L’actualité de la crise : ON FERME ! par François Leclerc

Billet invité

Un grand coup d’arrêt aux bricolages vient d’être donné. La perte de la note AAA de la France est lourde de conséquences, car si elle devait entrainer une dégradation de la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF), dont la France représente 20 %, tout le fragile dispositif financier des plans de sauvetage européens actuels et à venir en serait par terre.

Le FESF ne pourrait plus se financer aux mêmes conditions favorables sur le marché et prêter à des taux préférentiels aux pays en difficulté. Le futur Mécanisme Européen de Stabilité (MES), qui est destiné à prendre le relais et dont le montage financier est de même nature, rencontrerait les mêmes obstacles s’il n’obtenait pas à son tour cette note.

L’ensemble du dispositif mis péniblement sur pied, et dont il est déjà reconnu qu’il ne permettrait pas de faire face à une détérioration accrue de la situation européenne, est en cause. Seul le FMI, selon un nouveau montage en préfabriqué, peut désormais venir à la rescousse, à condition que son propre financement soit réuni, ce qui n’est pas aujourd’hui le cas.

La simultanéité de cette dégradation et de la brusque suspension des négociations sur la restructuration de la dette grecque crée une situation de crise qui s’annonce aiguë.

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148 réflexions sur « L’actualité de la crise : ON FERME ! par François Leclerc »

    1. C’est vrai, vous avez raison: Sarko n’y est pour rien, lui qui dirige si bien ce pays depuis 10 ans. Tout est de la faute des 35 heures, de mitterand, de blum ,de jaures…..
      un quinquennat: 500 mds pour les dettes et un million de chômeurs en plus.
      10 ans de gestion sarko: doublement des dettes!! quelles performances !! Non, non, vous ne rêvez pas. Un conseil, écoutez: http://www.youtube.com/watch?v=gznDOMKeWkA

    2. Mais que suis-je bête !
      Comment ai-je pu penser un seul instant que le régime de Hollande était destiné à lui donner une image « dynamique » et « agressive » face à Sarko ?
      Mais non, Hollande et ses joues creusées personnifient la rigueur à venir, l’inéluctable austérité, le sacrifice indispensable, et c’est bien le candidat socialiste qui montre l’exemple, en leader responsable. Face à l’hédoniste Sarko, ses Fouquet’s et ses Carla, Hollande joue la seule carte que les socialos estiment avoir encore face à l’UMP, celle de la Morale avec un grand M, de la Responsabilité avec un grand R, à défaut de la réforme économique.
      Peuple de France, votez socialos, ils vous b…..ont comme l’UMP, mais avec bonne conscience.

  1. Parfois, je me dis que le fait de ne rien comprendre est utile .
    Quand on entend qu’un pays a réussi à lever quelques 9 ou 10 milliards sur les marchés financiers, je me dis: » ils sont masos . ou alors, ils ont besoin de cet argent , impérativement . » Mais pourquoi faire ? pour faire tourner leurs institutions bancaires internes, pour que les banques puissent encore prêter / gagner de l’argent .
    tout ça, c’est révélateur d’un état biologique interne . un corps n’est pas en mesure de subvenir à ses besoins ? incapable de jeuner quelques temps ? ou incapable de puiser sur ses ressources ? ou tout simplement , s’il s’agit d’argent , de crédit , une nation n’est plus capable de se faire crédit « intérieurement  » , entre nous ?
    faut dire qu’il n’y a pas de solidarité nationale . chacun pour soi, , c’est ainsi ?
    parce que s’il s’agit d’une mauvaise « passe » , une ligne de crédit, ce n’est qu’une écriture .
    vivement le taux minimal . on prête , mais pas pour gagner des sous, mais pour rendre service. Utile à sa nation . à moins qu’on en veuille toujours plus ? qu’un état serve à enrichir ceux qui le sont déjà ?

    Il va sans dire qu’ici c’est une question . si vous avez des réponses .

  2. Pronostic : cinq Etats du sud de l’Europe vont quitter la zone euro (Espagne, Italie, Portugal, Chypre, Grèce).

    – La machine infernale continue de progresser lentement, mais sûrement.

    – Les Etats du sud de l’Europe continuent de se rapprocher du défaut de paiement.

    – Standard and Poor’s abaisse de deux crans la note de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal et de Chypre, tous les quatre avec perspective négative.

    – Les banques ont annoncé vendredi qu’elles suspendaient leurs négociations avec Athènes sur les modalités de la restructuration de la dette publique de la Grèce, et laissé entendre qu’elles pourraient revenir sur leur engagement à en effacer volontairement une grande partie.

    – Conséquence : le FESF et le MES vont être dégradés.

    – Conséquence numéro 2 : le FESF et le MES seront incapables de sauver de la faillite les cinq Etats du sud de l’Europe.

    La zone euro va exploser : les cinq Etats du sud de l’Europe ne pourront pas rester dans la zone euro.

  3. Hi,

    Les 186 000 « Ultra-Riches » du monde possèdent au total 25 000 milliards de dollars

    « Le cabinet Wealth-X a publié fin 2011 une enquête sur les grandes fortunes de la planète. Ensemble, ces 185 795 Ultra Riches détiennent un patrimoine estimé à 25 000 milliards de dollars. Pour donner un ordre de grandeur, cette somme équivaut à 40% du PIB mondial en 2010, soit 63 000 milliards de dollars. »

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3166
    http://www.wealthx.com/articles/2011/wealth-x-launches-the-first-world-ultra-wealth-report/

    Une pensée émue pour Paul Jorion et son propos :

    Réflexion ou question d’un participant au blog :
    « La plupart des experts estiment que nous avons vécu trop longtemps au-dessus de nos moyens, qu’il faut maintenant payer la facture … »

    Réponse de Paul Jorion :
    « C’est complètement faux. Ce qui s’est passé depuis les années 70, c’est une prédation accélérée des investisseurs financiers et des dirigeants sur les entreprises. Les salaires ont de fait stagné, alors qu’on vivait une période d’explosion de la productivité, grâce en particulier à l’introduction des ordinateurs. Il faudrait donc plutôt dire : « les dirigeants des grosses entreprises et les actionnaires ont vécu au-dessus des moyens des salariés. »

  4. On a voulu démanteler l’Etat, donc on l’a asphyxié, parce que tout simplement il constitue une concurrence, dans le domaine de la Santé, de l’école, le courrier, l’eau, l’énergie exemple.

    L’Etat est un problème pour le privé par l’activité qu’il accapare. Et qu’il a fallu donc méthodiquement détruire. D’où les règles européennes. Il ne faut pas chercher d’idéologie, mais à qui cela profite. En même temps on détruisait le « socialisme », « l’acquis », et donc l’embryon toujours menaçant d’un communisme larvé, l’Etat étant de nature communiste.

    Ce qui m’inquiète actuellement est que le débat sur présidentielle qui se met en place, enfin si on peut appeler cela un débat, entre un agité et un clone, reproduit les clivages caricaturaux des précédentes présidentielles. Les magasines de rédaction notamment Fr Culture, hier, « le magasine de la rédaction » qui a toujours brillé par son caractère réactionnaire, cantonne le vote populaire au choix du FN. Donc dans le débat surnagent 3 candidats déjà maintenant, tandis qu’E Joli se contente de vouloir réorganiser le calendrier des fêtes, c’est sa très grande maladresse.

    L’extrême gauche a déjà coulé dans le débat, puisqu’on ne parle que de 3 candidats. Où est la pluralité ? Quelqu’un se souvient-il de l’extrême gauche, qu’elle existe ? Non. Par dérision on appelle Hollande la candidat de gauche dans certaines rédactions… et le « tous pourris » est immédiatement associé au seul vote protestataire des malheureux, le FN. Comme quoi, 3 mois avant le vote, la campagne telle qu’elle est scénarisée, enfin le scénario médiatique qu’on nous propose fait déjà un choix parmi les candidats, et insidieusement et lourdement nous dit pour qui aller voter et pourquoi, sans jamais bien sûr discuter des programmes.

    1. France culture (l’info principalement) un démantèlement réussi, aussi!

      De plus en plus, les informations de France Culture, n’ont vraiment rien à envier à celles de BFM
      Encore que, celles de BFM s’affichent honnêtement de droite ultra-libérale.
      Celles de France Cultures toutes aussi ultra-libérales, se cachent sous un vernis intellectuel et une objectivité qui trompent tout au plus quelques étudiants égarés de prépa. Science Po ou d’école de commerce.

    2. 100% d’accord avec vous !
      Il y a un decalage hallucinant entre les problèmes actuels et a venir de notre société et le débat publique (absolument inexistant).

    3. @ Lisztfr

      Je te sens découragé parfois…
      Mais cette chape de plomb médiatique, et la comédie de l’Alternance,
      tout en gardant au chaud les fascistes au cas où ça chauffe,
      c’est le lot de tous les régimes bourgeois,
      qui n’ont jamais empêcher les révoltes, et les révolutions.

      Soyons lucides: le capitalisme est effectivement à l’agonie.
      Une bête blessée finit par se déchainer contre son ennemi.
      Il faut le savoir, et s’y préparer, loin des amateurs de caviar
      vendant la soupe d’une « révolution par les urnes ».

  5. Et ça continue, en klaxonnant vers l’abime.

    Tant que les mangeurs de salade à la menthe et ces crétins US n’auront pas accepté de mettre fin à la spéculation, on foncera toujours plus vite vers la rupture de la zone euro et accessoirement des marchés financiers mondiaux. Contre la faillite desquels nos demeurés politiques XXL ont bien entendu oublié de prévoir le moindre plan B, occupés qu’ils sont à compter leurs thunes en paradis fiscaux.

    Tant qu’on aura pas fermé sa gueule une bonne fois rétrospective à l’alcoolique en bottes le ci-devant Deubeuliou la Buche et son credo qu’on peut tout discuter sauf le libre-échange, rien ne changera.

    On remarque que seuls les candidats de gauche de gauche parlent du libre-échange et de sa réglementation impérative.
    Tirez-en vos conclusions pour le(s) vote(s) à venir.

  6. Surprenant ce site, j’ai l’impression de rajeunir de plus 30 ans quand Marchais allumait Elkabbach en direct et que les cocos séduisaient encore les travailleurs.
    Peu ou prou vous soutenez ici les thèmes chers à l’extrême gauche : la fin du capitalisme, la lutte des classes et on ressent un dégout profond pour l’argent, voir pour la propriété.
    La difficulté c’est que le centre d’intérêt du français moyen c’est sa petite personne et sa petite cagnotte.
    Vous ne le séduisez pas et comme il a droit de vote, voici le résultat des courses : Le Pen 21.5% vs Melenchon 6.5%.
    Les gars, Zola ou Marx c’est le passé. 38% des ouvriers votent FN !!! Merde réveillez-vous!!!
    Si l’extrême gauche n’arrive pas à capter les laissés pour compte du système et ceux qui ont peur de perdre le peu qu’il possède, Marine va se hisser au second tour.

  7. >Laurent P

    Vous commettez une erreur classique: il n’y a pas 38% des ouvriers qui votent FN: il y a 38% des ouvriers participants à une élection qui votent en direction du FN, ce qui n’est pas la même la même. L’abstention du monde ouvrier, et plus généralement du monde populaire est tout simplement énorme. C’est un fait classique de la sociologie électorale qu’il y a des ouvriers de droite, qui votent, comme c’est étrange… à droite!
    Ce qui est neuf, mais malheureusement compréhensible, c’est qu’un très grand nombre de membre des classes populaires ne votent plus.
    Et c’est normal, puisqu’il n’y a plus de parti pour les représenter…

    Rien que de bien rationnel finalement: les classes populaires ne sont pas plus sottes que cela.

    Par contre, plus le temps passe et plus j’ai l’impression que la petite bourgeoise, elle, semble prendre un plaisir considérable à se faire baiser par tout le monde…

    Il faut de tout pour faire un monde.

    Source:
    http://atheles.org/editionsducroquant/savoiragir/lepopulismedufnundangereuxcontresens/index.html

  8. Le problème ne réside pas tellement dans l’abaissement de la note francaise, qui n’est d’ailleurs pas une surprise, pour personne, bien au contraire. Ce qui tracasse la classe politique et les technocrates bruxellois c’est plutôt le cas grec, entre autres. Une « Transfertunion » (officieusement elle existe déjà dans une certaine mesure) conduirait à terme à la catastrophe, serait une charge énorme même pour l’Allemagne, et exposerait la fonction du FESF/MES aux risques incontrôlables.

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