L’actualité de la crise : VIELEN DANK FRAU MERKEL ! par François Leclerc

Billet invité.

Une information ayant comme origine le bureau de Panayiotis Pikrammenos, le premier ministre grec par intérim, soulève ce matin un gigantesque tollé dans le pays. Selon cette source citée hier soir par les agences de presse internationales, Angela Merkel aurait évoqué avec Carolos Papoulias, le président de la République, l’organisation d’un référendum portant sur le maintien ou non de la Grèce dans l’euro.

Un démenti est très vite venu de Berlin, mais le mal était fait. Personne ne pouvait y croire, car le projet circulait déjà. Il avait été notamment évoqué sous la forme d’un « troisième tour » aux prochaines élections législatives par le commissaire européen Karel de Gucht. Deux hypothèses pouvaient par contre être formulées à propos de cette annonce intempestive : une fuite organisée destinée à torpiller le projet ou l’inexpérience d’un fonctionnaire (depuis injoignable et renvoyé à son cher foyer).

Le résultat n’a pas déçu les espérances de l’auteur de la fuite, si cette hypothèse un peu retorse devait être retenue. Ta Nea titre ce matin « Ultimatum Merkel » tandis qu’Eleftheros Typos, à l’opposé politiquement, barre sa « une » de « Bombe Merkel pour un euro-referendum ». Antonis Samaras, le leader de Nouvelle Démocratie, déclare que cette suggestion est « regrettable et ne peut pas être acceptée ». Alexis Tsipras, de Syriza, constate que « Madame Merkel est habituée à s’adresser aux dirigeants politiques de la Grèce comme s’il s’agissait d’un pays sous protectorat ». Evangélos Vénizélos du Pasok affirme que « la question en Grèce n’est pas son maintien ou non dans l’euro, mais la sortie définitive de la crise… »

C’est à cela que l’on reconnaît les grands dirigeants : à leur capacité de réussir là où tout le monde a échoué. A Athènes, tout le monde se retrouve d’accord ce matin. Merci beaucoup, Madame Merkel !

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129 réflexions sur « L’actualité de la crise : VIELEN DANK FRAU MERKEL ! par François Leclerc »

  1. « Allez-y, lâchez-nous, pour voir, qu’on rigole… »

    Voilà en gros ce qu’Alexis Tsipras, leader du parti de gauche radicale grec Syriza, vient de signifier à la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI) dans un entretien publié vendredi 18 mai par le Wall Street Journal.

    http://blogs.rue89.com/yeti-voyageur/2012/05/18/alexis-tsipras-syriza-met-la-troika-au-defi-227543

    A la fin, s’amuse Paul Jorion dans son « Temps qu’il fait » du 18 mai, il ne resterait plus guère que deux membres dans l’UE : l’Allemagne et la France. Un peu maigre, tout de même !

  2. AFP/Les Echos

    « Raconter aux Grecs qu’ils n’ont pas besoin de tenir les programmes d’économies déjà acceptés, c’est leur mentir » a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble dans un entretien au Bild am Sonntag à paraître dimanche.
    « La solidarité européenne n’est pas une voie à sens unique (…). Par ailleurs, les réformes structurelles en Grèce sont de toute façon nécessaires, le +ça ira bien comme avant+ ne marche pas, dans aucun scénario », a-t-il ajouté.
    « Je n’ai pas l’intention de me mêler de la campagne électorale grecque. Je peux seulement dire que la direction que nous avons choisie avec la Grèce doit être prise, et selon moi elle sera prise (par le peuple grec) », a poursuivi le ministre.
    « Certains croient visiblement en Grèce qu’on peut échapper à ses responsabilités parce que +ceux de Bruxelles+ ne peuvent pas se permettre autre chose », a-t-il dit en faisant allusion aux coûts potentiellement très élevés pour les contribuables européens en cas de sortie de la Grèce de la zone euro et de son défaut de paiement.

    Quel mépris!

    Il y a quelques jours j’envoyai un lien (que je trouve plus) vers une émission de Mermet consacrée
    à la Grèce

    Ce qui avait retenu le plus mon attention était la réaction offusquée des fonctionnaires grecs face au comportement hautain des experts allemands.

    1. Ce qui avait retenu le plus mon attention était la réaction offusquée des fonctionnaires grecs face au comportement hautain des experts allemands.

      Depuis le début de la crise c’est ce qui me choque, ce mépris. Je ne peux pas croire que les politiques allemands, conseillés par des gens intelligents (je l’espère), puisse adopter une telle attitude contreproductive. On leur a déjà fait le coup avec Versailles, ils devraient savoir que ça ne marche pas. Je ne puis expliquer cette absence de cadrage des différents acteurs que par du calcul politique, épousant au plus près la peur panique de la classe économique, des épargnants, en espérant une réélection en 2013. Ca pourrait bien leur péter à la g… bien avant.

      Il ne faut pas humilier les gens, ni les peuples quand on attend d’eux de la collaboration. Surtout quand les sorts sont si étroitement dépendants et liés. Tout ce qu’on obtient au final c’est un affrontement, qui risque d’entraîner tout le monde par le fond.

      Les allemands obtiendraient bien plus (auraient obtenus, parce que je pense que c’est trop tard) s’ils avaient utilisés les médias grecs pour faire de la pédagogie, expliquer les enjeux, faire des concessions de leur côté, proposer des solutions acceptables par tous, dans des délais viables. Les grecs savent bien que leur classe politique a foirer, que leur pays devrait être remis aux normes européennes (création d’un cadastre, collecte des impôts, lutte contre la corruption etc…), ce n’était pas la peine de leur jeter tout le linge sale à la figure, et en leur criant dessus par dessus le marché. Surtout que si on regarde bien, les sous-vêtements allemands ne sont pas très propres non plus…

      1. Surtout quant on sait qu’un Grec travaille 2.200 h/an, contre 1.450 h/an pour un Allemand (environ).

        Il s’agit sans doute d’un différentiel de productivité + travail à temps partiel plus développé en Allemagne.

  3. Tous ces commentaires, en marge du G8, dans une touchante unanimité…

    Le G8 fait front uni en faveur de la croissance économique

    Bon…dont acte…
    Mais encore?…on fait comment?

    Cette spectaculaire conversion du discours dominant m’amuse…

    Surtout que, tous étant morts de trouille, pas un seul n’ose avancer la nécessité de revaloriser la part salariale.

    1. @pierrot123 :

      Le problème, c’est que des recettes de croissance, ils en ont. Angela en a, Mario en a et les a appliquées :

      – dérégulation complète du droit du travail : fin du CDI, flexibilisation maximale dans la « libération » de la capacité à licencier sans motif
      – destruction des capacités de négociation collective – d’abord globales et interprofessionnelles, ensuite sectorielle, pour abattre les organisations syndicales et finir avec des salariés qui sont juste autorisés – peut-être, si les « conditions économiques » telles qu’annoncées par le patron le permettent – à négocier, par catégorie, dans leur propre entreprise.
      – privatisation
      – activation des chômeurs, en priorité des chômeurs âgés, histoire de constituer une armée d’esclaves qui serviront à tirer tous les autres, ceux qui se pensent à l’abris, le plus bas possible
      – réductions de l’impôt des sociétés
      – exonération des cotisations sociales – qui sont, rappelons-le, un élément de salaire !
      – …

      Alors, c’est-y pas beau, la relance de droite ?

    2. Ils font semblant, mais tous ces commis de la dictature du capital
      sont d’accord sur l’essentiel: relancer par l’offre, avec mesures « structurelles »,
      dit encore « compétitives », c’est à dire augmentant non pas l’austérité générale,
      mais pour ceux qui ne font pas de l’argent en dormant.

      C’est évidemment encore et toujours reculer pour mieux sauter,
      chaque fraction « nationale » du capital commençant à prendre des mesures de protection,
      qui meneront à une guerre commerciale,
      et guerre tout court, si les 99 % ne se soulèvent pas.

      Ils sont heureux de se retrouver, sans cravate.
      Ils risquent de se retrouver un jour en battle dress, la cravate au cou.

  4. Sauvons l’Europe: de Budapest à Copenhague, de Madrid à Stockholm,de Paris à Varsovie,de Lubjana à Helsinki, mobilisons nos forces, envahissons l’Allemagne,et faisons les bosser,vive le STO Européen.

  5. Les Grecs ne veulent pas sortir de l’Euro, ne veulent pas de l’austérité, ne peuvent honorer leur dette, soit…mais surtout ils ne peuvent / veulent pas mettre en place un vrai système fiscal (notamment en prélevant sur les biens de l’Eglise) : çà veut dire que les Grecs sont assez solidaires entre eux pour proteger leurs riches, dont on dit par ailleurs qu’ils ont planqués près de 100 milliards en Suisse ?

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