LE MONDE-ÉCONOMIE, La règle d’or, cette blague de potache, lundi 9 – mardi 10 janvier 2012

La règle d’or, cette blague de potache

Certaines notions élémentaires du calcul économique semblent curieusement étrangères aux dirigeants des nations constituant la zone euro. Ceci les conduit à éroder les principes démocratiques et à précipiter la fin de la monnaie commune.

L’instrument pousse-au-crime est le Pacte de stabilité et de croissance européen exprimant déficit annuel et dette souveraine en termes de points du Produit Intérieur Brut (PIB) et leur fixant des seuils : 3% maximum pour le déficit, 60% pour la dette cumulée.

Or le principe du Pacte, et de la « règle d’or » que l’on en tire, recèle une erreur grossière. Qu’est-ce qu’un budget équilibré ? Un budget où les dépenses n’excèdent pas les recettes. Pourquoi ne pas exprimer alors la santé d’un budget national en ces termes-là ? 102% de dépenses par rapport aux recettes : le pays connaît un déficit de 2% ; 97%, et il s’agit au contraire d’un excédent de 3%.

Pourquoi comparer les pommes des dépenses aux poires du PIB, plutôt que les pommes des dépenses aux pommes des recettes ? Le PIB d’une nation, mesure de sa vitalité économique, serait-il un meilleur substitut de ses recettes que ces recettes elles-mêmes ? Ce serait peut-être le cas si les grandes fortunes n’avaient trouvé le moyen d’éviter l’impôt par l’évasion ou l’« optimisation » fiscale et si les grandes entreprises n’échappaient pas à la fiscalité en tirant parti de législations complaisantes.

Pourquoi l’artifice absurde de comparer les dépenses d’une nation à son PIB plutôt qu’avec ses recettes ? Écoutons ce que dit de son origine, Guy Abeille, le concepteur de l’indice : « La bouée tous usages pour sauvetage du macro-économiste en mal de référence, c’est le PIB : tout commence et tout s’achève avec le PIB, tout ce qui est un peu gros semble pouvoir lui être raisonnablement rapporté. Donc ce sera le ratio déficit sur PIB. Simple, élémentaire même, confirmerait un détective fameux. Avec du déficit sur PIB, on croit tout de suite voir quelque chose de clair ». Et Abeille d’ajouter à propos du seuil de 3% qu’il proposa pour le déficit annuel en points de PIB  : « C’est bien, 3%.  […] 1% serait maigre, et de toute façon insoutenable. […] 2% serait […] inacceptablement contraignant, et donc vain ; et puis, comment dire, on sent que ce chiffre, 2% du PIB, aurait quelque chose de plat, et presque de fabriqué. Tandis que trois est un chiffre solide ; il a derrière lui d’illustres précédents (dont certains qu’on vénère) » (*).

La formule de la règle d’or implique qu’aussitôt que le coupon moyen de la dette souveraine d’une nation dépasse le taux de croissance de son économie, le rapport dette / PIB se dégrade inéluctablement. Or, les politiques d’austérité malavisées des dirigeants européens impactent négativement la croissance, augmentant le risque de dégradation de la notation de la dette souveraine de leur pays, et provoquant l’effet de ciseaux redouté puisque le taux de croissance baisse tandis que les taux exigés par le marché des capitaux pour la dette émise, montent de leur côté.

La règle d’or censée garantir aux États un budget équilibré, que l’Allemagne a eu la naïveté d’inscrire dans sa constitution et tente d’imposer aujourd’hui à ses partenaires européens, n’est – on l’a vu – rien d’autre qu’une blague de potache. C’est en son nom pourtant que l’on malmène aujourd’hui la démocratie en Europe et qu’on assassine sa monnaie commune.

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(*) Guy Abeille, « Pourquoi le déficit à 3% du PIB est une invention 100% française », La Tribune, le 1er octobre 2010

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100 réflexions au sujet de « LE MONDE-ÉCONOMIE, La règle d’or, cette blague de potache, lundi 9 – mardi 10 janvier 2012 »

  1. Bah, yauraika imposer les riches sur leur « PIB » et non sur leur recette, et hop.
    (ou leur PEB : « Produit d’Expoitation Brut(ale) »)

    1. Oui, j’avais lu en son temps l’article où Guy Abeille racontait ses 3% et je n’ai même pas été surprise, ce n’est pas le premier maître étalon complètement bidon en économie avec lequel les politiques pratique la génuflexion.

      sinon petite réflexion , ça fait déjà 2 ans l’article et on pratique maintenant la confession avec la règle d’or…décidément ça va mal ces politiques ne savent plus à quel saint se vouer.

  2. Superbe article ! Bravo !
    J’aime bien quand on prends un sujet préçi et délimité et qu’on l’observe sous toutes ses coutures. C’est plus concret que les textes sur la refondation de la finance qui sont souvent agréables à lire mais un peu flous. Ici on a l’impression de faire un petit pas, mais on est sûr de progresser.
    C’est vraiment bizarre d’avoir pris la metrique dépenses/PIB plutôt que dépenses/recettes. Qu’elle peut en être l’explication (autre que celles super-vaseuses de Guy Abeille) ?

    1. On va légitimer les idioties mises sur papier lors du traité de Maastricht. Et essayer de comprendre Pourquoi 3% et 60% sont les taux qui ont été choisis en 1992. Le pacte de stabilité de Maastricht veillait à ce que le ratio dette/PIB soit stabilisé.
      Hors si l’on considère une croissance de 5% du PIB en prix courants, ce qui peut se décomposer ainsi:
      3% de croissance du PIB (la croissance espérée par tous les pays européens, celle qui assure l’emploi, beaucoup de profits pour les banquiers et autres élites tout en ne mécontentant pas la population, les classes moyennes qui ne grognent plus etc.)
      2% d’inflation : taux pour lequel l’inflation est maîtrisée aux yeux de la BCE et qui rassurent les marchés et les investisseurs.
      Si par ailleurs, la dette se situe à 60% du PIB et le déficit est à 3%, après un rapide calcul, le ratio dette/PIB est grosso modo stabilisé.

      Dans la tête des technocrates européens, il fallait de la croissance, une certaine dose (modérée) de dette et peu d’inflation

      1. Mais non l’albatros, lis le texte croustillant d’Abeille (que j’avais cité et mis en lien début novembre : http://www.pauljorion.com/blog/?p=30752#comment-253244 ). Rien à voir avec Maastricht les 3 % puisque c’est juste Mitterrand qui voulait pour le budget 82 un chiffre magique à balancer sous le nez des quémandeurs ministériels et budgétivores. Réquisitionnés, Abeille et le cousin à Villepin du ministère du budget à Fabius ont sorti fissa leur 3 % du pib de leur chapeau. Pas tout à fait au hasard puisqu’après les 55 milliards de Francs de déficit laissés par Barre et annoncés gravement par Fabulous Fab, ils anticipaient un bon 100 milliards pour le budget 82. Ça devait faire un p’tit 3 % du pib non ? au hasard.

      2. Merci pour l’explication !
        Je me permet de la reprendre et de la mettre sous une forme plus synthetique. Soit:

        Dette_1: la dette à l’année A
        PIB_1: le PIB à l’année A
        Def_1: le deficit à l’année A
        Dette_2: la dette à l’année A+1
        PIB_2: le PIB à l’année A+1

        A l’année A, on a:
        une dette de 60% du PIB: Dette_1 = 0.6*PIB_1
        un deficit de 3% du PIB: Def_1 = 0.03*PIB_1

        la dette de l’année A+1 et la somme de la dette a l’année A + le deficit à l’année A:
        Dette_2 = Dette_1 + Def_1 = 0.63*PIB_1

        Si on a une croissance de 5% de PIB entre l’année A et l’année A+1 on a:
        PIB_2 = 1.05*PIB_1 PIB_2 / 1.05 = PIB_1

        Donc:
        Dette_2 = 0.63*PIB_2 / 1.05 = 0.6*PIB_2
        Donc a l’année A + 1 on a encore une dette de 60% du PIB

        On a donc bien un rapport constant.

      3. @Vigneron

        Oui et non…le ratio dette/PIb est une invention des années 1980. Tout comme le critère de 3%.
        Son institutionnalisation, c’est bien lors du traité de Maastricht en 1992. C’est là qu’on a inventé la règle des 60% du PIB.
        60% était également un bon ratio parce que la France et l’Allemagne en était à 40% tandis que l’Italie était à 125%. Outre le fait qu’il laissait une certaine marge aux deux premiers, ce ratio de 60% devait correspondre grosso modo au ratio moyen des 12.
        Il y a certainement eu une impulsion française pour faire accepter ces ratios, mais il a fallu convaincre les autres pays. Et je maintiens que lorsque la CEE a repris à son compte ces ratios en 1992, ce n’était pas totalement le fruit du hasard, mais correspondait à des objectifs macroéconomiques en phase avec le libéralisme économique que l’on voulait promouvoir.

        Ah si, le ratio dette/PIB a peut-être un avantage purement technique : en économétrie, on préfère toujours manipuler des séries longues stationnarisés. Donc avec une variance plus petite.

      4. Blablatros, le critère de convergence maastrichien des 3 % convergeait strictement avec la « blague de potache » mitterrandienne du binome Abeille-Villepin de dix ans son aînée, point. Le traité n’a fait qu’entériner la purge effectuée entretemps, 13,4 d’inflation en 81, 2,4 en 92 et dernières dévaluations du franc en juin 82 avec le début des plans de rigueur, puis en 83 avec la réévaluation du mark et du florin. Le boulot était fini en 92, sans traité, sans règle d’or constitutionnelle, manquait juste l’€ pour s’endetter soi-disant à moins cher pendant dix ans et en remettant les blagues de potache à leur place, sous les mouchoirs.

      5. @Vigneron

        Mais la construction européenne ne se limite pas qu’à la France et à l’Allemagne.

        Le boulot n’était pas fini en 1992, c’est juste que le médicament néolibéral était au point, on peut dire breveté. La France et l’Allemagne de l’Ouest l’avait testé et ça avait plu à leurs dirigeants. Il fallait l’imposer d’une part à l’Allemagne de l’Est et d’autre part aux pays nouvellement entrés (ceux du Sud) et à ceux qui aspiraient à entrer.
        1991 : L’inflation en Allemagne est de 5,8%, Italie à 5,9% 5,5% en Espagne, 18% en Grèce, 8% au Portugal, 7,2% en Grande-Bretagne…ah oui c’est vrai 3% en France…
        On présente la France comme un pays en retard, qui a du mal à s’adapter alors qu’elle est un pays d’avant-garde…

        Maastricht, c’est la mise en application de la politique de Delors à l’échelle européenne, rien de moins. La rigueur française n’avait pas été appliquée par tout le monde.

      6. @Vigneron

        Il fallait mettre le couvercle et le traité s’en est chargé (le TCE en aurait été le couronnement par acclamation populaire de la foule des crétins, mais finalement il n’y a que prise de pouvoir par la porte de derrière, que les crétins ont laissé faire), de même que de faire en sorte que les conclusions soient totalement incontournables : l’ajustement se fera par le désengagement de l’Etat. L’Europe a joué comme pour le reste son rôle de paravent, permettant aux politiques nationaux de converger rapidement vers l’orthodoxie néolib sans s’engager personnellement (c’est pas nous, c’est l’Union) .L’Europe elle, a pu renvoyer à la subsidiarité pour se laver les mains de la casse sociale. Un mécanisme totalement huilé…

      7. L’inflation de la zone euro était à son maximum historique en juillet 91 à 5 %. Dans la foulée en septembre l’Italie et la RU s’éjectent du SME. L’Allemagne était en pleine digestion de la RDA avec une Bundesbank qui fait grimper les taux réels en Europe à des niveaux records. L’Italie va se fader une méga cure d’austérité accélérée avec les gvts Amato et Ciampi entre 92 et 94, en pleine récession dure et malgré la dévaluation de la Lire…
        Et oui la France avait donné le La derrière la RFA dès juin 82, et pas spécialement Delors, Mauroy le premier, avec Mitterrand bien sûr. Faut quand même voir où en était la France dans son combat contre le « mur de l’argent », malgré la nationalisation des banques, assurances et d’une bonne part de l’industrie, le contrôle des changes, des flux de capitaux, de la BdF, du crédit, de sa monnaie, etc, avec en face les Reagan et Thatcher en majesté, Kohl qui étendait son ombre en Allemagne… dans la nasse la fRance, remise à sa place, de nain hétéronome, sortie de l’Histoire depuis perpète, de la p’tite histoire, un fétu têtu, tout au plus.

      8. @Vigneron

        Je ne vois pas en quoi ça infirme ce que je dis. Maastricht puis la tentative du TCE avait pour but de sceller définitivement les politiques économiques. Quant à la France, c’est bien à la suite des deux premières années de présidence de Mitterrand, marquée par une politique de « rupture » que le violent coup de volant à droite interviendra, sous la pression des « réalistes » (dont la représentation française a toujours été très vive et mobilisée dès après l’application du CNR) et des marchés, déjà (mais la loi de 1973 était passée par là et il fallait bien défaire un peu la France pour construire l’Union, qui serait sociale, si si, promis).

      9. Nics, je n’infirme ni ne confirme ce que tu as pu écrire, ne l’ayant pas même lu, et n’ayant pas plus l’intention de le faire.
        (Le « tournant » – i.e la défaite – de Mitterrand, c’est pas au bout de deux ans, mais de treize mois, juste treize mois…)

      10. @Vigneron

        Je crains que vous ne m’ayez lu. Je ne vous dérange pas plus, chacun sait ici que vous avez le vin mauvais, surtout quand c’est le vôtre. Votre seigneurie…

    2. « C’est vraiment bizarre d’avoir pris la metrique dépenses/PIB plutôt que dépenses/recettes. »

      En fait la différence se situe surtout en ce que d’un coté on utilise la mesure deficit/PIB = (depense-recette)/PIB alors que Mr Jorion propose le mesure depense/recette.

    3. autre ratio qui m »a toujours paru inadéquat; le taux de chomage . Pourquoi mêttre au dénominateur l’ensemble de la population active alors que certains ne peuvent pas être touchés par le chômage ( secteurs protégés, administrations, etc…) …peut-être parce que ce ratio ferait peur ?

  3. >Paul Jorion

    Vous pourriez quand même remercier notre bon timiota de nous avoir dénoué fourni cette excellente (et hilarante!) référence qu’est l’article de Guy Abeille!

    1. si pour son inventeur, il a trouvé là un moyen de se faire connaître et un revenu. comme d’habitude … pourquoi voulez vous que l’homme soit plus exactitude que marketing, oh triple Hélas et non triple A…

  4. M. Jorion : « Ceci les conduit à éroder les principes démocratiques et à précipiter la fin de la monnaie commune. »

    Monnaie « commune » ou monnaie « unique » ? Pardonnez-moi M. Jorion, en économie je suis une chèvre mais j’apprends un peu, petite motte après petite motte. J’avais cru entendre qu’il y avait une nuance entre  » monnaie commune  » et monnaie unique  » – Cela faisait débat au temps du référendum pour Maastrich et ça refait débat en ce moment. Peut-être trouverez-vous ce message ridicule et désuet en ces temps de Bérézina , auquel cas, vous l’enverrai directement à la poubelle….pas la peine qu’il reste. Il est vrai que la monnaie unique est aussi commune d’un certain point de vue …mais…

    (Quand aux pommes et aux poires j’ai compris qu’elles étaient toutes de discorde)…

  5. Monsieur Jorion
    Je ne saurais ajouter quoi que ce soit sur le fond de votre article. J’ai simplement envie de réagir pour la forme car quelque chose de la politique introuvable de Baroso me reste en travers de la gorge. Ce personnage à la volonté débile et aux oeillères sur dimensionnées est incapable d’insuffler quoi que ce soit en temps que président de l’UE. Faut-il s’en féliciter ? Rien n’est moins sûr. J’aurai tendance à identifier cette pâle copie de roi mérovingien à un pantin sans âme installé sur le trône par un petit monde de privilégiés qui ne voulait pas se colleter avec un gouvernement engagé dans une démarche trop indépendante. Les maires du palais mènent logiquement la danse. Madame Merkel ne sera pas Charlemagne mais elle sait défendre son Allemagne. Pendant ce temps nos candidats à l’élection présidentielle inaugurent les chrysanthèmes. La France semble bien partie pour demeurer le ventre mou de l’Europe.

    Pourquoi comparer les pommes des dépenses aux poires du PIB

    Peut-être bien parce qu’on nous prend pour des poires.

  6. Très juste. C’est effectivement drôle de mettre côte à côte les dépenses avec le PIB et non pas avec les recettes.

    Et c’est également drôle de s’être servi du PIB pour mesurer la richesse et le bonheur.

    On se rend compte qu’autant dans les critères d’analyse que dans les solutions, nos gouvernants ne pensent pas tellement et restent ancrés aux vieilles habitudes.

  7. Si on analyse le budget de l’état Français nous avions un déficit (en faisant le ratio dépense sur recette) budgété en 2010 de 55,5% en 2011 (de mémoire) 36,6%; ça fait déjà pas du tout la même chose et les gens peuvent se rendre compte que nous allons droit dans le mûr. Nota: le budget est annoncé chaque année avec nos feuilles d’impôts (avec le beau camembert des dépenses qui va avec) Les politiques peuvent donc dirent que les Français étaient au courant (il n’ y a qu’ à faire une division). La raison donnée pour parler de dette en fonction du PIB est la capacité du pays à rembourser sa dette, soit je veux bien. Mais regardons par exemple la Grèce : au moment où le pays a commencé à être en crise (à cause de la dette) 320 Milliards d’euros Grecque se sont réfugiés en Suisse, soit beaucoup plus que la dette du pays. Moralité : 1- la capacité du pays à rembourser la dette n’y est plus. 2- pendant des années on nous a dit qu’il ne fallait pas imposer les riches parce qu’ils partiraient, et au moment où le pays a besoin d’eux, ils s’en vont ou planquent leurs frics.

  8. Plus l’économie va mal et plus il leur est facile de nous imposer leurs purges démocratiques et sociales.La stratégie du choc……

    1. Exact. Le livre de Naomi Klein, auquel vous faites sans doute référence, explique très bien ça. La crise des États, c’est le bonheur pour imposer les réformes néolibérales. On coupe, on privatise, on fait peur à la population, etc.

  9. C’est très bien vu!
    Tant que les dépenses dépassent les recettes, la dette augmente, quel que soit la croissance du PIB.
    En rapportant le déficit au PIB, on maintient, en cas de croissance de 3%, l’endettement au même taux que l’année précédente si, et seulement si le déficit reste à 3% (du PIB de l’année).
    En cas de croissance moindre, le déficit devra être moindre, sinon, la dette/PIB augmente fatalement.
    Elémentaire, mon cher…

  10. En ce qui concerne la règle d’or inscrite dans la constitution allemande, c’est une foutaise assez dangereuse, en tout cas avec la monnaie telle qu’elle est faite.
    Cela ne fonctionnerait qu’en régime SMT.

    1. On s’en contrefout de la règle d’or constitutionnalisée. C’est du vent, du ravalement constitutionnel à niveau de marché, une dernière cartouche politique à blanc en guise de prétendue charge creuse contre le mur de dette publique. Un Traité européen vaut largement un article tardif et opportuniste autant qu’inopportun, non ? Et quoi ?

      1. La consitutionnalisation de la règle d’or est un dévoiement inacceptable en ce qu’il instrumentalise le droit national d’une manière qui laisserait à penser aux peuples que sur le sujet des déficits publics des Etats membres, les ordres juridiques internes primeraient sur les Traités européens.

  11. La bourse d’Athènes a perdu 9/10ème de sa valeur, actuellement vers 260, par rapport au plus haut, vers 2800, en octobre 2007.
    Les entreprises font faillite en série, les banques n’encaissent plus rien, l’état n’a plus le sou malgré une pression fiscale sur ce qu’il reste de classes moyennes plus importante qu’en France.
    On ne peut pas dire que l’obligation d’équilibre imposée de l’extérieur porte de beaux fruits.
    Ce n’est guère différent au Portugal et en Irlande, et on commence à en voir pousser aussi en Espagne, Italie, France…
    Les 3%/60% c’est à peu près comme imposer à un mourant de se lever et marcher pour prouver qu’il n’est pas mort.

  12. Je ne sais plus si on en a déjà parlé sur ce blog, mais selon le quotidien allemand Handelsblatt du 23 septembre 2011, la dette de l’Allemagne n’est pas de 2000 milliards d’euros. Elle est en réalité de 7000 milliards (+5000 !!)

    On peut trouver le lien du Handelsblatt sur le site de Marianne.fr.
    Je crois que l’article est en entier sur le site allemand mais comme je n’y comprends rien à l’allemand…

    1. http://www.marianne2.fr/Merkel-la-femme-qui-valait-5-000-milliards-de-dette-publique_a211138.html

      Désignée comme un exemple de rigueur, le modèle allemand commence à susciter de sérieux doutes jusque dans la presse économique allemande de référence. Dans un dossier, complètement ignoré par la presse internationale, le quotidien économique Handelsblatt révèle Le grand mensonge économique allemand: la dette publique du pays annoncée à 2.000 milliards d’euros serait, en projection, beaucoup plus proche des 7.000 milliards d’euros.

      1. Arrête les conneries Lisztfr, une dette Maastricht c’est une dette Maastricht, pas une dette calculée à la Pèbereau avec toutes les retraites et les trous de sécu et tutti quanti à valoir sur un siècle ou deux, merde !

      2. @vigneron

        De toute façon c’est trop vague comme info…. cf les différentes caisses de retraites en RFA,

        Mon grand père disait : ils sont pas c*** les boches (à cette époque ça n’était pas une insulte !) 🙂

  13. Je ne crois pas que l’Allemagne (résumons, ceux qui la dirigent) ait jamais été naïve. Quant à nos élites européennes, elles savent parfaitement que si elles arrivent à faire avaler un truc aussi invraisemblable et neu-neu que la règle d’or, tout le reste passera en trombe. La seule chose qui ressemble désormais à une blague de potache, c’est le nom même de démocratie

  14. Au journal TV de la TSR, on apprend qu’1 allemand sur 3 pense que l’euro ne survivra pas à la crise.
    On apprend aussi qu’une cinquantaine de monnaies locales ou régionales ont été crées (c’est légal là-bas?!) car les gens n’ont plus confiance dans l’euro (ex: le chiemgauer en Bavière).

    La dernière fois qu’ils ont créé des monnaies autres que l’officielle, c’était pour éviter les effets de l’hyperinflation de 1923 car plus personne ne voulait trimbaler des kilos de marks ne valant plus rien.
    C’est bon signe, on va dans le mur encore plus vite que prévu.

    1. @fnur
      Excellent graphique.
      Je pense que vous êtes dans le vrai, la finance et tout le bazar européen, un certain nombre d’industriels Allemands, et probablement pas des moindres, s’en battent l’oeil.
      Il faut bien garder à l’esprit que l’Allemagne est un leader incontesté des biens d’équipements industriels, pendant un grand moment, ils ont eu l’Europe comme terrain de jeu et maintenant à leur place aussi, je ne parierai pas une drachme sur l’investissement industriel en Europe, alors l’Euro……
      Et nous en France, qu’est qu’on exporte ? qqs avions, qqs armes, pour les voitures, ça a déjà du s’inverser, des centrales nucléaires ..mouais..?, Ah j’oubliais, du vin et du roquefort.
      En bref, si on quitte l’euro on se prend + 30 % sur la facture énergétique en qqs jours sans pouvoir les payer par l’export, certes nous serons potentiellement compétitifs mais ????
      Alors évidement, c’est pas facile de marcher d’un même pas.

      1. Je me pose ce type de question, d’autant plus que j’y vis, mieux qu’en France, et qu’en plus je participe à sa stratégie industrielle, avec plutôt du succès pour le moment. Ça tombe à grands flots généreux.
        Pourtant je ne me foule pas beaucoup, je chope juste les opportunités qui passent à portée de main, comme on attrape les mouches un jour d’été pour se distraire. Il y a des moments de grâce parfois. Je crois bien en avoir attrapé un de nouveau aujourd’hui, j’attends de voir pour me renseigner…

        Ça me change de la France, où je croupissais depuis des années à subir des chefaillons, sous les corporatismes du MEDEF ou autres improductifs et la guerre civile inter citoyens français, ses salariés à l’échine pliée, sa justice foireuse.

        Il se trouve aussi que l’Allemagne pose ses pions sur toute la planète via des missions d’experts très coordonnés pour des mises en place de normes juridiques, au regard desquels le quai d’Orsay et ses postes d’expansion économique sont du bricolage alternatif.

        D’un côté une méthode et la confiance, et de l’autre le binz des VRP multicartes diplomatiques.

        Pour info, les sociétés exportatrices allemandes ne s’inquiètent pas tant d’une sortie de l’euro.

        Évidemment, ça va choquer les prévisionnistes de l’apocalypse.

      2. la guerre civile inter citoyens français

        …oh combien vrai ! …qu’on retrouve aussi en caricature sur ce blog, parfois.
        C’est l’une des raisons qui m’ont fait m’installer dans le pays du consensus (étouffant, pour le coup) et du soleil levant.

      3. @fnur
        Chaque pays en Europe a plus ou moins sa stratégie, ou pour certains, son absence de stratégie;

        -En GB, préserver la City.(Simple et lisible)

        -En Allemagne, on l’a vu, l’industrie et l’export.(simple et lisible aussi)

        -En Espagne, à part au Pays Basque, où ils se voient comme des Allemands, après la Movida, et l’euro à gogo, (ce qui a donné des choses très sympathiques) c’est un peu la gueule de bois. (On attend de voir, mais.. peu d’espoir sauf du coté des indignados, mais ça reste un peu light)

        -En Italie, je connais moins, ils ont toujours une industrie forte et un certain « art de vivre » mais la stratégie du pays me semble plutôt faite du coté de Naples et de la Sicile, la nomination de Monti correspondant simplement à l’élévation du statut de ces « honorables » sociètés. (De la corruption active à la haute finance, le chemin n’est pas trop ardu).

        -En France c’est plus compliqué, tout est stratifié, immobile et géré par des coorporations immuables: le MEDEF, les syndicats, les corps d’état, les franc-mac (enfin,.. ceux qui le croient encore), la stratégie de chacun est claire: « garder son pouvoir », la stratégie d’ensemble qui en résulte, c’est « surtout, on bouge pas » et pour donner le change, on parle encore et encore.

        Si j’ai un peu raison, un conseil européen, ça doit être assez tordant .

        Je parle des zelites, les autres, AMHA ont les mêmes besoins,les mêmes joies, les mêmes peines d’un pays à l’autre mais ils sont tout de même plus ou moins influencés par leurs zélites à eux, et c’est pour ça qu’on a fini parfois, dans un lointain passé, par se foutre sur la gueule.

  15. Le bond soudain du crédit à la consommation aux Etats-Unis n’est-il pas un nouveau danger plus qu’une bonne nouvelle ?

  16. il faut penser en lacanien , regle d’or = golden rule = l’or régne … la plupart des acronymes militaires et commerciaux fonctionnent sur le jeu de mots , la private joke ou la recursivité …

    1. Tant qu’à inverser les rôles, (@psudocyclique /lacan) passons de la règle d’or à la monnaie de singe.
      Aujourd’hui, ce n’est plus le Pont-neuf qu’ils veulent passer en nous faisant leur numéro, ils veulent sécuriser leur ghetto encore quelques temps pour y vivre de nos moyens

  17. Amha, ils se référent au PIB plutôt qu’aux recettes parce que le but du jeu n’est pas d’équilibrer les recettes avec les dépenses (ça ce n’est pas intéressant) mais de faire en sorte que l’Etat reste solvable avec cette règle d’or pour rembourser les intérets de sa dette et continuer à emprunter..

  18. Pourquoi personne ne parle jamais de la règle d’OR telle qu’elle a été édictée ???

    J’ai rêvé ou bien c’est 60% de dette, 3% du PIB de déficit ET 5% de croissance du PIB
    Parce que avec 5% de croissance et 3% de déficit, alors la dette reste à 60% du PIB l’année suivante et on a donc un équilibre perpétuel …
    et la, a règle prends tout son sens.

    1. C’est ce qui est écrit dans les critères de maastricht ! c’est pas moi qui l’invente.

      De plus, la croissance de 5% n’est nécessaire qu’en cas de déficit et de dette élevée … sinon, on n’est pas obligé de faire du déficit a 3% systématiquement. On peut alors se contenter d’une croissance moindre.

  19. Franchement, vous connaissez beaucoup d’entreprises qui raisonnent en terme de « déficit autorisé » ?
    Aucune entreprise, aucune famille ne peut vivre longtemps si elle ne gagne pas plus d’argent qu’elle n’en dépense. Vendre les bijoux de famille permet de prolonger l’agonie, mais la fin est inéluctable.
    C’est pourquoi je n’arrive pas à comprendre le raisonnement (s’il y en a un !) qui sous-tend la « règle d’or ». Les seuls qui semblent profiter de cette règle sont les prêteurs.

  20. Tout le monde va repartir dans ces cages à lapin travailler…. 8h/j.

    Dans ces bureaux d’immeubles en verre, même si le travail est intéressant et dynamisant, il bouffe la vie… le temps.

    Dans vos viviers, dans vos étangs,
    Carpes, que vous vivez longtemps !

    … et dans vos bureaux,
    comme vous vous morfondez
    au bout de 20 années…
    Vous voudriez faire autre chose
    mais ce n’est pas possible.

    étiez vous vraiment né(e)s
    Pour remplir du papier,
    Diverses paperasses
    en buvant du Lavazz…

    Bref.

  21. Votre raccourci est un peu sévère, Paul. Les 3% et 60% de Maastricht ne résultent pas d’une saillie de potache mais d’un calcul : ce sont les limites au-delà desquelles le « modèle » utilisé (assorti des conditions de taux d’intérêt et de croissance de l’époque) prédit que le redressement des comptes nationaux devient problématique (ce qui, du reste, n’est pas contestable : la preuve 🙂 ). Mais ça ne modifie pas la pertinence de votre critique : le solde budgétaire (le résultat d’exploitation) n’est pas comparé aux recettes fiscales mais au PIB (le chiffre d’affaires du pays et non celui du Trésor). Un sophisme qui, accessoirement, traduit l’outrecuidance des technocrates qui ont étalonné le modèle : ils ont raisonné comme si le Gouvernement avait la libre disposition de la totalité de la richesse produite par le pays.

    1. L’Allemagne emprunte à taux négatifs, tu parles d’une affaire ! Z’avez vu les USA leurs taux réels sur les Bills ou les Bonds avec une inflation IPC. à 3,4 % pour 2011 contre 2,7 pour la France ou l’Allemagne ? Et le RU avec ses 6,8 d’inflation ??? Vais vous dire, les taux réels qui font mal, hors les pays dégradés par les agences et étouffés par l’austérité bien sûr, c’est les taux payés par le Japon à ses banques et ses épargnants nationaux, aussi faibles soient-ils en nominal à court ou long terme, avec une déflation de – 0,5 % en 2011, un taux d’endettement public de près de 200 % et une croissance en berne…

      1. … »croissance en berne »… vous prenez décidément vos désirs pour des réalités ! Si le PIB a bien baissé à T1/T2-2011 (effet Fuku), la reprise est nette depuis T3, avec un rebond des exportations et une petite reprise de la consommation (mieux qu’ailleurs..). Prévisions 2012 de croissance (BOJ, etc.) de 2% à 2,4%. Déflation conjoncturelle en 2011 mais stabilité voire très légère inflation en 2012-2014. Chômage contenu à …4,6% ; même si la définition en est presque aussi laxiste qu’aux USA, c’est tout de même enviable ! La dette publique est énorme (plutôt 220% PIB que 200) mais contenue en interne (à 95%) et les taux d’intérêt sont très bas (plus bas que les USA et, à 1% pour l’emprunt à 10 ans, proche de la Suisse).
        Ce pays reste, de loin, la 3e puissance économique mondiale, juste derrière la Chine. Son principal problème, AVANT le déficit public : la chute du dollar et l’incertitude sur les marchés européens. Heureusement que son principal partenaire est maintenant la Chine (l’écart se creuse avec les USA) et, d’une manière générale, toute la zone en forte expansion Chine-Asean-Inde/Moyen-Orient avec de fortes perspectives d’exportations et de complémentarité de productions. Last but not least, le dollar s’éclipse dans ses échanges, notamment avec la Chine… découplage et repositionnement en cours sur sa zone : le Japon a un bien meilleur avenir industriel, économique et financier que l’anglosphère !

      2. @ Nerima-kun

        Ce que le Japon exporte le mieux c’est la radio-activité ; le marché mondial va être vite fait bien fait saturé ; le Soleil Levant va bientôt voir le soleil se coucher.

      3. Je ne suis pas spécialement en défense-illustration du Japon, dont le gouvernement et les technocrates ont révélé leur duplicité criminelle dans l’Affaire Fuku , mais vous oubliez quand même un peu vite la formidable puissance de l’économie japonaise et de ses exportations, qui repartent (automobiles et écrans plats, notamment).
        S’il y a un soleil qui se couche actuellement, c’est celui de l’énergie nucléaire : il n’y a plus que 6 réacteurs en service sur 54 et il y en aura 0 à la fin de l’année. Très peu seront remis en activité, peut-être même, tant l’opinion a massivement et durablement basculé. C’est une sortie du nucléaire extraordinaire. Il y aura fallu la tragédie, toujours en cours, c’est vrai, de Fukushima.

  22. Choisir comme l’indicateur de la santé économique le ratio « dépenses/PIB » est une malhonnêteté.

    Mais emprunter à des taux fixés par les établissements financiers privés, de sorte qu’avec les intérêts le roulement de la dette augmente sans cesse le poids de la dette, c’est également une malhonnêteté.

    Dépenser plus que ses recettes est également une malhonnêteté.

    Endetter les générations futures sans qu’elles aient la possibilité de récuser la dette reçue en héritage est également une malhonnêteté.

  23. Quant à l’inscription de cette règle d’or dans la constitution, pourquoi pas? Les principes de Liberté, d’Egalité et de Fraternité y sont bien déjà inscrits. On voit en quoi cela engage nos gouvernants.

  24. Mesurer la dette publique par rapport au PIB est en effet un hérésie et c’est encore plus une hérésie quand on se rend compte que le calcul du PIB constitue une mesure archaïque le la richesse d’un pays; je vous passe rapidement les exemples habituels: les accidents de la route ou autres, font augmenter le PIB : plus d’échanges marchands. Produire des tomates en Charente pour les vendre sur la Côte d’Azur crée plus de richesse que produire la même quantité de tomates sur place avec le soleil local: le transport des dites tomates entre dans le PIB… Ainsi un accident d’un camion transportant des tomates de Nice vers Angoulème et un camion transportant des tomates de la région de la Rochelle vers Nice créée une plus grosse contribution au PIB français: pensez donc : deux transports et un accident 🙂 Exemple tiré d’un fait divers relatant une accident entre deux camions : l’un transportant des tomates d’Espagne vers la Hollande et l’autre des tomates de Hollande vers l’Espagne…

    Au fait on semble oublier une autres mesure imparfaite de la richesse d’un pays: le Revenu National Brut qui inclut la création de richesses hors du pays par les « nationaux » du pays (excusez moi si ma définition est approximative ça remonte à très loin dans mes études en Eéconomie, à la fac de Nice…

    Pour revenir à la dette publique la règle d’or prive tout gouvernement de pouvoir recourir à la dette publique en cas de nécessité par exemple pour faire une politique Keynésienne. Mais il est bien évident que des Néolibéraux « fondamentalistes » ne voient aucun problème à ce qu’un état se prive d’un instrument d’intervention économique, intervention qui selon eux ne peut être que désastreuse: « Markets know best »…

    J’avais proposé un raccourci en faisant une analogie avec la publicité sur les risques avec les excès d’antibiotiques :

    La dette publique, comme les antibiotiques c’est utile mais pas automatique…

    Enfin je suis pour une politique de rigueur, mais en prenant ce mot dans son véritable sens: être rigoureux dans les raisonnements qui étayent les décisions budgétaires, ce que les politiques de restrictions budgétaires dogmatiques actuelles ne sont pas: les gouvernements se contentant de faire des coupes claires dans tous les budgets sans discrimination sur la nature des dépenses encourues.

    Bien cordialement, et à nouveau merci à Paul Jorion pour ses contributions à son blog. Merci aussi à toutes et tous qui assurent la maintenance continue de ce blog.

    1. … le Revenu National Brut qui inclut la création de richesses hors du pays par les « nationaux » du pays …

      Selon Wikipedia, il s’agirait de « la somme des revenus (salaires et revenus financiers) perçus, pendant une période donnée, par les agents économiques résidant sur le territoire. »

      Je l’ai déjà indiqué ici, mais ce qui me choque le plus dans le calcul du PIB, c’est qu’on ajoute à la somme des valeurs ajoutées effectuées dans le pays, la masse salariale des fonctionnaires. En effet, ces derniers ont déjà été comptés une fois sous une autre forme, sous celle d’impôts (inclus dans la somme des valeurs ajoutées). Je n’arrive pas à comprendre. De plus, est-ce calculé de la même manière dans les autres pays (= les résultats sont-ils comparables? Sans même parler de parité de pouvoir d’achat…)?

      Et comparer le déficit public à cette chose que l’on appelle PIB dont en plus le mode de calcul, à plus d’un titre, est discutable, est assez étonnant.Ne serait-ce pas parce que l’on a une vision « globalisante », considérant que tout appartient dans l’absolu « à la nation »? Pour ne pas dire: « franchouillarde »…

      Cordialement

    2. « Produire des tomates en Charente pour les vendre sur la Côte d’Azur crée plus de richesse que produire la même quantité de tomates sur place avec le soleil local: le transport des dites tomates entre dans le PIB… »

      Vous êtes certain ? Moi pas puisque transportées ou pas le prix de vente est le même.

      Supposons que des tomates soient produites à un endroit X et vendus à un endroit X (production locale) à 3 € le kg au consommateur final… et bien elles sont vendues 3 €…

      Elles entrent en compétition avec des tomates produites à un endroit Y et vendus donc à un lieu X et prése,tes sur le marché à 2.50 €. Et bien transportées ou pas elles ne seront qu’à 2.50 €…

      Si elles étaient à 3 € et bien transportées (cout du transport inclus) elles seraient à 3 €, si le prix de vente s’aligne sur la production locale (déficit de production sur la zone) alors l’impact est nul sur le PIB que ce soit en volume ou en valeur.

      Conclusion : transporter des tomates d’une endroit Y à X (faire du commerce) fait baisser le PIB en valeur mais pas en volume (à vente égale) si le prix de vente final à X de la production Y est inférieur à ce qu’est capable de fournir en terme de prix la production locale.

    3. « Produire des tomates en Charente pour les vendre sur la Côte d’Azur crée plus de richesse que produire la même quantité de tomates sur place avec le soleil local: le transport des dites tomates entre dans le PIB… »
      ———–
      Allons plus loin, une tomate hors sol (goutte à goutte N P K sur laine de roche) n’est pas le même produit qu’une tomate maraîchère amendement biologique.
      Ca se constate facilement par le caractère insipide de la première, caractéristisque de carences en certaines vitamines et oligo éléments.
      Si on comparait une Mercédès normale, avec une autre à moteur de 2 CV, on parlerait de tromperie de l’apparence.

      La comparaison évolution du PIB tomate sur 50 ans, par exemple, est donc fallacieuse.
      On peut en dire autant des oeufs, pommes, pain, jambon, poulet etc (pour les plus criants).

      (idem nombreuses tomates dites bio)

      Delphin économiste terre à terre malicieux

    4. @ Paul Tréhin 10 janvier 2012 à 10:16

      Mesurer la dette publique par rapport au PIB est en effet un hérésie et c’est encore plus une hérésie quand on se rend compte que le calcul du PIB constitue une mesure archaïque le la richesse d’un pays; je vous passe rapidement les exemples habituels: les accidents de la route ou autres, font augmenter le PIB : plus d’échanges marchands. Produire des tomates en Charente pour les vendre sur la Côte d’Azur crée plus de richesse que produire la même quantité de tomates sur place avec le soleil local: le transport des dites tomates entre dans le PIB…

      Comment ne pas vous donner mille fois raison. Mais comment, corrélativement, ne pas condamner nos dirigeants, quels que soient leurs convictions et affichages politiques, qui ont laissé s’installer cette hérésie ?

      Ont-ils été ignares à ce point en économie pour laisser leurs assistants spécialisés dans ce domaine, concocter d’aussi stupides formules de réglage et de pilotage du moteur essentiel à la bonne marche d’un pays , d’un ensemble de pays, d’une communauté européenne entière, même ?

      Mais il y a bien pire que cela. On peut être nommé Président de République, et même Ministre de l’Economie sans être expert en tout, quoiqu’il y ait des limites à l’incompétence admissible. Admettons même que pour vivre et survivre en politique on soit amené à ne pas trop s’embarrasser avec la rigueur, la logique et la rationalité dans le traitement des affaires, l’essentiel étant d’être élu et réélu.

      On peut même comprendre que ce Monsieur Guy Abeille, qui se qualifie lui-même de mercenaire en poste de 1977 à 1982 à la Direction du Budget, n’ait fait qu’élaborer des indicateurs pour qu’ils collent aux demandes qui lui étaient faites, et que vu son statut fragile, il n’ait pas réagi en soulignant le caractère pernicieux de ces instruments de pilotage.

      Mais que penser des hauts fonctionnaires titulaires, spécialistes en économie, qui, à la Direction du Budget comme ailleurs, ne risquaient pas d’être mis au chômage s’ils s’étaient manifestés pour dénoncer une telle ineptie ? N’est-ce pas là que se trouvent les plus grands coupables qui passent toute une vie, retraite comprise, aux frais de l’Etat c’est-à-dire des contribuables, ces véritables larbins d’un système qui ne profite qu’à certains et pas uniquement aux grandes fortunes souvent placées en ligne mire, comme boucs émissaires, si faciles à condamner.

      Nos partenaires européens ou autres ont du bien rire de nous avec de tels instruments de contrôle.
      On comprend pourquoi certains n’aient pas voulu s’engager dans l’€uro, mis sous contrôle par des moyens aussi peu adaptés à une bonne maîtrise de son pilotage et à l’assurance de sa pérennité.

      Mais ce qui nous arrive au plan économique, nous touche aussi dans d’autres domaines : santé, lute contre les fraudes et les abus, justice, éducation etc…. où il n’y a jamais de responsables, ce qui permet de perpétuer le laxisme comme mode de gestion et, de déclassement collectif assuré.

      Qui mettra un coup d’arrêt à ce manque généralisé, de conscience professionnelle et de sens de la responsabilité personnelle ?

  25. En ce qui concerne le prêt à intérêt négatif fait à l’Allemagne par les investisseurs; il montre combien les incertitudes, dont j’ai parlé par ailleurs, plombent les comportements des dits investisseurs. Le niveau d’incertitude sur les marchés est tel que les investisseurs préfèrent anticiper une petite perte que de risquer une grosse perte avec un investissement réel, même si cet investissement réel avait une petite chance d’apporter un profit (je me fais bien entendu ici, l’avocat du diable…)

    Paul

    1. Ah bon ? Parce qu’en achetant et en foutant dans leurs bilans du bund, du bond ou, mieux encore, de l’OAT à prix d’or et rendement négatif nos zinvestisseurs ne prendraient décidément aucun risque ? Wunderbar, marvelous, merveilleux… Capitalism is magic.

  26. Si quelqu’un est assez informé de l’origine véritable du principe dépense/PIB en lieu et place de dépense/recette, j’aimerais être éclairé là-dessus.
    J’avais cru comprendre que la décision avait été prise après la guerre, en 45 ; genre on n’a pas de recette pour le moment, mais on a des dépenses et on ne peut les comparer qu’à notre potentiel de richesse à venir…
    Bref, je n’en sais pas plus et je m’en désole.

  27. Finalement le déficit de l’État ne traduit que son besoin de financement sur l’année écoulée.
    Plus généralement la dette, c’est le cumul des déficits.
    SI l’on cherche un ratio cohérent, il faudrait comparer ce besoin de financement, et plus globalement la dette, aux actifs financiers et non financiers (que je qualifierais de patrimoine brut)des administrations publiques qui s’élevait en 2010 à 2542,1Md€.
    La dette totale de la France (qui est strictement financière) était fin 2010 de 2024,8 Md€ (différent de la dette de Maastricht car elle est en valeur de marché, qu’elle prend en compte les provisions-comptes à payer, les produits dérivés…), donc on a un endettement à hauteur de 80% du patrimoine brut de l’État. Ou encore un patrimoine net de 517,3 Md€.

  28. A propos du PIB: ne pas oublier la notion de parité de pouvoir d’achat.

    Un exemple?

    En nominal (sans en tenir compte), pour 2010, la France a le 5ème PIB mondial, et l’Allemagne, le 4ème.

    En parité de pouvoir d’achat, la France a le 9ème PIB mondial, et l’Allemagne le 5ème…

    Conclusion? Problème de pouvoir d’achat en France. Vous me direz: on le savait!

    (source: Wikipédia )

    1. Le problème viendrait donc des prix, comme c’est bizarre…

      Je croyais que l’on vivait dans une société en France où le gentil commerçant essayait de faire profiter son client du meilleur prix…

      A moins que le problème vienne des taxes (il faut bien payer nos trop peu nombreux fonctionnaires et nos brillants élus et responsables politiques)… taxes qui se répercutent sur le prix…

      1. Rien à ajouter

        Ah si, peut-être: allez-en parler à Leclerc, du mode de fonctionnement de la grande-distribution… 🙂

        Et que l’immobilier compte dans le budget des ménages pour de l’ordre de 30% en moyenne en France, contre 20% en moyenne chez les Allemands. Et je n’ai pas vraiment l’impression qu’on soit plus mal logé en Allemagne, qu’en France…

    2. Ah ça, ça coule de source comme dit l’autre… Quand l’augmentation du pouvoir d’achat est de 13 % inférieure à la croissance depuis 1975, avec + 2 % par an pour une croissance annuelle moyenne boostée à la dette de 2,3 %, ça finit par se voir…

  29. Finalement, quelqu’un est il capable de formuler, c’est à dire de quantifier, la différence entre les recettes de l’Etat et le PIB ?

  30. Hors-sujet, mais bon…

    « Très proche du président Nicolas Sarkozy, Claude Guéant prône à la fois la lutte contre l’immigration illégale, mais aussi une diminution de l’immigration légale.

    Il a ainsi annoncé qu’il voulait revenir à 150.000 entrées d’étrangers en situation régulière en France, comme c’était le cas dans les années 1990, avant ce qu’il a qualifié de perte de contrôle de la politique migratoire. »

    http://www.romandie.com/news/n/_France_forte_hausse_du_nombre_d_expulsions_d_etrangers_en_2011100120121201.asp

    Je trouve cela hallucinant: vouloir limiter l’immigration en situation régulière. Mais bon: je suis peut-être à côté de la plaque! Ou alors, c’est du populisme, plus ou moins pré-électoraliste. Ou alors de la simple c…

    Un simple exemple (parmi bien d’autres cas…)? Paul, qui est Belge, et qui vit en Bretagne. On va le lui interdire? De plus, qu’aura-t-on à y gagner?

    Et l’espace Schengen, qu’en fait-on? On s’assoie sur les engagements que l’on a pris?

      1. Certes. ===> Donc: quel nullité, la politique (telle qu’elle semble être pratiquée par certains)! Pour rester poli…

        C’est vraiment à 2 balles, comme stratégie.

  31. Blague de potache, pour certains. Pour d’autre le rire est plus jaune… mais ils n’ont même pas l’internet, ni ne savent ce qu’est un blog. Ni ne savent taper des lettres, suivre l’orthographe, ni parler français correctement….

    J’aimerais bien que ceux qui décrètent la rigueur regardent un peu « en bas »et fréquentent un peu le peuple. Il y en a qui vivent avec 4,30 e par jour pour se nourrir et s’habiller. Et n’ont pas de famille derrière…. 4 euros et surtout les 30 cents qui ne sont pas à négliger… et le loyer prend 560E.

    Tout ça est inadmissible !

    La condition que l’ont fait vivre aux gens…. et les autres qui sont en esclavage 152 semaines par ans et 35 h par semaine dans des cages à lapin à s’abrutir toute leur vie comme si le monde n’existait pas au dehors… comme s’ils étaient venu sur terre pour habiter dans un bureau. Ou est la différence, c’est une prison, avec liberté de mouvement. Mais ils ne voient même plus les barreaux de leur cage pour paraphraser Rilke.

  32. tout cela n’a qu’un objectif : faire peur, utiliser la crise pour détruire la protection sociale

    détruire tout ce qui a voir avec la défense collective contre les alléas de la vie.

    les élites et leurs larbins contre les peuples

    leur vrai idéal : marche ou crève, la loi du plus fort, les saigneurs !

    parce qu’ils le valent bien …………

  33. C’est logique. Je n’ai jamais rien compris au ratio dette/PIB.
    Merci Paul Jorion, je ne suis pas le seul!
    Bien entendu ce qui compte c’est le déficit. Le ratio dette/recette d’un état.
    Comme pour n’importe quelle entreprise. Meme si l’Etat ne devrait pas etre une entreprise, mais depuis l’interdiction faite aux banques centrales de preter directement aux états…
    Ouf, l’intelligence est sauve.
    Reste aux autres d’observer le délire mézozoique des marchés dinosauriens…

  34. « La formule de la règle d’or implique qu’aussitôt que le coupon moyen de la dette souveraine d’une nation dépasse le taux de croissance de son économie, le rapport dette / PIB se dégrade inéluctablement. »
    Je ne comprends pas cette affirmation?
    Qu’est-ce qui empêche de faire baisser la dette en proportion suffisante pour que le ratio dette/PIB s’améliore?

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