L’actualité de la crise : UN BATEAU TOUJOURS IVRE, par François Leclerc

Billet invité

Les débats tournent à la plus grande confusion tandis que les menaces se précisent depuis l’émission obligataire espagnole désastreuse de jeudi dernier. Cherchant à pénétrer les arcanes des marchés, les uns réclament plus d’austérité, d’autres une pause et plus de croissance, d’autres encore tout à la fois. Aucun ne semble avoir la maîtrise des événements.

Pedro Passos Coelho, le premier ministre portugais, vient de changer de discours et de reconnaître dans une interview à Die Welt « ne pas savoir » si son pays pourra revenir sur le marché en 2013 comme prévu, invoquant si cela se révélait impossible la nécessité de prolonger les aides accordées, tout en réfutant la nécessité d’un second plan de sauvetage afin de sauver la face. On apprenait parallèlement que les banques portugaises venaient d’atteindre un plus haut historique en ayant emprunté à la BCE plus de 56 milliards d’euros, soumises à un niveau de défaut sur leurs créances jamais atteint et totalement coupées du marché interbancaire.

Sans aller aussi loin que le premier ministre portugais, Cristóbal Montoro, le ministre espagnol du budget, parle quant à lui de « la situation extraordinairement difficile » que connait l’Espagne et fait référence au « haut niveau d’endettement accumulé par notre économie », une vague formule lui permettant d’éviter d’identifier cet endettement comme étant celui du secteur immobilier vis-à-vis des banques. Cherchant à produire une note plus apaisante, le ministre a tenu à préciser que son budget de rigueur 2012 « ne porterait pas atteinte à l’essence de la récupération économique » (sic), tout en reconnaissant que « les coupes [budgétaires] auront un impact négatif sur la consommation et l’investissement ». Mais, dans une manœuvre désespérée destinée à calmer les marchés, Mariano Rajoy s’apprêterait à annoncer 10 milliards d’euros de nouvelles coupes dans les programmes de santé et d’éducation.

En défense de sa thèse, Jörg Asmussen, membre allemand du directoire de la BCE, n’a pas hésité à assurer de sa profonde conviction que la Grèce connaitrait rien de moins qu’une croissance positive en 2014, grâce à « la mise en œuvre du programme d’assainissement des finances ». Rejoignant celle de Lucas Papadémos, le premier ministre du pays concerné, qui a été encore plus optimiste en prévoyant son retour « d’ici à moins de deux ans ». Que ne prédirait-on, en application de la célèbre et éprouvée méthode Coué, pour justifier sur le moment sa politique ?

Dans le cas de Jörg Rasmussen, l’intention est d’obtenir que les mesures exceptionnelles de la BCE soient bien « limitées dans le temps » – lisez suspendues dès que possible – afin que personne ne puisse penser que, « du fait que nous avons fourni par deux fois une telle opération de refinancement [les prêts massifs à trois ans], nous le referons pas une troisième fois ». N’hésitant pas à contredire publiquement son président, Mario Draghi, qui déclarait mercredi dernier que « toute discussion sur une stratégie de sortie [des mesures exceptionnelles] est prématurée à l’heure actuelle ». Cela y ressemble pourtant fortement, en dépit de la mouche dont sont garnis les fleurets. Le débat, pour ne pas dire l’assaut, est à tous les niveaux.

Il déborde également le cadre européen, à la lecture de la lettre semestrielle de l’Institute of International Finance, qui regroupe les mégabanques internationales. « L’accent mis jusqu’ici sur l’austérité budgétaire, bien que dans une certaine mesure nécessaire pour les pays en difficulté afin de se financer sur les marchés, est excessive quand elle est généralisée », fait savoir ce dernier, car cela « a déjà contribué à une forte contraction de la demande intérieure de la zone euro dans son ensemble ». L’institut plaide en conséquence pour « un rééquilibrage budgétaire plus progressif et différencié entre pays affaiblis… ». Enfin, il confirme qu’ « une expansion importante des ressources du Mécanisme européen de stabilité est nécessaire… », critiquant implicitement les décisions a minima prises par les ministres des finances européens.

Les représentants des plus grandes banques prodiguent une leçon de stratégie aux autorités européennes, appuyant sans les nommer ceux d’entre eux qui préconisent l’assouplissement du plan en cours d’application, l’adoption d’un plan A’ pendant qu’il est encore temps.

Car précisément le temps ne joue plus en faveur de ceux qui ne tentent depuis le début que d’en gagner. L’Europe n’a pas les moyens de faire face aux nouvelles convulsions qui s’annoncent, résultat direct et sans appel d’une stratégie aveuglement appliquée. Quand l’Espagne sera à son tour résolument entrée dans la zone des tempêtes, comment l’Italie pourra-t-elle à sa suite résister ? Avec comme conséquence l’éclatement chaotique de la zone euro ? « On ne joue plus ! » viennent d’annoncer les mégabanques, sans être certaines d’être entendues par des fondamentalistes inconséquents et dépassés.

Parmi ces idéologues d’un autre temps, Denis Kessler tient sa place. Le PDG du réassureur Scor, préconise l’adoption d’une « seconde règle d’or, selon laquelle pour réduire le déficit [public], 70 % devraient provenir de la baisse des dépenses et seulement 30 % de la hausse des prélèvements », car des impôts supplémentaires vont « asphyxier l’économie » prédit l’ancien vice-président du MEDEF qui trouve son inspiration dans les primaires républicaines américaines.

Si cela devait en rester au verbe, le mal serait moindre. Mais c’est loin d’être le cas. Cristóbal Montoro, ministre espagnol du budget, expliquait hier lundi que les régions doivent « renoncer à dépenser une grande part de ce qu’elles dépensent aujourd’hui », annonçant vouloir « définir avec les communautés autonomes quels services publics elles doivent offrir en matière de santé, d’éducation et de prestations sociales ». En Grèce, le budget de la santé a été réduit de dix milliards d’euros depuis 2009, passant sans transition de ce qui était le fruit d’une incontestable gabegie financière à un bradage de la santé publique, les soins devenant un privilège réservé à ceux qui peuvent les payer, les structures sanitaires étant totalement débordées et manquant de moyens.

Sur la lancée actuelle, la situation va-t-elle être longtemps tenable, financièrement et socialement ? L’accalmie aura été de courte durée.

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37 réflexions sur « L’actualité de la crise : UN BATEAU TOUJOURS IVRE, par François Leclerc »

    1. La réouverture du marché à terme et des ventes à découvert sur les titres souverains et bancaires ? Ah ben que voulez-vous mon bon monsieur… fallait bien compenser l’interdiction des Cds à nu !

    2. Ouch,

      Ce truc couplé à l’HFT va faire la fortune de quelques personnes ayant les moyens de s’offrir des calculateurs rapides. Dans les durées de travail de ce machines, le prix d’un titre peut être manipulé. Cela rend l’opération de vente à découvert franchement juteuse.
      C’est une autorisation de pillage de la place financière parisienne qui est autorisée là.

      Accepter ce truc me dit aussi que de très gros intérêts financiers vont lourdement parier sur l’effondrement de nombreux titres. Elles vont faire du Goldman Sachs à une échelle encore jamais vue. En plus, ces chutes vont permettre à ces mêmes intérêts de pousser leur programme d’austérité et de libéralisation beaucoup plus vite, beaucoup plus loin. L’idée sera de « rassurer les marchés ».

      La théorie qui a donné l’indépendance de la BCE se montre parfaitement hideuse. J’ai oublié le nom du type qui s’est suicidé sur la place de la constitution à Athènes. J’ai l’impression qu’il n’est qu’un début.

      1. Attend-on que tout le monde se suicide ? Avant d’en arriver là il faut parier que d’autres solutions vont être tentées…

    3. 1) Ce n’est même pas entre les deux tours de la présidentilelle puisque c’est effectif le 16 avril soit une semaine avant le 1er tour.

      2) Pourquoi l’EUREX se positionne sur les OAT françaises? Parce que le marché du Bund allemand se rétrécit, et se rétrécit d’autant que les taux à 10 ans sont liliputiens. Bref pas rentable pour la spéculation.
      Mais surtout parce qu’après avoir spéculé sur les emprunts d’Etat italien (l’Eurex a déjà émis des produits sur l’Italie et l’Allemeagne), ils vont pouvoir s’attaquer au 3ème plus grand marché de dettes en volume de l’eurozone: la France avec ses 1 700 milliards.

      3) Mediapart est bien gentil mais l’annonce d’Eurex eux-mêmes sur ce lancement de produit date de mars 2012.
      Marc Fiorentino l’annonçait sur BFM Radio le 23 Mars. Le Wall Street Journal depuis février si je me rappelle bien (faudrait que je revérifie)
      Et puis il découvre le système EUREX quand on sait que le FOREX existe depuis longtemps. Par exemple, on peut spéculer sur le cours de l’or à la baisse depuis 2002 avec des ETF lancés par la Deutsche Bank. Après, ont suivi toutes les matières premières, y compris agricoles, alors …

      De toute façon, écoutez ce silence de la campagne présidentielle, sur ce sujet.
      Qui en a parlé ce 10 avril?
      – Taddéi dans son émission « Ce soir ou jamais »
      – Jacques Cheminade à Europe 1 ( je sais, ça paraît incroyable pourtant le camarade martien en a parlé ! )
      – Marc Fiorentino dès le mois de mars, citant lui-même un article du journal les Echos.

      Ah bordel! Pourquoi, on ne peut pas voter Jorion dès le premier tour, snifff!

    4. Tous les détails sur le EURO-OAT Future, nouveau produit sur les OAT d’Eurex (pour donner une idée, rien que sur les bunds allemand les transactions sur Eurex atteignent 150 milliards € par jour, cinq fois l’activité sur le marché secondaire des OAT..). C’est Clearstream qui se chargera du clearing. Les commissions pour Eurex ? Bohh une misère 0,20€ par transaction et par contrat (0,30 en OTC)… A 100 000€ par contrat et rien que pour les bunds ça doit pas faire loin de 300 000€ par jour pour Eurex…
      Et le total de tous les contrats futures d’Eurex échangés chaque jour sur cette bourse de Francfort en mars c’était plus de 10 millions…
      http://www.eurexchange.com/download/documents/circulars/cf0522012e.pdf
      Le site Eurex : http://www.eurexchange.com/index_en.html

  1. «On ne joue plus !» viennent d’annoncer les mégabanques, sans être certaines d’être entendues par des fondamentalistes inconséquents et dépassés.

    Ouaip, quand les banquiers se retrouvent seuls à crier au loup face à des idéologues et fondamentalistes sans têtes ou des politiques sans bras ni têtes, ça sent fort le tocsin.
    Ne parlons pas des politiques en campagne… je laisse faire un autre…

    Le programme du prochain président risque d’être disqualifié par les faits. Et je crains que les candidats n’en soient pas conscients. Cela ne veut pas dire que les programmes ne servent à rien, il est bien d’avoir une sorte d’inventaire de ce qu’on devrait faire. Mais quand on part pour la tempête, l’essentiel se joue en amont des programmes, dans la manière de définir l’absolu prioritaire et, bien sûr, le cap global. Après, on fait ce qu’on peut. Pour cette campagne, le diagnostic n’a pas assez été porté.
    – Un constat propre à cette campagne ?
    Il existe à l’Assemblée nationale un registre appelé le «Barodet», la reliure e depuis le début de la III e République de toutes les professions de foi des depuis le début de la III République de toutes les professions de foi des candidats élus. C’est dans le Barodet qu’on a lu par exemple lu les tracts délirants de Mitterrand en 1945, qui étaient d’un anticommunisme et d’un réactionnaire exacerbés. Le Barodet est la compilation de toutes les bêtises dites à l’occasion des campagnes présidentielles et sa consultation vaut réponse à votre question. Mais, cette fois, c’est plus grave. C’est une chose de dire des bêtises gentilles quand la nature a bon dos et que la France est en bonne santé. Aujourd’hui, les menaces sont d’une gravité inhabituelle. Nous ne nous sommes jamais trouvés dans une situation aussi dangereuse depuis bien des décennies. Nous devons faire face à l’effet de serre, à la menace de l’explosion des bulles financières, mais aussi à l’incapacité à sortir de la stagnation et d’un chômage qui continue à croître, sans oublier l’explosion de a précarité et une vraie menace de guerre au Moyen-Orient.

    Rocard à Libé le 02.03.12. « On est dans l’imbécilité politique collective. »
    http://mobile.liberation.fr/politiques/01012393328-on-est-dans-l-imbecillite-politique-collective

    1. Même Rocard a donné dans ce qu’il dénonce en qualifiant le locataire du faubourg St Honoré « d’exceptionnellement intelligent » . Pour quelqu’un qui a raté le concours d’entrée à l’ENA? qui a trouvé génial le mécanisme des prêts rapaces « subprimes » au point de vouloir les importer dans notre douce France, qui a déliré sur l’homme africain incapable de rentrer dans l’Histoire, qui a vu des hordes d’immigrés à Grenoble, mais dont le « squale » a préféré coincer les journalistes du Monde qui enquêtaient sur ses malversations financières, plutôt que de surveiller un mythomane criminel, qui déstructure la justice afin que celle-ci ne puisse mettre au jour le mécanisme des rétrocommissions sur les « grands contrats » lui permettant de faire jeu égal avec ses compères du CAC 40… Bref, ce quelqu’un est petit, exceptionnellement petit, et vraiment pas à la hauteur de la responsabilité qui devrait lui incomber. En fait cet individu est tout simplement vénal.

      1. Vigneron.
        Rocard est un attali bis.
        Tu tombes bien bas, ces temps-ci.
        Confession de miterand à sa femme : « j’ai le poste, mais pas le pouvoir » … Ca te situe le malaise d’adhérer au système ou de se faire rejeter..??
        Si tu es pertinent, un jour, retrouves-nous le discours de miterand aux « nations-unies-d’amérique » qui a fait un scandale car il annonçait déjà à l’époque que le monde allait dans le mur.
        Il fut, bien entendu, qualifié de fou.

      2. Jacqueson, ah ben il me semble pourtant que vous pointez justement la différence : on peut parfaitement être à la fois exceptionnellement « petit », « vénal » et intelligent. Le tout expliquant précisément la dangerosité du produit final, non ? Y’en a eu pas mal aussi pour nous chanter la connerie supposément insondable d’un W Bush… pendant deux mandats. Pareil pour Reagan, pareil pour Chirac.
        Gerald Ford ? Là ok. Jamais élu, deux ans et demi au pouvoir, difficilement.

      3. C’est ça yvan. T’sais quoi qu’c’est le bon programme politique today ? Trois mots mon minet, juste trois, en angliche, pasque c’est plus joli : Blood, Sweat and Tears.

    2. Même s’il a raison sur l’armement nucléaire et sur les déchets nucléaires (et c’est pas des détails!) Rocard à tort sur les centrales nucléaires: le nombre des accidents va augmenter à cause du vieillissement de celles qu’on ne se décidera pas à fermer et de l’incapacité des politiques à en contrôler la sûreté (cf Japon.)

      A part ça j’ai pas compris comment il a été possible à Hollande de signer la préface du livre en question autrement qu’en s’abstenant de le lire. Personnellement j’y ai trouvé assez de raisons pour ne pas voter pour lui au 1er tour et pour hésiter à le faire au 2d.

  2. je ne sais plus quoi dire.
    votre texte est implacable et c’est affligeant pour tous ceux qui continuent à nous vendre ce système fou
    je ne dis pas qu’il faut dépenser à tout-va
    mais il y a un minimum qui s’appelle la dignité humaine
    et lorsque cette dignité est atteinte, il faut complètement repenser les bases
    c’est dingue quand on y pense
    à chaque fois les mêmes méthodes, à chaque fois les mêmes erreurs
    je ne sais plus quoi dire
    il y a des évidences que même un enfant appréhenderait si on prenait la peine de lui expliquer
    en tout cas merci François de nous ouvrir les yeux si pertinemment chaque fois

    1. je ne sais plus quoi dire

      C’est pas grave quand bien même le monde en deviendrait bouche bée, ils resteraient toujours aussi sourds et aveugles aux premières douceurs de jj. Vous savez au temps de Pharaon c’était un peu la même chose, relisez particulièrement certains passages de l’Exode.

      Vous verrez vous n’en reviendrez pas, n’écoutez pas plus les infos vous n’en dormirez pas plus à mon modeste avis, surtout si cela devait se poursuivre indéfiniment dans le temps et l’histoire.

      il y a des évidences que même un enfant appréhenderait si on prenait la peine de lui expliquer

      Oh à mon avis la plupart des enfants de la terre ont déjà un peu compris la chose depuis le temps, c’est surtout la plupart des pseudos adultes de ce monde qui m’alarme le plus, et cela malgré les divers médias de ce monde.

      c’est dingue quand on y pense

      Oui je vous le fais pas dire, mais attendez ce n’est que le début, surtout dans le tout dictat matériel et idéologique du monde.

      Hum ils s’y prennent bien tous ensemble je trouve à la longue.

  3. 14 avril 1912 : le Titanic percute un iceberg.

    Cent ans plus tard, presque jour pour jour, mardi 10 avril 2012 : le Titanic « ZONE EURO » percute plusieurs icebergs.

    Taux des obligations italiennes à 10 ans :
    19 mars : 4,84 %.
    20 mars : 4,90 %.
    21 mars : 5,00 %.
    26 mars : 5,03 %.
    27 mars : 5,12 %.
    30 mars : 5,12 %.
    3 avril : 5,16 %.
    4 avril : 5,37 %.
    5 avril : 5,45 %.
    10 avril : 5,68 %.

    Taux des obligations espagnoles à 10 ans :
    5 mars : 4,97 %.
    9 mars : 5,00 %.
    12 mars : 5,06 %.
    13 mars : 5,13 %.
    14 mars : 5,17 %.
    15 mars : 5,18 %.
    16 mars : 5,20 %.
    20 mars : 5,23 %.
    28 mars : 5,33 %.
    30 mars : 5,35 %.
    3 avril : 5,45 %.
    4 avril : 5,69 %.
    5 avril : 5,75 %.
    10 avril : 5,98 %.

    1. Les USA dégradés de AA+ à AA.

      « Credit rating agency Egan Jones downgraded the United States Thursday on concern over the sustainability of public debt. Egan Jones is one of the most important ratings firms in the world; they lowered our credit level from AA+ to AA. The firm reduced America from AAA to AA+ in July 2011, just before Standard & Poor’s did the same.

      Egan Jones warned. « Without some structural changes soon, restoring credit quality will become increasingly difficult . . . without some structural changes soon, restoring credit quality will become increasingly difficult. » « 

      http://nation.foxnews.com/us-credit-rating-downgrade/2012/04/06/egan-jones-downgrades-us-credit-rating#ixzz1rexRpXrY

  4. Grèce connaitrait une croissance positive en 2014, grâce à « la mise en œuvre du programme d’assainissement des finances ».

    Il y aura forcément un rebond un jour ou l’autre, l’économie ne peut pas perdre 5%/an depuis 5 ans sans une pause. Et ça c’est pour arriver à l’équilibre avec 125% du PIB et il n’est pas question de commencer à rembourser. Mais encore 2 ans d’austérité? Pauvres Grecs, ils ne tiendront pas jusque là. D’ailleurs les élections toutes proches risquent d’être surprenantes.

    Le PDG du réassureur Scor préconise l’adoption d’une « seconde règle d’or, selon laquelle pour réduire le déficit [public], 70 % devraient provenir de la baisse des dépenses et seulement 30 % de la hausse des prélèvements », car des impôts supplémentaires vont « asphyxier l’économie ».

    Tiens, c’est une bonne idée ça, à condition de modifier légèrement la balance.
    Proposition de règle d’or n°2 : 1/3 de l’assainissement doit venir des surplus des particuliers, 1/3 des sociétés ayant un chiffre d’affaire important avec l’étranger et 1/3 d’économies de façon à ne pas asphyxier la consommation.

  5. A mon avis, le problème crucial, c’est l’euro.
    On peut demander à un pays de faire des économies, de suivre un plan d’austérité. Mais sans dévaluer, en même temps, sa monnaie nationale, cette cure conduit à l’anorexie du pays.
    Ce qui se passe actuellement en Grèce, au Portugal….

    D’ailleurs, les gouvernements des pays de la zone euro sont désarmés face au phénomène. Leur politique repose sur deux axes: rassurer les marchés et gagner du temps.

    1. On appelle ça de la dévaluation intérieure. Je me demande ce qui est pire : un dévaluation de la monnaie nationale ou ce truc. Je tends à croire que c’est ce truc de dévaluation intérieure qui est le plus dur. L’Islande a pratiqué la dévaluation et s’en sort mieux que l’Irlande qui est posée comme modèle de réussite de l’austérité.

  6. Silence radio sur l’Islande!

    Sans nouvelles d’Islande : Pourquoi ?
    Si quelqu’un croit qu’il n’y a pas de censure actuellement, qu’il nous dise pourquoi on a tout su au sujet de ce qui se passe en Egypte, en Syrie ou en Lybie et pourquoi les journaux n’ont absolument rien dit sur ce qui se passe en Islande :
    En Islande,
    – le peuple a fait démissionner un gouvernement au complet,
    – les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques de Grande Bretagne et de Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière
    – une assemblée populaire vient d’être créée pour réécrire la Constitution.
    Et tout cela, pacifiquement.
    Toute une révolution contre le pouvoir qui a conduit à cette crise.
    Voilà pourquoi rien n’a été publié pendant deux ans.
    Que se passerait-il si les citoyens européens en prenaient exemple ?
    Brièvement, voici l’histoire des faits :
    – 2008 : La principale banque du pays est nationalisée. La monnaie s’effondre, la bourse suspend son activité. Le pays est en banqueroute.
    – 2009 : Les protestations citoyennes contre le Parlement font que des élections anticipées sont convoquées et qu’elles provoquent la démission du Premier Ministre et, en bloc, de tout le gouvernement.
    La situation économique désastreuse du pays persiste. Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et à la Hollande le remboursement de la dette par le paiement de 3.500 millions d’euros, montant que paieront mensuellement toutes les familles islandaises pendant les 15 prochaines années à un taux d’intérêt de 5%.
    – 2010 : le peuple descend à nouveau dans la rue et demande que la loi soit soumise à référendum.
    En janvier 2010, le Président refuse de ratifier cette loi et annonce qu’il y aura une consultation populaire.
    En mars, le référendum a lieu et le NON au paiement de la dette remporte 93% des voix.
    Pendant ce temps, le gouvernement a entamé une investigation pour régler juridiquement les responsabilités de la crise.
    Les détentions de plusieurs banquiers et cadres supérieurs commencent.
    Interpol lance une enquête et tous les banquiers impliqués quittent le pays.
    Dans ce contexte de crise, une assemblée est élue pour rédiger une nouvelle Constitution qui reprend les leçons apprises de la crise et qui se substitue à l’actuelle qui est une copie de la constitution danoise.
    Pour ce faire, on a recours directement au peuple souverain.
    On élit 25 citoyens sans filiation politique parmi les 522 qui se sont présentés aux candidatures. Pour cela, il faut être majeur et recueillir le soutien de 30 personnes.
    – L’assemblée constituante commence ses travaux en février 2011 afin de présenter, en partant des avis collectés dans les diverses assemblées qui ont eu lieu dans tout le pays, un projet de Grande Charte.
    Elle doit être approuvée par l’actuel parlement ainsi que par celui qui sera constitué après les prochaines élections législatives.
    Voici, en bref, l’histoire de la Révolution Islandaise :
    – Démission en bloc de tout un gouvernement
    – Nationalisation de la banque
    – Référendum pour que le peuple puisse se prononcer sur les décisions économiques fondamentales
    – emprisonnement des responsables de la crise et
    – réécriture de la constitution par les citoyens
    Nous a-t-on parlé de cela dans les médias européens ?
    En a-t-on parlé dans les débats politiques radiophoniques ?
    A-t-on vu des images de ces faits à la TV ?
    Bien sûr que non !
    Le peuple islandais a su donner une leçon à toute l’Europe en affrontant le système et en donnant une leçon de démocratie au reste du monde.

    1. Je crois que la constitution européenne interdit ce que les Islandais ont fait. L’indépendance de la BCE est inscrite dans la constitution. Il aurait fallu y toucher pour faire ce que les Islandais ont fait. C’est le fait d’être hors de la zone euro qui a rendu tout cela possible. Le reste est un sacré coup de courage de ces gens. Ils ont été clairement menacés du pire s’ils ne se couchaient pas devant la Grande-Bretagne et la Hollande.
      La Suisse est hors de cette zone. Pourvu que ça dure !

    2. Bonsoir,

      Il est évident que l’on ne va pas vous présenter une solution qui implique que des banquiers et leurs complices passent par la case prison.

    3. Miracle du village de pêcheurs d’Islande ? Mouais, 8% du pib en coupes budgétaires, 6% de pib en augmentation d’impôts, tout ça depuis 4 ans… Les prêteurs, Fmi et Norvège, sont bin contents des efforts de ses pêcheurs d’Islande… z’ont pu revenir sur les marchés au mois de juin dernier… et emprunter 1 milliard de $ aux fonds de pension US…
      Et alors l’investissement, la conso, le commerce extérieur… regardez en dessous…
      http://www.tresor.economie.gouv.fr/File/339011

      1. @Vigneron

        Merci pour cette information. « Mon » texte n’était rien d’autre qu’un copier coller d’un tract reçu dans ma boite Email. Ne sachant qu’en penser je l’ai posté sur ce blog pour avoir des avis éclairés

      2. Eh bé primo, Justin, fallait le dire que c’était un tract, même si c’était manifeste. Secundo les tracts ça se classe verticalement, normalement en tous cas, corbeille quoi…
        Imaginez Hollande ou, mieux, « I Am Very Dangerous » Jean-Luc ! qui annonce « Mon projet ultra-démocratique à l’Islandaise pour les quatre ans : 120 milliards d’impôts nouveaux et 160 milliards de dépenses publiques en moins ! Et dans quatre ans on peut enfin emprunter 160 milliards à Pimco à 9% ! Pour rembourser plus vite le Fmi et nos voisins allemands… »
        Succès démocratique assuré.

  7. Je ne sais pas à quel point les analyses des intervenants ici prennent en compte certaines situations qui se mettent en place.
    Par exemple, l’arrêt des exportations de pétrole de l’Iran vers l’Espagne en rétorsion des menaces qu’elle subit, ou les déploiements de troupe préventifs de la Russie sur certaines frontières stratégiques. Ou encore les avertissements sans ambiguïté du Ministre des Affaires étrangères russe relatifs au programme BMDE des USA.
    Pour nos « Gouvernants » c’est clair, dans la logique du Chaos créateur, ils suivent la ligne NeoCon made in USA datant du siècle dernier, pour encore peu de temps j’ose encore espérer…
    Synthagma, Lybie, même combat.

  8. François Leclerc titre : « Un bateau toujours ivre ».

    Lundi 12 décembre 2011 :

    Pierre-Henri de Menthon est directeur de la rédaction de « Challenges », et chroniqueur sur la chaîne BFM Business.

    Le 12 décembre 2011, Pierre-Henri de Menthon révèle que les Français les plus riches réalisent des retraits et que cela se passe « loin des caméras, à l’abri des bureaux cossus des banquiers privés, ceux qui gèrent le patrimoine des grandes fortunes ! »

    Dans la vidéo ci-dessous, il est précisé :

    « Chez Pictet et Lombard Odier, deux grandes banques privées de Genève, les ouvertures de comptes par les Français se multiplient, des dizaines de millions d’euros affluent tous les jours. »

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_oEWxIkVA7o#!

    Depuis décembre 2011, nous voyons ces cas se multiplier. Nous sommes embarqués dans un paquebot appelé « ZONE EURO ».

    Or, que voyons-nous ?

    Nous voyons les passagers les plus riches qui sont en train d’entasser leurs richesses dans des canots de sauvetage.

    Nous voyons les passagers les plus riches qui sont en train de fuir le paquebot « ZONE EURO », pour aller mettre leurs richesses dans les banques privées suisses : la banque Pictet, la banque Lombard Odier, etc.

    Nous voyons les passagers les plus riches qui s’éloignent du paquebot « ZONE EURO », et qui mettent à l’abri leur épargne en-dehors de la zone euro.

    C’est un signe qui ne trompe pas.

    C’est un signe qui montre que le paquebot « ZONE EURO » est en train de couler.

  9. DENIS KESSLER

    « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… À y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »[4]

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