L’actualité de la crise : LES COMMANDEMENTS DE LA RIGUEUR, par François Leclerc

Billet invité

Tout étonnés de bénéficier d’une accalmie dans la tourmente (tout est relatif), les dirigeants européens en profitent pour avancer leurs pions, espérant que cela finira par tourner à leur avantage. Afin de faire bonne figure, les discours avantageux peuvent se multiplier dans les salons du forum de Davos, tandis que l’austérité étend son ombre qui grandit.

La baisse des taux italiens à court terme (ainsi que celle des taux espagnols à dix ans sur le marché secondaire) alimente leur optimisme, les banques du pays puisant dans les crédits de la BCE sans prendre trop de risques, puisque les maturités sont inférieures à la durée de ses prêts. Il est désormais espéré la poursuite des bienfaits du LTRO – l’opération de prêts à trois ans de la banque centrale – puisqu’elle va elle-même être renouvelée, ce qui procurerait aux gouvernements le répit qu’ils n’ont jamais trouvé, pouvant même leur faire trop vite croire que c’est gagné ! En oubliant qu’ils créent eux-mêmes les conditions de nouveaux rebondissements.

Leur durcissement va dans l’immédiat atteindre la Grèce, où le coût de la restructuration de la dette que les banques privées ont refusé de régler dans son intégralité fait l’objet de conciliabules de la dernière heure afin de le répartir. Celles-ci étant, comme Josef Ackermann de la Deutsche Bank l’a fait suavement remarquer, déjà bien bonnes d’accepter presque 70% de pertes sur leurs créances, elles n’iront décidément pas au-delà et il ne reste plus qu’à se partager ce qui a été qualifié par Jean-Claude Juncker de “petit ajustement”, soutenu par la Commission. Celui-ci pourrait quand même représenter quelques 11 milliards d’euros – qui viendront s’ajouter au prêt de 130 milliards d’euros – une fois accepté l’accroissement du ratio dette/PIB du pays à 125% en 2020 au lieu de 120%.

Les gouvernements allemand et français accueillent fraîchement la perspective de devoir augmenter leurs garanties financières au FESF, non sans espérer pour certains que la BCE se résolve à boucler le dossier à leur place, si les banques ne bougent pas. Dans tous les cas de figure, cela impliquera d’imposer des sacrifices supplémentaires aux Grecs, afin de rester dans l’épure du second plan de sauvetage, pour ne pas y revenir une troisième fois, est-il expliqué, ou pour gagner suffisamment de temps, est-il intérieurement pensé.

Le commissaire européen Olli Rehn a annoncé “un train de mesures qui ouvrira la voie à une solution viable pour la Grèce”, que les Grecs qui en ont pris connaissance par la presse ont immédiatement qualifié de “dix commandements” : coupes dans les pensions complémentaires, nouvelle hausse de 25% des impôts sur l’immobilier, mesures de dérégulation du marché du travail débouchant sur des baisses de salaires dans le secteur privé, suppressions d’organismes et d’emplois publics (150.000 d’ici 2015)… et réduction des crédits militaires.

Afin de respecter leurs objectifs 2012 de diminution du déficit public, en dépit de la récession et du chômage qui ne cesse d’augmenter, les Espagnols sont aussi sommés de monter en première ligne. En visite à Berlin, Mariano Rajoy semble avoir été convaincu de cette nécessité, après avoir envisagé de renégocier l’objectif établi à 4,4%, avec comme contrepartie significative “l’extraordinaire respect” de la chancelière. Devant la douleur des autres, on s’incline.

Fin 2011, l’Espagne comptait officiellement près de 5,3 millions de chômeurs, soit un taux de 22,85%. Plus d’un jeune sur deux de moins de 25 ans n’a pas d’emploi et le nombre de foyers dont tous les membres actifs sont au chômage est de 1,5 millions. 3 à 4% du PIB sont dépensés pour soutenir et encadrer les chômeurs, qui se réfugient quand ils le peuvent dans l’économie informelle pour survivre.

Très endettées, les 17 régions espagnoles ont lancé ces derniers mois de sévères plans de rigueur afin d’assainir leurs finances, amputant notamment leur budget santé et éducation. Mais au troisième trimestre, leur déficit global était encore de 135 milliards d’euros et elles doivent atteindre l’objectif du déficit zéro à l’horizon de 2020, de même que l’État.

Les fonctionnaires manifestent par dizaines de milliers dans les régions les plus touchées, les pharmacies qui approvisionnent les hôpitaux baissent leur rideau pour protester contre les impayés, de nombreux établissements d’enseignement ne sont plus chauffés.

Des coupes budgétaires de 8,9 milliards d’euros ont par ailleurs été annoncées à Madrid, ainsi que des hausses d’impôt de 6,3 milliards d’euros. Mais, pour parvenir à réduire comme promis le déficit à 4,4% du PIB cette année, 40 milliards d’euros devront être trouvés alors que la Banque d’Espagne prévoit une chute de 1,5% du PIB.

La situation n’est pas meilleure au Portugal, les deux économies étant très interdépendantes et le transfert au budget de l’État des fonds de pension des employés des banques ayant permis de respecter les objectifs de réduction du déficit de 2011. Mais cette opération ne pourra pas être renouvelée en 2012, alors qu’une contraction de 3,2% du PIB est officiellement envisagée pour cette année. Le retour sur le marché étant prévu pour 2013, un second plan de sauvetage pourrait se révéler vite nécessaire, afin d’obtenir de nouveaux prêts en plus des 78 milliards d’euros du premier. Car le rendement de la dette à dix ans, dont la note est maintenant dans la catégorie “spéculative”, est monté à 14% sur le marché obligataire, et le niveau des CDS a atteint 1.305 points de base (correspondant à une prime d’assurance contre le défaut de 1,3 millions d’euros par an pour un emprunt de 10 millions d’euros sur 5 ans).

Enfin, signe de l’ampleur des difficultés que rencontrent les Portugais, l’Université de Porto vient d’estimer que l’économie informelle représente désormais 25% du PIB du pays et ne cesse de croître, aboutissant à une diminution des recettes fiscales de l’État. Dans ce contexte, une restructuration de la dette pourrait aussi s’imposer, qui toucherait à nouveau les banques allemandes et françaises, les banques espagnoles détenant surtout la dette privée, beaucoup plus importante.

La Grèce pouvait jusqu’à présent être présentée comme le mouton noir de la famille, une exception. Cela ne va plus être le cas.

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176 réflexions sur « L’actualité de la crise : LES COMMANDEMENTS DE LA RIGUEUR, par François Leclerc »

  1. J’ai voulu discuter avec le front de gauche de leur programme, dès qu’on cible un incohérence sauf à mettre le pays en autarcie on est catalogué FN, ça va faire rire Vigneron, il va encore pouvoir me dire deux ou trois vigneries !!!

    1. Vais te dire, je vois qu’une solution opérationnelle réaliste pour Méluche au pouvoir : se mettre dans les pas de son idole, i.e le grand maître de la rente pétrolière vénézuélienne, et exporter à tour de bras du gaz de schiste franco-français. 🙂

      1. @RV 29 janvier 2012 à 18:53
        Aucune pétroleuse en 1871 n’a jamais été prise la main dans le sac, mais Vigneron le pétroleur a une passion pour le brut de l’Or-énoque où les bArils ça donne le change aux bArriques. Laissez vous incendier, il y a toujours un pompier de service sur le blog, et je n’en dit pas plus.
        Sur le fond, avec le lien qu’il propose j’ai constaté qu’un A/R Cubana Paris pour la Havane est à 1348 € 22/29 avril. L’aller simple Caracas est à 554 € via 1 escale à la Havane, toujours Cubana. Par contre vous trouverez l’AR aux même dates pour Paris Caracas Paris avec Iberia pour 557 €. Comme quoi Chavez doit facturer le baril à Fidel plus cher qu’à Ibéria. L’internationalisme prolétarien n’est plus ce qu’il était, et le grand mystère de l’offre et de la demande non plus.

        Notez qu’il est impossible de trouver un AR par Cubana sur Caracas. Ils font juste l’aller comme quoi Vigneron a raison d’envoyer MélAnchon dans le goulag tropical sans retour, y en a même pas : quelle pénurie !

      1. Hervey

        Je suis passé devant l’Hôtel de la Monnaie, pas plus tard qu’hier après-midi.
        Il y avait une grande affiche avec la figure de Warhol avec écrit en grand :
        Making money is art.

        En consultant le site internet de la Monnaie de Paris j’apprends qu’ils mettent en vente des pièces d’or et d’argent à l’effigie d’ Andy Warhol à l’occasion de l’anniversaire de sa disparition. Dont une pièce d’1 kilo or.
        Sur le même site on peut voir aussi une expo virtuelle intitulée : L’art et l’argent, les liaisons dangereuses.
        Faut dire que la devise du site annonce la couleur : Ici on frappe les monnaies et les esprits !

        C’est vrai qu’il y a beaucoup de frappadingues en ce moment, et pas qu’en France.
        Les grecs en sont encore sous le choc. La Troïka et autres fanatiques de l’orthodoxie monétaire c’est tout de même une belle bande d’esprits frappeurs. Serait temps qu’on se réveille de la torpeur. Roland (Topor) reviens pour les croquer menu !

      2. La gueule à Warhol moulée dans un kilo de merde-or… Serait ravi en plus de l’hommage, sûr. L’a bien cherché cet escroc. Quand tu penses aux dizaines de milliers de merdes, périssables celles-là, qu’il a semées de par le monde…

      3. @ Vigneron
        +1
        Il a magistralement rentabilisé un concept, une sorte de prostitution de l’art, c’est emblématique.

      4. Warhol moulé en merde, voulue, même, dans le concours du copie-right 70’s, … que de faux-culs ! Quand on parle comme ça , straight, ça j’aime, devenu Sagem, ben forcément ! dur hable ?! fuqueuzemeuh !

      1. Franco,

        L’Espagne est passée du franquisme à l’ultra-libéralisme et pour se sauver elle retourne, franco, en arrière.
        Cela ne me fait pas rire.

      2. @paco 76
        Pas plus tard qu’y a 3 mois, au bar il y en a un (un bien descarao) qui est venu m’exiber la photo de franco qu’il trimbale dans son porte feuille et voyant ma tête m’a dit : qu’es t’as le franchute, on est en démocratie, je suis dans mon droit. Je lui ai répondu : pues disfrutala, la democracia…..(profites en bien, de la democratie….) 😉

    1. Les Espagnols n’avaient pas besoin de voter pour lui, venant d’un tel parti tout cela était hautement prévisible non?

      1. @ Dissy
        Si les Espagnols étaient lucides, ils n’auraient voté pour personne. Seule une abstention massive aurait fait péter le système et aurait obligé les politiciens à faire une reforme politique profonde. Mais comme ils ne le sont pas (et cela depuis quelques siècles déjà) ils ont voté pour le parti responsable d’une grosse partie des gaspillages, de la corruption et de l’incompétence qui sévit dans les régions (pendant que les amis de Zapatero s’occupaient de faire la même chose dans l’Etat lui-même et dans le reste des régions).

        Quand on n’a le choix qu’entre la peste et le choléra, on s’abstient.

      2. Je m’en doute un peu, en Belgique aussi c’est peste ou choléra et à part Ecolo quasiment plus d’alternative pour nous aussi.Par contre coté francophone pas encore trop d’extrème droite mais malheureusement cela peut venir un jour, quand les déçus du PS ne sauront plus ou aller.

    2. @ Dup
      En attendant l’effondrement final du capitalisme, l’Espagne doit en 2012 trouver sur les marchés 151 Mds € (13,2 % du PIB). À ton avis, si elle annonce en janvier qu’elle n’a rien à cirer de ses déficits, trouvera-t-elle cet argent? Et si oui, à quel taux?

      1. @ Paco

        À la BCE et donc avec la permission de Merkel? C’est aussi pour l’amadouer, elle, que l’Espagne fait semblant de croire qu’elle va bien contrôler ses déficits. Moi, en tout cas, et vu le bordel qui règne dans les régions, où il continue d’avoir beaucoup de factures cachées, je ne crois pas que l’Espagne servira de « laboratoire de la règle d’or absolue « .

      2. D’après un reportage de la RTE (tv Irlandaise), le ‘six pack’ c’est de la politique, soit un prétexte électoral pour rassurer les allemands pendant la future campagne de Merkel.Sous entendu tout le monde sait qu’il ne sera jamais appliqué.Il devrait aussi servir de monnaie d’échange pour un nouveau QE de la BCE fin février, avec pour ordre à peine caché aux banques bénéficiaires d’acheter des bonds d’état et faire baisser les taux.Comme ça Merkel a son pacte d’or et d’austérité et ne perd pas la face car pas de QE vers les états, mais on contourne via les banques.

        Pourquoi faire simple quand on …

        http://www.rte.ie/player/#!v=1133001

      3. @Pablo75
        Je vous renvoie à ce que j’ai écris à la fin, le deficit absolu de 0 c’est bien plus que ce qu’exige l’europe (alors que rappelons le l’Espagne n’a besoin que de stabiliser sa dette et pas de la réduire donc un déficit égal à l’inflation n’est pas contre indiqué). C’est pas parce qu’on est obliger de dégraisser qu’il faut trancher jusqu’à l’os sinon on va pas aller bien loin sans muscle. Qui plus est au vu de la composition du PP (et de qui à été nommé à l’intérieur…) on a presque l’impression qu’un mouvement de masse donnerait un bon prétexte à une action de force….. doit on rappeler que la dernière tentative de coup d’état en Espagne n’a que 30 ans… à la fin de l’année l’armée à été envoyée pour « briser » la grève des controleurs du ciel, par les socialistes alors imaginez l’extrème droite…. Ajoutez à cela les particularité structurelle de la construction nationale (autonomies)….. mais pas de théorie du complot 😉
        J’espère foncièrement me tromper vu que j’y vit et que je serais aux premières loges.
        Bien à vous.

      4. A propos du taux, pensez vous que les investisseurs ne regardent que les chiffres et ne vont pas demander une prime d’intérêts si le pays est paralysé par des grèves et que la tension sociale est extrème?

      5. @Pablo75, @dissy
        Je suis d’accord, mais loin d’être un spécialiste de tout ce ‘cirque financier’, je reprends les propos de F. Lordon (encore lui !), nous n’avons qu’une seule banque capable de ‘faire le job’ et c’est la BCE, et l’Histoire lui obligera à intervenir, directement, Allemagne ou pas…Et défaut (au moins partiel) sur les dettes (leurs dettes je dirais)…
        En tout cas, je ne vois pas d’autre solution, dans le ‘cadre’ actuel !

      6. @ Dup
        « au vu de la composition du PP (et de qui à été nommé à l’intérieur…) on a presque l’impression qu’un mouvement de masse donnerait un bon prétexte à une action de force….. doit on rappeler que la dernière tentative de coup d’état en Espagne n’a que 30 ans… à la fin de l’année l’armée à été envoyée pour « briser » la grève des controleurs du ciel, par les socialistes alors imaginez l’extrème droite…[…] J’espère foncièrement me tromper… »
        Vous vous trompez complétement. Rajoy et son parti ce n’est pas du tout l’extrême droite (ou alors l’UMP ou la CDU le sont aussi) et l’Armée espagnole ce n’est pas du tout celle d’il y a 30 ans. En Espagne d’ailleurs l’extrême droite, type FN ici, n’existe pas – même si en Catalogne elle commence à pointer son nez. Pour tout vous dire, je crains que comme dans beaucoup de pays européens (Belgique, Autriche, Hollande, Italie, Hongrie, etc) si la crise s’aggrave et se prolonge, elle risque d’apparaître à nouveau.

      7. J’espère bien me tromper mais je doute fortement qu’elle n’existe pas vu que j’en croise tous les jours et je peu vous dire qu’ils votent ceux là…..et devinez pour qui….

      8. @ Dup

        Ils votent Rajoy justement parce qu’il n’y a pas d’autres partis à droite du PP… Après la mort de Franco il y a eu Fuerza Nueva, de Blas Piñar. Dans les élections de 1979 il a obtenu 378 000 votes et 1 député, qu’il a perdu dans les élections de 1982, où il a eu 0,52 % des votes. Le parti a été dissous tout de suite après et depuis 30 ans Piñar a essayé plusieurs fois de reconstruire son parti sans y arriver. Pourquoi, à votre avis?

    1. Avec Minc en fou du roi,sûr que ça va envoyer du lourd, il va renverser la table, le Nicolas 1°: taxe sur les yacht, vignette pour les grosses cylindrées, impôt sur les résidences secondaires les pieds dans l’eau, TVA à 33 % sur les produits de luxe « étrangers » genre Rolex, etc…va nous refaire son numéro  » vous comprenez, avec tous les cadeaux que j’ai du faire à mes potes, les caisses sont vides »….va nous parler avec des trémolos dans la voix du sort de l’ouvrière du textile qui pleure devant les grilles de sa boite qui a fermé, etc etc etc, le tout enrobé par des fils de pub, commenté par les snipers de l’UMP ( un comble, il y aurait Carignon dans la cellule riposte! attention à vos larfeuilles, les cocos!)
      donc dimanche, une bière, des chips et un bon film!

  2. Et une dernière pour la route: le slogan de la campagne tout frais pondu du jour par les boites de pub de l’UMP, je vous le livre en scoop: « C’est le courage qui donne la force d’agir! »
    réponse: mais non, mais non, c’est le culot, c’est bien connu!
    En plus, il ne connaissent même pas leurs classiques: les cons osent tout, c’est à ça qu’on les reconnait ( Audiart )

  3. At last, a politician who dares to admit that we need ‘full disclosure’ from banks
    It’s easy to criticise Mitt Romney. The former Massachusetts governor and erstwhile runaway leader in the Republican nomination race has had a bad two weeks.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/liamhalligan/9046617/Liam-Halligan-At-last-a-politician-who-dares-to-admit-that-we-need-full-disclosure-from-banks.html

    Je ne suis nullement pour Romney, mais sur ce coup la il a 100 pct raison.

  4. Le vent commence enfin à tourner vers la croissance et l’emploi…il était moins une.

    Youth unemployment crisis sparks Davos leaders into action

    Summit to debate plans to spend billions on continent-wide youth job schemes in bid to reverse upward trend
    .
    http://www.guardian.co.uk/business/2012/jan/28/youth-unemployment-crisis-davos-action

    Reste à voir si ce n’est pas un autre effet d’annonce sans aucune suite concrète…

    Spain demands new ‘realism’ from EU over austerity

    • Fears cuts will bring more instability as unemployment hits 5m
    • Brussels must readjust growth estimates, says budget minister

    http://www.guardian.co.uk/business/2012/jan/27/spain-demands-realism-eu-austerity

    Eurozone data raises fears of second credit crunch

    Analysts say ECB likely to cut interest rates after official data shows loans to eurozone firms fell sharply while the volume of cash grew at slower rate

    http://www.guardian.co.uk/business/2012/jan/27/eurozone-data-fears-second-credit-crunch

    Mega LTRO en vue en février,le Crédit Suisse parle de plusieurs trillons.

  5. Bonjour à tous

    Autres sites autres sons de cloches – de glas plus précisément!

    Davos: Roubini leur flanque les boules: prévoit une remontée en U avec très longue branche basse..
    Baltic Dry Index: en chute libre, New Contex index: en chute aussi

    Toutes les analyses montrent que la Grèce est dans les choux quelque soit les MES LTRO etc….
    Les marchés commencent à se rendre compte que le Portugal est dans le même état que la Grèce il y a un an….
    Pour s’en tirer, il faudrait que ces pays aient un excédent budgétaire de 11% par an sur plusieurs années…

    Aller sur Business Insider….

    Bien sur ces sites comme celui du Guardian ne sont pas euro-friendly et donc leurs analyses sont à prendre avec quelques pincées de sel mais…..

    En tout cas, ce que j’entends autour de moi sur l’activité industrielle n’est pas très réjouissant: pas contrats au delà de quelques mois, pas de missions pour les consultants indépendants pour la première fois depuis des années….

    Les annonces des politiques me rappellent celles du commandant du Titanic : » on est insubmersibles: on a été étudiés pour! »

    Le problème de la Grèce c’est qu’avec une des durées de travail hebdomadaire les plus longues en europe et une des productivité les plus basses, sans espoir de produire quoi que ce soit de vendable à forte valeur ajoutée, il ne peut y avoir de remboursement de dette !
    Et ce ne sont pas les habitudes de combines et de trafics qui ont fait la fortune de quelques armateurs dans le temps qui pourront y faire quoi que ce soit . Leurs banques sont vides:depuis plusieurs mois les grecs retirent tout ce qu’ils peuvent pour aller le mettre ailleurs… Les plans de sauvetage c’est juste pour essayer se sauver les banques françaises et allemandes….

    Comme disent les marins bretons:  » Chaque tour d’hélice nous rapproche du trou…. »
    (Comme pour tous les dictons il y a une suite qui rime mais inracontable ici que Paul Jorion devrait connaître , ayant un peu bourlingué dans les parages)
    Cordialement.

  6. Samedi 28 janvier 2012 :

    Crise de la dette : Berne a envisagé le pire.

    Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann estime que la zone euro survivra à l’actuelle crise de la dette. Sinon on courrait à une «catastrophe», a déclaré samedi le ministre de l’économie au Forum économique de Davos (WEF). La Suisse a envisagé tous les scénarios.

    Le Conseil fédéral semble préparé à une désintégration de la zone euro. Le gouvernement a officiellement exigé que tous les scénarios soient envisagés, a relevé le Bernois devant quelques journalistes.

    M. Schneider-Ammann s’est entretenu lors de son séjour dans la station grisonne avec plusieurs ministres d’autres pays. L’incertitude est de mise, a-t-il observé à l’issue des échanges. Selon lui, une certaine psychologie est importante : «Nous ne devons pas parler de la situation de manière plus morose qu’elle ne l’est».

    http://www.tdg.ch/economie/Crise-de-la-dette-Berne-a-envisage-le-pire-/story/13527900

  7. La désintégration de la zone euro sera un choc salutaire! Mais, en réalité, ce sera la solution la moins coûteuse pour les citoyens dans leur immense majorité.
    Cela coûtera (un peu) aux plus riches et aux spéculateurs. Après tout, je m’en fous totalement.
    Au lendemain de cette péripétie, nous allons nous réveiller de cet aveuglement, et nous repartirons, avec des monnaies nouvelles, vers un nouveau tour de piste du capitalisme. Si on en profitait pour introduire des SMT, nous serions tirés d’affaire définitivement. Il n’y aurait plus jamais de crise systémique

  8. Les contribuables de la zone euro sont de plus en plus mis à contribution pour sauver la Grèce, pour sauver le Portugal … et pour sauver les banques privées :

    – Selon le journal allemand Der Spiegel, le deuxième plan d’aide à la Grèce ne coûtera pas 130 milliards d’euros : il coûtera 145 milliards d’euros.

    http://www.spiegel.de/politik/ausland/0,1518,811924,00.html

    – Selon le chef du patronat portugais, le plan d’aide au Portugal ne coûtera pas 78 milliards d’euros : il coûtera 108 milliards d’euros. En effet, il va falloir 30 milliards d’euros supplémentaires aux 78 milliards d’aide au Portugal.

    http://www.romandie.com/news/n/_Portugal__une_nouvelle_aide_probable_selon_le_chef_du_patronat_290120121301.asp

    De toute façon, la Grèce ne pourra pas nous rembourser ces 145 milliards d’euros.

    De toute façon, le Portugal ne pourra pas nous rembourser ces 108 milliards d’euros.

    La Grèce est en train de couler, et elle entraîne toute la zone euro vers le fond de l’océan.

    Le Portugal est en train de couler, et il entraîne toute la zone euro vers le fond de l’océan.

      1. Ça c’est méchant… 😉 En tout cas, moi j’ai l’épigraphe:

        « On peut toujours annoncer des désastres, on a toujours raison, tôt ou tard. Car l’histoire n’est que désastres. Désastres et chants. »
        (P. Drieu La Rochelle. Journal 1939-1945)

    1. ‘est le maintien de l’euro qui est surprenant!
      En faisant des calculs sommaires, il serait facile de payer tous les fonctionnaires portugais et grecs avec quelques milliards par an sans refinancer absurdement ce soit-disant « sauvetage » qui ne gave que davantage les plus nantis sans aucun avantage pour les populations grecque et portugaise.
      Comment rester encore aveugle à ce point?
      Il faut acter tout de suite la totale faillite du système, décréter un moratoire d’au moins deux ans, réorganiser la collecte des impôts et émettre une monnaie nouvelle, nationale, partout!
      Toute autre démarche est une façon de nourrir le trou noir du surendettement qui engloutira tout de toute façon.
      Je rappelle que ces faillites peuvent s’organiser rapidement et immédiatement, et si cela ne plaît pas aux plus riches, on leur dit merde!

  9. qu’est ce que je disais! l’Hellène est chatouilleux!
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120129trib000681018/la-grece-refuse-d-etre-mise-sous-tutelle-europeenne-par-les-allemands.html
    maintenant, reste à savoir si le »pas de tutelle, pas de rallonge » va se confirmer ou non demain;
    si ça se confirme, eh ben soit c’est la capitulation en rase campagne soit le défaut à la sauvage avec activation des cds et tout le toutim, ou alors…claquements de portes en perspective à Bruxelles? sauve qui peut des banques ? les jeux sont ouverts, une tragi – comédie dont seuls les grecs ont le secret, du genre ça passe ou ça casse ?
    suspense, suspense!

  10. Vu la réaction récente de l’aide de Madame Merkel à la campagne de Monsieur Sarkosy, ainsi que les plans d’austérité qui sont un stress-test des peuples européens, TOUT confirme que la zone Euro DOIT protéger la Suisse.
    Dans 4 mois, vous me jugerez un peu moins fou. Comme d’hab.

    Bravo, Monsieur Leclerc, d’être plus circonstancié avec des chiffres. Cela fait moins psychologue et religions.

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