RESTAURER LA MONNAIE EUROPÉENNE DE L’ESPÉRANCE PARTAGÉE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Dans la crise des dettes publiques en euro, les États tombent les uns derrière les autres dans l’illiquidité. L’illiquidité financière exprime la perte de la logique du prix dans l’ordre de la démocratie et des causes du prix dans l’ordre de l’économie. La crise des subprimes avait produit ses effets sur les banques à partir de 2007 ; elle les produit aussi sur l’ensemble des États du monde depuis l’été 2011.

La démocratie abolie par la finance

L’illiquidité signifie que des délais de paiement exceptionnels sont demandés aux créanciers, c’est à dire à tous les titulaires de droit assortis d’un prix fixé dans le passé. Pour éviter que ces délais soient assimilables à des défauts de crédit, les banques centrales accordent depuis 2007 des prêts exceptionnels aux banques. Ce faisant, la relation logique entre les prix et le droit se distord. Les faits apparaissent contradictoires dans l’ordre juridique et dans l’ordre économique : la réalité financière n’est plus compatible avec la réalité non financière.

En 2012, les délais de paiement accordés aux banques sont allongés et amplifiés pour qu’à leur tour elles en accordent aux États en souscrivant des bons du trésor. Entre 2007 et 2012, l’illiquidité des banques s’est généralisée aux États ; lesquels se sont endettés pour secourir les banques après la faillite de Lehman en 2008. La réalité financière absorbe les États qui perdent pied avec la réalité économique de la production et des revenus.

Contrairement aux apparences, les avances de liquidité des banques centrales ne sont pas gratuites. Les banques centrales pas plus que les banques ne créent de la monnaie « ex nihilo ». Les banques ne sont pas des divinités. Elles ne créent rien ; elles transforment des réalités immatérielles. En temps normal, les banques centrales émettent de la liquidité à proportion de leur estimation de la richesse réelle qui sera produite et vendue sur la durée de ses allocations de crédit aux banques.

Une allocation de liquidité centrale est une estimation de la liquidité du crédit effectivement remboursable par l’économie réelle. En temps normal, les banques centrales transforment leur estimation de l’équilibre à court terme du droit des prix à l’économie en crédit nominal aux banques ; lesquelles distribuent le crédit dans la limite de leurs propres estimations du risque juridique et économique de non-remboursement du crédit.

Les banques cessent de faire crédit quand elles calculent qu’elles peuvent perdre en moyenne auprès de leurs débiteurs plus que les intérêts perçus. Ce phénomène se développe dans le monde entier depuis la fin de 2011. Les banques comme les acteurs de l’économie réelle anticipent des pertes de crédit supérieures aux taux d’intérêt proposés. Il n’y a plus d’intérêt ni à prêter ni à emprunter sauf pour les emprunteurs systémiques qui peuvent imposer de ne pas prouver leur capacité à rembourser leurs dettes.

Captation financière de la réalité humaine

Dans le contexte actuel d’illiquidité des banques et des États, les acteurs de l’économie réelle n’ont plus de certitude quant à la réalité sous la mesure financière de leurs droits. Ils ne sont plus sûrs de la production réelle qui fera la contrepartie des dépôts, de l’épargne et des primes d’assurance. L’économie financière manipule des concepts et des prix dont l’économie réelle ne peut plus croire à la réalisation concrète dans le futur. La production ralentit par anticipation de l’insolvabilité des consommateurs et des investisseurs.

Au lieu d’être exclusivement l’anticipation d’une production vraisemblable qui sera vraiment achetée, la liquidité des banques centrales se substitue à des pertes de crédit sur une production qui n’existera jamais. Les banques centrales masquent le décrochage de l’économie réelle par l’anticipation incantatoire d’une croissance que les acteurs économiques jugent impossible par l’accumulation-même de pertes de crédit non mesurées et non avouées.

Dans la zone euro, le pouvoir politique morcelé et divisé face au système financier ne peut pas réclamer, comme les banques, d’avances quasi gratuites de la BCE. Les États doivent montrer leur capacité à absorber par le budget les pertes rachetées aux banques pour que les banques puissent allouer l’épargne au financement de la dette publique. Les droits sociaux et les droits du travail sont renégociés à la baisse afin de réduire les dépenses publiques et les garanties publiques.

Les États de la zone euro imputent directement sur les citoyens et les contribuables les pertes d’un système financier international échappant à tout contrôle de légalité. La liquidité émise par la BCE sort de la zone euro pour faire acheter les dettes publiques par des non-résidents non fiscalisables et non tenus par le droit européen. La monnaie continue de circuler mais pour des transactions nominales sans réalité vérifiable.

La mesure en monnaie des prix de la richesse accumulée et produite donne l’illusion d’une croissance. Mais les prix perdent leur sens ; les gens réels ne savent plus comment investir ou travailler avec une monnaie qui ne traduit plus leurs droits réels. A un certain degré d’appauvrissement général, le crédit du droit disparaitra totalement. La loi formelle ne sera plus respectable ; la propriété disparaitra de fait entrainant l’impossibilité du crédit, de la monnaie et de toute finance.

Résurrection européenne par la monnaie commune

La finance réalise la transformation réciproque des prix calculés dans la démocratie en économie. Si la démocratie disparaît, l’économie disparaît et la finance aussi. Si les acteurs politiques et techniques de la finance veulent éviter de disparaître avec les sociétés et les États qu’ils détruisent, il faut rétablir la monnaie comme lien matériel logique universel de souveraineté du droit humain sur l’économie.

Concrètement, l’émission de la monnaie doit revenir sous une double conditionnalité de la liquidité du crédit : les prix sont vérifiables par la réalité visible et les droits des sujets humains sont mis en équivalence préalablement à toute transaction de prix. La restauration de la liberté civile des individus implique qu’aucune monnaie ne soit émise sur le prix d’un actif non vérifié en droit.

Le marché financier du capital, du crédit et de la monnaie peut être remis sous le contrôle public de la démocratie. Si les citoyens de la communauté politique de l’euro demandent dans leurs prochaines élections l’application de la loi de la démocratie à la finance, ils imposeront aux États, aux banques et à tout emprunteur les conditions de la réalité du crédit : l’obligation d’assurer son crédit par la loi commune de l’euro muté en étalon de crédit.

Le prix des systèmes juridiques et politiques nationaux de la zone euro est alors assuré par des monnaies nationales mesurant le crédit des souverainetés par la parité en euro. Tout mouvement financier est juridiquement contrôlé et fiscalisé par l’autorité publique commune de marché. Et les Européens retrouvent ensemble leur liberté de financer leur production de richesses.

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73 réflexions sur « RESTAURER LA MONNAIE EUROPÉENNE DE L’ESPÉRANCE PARTAGÉE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Autorité publique. Je me trompe peut-être mais je ne lisais pas cela avant dans vos exposés. Vous avez la clé : la souveraineté. Le reste en dépend et pas le contraire.

    1. Faut-il que tu ne l’aies pas lu ou si mal, pour ne pas avoir vu PSDJ évoquer régulièrement, presque exclusivement, la remise de la finance sous le régime de la légalité et de la souveraineté démocratique.

      1. Pas dans ces termes là mais j’ai pu effectivement passer à côté. Je n’ai pas souvenir d’avoir lu autorité publique, qui a un certain sens…

    2. @Nicks,
      Si si, un exemple pesé au légal rien de plus, sur une dizaine,
      « Le signe monétaire est une matière sui generis qui n’a pas d’autre cause que la décision souveraine de l’autorité publique d’émettre telle quantité plutôt que telle autre et de faire appliquer la loi à tous les signes émis ».

      1. Ok, je rends grâce. Mais j’ai toujours été gêné par autre chose dans ses textes et cela ne figure pas dans celui-ci. C’est peut-être momentané…Quoiqu’il en soit c’est bien la souveraineté qui est en question et celle-ci ne peut être que l’expression de l’Etat, lui même émanation des citoyens. Si c’est cette direction que prend PSDJ, je ne verrai plus rien à redire à son propos…

  2. @ PSDJ

    Il y a dans ce texte deux points qui méritent d’être précisés il me semble :

    1/ Le parallèle entre l’illiquidité des banques et celle des États reflète une partie seulement de la réalité, puisque la situation réelle des banques est celle de l’insolvabilité et non simplement de l’illiquidité. En revanche, c’est bien un problème de liquidité auquel sont confrontés les États, puisque leur accès au marché n’est impacté négativement que par la flambée spéculative des taux d’intérêts sur la dette souveraine, alors même que le taux d’endettement en regard des capacités de remboursement (et non du PIB, comme on entend cette idiotie éhontée partout pour justifier l’injustifiable) est ridiculement bas.

    2/ Je vous cite :

    Les banques centrales pas plus que les banques ne créent de la monnaie « ex nihilo ». Les banques ne sont pas des divinités. Elles ne créent rien ; elles transforment des réalités immatérielles.

    De nouveau, un parallèle qui crée à mon sens de la confusion. Non, les banques commerciales ne créent aucune monnaie, nous sommes d’accord. Oui, en revanche, les banques centrales créent la monnaie ex nihilo. Affirmer comme vous le faites que les unes comme les autres « transforment des réalités immatérielles » pour sous-entendre que c’est le moyen détourné ou « imagé » par lequel elles créent les unes comme les autres de la monnaie est faux, du moins pour les banques commerciales.

    On peut entendre l’explication pour les banques centrales – à titre démonstratif – mais au final, la monnaie est créée par les banques centrales, et personne d’autre, nonobstant les formules métaphoriques ou parallèles à vocation pédagogique.

    1. Cher Julien,
      Il faut préciser ce que nous pouvons entendre par « créer la monnaie ». Oui les banques centrales ont cette spécificité que leur donne la loi de pouvoir accorder des crédits dont les dépôts correspondants ont pouvoir libératoire de n’importe quelle dette quels que soient les montants de monnaie ainsi émis. Précisément pour faire croître le stock de monnaie centrale, une BC accorde des crédit à due concurrence. L’émission monétaire centrale est une transformation de crédit à l’actif de la BC en moyens de paiement déposés au passif de la BC. De simples écritures matérialisent l’émission monétaire. Peut-on pour autant parler de « création » ? L’existence du crédit accordé par la BC ne dépend-il que des décisions de la BC ?

      Les BC ont des statuts qui ne dépendent pas d’elles dont on sait qu’ils peuvent différer d’une BC à l’autre. La BCE a un objectif fondamental de stabilité de la monnaie alors que la Fed a un objectif de stabilité dans la croissance économique. Si les BC ont un pouvoir de création monétaire, alors elles le partagent avec les institutions politiques qui définissent les objectifs de la politique monétaire. Et si les institutions politiques reposent sur un régime de démocratie, alors il faut convenir que la création monétaire existe à la condition de trois causes : la transformation du crédit par la BC, l’exécution de la loi par le pouvoir politique et l’État de droit de la démocratie.

      Si cette vision de la « création monétaire » tri-causale est juste, alors on a une explication du phénomène en cours de destruction de la monnaie et de l’État de droit. Les BC forcent la création monétaire pour dissimuler les pertes de crédit des banques (insolvabilité + illiquidité) ; les BC masquent l’insolvabilité bancaire par une liquidité nominale et non réelle. La liquidité n’est pas réelle parce que le collatéral qui la garantit est à un prix explicitement inférieur au crédit alloué aux banques. Et les banques bénéficiant des crédits sont explicitement insolvables eu égard à la faiblesse de leurs capitaux propres.

      Si les BC créent de la monnaie, alors la condition du droit n’est pas remplie. Le privilège accordé aux banques d’emprunter à la BC alors qu’elle sont en état d’insolvabilité rompt l’état de droit et dénature la monnaie actuellement émise. C’est bien cette rupture de l’état de droit qui va conduire les États actionnaires de la BCE à se heurter de plus en plus violemment. L’émission monétaire « libre » de la BCE profite aux États endettés aux dépens des États épargnants. L’actuelle émission monétaire de la BCE augmente la dette des endettés en faisant courir un risque croissant sur l’épargne allemande déposée dans le système bancaire européen.

      La création monétaire de la BCE est actuellement nominale mais pas réelle. Il en résulte que l’Allemagne va demander le démantèlement de tous les États dont l’économie réelle est menée à l’insolvabilité réelle sous une liquidité fictive. L’alternative sera l’abandon de la BCE par l’Allemagne quand l’écart de prix entre l’émission monétaire et le collatéral stocké dans le bilan de la BCE sera jugé insupportable pour la confiance des épargnants allemands.

      Le concept de création monétaire appliqué à la BC nous conduit à inférer que la zone euro est obligée de rétablir le droit pour survivre en tant que réalité commune à ses membres et signe d’un projet de communauté politique. Rétablir le droit signifie distinguer deux niveaux de souveraineté afin que les États soient responsables face à la communauté et que la communauté qui porte la BCE soit responsable devant les États dont aucun ne puisse être démantelé ni contesté dans sa souveraineté.

      La responsabilité des États impose deux niveaux de monnaie national et communautaire afin que tout excès de dette soit politiquement sanctionné par la dévaluation et que tout manque de solidarité communautaire soit politiquement sanctionné par la réévaluation. L’euro devient monnaie confédérale étalonnant le crédit par un État de droit confédéral contrôlé par un parlement bicaméral représentant les États et la communauté des citoyens européens. La monnaie est instable sans démocratie ; laquelle ne peut pas s’arrêter aux frontières des États nationaux ni se faire sans l’association internationale des démocraties.

      Oui donc au monopole de création monétaire des BC qui ne peut être une réalité sans société multinationale des démocraties. La monnaie fait l’économie politique. Et l’Europe a le choix entre se suicider ou poser les fondations du système monétaire international de la démocratie qu’avait proposé Keynes.

      1. Cher Pierre,

        Merci d’avoir levé cette objection sur les BC, je partage pleinement l’explication détaillée.
        Je réponds à votre question : si nous nous accordons à constater que la monnaie est un état matérialisé en droit et en économie, celui-ci a donc une origine, et même si factuellement il faut reconnaitre qu’une partie du processus est dématerialisée dans la monnaie centrale scripturale, il ne faut pas oublier pièces et billets qui sont bien créés par les BC. Dès lors, il n’est pas erroné d’attribuer l’unique pouvoir de création monétaire aux BC, fusse-t-il encadré par des règles plus ou moins démocratiques que le statut d’indépendance des BC met à mal notamment dans la situation actuelle.

      2. @PSDJ

        Merci pour cette explication (et à Julien Alexandre pour son questionnement): elle m’a été utile pour mieux cerner la situation dans laquelle est la zone euro (cas de l’Allemagne en particulier, par rapport aux autres pays + enjeu général).

        Et bravo pour votre effort général de mise en compréhension, pour les gens comme moi, non-spécialistes du domaine financier.

      3. @julien Alexandre
        Tout ça est très intéressant…Mais je décroche un peu !
        La BC seule ‘crée ou émet’ la monnaie ex nihilo, c’est à dire ‘à partir de rien’ dans la zone Euro, ok.
        Mais si les ‘banques commerciales’ sont de fait devenues ‘insolvables’ et les Etats en ‘illiquidités’, à quoi (ou à qui) sont destinés les 1500 milliards que la BCE prévoit de ‘prêter’ !?
        On nous rabâche pourtant que les Etats sont intervenus massivement pour ‘sauver’ le système bancaire (parfois avec un petit ‘profit’) dans un premier temps, et encore plus dans un deuxième temps pour soutenir l’activité économique ‘réelle’ (ça me fait toujours rire ce ‘réelle’), ce qui a donc fait exploser leurs ‘dettes publiques’ (pertes supplémentaires de rentrées fiscales) , et leurs ‘dettes souveraines’ par la suite….J’ai bon ??
        Bref, à quoi va servir tout ça, QE ou planche à billet si on veut, dans une ‘machine’ qui semble énorme, compliquée et qui ne marche plus…?
        C’est comme les déchets radio-actifs, on stock au fond, et on espère avoir une solution géniale plus tard ?…

      4. La responsabilité des États impose deux niveaux de monnaie national et communautaire afin que tout excès de dette soit politiquement sanctionné par la dévaluation et que tout manque de solidarité communautaire soit politiquement sanctionné par la réévaluation.

        Pourquoi deux niveaux ? Pourquoi pas un seul (européen) ?

        Avec le mécanisme de la BC que vous décrivez bien entendu !

        Sinon, pourquoi ne pas pousser le raisonnement à l’extrême et créer une BC par Région, ou par Département, ou par Land, etc. ?

      5. « Pourquoi pas un seul (européen) ?

        Sinon, pourquoi ne pas pousser le raisonnement à l’extrême et créer une BC par Région, ou par Département, ou par Land, etc. ? »

        Partager une monnaie implique d’être solidaires, cette solidarité s’arrêtant habituellement aux frontières: les grecs sont en principe solidaires les uns des autres mais les allemands ne sont pas solidaires des grecs (et inversement le cas échéant.)

        La Belgique est un cas intéressant où cette solidarité avait été imposée aux flamands et aux wallons, ils semblaient s’y être habitués mais un nombre croissant d’entre eux ne l’acceptent plus vraiment. Les peuples ont tendance à changer d’avis et la solidarité à ne plus être ce qu’elle était à d’autres époques (nord et sud de l’Italie, royaume plus ou moins uni de Grande Bretagne et j’en passe tellement d’autres qu’on peut se demander où est la règle et où est l’exception.)

        Pour ce qui est des banques régionales un peu trop indépendantes des banques nationales on découvrirait peut-être des choses intéressantes en examinant les choses pays par pays?

      6. @Julien Alexandre
        Ouais, ça j’avais plus ou moins pigé, mais ‘ils’ savent quand même un peu ce qu’ils font, ou pas du tout; ou savent ce qu’ils faudrait faire, et ne le font pas ?!
        N’est-ce pas dans ‘Bullit’ que Steve Mc Queen dit : « jusqu’ici ça va, jusqu’ici ça va… »
        Je sens que mercredi soir, je tâcherai d’écouter attentivement PJ !

      7. @ G L

        Et donc quoi ? On revient au plus vite au niveau de la bourgade ? Allez, optimiste, du fief ?

        Ou on pousse à la roue pour une « vraie » intégration ?

        (Europe étant pour moi une étape)

        PS : C’est quoi une « frontière » ?

    2. @Julien Alexandre
      Eh oui, je sais, ‘TINA’…
      Le choix, le choix…Donc ils n’ont pas le choix d’être ANTI TINA … ?
      En tout cas, ce n’est pas mercredi que j’écouterai PJ, apparemment c’est annulé (reçu un mail),
      « LA RENCONTRE-DEBAT avec PAUL JORION EST REPORTÉE au 27 MARS, car Paul JORION est souffrant  » ….J’espère que ce n’est pas grave !?
      Bon rétablissement …
      Ah…Je n’avais pas vu l’info sur le blog…La grippe…!
      Bon rétablissement bis…
      FC

  3. l’obligation d’assurer son crédit

    Ne sommes nous pas riches de ce que l’on peut se passer ?
    J’ai mis une liasse de billets de 50 euros devant mon chien.
    Il l’a reniflée, tourné autour, puis au bout d’un moment,
    il m’a regardé en me faisant comprendre que ça ne l’intéressait pas,
    il est alors venu se coller à ma jambe afin de m’apporter de l’Amour desinteressé en me lèchant la main.
    Donc ooouuttt l’emprunt !!! …

  4. Ni Lucas Papadémos (Grèce), ni Mario Monti (Italie), ni Mario Draghi (BCE) n’ont accédé au pouvoir après une consultation directe du peuple. L’ironie de l’histoire est qu’ils ont tous les trois travaillé pour la banque américaine Goldman Sachs. L’emprise de cette dernière s’est donc étendue sur l’Europe sans que le peuple ait donné son aval. Emmanuel Todd avait évoqué ce risque dans son livre « Après la démocratie », où il expliquait que l’Union Européenne dans son fonctionnement actuel constituait le prototype d’un nouveau mode de fonctionnement des pays. L’illusion de participation du peuple est maintenue grâce au parlement européen mais en pratique ce dernier est loin de détenir les pouvoirs stratégiques de la commission européenne ou de la BCE. Après avoir fait main basse sur les Etats-Unis, Goldman Sachs commence donc son « OPA » sur l’Europe en plaçant ses hommes aux postes stratégiques. Avec une telle configuration, comment peut-on espérer moraliser les marchés financiers ? En France, « le pantouflage » est, en théorie, sévèrement réprimé. Ce n’est pas un hasard. Comment peut on tolérer de tels conflits d’intérêts aux plus hautes fonctions des Etats ou des Banque Centrales ? La France et les autres pays occidentaux sont en manque de grands hommes pour s’opposer à de telles dérives qui mettent en danger le principe même de démocratie. Le « non » au traité constitutionnel européen n’a pas été respecté, la Grèce n’est plus libre d’organiser sur son territoire un référendum et l’Italie se voit imposer un changement de premier ministre. Jusqu’où cette confiscation du pouvoir par les marchés et les établissements financiers va-t-elle aller ?

    Plus de détails sur le lien suivant: http://lespoir.jimdo.com/2011/11/26/goldman-sachs-ou-les-nouveaux-ma%C3%AEtres-du-monde/

    Amicalement

    1. @ L’espoir

      Ni Lucas Papadémos (Grèce), ni Mario Monti (Italie), ni Mario Draghi (BCE) n’ont accédé au pouvoir après une consultation directe du peuple. L’ironie de l’histoire est qu’ils ont tous les trois travaillé pour la banque américaine Goldman Sachs.

      Faux pour Papadémos.

      1. @Julien Alexandre: Il me semblait pourtant qu’il avait été nommé par le chef de l’Etat, Karolos Papoulias, suite à un accord entre les différents parlementaires du pays donc sans consultation directe du peuple grec.

      2. Quand même faut-il préciser que Lucas Papadémos, qui fut gouverneur de la Banque centrale grecque entre 1994 et 2002, a lui aussi collaboré à l’opération de falsification des comptes réalisée par Goldman Sachs.

      3. Opération dont on fait une montagne alors qu’elle n’a constitué qu’une toute petite partie des actions entreprises pour dissimuler la situation grecque. Il faut remettre les choses à leur place pour éviter de nouveau les discours simplistes qui font de GS l’alpha et l’omega de la finance et de la crise.

      4. Papadémos et Monti ont été légitimés par leur Parlement après avoir été désignés par leur Président de la République.

        D’accord ils ne viennent pas d’une élection directe mais les élections sont prévues dans les deux cas et qu’elles sont repoussées autant que faire se peut dans les deux cas.

        Draghi lui tient as désignation du Conseil des Ministre de l’Union, c’est à dire de l’instance politique de décision de l’Union.

      5. Oui Julien. Mais quand même, on connait la collusion entre GS et le milieu politique américain par exemple. En Europe, c’est pareil. Alors, quand les instances politiques chargées d’orienter de réguler et diriger un pays deviennent deviennent un même jus que celui de la finance, une même oligarchie véhiculant la même doctrine, cela ne vous choque pas, ce mélange des genres ?
        Oui aussi, Genetais, vous avez raison. Tout ceci est vrai, et pourtant il s’agit bien d’une confiscation de la démocratie et cela est choquant et surtout dangereux. Hitler aussi est arrivé au pouvoir de manière démocratique.
        Enfin, quand Draghi, ancien vice-président GS quand même, ayant participé au trucage (pour une toute petite partie comme vous dites) pour l’entrée de la Grèce dans l’UE, est nommé président de la BCE par le Conseil européen, ça ne choque personne…
        Je suis sûrement trop simpliste en commentant ce que vous appelez une crise, que j’appelle moi le Casse du siècle, à laquelle personne ne comprend d’ailleurs rien dans ses tenants et ses aboutissants et encore moins les spécialiste de la question, et je préfère me laisser guider par mon bon-sens, cet instinct qui m’empêche de défendre des gansters qui sont en train de dépecer les peuples pour leurs intérêts (vous y passerez), et qui n’ont aucune valeur, culture, humanité…

    2. Et Rajoy, et Cameron, et Sarkozy, et Merkel, et Klaus, et Orban, etc, les 24 dirigeants de droite de l’UE, c’est GS qui les a foutus sur le trône ?

      1. Sarkozy Royal
        Commerçants, artisans et chefs d’entreprises 82 % 18 %
        Agriculteurs 67 % 33 %
        Professions libérales et cadres supérieurs 52 % 48 %
        Professions intermédiaires 49 % 51 %
        Employés 49 % 51 %
        Ouvriers 46 % 54 %

        Sarkozy Royal
        Plus de 70 ans 68 % 32 %
        Entre 60 et 69 ans 61 % 39 %
        Entre 45 et 59 ans 45 % 55 %
        Entre 35 et 44 ans 50 % 50 %
        Entre 25 et 34 ans 57 % 43 %
        Entre 18 et 24 ans 42 % 58 %

        Dommage qu’on ait pas le taux d’abstention par catégorie sociale. Cela aurait été intéressant surtout en ce qui concerne les employés et les ouvriers qui sont les plus nombreux dans la population.

      2. La France est à droite à 60 %, même aujourd’hui avec Sarkozy au pouvoir et une crise terminale du capitalisme en voie d’achèvement. Regardez les sondages de premier tour, faites le total Sarkozy, Le Pen, Bayrou, NDA, Villepin, Morin, etc. C’est idem pour à peu près tous les pays de l’UE. Conclusion : la France a non seulement l’Europe qu’elle mérite mais encore l’Europe qu’elle a toujours souhaitée, 2005 ou pas.
        Je me contrefous substantiellement du résultat final des présidentielles dans ces conditions fondamentalement droitières et réactionnaires, y compris « à gauche », sachant qui plus est que je vois gros comme une maison et au minimum un gouvernement d’union nationale contraint par les résultats aux législatives qui suivront, voire carrément une majorité de droite au Palais Bourbon* après accords électoraux avec le FN, étant donnée la radicalité des clivages mis en place progressivement par les Sarkoboys neocons dans cette campagne…

        * Vous savez ce que les allemands avaient affiché sur la façade du palais Bourbon durant l’occupation :
        «Deutschland siegt an allen Fronten» («L’Allemagne est victorieuse sur tous les fronts»)
        « Sur tous les fronts… »

      3. La France est à droite à 60 %

        Ouais, surtout les vieux commerçants, artisans, chefs d’entreprises et agriculteurs ; et eux se déplacent massivement pour voter contrairement aux employés et ouvriers qui, dans leur plus grande proportion, s’abstiennent.

        Si le Parti Socialiste pratiquait une politique de gauche nous pourrions dire aussi que la gauche possède en grande majorité les régions, les départements, les communes et même le sénat désormais.

        Les français ne sont ni à droite ni à gauche. La majorité d’entre eux sont essentiellement égoïstes, irrationnels, ignorants, désinformés et paresseux. De ce fait ils adorent qu’on leur désignent des boucs émissaires basanés dont l’éradication serait la solution de tous les maux, ils aiment bien leurs droits sociaux mais croient que c’est un du et laissent le soin à d’autres de les défendre ou pas, à l’occasion ils ne rechignent pas à faire les larbins dans la vaine espérance de voir leur ascenseur social personnel se décoincer, et une fois qu’ils sont à la retraite ils s’empressent d’interdire aux autres ce dont eux-mêmes ont pourtant bénéficié pendant toute leur vie.

      4. Sûr que les prochaines législatives vont donner lieu à un certain nombre de tractations « branquignolesques »…

      5. « Les français ne sont ni à droite ni à gauche. La majorité d’entre eux sont essentiellement égoïstes, irrationnels, ignorants, désinformés et paresseux. De ce fait ils adorent qu’on leur désignent des boucs émissaires basanés dont l’éradication serait la solution de tous les maux, ils aiment bien leurs droits sociaux mais croient que c’est un du et laissent le soin à d’autres de les défendre ou pas, à l’occasion ils ne rechignent pas à faire les larbins dans la vaine espérance de voir leur ascenseur social personnel se décoincer, et une fois qu’ils sont à la retraite ils s’empressent d’interdire aux autres ce dont eux-mêmes ont pourtant bénéficié pendant toute leur vie. »
        (Au sud de nul part)

        Enfin une bonne définition de la sensibilité de droite.
        Les notions de droite et gauche sont emmelées, car l’humain – même de droite – a besoin de se percevoir un peu généreux (valeur plutôt de gauche), cf. l’effet « dames patronnesses ».

        Eternel débat droite/gauche.

        Delphin, naturellement gaucher

  5. Pierre Sarton du Jonchay s’exprime là en des termes quasiment compréhensible. On le remercie pour l’effort de compréhension et de retour sur sa production qu’il a effectué.
    « . A un certain degré d’appauvrissement général, le crédit du droit disparaitra totalement. La loi formelle ne sera plus respectable ; la propriété disparaitra de fait entrainant l’impossibilité du crédit, de la monnaie et de toute finance. »
    Je ne crois pas. La propriété en dur n’est pas soumise aux fluctuations de la monnaie. Un toit protège qui l’a, s’il ne rentre pas dans la dynamique de vente ou de spéculation.
    Par ailleurs, si l’auteur pointe bien la corrélation entre valeur perdue de la monnaie et au-delà de la valeur des choses, par le quantitative easing et la spéculation, il semble hésiter quant aux priorités. Redonner une valeur de droit à la monnaie, donc au crédit et aux échanges rétablirait la démocratie. Ou le rétablissement de la démocratie en Europe – et ailleurs..- rétablirait la valeur de la monnaie ?…
    Ceci dit, il serait souhaitable que PSDJ donne un peu des clés en termes d’action citoyenne pour celui qui se contente d’utiliser la monnaie et de vivre, entre lucarne et manifs, la démocratie, pour que des réflexions de haute volée prenne un tour performatif…

    1. Factures, taxes, impôts, huissiers, police, on peut déloger qui on veut quand on veut, pourvu qu’on détienne l’autorité.

      1. C’est pas le paradigme dans lequel s’inscrivait ma remarque…En clair, tu m’as répondu plutôt à côté. wildleech…

  6. Bonsoir !

    Attn Mr PSDJ:

    Quelques réflexions, questions, critiques, étonnements :

    « Ils ne sont plus sûrs de la production réelle qui fera la contrepartie des dépôts, de l’épargne et des primes d’assurance ».
    —>Prennent -‘ils conscience, et /ou admettent -ils ( vous serez , dans ce présent ca s de figure , dans la confidence….) qu’il y a autre « chose » … chose, chose que cette » captation  » par l’economie financière , ce « manque à gagner », cette rivière qui voit son débit diminuer , et son schéma traditionnel et principal, structurant, remis en question par un modification des flux … internes et externes ???? Ou puis- je ressentir cela, cette prise de conscience , cet aveu ( quel lien , quelle(s) personne(s)???

    -… »les acteurs de l’économie réelle n’ont plus de certitude quant à la réalité sous la mesure financière de leurs droits ».
    —> Par acteurs de l’economie réelle, vous parlez de qui ???1/ Personne morale uniquement ??? Ok ! 2/ Personne morale et personne physique ??? Ah bon … êtes – vous sûr ??? êtes vous convaincu par ce que vous avez écrit ??? N’y a t’il pas plusieurs lectures … ou plus exactement, une affirmation trop « simplificatrice » ( désolé, ce n’est pas le bon terme que je souhaitais employer … le bon est sur le bout de la langue … et y reste pour le moment… )

    – « La production ralentit par anticipation de l’insolvabilité des consommateurs et des investisseurs ».
    —> la localisation de cette production permet d’être critique , quant au contenu de cette phrase. Cela constitue un premier paramètre . La nature du produit et sa destination finale ( celle du consommateur final) constituent d’autres paramètres.
    Je parlerai plutôt d’adaptation et/ou de disparition de production(s)… Dès lors, alors que vous soulignez l’anticipation, je souligne cette face de la pièce … et l’autre face. A savoir , l’absence d’anticipation …. La prise en compte de cela , modifie quelque peu les choses… donc les écrits ….

    Bonne soirée !!!

    ps :
    – » Si les citoyens de la communauté politique de l’euro demandent dans leurs prochaines élections l’application de la loi de la démocratie à la finance, ils imposeront aux États, aux banques et à tout emprunteur les conditions de la réalité du crédit : l’obligation d’assurer son crédit par la loi commune de l’euro muté en étalon de crédit ».
    —> sentiment : Il risque y avoir quelques faits divers , ou l’on apprend que la victime s’est suicidée , seule, à l’aide d’une arme a feu, se tirant 2 balles dans la tête …. hum !!!

  7. A propos de la démocratie abolie par la finance, on peut aussi aller voir du côté de l’éducation, un secteur abandonné s’il ne rapporte pas à court terme, notamment aux USA avec ce film de Tony Kaye :

    Dans son dernier film, Tony Kaye se met dans la peau d’un prof perdu pour ausculter un système scolaire à l’agonie. Vertigineux.

     » Chacun fait le constat, connu mais percutant, de l’échec d’un système où les professeurs n’enseignent plus mais maintiennent l’ordre, seuls, face à une administration aveugle, des élèves paumés et des parents absents. Le tout filmé avec un mouvement étrangement instable et des compositions très picturales qui exacerbent les tensions, les angoisses et toutes ces failles que chacun s’efforce de dissimuler. Tony Kaye interroge un monde au bord de la disparition, qu’il compare à la Chute de la maison Usher, de Poe. Un monde dont la fin a commencé « par un murmure, puis plus rien ». Un monde où la dislocation des rapports humains, l’indifférence, la difficulté d’être soi engendrent de la violence brute. « Il y a des jours où la place qu’on accorde aux autres est limitée », relève Adrien Brody. Des jours aussi où le cinéma fouille le renoncement et le fond des âmes, sans limites.  »

    Article

  8. La loi formelle ne sera plus respectable ; la propriété disparaitra de fait entrainant l’impossibilité du crédit, de la monnaie et de toute finance.

    L’inverse serait plus avenant (avenant, pas au sens du contrat) : ne plus respecter le carcan législatif formel en cours relatif au crédit, à la monnaie, à la finance, ce qui fera disparaître certaines formes de propriétés, Il faut au moins une constituante pour régler (réglementer) ça.

  9. Incroyable, le Daily Telegraph(conservateur journal de la city) vote F Hollande.

    French socialists’ Latin revolt against Germany.
    The half-century habits of Franco-German condominium die hard. It is a painful process for French elites to admit that monetary union is asphyxiating their economy and must inevitably trap France in mercantilist subordination to Germany.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/9062509/French-socialists-Latin-revolt-against-Germany.html

    Plus personne ne croit en Sarkozy à part Merkel, à moins que…

  10. Des efforts pour simplifier la lecture, à part sur la fin ou on repart dans les phrases ou on est obligé de relire 3 fois après 2 dolipranes pour être sur d’avoir bien compris.

    Sinon vous décrivez les étapes de la déflation.
    La déflation indique que le système est en mort clinique.
    Le tout c’est de savoir quand il sera débranché….les japonais sont toujours pas débranchés.

    NB : La BCE qui prete aux états comme avant 1973, pourrait obligé les banques commerciales à investir dans l’économie en leur fermant le marché des dettes souveraines et en déclenchant un peu d’inflation à condition que les salaires suivent un peu.

      1. Si les banques investissent dans l’économie, on a l’espoir qu’il y ait des retombées en salaire…..(quelques miettes au moins)

      2. Pourquoi investiraient-ils dans l’économie alors que la spéculation rapporte beaucoup plus et que rien n’est fait par les politiques pour enrayer cela puisqu’ils sont de mèche ???

  11. La peur doit changer de camp.Ils sont si attachés à leur image médiatique entretenue par une presse de plus en plus dévouée(là je parle des politiciens et organes de presse).Pour les financiers,il serait enfin de bon ton de mettre des visages sur cette grande nébuleuse et peut-être qu’avec un peu de temps,certaines langues finiraient par se délier…
    Cela ,ce serait le volet agressif-défensif contre cette amoralité indigne de notre statut d’humain conscient.(hé oui ,je reste optimiste car on ne construit rien sur du défaitisme…)
    Donc des affiches WANTED (Jean-Claude Juncker par exemple) d’abord en Europe , le temps fera son oeuvre pour les autres.
    Parallèlement la théorie de sortie de cadre doit suivre son chemin mais personnellement ,je pense que la nouvelle colonne vertébrale a déjà été plus qu’esquissée ici par de nombreux intervenants de ce blog que ce soit sous la forme d’articles ou d’interventions sur le forum.
    maintenant ,il faut rédiger une nouvelle constitution simple et humaine,compréhensible de la plupart et la diffuser par tout type de moyens.

  12. MERCI Paul Jorion et à tous ceux qui contribuent à cette réflexion….!
    1) Il y a quelques mois, j’ai acheté le capitalisme à l’agonie et la guerre numérique…En décortiquant le prix de ces ouvrages, qu’est-ce que vous percevez au final sur un livre vendu ?
    2) Que pensez des pistes proposées par Bernard Lietaer dans Au coeur de la monnaie ?

    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-les-monnaies-complementaires-2012-02-04

    Merci encore pour votre travail

  13. Dans les conditions actuelles, et sans véritable budget fédéral qui devrait compenser tous les ans ou plusieurs fois par an les différences de recettes des différents pays, l’euro est intenable.
    Et si on n’obtient pas des conditions de collecte d’impôts un tant soit peu équitable, on peut être certain que des péréquations entre pays ne seront pas acceptées et ne seront pas acceptables.
    Si on s’accroche assez bêtement à la monnaie unique, on n’aura ni la paix ni la prospérité.
    Les industries les plus exportatrices continueront à marginaliser les industries qui produisent d’une façon non compétitive dans les pays d’Europe du Sud sans qu’une politique monétaire adaptée à ces pays puisse y remédier.
    C’est pourquoi l’euro reste une aberration économique et sociale.

    1. Ah! Le business a les idées claires! Si même la droite s’y met…. L’heure de vérité, c’est donc tout à l’heure.

      Nb : pour les amateurs de paris et d’analogies : RTE : le Var est en « rouge »; appel à chacun pour qu’il modère sa consommation d’électricité. Pour ma part, je parie que les plombs vont sauter.

  14. A l’intérieur d’une nation, la solidarité interrégionale peut s’exercer sans trop de remous. Exemple : le large subventionnement de la Corse par les gouvernements français quels qu’ils soient, est accepté par l’Ile de France, le Poitou ou PACA sans qu’on en entende vraiment parler, à part Raymond Barre qui s’était lâché à dire aux Corses : si vous voulez votre indépendance, prenez la !

    Les pays de l’UE sont des nations avec chacune leur langue, composante essentielle de la culture, en tout cas de la compréhension mutuelle. Entre elles, il est inconcevable que la solidarité soit forcée de l’extérieur comme elle le serait vis-à-vis de l’Allemagne en cas de création d’euro-bonds ou de monétisation brutale de la dette. Le flux de l’aide et le choix du ou des pays bénéficiaires doit rester de la maîtrise stricte de pays qui accorde l’aide. C’est absolument essentiel pour tuer dans l’œuf toute animosité entre pays.

    C’est là qu’il manque un pilier dans la construction de la zone euro. Un pays dont la balance des paiements serait chroniquement déficitaire par rapport à un autre, devrait pouvoir dire au pays excédentaire avec lequel il commerce, l’Allemagne par exemple : « désolés, nous ne sommes pas assez riches pour vous acheter vos Mercédès ». Mais cela reviendrait à recréer des droits de douanes sur certains produits, différents selon les provenances, arbitraires dans leurs montants, plus ou moins éphémères…A dire vrai, une machinerie irréaliste….

    Si j’ai bien compris, le bancor aurait la même finalité mais ne serait pas plus simple à gérer. De plus, les actualisations à date fixe de la valeur des monnaies nationales seraient inévitablement l’objet d’une spéculation infernale, à moins de verser dans des méthodes autoritaires impensables en Europe…

    L’accord du 9 décembre 2011 est sans doute le bon compromis : obligation pour les États d’aller rapidement vers le déficit zéro, maintien hors de l’eau des banques et des États par la BCE quitte à ce qu’elle accepte des contreparties douteuses et enfin en filigrane et à titre d’encouragement, promesse de monétisation (c’est-à-dire de destruction) progressive de la dette des pays respectant durablement la règle d’or…Vu les statuts de la BCE, c’est aujourd’hui l’Allemagne qui tient la corde du garrot permettant de doser le rythme de ce parcours…

    1. A l’intérieur d’une nation, la solidarité interrégionale peut s’exercer sans trop de remous.

      Tu devrais examiner le cas actuel de la Belgique, et le cas un peu plus ancien de l’Italie.

      Pendant longtemps c’est la Wallonie qui a financé la Flandres. Actuellement c’est l’inverse. Z’ont oublié ! Donc veulent s’émanciper.
      Kif-kif l’Allemagne actuellement : c’est le reste de la zone euro qui finance (ou a financé) son excédent commercial. Eux aussi, z’ont oublié.
      Cherche combien a coûté au reste de l’Europe la réunification allemande, et tu m’en diras des nouvelles.

    2. @erreipg,

      Entre la proposition du bancor de Keynes et l’euro muté en étalon de crédit et de règlement européen, il y aurait trois différences fondamentales. Premièrement, Keynes raisonnait dans le contexte de la domination anglo-saxonne du monde laquelle est justement en échec aujourd’hui (émergence de l’empire chinois). Deuxièmement, l’Union Européenne est en droit une association libre de démocraties nationales dotée d’une structure de gouvernance commune contrôlée par un pouvoir législatif autonome et un pouvoir judiciaire collectif séparé. Troisièmement, la finance a développé toute une technologie de négociation du risque de crédit des États, des banques et des entreprises multinationales.

      Toutes les conditions objectives sont actuellement réunies pour instituer une compensation mondiale du crédit telle que proposée par Keynes en 1944 dans la chambre de compensation internationale en bancor. Techniquement, cette compensation serait prise en charge par l’UE en tant qu’unique organisation étatique multinationale de démocraties formelles. Les États-Unis sont une république impériale non démocratique à l’extérieur de ses frontières. La Chine est un empire sans institutions démocratiques.

      La compensation mondiale du crédit en euro exige une seule décision de pure subjectivité démocratique : déprivatiser le marché financier européen. La création d’un marché financier réel en euro (et non virtuel comme actuellement) consiste simplement à retirer aux banques et aux pouvoirs des Etats nationaux la négociation de l’équilibre des prix. Le marché financier européen libre fondé sur l’égalité des droits entre tous les emprunteurs consiste à inscrire dans une chambre de compensation publique surveillée par la BCE, le parlement européen et les pouvoirs judiciaires européens, toutes les négociations de crédit.

      Pour que la compensation puisse effectivement produire un équilibre des prix du crédit, il faut que les États nationaux soient financièrement responsables de l’équilibre du crédit à l’intérieur de leur propre périmètre de souveraineté ; donc que l’euro serve à la fois à garantir et calculer objectivement cet équilibre du crédit entre la dette publique, les banques et l’économie réelle de la production. Les États nationaux ne peuvent pas être concrètement responsables sans monnaie nationale. La parité internationale doit varier selon les erreurs et les bénéfices de la responsabilité nationale.

      Si les États européens sont responsables vis-à-vis des peuples européens et non-européens de tous les crédits contractés sous leur souveraineté, alors ils font coter les dettes nationales en euro par la parité monétaire nationale. Le prix international de la monnaie nationale est calculé par le marché financier européen sous le contrôle de la démocratie multinationale européenne qui n’est pas la simple somme des intérêts nationaux particuliers ; qui n’est pas une lutte européenne de clans politiques nationaux pour se partager les avantages du pouvoir politique derrière une façade démocratique.

      La déprivatisation du marché financier européen rendrait immédiatement transparents les flux de capitaux en euro ; lesquels exprimeraient par les parités monétaires en euro de l’euro-drachme, de l’euro-lire, de l’euro-franc et de l’euro-deutschmark, de l’euro-livre, du dollar, du yuan et du franc suisse le prix de la responsabilité politique du crédit. Les techniques de négociation et de calcul des primes de crédit, primes de change et primes de capital sont parfaitement connues et maîtrisées et par le pouvoir politique et par la finance. Le marché financier européen public et unifié consiste simplement à abolir les privilèges politiques et financiers par la démocratie multinationale.

      Comme le rappelle régulièrement Paul Jorion, nous sommes en 1789 où les États Généraux (les conseils et commissions européens) ont été convoqués. Les caisses sont vides à cause de l’irresponsabilité publique et des privilèges fiscaux (États et banques européens illiquides). Il y a deux solutions pour résoudre le problème. La solution actuellement retenue est le maintien de séparation de la société par états (pouvoir politique et pouvoir bancaire exemptés de contribution fiscale ; charge fiscale accrue sur le tiers-état constitué des individus nationaux n’ayant pas accès à l’espace financier international).

      La solution alternative est purement politique : réunifier les états économiques sous une délibération égalitaire du crédit dans un marché européen commun transparent à la démocratie. Faut-il que les peuples européens abattent une nouvelle bastille pour faire comprendre ce qu’ils veulent ?

      1. Les solutions proposés sur ce blog passent toujours par une tentative de réduction de l’ ALTERITE . Ce qui est normal, puisque cette altérité est la seule source de vie …sorte de difference de potentiel servant a créer une énergie …source aussi de l’ économie ….(entropie)
        Le gros problème vient de ce que vos solutions épuisent l’ALTERITE par un nivellement .
        L’ Alterité s’use quand on s’en sert ? ben oui , ds le modèle que vous tenez a conserver , le modèle qui se globalise , le centralisme , les spécialisations etc ….
        Dans la « vrai » vie , la naturelle , celle qu’il suffit de regarder autours de nous , le modèle de gestion est morcelé, et si l’ ALTERITE est aussi la source de vie , d’échanges , d’ économie , …..elle se reconstitue perpetuellement en limitant l’ entropie.
        (Je sais , je me répète , ..mais c’est juste pour faire avancer le Schmilblick ..enfin , tenter ..avoir bonne conscience ….c’est dur le messianisme !! )

      2. @ Kercoz
        « Les solutions proposés sur ce blog passent toujours par une tentative de réduction de l’ ALTERITE .  »
        Il me semble au contraire que PDSJ propose une augmentation de l’altérité avec le retour des monnaies nationales européennes et leur compensation au niveau européen par un mécanisme de type bancor.

         » Dans la « vraie » vie , la naturelle , celle qu’il suffit de regarder autours de nous , le modèle de gestion est morcelé, et si l’ ALTERITE est aussi la source de vie , d’échanges , d’ économie , …..elle se reconstitue perpétuellement en limitant l’ entropie. »
        Thom ne dit pas autre chose (et en prime il propose des modèles de morphogénèse). A chacun son messianisme!

  15. Malheureusement aucun de nos candidats à la présidentielle ne revient à la souveraineté,et à un Euro unité de compte…Les autres auront beau jeu pour nous mener jusqu’au bout c’est à dire à la situation de La Grèce…..Quant à notre président il va promener un modèle (vous savez de ceux qui s’effondrent du jour au lendemain comme en Irlande ,en Italie,Espagne) et les Hollande et Cie en baveront de Jalousie..Pas marrant d’avoir affaire qu’à des gens intéressés à leur carrière et aussi incompétents

  16. « Concrètement, l’émission de la monnaie doit revenir sous une double conditionnalité de la liquidité du crédit. »

    « Le marché financier du capital, du crédit et de la monnaie peut être remis sous le contrôle public de la démocratie. »

    La centralisation de la Création monétaire est un problème élémentaire : Elle favorise la centralisation du pouvoir l’affaiblissement de la démocratie. Elle favorise les organisations et les personnes proches de la source monétaire (Les banques…) et défavorise le peuple dans les périodes inflationnistes l’inflation.

    La décentralisation de la création monétaire est, a mon avis, une des clefs pour l’établissement d’un système juste est stable. La création monétaire, sous le contrôle du politique, directement dans les poches du peuple. Des états qui se financent par l’impôt exclusivement, et des banques qui gèrent les placements et dépôts avec une réserve à 100%.

    Le contrôle de la masse monétaire est bien plus simple que dans le système actuel et la stabilité infiniment meilleure. Toute création exagérée créé une inflation des prix qui est largement compensée par une hausse des moyens du peuple. Seuls les rentiers sont touchés par les effets de l’inflation.

    Ceci dans une économie de marché décapitalisée et apaisée…

    Qu’en pensez-vous ?

  17. question idiote qui me taraude, moi qui essaie de tirer de vos articles, (que j’absorbe parce qu’ils me sont de plus en plus lisibles malgré mes manques en matière économique et aussi votre souci d’une translucide clarté), une ration frugale de nourriture :

    Existe-t-il une balance qui pèserait d’un côté les milliards de milliards de monnaie en circulation à tous les niveaux de l’économie et de la finance, et de l’autre côté les biens réels qui devraient être leurs support, y compris des projections raisonnables de développement non entaché de fraudes ou de pourrissements ou de délitements de tous ordres ?

    Je ne sais si le modérateur va laisser passer mon balbutiement. que je sais obscur, mais qui sait ?

    1. C’est tout le problème du signe monétaire comme tel et de son histoire. Bien sûr qu’un signe renvoie à un référent qu’il est donc sensé mesurer avec un instrument « fiable » et de surcroît pour quelqu’un d’objectivable.
      L’ennui est qu’il n’existe pas ou plus d’instrument fiable puisque la fiabilité suppose un étalon qui fait défaut. De surcroit le quelqu’un d’objectivable fait aussi défaut sinon sous une forme statistique moyenne, et même à la louche anticipé pour le futur, forme statistique qui englobe l’individu bien identifié par les coordonnées définies de sa personne.
      Or c’est celui là, chacun, qui aspire à un ordre revendiqué comme plus juste, statistiquable voire comptabilisé lors de ses « achats » politiques.
      Il n’y a donc pas de rapports exacts entre la masse des signes monétaires circulants et la masse des objets dits de richesse auxquels ces signes monétaires sont sensés attribuer une valeur, c’est nécessairement un cote mal taillée et de différentes façons depuis la nuit de temps.
      Par contre c’est du coté du prix, de temps en temps lors d’un échange singulier entre 2 quidam, qu’un rapport ponctuel est établi entre un objet et son prix du moment ce qui ne dit rien, vous en conviendrez, du rapport entretenu dans un temps « t »par la somme de tous les objets existants (tel un vide-grenier mondialisé) et la somme monétaire circulant au même moment toutes devises confondues.
      Je doute même qu’une telle évaluation mondialisée puisse être autre chose qu’une forme de savoir délirant. L’à peu près fonctionne dans les échanges langagiers et c’est quand l’écart est trop grand que ça finit par poser problème, idem pour la monnaie, mais on n’a jamais rencontré un coffre fort confisquant une richesse langagière.
      Mais je ne suis pas économiste.
      Et P. Jorion a sa réponse dans L’argent.

    2. @hafidi jacqueline,

      Votre question me paraît très fondamentale. Si cette balance existait, établissant l’équilibre mondial de la monnaie et des biens disponibles à la vente, on verrait immédiatement la disproportion croissante dont la crise est la manifestation : d’un coté une masse de signes monétaires enflant démesurément et de l’autre une production de biens réels en déclin voire en décroissance.

      Si cette balance existe elle est immatérielle à l’intérieur de nos intelligences individuelles. Elle résulte du prix que nous attribuons à chaque chose réelle ou imaginaire, présente ou future, possible ou impossible. Pour établir cette balance consolidée sur 7 milliards d’habitants de la planète on ne peut procéder que par approximation.

      La première approximation porte sur les choses auxquelles il soit rationnel d’attribuer un prix. Les hommes ne sont clairement pas d’accord sur ce sujet. Il n’existe pas de définition universellement reconnue de ce qui est bien et de ce qui ne l’est pas. Ce problème est approximativement résolu par la multiplicité des monnaies. Si quelque chose est considéré comme un bien quelque part, alors elle s’achète et se vend à un prix en monnaie. La monnaie circulant dans un espace confirme que les choses qui s’y échangent sont des biens réels pour ceux qui les achètent ou les vendent.

      La deuxième approximation porte sur l’interprétation du signe monétaire. Si une même chose a deux prix dans deux monnaies différentes, quelle unité de compte faut-il retenir ? Si les objets de prix sont très différents entre deux monnaies distinctes, laquelle des deux monnaies est la plus représentative des choix humains ? Ce problème est approximativement résolu par la convertibilité des monnaies. Le change des monnaies dans l’espace mondial détermine des taux de change mesurant la relativité des prix de tous les biens possibles pour n’importe qui.

      Mais la convertibilité des monnaies introduit la possibilité de signifier le prix de choses qui n’existent pas. Ainsi les banques internationales affichent dans leur bilan plus de monnaie disponible qu’il n’y a de biens réels en cours de production et de vente. Elles font croire à l’existence de biens réels par des emprunts en devise sans contrepartie vérifiable. Par exemple les banques européennes empruntent à leurs filiales étrangères des dollars qui ne représentent rien. La loi étatsunienne n’oblige pas à prouver la réalité d’une contrepartie à un paiement en dollar.

      Pour que la convertibilité des monnaies ne soit pas la libre représentation par les banques de ce qui n’existe pas, il faudrait un marché international du crédit. C’est à dire un espace organisé d’échange où n’importe qui de n’importe quelle nationalité puisse vérifier qu’un crédit bancaire est bien la représentation du prix d’un bien véritable en production effective afin d’être vendu. Si ce marché international du crédit existait, la troisième approximation permettant de calculer la balance que vous demandez serait explicite ; c’est à dire rationalisable ; c’est à dire intelligible dans les mêmes conditions par tout être humain.

      Les conditions d’existence d’un espace international de mesure objective du crédit sont tout à fait connues et réalisables. Il faudrait une monnaie internationale qui ne soit pas contrôlée par une nation ou un état particulier ; par exemple l’euro ou le DTS (droit de tirage spécial du FMI). Il faudrait un marché international public de capitaux où les flux soient visibles et mis en correspondance avec des biens réels comptant et à terme. Enfin, ils faudrait des États de droit réellement au service de l’intérêt général qui ne puissent pas être achetés par des puissances financières.

      Notons qu’un marché financier international public fonctionnant avec une monnaie explicitement multinationale comme l’euro réalise de facto la séparation du pouvoir politique et du pouvoir financier. Si les États de la zone euro empruntent sur un marché public contrôlé par un pouvoir politique confédéral indépendant des gouvernements nationaux et des banques, ni les États nationaux, ni les banques ne sont plus libres de trafiquer leurs comptes pour contourner une loi financière européenne commune.

      Il n’existe donc pas de balance universelle de mise en comparaison de la monnaie aux biens réels. Mais cette balance peut parfaitement être créée par compensation des trois approximations du droit, des prix et de la convertibilité des monnaies nationales. L’Union Européenne peut sans la moindre difficulté décider de mettre en œuvre cette balance. Il suffit de créer un marché financier public en euro sous le contrôle d’une autorité politique confédérale appliquant la législation du parlement européen.

      Cette réforme ne se fait pas pour des raisons que tout le monde connaît. Les pouvoirs politiques et financiers en place ne veulent pas perdre le privilège de contourner les lois nationales par la non-régulation des monnaies et du crédit. Les pouvoirs politiques nationaux conservent la totalité de la souveraineté pour maintenir l’espace international hors des obligations de la démocratie. Enfin la finance s’approprie la richesse collective en niant la possibilité d’existence d’un intérêt général autonome des intérêts privés ; intérêt général qui ne peut pas être matérialisé sans une monnaie internationale échappant aux intérêts particuliers financiers et nationaux.

      Notre monde se trouve dans une configuration sociale et politique très classique de lutte frontale des riches contre les pauvres. Les riches neutralisent le pouvoir politique en s’appropriant l’émission de la monnaie. Les responsables politiques désireux de promouvoir le bien commun qui enrichirait les pauvres mais aussi les riches sont privés de crédit. Les pauvres ont donc le choix entre se révolter contre la loi des riches ou accepter la paupérisation que les riches jugent nécessaire pour échapper à la malédiction de la pauvreté.

      La richesse n’étant plus dans le bien vivre ensemble mais dans l’accumulation de monnaie, les riches privent par la surévaluation réelle de la monnaie (masse monétaire nominalement disproportionnée aux biens réellement produits) les plus pauvres des biens réels qu’ils peuvent produire. Cette situation est créée par la globalisation économique et monétaire qui n’est pas une mondialisation du droit et de la politique. Pour mondialiser le droit de la démocratie, il faut et il suffit que la monnaie soit alignée sur l’état de droit par la délimitation des marchés locaux dans un marché financier européen public. Ce marché financier pourra devenir mondial quand les États-Unis et la Chine auront renoncé à leur impérialisme.

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