COURTES IMPRESSIONS DU SÉJOUR À ATHÈNES, par Étienne

Billet invité. Il y a quelques semaines, le blog de Paul Jorion s’est associé à l’initiative d’Étienne d’un webdocumentaire radiophonique sur l’austérité en Europe. Étienne livre ici (ainsi que sur son blog) ses premières impressions depuis son arrivée en Grèce

Me voici depuis presque une semaine à Athènes, découvrant la réalité de la situation. Au premier regard, et sans avoir de connaissances antérieures de la ville, rien ne semble bien différent d’une autre grande métropole, mis à part de petites affichettes jaune et rouge. Et ce n’est pas une surprise, la vie continue ici, bien entendu. Mais avec un arrière-goût amer. C’est en discutant avec les gens, rencontrés au hasard, qu’on se rend compte de l’incroyable de la situation. Apparemment, c’est depuis l’été dernier que tout s’accélère : c’est ma plus grosse surprise, moi qui croyais que la crise progressait constamment depuis deux ans.

Les gens lâchent prise, les contestations massives du printemps se sont éteintes et chacun se préoccupe d’aider ses proches en grandes difficultés, d’ajuster sa vie aux coupes salariales, de renégocier son loyer, de remodeler son quotidien. La « dévaluation interne » conceptualisée par la « Troïka » est maintenant à l’oeuvre, et à vitesse grand V. Il n’est plus trop question pour les gens de placer leurs espoirs dans de grands mouvements citoyens, après un an et demi de protestations ignorées par les institutions internationales et violemment réprimées par l’État grec. Le temps est venu à l’ajustement personnel, parce qu’il n’est pas possible d’envisager autre chose. L’ajustement, c’est préparer l’émigration, à la campagne ou à l’étranger selon l’âge, ou changer de mode de vie : les rues se vident, les magasins, restaurants et cafés ferment en masse, même au centre ville, on se concentre sur l’essentiel. Et l’on retombe sur le premier signe qui surprend en arrivant à Athènes : les affichettes jaune et rouge annonçant « à louer » ou « à vendre ». En quelques mois, elles ont tapissé toutes les rues et vitrines vides, de l’acropole aux petites rues calmes des banlieues éloignées où résident les classes moyennes, en passant par les quartiers populaires situés entre les deux.

C’est au cœur de ce tableau que je suis en train de collecter des témoignages de personnes trouvées un peu au hasard, racontant de « simples ajustements » de leur vie, ou de véritables drames en cours ou en devenir.

La situation générale a un côté monstrueux, où tout s’accélère et personne n’arrive à y croire. C’est un nouveau monde qui se dessine et qui arrive, et les gens, pour continuer à vivre, devront faire avec. L’espoir d’avoir une chance d’influer sur le cours des choses a l’air de s’être évanoui, après l’étrange annulation du référendum qui avait été annoncé en novembre dernier. Peut-être est-ce temporaire.

Mais en attendant, la notion d’avenir s’évanouit et celle de survie apparaît. Dans les années 30, le mot « dépression » a t-il été utilisé pour décrire l’état économique ou psychologique de la situation ? Ici, il n’y a plus de doute : il s’agit de la situation économique pour ceux qui ont déjà été emportés, et de la situation psychologique pour presque tous les autres.

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101 réflexions sur « COURTES IMPRESSIONS DU SÉJOUR À ATHÈNES, par Étienne »

      1. J’ai écouté les premiers mots : comme un tsunami. Je confirme cela.

        Passées les premières cordialités extrêmement chaleureuses, les gens révèlent un état de choc lorsque l’on prend le temps de discuter, comme ce qu’on a l’habitude de voir à la télé lors des suites de catastrophes naturelles.
        La majorité des gens avec qui j’ai parlé ont les yeux mouillés et doivent constamment retenir leurs larmes en se confiant. Une étrange excitation incrédule est présente dans beaucoup de mes entretiens. C’est très étrange et très inquiétant. Impossible de rester insensible.
        Pourtant ce sont des gens qui ne souffrent pas encore directement. Mais de voir sous leurs yeux s’effondrer la société de laquelle ils sont issu est trop monstrueux pour vraiment comprendre ce qu’il se passe. D’où probablement cet état de choc dans lequel ont l’air d’être beaucoup de gens. Pourtant on essaie de vivre normalement. Mais c’est plus qu’un malaise, il y a un truc qui ne tourne pas rond du tout.

        Je développerai plus de choses là dessus à la fin de mon séjour.

  1. Merci, Etienne!
    Je vous ai découvert sur ce blog il y a quelques jours, et j’ai déjà diffusé vos liens autour de moi.
    Continuez !

  2. cela fait penser aussi à l’Argentine avant la mise en défaut et avant le découplage du Peso du dollar.
    La Grèce se relèvera si elle quitte l’euro tout de suite, décrète un moratoire de deux ans au moins et émet un nouvelle monnaie nationale, histoire de redémarrer.
    Dans deux ans, elle pourra même reprendre les paiements d’une partie de la dette, car les taux de croissance seront impressionnants avec une nouvelle monnaie nationale.
    Evidemment, un peu de rigueur dans la collecte d’impôts s’impose aussi dans tous les cas…

      1. La dette argentine était très dispersée, avec des investisseurs situés partout dans le monde. La dette grecque, elle, est beaucoup plus concentrée dans les banques européennes.

        La seule véritable arme que possède la Grèce ?
        Sinon, l’article du monde est assez juste, omettant cependant une réindustrialisation à marche rapide du pays.

    1. On m’a toujours appris que c’était les voleurs qui devaient rembourser ce qu’ils avaient volés…ce n’est pas le peuple grec qui a volé quoique ce soit , c’est les spéculateurs, les banques, les politiques et si derrière ce trio il y a des épargnants d’autres pays c’est tant pis pour eux.

      Alors le peuple grec n’a à rembourser aucune dette ni maintenant ni jamais même s’il sort de l’euro!!!

      1. Il me semble que l’Argentine à la fin de sa crise et plus récemment l’Islande ont décidé de ne pas payer leurs dettes. Est ce exact ?

        D’ailleurs où en est l’Islande ?

  3. Pourtant pour que le monde change ça va devoir venir des classes pauvres et moyennes et non de la classe supérieure qui a le pouvoir et pour qui le système profite.

    Comment on est arrivé dans une situation où les peuples baissent les bras alors qu’ont les conduits à l’abattoir ? Des peuples entiers ce sont déjà soulever alors qu’ils n’avaient pas les moyens de communication actuels !

    1. La différence, cela s’appelle la vie et la mort des civilisations. Dans le cadre de l’histoire d’une civilisation, un peuple « neuf », qui se sent un avenir possible aura la force de renverser les montagnes. Le même peuple 2 ou 300 ans plus tard, dans une phase de décadence de ses propres valeurs fondatrices n’aura plus cette force et se délitera dans l’égoïsme de la survie personnelle et communautaire.

    2. Parce que malgré ce que vous pensez ici, le monde ne changera pas en manifestant en groupe…mais en se centrant sur soi-même : aller à la découverte de son être, de son chemin intérieur permettra comme dit Etienne de pratiquer l’ajustement personnel. Cela va bien au delà qu’une organisation de vie ou de survie mais bien donner un sens à la vie.
      La libération de ces carcans ne viendra d’aucune institution mais bien de chaque individu qui va reprendre sa vie en main et faire basculer ses priorités : la main tendue, l’entraide deviendra une évidence en dehors des lois d’un état.
      Tout commencera par les « petits », par les plus ancrés dans des choses simples….
      C’est pourquoi ce chaos peut changer les choses : c’était la conclusion d’une jeune femme grecque dans un reportage. Elle voyait pointer une autre forme d’organisation, de compréhension du système.
      Alors bien évidement, il y a d’abord le choc de voir s’écrouler le décors de nos vies….si on nous laisse une chance, viendra peut être la capacité de réajuster, de réinventer d’autres valeurs, de revenir aux fondamentaux….
      Cela me fait toujours penser au film « la belle verte » de Coline Sereau : ceux qui viennent d’une autre planète racontent comment les peuples ont un jour décidé de ne plus acheter des « choses ». Ce fut une grande révolution, mais chacun chez soi, pas dans la rue.

      1. C’est bien sur toi qui a raison . Les solutions sociétales passent par des solutions individuelles ..auto productions maximisée pour se sécuriser et rompre les liens avec le système (sauf a ponctionner les tunes octroyées) . Prendre et ne pas donner , circuits courts , échanges … bosser au black et mépriser ces blaireaux encravatés …les regarder couler et s’entretuer en ville .

  4. Il se dit sans cesse : « Tant que les gens ont encore quelque chose à perdre, ils ne bougeront pas ».

    Mais quand on a tout perdu ou à peu près, on ne peut plus s’ occuper de RIEN d’ autre que de sa survie.

    Ce témoignage ainsi que celui de KriGlo sont épouvantables.

    1. J’ai eu l’occasion de rencontrer Panagiotis, qui est quelqu’un d’extrêmement intéressant et de très aimable. On aura l’occasion de l’entendre témoigner dans le documentaire.

  5. « La situation est indescriptible je n’arrive plus à écrire je ne trouve pas mes mots personnellement je me réfugie dans le monde des rêves et des jeux en ligne ici c’est bien pire que ce que j’ai connu en Pologne dont je me suis pourtant enfuie en 1988 à l’âge de vingt-ans » me dit une amie athénienne d’origine polonaise qui travaille dans une fabrique de bougies décoratives.

    Merci Etienne pour votre papier remarquable, j’attends la suite avec impatience.

  6. @ Etienne,

    Bonjour,

    Est tienne la belle athénée
    A temps mains consolées
    Une myriade étrange six faits
    Conjugue l’eau range l’été
    Muse ictère blesse rit
    Va grand dire tout petit
    Pandore en dix fusions

    Entends le chant qui t’accompagne, plus loin que les espoirs d’un homme, tu seras porté dans ta charge de bonne volonté. Courage Etienne, làs des prêt si on tierce retourne le meilleur, décristallise faux bien et part de vie. Vas-y loulou, hardi petit ! One B

  7. Mr Alexandre,
    le phénomène d’accélération de la crise vous étonne?
    Arrêtez de croire aux statistiques,il n’y a pas d’effet linéaire….c’est une abstraction mathématique,celle-la même qui nous propulse dans le mur désastreux de la réalité.
    2012,l’année des 707 trilliards de faillite bancaire ,sans commentaire…..

  8. Très intéressant.

    Et d’autre part, c’est bien les réactions de populations auxquelles il fallait s’attendre

  9. J’ai des échos similaires venant de ma belle famille qui vit à Athènes. Et j’y étais quelques jours au printemps de cette année.
    Voici ce que j’ai entendu :
    * les salariés ont perdu de 25% à 40% de leurs revenus
    * certains fonctionnaires ont perdu bien plus que leurs treizième et quatorzième mois puisque depuis des années, ils étaient augmentés via des primes ; les primes ont évidemment disparu
    * les indépendants (hors métiers de santé) ont perdu environ 60% de leurs revenus
    * plusieurs métiers indépendants se sont vus du jour au lendemain appliquer une TVA à 23%, impossible à répercuter au client en temps de crise évidemment
    * j’ai rencontré un chauffeur de taxi qui était berger dans la lointaine banlieue d’Athènes ; il était venu travailler comme taxi depuis 5 ans, pour mieux gagner sa vie ; aujourd’hui, il fait des heures invraisemblables pour gagner 60% de moins, ne voit plus sa femme et son jeune enfant ; il va donc quitter le métier et retourner faire son métier d’origine : élever des moutons à la campagne
    * de nombreux propriétaires immobiliers considérés comme aisés ou riches il y a quelques années, se retrouvent dans des situations financières critiques, car ces revenus tendent vers zéro, puisque la plupart de leurs locataires ne peuvent plus payer leurs loyers
    * les citoyens que l’on croise dans la rue semblent tous abattus ou déprimés
    * certaines retraites complémentaires ont déjà été amputées de 40%
    * les consulats grecs à l’étranger ont vu leur personnel fondre (retraites anticipées avant réforme), ne pas être remplacé ; les fonctionnaires qui y restent n’arrivent pas à faire face à leurs obligations, d’autant plus qu’ils sont sollicités en permanence par des appels à l’aide de concitoyens cherchant à faire émigrer leurs enfants afin qu’ils trouvent n’importe quel travail ; leurs salaires sont payés en retard, tous les deux à trois mois
    * des centres médico-psycho-pédagogiques ont dû fermer, faute de moyens
    * l’entraide bien connue entre les membres d’une même famille tourne à plein régime, dernier rempart contre la situation économique actuelle
    * l’épargne, si elle existe, fond comme neige au soleil, puisqu’elle est utilisée pour les besoins immédiats
    * les retraits d’argent au guichet des banques sont limités
    * les autorités d’Athènes recommandent aux citoyens de ne pas traîner la nuit dans les rues : on risque de se faire étriper pour quelques dizaines d’euros ; les gens ont peur pour leur vie
    Et la vie continue ….

    Evidemment, nos contacts à Athènes ne nous racontent pas tout ce qu’ils vivent. Par pudeur.

    Tout cela m’attriste profondément pour le peuple grec, si généreux et si sympathique.

    1. les citoyens que l’on croise dans la rue semblent tous abattus ou déprimés

      Baladez vous à Paris, les citoyens semblent abattus ou déprimés sans qu’on puisse attribuer cela à la crise… Ici c’est un art de vivre…

  10. Question aux personnes favorables à la sortie de l’euro :
    Quel prix pour les matiéres premiéres avec une monnaie dévaluée ?
    Quelles conséquences pour la Gréce avec une sortie de l’euro si le prix des carburants augmentent de 30% ?

    1. @ François : Vous dites :
      « matières premières  » —> Pourriez – vous préciser lesquelles ???
      -NON transformées et/ou bien issues de 1ère et/ou 2 ème transformation ? Justifier selon vos propres paramètres ???
      – Provenance de vos matières premières ? locales , régionales, nationales, UE, Monde ??? justifier selon vos propres paramètres —Merci !!!
      – Quelles destinations pour ces matières premières ??? Votre alimentation quotidienne directe, celle du canard que vous avez dans votre jardin , pour le canard cousin élevé en exploitation hors sol avec ces 4500 collègues ??? justifier !
      – Dans une situation de survie, que pensez – vous des interrogations ( formulées à voix haute de l’exploitant agricole grec ( et bientôt français), spécialisé en production avicole jusqu’à récemment ( aout 2011) , et qui vient de vider son dernier hangar de son contenu ( 4500 canards, attrapés en 2 lots , 2 soirs de suite, à partir de 22 h 30 – 23 h 00) , je traduis :
       » ai – je intérêt à commander 4500 canetons, compte tenu de la siutation économique? Qui va me fournir ? Qui m’achetera ma production ? Selon quel CDC ( Cahier des Charges) ? Suis- je à l’abri des visites nocturnes … mais également diurnes, préalable aux vols? Puis- je me prémunir contre ces vols isolés, individuels ou bien en bandes ( hordes…???!!!) plus ou moins organisés, et motivés par la fin … et ce nouveau  » jeu » ( C’est mieux que mortal combat, isn’t it ?…)

      Je pourrais poursuivre les question et réflexions, tant elles sont nombreuses , et que chacune d’elle, prise individuellement, en appelle d’autres quasi-immédiatement, dans ce type de contexte, de configuration, de temps, de réalité …

      @ ETIENNE :

      Encore merci !
      plusieurs questions et réflexions:
      – Y’at’il des négociations qui s’engagent entre propiétaires et locataires pour déterminer le « nouveau montant  » d’un loyer ??? Sur quelles bases ??? ECRIT et /ou ORAL ???!!!???
      – Les services des ordures ménagères sont ‘ils toujours ramassés ?
      – Les contrats avec les sociétés de nettoyage, sont ‘ils toujours appliqués, pour ce qui concerne le nettoyage des locaux communs au sein des immeubles , copropriétés ??? ONt ‘ils été dénoncés , ou renégociés ???
      – les jardins de banlieues se sont développés , dites – vous , et remplacent des affreuses et inutiles et coûteuses( pour les contribuables) constructions paysagères ( dont l’immense majorité des essences végétales ne pêuvent entrer dans notre alimentation humaine —> un foutage de gueule !!!!, aux abords des immeubles, des routes , des ronds points, maisons, batiments institutionnels ??? Des liens SVP … ET DES PHOTOS et des adresses fiables pour entrer en contact SVP et SP !!!
      – Observez – vous le développement des trocs ??? Selon quelle(s) nature(s) ??? Quels rapports de forces ???

      1. Quelques réponses aux 2 premières questions (j’espère qu’Etienne ne m’en voudra pas 😉 ):

        – Y’at’il des négociations qui s’engagent entre propiétaires et locataires pour déterminer le « nouveau montant » d’un loyer ??? Sur quelles bases ??? ECRIT et /ou ORAL ???!!!???

        Les négociations ont commencé dès la fin de l’année dernière. Certains locataires, fin 2010, en étaient déjà à leur 2eme réduction de loyer. La forme importe peu, j’imagine que cela est un mélange des 2. Les propriétaires préfèrent louer moins cher que d’avoir un logement vide (car beaucoup plus difficile à louer ensuite). Les étiquettes (à louer) sont partout. Le drame qui se joue est que des locataires qui partent, c’est un quartier qui se vide et des commerces qui sont dans une plus grande difficulté…

        – Les services des ordures ménagères sont ‘ils toujours ramassés ?

        Oui, aucun problème de ce coté là. La grève a pris fin il y a quelques semaines déjà.

      2. Merci OKEANOS pour ces précisions !

        demande de precisions supplémentaires : Vous signalez la fin de la grève des ordures ménagères depuis plusieurs semaines ?
        – Combien de temps a t’elle duré cette grève ? Yt’il eu un service de remplacement ( militaires , AUTRES…). ?
        – Avez – vous constaté des contenus de conversation, relatif à l’aspect sanitaire ? je pense à une hausse de populations ( rats…) , hausse des consultations ( symptômes évoquées …=) ?

    2. Si l’on ne se base que sur l’augmentation du carburant , ça favorisera les circuits courts et les produits locaux .. surtout les produits de remiere necessité …donc la sortie de l’ EUro défavorise surtout les classes superieures (écrans plats , 4×4, voyages etc ..)

    3. Pourriez – vous préciser lesquelles ???

      Du pétrole à la tomate.

      Par exemple L’agriculture ne produit que parce qu’il y a du petrole.
      Mais aussi le transport routier, l’électricité. Tout ce qui impactera durement le panier de la classe moyenne et en dessous.

      1. Ca n’ a rien d’évident . Si le système s’écroule , sans, petrole le cout des poulets et des légumes locaux ( sans NPK et sans tracteur indus) redevient concurenciel . Pour la tomate tu rajoutes un peu de fumier de poules qd meme .. le système se reconstruit au black sur cette base , avec le minima d’importation ..de toutes les façon , le modèle énergétique ne peut , sans esclaves que tomber vers celui des années 50 , 30 pour espérons le s’y stabiliser .
        Se cacher derriere « les plus pauvres » , ça fatigue et on finit par ne plus y croire en regardant passer les 4×4 de luxe … le pauvre , il n’a pas grand chose a perdre …mais on ne le lui fera pas lacher .

      2. D’après ce que je trouve sur le web, ayant trait à ce qui s’est passé en Argentine notamment, attendez vous à une perte de l’ordre de 35 à 50% de la valeur de monnaie fondante en dix ans si ce n’est plus.

        En dépression, ce qui prend de la valeur c’est les acres de terrain agricole, on s’attend à des 1000% en quelques temps. Par exemple, faut-il en rire, de leur choix, ou en pleurer, les Argentins ont voué leur agriculture à la monoculture du soja OGM avec un certain succès.

        Les Grecs n’ont-ils plus qu’à miser sur les oliviers OGM et les chèvres transgéniques…

    4. Entre hausse des prix et baisse des salaires, y-a-t-il vraiment tant de différence ?
      La vrai différence est dans la durée du supplice.
      Revenir à une monnaie nationale serait un nouveau choc économique, mais les mesures de redressement pourraient avoir des effets rapides.
      Rester dans l’euro engendrera des décennies de marasme économique et social.

      Mais le choix ne sera peut-être pas grec.
      Il y a des chances que toute la zone euro rejoigne la Grèce.
      Il y a aussi des chances pour que l’euro disparaisse.
      Et même si la zone euro perdure, la Grèce peut aussi en être exclue par les autres membres.

    1. La chambre des notaires a publié un communiqué : le marché n’a jamais été aussi dynamique !
      Le syndicat national des agents immobiliers le certifie : c’est le moment d’acheter avant que les prix grimpent encore !
      Le groupement des promoteurs immobiliers est serein : les Grecs ont une brique dans le ventre !

      Le reste de la population constate que le marché immobilier s’effondre.

      Quelqu’un doit se tromper 😉

      1. C’était juste pour avoir une idée de ce qui va se produire chez nous avec quelques mois de décalage.
        Avec 30 ou 40 % de revenus en moins, je ne vois pas comment la bulle pourrait ne pas éclater. A moins que les hyper friqués ne fassent leurs emplettes immobilières à ce moment là.

      2. @ youpla

        non vous n’avez pas pas encore assez souffert comme dirait qlq que je connais attendez d’en être au niveau de le grèce les loups savent patienter parce que vous aussi, vous savez patienter.

  11. Heureusement, toutes ces boutiques et autres bureaux à vendre dans le centre ville seront bientôt rachetés par ceux qui ont les moyens, n’ayant pas honteusement vécu au-dessus des leurs : MacDo, Carrefour, SFR et compagnie ; pour le plus grand bonheur des grands & petits.

    1. Oh que non!
      Qui va ouvrir un magasin dans un pays sans avenir, Carrefour qui y est présent depuis des années pense a ce retirer, la FNAC a plie bagages!Les chiffres d’affaires sont en chute libre, normal il n’y a plus de consommateurs, et les taxes augmentent!

      1. Carrefour vient d’ouvrir en septembre, à Athènes, un énorme hyper marché. Il sont en perte mais je ne pense pas qu’ils partent de suite. Pour la Fnac, effectivement, ils sont partis l’été dernier en toute vitesse..

        C’est la première chose qui m’a frappé en revenant en Grèce : la rapidité avec laquelle les grands groupes ont rachetés des petites supérettes pour en faire des supermarchés à l’européenne (qui pour moi est une hérésie en Grèce, voir ce billet).

        Quelques extraits :

        (…) Le Mall Athens a observé une augmentation de 2% du nombre de visiteurs et une augmentation de 1% du chiffre d’affaires dans la période Juillet-août par rapport à la même période en 2010. Le nouveau centre commercial, le Golden Hall, a montré une croissance de 5% du chiffre d’affaires et une hausse de 6% du nombre de visiteurs durant la même période.

        En aout 2011, Carrefour ouvrait son 33eme hypermarché dans la ville de Tripoli. En septembre 2011, le groupe français a ouvert son premier hypermarché « Carrefour planet » : « D’une surface de 8 400m², ce magasin « nouvelle génération » propose à ses clients une nouvelle expérience d’achats. Avec ce nouveau concept, les consommateurs découvriront une nouvelle façon de faire leurs courses, plus conviviale et plus pratique, avec de nouveaux espaces spécialisés, de nouveaux services et une offre de produits au meilleur prix. ». Une bonne nouvelle donc…

  12. Preuve que les mouvements pacifiques et/ou non armes ne marchent pas face a la puissance
    de feu (de toutes natures) d’un etat.

    La grece retourne au niveau d’avant l’europe, un pays sans industries et pauvre. Qques riches.

  13. « Il n’est plus trop question pour les gens de placer leurs espoirs dans de grands mouvements citoyens, après un an et demi de protestations ignorées par les institutions internationales et violemment réprimées par l’État grec. »

    Personnellement, je n’ai pas vu de grands mouvements citoyens. Des grèves, des manifs assez molles, c’est tout. Et je n’ai pas plus vu de répression violente (elle ne fut pas nécessaire), du moins si l’on en juge à l’aune d’autres pays (arabes par exemple) ou de nos pays d’il y a quelques décennies.
    Sous nos contrées, de grands mouvements citoyens, c’est à mon sens 1789, 1848, 1870, etc. Plus proche de nous, le dernier grand mouvement citoyen fut en Belgique la grande grève de 1960-61 et en France les événements de 1968. Depuis, plus grand chose.
    Et question répression, c’était autre chose que quelques tabassages. Encore en 60-61, les gendarmes belges chargeaient au sabre et tiraient à balle réelle contre les manifestants.

  14. Bonne nouvelle?

    Extrait des Echos :

    « Soulagement pour les opérateurs, les adjudications de la Belgique et surtout de l’Espagne se sont bien déroulées. Madrid a pu concéder des taux en forte baisse. En conséquence, le rendement des obligations espagnoles s’est détendu depuis le début de séance. Une détente bienvenue avant la prochaine émission obligataire de l’Espagne prévue jeudi, avec comme ambition de lever 2,5 à 3,5 milliards d’euros à échéance quatre, neuf et dix ans.

    Les investisseurs ont également été attentifs à la première émission à dette de court terme (trois mois) du Fonds européen de stabilité financière (FESF). La Grèce a elle aussi réussi à lever 1,6 milliard d’euros de bons du Trésor, au moment où les négociations avec les bailleurs de fonds de la zone euro et du FMI et avec ses créanciers privés s’intensifient pour la mise en oeuvre du plan de désendettement. »

    QE à la mode Euro en cours?

  15. Pour ceux qui visent l’émigration : pour où , pour quelles activités et quelles espèrances ? Emigration spontanée , « artisanale » , ou organisée et si oui par qui ?

    1. Ici, en Argentine, on dénombre l’arrivée de 4000 Espagnols/mois. Ironie ?, la Constitution les y encourage !
      Artículo 25- El Gobierno Federal fomentará la inmigración europea; y no podrá restringir, limitar ni gravar con impuesto alguno la entrada en el territorio argentino de los extranjeros que traigan por objeto labrar la tierra, mejorar las industrias, e introducir y enseñar las ciencias y las artes.

    2. Beaucoup partent vers l’Allemagne, l’Australie et les pays du gofl
      Surtout les jeunes diplômés, mais je ne sais pas si c’est organise!
      Les Albanais, qui représentait la majorité des emmigres, retournent chez eux!

      ……………je vais peut être revenir en France moi!

      1. l’Allemagne c’est pour les diplômés, l’Australie aussi mais de préférence jeunes et bien diplômés, le golf c’est pour les suicidaires.

  16. en ce qui concerne l’échec de la révolte des Grecs je pense qu’il faut se poser la question de la trahison des élites syndicales qui ont détourné la colère du peuple, comme en France avec les successives réformes des retraites, à coup de journées d’actions inutiles (grève de 24h qui ne sert à rien, manifestation éloignée des centres de pouvoir) entrecoupées de semaines de retour au travail démobilisatrices et permettant de rattraper le temps (les 24h de grève) perdu

    1. C’est le facteur fondamental: il faudra reconstruire un mouvement ouvrier
      et des organisations indépendantes des dirigeants bureaucrates.
      Comme en France, où les bureaucrates syndicaux ont réussi à « fatiguer »
      la mobilisation retraites, appuyés par les politiciens,
      de Hollande à Mélenchon, balançant un projet de référendum
      et dénonçant les mobilisations vers la grève générale.

      Patience, les leçons se tirent avec l’expérience.

      1. Charles A
        Croyez-vous vraiment qu’il serait possible de « reconstruire un mouvement », de mobiliser les foules?
        Je dirais plutôt que les gens voteront prochainement pour ceux qui les ont mis dans le pétrin, pour ceux qui les ont vendu aux marchés financiers.
        Le seul moyen consisterait peut-être à faire appel à la fibre nationale; le nationalisme tricolore a toujours bien marché en France, à droite comme à gauche. Mais dans ce cas là, il y aurait à coup sûr un danger populiste.

  17. http://www.la-bas.org/podcast.php3

    4 épisodes au cœurs d’Athéne et sa région sur la situation des habitants, il y avais aussi un reportage au moment des manifs « des colères » avec une explication de l’histoire récente Grec dont une date importante l’emprunt de l’état sur les marchés financés.

  18. « et chacun se préoccupe d’aider ses proches en grandes difficultés, d’ajuster sa vie aux coupes salariales, de renégocier son loyer, de remodeler son quotidien. »

    Mais n’est-ce pas ça, Paul, la SEULE VRAIE RÉVOLUTION ? Quand les gens, las de demander à quelques divinités aristocratiques supérieures de s’occuper de leur cas (serait-ce en manifestant), de recomposer à leur place leur cadre de vie, s’emploient à reprendre leur existence en main, à s’organiser entre eux ? Instinct de « survie », seulement ? Meurt-on de faim, en Grèce ?

    1. Retour aux fondamentaux: un peu de pain, deux olives et un verre de lait de chèvre… Il me semble que les aides de l’état sont ce pourquoi nous respectons notre part d’un certain contrat social.

      Au 21ème siècle, la paix sociale s’achèterait avec de l’austérité? Quel progrès immense!

      Et à défaut de ne pas mourir de faim comme au Moyen Âge… On doit mourir de ne pas se soigner, de se suicider ou de ne pas faire autant d’enfant, en Grêce…

    2. Cette question est primordiale et semble être à double tranchant.
      Oui, la responsabilisation des gens et la redécouverte de l’autonomie a du bon.
      Mais si en même temps l’état rackette les classes les plus pauvres pour faire tenir un système dont on connait la loyauté, et utilise son pouvoir pour s’en assurer (justice, police), il y a quelque chose qui cloche.

      Si on meurt de faim? On n’en est plus loin. J’ai rencontré des gens de classe moyenne qui se contentent d’un sandwich et demi par jour. Plus bas dans l’échelle sociale, je vous conseille cet article (en anglais) : http://www.guardian.co.uk/world/2011/dec/28/greek-economic-crisis-children-victims

  19. En Grèce ou ailleurs, les gens s’habituent vite à la continuité, alors qu’il n’y a pas de continuité en économie, elle est totalement fractale. Il ne faut pas oublier que nous sommes toujours en 1929, même si cela peut paraître absurde: une véritable coissance a eu lieu entre 1945 et 1972, et cela grâce à une phase de réconstruction après la guerre, de la commercialisation de nouvelles technologies; le principe du fordisme était encore en vigueur partout, la concurrence n’était pas encore mondiale.
    Cette vague de croissance s’est évanouie depuis longtemps, la seule facon de générer de la croissance consiste à créer des bulles, tant qu’il a des moyens disponibles pour ca.

    Par conséquent, la Grèce ne restera pas le seul pays à connaître un voyage de retour.

  20. Vous dites: »Les gens lâchent prise,…… »
    C’est plutôt, a mon avis, que les grecs sont désespérés, depuis le début de la crise, le gouvernement annonce des mauvais chiffres, des mauvaises nouvelles, des nouvelles taxes.
    Au début c’était tout les mois .puis toutes les semaines et depuis mi-aout tous les jours.
    Et le mois de décembre et un vrai cauchemar, moi je n’ose plus ouvrir ma boite aux lettres.Nouvelle taxe immobilière, a paye sur facture d’électricité, la vignette automobile, qui a augmente de 100% en 3 ans, rattrapage d’impôts depuis 2001, ect.
    Les Grecs sont sonnés, comme un boxeur, ils ne voyent pas d’avenir pour eux et leurs enfants et le seul et unique sujet de conversation , c’est la Crise!

      1. oui, Stiegler en avait fait une analyse à son séminaire en octobre 2008, de mémoire :
        crisis –> krinein –> discrimination, jugement.
        Donc on va pouvoir « y voir clair »

    1. Oui, c’est bien ce que je voulais dire. Les gens lâchent prise à force de se prendre des beignes en pleine poire, et de plus en plus rapidement.
      Votre situation et votre état d’esprit est celui de presque tous les gens que j’ai rencontré. Vous le savez surement, mais je le dire pour les autres lecteurs.

      Beaucoup de courage à vous.

    1. Extrait:
       » Quoi qu’il en soit, les masques sont tombés: l’UE apparaît pour ce qu’elle est, une menace mortelle pour les règles démocratiques les plus élémentaires, celles-là même du régime parlementaire libéral. Car il ne faut pas se tromper : la simultanéité des changements de gouvernement en Italie et en Grèce, la prise du pouvoir dans les deux cas par des fondés de pouvoir des banques, sortis des entrailles de l’Union Européenne (BCE pour Papadémos, Commission Européenne pour Monti), cultivant les liens directs avec les milieux d’affaires, n’a rien d’une coïncidence. Depuis que la crise des dettes souveraines a éclaté, la Grèce est bien un cobaye de la «thérapie de choc» que les classes dominantes sont décidées à mettre en œuvre, et cela, comme Naomi Klein l’a très bien vu [16], ne peut se faire dans le cadre politique et institutionnel existant (du moins pour les normes d’un pays d’Europe de l’Ouest). Les «thérapies de choc» sont indissociables des «désastres», conduisant à l’instauration d’un «état d’urgence» de plus en plus banalisé. Et, dans le cadre européen des 27 pays qui en font partie, c’est bien l’UE, ses institutions et son directoire franco-allemand (plus allemand que français à vrai dire) qui en sont les maîtres d’œuvre. Pourtant, au sein de la gauche européenne, y compris ses ailes radicales, on s’obstine à vouloir contourner cette réalité ou à ne pas en mesurer les conséquences [17], en cultivant par exemple l’illusion d’une «réformabilité» des institutions de l’UE ou d’un bouleversement sociopolitique simultané dans les principaux pays européens qui permettrait de se dispenser d’affronter la machinerie de l’UE en tant que telle. »

  21. on est tellement intoxiqué à l’american way of life qu’on a même les fusillades genre Bowling for Columbine c’est la deuxième Liège après l’île d’utoeya en suède en même pas 6 mois

    1. les « amok lauf » sont courantes chez les anglosaxons , le formalisme de ces sociétés poussent les individus à certaines extremités .

      je sais pas si la tradition du berserk est capitaliste mais qu’un individu bourreau et boucemisssaire pete les plombs ,massacre le plus de gens possible et est finalement abattu ou stoppé revient beaucoup moins cher à l’ordre qu’une manifestation populaire ?

      la viande saoule -binge drinking -(comme en Suéde tous les week end) et les procès à rallonge des tarés aux mitraillettes semblent un ciment pour certaines sociétés -comment ne pas pas penser aux tueurs fous du brabant dans les 80’s ? -, un truc religieux -qui relie la cote ouest à la cote est des usa comme le proces OJ Simpson etc ..

    2. « amok » ou « amuck » vient du malais ; berserk, en revanche, désigne l’état de fureur qui saisit le guerrier nordique et qui en fait un demi-dieu destructeur. Intéressante, la fréquence de ces termes, d’origine pourtant bien différente, en anglais ou en allemand !
      C’est que l’aire nordique/anglo-saxonne/germanique partage ce vieux fonds mythologique pessimiste, où il faut toujours lutter contre le Mal, où, in fine, le crépuscule des dieux vaincus est inévitable (Götterdämmerung). Un symptôme moderne de cette cosmogonie nordique, c’est le personnage du serial-killer , spécialité culturelle anglo-saxonne et surtout états-unienne partout présente dans les medias, les romans et les films, au point, sans doute, d’inciter les nouveaux assassins à se couler dans ce role-model morbide, à « se transcender » pour jouir de la fascination ultime de la foule à leur égard, qui les considèrera certes comme des êtres inhumains mais aussi comme des êtres surhumains.
      Voir là-dessus l’excellent ouvrage de Denis Duclot, Le complexe du loup-garou : la fascination de la violence dans la société américaine.

      Quelle différence avec un Gilles de Rais, « serial-killer » et violeur en série s’il en fût, qui – selon la légende – demanda, sur l’échafaud, à la foule (où se trouvaient nombre de parents des petites victimes) de prier pour le salut de son âme noire, ce qu’elle fit ! Au plus profond du mal, l’humanité subsiste en tout être humain, dans le monde latin et catholique.

      Vivant dans un pays qui subit les ravages d’une sujétion culturelle et politique aux USA au détriment de sa culture bimillénaire, j’enrage de voir les signes certains de l’acculturation au système américaniste se répandre en France depuis deux décennies. Particulièrement chez les enfants : dessins animés de la société Disney qui pillent et détournent les enjeux des contes et histoires populaires français (de la Belle et la Bête à Notre-Dame de Paris) ; introduction de Halloween, qui, outre son consumérisme crasse, ouvre les jeunes esprits à un imaginaire noir et désespéré qui n’est pas dans notre culture d’origine gréco-latine (mais qui ose maintenant élever ses enfants en leur racontant les contes et légendes de Rome ou les exploits d’Ulysse ?). Il peut certes y avoir un vieux fond celte et païen en France, passionnant mais régionaliste (Bretagne, Auvergne…) ou confiné au carnaval ou à la Toussaint. Je me souviens d’avoir réalisé une certaine identité de Français et d’Européen une fois achevée (péniblement!) la lecture de l’Iliade et de l’Odyssée, vers 10-11 ans.

      1. @ Nerima-kun
        à 14 décembre 2011 à 21:14

        Il est dramatique de voir que les tribulations financières et économiques en arrivent à saper jusqu’à la civilisation et la culture. Ce que vivent un grande proportion des Grecs parle de lui-même. Dit en très raccourci, l’Empire romain conquerait par le seul rapport de force des armes et laissait, somme toute, un sens de la vie et une certaine chance aux « vaincus ». Assez nombreux furent ces « vaincus » qui s’en tirèrent assez bien.
        Mais le modèle anglo-saxon opère un travail de sape, dans un (long) premier temps, peu détectable, jusqu’aux constatations actuelles où cette action de sape aura fait son œuvre jusque dans nos cerveaux. Jusqu’à cette jeune vendeuse à qui je demandais pourquoi le magasin où elle travaillait avait un nom anglais – nature house – (prononcer « bien sûr »: nétcheur aouze), c’est, je crois, une chaine de magasins, alors que nous avons tous les choix de nom en français. Elle me répondit qu’en anglais « ça sonne mieux »… Nous voici devenus les enfants du marketing jusqu’à notre pensée évanouie. Voir:

        http://prosperite-et-partage.org/spip.php?article18

        Quand on se laisse imprégner par une « mentalité », aux dépens de sa propre pensée dont l’instrument est la langue, c’est aussi grave, peut-être plus encore et vital qu’une crise économique, car alors, votre psychisme est lui-aussi, hypothéqué. La servitude, non annoncée, est à peu près installée.

      2. Introduction de Halloween, qui, outre son consumérisme crasse, ouvre les jeunes esprits à un imaginaire noir et désespéré qui n’est pas dans notre culture d’origine gréco-latine.

        Amusant de lire de la part d’un expatrié tellement extrême- oriental des mots qui semblent tout droit sortis d’un tract anti-américain pour femme au foyer de plus de 50 ans vaguement inspiré par l’idéologie du groupe Occident ou du GRECE…
        Seraient-ce les démonstrations de force des Hercules C 130 de Yokota ou les vrombissements des Frelons F/A 18 de Atsugi et de la VIIeme flotte à Yokosuka qui vous font perdre votre zénitude et sombrer dans la médiocrité ? Ou bien les réacteurs Westinghouse-Toshiba peut-être ?

      3. Une énième fois, Vigneron, la dérision (quand ce n’est pas l’injure) n’est en rien un argument de démonstration. D’autre part, à la longue, on sent chez vous une grande indulgence pour les Etats-Unis et les Etats-Uniens, qui sont pourtant – en grande partie – responsables et initiateurs des immenses crises actuelles (financière, écologique, diplomatique et militaire, culturelle et éducative, etc.).
        D’autre part, assimiler ce que dit quelqu’un, qui a le souci de son pays et de sa culture, à une position nationaliste d’extrême-droite est pure manipulation. Je comprends que la France, pour vous, ce n’est pas grand-chose, d’où – incidemment – votre haine de de Gaulle, de tout ce qu’il a représenté et des gens dont il s’est entouré (J. Rueff p. ex.).

      4. Merci Rumbo, de vos observations.

        Oui, c’est ce qu’ils appellaient le « soft power » (je mets ça au passé parce que je pense que ces mensonges culturels propagandistes sont maintenant totalement éventés depuis l’Irak et le crash du « modèle » néolibéral anglo-saxon).
        Oui, c’est dramatique. C’est ce qu’on appelle l’acculturation.
        Oui, nous en subissons les effets et il faut repartir à la base : éduquer les enfants dans notre langue et notre culture et les ouvrir à toutes les manifestations des cultures du monde (états-unienne aussi, s’il en reste..) mais sans exclusive et sans prétendu modèle.

  22. Parlez-vous le grec ? Et les autres langues des pays que vous voulez visiter pour les besoins de vos reportages ?
    Je suis allé sur votre blog et j’ai lu votre projet que l’on peut télécharger au format pdf. Il est très intéressant et l’état d’esprit dans lequel vous souhaitez le réaliser est très louable. Peut-être y aura-t-il des gens sensibles à cela et qui voudront bien vous apporter leur aide financière, logistique, technique ou relationnelle. Pour le reste, à vous de jouer. Bonne chance.

    1. Bonjour,

      Je ne parle pas Grec, mais beaucoup de grecs parlent très bien l’anglais, le français ou l’allemand (mes trois langues). Du coup, les choses se sont très bien passées, même en laissant tomber le projet original de faire des entretiens en langue originale (trop compliqué à organiser).

      Pour la suite, aucuns problèmes en Irlande. Pour l’Espagne, il faudra peut être que je rafraichisse quelques notions d’espagnol que j’ai eues…

  23. Pour info j’ai des amis grecs, un couple et 2 jeunes enfants, qui tiennent un petit café-restau à Kos. La saison a été plutôt bonne et 100% de leur chiffre c’est maintenant que du black. Bien qu’ils aient baissé les prix, ils gagnent en net plus qu’avant…
    Pour le quotidien ils ne sont pas loin d’être auto suffisant avec leur jardin potager et les animaux de basse cours de la ferme d’à côté. Ils ont une petite maison blanche avec tout le confort moderne et chacun des mômes à sa chambre. Bref, à l’inverse de ceux qui dépendent d’un système qui tombe au point mort et bien ils sont très heureux, et dans le village, ya pas grand chose qui a changé, seulement des jeunes couples qui reviennent, comme quoi…
    Cette crise va peut être nous rappeler que certaines de nos régions sont magnifiques et pourtant dépeuplées, que les légumes maison ont un goût extraordinaire, que le lait chaud sorti du pie est un bonheur, que le temps passé à la cueillette des champignons puis à la préparation de la fricassée qui suit vaut largement le temps passé dans le métro ou dans les embouteillages pour perdre sa vie dans un bureau, derrière son ordinateur et se nourrir de sandwichs ou de plats vite préparés.
    Quel horreur de dépendre d’un système que l’on ne maîtrise pas et qui vous transforme en mendiant.

    1. Ce que certains prennent pour de l’ égoisme est la seule vraie solution : Faire un bras d’ honneur au système et vivre en marge -tendance autarcie , fonctionner au black/échange … et les regarder s’écrouler en guise de TV-réalité .

  24. Bonjour à tous,
    Les mouvements sociaux et les syndicats nationaux, ne sont pas dimensionnés pour affronter un pouvoir organisé à l’échelon européen. Seul un effort coordonné de ces mouvements peut entamer le cuir du néolibéralisme européen. Toute manifestations isolée, dans un pays de la zone euro, est une partie perdue d’avance. (les grecs n’avaient aucune chance)
    Cette impuissance à s’organiser est un vérou qui empèche, voir interdit, la victoire de ces mouvements. Il va donc nous falloir impérativement surmonter ce handicap.
    Car nous avons un énorme avantage. En effet, nous avons un arsenal d’éléments théoriques, des réseaux d’intellectuels résistants, des réseaux militants prets à se déchainer pour renverser le systeme qui a fait tant de dégats en 30 ans.

    par exemple:

    La libéralisation de l’économie et la concurrence poussée dans sa dimension la plus extreme se révéle aux yeux de tous pour ce qu’elle est, une mise au pas.

    La preuve ampirique est faite que le marché n’apporte pas la prospérité mais aboutit à la destruction de la démocratie par le contrôle des médiats de masse, la mise au pas des populations réduite à accepter des conditions d’existence de plus en plus précaires et l’accroissement des dettes publiques mettant les états sous tutelle. Le néolibéralisme comme modèle offrant à tous l’émancipation est effectivement perçu comme une mystification.

    La concurrence sur le marché du travail détruit le syndicalisme, met les chomeurs et les travailleurs sous la botte des entreprises. Ces dernières ne connaissent pas de limite à leur boulimie de productivité et de profit. Elle n’ont donc aucune limite dans la baisse des salaires. La perversité des responsables RH atteind des sommets.

    Tout cela est accepté par les populations au nom de l’attractivité pour les capitaux. Le couteau sous la gorge, il faut baisser les charges sous la menace d’une fermeture du robinet à finance.

    Mais cela est bien connu aujourd’hui car nous avons pu observer pendant 30 ans les rouages du mécanisme.

    Aussi, pour s’en sortir, la conclusion s’impose d’elle meme:
    Il faut un mouvement social européen coordonné. Notre survie dépend de notre capacité à organiser ces mouvements de part le continent et trouver des canaux de communication efficaces touchant le plus grand nombre.
    Nous sommes à la dernière limite pour lancer cette offensive car une fois que l’austérité aura mis financierement tous les travailleurs à genou, il sera trop tard. Sans argent nous ne pouvons pas organiser de mouvement…

  25. Ce témoignage est très émouvant.
    Mais je ne veux pas me laisser aller au désespoir.
    Je retiens que les contestations de masse dans les rues n’ont servi à rien, puisque la démocratie est morte.

    Je crois en la force des transformations silencieuses. Un paradigme qui émerge est encore invisible. Comme le dit le proverbe africain, un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’un arbre qui pousse.

    Il faut que nous prenions conscience de ce qui émerge. Il y a des initiatives d’économie solidaire, ou bien des financements de projets par les médias sociaux.

    Ces initiatives vont se développer et j’espère qu’un jour le système financier tel qu’il est actuellement ne pourra plus prendre en otage notre économie et notre démocratie, parce que, tout simplement, nous pourrons nous passer d’eux, grâce à des initiatives qui passent aujourd’hui inaperçues. Elles sont ce que Google était en 97…

    Ne perdons pas espoir, et comme l’a dit Paul Jorion, préparons la transition.
    Je joins une modeste contribution:
    http://benedictekibler.wordpress.com/2011/12/11/influence-et-pouvoir-la-bombe-humaine/

    1. le fait est que pour ce qu’ils font nous n’avons pas besoin d’eux. bien au contraire.
      et que ce que nous pouvons faire vaut 100 et 10000 fois ce qu’ils font pour nous et ce que nous avons fait pour eux.
      que le ciel leur tombe sur la tête!

  26. Moussaka sauce camembert :

    Mais les Grecs ont besoin d’aide…

    C’est pour cette raison que je suis ravi que l’administration française se soit montrée réellement prête à assister l’administration grecque. Des fonctionnaires français hautement qualifiés sont déjà venus en Grèce afin de former leurs collègues grecs sur l’organisation de l’administration.

    Crème fouettée :

    Peu importe le coût social ?

    Je pense que la question ne se pose pas en termes de coût social. En octobre, le Conseil européen a ouvert une voie qui permettra à la Grèce de revenir à la croissance et à la création d’emploi si, et uniquement si, les réformes structurelles nécessaires sont réellement mises en application aussi rapidement que possible.

    (Source interview du chef Reichenbach)

  27. Superbe projet, effectivement, qui a le mérite de donner la parole à la population et de pouvoir comprendre la situation depuis l’extérieur. Merci Etienne de donner cette vision que je partage au quotidien !

    En effet, je suis à Athènes depuis quelques temps déjà et je témoigne sur ce site que je viens de mettre en place : http://www.okeanews.fr (après quelques billets chez Olivier Berruyer).

    J’ai notamment traduit un article de Chris Jones sur la situation à Samos qui confirme ce qu’on peut voir dans les campagnes : un retour à l’exode rural et une augmentation de l’entraide (potagers, troc, etc).

  28. Les dépenses budgétaires grecques ont augmenté poste à poste sur les 9 premiers mois de l’année.
    http://www.minfin.gr/portal/en/resource/contentObject/contentTypes/genericContentResourceObject,fileResourceObject,arrayOfFileResourceTypeObject/topicNames/budgetExecutionBulletin/pageNumber/1/resourceRepresentationTemplate/contentObjectListAlternativeTemplate
    Évidemment un tel non événement est surprenant étant donné la dramatisation médiatique effectuée depuis quelques années. Cela montre l’importance de la propagande politique et médiatique de la gauche militante.

    Cependant il y a eu ces derniers mois des mesures d’austérité importantes et les témoignages dont celui publié ici montre que l’impact s’est soudain fait durement sentir.

    D’autres pays dont la France, où les immenses déficits publics s’accumulent et où la récession débute malgré les intenses stimuli keynésiens, connaitront vraisemblablement dans quelques mois un impact social aussi rude.

  29. @ Blogspotes :

    bonjour,

    http://555jeudirouge.fr/Files/3_555_interieur.pdf

     » Orwell était
    visionnaire quand il parlait de la Novlangue, dans 1984 : « La guerre
    264 555
    c’est la paix », « l’amour c’est la haine »… Quand les mots disent le
    contraire de ce qu’ils veulent dire, on ne peut plus faire confiance
    à rien. Aujourd’hui, la Novlangue règne : « La banque universelle »,
    c’est « la banque qui peut spéculer avec les comptes courants de ses
    clients » ; et « les produits dérivés d’assurance » sont des « produits
    pour spéculer sans capital ».
    – Mais quel est le lien avec la crise ? demanda Jeanne.
    – La spéculation est coûteuse par beau temps, elle devient suicidaire
    par temps de crise. La masse des fonds spéculatifs est toujours
    là, les spéculateurs sont derrière leurs écrans, mais les mouvements
    de prix deviennent infiniment plus brutaux. Au lieu du dialogue que
    réclament les temps difficiles, on a la frénésie des mouvements de
    masse et des spirales qui entraînent toujours plus bas.
    – Est-ce que je peux raconter une histoire ? demanda Jeanne. Tout
    ce que tu décris me rappelle le début de Quatre-vingt-treize, le roman
    de Victor Hugo. Un marin a mal attaché un canon dans l’entrepont
    d’un navire. Le canon rompt ses amarres dans la tempête et commence
    à glisser d’un côté à l’autre, au gré des vagues, comme un taureau de
    bronze fou. Il écrase tout sur son passage et manque de couler la
    goélette. Quelle est la morale Carton Rouge ? Vous pouvez avoir le
    meilleur bateau et le meilleur capitaine, si un chargement dans la
    cale roule d’un bord à l’autre et accentue la gîte dans la tempête,
    vous coulez. Une économie est comme un bateau : vous devez arrimer
    la cargaison dès que le temps se couvre. Sinon, vous pouvez
    avoir de bonnes banques et de bons régulateurs, si les flux spéculatifs
    qui roulent d’un bord à l’autre sont trop grands, vous coulerez. Les
    amarres, dans une économie de marché, ce sont les règles, les relations
    de confiance entre les gens, qui leur permettent dans l’imprévu de
    bâtir ensemble des solutions nouvelles.
    Tous regardaient Jeanne interloqués. Sarah se mit à applaudir.
    Aline demanda :
    – Jeanne, ôte-moi d’un doute, tu ne viens pas de l’inventer ?
    – Non, reconnut Jeanne, toute contente de son effet. Mais j’ai
    décidé moi aussi de créer ma petite communauté Carton Rouge. Je
    vise les amoureux de la littérature française. Je pars de grands textes et
    j’en tire une morale Carton Rouge…
    – Très fort ! Je n’ai pas lu Quatre-vingt-treize, avoua Aline.
    – Moi non plus, reconnut Amélie. »

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