L’actualité de la crise : LA NORMALISATION CAPITALISTE, par François Leclerc

Billet invité

Obnubilés par la sanction des marchés financiers, les taux obligataires et autres spreads, les dirigeants occidentaux ont désormais les yeux également rivés sur un autre indicateur. Celui qui mesure la croissance, terme auquel ils se cramponnent pour éviter d’employer celui de récession, s’autorisant croissance négative en dernière extrémité.

La plus mauvaise nouvelle est venue hier de Bruxelles, avec la publication des prévisions économique de la Commission. « La croissance s’est arrêtée en Europe et nous pourrions connaître une nouvelle phase de récession », a prévenu Olli Rehn, commissaire aux affaires économiques et monétaires, voulant dire ainsi que nous y entrons. Il y a moins de deux mois, il écartait ce risque d’un revers de main.

Un seul commentaire s’est imposé dans sa bouche : le redressement de l’économie passera par « le retour de la confiance dans la viabilité budgétaire et dans le système financier, par l’accélération des réformes destinées à renforcer le potentiel de croissance de l’Europe ». Une pétition de principe belle comme un camion !

En attendant, les recettes budgétaires fiscales vont baisser en raison de la récession, ainsi que les cotisations aux organismes sociaux et aux fonds de retraite, accentuant l’effort de rigueur destiné à réduire le déficit public, à la faveur de plans qui s’enchaînent sans discontinuité dans tous les pays.

Depuis Honolulu et la tribune du Forum économique Asie-Pacifique, Tim Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor américain, a reconnu que « la crise en Europe reste le défi central qui menace la croissance mondiale », en concluant qu’il est « crucial que l’Europe mette rapidement en place un plan solide pour rétablir sa stabilité financière ». Insistant sur la nécessité pour les économies asiatiques de « devoir faire davantage pour stimuler la croissance de leur demande intérieure ».

Ne pouvant venir d’Europe ni des Etats-Unis, la croissance ne peut donc provenir que d’Asie afin de sauver le monde. Du sauvetage de l’Europe, on est donc passé à l’étape supérieure : le sauvetage du monde. Faute de pouvoir s’appuyer en Europe et aux Etats-Unis sur des marchés d’exportation en bonne santé, les deux principales puissances exportatrices asiatiques, Chine et Japon, ne vont pouvoir compter sur leur marché intérieur.

Mais l’on constate que la détérioration de la situation économique mondiale est plus rapide que la reconversion de l’activité économique des pays asiatiques, dont les structures de production sont handicapées par de très fortes inerties. Les rythmes de l’un et de l’autre ne s’accordent pas, et c’est là tout le problème.

Ce qui nous ramène à une Europe entrant en récession alors que la crise de la dette bat son plein. Attendue comme si elle allait tout régler, mais n’aboutissant qu’à une courte rémission sur le marché obligataire, une clarification politique est en passe d’intervenir en Italie et en Grèce, sanctionnée par l’arrivée de deux eurocrates à la tête de gouvernements baptisés d’unité nationale dans les deux pays.

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, s’en inspire comme modèle pour réclamer un « consensus politique général » sur la ligne stratégique du retour à l’équilibre d’ici 2016. Pas une tête ne doit en effet dépasser dans l’Europe toute entière, comme l’a fait savoir David Cameron, pour qui « ce qui se passe en Italie constitue un avertissement pour chaque pays et chaque gouvernement sans plan crédible pour réduire sa dette ».

Une normalisation d’un genre nouveau est partout en marche, qui a pour but d’assurer vaille que vaille ce remboursement en taillant dans les budgets publics. Tout en créant les bases d’un hypothétique redémarrage économique grâce à des réformes structurelles destinées à notamment diminuer le coût du travail.

Avec la mise en place de gouvernements d’unité nationale, un second volet de l’action politique est en préparation. Mais les projets de reconfiguration de l’Union européenne qui ont fuité avant-hier ont donné lieu à des démentis catégoriques, qui n’ont bien tendu convaincu personne. La perspective d’une Europe à deux vitesses ne réjouit pas ceux qui seraient relégués au rang de membres de seconde zone et il est exclu de reconnaître ne serait-ce que l’existence de plans de restructuration de la zone euro dans le contexte actuel, ce qui condamnerait définitivement sur les marchés les pays qui pourraient avoir vocation à ne pas en faire partie.

Sans attendre que ce processus soit clarifié, la Belgique vient de faire les frais des nouvelles dispositions du Pacte de stabilité renforcé. Des sanctions financières sont évoquées à son encontre, au cas où le pays ne rectifierait pas sa trajectoire afin de réduire comme demandé son déficit.

Si la gestion politique de la crise suit cahin-caha son chemin, sa gestion financière tourne en eau de boudin. La conjoncture aidant, il n’a pas fallu longtemps pour que le directeur général du FESF, Klaus Regling, reconnaisse que l’effet multiplicateur de ses ressources pourrait être inférieur à ce qui était escompté. Les investisseurs risquent de réclamer une couverture de leurs pertes potentielles bien supérieure à celle de 20% qui était prévue, réduisant l’effet de levier envisagé et ne permettant plus de disposer d’une force de frappe d’un millier de milliards d’euros.

D’ici à ce que ce montage soit néanmoins prêt et que le FESF soit opérationnel vers la fin décembre est-il annoncé, celui-ci ne sera par ailleurs pas en mesure d’aider l’Italie, ni quiconque d’autre d’ailleurs, car cela amoindrirait la réserve financière de 250 milliards d’euros dont dispose encore le FESF, agissant à la manière d’un rehausseur de crédit et diminuant encore l’effet levier de son montage assurantiel.

Afin de gérer cette attente, il n’a été trouvé comme seule solution que d’aller emprunter à court terme des fonds sur le marché obligataire, faisant du FESF une banque sans l’être, qui n’aura pas le bénéfice de se présenter aux guichets de la BCE comme ses consœurs.

Pour le reste des financements attendus et indispensables, on en est réduit aux conjectures, tandis que Christine Lagarde poursuit sa tournée de représentante de commerce, arrivant au Japon après avoir frappé à la porte de la Russie et de la Chine sans résultats apparents.

Le décor planté, il n’y a plus d’autre solution que de « remettre la Grèce sur ses rails », comme vient de le déclarer Nicolas Sarkozy, en espérant que le feu s’éteindra ainsi tout seul. Le drame, croit-il, lui convient bien et il est servi.

Il aurait du ajouter à sa liste l’Espagne, car la croissance a été nulle au troisième trimestre selon des chiffres provisoires de l’Institut national de la statistique espagnol, destinés à empirer en devenant définitifs. Ayant évité d’employer le terme de stagnation, pourra-t-il faire de même avec celui de récession ?

L’économie espagnole s’appuie largement sur son marché intérieur, qui est sinistré, la récession mondiale qui s’annonce va lui donner le coup de grâce. La réduction programmée du déficit public va s’en ressentir fortement, risquant de susciter des tensions encore accrues sur le marché obligataire…

Ne reculant devant aucune innovation, la Commission vient de lancer un nouveau concept, celui de « récession douce », par opposition à « récession dure ». L’Allemagne et la France pourraient connaître la première, tandis que l’Italie et l’Espagne subiraient la seconde. Comment, dans ces conditions, ces deux pays pourraient-ils éviter de tomber résolument dans le trou  ?

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220 réflexions sur « L’actualité de la crise : LA NORMALISATION CAPITALISTE, par François Leclerc »

  1. Qui aurait pensé que cela arriverait vraiment ?

    Voilà donc deux pays où la finance a pris le pouvoir.

    « après la démocratie » ….

    1. Qui aurait pensé que cela arriverait vraiment ?

      Les masques tombent, c’est tout. Ils dirigeaient déjà indirectement, mais la démocratie les gênait un peu aux entournures. Alors ils mettent des hommes à eux à la tête des gouvernements; les politiciens, mêmes les politiciens socialistes soumis, peuvent avoir des coups de folie, comme proposer un référendum. Maintenant ils ne risquent plus une tel acte irresponsable et dangereux pour les intérêts capitalistes.
      Bienvenue en Europe année 2011!

  2. J’ai passé une journée à Londres cette semaine; les anglais aussi sont assez inquiéts, étant donné que leur économie dépend de la santé de la zone euro. Ils ont peur d’un breakdown généralisé en Europe.

    1. Ils ont bonne mine. Tout est parti de chez eux, et ils continuent d’ enfoncer les pays. C’est bien beau de gagner de l’argent sur le dos des autres, en particuliers les ouvriers et employés européens.Quand Blythe Masters fait monter les cours des céréales dans le monde entier et affame des millions de gens, je dis que les anglais doivent quitter leurs claviers pour chercher à l’étrangler ( c’est une image bien sùr). Ils sont où Anonymous? Ils prennent le thé? Ils jouent au golf?

  3. Ils n’éteindront pas le feu,

    Ils n’arrangeront pas mieux les choses,

    La croissance se meurt elle ne reviendra plus,

    Ils sont tous déjà très bien coachés déformés comme ça,

    Croissance, croissance mais pourquoi elle se barre,

    L’accélération ne rassurera pas mieux celle qui pleure,

    Si seulement l’histoire pouvait toujours me ressembler,

    D’autres plans lunaires, des projets sur la comète,

    Il y a pourtant des signes qui ne trompent pas,

    Mais non on préfère toujours dominer autrui,

      1. @ michel lambotte

        Ou alors parce qu’elle a tenu sur la colonisation, puis sur la port-colonisation, puis sur la dette, puis n’a plus tenu.
        Vous l’ai-je prouvé ?

      2. 3 carrés de 100 kms de côté, bien situés et tapissés de panneaux solaires, suffisent pour alimenter la terre entiere en énergie électrique, au niveau de consommation actuelle, pendant plusieurs siècles..

      3. Malheureusement l’électricité n’est qu’une fraction de l’énergie que nous dilapidons pour fabriquer les gadgets de la farfouille.

      4. @Upwind
        A cela vous ajoutez une bonne petite tempête de sable dans ces joyeaux higt tech et vous perdez directement 50% de rendement sans compter les pertes en lignes.
        @Renard
        La colonisation, la post colonisation, puis la dette n’ont été possible que grâce à la croissance énergétique il me semble.

      5. Cela va sans dire que l’exploitation est rendue particulièrement difficile par les vents de sable.
        De plus, c’est avant tout de la concentration thermique et pas du photovoltaïque, solution utilisée en occident.

        Le principal problème est de lisser la production quotidienne via le stockage nécessaire pour la production nocturne.

        Tant que le pétrole reste bon marché, rien ne sera possible.

        Le contexte géopolitique des lieux de production sera encore défavorable à l’occident.

        Pourquoi ne pas demander aux pays du club med de commencer à investir dans ces énergies ?

        Autant d’argent dépensé dans des banques qui pourrait être utile à court terme.

      6. @ michel lambotte

        La colonisation, la post colonisation, puis la dette n’ont été possible que grâce à la croissance énergétique

        Selon certains (Aztèques, Incas, …), une utilisation plus rationnelle des énergies renouvelables (caravelles, galions, …) a suffi dans un premier temps.

    1. La guerre est faite par des milliards de personnes qui ne se connaissent pas et qui s’entretuent au profit d’une poignée d’individus qui se connaissent très bien et qui rient de voir les premiers se trucider !!

    2. Le Figaro Magazine s’est satellisé ou quoi ?
      Pas mal.
      Le rappel historique est nécessaire.
      Merci Dassault ! 🙂

      1. On comprend fort bien la position des pays émergents comme la Chine ou l’Inde ou, plus près de nous, celle de l’Allemagne, cette petite Chine de l’Europe, (…)

        Un dumping en capital dont on parle moins : procurer massivement du crédit pour de nouvelles usines avec un capital qui ne coûte rien est une concurrence déloyale.(…)

        C’est du char lourd……. 🙁

    3. Vous n’avez pas vu la vidéo de l’IDHEN ! Le titre de l’article du fig fait peur certes , mais JM Quatrepoint dit bien autre chose : »faut-il mourir pour le yuan ? » conférence du 10/10/2011

      L’article du figolu n’est qu’une triste retransmission dramatiquement copiée-collée pour partie d’une intervention de JMQ de 58 minutes. Le « journaleux » auteur de l’article n’a sans doute même pas rencontré JMQ….

    1. Sarko ne paye jamais chez ACCOR(voir supression de la taxes sur les chambres à plus de 200 euros).Remplaçée au fait par ????

    2. dialogue imaginaire

      -Monsieur Minc , Monsieur Sarkozy a payé 37000 €une chambre d’hôtel à Cannes , alors qu’on demande au peuple de faire des sacrifices .

      – Ah non , je vous en prie , arrêtez là votre populisme !

  4. Un autre élément, qui pourrait bien précipiter la chute si les grandes personnes si sages ne la gèrent pas : La Grèce se tourne vers le pétrole iranien alors que la peur d’un défaut entrave le commerce

    Traduction de mon cru d’un bout de l’article :

    La Grèce compte sur l’Iran pour la plupart de son pétrole, alors que les traders refusent d’encore lui vendre, et que les banques refusent de fournir le financement de peur qu’Athènes fasse défaut sur sa dette.

    […]La quasi paralysie des ventes de pétrole à la Grèce, qui a 4 raffineries, est l’image de la manière dont les échanges commerciaux pourraient ralentir en Europe en raison de l’anéantissement de la confiance causée par la crise de la zone euro, qui menace de s’étendre à d’autres pays.

    « Des compagnies comme les nôtres ne peuvent pas traiter avec eux. Il y a trop de risques. Peut-être que des traders indépendants sont mieux outillés pour ça, » explique le trader d’une grande compagnie pétrolière internationale.

    « Notre département finance refuse de traiter avec eux, tout simplement. Ce n’est pas qu’ils n’ont pas payé leurs factures. C’est juste une précaution, » affirme le trader d’une chambre de commerce majeure.

    Nous n’avons pas pu trouver une seule banque qui accepte de nous financer. Aucune banque ne veut financer un accord avec eux. On a raté de bonnes occasions, ici, » déclare un troisième trader.

    Plus de deux dizaines de commerçants européens contactés par Reuters chez des producteurs pétroliers majeurs et des chambres de commerce ont dit que l’absence de financement par les banques ont forcé la Grèce à cesser d’acheter du pétrole brut à la Russie, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan ces derniers mois.

    La Grèce, qui n’a pas de production nationale de pétrole, dépend des importations, et en 2010 elle a importé 46% de son brut de Russie, et 16% de l’Iran. L’Arabie Saoudite et le Kazakhstan ont fourni 10% chacun, la Lybie 9% et l’Irak 7%, d’après les données de l’union européenne.

    Alors, c’est-y pas beau de voir les dominos trembloter sous la brise qui forcit ? On fait les paris sur le moment où ils vont commencer à tomber réellement ?

  5. Il n’y a qu’une chose qu’il ne faut pas sauver, c’est le capitalisme …et le libéralisme qui lui est chevillé au corps comme un lierre. C’est la négation de l’humain et de la terre en général. Une autre voie est possible, mais les indignés et ceux qui crient, à l’heure actuelle, ne sont pas entendus. Peut- être, que quand on aura faim, comme les grecs en novembre 2011……!

    1. Surtout que pour les Indignés, c’est cuit :
      http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/11/12/les-anti-wall-street-appeles-a-lever-le-camp-apres-une-serie-de-morts_1602734_3222.html#ens_id=1584082
      «  »Vous avez envoyé au monde un message fort, maintenant il est temps de rentrer chez vous », a déclaré le syndicat de police dans un communiqué adressé aux anti-Wall Street. « Si vous partez aujourd’hui, calmement, de votre plein gré, vous montrerez que vous respectez votre ville et ses habitants ». »

      Rendez-vous au printemps.

    1. Stupide car cela ne va provoquer que plus de récession, donc moins de ‘profits’ pour leurs chères entreprises,plus de soucis de dettes etc etc

    2. Ca fait tout de même un paquet de temps que sur le blog, on explique que l’immédiateté des gains et l’absence de prise en compte des dégats collatéraux sont les spécialités du capitalisme.

      La fameuse exploitation de l’homme par l’homme.

  6. Et revoici l’Espagne et ses caixas, ses dettes hypo cachées…et la facture qui arrive avec élections + plan de rigueur comme chaque semestre.

    Markets rise but contagion fears spread to Spain.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/8885146/Markets-rise-but-contagion-fears-spread-to-Spain.html

    Et les Anglais eux reparlent de référendum pendant ce temps.

    EU turmoil revives calls for referendum
    David Cameron is to face renewed pressure to call a referendum after senior European Commission officials said the overhaul of the eurozone would trigger a national poll in Ireland.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/8885498/EU-turmoil-revives-calls-for-referendum.html

  7. Lorsque la belle soeur de mon grand-père me couchait vers 8 h du soir j’étais loin d’imaginer qu’un jour le monde serait un tel désordre… finalement à bien y regarder, il n’y a que des enfants irresponsables aujourd’hui, voire des gremlins. Avant il y avait un ordre dont personne ne doutait qui allait de soit, le social était à peu près compréhensible maintenant il est patent que la société est au mains de capricieux gemlins qui ont mit tout l’univers hors de son axe. Tout ceci est irrécupérable et foutu, il n’y a rien à sauver. Les capricieux gremlins de 1914-18 envoyaient tout le monde à l’abattoir sans remords puis allaient diner somptueusement, en famille comme, Foch par exemple et le commandant anglais réputé pour sa capacité sans limite à sacrifier ses compatriotes… Douglas Haig.

  8. Les socialistes Belges préparent leurs électeurs à la trahison qu’ils vont bientôt leurs proposer.

    Pas à n’importe quel prix !

    On parle déjà d’un Gouvernement fédéral qui n’annoncerait que des mesures difficiles, rigueur et assainissement des finances publiques. Mais que diable irait faire le PS dans cette galère ? Pourquoi Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx, Paul Magnette et tous les parlementaires qui participent aux groupes de travail, consacrent-ils tant de temps et d’énergie à négocier pour entrer dans un futur Gouvernement qui serait amené à prendre des mesures difficiles, parfois issues de compromis avec des partis de droite ?

    http://www.ps.be/Pagetype1/Actus/News/Pas-a-n-importe-quel-prix-!.aspx?auteur=none

    1. celle de revendiquer un impôt spécial pour les plus fortunés, une taxation des Spéculateurs et l’allègement de la fiscalité sur le travail

      y a pas un stut dans cette carte blanche? sur « allègement de la fiscalité sur le travail » ????

      Pour rappel, ce que même le PS appelle « fiscalité sur le travail » n’est en fait pas un impôt! Il fait partie du salaire réel! C’est une redistribution solidaire de surplus qui a été conquise de haute lutte, en fait un salaire différé et redistribué au bénéfice des pensionnés et des chômeurs. Si vous acceptez la terminologie de « fiscalité sur le travail » vous trahissez tout simplement le principe de solidarité horizontale et verticale de la solidarité à la belge. Et vous faites le jeu des libéraux.

      Mais pouvait-on attendre mieux du PS ? Sans compter cette mensongerie que le PS aurait été l’acteur principal de ces luttes sociales. Qui a réellement promu, soutenu et combattu pour cette solidarité? Un petit retour à l’histoire belge aura vite fait une bouchée gouleyante des prétentions du PS à propos des acquis sociaux qu’il n’a jamais défendus que forcé et contraint, raison pour laquelle il est si peu combatif aujourd’hui.

      Brassens chantait: tout est bon chez elle, y a rien à jeter
      Aujourd’hui nous chantons tous: tout est faux chez elle, y a rien à garder.

      Les socialistes belges sont donc encore plus traîtres que vous le dénoncez.

      1. La fiscalité sur le travail, c’est les impôts!
        Les cotisations sociales sont justement, autre chose!

        « vous faites le jeu des libéraux. » (sic)

      2. Pour rappel, en Belgique :

        Salaire complet = Salaire brut + cotisations sociales part patronale (+/- 35% du salaire brut)

        Salaire brut = Salaire net (ce qui arrive sur le compte en banque en fin de mois) + cotisations sociales part travailleur (13,07% du salaire brut) + précompte professionnel (dépendant de la situation familiale = les impôts prélevés à la source)

        Deux manières de vider les caisses de l’état et de la sécu sont en vigueur légalement :

        – exonération de cotisations sociales part patronale (emplois subsidiés pour rien du tout, ça ne change strictement rien aux embauches, tout ce que ça fait c’est que les employeurs prennent un « Activa » par exemple, puis lorsque la période d’exonération est finie, le licencient et le remplacent par un autre « Activa », et ainsi de suite)
        – des « bonus à l’emploi » ou autres dispositifs qui diminuent le précompte professionnel, soi-disant pour rendre le travail plus attractif par rapport aux indemnités de chômage – quand on sait la misère que représentent ces indemnités (on est largement sous le seuil de pauvreté), on se rend compte qu’il s’agit simplement de donner une prime aux employeurs qui embauchent les gens à des salaires ou des temps partiels forcés absolument immondes.

  9. Je crois que la bête agonisante n’a pas encore dit son denier mot. Reste pour elle, la Guerre, qui l’oxigenerai de nouveau. J’ai peur que cette hypothèse soit vraisemblable d’autant que l’artillerie lourde est mise en place pour la sauver coûte que coûte. Le climat est tendu avec l’Iran. vous paraissez ne pas vous y attarder, les uns les autres, mais n’est ce pas une possibilité à ne pas négliger.

    1. Si… encore une « bonne raison » de faire main basse sur l’Iran.

      Sauf que cela déclencherait peut-êre une troisième guerre mondiale, par le jeu des allainces. Ici les français, comme en Lybie, devraient choisir leur camps. Je parie, au hasard, que tous les partis « de gouvernement » choisiraient l’intervention (UMP, PS, MODEM), et que les autres refuseraient l’intervention (je doute qu’il y en ait quand même qui oseraient entrer en guerre aux côtés de l’Iran). C’est à prendre en compte lors des rochaines présidentielles, évidemment, de savoir qui est inféodé à « l’axe du bien » (Otan et sa clique de prédateurs), qui est inféodé à « l’axe du mal »(peuples non alignés/domestiqués »), et qui est libre, indépendant, et reste fidèle à l’idée d’une force de frappe capable de menacer « tout azimut ».

      1. il n’y a aujourd’hui malheureusement pas d’autres choix que binaires, où en sont rendues les institutions actuelles, mais on n’en est pas encore là, le pire n’est jamais certain

      2. Malheureusement la menace est très reelle, pour les voisins de ce grand pays.
        Que ferions nous si en face de nous un autre pays se dotait de l’ arme suprême ?
        L’ espace se contracte, de plus en plus, il ne reste presque que des choix binaires.
        Espérons qu’ ils vont se parler a temps pour déconstruire ce cul de sac, dans l’ interret de tous.

  10. Oxigene hidrogene…

    Le boss des chinois veux nous faire payer la guerre de l’opium ?
    Sources diplomatiques ?

  11. Bonjour,
    Je cherche des références bibliographiques, ou des lien www. sur la situation économique en europe entre 1900 et 1914 (taux de productions par secteurs, taux d’impositions, répartitions des richesses, taux d’intérêts etc.). J’entends et lis beaucoup que sous la façade – savamment mise en avant – du nationalisme et du respect des alliances politiques, les tensions économiques très fortes sont à l’origine réelle du premier conflit mondial (montée en puissance de l’Allemagne durant cette période). Avec une concentration du capital à la clé, qui trouvera avec la guerre matière à croître encore plus. merci d’avance…

    1. Je n’ai rien lu de ce genre chez John Keegan qui fait l’impasse sur les question économiques il est vrai. Il écrit qu’en fait les états-majores avaient des plans depuis des années et qu’en quelques sortes un climat de paranoia s’est répandu dans les commandements, puis ce sont les russes qui on mobilisé les premiers déclenchant la guerre.

      Une autre version bien connue est que les élites ne sachant que faire de ces classes nombreuses les ont envoyé se massacrer entre elles………

  12. @François Leclerc

    Les investisseurs risquent de réclamer une couverture de leurs pertes potentielles bien supérieure à celle de 20% qui était prévue, réduisant l’effet de levier envisagé et ne permettant plus de disposer d’une force de frappe d’un milliard d’euros.

    Il n’y a pas une erreur là ? avec 1 seul milliard d’euros autant dire peanuts ?

    1. C’est la deuxième fois que je fais cette confusion ! Difficile de manier comme cela les milliers de milliards d’euros !

  13. Le climat est tendu avec l’Iran. vous paraissez ne pas vous y attarder, les uns les autres, mais n’est ce pas une possibilité à ne pas négliger.

    C’est une possibilité, les iraniens veulent leur bombinette pour protéger leurs champs de pétrole, cela fera le prétexte des occidentaux pour les leur prendre ce qui risque de ne pas plaire à l’OCS !

    Daniel merci pour la rapide correction ! C’est bien effectivement Giraudoux

    cdt

    1. Je ne crois pas qu’il s’agit d’un prétexte pour les occidentaux mais plutôt de la logique de notre système capitaliste tel qu’il a été conçu. Nos dirigeants donnent raisons a ce systeme en imposant des financiers a la tete des etats, chaque décision prise, ne serait ce qu’infime, ne répond pas à la morale, mais à la logique du capitalisme, ainsi la bête est faite. Peu importe les conséquences, la bête doit vivre et tout sera fait pour qu’il en soit ainsi. Peut être je me trompe, et si tel est le cas, éclairez moi, éclairez nous.

  14. De grandes banques européennes dont des françaises se défont de leurs titres de dette des pays le l’ eurozone, à commencer par les pays dans le collimateur des trois soeurs. Début de la fin de l’euro ?

    1. Oui les grandes banques européennes sont en train de se débarasser de leurs dollars et les places asiatiques ainsi que la finance islamique prend leur place.
      Démondialisation? Mais non, c’est un archaïsme….

      1. Oui les grandes banques européennes sont en train de se débarrasser de leurs dollars et les places asiatiques ainsi que la finance islamique prend leur place.

        Vous sortez ça d’où ?

        1. Pressées d’améliorer leur ratio, les banques européennes restreignent leurs crédits, ne souhaitant pas augmenter leurs fonds propres alors que leur valorisation en bourse a été atteinte.

      2. Pressées d’améliorer leur ratio, les banques européennes restreignent leurs crédits

        C’est la big menace, et celle-là, contrairement à l’enfumage des cds, c’est pas du virtuel, c’est du saignant…
        L’Express :

        Les banques européennes détiennent dans les 42.000 milliards d’euros d’actifs (soit plus de 11.000 milliards de risque de crédit chez 90 des plus grandes banques), et les analystes de JPMorgan estiment qu’elles pourraient rétrécir leur bilan de 2.000 milliards d’euros, soit 4,7% des actifs. D’autres analystes visent un montant proche des 3.000 milliards d’euros.

        Ce mouvement de recul pourrait s’abriter derrière des considérations proprement nationales. Commerzbank a ainsi déclaré qu’elle refuserait tout prêt qui n’aide pas l’Allemagne ou la Pologne.

        « Les banques européennes vendent leur exposition à des crédits non européens, ça crée des tensions et il y a un effet de propagation », dit un banquier d’investissement d’un établissement de Wall Street.

        Les banques de la zone euro détiennent plus de 6.000 milliards d’actifs en dehors de la région, dont 1.800 milliards aux Etats-Unis et 1.000 milliards en Europe de l’Est, selon des analystes de Nomura.

        Cela veut dire par exemple que les banques espagnoles réduiraient leurs prêts au Brésil et au Mexique et que les banques françaises, italiennes et allemandes feraient de même en Europe orientale.

        Le banquier d’investissement explique que BNP Paribas et Société générale ont déjà sensiblement réduit leur exposition à la Russie.

    2. Que les banques se débarrassent d’une partie de leurs titres de dette française, italienne ou espagnole pour acheter des bunds c’est pas un scoop, il suffit de voir les yields sur le marché secondaire et les spreads (rendement double pour une OATcontre un bund à 3,4 contre 1,7 %). Sauf qu’en France par exemple, mais aussi et surtout aux US ou en GB, c’est pas les banques les plus gros détenteurs de dettes souveraines mais des fonds et des assurances… Et s’ils leur reste à ces derniers comme titres « sécurisés » que du bund allemand à 1,7 % ou du Tbond US à 2 %, c’est maigre les rendements pour les retraités en question, vaut mieux du livret A à 2,25 totalement liquide et défiscalisé… A moins d’une VRAIE politique déflationniste bien sûr… Genre un bon moins 10 % sur les salaires de la fonction publique et le reste à l’avenant… Rappelons de Gaulle, il doit pouvoir nous faire ça… Ou Churchill, genre

      Blood, Toil, Tears and Sweat

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