68 réflexions sur « OPINEWS.COM, Faudra-t-il se serrer la ceinture en 2012 ?, le 3 janvier 2012 »

  1. Paul Jorion , economiste , anthropologue , sociologue et………..GEEK !!!!
    M’étonnerait pas qu’il soit anonymous……..

  2. À l’heure du méridien de Green wishes de passer à table et de desserrer la ceinture, il reste cette expression qui fait recette sur le blog, le sert vos collectifs.
    Des recettes de cerveaux ça ne manque pas, avec du mouton , du porc
    de l’agneau
    du veau.
    On a même conservé un curieux souvenir des canuts
    Mais pour ce qui nous occupe il n’y aurait pas d’inconvénient à modifier l’orthographe de l’utopence en Utopense en hommage à More.
    Plutôt que le plat du cerveau collectif, le « communisme intellectuel » serait une expression plus adéquate, non ?, à consommer sans modération ?
    Bon appétit.

  3. @ Paul
    Je connais votre opposition à un retour à une situation d’avant 1973 en matière d’emprunt à taux zéro auprès de la banque centrale, au motif que les États ne doivent pas dépenser plus qu’ils ne gagnent.
    Appliqué à un ménage, cela revient à la situation classique ou l’on emprunte avec intérêt pour l’achat de sa maison.
    Pour un État, je ne vois pas en quoi le fait de créer de la monnaie pour construire – disons – 1 million de logements (soit 200 000 milliards à 200 000 € pièce), puis de détruire cette monnaie à mesure que les loyers ou le produit de la vente revient à l’État, serait une source de dérapage des comptes publics.
    Si l’opération se déroule sur 20 ans, au bout des 20 ans, c’est une opération blanche sur le plan du budget de la nation, mais 1 million de logements ont été construits et cela n’a rien coûté au contribuable.
    Ou est l’erreur selon vous ?

    1. Je connais votre opposition à un retour à une situation d’avant 1973 en matière d’emprunt à taux zéro auprès de la banque centrale, au motif que les États ne doivent pas dépenser plus qu’ils ne gagnent.

      Parce que si je ne m’abuse, PJ n’est pas anti-capitaliste, au contraire il veut sauver le système capitaliste des ses errements actuel. Je crois avoir compris qu’il ne souhaite pas la fin du capitalisme, il veut le refonder.

      1. Mais avant 1973, en France, ce n’était le communisme que je sache, ou alors j’ai raté quelque chose.
        Le fait d’emprunter à taux zéro pour un État n’a rien à voir avec la nature du système, mais le fait d’obliger les États à emprunter – avec intérêts – auprès des banques ou auprès des spéculateurs, j’appelle cela une prédation au détriment in fine du contribuable.
        Cela crée de l’argent-dette, au bénéfice des banques, dette qui ne peut que grossir sans fin jusqu’à la faillite finale, avec entretemps la prédation à tous les étages et le démantèlement des services publics.

      2. C’est ce qui au bout du compte peut étonner. Quadrature du cercle, travail de Sisyphe ?…
        D’un côté on analyse une agonie du capitalisme, analyse qui me parait imparable.
        Et par ailleurs on semble se désoler que les « décideurs » – mais, c’est vrai, ils ne décident de rien, – n’aient pas pris le taureau par les cornes.
        Mais, pour reprendre l’argumentation première, c’est là dans la nature des choses puisque ledit système est « à l’agonie ».
        De quel chapeau magique surgirait alors le ou les sauveurs suprêmes puisqu’un système moribond est justement incapable de générer les éléments nécessaires à sa survie ?
        Que cette disparition promise passe par des horreurs, c’est là une vieille promesse des capitalistes. Sans eux cela va être terrible et on sera bien malheureux. L’ennui c’est qu’avec eux on l’est déjà, entrainé dans une spirale sans fond.

      3. @Macarel et Paul

        « Je crois avoir compris qu’il ne souhaite pas la fin du capitalisme, il veut le refonder. »

        Il faudrait que Paul clarifie sa position concernant cette idée. A-t-elle un sens pour un chercheur en sciences sociales ?

      4. @MerlinII

        Personnellement, je suis d’accord avec vous. Mais il semble que sur ce blog ce point de vue ne soit pas très prisé.

        Mais avant 1973, en France, ce n’était le communisme que je sache, ou alors j’ai raté quelque chose.

        Non ce n’était que de l’économie mixte, mais il y a eu depuis une telle dérive droitière de l’ensemble de l’échiquier politique, que se réclamer de l’économie mixte aujourd’hui vous classe à l’ultra-gauche !
        C’est incroyable pour ceux qui ont quelques années derrières eux, mais c’est ainsi. Notre monde occidental s’est globalement foncièrement droitisé depuis la fin des « Trente glorieuses ». Plus particulièrement les mentalités.
        Pour en revenir à la loi de 73, je ne suis pas choqué par le fait que l’ Etat puisse emprunter à la banque centrale à taux zéro, si c’est pour préparer l’avenir de la société. Bien entendu pas pour financer des dépenses de fonctionnement, mais investir pour l’avenir cela me semble plutôt sain. En tout cas beaucoup plus sain que spéculer sur le malheur des gens et prêter à des taux usuraires.

      5. @Macarel

        Conclusion dudit billet: « Confions à ces personnalités la tâche de proposer les moyens de refonder le capitalisme et, devraient-elles conclure que la tâche est irréalisable, celle de décrire pour nous le système qui devrait venir à la place.« 

    2. Merlin l’enfanteur II monnaie,

      Pour un État, je ne vois pas en quoi le fait de créer de la monnaie pour construire – disons – 1 million de logements (soit 200 000 milliards à 200 000 € pièce), puis de détruire cette monnaie à mesure que les loyers ou le produit de la vente revient à l’État,

      bon, 200 milliards seulement, mais dites moi, l’État d’avant 73, il en a détruit beaucoup de votre monnaie-dette ?
      Et puisque vous parlez de politique de logement il parait que c’est à partir de 1961 que l’État a renoncé à ajuster cette politique vitale avec les projections démographiques et commencé d’abandonner le logement au marché immobilier, aux banques. Bien avant 73 donc. Il est vrai qu’immobilier dérégulé, finance ombragée, sociétés foncières vérolées, promoteurs parfumés au soufre et partis gaullistes faisaient bon ménage, d’après c’qu’on raconte…

      1. 200 milliards, c’est un exemple. La construction de logements, c’est un exemple.
        La politique de de Gaulle, il y aurait beaucoup à dire…
        Mais ce que je veux dire c’est qu’un gouvernement « honnête », respectueux de ses citoyens (et mandaté pour cela), ne devrait avoir à quémander sa monnaie auprès des spéculateurs de tout poils (et étrangers de surcroît).
        Point barre.
        Et que le FN, ou Dupont-Aigan, ou Mélenchon, ou d’autres soient sur cette même ligne, hé bien tant mieux (55 % de NON au traité machin-bidule de 2005 !!)
        Un État souverain doit être souverain de sa monnaie.
        L’Europe, l’Europe, l’Europe disait de Gaulle. On voit ou elle en est l’Europe des marchands.

      2. Encore une chose Vigneron.
        Je ne comprends pas bien le fil de votre pensée.
        Parce que le gaullisme était loin d’être parfait (ça on le savait) alors il faudrait jeter le bébé avec l’eau du bain ?
        Parce que l’immobilier est un terrain de chasse des spéculateurs, alors il faudrait que l’État se mette dans la main des spéculateurs pour investir ?
        Avec quel argent par exemple va-ton massivement investir dans les énergies alternatives comme on l’a fait en son temps pour le nucléaire ? On attend d’être dégradé par Moody’s & Co ou on demande à Jupé / Rocard un nouveau grand emprunt ?
        Et pour le recherche médicale ? Desproges disait pour les missiles, il y a l’impôt. Pour le cancer on fait la quête.

      3. c’est à partir de 1961 que l’État a renoncé à ajuster cette politique vitale avec les projections démographiques et commencé d’abandonner le logement au marché immobilier, aux banques.

        Ben ouais.
        C’est à dire, à partir du moment où lâché par la gauche (attention quand je dis « gauche » là je dis MRP, chrétien-démocrate en français moderne, c’est vous dire le gauchisme), De Gaulle amène au pouvoir un des trois co-auteurs de ladite loi de 1973 : Pompidou.

        Serait-ce un hasard ?

      4. Merlin, vous ne répondez à aucune des objections. Et tant qu’on y est, dites moi donc pourquoi l’État français, le glorieux, celui d’avant l’appel obligatoire au marché financier, lançait des emprunts auprès du bon peuple (français ! rassurez vous…), emprunts qui lui coûtaient infiniment plus cher que ce qu’ils lui coûtent aujourd’hui. D’ailleurs les français l’ont bien compris, ils empruntent pas cher à l’étranger et ils prêtent cher… à l’étranger didonc !

      5. Leoned, révise ton histoire de France, Pompidou (et c’était pas le pire ! y’avait les Pinay, les Debré, les Foccart, les Rueff & co dans le pack.. ) était tout proche de de Gaulle en 58 (depuis 46 en fait), directeur de cabinet, pas moins.
        .. La gauche n’a rien à voir là-dedans. Et le MRP dém-chrétien participait toujours aux derniers gvts Debré comme au premier gvt Pompon; ça n’est qu’après la conférence anti-européenne de l’Étoilé en mai 62 que les ministres Mrp démissionnèrent avec Schumann. Et 61 c’est aussi le moment où Pisani a été appelé rue de Varenne, non ?

      6. @ Vigneron (son 2ème message à moi adressé)

        Je sais tout ça, j’y étais !
        Sauf que ça change rien à ce que j’ai dit !

        (Je n’exonère ni Rueff, ni Pinay, etc.) Je dis juste que De Gaulle a basculé à droite (tendance naturelle chez lui) à ce moment-là précisément.

        C’est tout.

      7. Eh bé c’est la preuve qu’on peut y avoir été et n’avoir rien vu, rien compris, puisque de Gaulle a toujours été à droite, la droite bonapartiste certes mais la droite, bien plus encore que son confident Pompidou ou que son ministre des finances Giscard, voire que son préfet chéri Papon…
        Je ne vous ferais pas d’offense en vous rappelant comment René Raymond dans son bouquin sur Les Droites en France qualifiait le RPF d’avant 58 : l’avatar gaulliste le plus proche de «ce qu’en France on a l’habitude de qualifier de fascisme».

    3. Supprimer les privilèges de l’Etat emprunteur pour le ramener au rang des autres emprunteurs, à savoir entreprises et particuliers, était une condition obligatoire à la création d’un Grand marché avec sa fameuse concurrence loyale et non faussée. Et plus encore au moment de la création de la monnaie unique.
      Pourquoi ? Parce qu’il existait et qu’il existe encore beaucoup d’entreprises publiques du domaine concurrentiel (exemple : EADS) et de plus en plus d’entreprises privées intervenant pour remplir des « Missions d’intérêt général » après le démantèlement des monopoles (EDF vs Poweo, La Poste vs autres banques et transporteurs, SNCF vs ses concurrents, etc..). Or, par justice vis à vis des autres compétiteurs français et européens, il fallait que les entreprises à capitaux publiques ne puissent pas être accusées de se financer au taux étatique (zéro), alors que les autres se finançaient au taux du marché.

      Imaginez le barouf que ferait Boeing si Airbus était encore dans cette configuration d’avant 1973. L’entreprise serait vite condamnée par toutes les institutions européennes et internationales…

      Cependant, même quand le Traité sur la règle d’or sera appliqué, rien n’interdira à l’Etat d’avoir de courtes périodes de déficit budgétaire à condition d’avoir aussi des périodes d’excédents.

      1. Merci erreipg pour l’explication.
        Cela a le mérite de la cohérence, du moins pour le secteur concurrentiel (avions, autos..)
        Raison de plus pour poser clairement le rôle des services publics et les mettre « hors marché », au risque de dénoncer le traité de Lisbonne
        Je pense que ce serait là une des tâches majeures du futur Président, s’il en le mandat et la carrure. (si on veut du référendum, en voilà un).

    4. Je suis étonné que ce que je dis soit apparemment si difficile à comprendre.

      Si quelqu’un entend sauver le capitalisme, il faut qu’il applique les principes définis dans le discours du Toulon (si quelqu’un se fiche de l’avenir du capitalisme, il peut ignorer le discours de Toulon).

      Or, nos dirigeants affirment vouloir sauver le capitalisme, mais font l’exact inverse de ce que propose le discours de Toulon.

      Leur comportement requiert explication. Une explication possible est que le capitalisme ne peut pas être sauvé.

      Je propose qu’une commission réponde à la question : Le capitalisme peut-il être sauvé ? Deux réponses possibles :

      Oui. Et dans ce cas-là, pourquoi nos dirigeants font-ils le contraire de ce qu’il faudrait faire ?

      Non. Et dans ce cas-là, le comportement de nos dirigeants n’a aucune importance, mais il faut que nous fassions des propositions relatives à ce qu’il faudrait mettre à la place.

      J’ajoute que je suis intéressé de la même manière par les réponses des partisans du Oui et du Non.

      1. La question pourrait se poser autrement. Ma version :
        Qu’est-ce que tiennent réellement à préserver du capitalisme ceux qui veulent et pensent pouvoir le sauver par sa « refondation » ?
        Et qu’est-ce que les autres, ceux qui ne croient pas en une refondation, proposent pour préserver ou remplacer les aspects jugés positifs par les tenants de la première option.
        Sachant que dans les deux cas, refondation ou nouvel édifice, il faut bien passer par un stade commun : démontage de l’édifice existant. On change pas les fondations sans toucher sévèrement aux structures et superstructures…
        De la même façon qu’il serait bien couillon de construire du nouveau sans recycler un minimum de briques du bâtiment démonté ou détruit…
        En attendant, pas d’lézard, ne lézardons pas, les lézardes d’élargissent, à c’qui paraît…

      2. Je suis étonné de votre étonnement (sauf s’il est feint). Vous prenez au sérieux le discours de Toulon, qui n’a pas été sérieux puisque vous constatez vous-même qu’il n’a eu comme conséquences que l’inverse de ce qu’il annonçait.
        Quand un acte fait le contraire de ce qu’une parole anticipe, annonce, vous conviendrez qu’il ne s’agit pas du célèbre « je fais ce que je dis, et je dis ce que je fais » (Si tant est qu’on suppose alors le locuteur-acteur dans la meilleure position pour juger du sens de ses paroles comme de ses actes – ce qui est exclu d’être le cas puisque son « je » dissimule alors le « il » du commentateur).
        Vous souhaitez une explication : là encore vous supposez que le locuteur-acteur serait dans la meilleure position pour vous répondre. Pourquoi ne l’a t-il pas déjà fait ?
        S’agit t-il d’indicible (il est des choses pour une foultitude de raison qui sont tues, c’est banal dans les histoires d’agonie d’un être cher, et vous pourriez imaginer que le capitalisme est cher à nos dirigeants puisqu’ils n’ont jamais proposé de l’abandonner depuis le temps que d’autres cherchent à s’en séparer. Y a même un économiste qui a évoqué l’euthanasie du rentier mais pas du capitalisme, quoiqu’ils se soutiennent semble-t-il.
        Il est bien tard pour attendre un mot d’explication des dirigeants. Motus et bouche cousue. Par contre les commentateurs sur ce silence peuvent s’en donner à cœur joie, et les interprétations circulent.
        Si votre proposition qui est une demande, n’est pas suivie d’effets, ni de justification du refus de l’acte, le silence ouvrira à nouveau la porte à la circulation des commentaires. J’espère qu’elle tient à plus consistant que le quand-à-soi.
        Une forme d’interprétation du silence qui se répand sur le blog, est qu’on prolonge le mourant dans la discrétion. Qui n’a pas entendu de plaintes sur l’acharnement thérapeutique, ne peut rien entendre de ce que certains grecs font savoir.
        L’alternative clefs en main ( votre « mettre à la place ») tient de la brochure de voyage organisé en terra incognita, alors qu’on dispose de bribes de rêveries visionnaires, de rapports douteux d’explorateurs, et cartes peu fiables, et surtout de peu d’inscriptions.
        Ça n’empêche pas de mettre un pas devant l’autre, le premier étant décisif pour la destination espérée. Les aventuriers existent, vous en êtes : éclaireur !

      3. Je vois les choses ainsi concernant l’absence de volonté de sauver le capitalisme de la part des dirigeants
        :
        Les dirigeants (et leurs alliés et mentors capitalistes) ne veulent plus sauver le capitalisme car ils se rendent compte qu’en le sauvant ils se mettraient en position d’inverser un rapport de forces au profit des salariés et, étant donnée l’impossibilité d’atteindre le plein emploi, les salariés pourraient s’engager alors sur la voie de réformes institutionnelles profondes comme celle impliquant une deconnexion entre travail et revenu. Autant dire que le système capitaliste opérerait une mutation qui le rendrait méconnaissable. Le point clé ici, le préalable, c’est que soit mis un frein au mécanisme de la concentration des richesses notamment à l’aide des quelques préconisations proposées par Paul Jorion. Toujours est-il que le débat public, une fois le dispositif nouveau mis en place, pourrait alors prendre une forme plus équilibrée, les différentes forces correspondant aux différents acteurs sociaux s’annulant mutuellement. De vraies solutions peuvent enfin émerger c’est à dire des solutions de nature à répondre aux grands défis auxquels l’humanité est confrontée. Bref, c’est la voie de la raison démocratique qu’en désespoir de cause les dirigeants alliés des capitalistes abandonneraient à son triste sort.

        Avec cette stratégie du choc, celle qu’on observe aujourd’hui, c’est la politique de la terre brûlée. Le capitalisme continue de se déliter, chacun, de son coté, pensant tirer les marrons du feu, quitte alors à abandonner le terrain même du capitalisme, c’est à dire toutes les institutions qui le sous-tendent, pour s’accaparer les richesses qui peuvent l’être, sans véritables perspectives, si ce n’est peut-être pour les plus idéologues d’entre eux (extrême-droite ?), de reconstituer une féodalité. Le risque étant tout de même pour les capitalistes et la classe dirigeante de provoquer un chaos social tel qu’ils ne parviendraient pas à leur fin, la révolution prenant le dessus, avec cette fois le risque qu’une nouvelle aristocratie remplace l’ancienne.

        Il me semble que cette alternative avec d’un coté une stratégie du choc, et de l’autre la mise en place d’un processus réparateur qui en réalité conduit à la mutation du capitalisme en autre chose, relèvent de ce que Max Weber appelait des idéal-types, c’est à dire des cas de figure purs. Ceux-ci nous aident en la circonstance à penser un processus en cours (celui de l’agonie du capitalisme) dont nous ne pouvons pas connaître le moment de sa fin et sa finalité à l’heure où j’écris. La raison en est que nous ne pouvons savoir comment et à quel moment structure et sentiment vont s’articuler et produire certains effets parmi les différents acteurs à chacune des phases de l’agonie. Quid en effet de la cohésion du « camp » des dirigeants alliés objectifs des capitalistes ?

        Il n’est pas douteux que l’on observe aujourd’hui objectivement au vu des politiques menées ce qui pourrait être assimilé à une stratégie du choc. Mais n’est-ce pas plutôt le symptôme d’une incapacité des dirigeants à se faire une représentation pertinente du processus en cours ? Ils en sont à un stade où ils semblent surtout avancer coup par coup sans voir l’issue de la partie. Nul doute que, ici ou là, de plus idéologues conseillers ont des arrière-pensées en termes de stratégie visant à préserver une dominance sociale, mais les dirigeants de façon beaucoup plus probable sont ballotés par des vents contraires, où l’opinion publique, l’état du débat public quant à la représentation générale du processus en cours, jouent un rôle d’aiguillage. Il y aurait alors des défections, des abandons de postes, comme on le voit déjà aujourd’hui en Grèce.

        Pour résumer, dans le cadre de l’alternative exposée ci-avant, on prête dans le premier cas des intentions aux différents acteurs. C’est la thèse des anticipations rationnelles. Elle suppose aussi que le processus soit linéaire de bout en bout. L’enchaînement des causes et des conséquences se déroule dans un cadre d’explication unique où se sont les fins visées par les dirigeants qui expliquent le déroulement des évènements.

        Dans l’autre hypothèse, c’est le processus global qui doit être considéré, c’est lui qui influence la façon dont chacun des acteurs va agir, et réagir face aux évènements. Ce qui compte c’est moins alors les intentions que l’on prête aux dirigeants que la représentation que chacun des acteurs se fait du cadre, de ses tenants et aboutissants. Les intentions entrent en ligne de compte mais celles-ci ne se comprennent qu’à l’intérieur de tel ou tel cadre explicatif, cadre explicatif mouvant qui brouille en quelque sorte le jeu des acteurs. La pièce n’est pas écrite d’avance.

      4. Le démontage du capitalisme à l’agonie nécessiterait d’avoir préalablement traité l’urgence pour les personnes en danger et les structures vouées à l’effondrement. Avertis de la situation catastrophique des réacteurs liée à leur emplacement, des négligences invraisemblables au niveau de leur entretien ET d’un tremblement force 9 de riche terre accompagné de son inévitable tsunami, six mois même un an avant Fukushima, s’il était trop tard pour rendre les centrales inoffensives, il était possible au moins d’arrêter les réacteurs, déplacer une partie du combustible, récupérer les matériaux pouvant l’être et évacuer calmement les populations. Mais il était impossible d’empêcher le tremblement de terre et son tsunami donc la destruction des réacteurs.
        Quelques solitaires pourtant autorités dans leur champ de réflexions et d’applications ont chanté dans le désert, bien avant, quand il était encore temps. En vain. Quelques sages anciens ayant voix aux medias n’ayant pas oublié les comptes et les illusions et les gens et les deuils de leur enfance jeunesse les avaient entendus et ont parlé. En vain. D’autres anonymes intuitifs raisonnables ou/et passionnés ont essayé. En vain. Les éléments naturels se sont déchaînés, les catastrophes humaines écologiques et environnementales se sont déroulées selon le compte a rebours anticipé.
        Pourquoi sont-ils restés inaudibles malgré leurs autorités voix efforts risques et engagements ? Pourquoi Paul, Frédéric, Jacques et les autres restent-ils inaudibles ?

        J’ai une réponse personnelle. Si la crise est systémique, les sociétés en danger, les premières victimes comptées l’urgence est là : DES POPULATIONS SONT DÉJÀ A L’AGONIE. En ce cas ils y a deux objectifs, indissociables, dont un prioritaire.
        1) sauver les populations à l’agonie avant le désastre
        2) penser pour refonder ou remplacer le système pendant le sauvetage.
        Un système se remplace. Une vie non.
        C’est la concomitance des deux points qui rendra audible les autorités les sages et les anonymes. Les extrêmes politiques et les prosélytes religieux l’ont compris en cachant leurs buts inavouables, ils sont à l’œuvre sur le terrain des catastrophes industrielles et/ou « naturelles ». Les démocrates ont renoncé. Ils comptent. Ils n’ont pas les moyens.

      5. Le capitalisme peut-il être sauvé ? Deux réponses possibles

        Une autre question, avec deux réponses possibles : le capitalisme doit-il être sauvé ?

        Revenons à la question posée par Paul Jorion.
        Ne devrions-nous pas définir très rapidement et une bonne fois pour toute ce qu’il faut entendre par capitalisme, capitalisme industriel, économie réelle, capitalisme financier ?
        Nous qui fréquentons ce blog, nous avons en commun l’idée que nous sommes capables de comprendre le moment historique qui nous contient parce que nous avons, à titre individuel, et aussi en tant que collectivité, des connaissances historiques et des capacités logiques.
        Sommes nous certains que les dirigeants de nos pays, et ceux qui aspirent à le devenir, ont ces capacités intellectuelles, des connaissances historiques réelles, une aptitude à la logique, et d’abord à la simple logique formelle si nécessaire pour accéder à la science des contraires, à leur dépassement et à la réflexion stratégique ?
        Et si, comme le pensait Bernanos, les dirigeants étaient pour l’essentiel des imbéciles et des lâches ?
        Et si, comme le pensait Debord, la dissolution de la logique avait rendu tout ce beau monde incapable ?
        Et si l’intelligence ne sert à rien si on ne se donne pas les moyens de son emploi ?

        Pour participer, je conseille la lecture d’un article polémique, l’économie réelle c’est le capitalisme, qui vient d’être publié sur : http://palim-psao.over-blog.fr

      6. Nanard,

        Sommes nous certains que les dirigeants de nos pays, et ceux qui aspirent à le devenir, ont ces capacités intellectuelles, des connaissances historiques réelles, une aptitude à la logique, et d’abord à la simple logique formelle si nécessaire pour accéder à la science des contraires, à leur dépassement et à la réflexion stratégique ?

        J’en sais rien mais je suis certain par contre qu’ils ont pour la plupart tout ça en magasin dans une proportion de l’ordre du centuple par rapport à Nanard. C’est pas énorme encore mais c’est déjà moins pire…

      7. Rosebud,

        Je suis étonné de votre étonnement (sauf s’il est feint). Vous prenez au sérieux le discours de Toulon, qui n’a pas été sérieux puisque vous constatez vous-même qu’il n’a eu comme conséquences que l’inverse de ce qu’il annonçait.

        Depuis quand ne devrait-on pas prendre des discours politiques au sérieux, quels qu’ils soient et à fortiori ceux du Roi ?
        Ne fussent-ils pas suivis d’effets directs, en acte, ils ont eu ont au moins l’effet de la parole et celui sur la mémoire. Ils marquent. Ce n’est plus comme si le discours de Toulon n’avait pas été prononcé, il l’a été, c’est un fait, un fait politique. Ne doive t’il servir au final que de retour à l’envoyeur, i.e d’attaque ad hominem justifiée contre Sarkozy, alors convenait-il pour cela de « prendre au sérieux le discours de Toulon », n’est-il pas Rosebud ?

      8. Bon, je n’en suis qu’à peine au tiers du « Capitalisme à l’agonie » mais j’ai déjà une foutue tendance à approuver !

        Sauf que, moi je crois que ce à quoi nous assistons, ce n’est pas l’effondrement du « capitalisme », mais à la fin de l’économie marchande, c’est à dire du rôle central de la monnaie. (Le capitalisme n’en étant qu’une modalité implicite).

        OK : le prochain bouquin que je commande c’est « La révolution numérique » où je soupçonne que nous serons à nouveau d’accord, même si pas dans les mêmes termes comme d’hab’.

      9. @vigneron 12 février 2012 à 11:40

        l’effet de la parole et celui sur la mémoire. Ils marquent.

        Et que marque t-il le discours de Toulon ?
        Il marque les esprits à montrer un moment d’égarement logique voire de panique vite recadré par l’entourage en lui remont(r)ant ses Toulonnettes.

        « Car tel est notre plaisir » est aux oubliettes avec la volonté du Roi, il ne s’agit plus de ça.

        Oui la logique permet de renvoyer politiquement un « et alors, vous avez dit ça et puis… » et puis… rien. C’est tout de même banal chez les politiques le bla bla sans conséquences. Faut dire que même avec un programme estimé et même estimable, l’expérience montre que la boutique est rebelle à la maîtrise. Mais tu as sans doute remarqué que les promesses non tenues n’étaient pas du même genre, les réalisations non plus, selon les couleurs et les couleuvres poltiques.

        « j’ai pensé faire les changements à l’intérieur du schéma néolibéral. Mais les riches ne cèdent pas un euro. Les riches ne veulent rien céder de leur argent. Ils veulent tout garder pour eux. Alors, logiquement, pour faire des changements il faut incorporer le peuple. » Zelaya pas Sarkozy, avant d’être évacué.

        « Sarkozy est un libéral assumé qui court après les voix de l’extrême droite ». Même Besancenot l’a remarqué.

      10. Rosebud, c’est assez piquant de voir un expert de la parole tenter de réduire à néant les paroles d’experts de la parole politique…
        Je répète : ni toi, ni moi, ni Jorion, ni Sarkozy, ni personne ne peut faire ou dire comme s’il ne s’était rien dit ce jour là à Toulon. Ta position est encore plus intenable que celle de Sarkozy, puisqu’au-delà du soutien objectif à ce dernier dans sa stratégie d’occultation de Toulon 1, c’est toute parole politique que tu disqualifies de fait. De l’anti-parole qui sent son petit anti-Parle-ment de beaux quartiers.

      11. @vigneron 13 février 2012 à 10:11
        Désolé de t’avoir piqué, mais je ne lis pas quoi, ni où.
        Non pas d’expert, ni dans ma prise de parole, ni dans celle des politiques (leurs experts, oui, et quand les 2 sont dans la même carcasse, y a de l’ambivalence et de l’envie balance)
        Je ne dis pas que rien n’a été dit, mais que c’était une grenade fumigène, le disquecourscourant (dont parle Lacan, la transcription scourable est perso). Le rideau dissipé (pas tant que ça), on peut faire le bilan et la balance montre que les actes n’ont pas été portés contre les forces qu’il dénonce ce jour là.
        Jette un oeil sur ce qui a été publié sur ce blog dans la semaine qui suivit, ça n’a ému personne, il n’en est pas fait mention : ce n’était donc pas pris au sérieux, est une lecture envisageable de ce silence. Pour ma part, j’ai juste le souvenir de mon joke à l’écoute du discours « c’est Barre à gauche »

        Pour quelques extraits sérieux :

        « La peur est la principale menace qui pèse aujourd’hui sur l’économie. […]
        Mais ce système, il faut le dire parce que c’est la vérité, ce n’est pas l’économie de marché, ce n’est pas le capitalisme. Le capitalisme, ce n’est pas le court terme, c’est la longue durée, l’accumulation du capital, la croissance à long terme. C’est d’ailleurs le capitalisme qui a permis l’essor extraordinaire de la civilisation occidentale depuis sept siècles. […] La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme, le refonder sur une éthique, celle de l’effort et celle du travail, […] les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement. […] Il va falloir contrôler les agences de notation […] il faut remettre à plat tout le système financier et monétaire mondial, comme on le fit à Bretton Woods. […] Il arrive que le marché se trompe. Il arrive que la concurrence soit inefficace ou déloyale. […] Imaginons où en serait le monde si le gouvernement américain était resté sans rien faire face à la crise financière sous prétexte de respecter je ne sais quelle orthodoxie en matière de concurrence, de budget ou de monnaie ? […] il faut bien payer ses dettes. […] je ne conduirai pas une politique d’austérité parce que l’austérité aggraverait la récession. […] Je n’accepterai donc pas de hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d’achat des Français. […] je prends l’engagement solennel que toutes les conclusions du Grenelle de l’Environnement seront mises en œuvre …etc

        Disqualifier toute parole politique, impliquerait un désintérêt en acte. Et en acte ce n’est pas le cas pour moi, ni dans la rue, ni dans l’isoloir, ni sur ce blog. Le « aux armes citoyens, formez vos bataillons » ou l’appel à la grève générale, ça peut fonctionner comme la comptine « du garçon qui criait au loup » avec morale attenante sur vérité et mensonge.
        L’anti-parole ? kesako ?
        Oui je n’ai jamais abandonné Les beaux quartiers ni Le monde réel.
        Oui, le senti mental ment Tootsie.
        P.S. N’oublie pas le 1871 que JFK – celui de Marianne – avait oublié en listant les révolutions françaises à la maison de l’Europe lors du débat Jorion/Lordon, pis j’vais m’aigrir à sauter mon lunch.

  4. Faudra-t-il se serrer la ceinture en 2012 ?

    Sans lire dans le marc de café, je pense que la réponse est oui.
    Et ceci quelle que soit la majorité qui sortira des urnes au printemps.
    C’est la conséquence de la ligne d’austérité tous azimuth adoptée par les autorités européennes, mais aussi du règne sans partage de l’économie financière au niveau mondial.

  5. Remarque n° 0 : Putain que c’est pénible un chat !!!! Entre les échos, les questions qui s’arrêtent et tout ça, c’est fastidieux. Mais bon, on fera avec.

    Remarque n°1 : Votre qualité (!) de prophète n’a rien à voir avec une intervention divine, elle est juste due à votre formation d’anthropologue. Si ! J’insiste.

    Remarque n° 2 : Le problème du blog. Il donne l’occasion à plein de gens (dont moi sans doute) de dire, mais ne donne pas de solutions. Ou si peu.

    Remarque n° 3 : Le temps. Je répète ce que j’ai déjà dit ! Imposez vous à « C dans l’air » plutôt que chez Taddéï (non pas que celui-ci soit nuisible ou inintéressant, mais il ne prêche que des convaincus)

    Remarque n° 3 : Vous êtes trop indulgent avec Sarko ! Je vous accorde ce qu’il a dit à Toulon, mais c’est pas lui qui l’a écrit ! Il n’a pas « l’équipement intellectuel » pour causer avec des Merkel, et c’est ça qui nous fout en l’air. Il est capable de lire un discours, mais il ne le comprend pas.

    Remarque n° 4 : Nous sommes une fois de plus d’accord sur le rôle (que moi je maintiens ancestral) du capitaliste capteur de la richesse. Tirons en les conséquences.

    Remarque n°5 : Je ne suis pas d’accord avec vous sur le coup de la loi de 1973. Que l’extrême-droite utilise cet argument ne le disqualifie pas ! Mais bon, ce serait trop long pour ce message d’y revenir. Disons juste que que l’argument de VGE était « c’est pour lutter contre l’inflation », et que le résultat a été une inflation qui s’est envolée vers les 14 % dans les années qui ont suivie (et non ce n’était pas dû au choc pétrolier).

    Remarque n° 57 : Agir, pas seulement dire. Je redis, mettez vous en synergie avec les autres (Lordon, Sapir, etc. même ceux que je n’aime guère) et faites !

    Remarque n° 69 : Reçu ce midi « Le capitalisme à l’agonie ». Et, bien que sous benzodiazépine, j’espère qu’en 48h je l’aurai lu (et compris, si, si). On en reparle après.

    1. Léoned

      Il ne s’agit pas d’être indulgent ou pas avec Sarko, seulement de le prendre au(x) mot(x).
      Or, pour ce faire, encore faut-il rappeler ses mots (ceux de Toulon en l’occurrence) pour ensuite
      pouvoir évoquer les maux.
      Il n’y pas pas de critique plus pertinente et sévère que celle qui consiste à mettre un politique face à ses incohérences car dans ce cas le politique ne peut renvoyer la faute dans le camp de celui qui pointe l’incohérence ; le politique n’a pas d’autre choix comme le dit Paul dans la vidéo de défausser en rejetant la faute sur un tiers, ou d’avouer sa faiblesse, c’est à dire son inefficacité.

      Bref, ce genre d’attitude ne peut être que bénéfique, d’une part parce qu’on ne cesse de ramener le débat au niveau des discours, des raisonnements, et non pas à des questions de personnes ; les personnes passent, les discours restent. D’autre part, parce qu’il en va de la philosophie politique de la démocratie : c’est de la confrontation des analyses contradictoires, ie. des discours, qu’il peut il avoir une vie démocratique. Le choix des politiques sans débat contradictoire, ce n’est plus de la démocratie.

      Si nous voulons effectivement sortir du cadre, il s’agit alors d’abord de déterminer les tenants et aboutissants du cadre existant, ou dit autrement de dire ce qu’il en est de la structure, celle dans laquelle nous nous situons et dont il nous faudrait pourtant nous dégager pour ne plus être aliéné par elle.
      En politique il est bien évident qu’il s’agit aussi de faire jouer des rapports de forces, de mobiliser toutes les ressources disponibles.
      Mais ces rapports de forces s’ils ne s’appuient pas sur des raisonnements permettant de faire un pas de coté par rapport au cadre, sont voués à l’échec ou seront sans grande portée. Bref, il faut mobiliser les ressources qui se situent hors du cadre, et ces ressources ce sont les ressources de l’intelligence. Les sentiments eux, jouant le rôle de catalyseur pour faire le saut collectif décisif.

    2. Remarque 1 : On devient automatiquement prophète quand on est anthropologue ? J’ai jamais entendu ça, pouvez expliquer ?

      Remarque 2 : Le royaume de Dieu est en vous ( = vous connaissez la réponse).

      Remarque 3 : « C dans l’air » ? Je ne les connais pas. Vous pourriez m’écrire une lettre de recommandation (même chose pour Le Monde Diplomatique, Là-bas si j’y suis, Journal de TF1, etc.) ?

      Remarque 4 : Moi je m’adresse à celui qui prononce un discours, je lui dis : « Vous avez dit ceci… » S’il me répond un jour : « Oui mais je pense le contraire… », je lui dirai que dans ce cas-là, il vaut mieux qu’il se taise. En attendant, mon attitude me semble raisonnable.

      Remarque 5 : Passons.

      Remarque 57 : « Faites ! » ? Ah oui, parce que j’ai l’air de me reposer ?

      Remarque 69 : Relaxe Max ! On n’est pas aux pièces !

      1. Pour la 1 : Bien sûr que non ! On a même des exemples du contraire, hélas. Mais ça aide. Surtout par rapport aux « économistes » qui n’y connaissent rien !

        Pour la 2 : Amen ! Je m’y essaie dans la mesure de mes faibles moyens.

        Pour la 3 : Désolé, mais je n’ai aucune relation avec ces gens-là. Sinon …

        Pour la 4 (enfin 3 bis) (erreur de ,° de ma part) : C’est ainsi que je l’avais compris. Voir ma réponse ci-dessus à Pierre-Yves D.

        Pour la 5 et/ou la 6 : D’accord, passons

        Pour la 57 : Mais non, c’est à tous que je dis ça, moi inclus.

        Pour la 69 : J’ai commencé. Et, me connaissant, m’étonnerait que je me relaxe beaucoup avant la lecture de la dernière page. Tendance à dévorer, plutôt que lire, quoi.

      2. Je complète ma réponse à la 1 qui est la seule vraiment importante :

        J’ai lu plus de vérités économiques (ou de bonnes analyses de la chose si vous préférez) dans un seul bouquin d’anthropologue (au hasard, mais c’est pas le seul, L’ Énigme du don de Godelier) que dans dix ou quinze bouquins de « science » économique.

        (Et pas seulement chez les anthropologues de terrain comme on dit)

    3. Msr Léoned

      Sur n°2 : cf. n° 57… c’est sans doute que l’action en l’occurrence ne tient pas son origine de la représentation préalable d’une solution… si je suis un poil logique avec cela, j’en conclus que la rechercher c’est la repousser -voilà la difficulté à affronter, et elle n’est pas mince, non? Ergo : s’y mettre, c’est entrer dans la solution, son horizon imprédictible s’y dessinant peu à peu (ce n’est pas d’idées dont nous manquons, ce blog en foisonne, c’est de pratiques, d’actes multiples et silencieux : hier j’ai fait une maraude dans le froid sans présumer de l’efficacité des services sociaux; récemment on a bossé ensemble à la baraque d’un copain; on projette de créer une monnaie alternative dans le cadre de mon lycée -le Rosa, pour Rosa Luxemburg, à Canet-plage).

      Nb : J’ai pas trop lu le bonhomme, je crois que le vieil Aristote a déjà résolu ce genre de difficulté (quelque chose autour du passage de la puissance à l’acte, ou de l’actualisation, j’attendrais patiemment qu’un contributeur m’éclaire là-dessus).

  6. Mon frère vient de m’envoyer un message qui m’a bien fait rire :

    Attention ! Danger !
    Très sérieux après les médicaments, le fromage ! Vous connaissez tous ce merveilleux fromage français d’Auvergne : « Le Saint Nectaire ».
    Eh bien il y a désormais un nouveau fromage en France : le fromage qui nous empoisonne !
    Avec ce nouveau fromage, « le Nain Sectaire », on apprenait en dernière minute qu’il nous transmettait une nouvelle maladie, car il est porteur de bactéries pire que la salmonelle ou la listéria : la sarkonellose !
    Avec cette bébète là, tu te retrouves les bourses à sec, sans avoir rien senti !

      1. Tu vois une société qui s’invente elle-même ? Vas-y mon gars le jour « j » et bon bourrage pour tes vieilles lunes. J’irai, soit-sûr, fumer une cigarette avec Copernic s’il veut bien de moi juste à point comme un bifteck, rien que pour rêver à ce moment-là.

      2. @octobre

        C’est en gros, en deux mots, ce que j’en pense: on n’est vraiment pas – pour parler clairement -, sorti de l’auberge, avec ça 🙂

  7. Il est étonnant de constater que « l’idéalisme dogmatique » (expression de Kant) d’un Berkeley, est fondé à l’origine sur un scepticisme radical, récusant toute possibilité d’inférer l’existence d’une réalité matérielle à partir des sensations que nous en avons. Le noumène ici enveloppe le phénomène…

    Etre, c’est être perçu…et au delà de cette perception, rien, – ou au contraire, Dieu qui orchestre tout cela. Mais Berkeley est un grand orateur :

    Wkpd :

    Thus Berkeley denied the existence of matter as a metaphysical substance, but did not deny the existence of physical objects such as apples or mountains. (« I do not argue against the existence of any one thing that we can apprehend, either by sense or reflection. That the things I see with mine eyes and touch with my hands do exist, really exist, I make not the least question. The only thing whose existence we deny, is that which philosophers call matter or corporeal substance. And in doing of this, there is no damage done to the rest of mankind, who, I dare say, will never miss it. », Principles #35)

    Comment ces choses pourraient-elle « exister », si elles ne sont pas faites de matière ? Hmm.

    Mais après tout le monde où nous vivons n’est-il pas encore plus absurde…. ?

    Le monde est mis en scène politiquement à la manière du dieu de Berkeley, créant des idées dans l’esprit de chacun contre lesquelles on se défend plus moins, mais dont on subit le poids, le fardeau de la répétition, du martèlement… au quotidien.

  8. Libération : Acta de décès en Allemagne ?

    Ça commence à sentir le roussi politique pour Acta, le Traité international de lutte contre la contrefaçon signé le 26 janvier à Tokyo et depuis critiqué de toute part, autant pour l’opacité des négociations, savamment tenues loin des parlements que pour les menaces qu’il ferait peser sur la liberté d’expression en ligne ou les médicaments génériques. De nombreuses manifestations pour demander le retrait du texte sont prévues demain en Europe et dans le monde.

    Aujourd’hui, c’est l’Allemagne qui a suspendu le processus de ratification du traité par son parlement. « La signature ne va pas intervenir dans un premier temps afin de nous donner le temps de mener de nouvelles discussions, a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. La ministre de la Justice [Sabine Leutheusser-Schnarrenberger], chargée de ce dossier, a exprimé des réserves cette semaine. »

  9. Le débat me semble aujourd’hui surréaliste :
    L’euro , que l’on nous a fait miroiter en nous affirmant qu’il protégeait , qu’il était pratique puisque trans frontières , etc…
    Cet euro donc depuis 10 ans a fait la preuve de sa nocivité au niveau des populations : taux de chômage , niveau d’endettement inouï ,néolibéralisme induit : rigueur FMI obligée .

    L’euro a été surtout un moyen d’échapper au politique par une gestion technocratique adémocratique , et d’empêcher tous les correctifs que l’on avait eu l’habitude d’utiliser pour équilibrer l’activité économique du pays ,le taux d’emploi et la rente d’une monnaie forte pour les détenteurs .

    L’échec de cet euro est patent : nous l’avons partout en Europe sous nos yeux , dans tous les pays , aujourd’hui en immense difficulté . Le pire est effectivement le cas de la Grèce .

    Certains pensent que l’on peut l’améliorer ….
    Impossible .

    L’euro a été construit sur des bases claires , assis sur des traités qui garantissent son immuabilité .

    Il est vain de penser que l’Allemagne pourrait changer : l’Allemagne a imposé cet euromark par rapport à sa situation d’empire industriel exportateur . C’est le seul pays qui semble supporter relativement bien les conséquences de cette monnaie forte .

    Les autres pays, les populations , sont bien évidemment perdants .

    Faut il accepter attendre leur effondrement pour accepter que l’euro a été une erreur dramatique et tourner la page ?

    Pour reprendre le contrôle de nos monnaies nationales et réutiliser tous les leviers classiques ?

    Et pendant ce temps les pays exportateurs , à bas coût et selon les lois de la concurrence libre et non faussée , détruisent nos industries , jours après jours …

    Il faut sortir de cet euro , abandonner cette utopie funeste .

    Il faut que les citoyens prennent conscience qu’il n’y a rien à en espérer .

    Cet euro est parfait pour démultiplier le capital des détenteurs , pour spéculer , pour les banques mais n’a aucun intérêt pour assurer la santé et l’avenir des populations .

    Bn.

    1. @Boson :

      Exactement… mais l’euro s’accompagne aussi de la politique de privatisation autrement dit « starve the beast », réduction de l’Etat au minimum. Nous n’avons plus cet Etat flamboyant des années.. Giscard, mettons, l’Etat planificateur, mettant en oeuvre des politiques industrielles etc. L’Etat Français surtout, était nimbé encore de l’absolutisme des rois…

      En prenant l’autoroute j’ai pensé qu’il aurait été simple de ne pas privatiser, et d’avoir cette rente de quelques milliards pour abaisser d’autant le déficit.

      Et pendant ce temps les pays exportateurs , à bas coût et selon les lois de la concurrence libre et non faussée , détruisent nos industries , jours après jours …

      Oui, si l’on compte ça fait environ 300 personnes mises au chômage par jour, dans notre beau pays (105 000 / 365 = 287) en 2011…

  10. Que d’encre noire sur l’économie. Drôle de mot d’ailleurs dont le verbe semble avoir un sens opposé: économiser, s’économiser. Ce nom commun cherche désespérément à devenir propre. A force de vouloir y mettre une majuscule, les grands prêtres ont oublié que les chiffres ne prennent, et ne prendront jamais de majuscule.
    Avez-vous remarqué des gens qui manipulent plus les chiffres que les lettres qu’ils sont affligeants d’ennuis, aux sens propre comme au figuré. Pour apaiser leurs angoisses, Ils aiment à tout chiffrer, quantifier; même le temps, soucieux de le maîtriser, qu’ils tranchent en quartier pour le contrôler, l’assujettir. On les reconnait à leur montre qu’ils montrent, leur slogan : le temps c’est de l’argent! Illusion tout cela. Ces individus n’ont jamais l’temps, possédés par le temps, esclaves des chiffres !
    Ce sont les gens qui comptent peu avec lesquels on rigole le plus et paradoxe on peut toujours compter sur eux. Bien-sûr que le bonheur est loin des chiffres. Les chiffres sont l’alcool de la pensée, alors que dire lorsqu’ils sont imprimés sur un bout de papier ?
    Ah l’argent…petits joueurs que nous sommes. Les billets comme des Jokers dans le jeu de carte de la vie, plus il y en a et moins de gloire il y a. C’est bien là le problème de nos pauvres riches. Conscients ou pas, ils sont prisonniers de leurs jouissances monnayables. Jouissances éphémères, satisfactions endorphines qui comme toutes les drogues vous appelle a monter d’un cran la dose suivante. Insatisfaits perpétuels, enfermés dans un circuit de récompenses et de compensations.
    Te souviens-tu de ta première 4 L frangin ? La trois vitesses à main ? Epoque bénie de joies, d’escapades. 30 ans après, 30 voitures plus tard, t’as beau avoir une Aston dans le garage, tu roules avec orgueil pour cacher ta tristesse mon frère. Explique ça à tes enfants.
    Hé oui, les riches ne sont pas plus heureux que nous, ils ont juste plus de satisfactions.
    L’humanité est passée d’une économie solide: troc, puis à une économie liquide: monnaie, à une économie gazeuse, bouillonnante: bulles qui s’évaporent, et ce pour la simple raison, très hormonale: la satisfaction et, disons le franchement, sexuelle.
    Savez-vous pourquoi l’homme s’est ingénié à maîtriser le feu? Pour éloigner les bêtes sauvages…certes, pour cuire ses aliments…peut être. Avant tout parce que les femmes venaient s’y réchauffer leurs fesses. Si Dieu a inventé l’alcool pour que les femmes moches puissent également être satisfaites, il n’en a pas pour autant négligé les hommes peu attrayants! L’argent est là pour cela, s’en est même l’essence ! La preuve ? Il n’y a qu’a regarder les tronches d’un conseil d’administration de banque ou des protagonistes de la crise grecque ! Qu’on le reconnaisse ou non ce désir irrépressible d’être « riche » tient avant tout de la promesse d’une sexualité facilité. Tant que la politique n’aura pas intégré l’épanouissement sexuel simple et aisé dans la vie sociale, les sociétés fabriqueront des égoïstes et des tordus. Toute tentative de redistribution équitable des richesses est peine perdue, voir hors sujet, quelque soit le dogme, l’éthique, l’éducation ou la pertinence. Le principal ressort des comportements humains doit être soulagé… et là seulement on peut commencer à parler économie.

  11. Bonjour Mr Jorion et bonjour à tous,

    D’abord un grand merci pour votre rendu vulgarisé qui permet à tout un chacun de mieux appréhender la situation et qui m’a permis de « faire passer le message » simplement, avec l’aide malheureuse de la situation grecque.

    le capitalisme peut-il être sauvé ?
    oui mais il ne le sera pas … attention attention la suite n’est pas facile à digérer mais c’est avec tristesse que je vous la donne.

    le capitalisme ne sera pas sauvé, car il est important que le système explose, de manière a provoquer … beaucoup de morts.

    Ceux qui possèdent, posséderont toujours et seront largement en mesure de se protéger des révoltes sanglantes qui ne manqueront pas d’arriver, et je ne parle pas des marionnettes politiques.

    Nous sommes trop nombreux sur cette planète, ceci n’est pas un fait nouveau et je ne rentre pas dans le détail, c’est tout simplement un fait avéré.
    il est URGENT que le niveau de vie baisse (décroissance) ou que la population diminue,
    et nos occultes dirigeants en ont bien conscience.

    c’est pourquoi, à mon sens, la « crise » va s’étendre et le système va entrer dans une longue agonie, de manière à permettre à ceux qui ont des billes de les utiliser pour leurs propres besoins lorsque tout sera en place.

    bon, c’est une vision négative, mais les multiples sources d’information que je lis depuis des années me pousse vers cette réflexion.

    qu’en pensez-vous ?
    (et ne me criez pas dessus, j’ai déjà pas le moral !)

    1. Et en plus ils (nos dirigeants occultes) pourraient nous diffuser un petit virus mortel, pour nous supprimer et avoir moins de problèmes.

      C’est le manque d’imagination qui constitue le piège, le destin ne frappe jamais comme on le prévoit.

  12. Merci pour ce débat ( @opinewstv : bonne démarche, dommage pour le son médiocre et mal (ou pas) mixé entre les différents intervenants)

    Brièvement, cela m’inspire une réflexion sur stock option qui dans l’idéal devrait être interdites, toutefois une façon de modifier la donne tout en restant dans le cadre actuel est d’en changer la taxation, je propose de les taxer pour ce qu’elles sont, c’est à dire un complément de revenu.
    En pratique :
    – imposition de la plus valu à l’exercice de la stock option en fonction du bénéfice réel (et pas comme en Belgique à l’émission sur un taux supposé de bénéfice sur celle ci)
    – la plus valu est cumulée avec les revenus pour le calcul de l’impôt global au taux majoré des primes comme le 13e mois (c’est à dire 60% va à l’Etat)
    – les cotisations sociales sont dues sur la plus valu au taux des primes
    – déclaration du nombre de stock option de manière nominative par l’employeur lors l’émission de celles-ci pour ses employés pour vérifications ultérieures lors des contrôles fiscaux

    Objectifs :
    – faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’état
    – minimiser la convergence d’intéret mutuel entre les chefs d’entreprises et les actionnaires

  13. Bien sur que le succès est dangereux puisqu’il transforme la direction du blog. Pour ceux qui comme moi entrèrent au blog il y a plusieurs années (2007 ou 2008), on a bien senti l’attraction induite par ce succès. Il y a maintenant une troïka à la tête du blog entraînant la faillite de la spontanéité au sein des commentaires et parfois même jusqu’aux billets. Et le succès encombre l’esprit avec le risque de le guider vers une forme de béatitude et une autosatisfaction propre à la léthargie. Pour réorienter le blog, il faudrait un réhausseur de blog ! 😉

    1. J’étais là aux débuts également, et je crois pouvoir affirmer que le niveau des contributions n’a jamais été aussi élevé depuis que l’on se passe des contributions qui cherchent seulement une tribune et font fi des objectifs affichés du blog. Question de point de vue sans doute !

  14. finalement les seuls capitalistes vraiment intelligents et efficaces ce sont l’ex banquière du Loiret ou Madoff en plus costaud : ils empruntent à 10 % en sachant qu’ils ne rembourseront pas

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