particulier à la France et ne pas être non plus une « caractéristique profonde » (sauf à convoquer son Emmanuel Todd à tout bout de champ en collant les structures familiales sur tout …) :
        Je pense notoirement au système des Grandes Ecoles, qui a bien vertus sur le plan de la formation pure, dont celui d’attirer aux sciences nombres de jeunes gens qui s’en détourneraient, mais qui permet de faire perdurer une forme de mépris pour le travail des petites gens, ce qui est assez à l’opposé du style allemand, où l’on a conscience de la responsabilité de tous les échelons dans la réussite de chacun.
        Là aussi, Todd ramènerai un zeste de famille souche (à base de « autorité et inégalité ») pour expliquer cela, et expliquer ainsi que historiquement, il fallait que chacun intègre sa place dans la charge de l’indivision de la propriété agricole. L’indivision intégrée par tous contient une part de participatif, tant que l’information circule un peu dans les deux sens…
        Juste des pistes

      2. « … ce qui est assez à l’opposé du style allemand, où l’on a conscience de la responsabilité de tous les échelons dans la réussite de chacun. »: exact.

        Ne serait-ce que pour ça, la France n’est pas l’Allemagne. Il y a une grande différence culturelle (avec ses avantages et ses inconvénients pour chacun des deux pays).

      3. Pourtant c’est pas spécifique à la France, loin de là. On peut même donner des leçons à beaucoup de pays. Après c’est sûr que si on regarde du côté des scandinaves… Oui mais voilà, nous on est aussi voire surtout des latins.

      4. @meoni
        En admettant que cette idée géniale soit appliquée à tous, reste toutefois le problème du financement…
        Allez vraiment voir et écouter le video http://le-revenu-de-base.blogspot.com/

        CHANGER de paradigmes veut dire VRAIMENT changer, si constamment quand de nouveaux concepts apparaissent on réfère aux anciens paradigmes il n’y a pas de changement.

        Je vous rappel que les nouveaux paradigmes doivent être établit en fonction du fait que nous sommes en phase de diminution/épuisement de toutes les ressources à l’échelle de la planète,c.a.d.que nous devons concevoir une économie à l’inverse de l’économie actuelle pour assurer la pérennité des ressources pour les générations future.
        .

  3. « Autre exemple : le fonctionnement parfait de l’entreprise la plus grande en Colombie : EPM, Empresas Publicas de Medellín (malgré la pression incroyable des Américains pour la privatiser !). » ben oui, si çà marche, ils veulent acheter. avec le $, c’est en plus plus facile.
    Le problème pour eux, c’est quand les gens ou les collectivités ou l’état ne veulent pas vendre… : comment pousser à vendre…?

    Sur le coup, j’ai cru à une participation type « La participation et l’épargne salariale représentent un enjeu économique considérable dans notre pays. Mais des progrès peuvent encore être réalisés pour sa mise en oeuvre : un salarié sur deux seulement, soit huit millions de personnes, bénéficie d’un accord de participation ; un tiers seulement est affilié à un plan d’épargne d’entreprise.

    Ce projet s’inscrit sur la voie tracée dès les années soixante par le général de Gaulle, qui voyait dans la participation le moyen d’associer le capital et le travail au service du progrès social. Il ne s’agissait pas seulement, dans son esprit, de participation aux résultats, mais aussi au capital et à la gestion. Ces trois dimensions sont bien présentes dans le projet. »
    Loi pour le développement de la participation et de l’actionnariat salarié et portant diverses dispositions d’ordre économique et social : http://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl06-015.html

    mais « El 2011 será el año de la consolidación de la participación social y comunitaria y para ello la Alcaldía de Medellín avanza en el proceso de democracia local en toda la ciudad.
    Desde el viernes 25 de febrero de 2011, la Alcaldía de Medellín abre las inscripciones para que las organizaciones sociales, comunitarias y solidarias interesadas en participar en el Programa de Planeación Local y Presupuesto Participativo (PP) » çà a l’air plus équilibré. çà peut s’appliquer à toutes formes d’entreprises?

    En suède : http://ribh.wordpress.com/2009/03/14/jak-bank-suede-parce-que-l%E2%80%99interet-est-le-cancer-de-l%E2%80%99economie/
    « En Suède, la JAK Bank pratique depuis 1970 un système de prêts et d’épargne sans taux d’intérêt. La licence bancaire a été obtenue en 1997. Formellement JAK est une banque coopérative. Actuellement elle a 33 000 membres et la croissance des membres est de 7% par an. »

  4. Bonjour à tous les lecteurs de ce formidable blog,
    C’est la 3éme fois que je poste ici ce court extrait dans lequel on entend Cornelius Castoriadis
    donner sa définition de la démocratie. Depuis le début de cette crise, je suis de plus en plus persuadé que la remise en cause de nos institutions est urgente et passera par une démocratie qui saura impliquer de manière active et quasi quotidienne le plus de citoyen possible. Le cadre politique actuel en Europe ne peut au mieux qu’essayer désespérément de conserver l’état actuel des choses. Le patient est mort, le cadavre en état de décomposition avancé… il est temps de l’inhumer.
    http://www.in.com/videos/watchvideo-la-vraie-dmocratie-cornelius-castoriadis-7933775.html

  5. Je pense qu’il existe des gens intelligents ,consciencieux , intègres , démocrates , dans notre pays . Et que la population ne demanderait pas mieux que de les soutenir voire de participer .
    Mais le problème c’est qu’ils n’ont pas accès au pouvoir , aux instances de décisions .
    Celui-ci semble capté malencontreusement par des gens qui se soucient assez peu du bien collectif ou de bonne gestion .
    Et j’ai comme qui dirait l’impression qu’il ne suffit pas de leur faire un beau discours pour que , fondant en larmes, ils nous ouvrent les portes .
    Non, ils préfèrent nous faire croire qu’ils sont les meilleurs, les mieux placés , qu’ils nous protègent , se soucient de nos santés , que l’on peut compter sur eux , etc…
    Bien sûr nous ne sommes pas dupes . Mais nous n’avons pas encore trouvé le moyen de les virer .

    1. Je pense qu’il existe des gens intelligents ,consciencieux , intègres , démocrates , dans notre pays (…) Mais le problème c’est qu’ils n’ont pas accès au pouvoir , aux instances de décisions.

      Je viens de mater d’un oeil distrait mais amusé un reportage allemand sur le père Trichet « au quotidien », avec bio intime, confidences, petits secrets et tout et tout, sur Arte…
      Intelligent, consciencieux, intègre, démocrate, j’ajouterai méritant, travailleur, courageux, cultivé, plein d’humour, sympathique, sensible, soixantehuitard…
      Parfait « Monsieur Euro »…

      1. Vigneron.

        Si l’Europe pouvait « fonctionner » comme les US, soit, prise en otage de la planète entière.
        Qu’en penserais-tu..??

        La question est simple. Réponds-moi par oui ou non.

        1. Vigneron, à la question ci-dessus

          Qu’en penserais-tu ?

          posée par Yvan, qui demande que tu répondes par oui ou non car la question est simple, je te conseille de répondre « oui, j’en pense ». Ca lui fera plaisir.

      2. Eh bien non, Julien, non, je ne te répondrai, oui.
        Eh bien oui, Yvan, oui, je te répondrais, non.

        Ps : stp Julien, la prochaine fois envoie moi les instructions et la traduction par mail, ça me facilitera la tâche.

  6. Quand j’entends le mot participation, je sors mon révolver. J’ai, en effet, rarement vu un concept aussi dévoyé et récupéré que celui-là. Demandez-donc aux fonctionnaires ou ouvriers français ce qu’ils en pensent.

    La participation, telle qu’elle est mise en place ici ou là, n’est généralement qu’un simulacre destiné à donner l’illusion aux gens qu’ils influent sur la marche des choses. Discutez, discutez, il en restera toujours quelque chose, mais c’est nous qui décidons.

    Et puis, il y a tant de formes de participation. Quel rapport entre une municipalité, une administration et une entreprise ? Quel rapport entre la participation gaulliste, l’appel à investir dans une start-up et le micro-crédit ?

    La vraie participation, c’est celle qui va de soi parce-que, par exemple, vous êtes copropriétaire ou cogestionnaire.
    Alors, le « plus grand cadeau de l’Amérique Latine »… ; faut pas abuser.

  7. J’ai fini par comprendre de quoi il était question dans cette bouillie de texte.

    Suède et Finlande.

    Incomparable avec les autres états Européens.

    A moins que vous n’alignez des chiffres précis, et non du subjectif.

    Merci d’être venu, néanmoins.

    Modif : il existe des réalités, soit, ce que veut vous faire oublier un psychologue. Dream for all.

  8. Si la démocratie participative est si « dévoyée et récupérée » c’est que le concept en lui même a de la valeur . BEAUCOUP DE VALEUR et gêne beaucoup de monde et côté institution et côté société civile .
    L’égalité citoyenne permettant à tous les citoyens de participer non seulement à la gestion mais à l’élaboration du projet de société gêne tous les partis politiques et beaucoup d’organismes de la société civile , tous étant déjà DANS l’institution.
    La démocratie participative si elle n’est pas dévoyée et récupérée est le seul moyen d’équilibrer la démocratie représentative ; non seulement de l’équilibrer mais de lui donner du sens et de l’efficacité, aussi de respecter les valeurs démocratiques de souveraineté populaire.
    C’est le seul moyen de poser directement les problèmes et d’aller sur le fonds parce que cela court circuite le jeu permanant de concurrence pour le pouvoir .
    Tous les partis politiques UTILISENT les problèmes de la société pour monter en puissance gagner ou conserver « le pouvoir  » et les avantages qui vont avec . Cela ne dépend pas des qualités humaines personnelles des gens : c’est structurel . Inscrit dans le fonctionnement de vote par alternance pour des partis.
    C’est ainsi que les partis sont amenés à proposer aux électeurs des solutions courtermistes et ne vont jamais sur le fond , « le cadre  » des choses pour reprendre l’expression de P Jorion .
    C’est en se mettant autour d’une table sans cadre partisan ( la démocratie participative permet à TOUS de participer ) que les problèmes sont approffondie et que la réflexion peut être globalisée et prospective (quelle société pour demain?)
    Mais à quoi bon en parler ? Il n’y a pas dans ce pays de structure de démocratie participative digne de ce nom ; et celles qui existaient comme par exemple les Conseils Locaux de Développement viennent de passer à la trappe par les législateurs dans l’indifférence générale .
    Sur les blogs celui ci y compris ( et cela quelque soit la qualité des blogs , on reste sur le principe : démocratie c’est cause toujours .

    1. @ Di Girolamo

      A systémique, systémique et demi.
      Une démocratie anémique ou dévoyée est le reflet de notre relation au monde réel, de l’idéologie qui sous-tend cette relation.
      Et à cet étage, on pourrait commencer par meubler avec les grands mots (consumérisme, abêtissement, égoïsme,individualisme…).
      Mais il me parait qu’on se fourvoierais, et qu’on obtiendra davantage en retournant aux notions de bases : pourquoi voulons nous un outil ? comment passons nous de l’adaptation à ces outils (ainsi subîmes nous Microsoft) à l’adoption (l’imprimerie) ? Quelle est la chaine du savoir-faire autour de ces outils ? Celle du savoir-vivre ? Y a-t-il un degré de contrôle de possession qu’il est bon de limiter car il engendre de la bêtise systémique ? L’état d’une société ne détermine-t-il pas un seuil très variable à cette bêtise ? Seuil haut en période d’expansion où les ressources doivent avant tout être simplement canalisée ? Seuil bas en période d’intoxication par les industries de programmes et les banques ?

      Sûrement votre réflexion est intéressante aussi. Croyez vous que le mot « gouvernance » soit un ouvre-boite suffisant, toutefois ?

    1. Ce que je retiens du billet de Stiegler c’est l’idée que la démocratie est par essence participative ou qu’elle n’est pas ;l’idée aussi que la démocratie participative ne touche pas seulement le politique mais l’économique ; l’idée qu’on ne peut pas séparer privé et public , état et industrie , que c’est bien l’ensemble de la société qui doit « participer » au projet de société .
      On voit bien aujourd’hui face à l’enjeu écologique qu’il est impossible et stupide d’avoir d’une part un secteur public qui cherche à organiser la société dans une perspective de durabilité et d’autre part un secteur privé qui s’organise autour du libre échanges et de production de masse. On arrive à ce non sens de « développement durable » , peinture verte sur un cadre inchangé ; à mettre en lien avec « démocratie participative » vernis surajouté à une fausse démocratie dont l’essence est la participation.

  9. En effet.
    Comme le dissent les Elfes, s’il ne pleut pas demain, il fera beau. Et cela compte en Bretagne.

    Monsieur Jorion.
    Vous m’avez déjà banni, déjà censuré à plusieurs reprises, déjà manipulé bien plus que je n’ai pu le faire envers vous. Vous avez eu un maître en la matière alors que je l’ai remis en question.
    Jusqu’où allez-vous aller, je l’ignore et tel un esclave de l’expression, je m’en fous.
    Mais la vérité ressortira car elle est en train de le faire.
    Jusqu’où voudrez-vous aller dans ce refus..??

    1. Peut-être faudrait-il que vous compreniez que je ne compte pas.
      Pas comme vous le pensez.
      Quelqu’un parlait de « cadre », souvenez-vous.
      Remember. Hors français.

      Julien.
      Considères les réponses que tu as. Ainsi, tu remettras certainement en question les questions que l’on veut que tu poses.
      Le ying et le yang ont ce succès que seule la PNL exploite pleinement.
      Désolé par avance de cette remise en question.

  10. @yvan
    Si les tauliers eux-mêmes ne vous comprennent plus!!!

    @Julien Alexandre
    Julien vous m’étonnez, votre super-translator yvan-french est en rade?
    😉

  11. Trente (actuellement ) commentaires sur ce sujet essentiel de la gouvernance sur ce blog où se pressent les commentateurs est un signe empirique qui ne trompe pas ; le cadre politique , l’organisation du pouvoir , élément clé dans la résolution des problèmes , dans le choix et dans la formulation des questionnements n’est pas perçu comme fondamental .
    Comme je l’ai dit dans mon précédent commentaire , le système politique d’élection en alternance de partis structure et implique mécaniquement des questionnements sectoriels et courtermistes , favorise une politique de gestion (spécialistes) , laisse de côté une politique de projet (choix de société par citoyens lambda ) .
    Ne pas voir cela et ne pas corriger le tir en réorganisant la vie politique c’est comme parler d’eau de rivières de ruisseaux sans pouvoir se désaltérer ; l’axe d’action prioritaire n’est pas l’économie mais la gouvernance .

    1. Eh Georges,
      Ce n’est pas la première fois qu’on parle ici de démocratie participative, et de sa marche d’approche. Elle ne se décrète pas un jour, pour son lendemain.

      Son assise solide, c’est éducation ( solution de long terme ), et transparence.

      Du jour au lendemain, on ne peut faire que quelques taches, et celles-ci ne s’étendent que si on insiste à ramener sa crasse sans arrêt par dessus, alors que d’autres veulent nettoyer. Et côté détergeant, on a mis au point de bons produits.

      Cela dit, ça ne pouvait commencer que par ces taches éparses, pour servir d’études, révélées qualités et défauts, pour corriger ensuite.. Il ne s’agit pas de voter pour ou contre, il s’agit de pouvoir s’impliquer intellectuellement, malgré des journées qui n’ont que 24 heures, et des objectifs directs beaucoup plus rapides à mettre en place pour son environnement immédiat..

      Même en voulant en faire une croisade, on est plus spectateur, qu’acteur déterminant dans une action qui n’a de sens que si elle devient de masse, par une prise de conscience collective, qui a un certain temps de maturation.

      Donc, c’est bien d’en parler aussi souvent que possible, mais on n’aura pas forcement d’argument révolutionnaire à amener chaque jour..

      1. Barbe toute bleue

        « Même en voulant en faire une croisade, on est plus spectateur, qu’acteur déterminant dans une action qui n’a de sens que si elle devient de masse, par une prise de conscience collective, qui a un certain temps de maturation. »
        Ici le certain temps de maturation a cette particularité de ne pouvoir s’opérer qu’en se pratiquant ; c’est ainsi que les générations futures bénéficient de l’éducation d’aujourd’hui et que ce aujourd’hui qui fait l’avenir dépend de nous ( où est l’éducation à l’esprit critique et au débat citoyen à l’école?) .C’est ainsi que la prise de sens (prise de conscience collective, effet de masse) ne se mettra en place que si à un moment donné , dès maintenant étant le mieux, la pratique politique de participation se met en place.
        Plutôt que « d’arguments révolutionnaires à amener chaque jour  » nous avons besoin d’une mise en place pratique aujourd’hui mieux que demain ; on est donc pas dans la parole et la discussion et l’attentisme d’une maturation spontanée mais l’action politique ; une action consistant à cerner , décrire une réforme de la pratique politique actuelle et l’ adjonction d’un outil public de participation qui s’inscrirait à tous les échelons institutionnels , en premier lieu l’école , les communes , communautés de communes ; avec bien évidemment un échelon national , dont le siège serait une chaîne TV publique dédiée.
        Même les longues maturations ont besoin de programmation politique , surtout lorsqu’elles concernent des domaines aussi peut spontané que la réflexion collective organisée.

      2. Etre condamné à attendre la maturité générale ne signifie pas être attentiste, mais indique qu’il n’y a de toute manière pas, le feu au lac.
        Quand vous reconstruisez à partir du local, suivant les dimensions que vous contrôlez, vous effectuez bien le travail qu’un individu doit accomplir, et que chaque individu devrait accomplir.

        Au delà, il y a une part de hasard, de chance, et de conjoncture.

        Si une pensée politique commence à se mettre en place à des niveaux des classes sociales, où on ne l’aurait pas imaginée, en Amérique du sud, c’est qu’il y avait une évidence à devoir commencer à se réorganiser. Mais la participation n’est pas universelle, elle existe et grandit. C’est ce qu’on va constater.

        De plus, par votre façon de parler, où devrais-je dire, par votre idée exposée, de la bonne façon d’amener ces suggestions, ces révélations, jusqu’aux gens, vous réclamez des locomotives. Vous en êtes une. D’autres peuvent y être couplées, mais on avancera pas à la vitesse de la lumière pour autant.

        Alors, alors, je me désespère comme vous de l’école qui aide si mal à développer imagination et esprit critique en France, et j’ai ouï dire que le système s’aggravait avec les années. Et dans les autres pays, c’est pire.
        Sauf par le jugement donné dans le classement des universités de Shanghai, dont les critères de sélection ne sont peut-être pas que de compter les pions disciplinés et productifs ???

  12. à Di Girolamo
    « l’axe d’action prioritaire n’est pas l’économie mais la gouvernance . »

    Tout est dit. Ne changeons donc rien ; il suffira de discuter davantage en amont des décisions.
    La propriété, les capitaux, les multinationales,…? Pas grave, on en discute.

    1. Jean-Yves
      C’est ce qui se passe : on ne change rien et on discute .Que faites vous de mieux?

      La discussion est de l’ordre de la sphère privée ; « une discusion amont » ( en fait une étude , réflexion , débat ..) PUBLIQUE , permanente, bien et officiellement organisée , encadrée , dotée de moyens et incluant les médias , garantissant le débat contradictoire et l’accès de tous les acteurs , ayant pour mission la recherche sociétale : approffondir et croiser les grandes problématiques , élaborer un projet de société , aura mécaniquement un impact important sur les décisions ; les choses ne se font pas en 5 mn et aucune solution n’est magique mais il est bien évident qu’il faut agir sur ce qui est structurant ; et quoi de plus structurant que la gouvernance ?

  13. je sais pas trop si c’est hors sujet, mais aujourd’hui je vois cette brève
    bon, chaque pays se débrouille dans sa sphère d’activité … et ce qui est moins pire là-bas dans le contexte n’est pas reproductible partout, ça se saurait. après, bien sur, les volontés vacillantes du vieux système qui veux gratter toujours plus, ça limite les bonnes volontés.

    extrait:
     » Il faut également rechercher les raisons de son soutien populaire élevé du côté de l’économie – la croissance atteindra 8% cette année, le chômage est à son plus bas niveau depuis vingt ans, la confiance des ménages à un plus haut historique – et des divisions de l’opposition.

    Cristina Fernandez applique une politique interventionniste – contrôle des prix, quotas agricoles, financement de la dette par une partie des réserves de la banque centrale – qui lui vaut l’animosité des marchés financiers.

    Mais cette présence de l’Etat dans la vie économique rassure une partie des Argentins, encore traumatisés par la « banqueroute » du pays dans les années 2001-2002, après des années de libéralisme forcené comme lors de la présidence de Carlos Menem.

    Les principales critiques de ses détracteurs visent sa façon de gouverner et la forte inflation, qui atteindrait plus de 25% selon certains économistes. Une chute des cours du soja, « l’or vert » de l’Argentine, ou un ralentissement de la croissance du Brésil pourraient également mettre en péril les fondements du « kirchnérisme ». « 

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