L’actualité de la crise : LE CAPITALISME ASSISTÉ, par François Leclerc

Billet invité

Qualifié de sugar rush (bouffée d’énergie après avoir mangé un aliment sucré) par les analystes financiers anglo-saxons, le prêt de 489 milliards d’euros de la BCE n’a pas longtemps enthousiasmé les marchés. Après une brève envolée, il s’est produit le contraire de ce qu’il était espéré : l’ampleur même de l’opération et des besoins qu’elle a révélée a amplifié les craintes des investisseurs, sur le thème “nous en sommes donc là ?”.

Deux constatations découlent de cette opération, l’une évidente et l’autre plus masquée. La première est que le système bancaire européen – puisque l’attention est focalisée sur lui – est devenu un zombie : une créature ayant seulement l’apparence de la vie. Une aide permanente lui est devenue nécessaire, en substitut des mécanismes de marché qui lui permettaient auparavant de fonctionner. Induisant une question qui n’est pas encore posée et qui ne devrait pas tarder à l’être : qu’en sera-t-il à l’échéance de trois ans du prêt de la BCE ? Devra-t-il être renouvelé et entrerons-nous ainsi dans une nouvelle phase du capitalisme, le capitalisme assisté ?

La seconde remarque est que la BCE est devenue la bad bank de la zone euro, acceptant en garantie des actifs (le collatéral) en étant de moins en moins regardante sur leur qualité, tout en mettant en avant la décote qu’elle opère pour se prémunir de tout risque en les accueillant, sans faire preuve à cet égard d’une quelconque transparence. La finance a décidément besoin de zones d’ombre : il y a sa face visible et sa face cachée. Le parler allusif des banquiers centraux et l’obscurité voulue de leurs bilans sont sur la tranche.

Le tour de passe-passe qui vient d’être opéré sous nos yeux est donc la création – non revendiquée – d’une bad bank pour toute la zone, qui vient suppléer celles qui ont déjà été crées en plus modeste en Irlande et en Allemagne, imprimant une trajectoire que le gouvernement espagnol aimerait bien suivre pour sa part.

Le nombre des établissements ayant demandé à bénéficier de ce prêt est connu – 523 banques – mais leur identité ne l’est pas. On croit toutefois savoir que les banques italiennes ont été particulièrement bien servies. Selon Reuters Thomson, une douzaine d’entre elles, dont les plus importantes, auraient demandé et obtenu 116 milliards d’euros à elles seules, soit plus du quart de l’ensemble des prêts accordés. Mais il est intéressant de noter, selon ces informations, que les banques auraient beaucoup utilisé du collatéral garanti par l’État. Ce qui signifie deux choses : qu’il est de mauvaise qualité, puisqu’une telle garantie s’impose, et que c’est en dernière instance l’État qui prend le risque. Ni vu, ni connu : la bad bank est adossée aux États, comme il se doit.

On sait déjà également que le prêt net qui a été consenti est de l’ordre de 200 milliards d’euros, si l’on prend en compte les opérations à plus court terme auprès de la BCE qui n’ont pas été renouvelées par les banques. Et l’on attend déjà la prochaine opération à trois ans, annoncée pour février prochain, car un tel montant est très inférieur aux besoins de refinancement des banques pour la seule année 2012.

Dans ces conditions, annoncer que ces fonds vont être utilisés pour procéder à des achats sur le marché de la dette souveraine, comme l’a publiquement fait savoir Nicolas Sarkozy, n’a pas faire preuve d’une particulière clairvoyance et reflète – s’il en est besoin – l’incompréhension manifeste dont font preuve les dirigeants européens face à cette crise qu’ils ne maitrisent en rien, acharné en ce qui le concerne plus particulièrement à défendre les banques comme un dernier rempart.

La BCE vient de magistralement délivrer deux leçons. La première est que le système bancaire dont elle a la charge est garanti une fois pour toute de toute faillite. Le spectre de Lehman Brothers s’est à nouveau manifesté et la banque centrale a répondu “plus jamais cela !”. Sans s’interroger outre mesure sur les conséquences de sa protection, ou bien sur les conclusions que vont en tirer les banques, désormais certaines de ne pas être abandonnées à leur triste sort, toutes indistinctement pourvues d’un label “Too big to fail” (trop importantes pour faire banqueroute) que l’on croyait réservé aux plus importantes, en vertu du risque systémique.

Nous entrons décidément dans un nouveau stade d’assistanat du capitalisme financier, où se révèle un étrange paradoxe : le rôle attribué à l’État est d’une main restreint, afin d’étendre le terrain de jeu de la finance, mais son apport est sollicité de l’autre main afin de conforter le système financier, via les garanties qu’il accorde et les facilités de la BCE. Il en découle que le rôle parasitaire de la finance s’accroît, si l’on considère son prélèvement accru sur des budgets publics diminués.

Deuxième leçon, la BCE est placée dans une étrange situation, nous jouant un rôle de composition. Drapée dans son refus intransigeant de financer les États, réfugiée derrière la défense de sa vertu et de son acte de baptême, la BCE pratique en réalité déjà une création monétaire déguisée. Jean-Claude Trichet avait pour la faire passer inventé la fiction d’achats sur le marché secondaire destinés à permettre le fonctionnement de sa politique monétaire, en les assortissant d’opérations d’assèchement de liquidités pour des montants correspondants dont le détail n’est pas connu ; que va bien pouvoir trouver Mario Draghi, qui sort de son coffre près d’un demi millier de milliards de dollars comme si de rien n’était ? Si ce n’est pas de la création monétaire, cela n’en est pas loin, car rien n’interdira de renouveler dans trois ans cette opération, pour permettre le roulement de cette nouvelle dette destinée à refinancer les précédentes…

Nous en sommes là !

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231 réflexions sur « L’actualité de la crise : LE CAPITALISME ASSISTÉ, par François Leclerc »

  1. Si je peux me permettre. Je pense que vous vous êtes trompé dans votre analyse et dans l’interprétation des marchés. Ce qui inquiète les marchés c’est pas l’aide apportée aux banques. Aider les banques dans ces proportions, c’est surtout fait pour leur permettre in fine de prêter aux Etats. On a pas peur que les banques fassent défaut, mais que les Etats fassent défaut et donc occasionnent la faillite des banques.
    Grosso modo en 2012, les seuls besoins de financement Allemagne, France et Italie c’est aux alentours de 600 milliards d’euros.
    Financer les banques c’est pouvoir garantir le financement des Etats. En l’espèce vous comprendrez que ce que l’on craint le plus c’est pas le défaut capitalistique mais plutôt étatique. Ce qui est très différent de votre analyse qui suppose que le prêt est fait pour les marchés et les banques.
    désolé vous vous êtes trompé

      1. @ Bruno
        Ama vous résumez bien le problème: il y a une contradiction fondamentale dont il faut sortir.
        Cf. mon commentaire un peu plus haut.

    1. Le défaut d’un Etat n’est pas plus dans les moyens du système que celui d’une banque, sauf à en accepter une remise à plat. Mais s’il se confirme – comme cela semble être le cas – que les banques n’achètent pas de la dette souveraine avec les fonds de la BCE, ce sont bien les banques qui vont être être refinancées et tirées d’affaire par celle-ci…

      1. Pourquoi les banques européennes seraient tirées d’affaires, puisqu’elles ne sont pas en difficulté ? Sauf, je le répète si un Etat venait à faire défaut ? Et encore je pense que même le défaut partiel de faible niveau serait ingérable par le système financier européen, sans recapitalisation et sans intervention Banque centrale ! C’est donc pas l’oeuf ou la poule ! C’est les Etats qui génèrent le risque, pas les banques ! Votre dogme anticapitaliste aboli votre discernement. AU lieu de rejeter la faute sur les banques, vous feriez mieux de vous en prendre à la gouvernance politique ! A cause de Merkel, on crée des situation incongrues où on est obligé de prêter aux banques pour indirectement prêter aux Etats.

        1. politoblog, vous vous présentez sur votre blog personnel comme un « centriste modéré », or tout ce que vous racontez ici sent le libertarianisme à vingt kilomètres, qui est une variété particulièrement haute en couleurs (voir M. Ron Paul aux US) de l’extrème-droite.

          Pouvez expliquer, svp ?

      2. Spinoza a gâché une partie de son maigre temps à répondre à l’inepte Guillaume Blyenbergh. Vous avez mieux à faire (lire et commenter Waerrebrouck par ex.) que tordre le cou aux suceurs d’audience.

      3. @ Jorion
        Je vous parle de finance et d’économie vous me parlez de politique ? Où est le rapport ? Pourquoi vous voulez mettre le système bancaire par terre… ??? Vous êtes anarchiste ??? (excusez moi mais je sais aussi manier l’exagération).Moi je joue avec les règles du jeu qui sont en vigueur. Si demain c’est le fin du monde financier, je m’adapterai. Votre monde est binaire, il y aurait d’un côté les méchants de droite et le gentil de gauche. Moi mon monde c’est celui des malins et des cons. J’ai juste oublié d’être con. Je devrais m’en excuser !

        1. Ce n’est pas vous qui faites de la politique en vous qualifiant vous-même de « centriste modéré », en contradiction parfaite avec ce que vous venez écrire ici, qui ne sent pas bon ?

      4. @ Jorion

        Vous qui faîtes si bien la leçon ! Qui distribuez les bons et les mauvais points ! Pourquoi vous ne proposez pas un autre système ? Ca serait plus ambitieux que de juste dénigrer ce qui existe ! Je suis conscient que le monde est imparfait et mal fait ! La pauvreté gamin je l’ai connue. Peut être que vous devriez arpenter les banlieues d’île de france, au lieu d’aller sur les plateaux télé pour pleurer la misère ! Je suis un pur produit des banlieues françaises où j’ai appris grâce au mépris de petite la classe moyenne française, grâce à leur dédain à notre encontre, qu’il fallait mieux marcher sur les autres plutôt qu’on ne vous marche dessus.

        1. @ politoblog

          Voici une réponse qui permet assurément de marquer des points.
          1/ La figure stylistique qui porte desormais le nom « d’objection Teinturier », qui consiste à retorquer aux astrophysiciens qui font le constat de l’impossible mariage des physiques atomique et quantique « et bien cher Monsieur, au lieu de constater que cela ne marche pas, pour prouver que vous dites vrai, dites-nous donc par quoi il faut remplacer ces sciences ? »
          2/ Le procès en légitimité misérabiliste.

      5. @politoblog
        Ce que vous dites ne tiens pas du tout face à la réalité.
        1- Est ce que le crack de 2007 a été causé par les états? Non! Mais par les banques qui ont ensuite été sauvées par les états!
        2- la crise de la dette des états est due non pas à d’irrationnelles dépenses des gouvernements au delà de leurs moyens, mais à cause d’une baisse des rentrées par idéologie (pour la fiscalité) et par les effets de la crise économique (baisse des rentrées sur les taxes pro et augmentation des dépenses sociales dues à la crise) tout celà étant du à la crise de liquidité post 2007, encore due aux marchés financiers qui ont paralysé l’économie réelle.
        3- l’aide de la BCE, si comme vous le dites a pour objectif de financer la dette des états, pourquoi la BCE n’a t’elle pas conditionné son aide sur ces achats? Tout simplement parceque le but n’était pas là.
        4- Les banques françaises étaient en difficulté à cause des taux du marché, même sans défaut d’un état. les taux du marché étaient trop haut, je sais de part un ami travaillant à la gestion de risque de la BPCE que si rien ne changeait à court terme (il y a 3 semaines) , ils ne pourraient pas durer longtemps dans ces conditions. C’était donc bien les banques qui étaient en difficulté et qui ont donc bien du être sauvées!
        Si le problème venait en partie des obligations d’états dans leurs comptes, d’abord ca signifie qu’elles ne savent pas gérer le risque de leurs avoirs, ensuite si la BCE donne de la liquidité à ces banques pour qu’elles achètent des obligations d’états comme vous le dites, en quoi ça résolverait le problème? Bien au contraire ça ne ferait que reproduire un peu plus ce qui est déjà à la source du problème! Elles ne le feront donc pas!

        Désolé votre analyse ne correspond en rien à la réalité.
        C’est votre dogme antiétatique qui vous y amène.

      6. @ Rahan
        La crise de 2007, a été causée par de mauvais comportements de certains acteurs financiers. Et surtout par l’idéologie ultra libérale des années Clinton. Avant la crise le niveau d’endettement des Etats occidentaux était déjà excessif. En France c’est 30 ans d’incurie dans la gestion de l’Etat. Après la crise de de 2007 n’a fait que pousser la boule de neige des dettes des Etats du haut de la montagne.
        La BCE ne conditionne pas son aide parce que les traités l’ en empêche. C’est pas plus compliqué. Vous me faites marrer. Tout le monde me dit que je suis un ultra libéral, alors que je dis depuis le début je dis que la réponse au pb de l’endettement des Etats européens tient dans une décision politique les euro bunds, cela signifie la mutualisation des dettes des Etats européens. La solidarité soit justement tout le contraire de l’ultra libéralisme.
        L’interbancaire effectivement était un peu tendu, mais à cause du risque de défaut des Etats. Plus un Etat est endetté plus le système bancaire de cet Etat manque de financement ex : Italie.

      7. @ politoblog,

        Bonsoir,

        Pour s’excuser, ni point d’exclamation ni point d’interrogation ne sont absolument nécessaires, vous qui avez malignement oublié d’être con, au point qu’un grain de malice vous y rajouterait un s, afin de reprendre une appellation d’origine réservée à ceux qui ayant l’intelligence de comprendre au moins à un certain niveau le « système » dans lequel ils évoluent, et bien ne s’en sentent ni trop lésés, ni trop inquiétés pour s’affubler, du doux sobriquet anachronique -de crise surtout- d’anarchiste, ou se laisser décorer comme tel.

        Mais peut-être n’êtes-vous qu’un simple pêcheur d’opinion, à vocation votive en panne d’ex voto, pour une petite griffe gentillette. Et le tricorne, cela vous fait penser à ..quels type de souvenirs ? Vous qualificatifs personnels seraient probablement passionnant si vous aviez le goût et la juste pudeur de montrer de quel bois sont architecturées vos convictions profondes, puisque vous paraissez indubitablement en avoir, à revendre, ou à donner même..allons donc savoir ?

        Monsieur « politoblog », ne souffrez qu’un égotisme passager ne vous blessât point trop, votre niveau de discours en pâtit, et c’est fort dommage, à vous croire..

        Belle soirée, madame, monsieur, au plaisir de vous voir réhausser vos qualités comme vos entrées en matière ?

        Vos indignations sur votre blog..pourquoi pas, mais, pourquoi cette charge intempestive sur cet ici qui, en lisant quelques articles et commentaires passés, vous convaincrait, peut-être, que vos positions sont incluses dans l’ensemble des réflexions ici menées ? Le dégoût de la res politica, soit, leur proximité jusqu’à l’extraordinaire avec la « banque et la finance », en revanche, semblent de marbre vous laisser, quand il apparaît cependant que de l’arbre vous ne descendiez point, sauf votre éventuel troublant démenti..

        Anoushka Shankar plays ‘Pancham Se Gara’
        http://www.youtube.com/watch?v=8CnhcGpmH9Y&feature=related
        11 minutes et vingt huit secondes en musique pour élargir le chant des possibles malentendus et biens partagés..

      8. Vincent politoblog,

        La crise de 2007, a été causée par de mauvais comportements de certains acteurs financiers…

        Ça ça vous pose son « homme du centre » mon coco. Du centre extrême. Si votre monde se partage entre « malins et cons » (typiquement « centriste » la formule magique, uh ?), j’ai bien peur que vous n’ayez, depuis et pour toujours, les deux pieds du mauvais côté des tirets qui font frontière. Et si je m’avisais de rajouter une seconde ligne perpendiculaire à la première séparant droite et gauche, j’ai bien peur que vous ne demeuriez alors parqué dans un fin-fond de quartier, tout en bas et tout à droite, mais rassurez-vous, pas tout seul – contrairement à la fâcheuse impression d’intense solitude que nous laisse un rapide quoique suffisant survol de votre désolé et désolant politoblog.

      9. @politoblog
        « La crise de 2007, a été causée par de mauvais comportements de certains acteurs financiers. »
        Comment une crise globale systémique mettant le tout au bord du cataclysme, peut il venir de seulement certains acteurs? Une crise systémique aussi grave ne peut venir que d’un problème dans le système dans son ensemble!
        Et vous ne pouvez pas nier que ce sont les états qui ont sauvé le système du naufrage!

        « niveau d’endettement des Etats occidentaux était déjà excessif, En France c’est 30 ans d’incurie dans la gestion de l’Etat. »
        Le problème de gestion vient de la diminution des recettes, et non de l’augmentation des dépenses! La dite diminution étant décidé par une idéologie ultra libérale.
        Si la situation était si grave depuis longtemps? Pourquoi les marchés dans leur grande sagesse, ont ils laissé faire? Et on pointe du doigt la France, mais le Japon, les USA etc? C’est donc bien un problème systémique et idéologique, plus qu’un problème d’un ou deux acteurs isolés.

        « La BCE ne conditionne pas son aide parce que les traités l’ en empêche. »
        D’où tenez vous cette info?
        C’est marrant, car quand le FMI ou la banque mondiale prête aux états, c’est sous contraintes d’aménagements structurels néo libéraux.

        « L’interbancaire effectivement était un peu tendu, mais à cause du risque de défaut des Etats. »
        Et en 2008 c’était à cause de la dette des états?
        l’interbanquaire se grippe pour de multiples raisons, qui ne sont pas liés aux dettes d’états. C’est donc bien le système banquaire qui a un soucis, et ce n’est pas la faute des états endettés.
        De plus vous ne répondez pas à l’argument:
        Si le problème venait en partie des obligations d’états dans leurs comptes, d’abord ca signifie qu’elles ne savent pas gérer le risque de leurs avoirs, ensuite si la BCE donne de la liquidité à ces banques pour qu’elles achètent des obligations d’états comme vous le dites, en quoi ça résolverait le problème? Bien au contraire ça ne ferait que reproduire un peu plus ce qui est déjà à la source du problème! Elles ne le feront donc pas!

      10. @politoblog

        Moi mon monde c’est celui des malins et des cons.

        Voyez-vous, politoblog, il en va de malin / con comme de rapide / lent ou de grand / petit : ce sont des propriétés essentiellement relatives.

        Des penseurs comme Galilée ou Einstein ont bien perçu que, corrélativement, le point de vue d’où l’on pouvait juger de toute forme de vitesse, ou de taille, ou de connerie, n’existait pas.

        C’est pourquoi la substantivation de l’adjectif « con » est très abusive!…

        Pour le dire à votre portée : « On est toujours le con de quelqu’un ». Pensez-y!

      11. @politolog
        « En France c’est 30 ans d’incurie dans la gestion de l’Etat ».
        N’est-ce pas plutôt 30 ans de baisse de la fiscalité des plus riches et des ‘grosses’ sociétés, et donc d’un manque à gagner pour le financement des services publics et autres prestations sociales !?

      1. Ca c’est dans la théorie pour justifier l’opération. J’attends de voir (avec peu d’espoirs) si les banques ainsi aidées prêteront aux états. Quel intérêt y trouveraient elles?
        « Financer les banques c’est pouvoir garantir le financement des Etats » Mais j’ai bien l’impression que la réalité est inverse.
        Les populations financent les états, qui financent les banques, et surtout depuis le crack de 2007.
        Mais que financer les banques n’aide en rien les états. Puisque c’est fait sans aucune demande de contrepartie. Au contraire les états y perdent puisque l’argent prêté aux banques ne vient pas financer l’économie réelle, ni des obligations d’état.
        Par contre la crise de l’économie réelle constitue un manque à gagner et une augmentation des dépenses sociales pour les états qui plombent leurs comptes, aggravent leurs dettes et le cercle vicieux s’enchaine.
        Le système bancaire est ainsi fait pour les états comme pour les individus, plus on a de difficultés, moins on te prête, plus on te ponctionne, et moins tu peux t’en sortir. Quand à l’inverse, plus tu t’en sors bien, plus on te facilite les prêts, plus tu peux donc faire de l’argent…

    2. Évidemment Monsieur Politoblog que c’était les banques qu’il fallait mettre sous assistance respiratoire ! Vous savez très bien qu’elles ont des besoins urgentissimes de refinancement ou de financement pour toutes les raisons possibles et imaginables et que leur notation, y compris pour les plus plastronnantes, est en dessous de celle de leurs États respectifs… Elle ont au moins autant besoin des marchés que les États et avec des profils d’emprunteurs encore plus dégradés, cqfd…

      1. C’est vrai que la notation financière faut la suivre comme une religion ! Vous vous devez être un triple AAA, moi certainement un triple ZZZ. Mais c’est bien sûr les banques vont mal parce qu’elles sont mal notées. C’est ça la solution. merci grâce à votre puissante analyse, je suis tout de suite éclairé. Ouais bon elles pris le défaut partielle de la Grêce dans la face, sans ciller, sans veut dire certainement qu’elles nous cachent de mauvais bilans.

    3. Il semblerait alors plus simple que la BCE finance directement les états…

      ouais, je sais, inflation et tout ça…………., mais on est pas obligé de le croire!

    4. Et si la grosse peur c’était qu’un volte face politique amène les responsables à envisager d’autres moyens que les marchés pour financer les dépenses publiques dont nos bénéficions tous ?

    5. Surtout que si les Etats empruntent à la BCE à 1%, il n’y a plus aucun risque de défaut.
      Vous avez pensé à ça?
      Donc les banques empruntent à 1% et prètent à 3,4,6% aux états, qui se retrouvent en danger.
      A qui la faute? Aux banques qui ont besoin de ces revenus pour ne pas faire faillite depuis 2008.

      1. Question aux économistes financiers éclairés, SVP.

        J’ai pris ma calculette et j’ai tenté de faire des calculs pour me faire une idée.

        500 milliards d’euros à 1% l’an, sur 3 ans, cela donne à l’échéance : 515,15 milliards

        500 milliards d’euros à 3,46% l’an, sur 3 ans, cela donne à l’échéance : 553,72 milliards

        Résultats des courses dans 3 ans :
        Pour la BCE : 515,15 – 500 = 15,15 milliards
        Pour les banques : 553,72 – 515,15 = 38,57 milliards

        Les États, au travers de la BCE, ont donc décidé un renflouement des banques de 38,57 milliards sachant qu’il en coûtera aux contribuables 15,15 milliards.

        Pendant ce temps-là, on programme dans le même temps une baisse des rentrées des États par une cure d’austérité sans nom, ce qui aura pour conséquence de diminuer leur recettes, donc leur capacité à rembourser les 515,15 milliards.

        Questions à Politodog :

        1) Pourquoi, selon vous, décide-t-on aujourd’hui d’enrichir volontairement les banques, via les États, donc via les contribuables ? Pour renflouer les États ?

        2) Une fois les banques renflouées et les États un peu plus appauvris (donc les contribuables), pensez-vous que les États seront davantage en mesure de se désendetter ?

        3) Pensez-vous qu’il y a un intérêt à changer ce système qui se détruit lui-même et nous avec ?
        Si vous pensez que non, inutile de répondre. Si vous pensez que oui, pouvez-vous alors tenter d’imaginer un AUTRE système, et non pas le même renforcé ?

        4) Est-ce qu’il est pour vous alors envisageable que cet AUTRE système repose sur des règles différentes de l’actuel ? Par exemple un système où l’argent serve à financer l’économie pour favoriser le développement humain ? Est-il envisageable pour vous alors – dans une telle configuration – qu’un tel système interdise tout simplement la spéculation au motif qu’elle ne finance rien d’autre qu’elle-même et non l’économie ?

  2. Le marché est mort,captif,cassé.Pour l’économie de tous les jurs(la vraie,celle qui nous concerne)il va falloir faire autrement et c’est bigrement difficile puisque justement on nous confisque les outils de la boite jour après jour.Actuellement en circuit fermé et plus étanche qu’un réacteur nucléaire japonais ,la finance s’autorise à jouer avec les billets du jeu de monopoly en méprisant toutes règles et les autres joueurs autour de la table.C’est poker jones de lucky luke des as plein la manche qui se fait payer à chaque tour par le croupier complice.Autour de la table les spectateurs(gouvernements européens)assistent au manège en espérant que le tricheur leur jettera quelques miettes.l’état psychologique autour de la table est soumis,vaguement inquiet,abruti par les vapeurs d’alcool et de fumée de cigare et surtout fasciné.IL n’est plus maitre de son destin si sonregard n’accroche pas autre chose que la table et si son esprit continue de se refuser à toute autre sentiment que la résignation et l’hébétude.Il serait déraisonnable de continuer à penser que les peuples vont réagir avec acuité;ils n’en ont pas et n’en ont jamais eu les moyens;ils s’en remettront comme toujours à de tenaces superstitions et aux mirages habituels.Comme le général Gamelin en mai 40 au bord de la meuse à sedan entendant les chenilles des panzers écraser le bitume et déclarant devant un état major conquis que les allemands n’oseront jamais attaquer par les ardennes.Gamelin ayant eu le tort d’avoir tort trop longtemps et la défaite devenant par trop évidente le gouvernement dans sa grande clairvoyance donna sa chance aux idées nouvelles pour sauver la patrie en danger et nomma deux petits jeunes chefs d’état major à savoir weygand 75 ans et pétain 84 ans.qu’est ce quel’on peut espérer de plus aujourd’hui sachant que les complicités au niveau décisionnaire sont identiques?Le grand patronnat français s’était prononcé dès 1936 en faveur des nazis,en toute discrétion et oeuvra par la suite dans le sens de la défaite.Il faut actuellement combattre les memes orientations à rebours des médias et du fameux TINA.Qui sait aujourd’hui dans l’opinion que M.Correia en Equateur a nationalisé ses ressources naturelles a empeché des compagnies américaines de forer en classant la zone parc naturel, a abaissé l’age de départ à la retraite comme Evo Morales en Bolivie qui a ramené l’age de départ à la retraite à 60 ans et 50 ans pour les mineurs,a augmenté les salaires après avoir nationalisé ses sites de gaz naturel,que M.Chavez a augmenté ses fonctionnaires de 25 % grace aux dividendes pétroliers? Tout çà sous les cris étranglés des compagnies américaines qui pensaient que jamais ces descendants d’indiens leur tiendraient tete;et bien c’est fait et il ne tient qu’à nous d’élire des femmes et des hommes qui porteraient un tel programme.

    1. Vous oubliez l’Argentine. Un économiste de plateau, je crois chez Tadei à moins que ce soit sur « C dans l’air » a déclaré en se moquant que l’Argentine avait 25% d’inflation.
      Faux. En cherchant sur le net j’ai découvert que ces stats provenaient de la CIA!
      De fait les stats onusiennes, et celles officielles de l’Argentine, montrent un inflation contenue vers les 9%. Après avoir été très basse après le défaut!
      Les 20% d’inflation sont dues aux régimes libéraux aidés par le FMI!
      Ma thèse: Le FMI provoque l’inflation. C’est normal, on doit rembourser en dollar et la monnaie du pays est attaquée. Le résultat est imparable, à condition de réfuter la dette. Ce qu’a fait le couple Kirschner en Argentine. ce que devrait faire le gouvernement Grec. mais avec Papademos docteur es-Goldamn Sachs; faut pas réver.
      Tout autre solution que le défaut serait de la haute trahison nationale.

      1. Izarn,

        Les 20% d’inflation en Argentine proviennent de calculs d’études privées, qui exagèrent sûrement les chiffres, mais ceux du gouvernements sont très optimistes et probablement faux également.

        L’inflation en pesos est bien là. Cependant, en monnaies étrangères, le cas est moins choquant, le peso n’ayant cessé de se dévaluer, face au dollar (http://bit.ly/ulkoJD), à l’euro (http://bit.ly/uZPgsd) au franc suisse (http://bit.ly/rpy0Pi) ou même au real brésilien (http://bit.ly/sJiksJ).

        Ainsi, les exportations argentines restent compétitives, mais les choses se compliquent pour l’économie intérieure.

        Il ne faut pas oublier que la croissance argentine se maintient à un taux très élevé depuis la dévaluation (http://bit.ly/rFuy5I), le chômage a énormément diminué, le pays est en phase de réindustrialisation, les gens consomment beaucoup (trop?), ce qui explique une partie de l’augmentation des prix.

        Une autre explication est la concentration de grands groupes contrôlant les supermarchés, l’industrie alimentaire etc. qui ne se sont pas gênés pour multiplier leurs gains, sur le dos des plus pauvres.

        Finalement, les subventions de l’Etat sur l’énergie et les transports et des prix bloqués ont créé une distorsion étrange qui font par exemple qu’un ticket de metro ne coûte que 20ct d’euro, alors que des aliments en supermarché peuvent atteindre des prix quasi-européens.

      2. ça me rappelle la réflexion d’un responsable de la Banque Mondiale à qui un journaliste disait: que pensez vous du redressement de l’Argentine? réponse: » nous désapprouvons leurs solutions qui vont à l’encontre de nos recommandations, mais nous devons reconnaitre que ça marche…… »

  3. Moi je ne sais pas, mais imaginons que vous soyez analyste dans une banque ou gestionnaire d’un fonds et que dans un contexte récessioniste comme en 2012, on vous demande de trouver, un placement sûr et rémunérateur. Vous choisissez de panacher votre fonds avec quoi plus d’obligations d’Etat, plus de titres boursiers ou plus de dérivés ? Un Indice : mieux vaut-il placer son argent sur une un titre obligataire émis par l’Etat italien rémunéré à 8 % sur 3 ans (si si) ou sur des marchés boursiers à la tendance encore incertaine ?

    1. Sauf que vous parlez de recherche de placements sûr et rémunérateurs.
      Mais l’ampleur de la crise des dettes publiques fait que les obligations d’états sont plus rémunératrices, justement parcequ’elles ne sont plus sûrs.
      Les titres boursiers ne sont pas mieux? sans doute, mais comme les yeux sont tous tournés vers les états en ce moment, c’est là que le risque est perçu comme le plus grand.
      8% de rémunération pour l’état italien ne fait sans doute plus rêver personne si un défaut de la dette comme pour la grêce devient probable.
      Il me semble que tout le monde cherche la sécurité avant la rémunération (hors spéculation j’entends).
      Il y a une news qui illustre bien celà:
      http://www.tsr.ch/info/economie/3637503-la-suisse-reussit-a-s-enrichir-en-empruntant.html
      Les marchés empruntent à la suisse à taux négatifs, pour sa sécurité, même s’il faut évidemment prendre en compte l’évolution du franc suisse pour savoir si l’investisseur ne vas pas gagner malgré tout en fin de compte.

    2. >politoblog

      Votre truc, ça marche le temps que les gens acceptent de vous verser du 8%, combien de temps ça va durer? Trois ans, vous pensez?

    3. Il semblerait que vous vous soyez trompé de lieu. Je pense que l’immense majorité des commentateurs de ce blog se foutent – et au delà de l’imaginable – des problèmes existentiels des gestionnaires de fonds. Ces problèmes concernent un système en train de s’effondrer sur lui même, qui n’est intéressant que par le suivi de son agonie et les impacts quotidiens qu’elle impose aux peuples.

      Vous seriez probablement plus à votre aise sur Causeur ou toute autre antre du libéralisme béat, entouré de gens qui pensent comme vous que TINA est bonne et belle.

      1. Je vis au Québec et je lui conseille des journaux comme Les Affaires où il est question de placements. Dans les blogs des Affaires, dès que ça parle d’économie,on voit apparaître un nombre importants de commentaires libertariens qui pointent du doigt les gouvernements et la mauvaise éducation boursière des gens (c’est la faute des gens si la dette est le principal ingrédient du capitalisme ?)

  4. Whaaaarff….
    Merci la famille « Sylvestre and C° Ltd illimited »,inimitable : UNIQUE en son genre.
    Bref,je ne savais pas qu’il régnait une telle atmosphère ,digne de gais lurons,à bord du Titanic en train de sombrer par une froide nuit glaciale.
    Enfin !
    …Là il ne s’agit que de l’état-majeur,parce que nous,les chauffeurs,gabiers et autres matelots,ne comptons pour rien dans ce Bord…l … !!!
    Vivement Pâques et le résurrect..non,la Révolution,la vraie,la bonne cette fois,celle du Grand Soir.

    1. Vivement Pâques et le résurrect..non,la Révolution,la vraie,la bonne cette fois,celle du Grand Soir.

      Une fois la révolution finie que ferons nous ?
      Quel sera le revenu mini et le revenu maxi, puisque ce sont les robots qui travaillent ??

  5. Je reposte un commentaire avant de lire le fil, car je suis étrangement saisi au fil de mes lectures que nous ne sommes ni les premiers ni les derniers à nous trouver à la croisées des chemins…

    Par exemple, Platon avait exactement les mêmes soucis, lutter contre un certain libéralisme politique qui s’appelait tyrannie à l’époque. Autre exemple, la chute de l’URSS, lire Hobsbawm, là aussi ils n’avaient pas d’alternative. C’est une révolution par le haut, et aussi parce que l’appareil d’Etat, enfin le parti était corrompu au point de provoquer l’écoeurement, mais les réformateurs ne voulaient pas le libéralisme thatchérien, il voulaient un socialisme de marché. Sauf que quand le parti a été détruit il n’était plus possible d’agir car c’était le seul élément unificateur, militarisé. Mais aussi difficile à mouvoir. Enfin voilà, c’est passionnant de voir que des problèmes resurgissent, que des gens se sont trouvés confrontés à des situations similaires et à des questions similaires.

    L’avantage du libéralisme radical est son automatisme, aux yeux des idéologues.

    1. Hobsbawm est bien gentil, mais il ne faut pas lui en faire dire plus que ses intentions.
      Le soit disant automatisme du libéralisme a été puissament aidé par les idéologues universitaires US, et aidé parallélement par des dispositions légales favorisant
      automatiquement la corruption, y compris celle -la corruption- des idéologues universitaires US.
      ( en final, un malencontreux incendie a détruit leurs archives mais pas leurs gains…).

       » L’ age des extrêmes  » , indispensable, pourrait être complété par le non moins indispensable
       » La stratégie du choc  » de Naomi Klein.

      1. Oui… il dit aussi qu’il y avait une deuxième économie soviétique latérale (pas centrale), ou régionale, basée sur l’initiative des directeurs d’industrie etc à côté de celle planifiée par Moscou et que sans celle-ci, cela n’aurait pas pu fonctionner.

        AU Kazakhstan, le président était contre l’augmentation automatique des prix…

        Les régimes communistes se sont effondrés sans violence, parce que personne y croyait encore… Comme aujourd’hui, personne ne croit plus au libéralisme. Ils ne savaient pas quoi faire, et nous non plus ! socialisme des marchés etc. Que des mots. Et nous n’avons même pas de structure telle un « Parti » pour agir. Donc quand ce système va s’effondrer, d’ici quelques années, ou mois, je ne sais vraiment pas ce qui va se passer. Société civile, dissidents, nous n’avons rien de structuré, si ce n’est l’armée, la police, mais ils n’ont pas d’idéologie. En Pologne il y avait l’église et solidarcnosc, mais chez nous ? y a rien du tout ! Si, il y a malgré tout un attachement à la démocratie… mais la prochaine Révolution ne pourra pas être bourgeoise, esquivant toutes les questions derrière celles de la propriété privé et de la liberté ! Elle ne pourra pas faire l’impasse sur le droit à une vie décente, le partage, etc, le sens, etc. Les lois posent toujours la question de la communauté car elles s’appliquent à tous et se fondent sur des valeurs, donc sur du sens pré-législatif, du sens partagé.

        Les lois supposent et fondent le Sujet social. La Constitution plus précisément. Ce moment permet de réfléchir sur les buts, et définitions, l’auto-perception de la collectivité ; une loi est d’essence collective ; suppose un sujet auquel elle s’applique, elle crée ce sujet, bref avec les institutions on arrive à une mise en scène du collectif, de la société, – une représentation.

        J’insiste pour finir ce soir sur le fait que chacun est à sa manière, indispensable. Quoiqu’on dise, cela fait toujours avancer le débat, s’il manque quelqu’un, qui que ce soit, il manque au monde, et sa voix manquera aux autres.

      2. J’insiste pour finir ce soir sur le fait que chacun est à sa manière, indispensable. Quoiqu’on dise, cela fait toujours avancer le débat, s’il manque quelqu’un, qui que ce soit, il manque au monde, et sa voix manquera aux autres.

        C’est clair.

    2. « Platon avait exactement les mêmes soucis, lutter contre un certain libéralisme politique qui s’appelait tyrannie à l’époque. »

      Ce qui s’appelait « tyrannie » à l’époque n’était pas nécessairement considéré comme une chose mauvaise – un bon tyran valant mieux qu’un mauvais roi -, du fait que l’idée de « légitimité » n’était pas surquotée comme elle peut l’être aujourd’hui (et à raison: perso je m’en fous de la légitimité, si le taf est bien fait). Aucun penseur classique n’avait cette forme de « fétichisme » typiquement moderne.
      Quant au libéralisme politique, faut arrêter les anachronismes: ça ne veut strictement rien dire dans le contexte. Mais vraiment rien du tout.

      Pour le reste, la donne sociologique russe d’alors est peu comparable à la situation française, sur des points essentiels, même si je perçois l’idée derrière l’analogie.

    1. « A l’heure de la route du rhum et des inaccessibles Paris-Dakar, profitez de cette occasion unique de vous engager dans une grande aventure »

      C’est par ces mots que l’armée de terre en 1990 en France, tentait d’attirer les bidasses dans les sables mouvants de la première guerre d’Irak….

      Depuis que j’ai entendu ces sornettes, le mot « aventure » a changé de sens pour moi : c’est devenu le signe évident de l’arnaque.

  6. Merci pour le billet. Une petite critique cependant.
    Le capitalisme a toujours été assisté par l’Etat: répression des travailleurs, justice de classe, soutien économique à certains secteurs (marchés publics, subventions etc.)
    Mais aujourd’hui on assiste à l’essor accéléré dans la zone euro du capitalisme bankstérisé:
    -crédits à 1% pour les banques privées qui reprêtent à 3,5 ou 10% aux Etats des citoyens travailleurs;
    -toutes les banques peuvent spéculer autant qu’elles veulent avec les paradis fiscaux sur des marchés non déclarés; si elles se déclarent en faillite les travailleurs contribuables rembourseront;
    -donc bientôt il n’y aura plus d’argent pour les services publics, le salaire différé, de remboursements santé ou de retraites par répartition;
    -avril 2012 en France sera le dernier moment où on pourra arrêter les banksters dans leurs délires anti-sociaux

  7. Je vois de plus en plus de choses sur Ron Paul ces derniers temps. Je sais qu’il a le support du site « zero hedge ». J’imagine donc qu’il a une partie de Wall-Street derrière lui et j’en conclut qu’on est amené à entendre de plus en plus parler de lui dans les mois qui viennent. Ce serait peut-être interessant d’analyser ce qu’il propose. Ca a l’air exotique ! J’ai lu notament qu’il voulait supprimer la banque centrale (FED). Je n’arrive même pas à concevoir un sytème monétaire sans banque centrale. Les banques privées créaient de la monnaie autant qu’elles le veulent ?

    1. Les banques privées créaient de la monnaie autant qu’elles le veulent ?

      Il fut un temps où ce fut le cas aux Etats-Unis. La création d’une banque centrale y est assez récente (début du siècle dernier je crois).

    2. Gaspillage de temps.
      Nous devrions être vaccinés contre les clowns libertariens
      et leur surenchère de vendeurs de bagnoles pourries.
      Il reste que le triste sire est l’indicateur d’une Amérique malade
      et dangereuse pour le reste du monde.

      1. Il est isolationniste Ron paul donc il ne peut (théoriquement) pas être dangereux pour le reste du monde mais seulement pour les étasuniens.

      2. @u venjeure maskai

        Isolationniste, Ron Paul ne peut (théoriquement) pas être dangereux pour le reste du monde

        Quand, au début d’un tsunami, on voit l’océan qui se retire de la côte, rien ne laisse présager l’ampleur du ressac.

      3. @u Renard
        ouais, enfin, du temps de l’isolationnisme ricain, les merveilleux européens ont réussi à faire deux guerres mondiales….

    3. Ah oui et pourquoi ça à l’air exotique ?

      Ils ont tout faux, Ron Paul et Zerohedge. Pas la peine de perdre son temps avec ça.

      1. Ron Paul est le seul candidat US qui peut éloigner durablement le risque d’une troisième guerre mondiale. Renseignez vous avant d’écrire n’importe quoi.

        Alors libertarien ou pas, si j’étais américain, je voterais Ron Paul (ou Grayson s’il a l’investiture, tout milliardaire qu’il soit également), d’abord pour recouvrer des libertés civiles essentielles, ensuite pour crucifier la FED (et donc la FED de New York, GS et leurs amis… qui ne seraient plus renfloués et encaisseraient leurs pertes) et le Pentagone/Lobby militaro-industriel.

        C’est, pour l’instant, le plus urgent. Non?
        Je veux bien qu’on le villipende, mais faudra pas venir pleurer après.

        1. « si j’étais américain, je voterais Ron Paul »

          Arrêtez de dire des conneries. Renseignez-vous sur le gars : le libertarianisme de Ron Paul, c’est l’extrême-droite dans toute son horreur. Il n’y aura pas de pub pour Ron Paul sur mon blog. Tenez-le vous pour dit.

      2. Téléphoné le coming-out antonien, mais ça a le (seul) mérite d’être, désormais, absolument clair. Bullshit, dirait Julien. Comme quoi les analyses comparées des conceptions rawlsiennes et habermasiennes de la démocratie ou la fréquentation régulière du blog Jorion n’immunisent nullement contre la beaufitude crasse du pèquenot droitiste lambda, X ou Y.
        Y’a plein de « moutons » craspingues qui traînent sous les lits, sous les tapis et dans les coins mal éclairés du blog à Popaul… Merci à Madmax pour avoir joué le vermiceau au bout de la ligne, à Lisztfr dans le rôle de l’hameçon et à Paul pour avoir ferré juste et sec. Belle pièce qui gigote au fond de la barquasse, pas comestible mais nuisible : un gros silure solitaire.

      3. On a quelle variante là ? Des identitaires ?

        Rassurez-vous les mecs, la force est avec vous, à défaut d’honorer la Pensée : ministère de la défense – Contre insurrection, théorie et pratique.

        Extrait:

        …Le lieutenant-colonel Galula présente la particularité d’avoir accumulé une grande expérience de la guerre tout en possédant les qualités intellectuelles et philosophiques suffisantes pour arriver à dégager au profit des générations futures les caractéristiques de la guerre insurrectionnelle. Auteur de Pacification in Algeria 1956-1958 publié en 1963, il compléta l’année suivante son récit des opérations de pacification menées en Grande Kabylie par ce précis de doctrine. Car l’ouvrage de Galula est un véritable manuel de contre insurrection. Après avoir défini les lois de la guerre contre révolutionnaire…

        NB: non, ce site n’est pas un site d’extrême droite radicale, il s’agit du site du ministère de la défense de la République française… Vous savez, le pays des droits de l’Homme, de Liberté, Egalité, Fraternité… Mon cul !

        Joyeux Noël tout de même.

        M’énerve à la fin.

      4. Chouette un bûcher, on va pouvoir se réchauffer les mains.

        La lumière monochromatique éclaire mais ne permet de percevoir que les corps qui reflètent la longueur d’onde émise. On distingue les formes mais la richesse des nuances liées aux couleurs est perdue.

        Ron Paul est accessoire (accessoire: la suite, l’accompagnement ou la dépendance de quelque chose de principal). Les islamistes vainqueurs des élections dans le monde Arabe sont accessoires, le FN est accessoire.

        La véritable question est comment un type arrivé 5ème des primaires républicaines avec 8% des voix en 2008 se profile à ce point comme alternative? Qu’est-ce qui s’est passé dans ce pays depuis 4 ans?

        Un début de réponse: http://sanders.senate.gov/newsroom/media/view/?id=598c928f-3807-4e46-bf21-2948a305dd52

        Alors, on règle le problème en escamotant les symptômes ou on s’attaque à la maladie?

      5. Juste un gars qui devrait se renseigner avant de causer, Galula est un juif tunisien naturalisé français et ancien officier, ami proche de Kissinger à Harvard, qui est considéré par pas moins que Petraeus – grand théoricien et praticien US de la contre-insurrection, qui parvint, accessoirement, à limiter les pertes et les violences en Irak – comme « le Clausewitz de la contre-insurrection », juste ça. Et vous voudriez que le ministère de la défense se permette de ne pas même le citer ?
        L’art militaire fait partie de l’art politique, la contre-insurrection fait partie de l’art militaire, c’est comme ça. Un Galula plus quelques politiciens couillus sous Weimar, par exemple, n’auraient peut-être pas évité le désastre mais les milices nazies auraient sans doute vu leurs actions sensiblement contrariées. Les stratégies et techniques contre-insurrectionnelles sont des outils aux service des États, point, il ne s’agit pas de mettre les États au service des stratèges de la contre-insurrection, caractéristique propre à un État dictatorial, voire totalitaire.
        http://fr.m.wikipedia.org/wiki/David_Galula

      6. @vigneron

        Merci de recadrer.
        Qui vous a dit que je mettais Galula dans le tas? D’ailleurs, qui vous a dit que je faisais des tas ?
        Einstein est associé à la bombe atomique et je ne l’associe nullement à cela quand je pense à son boulot.
        Ou encore, à l’aide d’un outil nommé couteau, on peut porter assistance à quelqu’un ou l’égorger.
        La contre insurrection est un outil (point) au service de l’Etat (re-point).

        Oui, raison de plus pour savoir à qui on donne et on laisse l’usage de tels outils ? Avec quels contrôles. Le Patriot Act, et les lois LOPSI à répétition nous donne la pente que prend cet outil qui gagne en puissance.
        Je me fous des gars qui inventent ou utilisent des outils, ce qui m’intéresse, c’est leurs idées et les conséquences qu’elles ont. Dois-je les combattre ou bien la discussion est-elle possible ?

      7. Lazarillo de tormes

        Merci pour la vidéo. J’ai parfois un peu de mal avec l’accent américain, mais là j’ai tout compris.
        L’homme qui répond au journaliste, c’est Bernie Sanders, le seul au Sénat qui se déclare socialiste !
        Un sacré bonhomme que ce monsieur. Alors oui, si les US doivent s’en sortir par le haut c’est parce qu’il y aura eu beaucoup d’autres Bernie Sanders ! 🙂

      8. Juste un gars confus qui dénonce un odieux ministère de la défense citant l’odieux Galula avant d’admettre qu’il ne mettait pas ce dernier « dans le même tas » tout en m’accusant d’avoir prétendu qu’il l’avait bien fait..

      9. @vigneron

        Suis pas confus, z’inquiétez pas. Curieux, de voir où ça nous mène, je prends.

        Ce genre d’outil a été utilisé à de nombreuses reprises. Et que la finalité a souvent été le service d’une quelconque forme d’oligarchie.

        Le ministère de la Défense, comme tous les ministères ou les entreprises sont remplis de gars qui « font leur boulot ».
        Quand vous leur faites remarquer que peut-être qu’à tel ou tel moment, ils ont peut être un peu outrepassé leur droits voire leurs idéaux (c’est con un euphémisme), ils ne comprennent pas toujours avant leurs muscles.

        C’est comme qu’en j’m’écris 1 3 1 2.

        ça s’adresse pas à ceux qui chanteront d’une manière ou d’une autre :

        5ème couplet (que des « étourdis » ont « oublié »)
        Les rois nous saoulaient de fumées
        Paix entre nous, guerre aux tyrans
        Appliquons la grève aux armées
        Crosse en l’air, et rompons les rangs
        S’ils s’obstinent, ces cannibales
        À faire de nous des héros
        Ils sauront bientôt que nos balles
        Sont pour nos propres généraux

        5th stanza
        The kings made us drunk with fumes,
        Peace among us, war to the tyrants!
        Let the armies go on strike,
        Stocks in the air, and break ranks
        If they insist, these cannibals
        On making heroes of us,
        They will know soon that our bullets
        Are for our own generals
        |: This is the final struggle
        Let us group together, and tomorrow
        The Internationale
        Will be the human race 😐

        ou encore :

        No more deluded by reaction,
        On tyrants only we’ll make war!
        The soldiers too will take strike action,
        They’ll break ranks and fight no more!
        And if those cannibals keep trying,
        To sacrifice us to their pride,
        They soon shall hear the bullets flying,
        We’ll shoot the generals on our own side.

        Seront-ils nombreux ? Le feront-ils promptement ? Avant que cela n’aille trop loin ?

      1. Pfff… pardonnez à Antoine, il était « Ron comme une queue de Paul » quand il a écrit son commentaire. Bon ok, c’est extrêmement mauvais, je –>.

  8. une crise économique engendre des défaillances de toutes sortes, ménages :crédit à la consommation, prêt immobilier, entreprises : prêt d’investissement, acquisition d’entreprise….
    La dégradation de l’activité économique qui se profile impactera inévitablement la capacité des agents économiques à rembourser.
    Le besoin en refinancement des banques pour rouler ces défaillances n’est donc pas prêt de s’arrêter.
    Les niches à forte rentabilité ont été réduites à peau de chagruin. l’idée qu’elles pouvaient se refaire rapidement devient un rêve de singe.
    Le sang des peuples et l’avenir des générations vampirisés par nos génocidaires de banquiers.

  9. Dans un article paru dans Le Monde papier du 21 décembre, page 13, signé Anne Michel et intitulé « Selon la BCE, le risque de défaut de plusieurs banques n’a jamais été si fort »,
    Il est indiqué que « la probabilité de défaut simultané de deux banques ou plus », calculé par la BCE herself, « quasi nul il y a cinq ans », « a culminé autour de 15 % lors de la crise des subprimes », et «s’établit aujourd’hui à 25 % ».

    Je n’arrive pas à trouver cette source sur internet.

  10. Spectaculaire opération de refinancement qui semble renforcer davantage le risque systémique. Du côté de la BCE: concentration d’actifs cédés en gage, dont la qualité douteuse aujourd’hui, a peu de chance de s’améliorer dans un avenir prévisible (il n’est pas évident que même l’immobilier privé non commercial conserve son prix, sauf dans des micro marchés). La BCE fait du portage sans certitude sur la possibilité du remboursement. Les pertes futures de la BCE devront être comblées par des Etats qui n’en peuvent mais. Du côté des banques, si elles ne parviennent pas à créer de nouvelles sources de rentabilité cette assistance pourrait devenir structurelle pour beaucoup d’entre elles, ce qui revient à une forme de nationalisation de fait puisque, encore une fois, ce sont les Etats qui répondent du bilan de la BC (laquelle n’a bien sûr pas vocation à prendre le contrôle de banques commerciales, mais si ce cas se produit il faudra bien acter juridiquement le renflouement par les Etats).

    1. En 2008 comme en 2011, avant de parler de « nationalisation » à propos du renflouement des banques ne faudrait-il pas que l’Etat accède au /assume le pouvoir décisionnaire au sein de ces banques ?

  11. annoncer que ces fonds vont être utilisés pour procéder à des achats sur le marché de la dette souveraine, comme l’a publiquement fait savoir Nicolas Sarkozy

    C’est la création des  »euros bonds » en fait, les banques achèteraint de la dette européenne avec de l’argent garanti par les états européens.
    Le système boucle un peu quand même il me semble mais ils sont plus à ça prêt !!

    1. Pour les politiciens, ça fait déjà quelque temps que beaucoup de personnes comprennent qu’ils sont les laquais des banques, c’est pas vraiment une surprise. Par contre les banques ne prendraient pas le pouvoir parce que eus mêmes commencent à sentir la fin arrivée ? Pour vidés les fonds de tiroir ou essayer de retarder encore un peu plus l’inéluctable ?

  12. Arrêt sur Images

    Cette semaine un long débat entre : Norbert Gaillard, économiste, consultant indépendant et auteur d’un ouvrage sur les agences de notation dans la collection Repères (La découverte) ; Pascal Canfin, député européen d’Europe-Ecologie-Les-Verts et l’un des négociateurs de la directive européenne qui va encadrer les agences de notation.

    Eh bien, on en apprend des choses avec ces deux là !

    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4563

  13. Bonsoir,

    Donc si j’ai bien compris les actifs pas vendables des banques sont pris en gages par leurs banques centrales respectives EU/US/UK contre une fabrication de monnaie.

    Un aspect positif est que ces soi-disant actifs auparavant cachés au fond des bilans bancaires sont désormais identifiables.

    On va forcément y retrouver de la dette souveraine « triangulaire »

    Une partie d’annulation des dettes pourra alors se faire de gré à gré entre banques centrales, annulant de fait les intérêts courant sur toutes les dettes concernées voire obtenant une décote si les soi-disant actifs ne sont pas pris au taux nominal.

    Une sorte de début de défaut raisonné, et merde aux CDS et aux triples doubleurs.

  14. @ Jérôme Cazes,

    Bonsoir,

    Et un grand bravo, pour votre roman passionnant !!

    Un gratuit, pour sourire aux sévices payants de nos puissants 1% !

    Commencé entre autres, cet après-midi, du mal à décoller…seriez pas un poteau à Paul, un peu ?

    En tout cas, de quoi le devenir, amha..

    Bloggeurs, vous voulez décompresser, comprendre autrement et avoir des solutions de formes d’action « douce et citoyenne », ben y’a un m’sieur Cazes qui s’est fendu du agréable pavé en don gracieux, c’est audacieux, et juste..allez donc le lire un peu, par vous mêmes !!!

    http://555jeudirouge.fr/Files/3_555_interieur.pdf

    Extrait : p 221 – 222

    «  »Et puis ce n’est pas un bon jeu pour la Chine : les banques occidentales
    fabriquent les règles pour gagner à tous les coups.
    – C’est très intéressant, monsieur Chen. Et que pensez-vous d’une
    campagne internet
    – Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée chez nous.
    Éric avait expliqué à Aline qu’un interlocuteur chinois ne disait
    jamais non : le jugement prudent de Chen était donc extraordinairement
    négatif. Chen poursuivait.
    – Notre action serait vue comme une campagne politique venant de
    l’Ouest. Elle ne serait pas appréciée. Imaginez l’écho d’une campagne
    politique chinoise chez vous en ce moment. Ce n’est pas comme cela
    qu’on fait chez nous : il faut utiliser le parti, écrire à des députés…
    Aline restant silencieuse, il ajouta :
    – Ne vous inquiétez pas, je m’en occupe ! J’ai des appuis puissants,
    Éric le sait, demandez-lui.
    Après l’avoir beaucoup remercié et avoir raccroché, Aline interrogea
    des yeux Amélie et Jeanne. Elle-même était tout sauf séduite.
    – On n’est pas l’église de scientologie ! explosa-t-elle. On ne va pas
    s’organiser en secte secrète pour lui faire plaisir. Et puis, je veux bien
    (mercredi 13 juin 221)
    croire qu’un film occidental ne ferait pas un malheur en ce moment
    chez eux, mais son histoire qu’internet n’est pas adapté à la Chine ne
    tient pas debout ! Éric m’a dit qu’il était un membre important du
    parti communiste : il en porte les stigmates ! Secret et contrôle politique…
    Je vous donne mon sentiment : il n’a rien à faire chez Carton
    Rouge.
    – Bien d’accord avec toi, approuva Amélie.
    – Quand même, observa Jeanne, notre objectif n’est pas de faire
    des films, mais de convaincre les décideurs. Ce que nous dit Chen,
    c’est qu’en Chine, c’est fait ! Et démocratiser l’internet chinois serait
    sympathique, mais ce n’est pas notre problème.
    Les deux autres hochaient la tête.
    – On peut voir ça comme ça… reconnut Aline. Le démocratique
    monsieur Chen nous règle notre problème pour un milliard trois cent
    millions de Terriens : on ne va pas faire la fine bouche !
    – J’ai beaucoup aimé ce qu’il a dit sur l’opium, ajouta Jeanne. Il a
    raison, il y aurait un parallèle intéressant à faire entre la spéculation
    bancaire et l’opium : l’Occident a introduit l’opium en Chine à coups
    de canons à la fin du dix-neuvième siècle. À l’époque, l’Occident se
    protégeait et interdisait ce commerce sur son territoire. L’Angleterre
    avait un bureau du monopole de l’opium, mais pour ses colonies, en
    Inde. C’était là que travaillait d’ailleurs le père de Georges Orwell, le
    héros d’Éric. Aujourd’hui la drogue dure de la spéculation bancaire
    ravage les élites aussi durement que l’opium, mais ce sont nos élites
    occidentales qui sont les plus touchées : les colonies d’hier ont l’intelligence
    de se protéger…
    ***
    – Je suppose que tu ne regrettes pas d’avoir quitté la réanimation,
    demanda Camille à son père, lors de leur conversation téléphonique
    vespérale à trois.
    – Oh si ! il y a des choses que je regretterai. Au dîner, par exemple,
    l’aide-soignante me mettait mon assiette au centre, ma bouteille d’eau
    à gauche et mon pistolet à droite, dans une symétrie parfaite. On
    fait difficilement plus apéritif… Sinon, Carton Rouge a bien travaillé
    aujourd’hui ?
    Aline expliqua leur hésitation : comment faire pression sur les
    banques. Camille intervint.
    222 555
    – J’ai une idée ! Pour bloquer une banque, il faut bloquer ses
    banquiers. Comment est-ce-ce que on pourrait bloquer papa ? Moi,
    je lui prendrais tout simplement son BlackBerry. Tout ce que vous
    voulez qu’il s’arrête cash ! Ça doit être pareil pour ses collègues.
    – Ce serait cruel, mais efficace ! constata Aline.
    Éric eut brusquement l’intuition que c’était la bonne idée.
    – Ma fille, tu es géniale ! On ne peut pas confisquer les BlackBerry
    de toute la banque, mais on doit pouvoir bloquer sa messagerie. Ou,
    en tout cas, la saturer. Il suffit d’envoyer suffisamment de messages.
    C’est ce que font les hackers qui veulent bloquer un site : ils balancent
    des millions de requêtes en même temps et ils provoquent ce qu’ils
    appellent un refus de service.
    – L’image de hackers, tu crois que c’est bon ? s’inquiéta Aline.
    – C’est pas ce qu’on ferait. En plus, dans le cas des hackers, toutes
    ces requêtes partent du même endroit : en coupant les accès au serveur
    concerné, on peut à peu près se protéger. Non, nous, il faudrait qu’on
    garde notre logique « réseaux » : des millions d’internautes écrivent
    tous en même temps à leur banquier.
    – Un peu comme une pétition ?
    – Si tu veux, s’exclama Éric, enthousiaste maintenant. Mais une
    pétition à l’époque des réseaux sociaux : parce que les sacs postaux
    qu’on livre dans la cour, tout le monde s’en fout ! Là nos sacs, ils arriveraient
    directement sur le terminal de chaque banquier et il faudrait
    qu’il efface ensuite message par message, en triant. Ça peut créer un
    bordel innommable…
    – Mais on n’a pas les adresses ?
    – Ça, c’est facile. Si tu prends la Banefi, on a presque cent cinquante
    mille salariés mais ils ont tous la même adresse internet : le prénom et
    le nom avec un point entre les deux et derrière : @banefi.com. Quel
    que soit le pays, quel que soit le service, si tu connais le nom de ton
    banquier, tu peux lui écrire sur sa messagerie. Et si tu connais son
    téléphone tu peux lui envoyer un sms. » »

  15. Plus le temps passe plus j’ai le sentiment d’une orchestration minutieuse venue d’outre atlantique. Certes l’Europe est fragilisée par ses divisions politiques, mais son état général inspire tout de même moins la crainte que celui des USA. En se tenant les coudes nos financiers anglo saxons savent peu ou prou qu’il va y avoir des morts, mais ils résistent tant qu’ils peuvent pour ne pas être les premiers à céder sous les coups de boutoir d’un système devenu incontrôlable.

    Mon métier m’amène à parler quotidiennement avec des banquiers de la « vraie » économie, côté financement des entreprises. Jamais je ne les ai entendus aussi anxieux et désemparés. C’est, et de loin, bien pire que post Lehmann Brothers. Pour le coup la crainte systémique a gagné le cortex de pas mal d’entre eux (j’ai un échantillon assez représentatif). Leur commentaire à l' »opération à 500 milliards » ? : « on est mal… ».

    1. Mon métier m’amène à parler quotidiennement avec des banquiers de la « vraie » économie, côté financement des entreprises. Jamais je ne les ai entendus aussi anxieux et désemparés

      Exact !
      Pour exemple, le CA a déjà avisé ses actionnaires (et sociétaires) qu’il clôturerait en déficit et qu’il ne distribuerait pas de dividende cette année. C’est une 1ère !

    2. @Alistair

      Plus le temps passe plus j’ai le sentiment d’une orchestration minutieuse venue d’outre atlantique

      C’est aussi l’avis des Dr du GEAB (voir LEAP Europe 2020 n°60)

    3. @Alistair

      Leur commentaire à l’ »opération à 500 milliards » ? : « on est mal… ».

      Là, objection votre honneur: Je dirais plutôt « on est bien » car c’est le commencement de la sagesse (la monétisation). C’est le début du monde d’après: inflation, euthanasie des rentiers, , fin de l’endettement, investissements, emplois, surchauffe économique…
      Mais le vrai monde d’après nécessite un changement de paradigme: entrer dans une économie de la vertu, fondée sur nos intérêts bien compris sachant que l’intérêt bien compris de chacun s’inscrit dans celui de tous (agir pour les autres comme pour soi-même). La formule n’a rien de religieuse, c’est l’expression du bon sens.

      1. L’intérêt bien compris, si tel avait été le cas, le nabot n’aurait probablement jamais été élu… Au lieu de ça, voilà une masse stupide hypnotisée par ceux qui lui font payer (très cher), leurs propres errements, à moins qu’il s’agisse au contraire d’une politique délibérée de destruction de l’Etat-Providence. Quoi qu’il en soit, le résultat est le même. avec une masse sous-éduquée et entretenue dans l’abrutissement généralisé, il n’y a pas d’issue, pour l’heure.

  16. Et si on appliquait les lois existantes ?
    Ça serait il pas une bonne idée qu’elle est bonne ? :

    http://solutions-politiques.over-blog.com/article-le-faux-debat-sur-l-evasion-fiscale-et-les-paradis-fiscaux-39754086-comments.html

    Mais vous n’y pensez pas ma bonne dame…

    « La réalité, c’est qu’on assiste (encore) à une justice à deux vitesses celle pour les petits et celles pour ceux qui dinent à la table des dirigeants, de droite comme de gauche, de ce pays. Qui était à la table de notre Président le soir de sa victoire ? Lisez la liste et tout est dit…  »

    Dans le même genre de ronds de jambe, on voit les 2 partis principaux s’accorder sur une loi anti négationisme des génocide, alors que la France ne reconnait même pas ses propres massacres dans les colonies.

    Tout ça pour faire du racolage actif électoral.

    Comme on dit à Marseille, ils n’ont pas de figure, ce sont des bouches…

    Il faut mettre une bonne partie des politiques à la casse et remettre à plat les dossiers.

    Une grosse purge en perspective.

  17. A François Leclerc et lecteurs de mon papier sur les schémas d’une réforme monétaire.
    Oui, je reste dans le cadre des Etats nations et c’est un peu ce qui me gène dans ma réflexion. Rien ne serait plus triste que d’en revenir aux années 60…
    Pour autant, la même réflexion me fait penser que les Etats sonr une réalité humaine indépassable encore aujourdhui, et sans doute pour très longtemps encore ( voir mes textes sur la nature de l’Etat). Il faut donc continuer à parler d’international tout en essayant de construire un nouvel universel. Et de ce point de vue quelque chose comme l’équilibre des échanges me parait pouvoir devenir une nouvelle conquête pour l’ensemble de l’humanité.
    Vous trouverez sur mon blog beaucoup de reflexions là dessus.
    Dernière chose: vous trouverez dans « Le Monde » de ce soir un communiqué rédigé avec des amis, texte consacré au démantèlement de l’euro.
    Bonnes fêtes de fin d’année à tous.

    1. Hélas, Werrebrouck, je crains que vous n’ayez raison un temps, le temps que tout ne s’écroule.

      En effet, les conditions de l’effondrement sont internes au système actuel, elles sont même ses fondements. Donc, en attendant que le système ne s’écroule, prolongé d’ici-là par quelques replâtrages à 500 milliards d’euros l’unité, vous avez raison : l’horizon des États nations est indépassable et il ne pourra être dépassé qu’après sa disparition. Cela n’augure rien de bon, à moins qu’un sursaut de consciences face à un tel danger n’émerge et n’entame le changement de cadre (le système si vous préférez) avant cette étape qui n’est en rien obligatoire. On a toujours le choix, ne l’oubliez pas.

  18. Je suis un prince arabe…….pensez vous que la valeur de vos billets vont augmenter en insérant du papier cul dans la liasse , seule la hauteur va augmenter , hauteur de laquelle vous allez vous casser la figure.
    Pour ma part je n’ai plus du tout confiance en cette monnaie et je retire toutes mes billes.
    Salut les eurobouzeux.

  19. @politoblog
    Je suis moi-même issu de « la banlieue », avec la DDASS en prime en guise de parents. J’en ai pas tiré les mêmes enseignements (qu’il vaut mieux « faire partie des malins », ou « marcher dessus plutôt que de se faire marcher dessus »). Mon niveau de conscience a finit par se hisser à un niveau légèrement supérieur à celui de l’homme des bois concluant que tout dépend de la taille de sa massue.
    J’espère qu’un jour vous comprendrez que seuls les comportements vertueux et solidaires permettent d’aspirer à une certaine pérennité. Toute autre attitude est condamnée à l’éphémère, et ne peut jamais prétendre à la sérénité.

    1. Hello Mister Bisounours…

      Conclusion, face à la brute avec sa massue, il faudrait tendre l’autre joue ?… C’est peu ou prou la politique (consciente ou non) de la masse. Tenter de faire le dos rond jusqu’à que l’orage passe. ça fonctionne tantôt, mais face au cataclysme à venir, il y aura ceux qui auront su prendre les bonnes décisions à temps et les autres, forcément majoritaires, gavés jusqu’à la gueule de TF1, M6 etc etc etc pour qui le retour à la Réalité va être très très très dur. Que justice soit faite! Quand on abdique, il ne faut pas s’étonner de subir les foudres des plus forts. La lâcheté ou l’ignorance, les deux mêlées le plus souvent ne m’inspirent que du mépris.

      1. Avoir du mépris pour la masse n’est pas très constructif, et de plus assez injuste. Les foules peuvent être éduquées -c’est une question de temps- ou lobotomisées: lorsqu’un jeune prend l’habitude de passer plusieurs heures par jour sur une console à se vider la tête ou à commettre des meurtres, il est évident qu’arrivé à l’âge adulte, sa culture comme son sens critique ne seront pas très développés. Mais c’est la génération précédente qui en porte la responsabilité: collectivement (les pouvoirs publics) et individuellement (les parents).
        Ceci étant, vous avez tort: la masse est toujours la plus forte lorsqu’elle se met en mouvement, toutes les révolutions -comme le printemps arabe- en sont la preuve.
        Et face à la massue, on ne tend l’autre joue que si on est très chrétien. Sinon, on utilise sa tête.
        Gardez à l’esprit que l’espèce humaine n’a pu progresser qu’en poursuivant des utopies, même déçues.
        Le chaos à venir est l’occasion d’en faire naître de nouvelles, il ne faudrait pas s’en priver par défaitisme ou par mépris.

  20. Le refinancement à trois ans de la BCE de mercredi dernier ne semble pas avoir restauré la confiance entre banques…

    ECB Overnight Deposits Reach New 2011 High
    http://online.wsj.com/article/SB10001424052970204552304577115961379797968.html

    When markets are functioning properly, banks only use the facility to the tune of a few hundred million euros overnight. Les dépôts des banques commerciales ont atteint hier €346.99 billion, un record. On peut en conclure que le prêt à trois ans de la BCE n’avait pas pour objet de permettre aux banques commerciales de revenir sur le marché des emprunts d’Etat et que s’il s’agissait de faciliter le fonctionnement de l’interbancaire cela ne fonctionne pas. On dirait qu’il y a là un malaise certain.

    1. Précision. When markets are functioning properly, banks only use the facility to the tune of a few hundred million euros overnight. A comparer à des tirages de l’ordre de 6 ou 7 MiE (prêts à très court terme de la BCE) et non bien sûr aux dépôts évoqués de €346.99 auprès de la BCE.

  21. TINA (there is no alternative) est aujourd’hui l’horizon indépassable pour nos sociétés modernes…les représentants politiques anglo-saxons,européens sont des employés,de vulgaires épiciers chargés de récolter les impayés pour assurer leur survie politique, électorale…et leurs patrons continuent à se goinfrer en toute quiétude à l’abri des regards indiscrets…il n’y a pas de solution…pourquoi vouloir,pourquoi croire qu’il existe une issue positive à l’aventure humaine…cette espèce peut disparaître…et alors…en quoi est-ce grave?….Hum!…sommes nous une espèce supérieure…douée de raison et d’intelligence…allons bon…un peu d’humilité que Diable!…nous sommes démunis…limités dans l’espace et dans le temps…nous sommes de simples passants…oh bien sûr les inégalités sont féroces et immuables…mais cessons de croire à un avenir positif pour « l’Homme »…c’est une illusion…il en est ainsi!
    Certains ont plus de chance que d’autres voilà tout!
    Tout le reste nous échappe!
    Pauvres humains!

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