UNE SOLUTION PLUS SIMPLE AU PROBLÈME DES RETRAITES

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

François Leclerc rapporte dans son billet le plus récent que :

Cristobal Montoro, ministre espagnol du budget, expliquait hier lundi que les régions doivent « renoncer à dépenser une grande part de ce qu’elles dépensent aujourd’hui », annonçant vouloir « définir avec les communautés autonomes quels services publics elles doivent offrir en matière de santé, d’éducation et de prestations sociales ». […] dans une manœuvre désespérée destinée à calmer les marchés, Mariano Rajoy s’apprêterait à annoncer 10 milliards d’euros de nouvelles coupes dans les programmes de santé et d’éducation. […]

En Grèce, le budget de la santé a été réduit de dix milliards d’euros depuis 2009, passant sans transition de ce qui était le fruit d’une incontestable gabegie financière à un bradage de la santé publique, les soins devenant un privilège réservé à ceux qui peuvent les payer, les structures sanitaires étant totalement débordées et manquant de moyens.

L’ancienne médecine avec laquelle le Fonds monétaire international et la Banque mondiale traitent le tiers-monde depuis soixante ans est donc mise une fois de plus à contribution, cette fois pour l’Europe (la Russie y a déjà eu droit) : on réduit l’espérance de vie et le niveau d’instruction dans les nations qui doutent des vertus du capitalisme (*) pour raffermir leur foi devenue trop tiède.

Il est vrai que lorsqu’on hausse l’âge de la retraite les peuples ingrats descendent aussitôt dans la rue, et qu’un déficit des régimes de retraite peut tout aussi bien être maîtrisé, et de manière indolore – si l’on peut dire – en réduisant l’espérance de vie. Si l’on abaisse en parallèle le niveau d’instruction, comme il est également prévu, les peuples ne se douteront même pas de la manœuvre !

« Le progrès ? » Tout le monde vous le dira : « Une valeur d’un autre âge ! »

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(*) Je rappelle que le capitalisme est un défaut que présentent certains systèmes économiques : que les ressources y manquent le plus souvent là où elles sont nécessaires, pour la production ou la consommation (voir Le capitalisme à l’agonie – Fayard 2011).

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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119 réflexions sur « UNE SOLUTION PLUS SIMPLE AU PROBLÈME DES RETRAITES »

  1. Intuitivement, confusément, il y a une résurgence toute victorienne
    du mépris pour les classes dites inférieures et dangereuses,
    donc du « racisme » de classe, du sentiment de domination et de contrôle
    sur Autrui que procure l’ aisance ou la sécurité financière
    Une justification du Darwinisme social, à voix basse.
    Le phénomène des « gated communities », cet apartheid des riches,
    montre aussi le sentiment d’agression qu’éprouvent ceux qui s’y enferment.
    Le libéralisme est socialement sectaire et revanchard.
    Voir crever autrui au nom de la libre concurrence, une loi naturelle,
    doit être jouissif, en tout cas satisfaisant.
    Crever est peut-être trop radical, mais le harassement, la fatigue
    et le désespoir ( voir suicides au travail), oui.
    Pas la peine d’investir ( éducation, santé) sur ces branquignolles.

    Il nous en manque la dénonciation.
    Il nous manque des études sociologiques , comme font les Pinçon-Charlot.
    et psycho-sociologiques.

    1. Voir les autres se crever c’est effectivement jouissif.

      Champagne!

      ¨Pour la dénonciation : suffit de créer un site, mon pote. Tu auras tous les ragots de caniveaux et les autres aussi, plus rigolos. Délation rime avec déflation et inflation, aussi avec piège à cons.

    2. Il nous en manque la dénonciation.
      Daniel, ne rigolez pas avec ça , chez certains de nos « concitoyens » du nord …C’est fait !!! L’horreur ! …Ici, on touche le fond !

      http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/731447/la-journee.html
      Extrait :
      La Journée

      Mis en ligne le 11/04/2012

      Le Vlaams Belang dénonce les illégaux

      La délation, cela semble devenu très tendance au sein de l’extrême droite européenne. Le Vlaams Belang vient de lancer un site Internet sur lequel les citoyens peuvent dénoncer des « problèmes liés à l’immigration clandestine » – abus à la sécurité sociale, travail au noir, criminalité en tout genre. L’idée n’est pas de « se substituer à la police et à la justice », rassure le leader de l’extrême droite flamande, Filip Dewinter. Mais de dresser un « Livre noir de l’illégalité ». Ce qui est à peine moins rassurant. « L’illégalité ne doit pas être récompensée, clame Filip Dewinter. Les illégaux doivent être recherchés activement et ensuite renvoyés dans leurs pays d’origine ».

      Le Vlaams Belang n’a pas dû beaucoup se creuser les méninges pour trouver son idée. L’initiative s’inspire en fait directement du site Internet lancé par le PVV le 8 février dernier et qui invitait les gens à dénoncer les « nuisances » causées par les ressortissants d’Europe orientale et centrale aux Pays-Bas. Même le titre est une mauvaise imitation. Le site du PVV s’intitule « Meldpunt Midden en Oost Europeanen ». Celui du Belang, « Meldpunt Illegaliteit ». Le parti d’extrême droite flamand pense sans doute qu’en piquant les idées du PVV de Geert Wilders, il atteindra ses scores électoraux ou qu’à tout le moins, il enrayera l’exode massif de ses electeurs vers la N-VA. Difficile à dire si cela payera. En revanche, ce qui est sûr, c’est que le Belang ramassera sur la tête des tonnes de réactions courroucées. Tout comme le PVV….
      Réaction de la commission européenne :

      http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/731378/appel-a-la-delation-la-commission-n-interviendra-pas.html
      ……………………………

    3. @ Martine-Bxl.
      Je suis désolé de m’être si mal exprimé.

      Ce n’est rien qu’un épisode de la guerre de classe
      que les riches mènent contre nous.
      Je dit qu’une forme de racisme et de mépris devraient être étudiés,
      savoir si leur réalité est bien établie, ce que je ressens.
      Je dis qu’ils devraient être stigmatisé et dénoncé.

      Le travail des Pinçon-Charlot dans un domaine proche
      est l’exemple de ce qui pourrait être fait.

      J’avais en tête la famine en Irlande, 1845, les raisons
      invoquées pour ne rien faire, alors que tout était disponible.
       » Le gouvernement ne peut pas agir. il ne doit pas entraver
      le marché et fausser la concurrence. »
      Réalité: qu’ils crèvent.

  2. En Allemagne, Bismarck fait voter le 22 juillet 1889 la première loi sur l’assurance-vieillesse-invalidité, qui entrera en vigueur le 1er janvier 1891. Cette loi permet aux ouvriers âgés de 70 ans de percevoir une pension de retraite dès lors qu’ils ont cotisé trente ans. (http://www.larousse.fr/archives/economie/page/212)
    Juste une remarque : en 1889 l’espérance de vie pour un travailleur en Allemagne était de?

    1. Trente ans de cotisations sous Bismarck ? Trente cinq aujourd’hui. S’en sortent bien par rapport aux français…
      … mais avec 20% de taux de cotisations retraite… y’a pas d’mystère.

  3. En Suisse, le même truc se nomme « pérenniser les prestations sociales ». Ça va moins vite, c’est momentanément moins douloureux mais l’idée est la même.
    Cela sera accéléré quand la Suisse se lancera dans la course à la compétitivité, i.e. lequel serre le plus les budgets.
    Le capitalisme tue.

      1. Merci pour le lien.

        Ce livre a un pendant communiste. « L’Avenir Radieux » de Zinoviev. Nous avons notre « Avenir Radieux ».

        Qu’est-ce qui libère de la pulsion de mort ?

  4. Du temps des Etats-Nation triomphants, l’Europe était ravagée par des guerres sanglantes. Aujourd’hui que les Etats-Nations sont affaiblis par le libéralisme triomphant, l’Europe est ravagée par la guerre économique de tous contre tous, avec pour corollaire le démantèlement des systèmes sociaux – que des décennies de luttes avaient permis de développer dans le cadre de ces mêmes Etats-Nation – et le développement d’un chômage de masse.
    Sous-entendu des fanatiques du marché: « Si vous voulez la paix, il vous faudra accepter d’être plus pauvres. Car le protectionnisme c’est la guerre. »
    En quelque sorte nos chers libéraux laissent le choix aux populations entre se faire trouer la paillasse sur un champ de bataille, ou venir grossir les rangs des précaires et des chômeurs.
    Il y a peut-être une autre solution, c’est que les peuples se réapproprient le pouvoir, comme dirait ce « dangereux rouge » de Mélenchon.

    1. Sous-entendu des fanatiques du marché: « Si vous voulez la paix, il vous faudra accepter d’être plus pauvres. Car le protectionnisme c’est la guerre. »

      sur toute la terre.

      Moi j’y vois surtout un plus grand PROTECTIONNISME MARCHAND sur toute la terre.

      Tout homme et toute femme en réalité, cherche à se protectionner de quelque chose aussi bien tous ceux et toutes celles qui préfèrent protectionner jusqu’au bout les premières valeurs rationnalistes de l’avarice et de la cupidité sur toutes choses, comme dans la lettre et les premiers bureaux du monde, démontrant bien par là qu’ils se moquent bien des premières valeurs de l’évangile, la belle sélection marchande et progressive de l’espèce humaine.

      A vrai dire il n’y a pas non plus que le capitalisme qui conditionne grandement le monde dans le tout matériel marchand terrestre, pauvre dame nature, pauvres petits enfants du monde.

      Qu’ont-ils vraiment bien tous compris à l’histoire humaine ? Rien strictement rien si à part quelqu’uns, et encore c’est sur cela ne suffira pas à inverser la si folle tendance du nombre dans les premières conduites sociétales.

      C’est-à dire seul l’avoir en priorité de tout ceci et cela nous sauvera tout le temps de la catastrophe.

  5. Hors sujet :

    La radio/TV n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur
    Qui s’agite et parade une heure, sur la scène,
    Puis on ne l’entend plus. La radio est un récit
    Plein de bruit, de fureur, qu’un idiot raconte
    Et qui n’a pas de sens.
    Macbeth (1605)

    En fait la messe a lieu maintenant partout et à chaque instant, sous forme d’angélus médiatique, signifiant que tout va bien, que ce soir est comme tous les soirs et que tout est en ordre. Cette messe permanente se substitue à la pensée et rempli le cerveau de tout le monde, et c’est une véritable hallucination et une main mise sur le psychisme des gens donc quand on parle de liberté à des gens, alors qu’on s’emploie par ailleurs à éviter absolument que jamais rien ne se passe dans leur vie ou dans leur tête, c’est quand même gonflé !

    Les instruments médiatiques servent exclusivement au contrôle social, aux mains de brutes sans cervelles, qui ne reculent pas devant l’anesthésie générale, et l’assassinat de la pensée qu’ils commettent chaque jour. Leur mission : faire que personne ne pense ! tache difficile !

    Il y a des gens là, et vous parlez uniquement pour qu’ils se tiennent tranquille. Non pas pour que la vie soit intéressante, non, non, pour qu’elle soit ennuyeuse et vide, pour qu’elle passe comme la digestion.. des saboteurs de la pensée, collègues de ceux qui anéantissent le monde dehors sous les parpaings et le grues.

    1. Les instruments médiatiques servent exclusivement au contrôle social, aux mains de brutes sans cervelles, qui ne reculent pas devant l’anesthésie générale, et l’assassinat de la pensée qu’ils commettent chaque jour. Leur mission : faire que personne ne pense ! tache difficile !

      Oui tout à fait juste.

      Faut dire qu’ils sont souvent très bien payés les premiers bourreaux de l’ame humaine sur terre.

  6. bonjour,

    1) au sortir de la seconde guerre mondiale, la france était ruinée et dévastée, pourtant elle a pu choisir de s’offrir un système social efficace et envié.

    2) aujourd’hui, alors que le pays est flambant neuf et « plein de fric », il ne pourrait plus honorer son contrat social.

    il y a quelque-chose qui cloche…

    peut-être est-ce parce que nous sommes abreuvés d’un discours médiatique propagandiste reflétant uniquement les décisions et priorités du grand-patronat ?

    1. 1) au sortir de la seconde guerre mondiale, la france était ruinée et dévastée, pourtant elle a pu choisir de s’offrir un système social efficace et envié.

      Grâce au plan Marshall http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Marshall
      Parmi les différentes motivations :

      Il s’agit aussi de trouver des débouchés pour les produits américains. Les États-Unis ont connu pendant la guerre une forte croissance liée à l’industrie de guerre et la question à l’étude depuis 1941 à Washington est de savoir comment maintenir le plein emploi après la guerre. La solution mise en place sera, via le plan Marshall de trouver des débouchés à l’étranger financés par des prêts remboursables en dollars.

      Enfin la doctrine Marshall matérialise la crainte des Américains que les institutions démocratiques occidentales ne s’effondrent au profit de l’URSS communiste. Par l’aide financière, les États-Unis cherchent à prévenir l’accession au pouvoir des partis communistes en Europe de l’ouest. Les Américains estiment que la pauvreté de l’Europe, qui fait le lit du discours communiste, doit être résolue.

      Sans oublier le Plan Marshall culturel, lequel, par le cinéma, diffuse l’American way of life.
      http://www.polemos.fr/2011/02/le-cinema-vecteur-d%E2%80%99influence-culturelle/

      En France, Mr Hulot, le personnage joué par Jacques Tati dans ses films, témoigne de cette rencontre, de ce télescopage entre deux cultures.
      Le film Mon Oncle illustre de manière poétique la confrontation entre la tradition philosophique romantique, idéaliste latine et la tradition philosophique utilitariste anglo-saxonne.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mon_oncle

      1. le plan marshall nous était dû. mais c’est un autre débat.

        surtout ça ne change rien au fait, que, aujourd’hui le pays étant plein de fric, il ne pourrait prétendument pas honorer son contrat social…

        mensonge?

      2. Le plan marshall nous était dû. mais c’est un autre débat.

        surtout ça ne change rien au fait, que, aujourd’hui le pays étant plein de fric, il ne pourrait prétendument pas honorer son contrat social…

        mensonge?

        Je vous l’ai cité pourtant !

        Enfin la doctrine Marshall matérialise la crainte des Américains que les institutions démocratiques occidentales ne s’effondrent au profit de l’URSS communiste.

        Il n’ y a plus le modèle communiste pour contrebalancer , comprenez par là un idéal égalitaire.
        Il n’y a plus aucune aucune raison de lâcher du lest, bien au contraire…
        Dans la logique capitaliste anglo-saxonne, la fortune amassée par l’individu est signe d’élection divine. C’est l’individu qui est au centre, qui fait fortune, non son pays (l’intérêt d’un pays est généralement l’intérêt d’une élite). Ce n’est pas le pays qui est plein de fric, ce sont quelques individus. Qu’ils s’estiment redevables, ou pas, envers le pays qui leur a permis de s’enrichir, là est la question. Celle-ci se règle actuellement par les plus fortunés avec la philanthropie, laquelle témoigne de leur bonté, de leur charité. http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/12/09/philanthropie-le-mouvement-de-bill-gates-et-warren-buffet-s-amplifie_1451015_3234.html
        Et quand vous leur dite que vous êtes pauvres avec 500 euros par mois, ils vous répondent qu’il y a plus pauvre avec 1 dollars par jour. Fin de la discussion.

        Évidemment, tout ça est tout à fait discutable mais nous en sommes là.

  7. Ce malthusianisme oligarchique qui sous-tend les propositions de réduction des moyens Santé est dans la droite ligne du capitalisme. Systématiser l’exploitation c’est corrélativement penser certaines personnes comme vouées à l’être, penser sous-classe. Et considérer des gens comme des sous-êtres c’est les assimiler à des choses, des marchandises. Les éliminer n’est pas un problème, du moment qu’elle ne remplissent plus leur fonction.

  8. L’universel s’atteint en un embrassement embrasé du système qui fait et qui défait. Il assure une allocation de ses flux en fonction, non des besoins individuels, mais des intérêts nécessaires à sa respiration, étouffant quelques organes et quelques cellules au passage, en irrigant abondamment d’autres.
    Le bétail peut-il se sortir de son rêve où il se croit nourri alors qu’il est trait? Peut-il désirer la mauvaise herbe plus que le bon maïs?
    De quoi d’autre que ce dont il est fait peut-il se faire lui-même?

    1. 29. Jésus a dit :
      « Quand le corps vient à cause de l’esprit, c’est une merveille. Mais quand l’esprit vient à cause du corps, c’est une merveille des merveilles. Quant à moi, je m’émerveille que cette richesse ait habité cette pauvreté. »

      L’universel éprouverait donc ce besoin irrépressible de se reproduire . Un peu comme les hommes finalement . parce qu’en dehors du Jeu , s’il n’y a rien, ça doit être lugubre d’ennui .
      Un corps conscient ne veut pas d’esclaves , puisqu’il les a dans son corps . il ne peut que vouloir de la conscience, ou un « plus » , un inconnu qui n’est pas le même que lui . enfin ( ceci dit approximativement ) qui lui redonne conscience . ce n’est pas le connu qui défriche, c’est l’inconnu .
      la dimension d’aventure n’est pas à exclure . c’est l’idée du Fils .
      D’ailleurs, on pourrait aussi dire de l’Homme , être engendré et non créé . ( si tout ceci est compréhensible ? )
      Un corps a-conscient , que pourrait-il vouloir comme « conscients » ?

  9. Bonjour à tous

    Prenant acte de ce que les media et la pub sont aux démocraties ce que la matraque est aux régimes totalitaires, en hommage à Raymond Aubrac commencez de résister: première étape pour se libérer de ses chaînes: jeter sa télé!

    Cordialement

  10. Le vieillissement coûterait plus cher que prévu, prévient le FMI
    Créé le 11-04-2012 à 16h32 – Mis à jour à 16h32

    Par Challenges.fr

    Le risque financier que représente l’allongement de l’espérance de vie est probablement sous-estimé et pèsera lourdement sur les comptes publics des pays développés, selon le Fonds.

    Le risque financier que représente l’allongement de l’espérance de vie est probablement sous-estimé et pèsera lourdement sur les comptes publics des pays développés, a affirmé le Fonds monétaire international dans une étude mercredi 11 avril. Dans un chapitre de son « Rapport sur la stabilité financière dans le monde » semestriel, le FMI a relevé que l’augmentation de l’espérance de vie avait été régulièrement sous-estimée dans les projections démographiques, et que c’était encore probablement le cas.

    « Les hypothèses généralement faites pour la valorisation des engagements en matière de pensions pourraient ne pas prendre adéquatement en compte le développement futur de la longévité », a écrit le Fonds.

    Des dizaines de milliers de milliards de dollars

    « Si en 2050 la durée de vie moyenne se rallongeait de trois ans, le coût du vieillissement, déjà élevé, augmenterait de 50% », a-t-il calculé. « A l’échelle mondiale, cette augmentation équivaut à des dizaines de milliers de milliards de dollars ». Or trois ans est « la sous-estimation moyenne de la longévité par le passé », a relevé le FMI.

    « Une plus grande attention à cette question serait justifiée aujourd’hui d’un point de vue financier », ont estimé les auteurs. Selon eux, « le risque de longévité menace de saper la viabilité des finances publiques dans les années et décennies à venir, compliquant des efforts de rééquilibrage de long terme en réaction aux difficultés budgétaires actuelles ».

    Le FMI a lancé deux recommandations aux Etats membres: reconnaître l’étendue du problème, et prévoir les mécanismes qui permettront d’y répondre. En particulier, il a prôné un allongement de la durée de la vie active en rapport avec celui de la vie.

    « La meilleure politique serait de lier le droit aux pensions de retraite publiques aux évolutions réelles de la longévité (répondant ainsi aux risques liés à la longévité à mesure qu’ils se matérialisent et maintenant constante la durée de la retraite), de préférence par des ajustements automatiques ou périodiquement effectués grâce à une formule mathématique afin d’éviter un débat public récurrent sur le sujet », a expliqué le FMI.
    (Avec AFP)

    1. L’ordre cannibale

      Cette reflexion de Paul Jorion et cette information venant du FMI me font repenser à ce livre de Jacques Attali paru il y a bien longtemps : l’Ordre cannibale dans lequel il montrait que poussée au bout la logique du capitalisme financier conduirait à réduire la durée de vie dès lors que l’individu ne peut plus être productif. En Grande Bretagne il y a des cancers rentables à soigner et très bientôt pour alléger le coût des retraites il faudra dépenser le strict nécessaire pour que la personne puisse voir arriver la mort plus vite.

  11. Le FMI et la Banque mondiale, encore…

    Negotiations to redefine Unctad’s mandate are a shock to those who think developing countries are getting a bigger say in the global economic arena

    […] Unctad is the UN agency which, since its establishment in 1964, has been most responsive to the preferences of developing countries in subjects of debt, trade, and finance. It has often voiced a second opinion about issues on which the International Monetary Fund (IMF) and World Bank – governed largely by western governments – consider themselves to be authoritative.

    Unctad’s mandate for the next four years is due to be agreed at a ministerial conference in Doha on 21-26 April. The text is now under intense negotiation in Geneva. The initiating text was prepared by the chair of the preparatory committee, which is comprised of a small number of representatives of groups of countries.

    The draft text authorised Unctad to continue its research and advice on subjects including the current Great Slump, destabilising capital flows, exchange rate misalignments, the volatility and financialisation of commodity markets, special and differential treatment for developing countries, regional financial and monetary co-operation, and the need for reform of the international financial and economic architecture.

    The western governments are mounting a determined attempt to amend the text to exclude Unctad from virtually all these issues. They say that these issues are beyond Unctad’s « comparative advantage », that they are the prerogative of the IMF, World Bank and WTO, that having different international organisations saying different things about them only causes confusion. […]

    1. Ouaip, « just a storm in a teacup » ? Pas sûr…
      La suite du texte où l’on parle des « autres », de ceux d’en face, du « groupe des 77 » (132 aujourd’hui) de l’ONU…
      On the other hand, western governments are keen for Unctad to work on new issues including good governance, democracy, freedom, gender, youth, and Unctad organisational reform. They have pursued a strategy described by the Swiss ambassador to Unctad in mid- March as « creating headaches … but also chaos [which is] the most fertile basis for creativity when it inspires us to find solutions outside the box ».
      Unfortunately the developing country group in Unctad, known as the G77, is on the defensive, while major developing countries appear to give greater priority to their new opportunities for negotiating in small groups with the major developed countries, including through the G20 process. So the G77 as a group has been largely reactive to western governments’ strategy, and drawn in to negotiate on the west’s chosen terrain without the western countries negotiating seriously on the issues which the G77 want Unctad to work on.
      In the wider scheme of things this might seem like a storm in a teacup, given that Unctad is an ideas and advice organisation rather than a spending organisation. But to repeat, Unctad is the one UN organisation which has articulated arguments which qualify the west’s central argument about development, that « what is good for us in the west – free trade, free capital movements, tight intellectual property protection, and the like – is good for you developing countries too ».
      Ironically, western governments and western-dominated organisations like the IMF and World Bank, which preach the virtues of competition for others, are trying to close down competition in the realm of policy ideas and advice Development-oriented civil society organisations in the west should take heed of what is happening now in Geneva, and mobilise their troops to put pressure on their governments to stop trying to silence Unctad, which would leave the IMF and World Bank with a monopoly of « official » global opinion about core macroeconomic issues. »official » global opinion about core macroeconomic issues.

  12. Le problème de cette solution est simple. Etonnant que les financiers et politiques à leurs ordres n’y aient pas pensé.
    Au regard de toutes les enquêtes d’opinion dans l’UE, à chaque fois que 10 personnes de plus de 70 ans meurent , les droites européennes perdent 7 électeurs. Les financiers perdent 7 à 8 soutiens.
    Vous rétorquerez sûrement que les dix qui meurent font probablement plus partie des 3 qui ne votent pas pour les droites….

    Personnellement, je leur conseillerai plutôt la méthode de la suppression totale de la législation sur les accidents de travail et les maladies professionnelles. Et tant qu’on y est, je sortirai de la protection du droit commun tous les personnels d’aide à la personne dont les coûts resteraient intégralement déductibles des impôts.
    J’en profiterai aussi pour autoriser à nouveau la pub sur l’alcool et assouplir la législation du code de la route. Tout en dé-remboursant les pathologies découlant d’une addiction quelconque. Alcool, drogue mais aussi sucre, graisse, sel…. qui ne seront plus soumis à une quelconque règlementation liberticide.
    Je supprimerai aussi toute l’administration de contrôle vétérinaire et la répression des fraudes.
    Puis j’autoriserai la vente libre d’arme à feu et promulguerai une loi de légitime défense préventive.
    Pour des raisons d’éfficacité budgetaire , tare de tout service publique, je privatiserai la police et la justice. L’armée aussi d’ailleurs.

    Voilà un pays qui serait merveilleux pour les financiers.
    En fait, c’est un mélange des USA et du RU.

    Vive la Freedom.

  13. Vieille médecine en effet,
    la saignée et les ventouses restent les seules propositions de Mme Lagarde
    il semble cependant, qu’elle ait quelques problèmes pour réussir à lever des fonds.

    Le FMI serait il lui aussi en train de perdre son triple A?

    Il faut dire qu’un ministre des finances qui a réussi brillamment à propulser son pays dans le cercle vicieux de l’endettement illimité ne pouvait qu’avoir un avenir brillant dans la gestion des catastrophes financières mondiales.

    Peux être le FMI sera t il contraint de revoir lui aussi ses frais de personnel à la baisse en délocalisant son siège social dans des contrées où la main d’oeuvre qualifiée est moins chère et plus nombreuse.

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