QUE FAIRE DE LA DETTE ? par François Leclerc

Billet invité

Le débat sur la dette ne fait que commencer, opposant les partisans de trois stratégies possibles. Ceux qui prétendent à tout prix la rembourser jusqu’à un certain seuil – quitte à la refinancer dans un premier temps – ceux qui préconisent de la monétiser, ainsi que ceux qui estiment indispensable de l’annuler partiellement (et dans certains cas totalement). Depuis le dernier sommet, les premiers ont de facto écarté la possibilité de mettre à contribution les créanciers.

Les tenants de l’option A – un remboursement s’appuyant sur l’austérité budgétaire – sont à la manœuvre, sans succès notable à ce jour et restant sur la corde raide. Au mieux peuvent-ils espérer, s’ils parviennent toutefois à stabiliser la situation, faire tomber les pays européens dans une « trappe à liquidité », une longue période de récession accompagnée d’une régression de la protection sociale. Le modèle qui menace toute l’économie occidentale et que connaît déjà le Japon. Mais ce n’est pas l’hypothèse la plus probable, étant donné l’incapacité des dirigeants européens à prendre la mesure de la crise et à saisir sa nature, ainsi qu’en raison de leur choix stratégique de préserver au maximum les investisseurs privés.

C’est là qu’interviennent les tenants de l’option B – une monétisation par la BCE – qui attendent que leur heure arrive. Il ne peut être exclu qu’ils aient de ce point de vue finalement raison, mais cette solution de dernier ressort sera alors couplée avec les mêmes restrictions budgétaires que l’option précédente, créant les mêmes effets. Le déséquilibre enregistré au bilan de la BCE ne pourra éternellement être éludé, réclamant sa recapitalisation par les banques centrales nationales, c’est à dire par les Etats en dernière instance. On reviendrait au point de départ. Cette crise a déjà démontré qu’aucun instrument financier sophistiqué ne pouvait effacer les risques, elle montrera qu’il en est de même des pertes.

Les options A et B ont par ailleurs en commun de laisser aux marchés un contrôle de la dette que l’on sait maintenant pouvoir vite être insupportable, et de ne pas toucher aux mécanismes de la machine à fabriquer de la dette. Tout en reconnaissant que celle-ci ne va plus pouvoir avoir le même rendement, qu’il va falloir d’un côté revoir les modèles des banques, et de l’autre restreindre la distribution du crédit. Ce qui, couplé avec une baisse des prestations sociales, va accroître la pauvreté et les inégalités sociales, faute d’une refondation distributrice de la politique fiscale.

Reste la dernière option, la C, qui est rejetée au nom de son irréalisme, puisque ruinant les petits rentiers, comme on disait autrefois des effets de l’inflation, pour ne pas parler des grands. Mettant symboliquement en avant comme obstacle les pertes des détenteurs d’assurance-vie. Annuler en totalité ou en partie la dette, ce serait se tirer une balle dans le pied. Cette argumentation permet de comprendre l’intérêt pour le système de promouvoir la retraite par capitalisation ou l’assurance médicale, deux manières de prendre en otage les petits rentiers, pour se réfugier derrière eux. C’est l’équivalent de la généralisation de la propriété immobilière, destinée à mouiller tout le monde dans la combine.

Première réponse, il faut se demander s’il y aura le choix à l’arrivée, si une restructuration ordonnée de la dette pourra être évitée ! Il est invraisemblable – dans le contexte récessif prolongé qui se présente – que des taux de croissance et des excédents budgétaires primaires seront atteints et dégagés, qui seuls permettraient de redescendre aux ratios d’endettement préconisés. La provenance de cette croissance restant par ailleurs mystérieuse. A l’inverse, il est nécessaire de s’interroger sur l’ampleur des sacrifices sociaux qu’il va falloir imposer, ainsi que sur le risque d’une explosion sociale, ou bien encore sur la dérive d’une société cherchant à l’endiguer avec un mélange de contrôle social et de répression.

La seconde est plus technique, s’appuyant sur l’idée que, les créanciers de la dette souveraine identifiés et répertoriés, leur sort pourrait être différencié, et certains catégories d’entre eux pourraient bénéficier d’échanges d’obligations favorables. Avec l’idée de préserver les personnes physiques, dans une certaine limite et à condition qu’elles soient fiscalement en règle.

Un tel processus impliquerait une destruction importante de la richesse dite patrimoniale, ce qui vaudrait à tout prendre mieux que la méthode classique jusqu’à maintenant employée, c’est à dire la guerre. Cela aboutirait également à percer l’énorme bulle financière qui s’est constituée au fil des dernières décennies, qui n’est plus porteuse que d’une logique destructive. Pour le coup, ce serait faire « le travail de Dieu » dont s’est prévalu le PDG de Goldman Sachs, mais pas exactement dans le sens qu’il entend.

Quel mécanisme pourrait être mis en oeuvre, afin de procéder à une telle restructuration géante ? Vu l’extrême complexité de l’échafaudage de la finance, il est probable qu’un véritable séisme secouerait tout le système et qu’il faudrait donc prioritairement isoler ceux qui doivent être protégés. La suite ne pourrait que faire l’objet d’une remise à plat du système financier dans son ensemble, étant donné le rôle qu’y jouent les obligations souveraines, point d’appui pour ses établissements financiers et collatéral pour de nombreux produits et transactions. Par analogie, mais à une toute autre échelle, cela serait comparable avec le détricotage de Lehman Brothers, suite à sa faillite, qui vient d’aboutir. Des dispositions provisoires devraient certainement être prises, afin d’éviter un effondrement de l’ensemble du système financier atteignant l’économie, en raison du temps qui serait nécessaire pour réaliser l’opération.

Sa complexité n’est pas en soi un argument pour le rejeter, si l’on se réfère aux études entreprises à propos des conséquences d’un éclatement de la zone euro, qui mettent en évidence l’ampleur de ce qui devrait être accompli ainsi que toutes les incertitudes qui demeurent : faute de cartes et de précédent, la navigation est nécessairement à vue. Cette objection n’est donc pas recevable, sauf à considérer que cette complexité atteinte par le système financier fait, une fois pour toute, obstacle non seulement à sa compréhension – air connu – mais aussi à toute mise en cause possible.

Quel serait in fine l’objectif poursuivi ? Que les Etats puissent, cette opération effectuée, opérer une relance de l’économie – suivant des critères à déterminer mais en fonction d’une autre conception de la mesure de la richesse – leur permettant de dégager un excédent primaire et de se soustraire ainsi à la logique des marchés. Sauf pour une partie résiduelle réduite et soutenable de leur dette actuelle. A cet égard, il sera intéressant de noter que l’Europe serait la mieux placée, comparée aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Japon, si l’on considère ses excédents budgétaires de ces dernières années, selon “l’OCDE”. (*) – voir annexe 30.

Dernière question et non des moindres : qui pourrait prendre une décision de cette ampleur ? Sans doute faudrait-il se tourner vers la seule institution où tous les pays sont représentés, et qui à ce titre peut légitimement prétendre l’imposer : l’Organisation des Nations Unies (ONU). Née aux lendemains de la première guerre mondiale sous le nom de Société des Nations et rebaptisée à la suite de la seconde, elle pourrait prendre en charge une telle renaissance. Afin d’instituer un tribunal international, chargé de toute l’opération, qui rapporterait devant l’Assemblée générale.

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(*) Cité par Henri Régnault, in “La Crise” n°18 – décembre 2011.

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144 réflexions sur « QUE FAIRE DE LA DETTE ? par François Leclerc »

  1. Nous sommes déjà en guerre avec 6 pays au moins! Officiellement…
    La guerre n’est donc plus une option à envisager; elle est déjà pratiquée, assidument, pour stabiliser ce qui reste du système.

  2. leur permettant de ... se soustraire ainsi à la logique des marchés.

    Les dirigeants politiques actuels n’ont aucunement l’intention de nous soustraire à la logique des marchés.

    Toutes les politiques menées ces dernières décennies visent bien au contraire à nous soumettre à ces marchés et toutes les contorsions et renoncements actuels visent à maintenir, et si possible augmenter, cette tutelle, coute que coute.
    Car l’idéologie qui les guident considère en effet que les marchés sont plus efficaces que la démocratie : la prise des décisions politiques (communes) doit être confiée au marché.

    Il n’ y a donc aucune chance que nos dirigeants politiques actuels, en France, en Europe ou à l’ONU changent soudainement de religion et se mettent à réfléchir inversement.

    Les voies de sortie seraient plutôt : la guerre (ce que les propriétaires choisiront à nouveau – et imposeront à nos dirigeants – lorsque la situation deviendra intenable pour leurs intérêts) ou le changement des dirigeants.

    Moi, j’ai coché la seconde option 🙂

  3. C’est là qu’interviennent les tenants de l’option B – une monétisation par la BCE – qui attendent que leur heure arrive. Il ne peut être exclu qu’ils aient de ce point de vue finalement raison, mais cette solution de dernier ressort sera alors couplée avec les mêmes restrictions budgétaires que l’option précédente, créant les mêmes effets. Le déséquilibre enregistré au bilan de la BCE ne pourra éternellement être éludé, réclamant sa recapitalisation par les banques centrales nationales, c’est à dire par les Etats en dernière instance. On reviendrait au point de départ

    Là François, vous faites erreur, le capital de la BCE est négligeable par rapport aux sommes qu’elle manipule et une opération de monétisation de la dette n’implique nullement une recapitalisation de la BCE. C’est elle qui imprime les billets ou qui crée les comptes dans ses ordinateurs en alignant les zéros “à sa guise”.
    Seul problème, les Traités ne l’y autorise pas. Je pense que cela se fera quand même, avec évidemment l’accord des Allemands et des autres. Cet accord sera donné au cas par cas, très progressivement, au fur et à mesure qu’ils considèrerons le retour à l’équilibre budgétaire acquis ou en bonne voie. Finalement, c’est bien vu pour maîtriser tous ces emprunteurs invétérés que sont nos gouvernements plus fous encore que les particuliers accrocs des cartes revolving de la Redoute ou des Galeries Lafayette.

  4. Ayant résisté à Napoléon ,à Hitler , à De Gaulle (“L’Angleterre , je la veux toute nue ” …entendez sans son cortège d’anciennes colonies) , ayant récupéré les iles Falklands (verrou stratégique géopolitique) contre les Argentins pourtant armés par nous ( bon ,c’est vrai on a donné aux anglois les codes des exocet qui avaient envoyés la frégare Sheffield par le fond)…..finalement les Anglais sont toujours debout et..dangereux jusqu’au bout …comme dans les matchs de rugby ou de foot !

    Vous savez ce qu’ils pensent de leur “splendide isolement ” seriné par nos médias ?

    Pour eux ” l’Angleterre est isolée aujourd’hui comme un voyageur ayant raté le départ du Titanic sur les quais de Southampton ” !

    1. Pour la résistance contre Hitler, c’était quand même pas passer loin. La RAF (Royal Air Force) était à deux doigts de craquer quand Hitler a finalement choisi de faire bombarder les villes anglaises à la place de continuer d’attaquer la RAF directement.

      1. N’oublions pas aussi que l’armée Française pendant la campagne de France, malgré la prodigieuse nullité de son état major avait mis au tapis un très grand nombre d’avions allemands, ce qui a allégé la pression sur la RAF. On estime que pendant la bataille de France, 1300 appareils de la Luftwaffe furent abattus, soit un nombre équivalent à celui de la bataille d’Angleterre.

        L’abjecte bêtise du commandement français, et sa lâcheté, ne doivent donc pas éclipser le courage des simples soldats, et de leur officiers d’encadrement.

        Perte de la Luftwaffe.

  5. Quelque soit l’option, Merkel et son allié malgré lui – Sarkozy – feront tout pour défendre l’euro. Le chiffre d’affaires de la maison d’Allemagne en dépend, et si l’Allemagne irait mal, la France souffrirait à son tour. Le “prix social” est inclus dans ce calcul, l’Allemagne vit au rythme impitoyable de la mondialisation économique: gare aux plus faibles et vulnérables.

  6. Pour la “compensation” voir le blog ci-dessous de ” Incognitototo ”

    http://solutions-politiques.over-blog.com/article-c-histoires-de-dettes-dans-la-serie-on-ne-vous-dit-pas-tout-90922657-comments.html

    un extrait :
    C’est à la réception de ce lien : Eurozone debt web : Who owes what to whom ? (Web dette Eurozone : Qui doit quoi et à qui ?) Que j’ai eu envie de vous faire part de quelques observations, non évoquées dans ce lien… sur lequel vous pourrez trouver, pays par pays (en cliquant sur le pays) :
    – qui doit combien et à qui, à travers les dettes et les créances bancaires uniquement,
    – le total des dettes étrangères par habitant,
    – le pourcentage des dettes étrangères par rapport au PIB,
    – le pourcentage des dettes de l’État par rapport au PIB,
    – et autres informations utiles… qui conduisent à donner une note de solvabilité au pays, de gentil pays à vilain, pas beau, laid et méchant pays…

    J’aurais bien aimé que figure également dans ce relevé les BRICS, notamment la Chine avec ses plus de 3 000 milliards de réserves en dollars, et autres considérations mondiales sur les flux financiers, mais bon, faut pas tout demander d’un coup non plus…

    Alors, juste un petit travail que cet article n’a pas fait et que l’on fait couramment dans les groupes d’entreprises pour équilibrer les dettes et les créances… C’est le b a ba d’un gestionnaire de trésorerie ou plus simplement d’une ménagère qui sait gérer son budget, et qui trouve absurde de payer un crédit revolving à 12 %, alors que ses économies ne lui rapportent que 3 %… ça s’appelle un tableau de compensation des dettes et des créances, et en général, ça permet de faire beaucoup d’économies… Voici le tableau (pour le faire apparaître en grand, cliquez dessus) :

    Étonnant non ? Selon le principe logique que si A doit à B, 100, que B doit à C, 100, et que C doit à A, 100, on peut annuler une énorme partie de ces dettes réciproques et croisées, en les compensant. En conséquence, d’après les données de notre tableau, il est donc possible de supprimer 73 % (!!!) des dettes de ces 10 pays par de simples écritures comptables de compensation !…

    Qui doit le plus à tout le monde, mais est-ce bien une surprise ? Les USA qui cumulent pour ces seuls 10 pays, 63 % (!!!) des dettes. Et encore, ne sont pas inclus dans cette colossale arnaque, les soldes des BRICS qui, à vue de nez, feraient quadrupler le montant (mais pour les autres également)… Mais si vous avez bien lu cet article : Exercices appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance… ; vous savez maintenant pourquoi le système financier ne peut pas être régulé, tant qu’on n’aura pas ôté aux USA leur planche à billets, et que le dollar cesse d’être une monnaie d’échange et de réserve…

    Mais continuons, nos observations…

    Suite à la première constatation, on comprend également que ces pays payent, sur 5 739,3 Md d’€ de dettes, des intérêts (environ 172 Md d’€ si on prend un taux moyen de 3 %) qui n’ont aucun sens ! Alors pourquoi continuent-ils ? C’est là, où on est bien obligé de rentrer dans des considérations sur l’impuissance politique et l’homéostasie systémique de la financiarisation…
    Il faut comprendre que ces dettes fictives constituent la principale ressource de chiffre d’affaires des banques qui ne peuvent, sous peine d’en mourir, solder leurs dettes et leurs créances, car elles perdraient immédiatement les rentes qu’elles perçoivent sur chaque mouvement financier… Un vrai système bloqué et tellement intrinsèquement interdépendant que le premier qui bouge, ou qui souhaiterait arrêter la cavalerie (doublée d’une vente pyramidale), ferait tomber tous les autres… Est-ce que vous comprenez mieux, maintenant, où se situe l’économie fictive ? Et pourquoi nos gouvernants semblent si impuissants…
    Dans un système « normal », une banque prête à une entreprise ou un particulier, qui par le fruit de ses bénéfices ou de ses revenus rembourse la banque… De même qu’elle peut prêter à un État qui la rembourse avec les impôts… du moins, quand ça se passe normalement.
    Ça devient anormal, quand l’État est obligé de prêter à la banque pour qu’elle lui re-prête de l’argent, et que ce même État est obligé de faire des dettes pour rembourser ses dettes, dans un système de cavalerie infernal, où tout le monde s’est mis à jouer à « tant que j’achète et je vends, je survis, et si je m’arrête, je meurs »…
    Parce que, dans notre monde financiarisé, l’argent sert à produire de l’argent, sans aucun support productif de biens ou services, juste par le jeu d’une interminable chaîne de prêteurs et d’emprunteurs, d’acheteurs et de vendeurs d’argent… sans que ça ne repose plus sur aucune notion de création de valeur pour rembourser les dettes. L’expression « faire travailler l’argent » a atteint le comble de son absurdité, et l’impasse dans laquelle nous sommes est à la mesure de l’impuissance à retourner aux fondamentaux économiques qui ne mépriseraient plus le travail des humains.
    Sauf que, sauf que… on ne peut pas dire, « on arrête tout », pour la simple raison que ces banques détiennent également les avoirs des particuliers et des entreprises. Si on les empêche de continuer le système, ce ne sont pas seulement les milliers (millions ?) de personnes qui vivent de cette « industrie financière » qui se retrouveraient le bec dans l’eau, mais tout également les particuliers et les entreprises… Un chantage permanent qui ne dit pas que c’est la finance qui gouverne le monde, mais bien que les politiques ont créé de toutes pièces toutes les conditions pour que personne n’ait plus le choix de faire autrement (du moins apparemment).

    Pour terminer sans vous accabler plus, juste une observation : est-ce vraiment la zone euro qui est en crise ? Le solde des 7 pays de la zone euro, qui font partie de notre tableau, est positif de 797,1 Md d’€ !… En fait, il n’y a pas de problème de la zone Euro. Et si notre croissance prévisionnelle était supérieure à 3 % (avec une inflation tenue) personne ne se poserait le problème des dettes. De même, si nous sommes constamment attaqués, c’est juste une manipulation des marchés financiers qui s’attaquent à ceux qui peuvent payer, et c’est tout. L’intransigeance de l’Allemagne à ce niveau-là, qui refuse de faire marcher la planche à billets en réponse, est vraiment stupide… Cependant, il faut comprendre leur position, faire marcher la planche à billets, c’est tout simplement accepter que leurs créances se dévaluent mécaniquement, et ils ne veulent pas rentrer dans cette spirale-là ; ce en quoi on ne peut pas leur donner tout à fait tort, quand on tient compte des logiques spéculatives à long terme.
    Enfin, il semble bien que nos traders aient compris que mener un raid sur les USA ne ferait qu’appauvrir tout le monde, parce que les USA ne s’embarrassent pas, eux, pour laisser filer la valeur du dollar, en faisant fonctionner la planche à billets ; c’est même à croire que c’est cela qu’ils cherchent, puisque toutes leurs interventions pour réévaluer la valeur des autres monnaies (notamment du Yuan) ont échoué.
    La sentence, malédiction, de John Connally en 1971, « le dollar est notre devise, mais c’est votre problème », n’a jamais été aussi vraie qu’aujourd’hui…

    1. Vraiment intéressant. Cela me conforte dans la conviction que cette idée de compensation des dettes, déjà évoquée plus haut par Laster3 et Zebu mérite d’être creusée, nonobstant la fin de non recevoir de François qui me parait un peu rapide. J’aimerai que la discussion se poursuive sur cette idée.

      1. J’ai donné mon avis, qui m’était demandé, et non pas opposé une fin de non recevoir ! Une discussion peut être faite d’objections (et de réponses à celle-ci)…

      1. Bon, je vous résume en quelques lignes alors : plutôt que de passer par une phase d’inflation élevée, jeu très dangereux comme les pays d’Amérique latine le savent, Reinhart suggère que la “répression financière” a permis dans le passé de réduire la dette des Etats sur le moyen terme en gardant les taux d’intérêts nominaux à un niveau artificiellement bas, qui accompagnés d’une inflation modérée permet d’obtenir des taux réels négatifs.
        Les instruments de la “répression financière” sont entre autres les contrôles de capitaux, la “prise en otage” des acteurs financiers nationaux en développant un marché obligataire intérieur, une taxe sur les transactions financières, ou encore le retrait des marchés d’une partie de la dette en la confiant à des acteurs hors-marchés telle une banque centrale ou des agences nationales.

        1. J’apprécie, merci ! Ma première réaction est de dire que nous ne sommes plus dans une situation qui permettrait l’application d’une telle politique raisonnée.

  7. Vente Italie – Achat Allemagne.
    Les banques continuent à nettoyer leurs bilans, mauvais premier jour pour l’option A, attendons quand même la fin de l’année pour y voir plus clair.
    Les agences de notation, grandes adeptes de la monétisation Anglo Saxonne comme seul carburant possible à la surconsommation occidentale , sonnent la charge contre l’orthodoxie budgétaire Allemande.
    Maintenant que chacun a choisi son camp la grande guerre de la dette peut commencer, car c’est bien une guerre qui s’annonce.

    Pour info, on enregistre une forte dé-collecte chez des gestionnaires de fortune français depuis quelques jours.

    1. S’il y a un fort mouvement de décollecte chez les gestionnaires de fortune, c’est que ceux-là savent que cette pyramide de Ponzi de la dette souveraine est proche de l’abîme.
      Ils se barrent pour ne pas perdre, alors que ceux qui vont rester vont se retrouvés comme les escroqués de Bernard Maddof : en slip!

      1. Juste un truc qui me fait mal a la tète
        Tous ces discours pour sauver qui quoi
        Pensez vous parfois a ceux qui ont rien et qui vont perdre leurs maigre bien
        Le trou qu’il loue pour dormir
        L électricité
        Leur maigre retraite qu’ils vont perdre
        La rue et la mort qui les attend
        Ca rentre ou dans vos discussions

      2. @ pladao, 13 décembre 2011 à 11:19
        L’appauvrissement général, même des plus pauvres c’est le souci de la plupart des blogueurs du site : on y dénonce continuellement l’enrichissement de quelques-uns au détriment de tous les autres, et pas seulement dans nos pays francophones. On y dénonce la destruction systématique de toutes les institutions sociales, selon les règles de l’idéologie ultralibérale. On voit reculer la démocratie réelle derrière une construction d’apparence démocratique qui cache une réelle dictature de quelques-uns.
        Mais on propose aussi, cette semaine encore, un revenu pour tous, une répartition équitable des richesses par un impôt juste, une réelle prise en compte de l’avis des citoyens, bref un respect de chaque individu et une solidarité inscrite dans la loi et mise en œuvre. Il y a d’ailleurs un candidat à la présidentielle qui a mis cela dans son programme, sous le titre “L’humain d’abord”
        Savez-vous qu’il y a encore des pays en Europe où l’on ne met personne à la rue sans lui offrir un autre logement, avec eau, gaz, électricité gratuits, et lui donner de quoi se soigner et se nourrir ? Dans l’un de ces pays, on craint l’inflation aujourd’hui encore, plus que tout, car, on s’en souvient, en novembre 1923, beaucoup de gens de ce pays n’avaient même plus de quoi s’acheter du pain, à cause de l’inflation. Et cela parce que la France et la Grande-Bretagne prenaient toute la richesse produite, “en réparation des dommages de guerre”.
        Ce pays a décidé de donner ce minimum vital à tous ses pauvres, et continue à le faire malgré la crise. En France, les responsables de l’Etat ne trouvent même pas le moyen de faire appliquer la loi DALO : Droit au Logement (opposable). Mais, c’est vrai, nous avons le Fouquet’s à faire tourner et des “amis” à honorer.
        S’il y a un pays où il est devenu nécessaire de faire la révolution, c’est bien celui où on ne pense pas assez à

        ceux qui ont rien et qui vont perdre leurs maigre bien
        Le trou qu’il loue pour dormir
        L électricité
        Leur maigre retraite qu’ils vont perdre
        La rue et la mort qui les attend

        comme vous dites si justement

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