LA FRANCE ET L’AVENIR DE l’EURO

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Le fait que l’Espagne ait perdu tout accès au marché des capitaux dans un avenir prévisible, et condamne du coup à première vue l’existence-même de la zone euro, a fait la une du Blog de Paul Jorion pendant toute la journée d’hier. J’en ai parlé d’abord dans mon billet au titre ironique « Les Grecs ont fait le bon choix ! », où j’ai attiré l’attention sur le fait que l’arrivée en tête du parti de droite Nouvelle Démocratie aux législatives ne faisait apparemment ni chaud ni froid au marché international des capitaux puisque le coupon de la dette espagnole à 10 ans avait crevé le plafond des 7% dans la matinée (et se trouvait toujours à 7,158% en clôture). J’y suis revenu dans l’après-midi dans La perte de confiance dans la dette espagnole – Le direct. (Merci à Tim Gupwell qui a immédiatement traduit les billets en anglais).

Qu’en pensait pendant ce temps-là la presse française ? Rien, semblait-il. En parle-t-elle quand même ce matin ? Pas vraiment, pas en tout cas dans ce à quoi j’ai accès. Dans Les Échos en ligne ? euh… rien. Dans la version imprimée ? euh… rien. Dans Le Monde en ligne ? euh… rien. Dans Le Figaro en ligne ? euh… rien. Dans La Tribune (désormais en ligne uniquement) ? euh… rien.

En Belgique, on trouve la nouvelle à la une de l’Écho, qui sauve l’honneur de la presse francophone. Et dans la presse anglo-saxonne ? Là, c’est différent : on ne parle que de ça ! La nouvelle fait le premier titre du Financial Times en ligne, premier titre du Wall Street Journal en ligne, premier titre sur le site de l’agence Bloomberg, etc.

Quelle conclusion en tirer ? (À moins que j’aie très très mal regardé), en France, l’avenir de l’euro, ça n’intéresse absolument plus personne.

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114 réflexions sur « LA FRANCE ET L’AVENIR DE l’EURO »

  1. Quand on voit les tiraillements actuels, « d’analyse de la situation », entre la France et l’Allemagne, on peut se demander où on va. A grands pas?

    Je ne vois vraiment pas l’Allemagne payer pour les autres, en particulier leurs déconnades (via les euro-bonds – 78% des Allemands sont contre -, en particulier, pierre angulaire des politiciens français actuels).

    La France cherche-t-elle à ce que l’Allemagne sorte de l’Euro (comportement général à l’égard de l’Allemagne, tentative de rapprochement avec l’Italie,…)? On peut se le demander, vue l’ambiance.

  2. Quelle conclusion?
    La désinformation, tue la conscience. Sans conscience aucune intégration n’est possible.
    Merci à votre blog (et à vous de l’avoir mis en cohérence!)

  3. Il y a sans doute plusieurs facteurs qui peuvent expliquer cette absence de communication: le déni d’une réalité cruelle, l’idéologie avec ses lunettes déformantes qui filtrent tout ce qui ne va pas dans le bon sens, les français n’ont pas besoin de savoir (comme le nuage de Tchernobyl qui se serait arrêté à la frontière). C’est évident que nos journalistes sont souvent à côté de la plaque pour plein de raisons régulièrement analysées par leurs homologues étrangers. Pas plus tard qu’hier ou avant hier un papier belge mettait en relief les douteuses pratiques journalistiques françaises (proximité du pouvoir, parisianisme…). Der Spiegel, à la suite de la non communication des chiffres de l’accidentologie aéronautique en France (en queue de peloton des pays européens) , évoquait la « bienveillance des médias français ». Dormez tranquille !

      1. C’est un article qui date de quelques années, repris alors par mediaparte, malheureusement à l’époque je n’avais pas gardé la trace de cet article. Désolé. Par contre, ce que je sais, c’est que le niveau de sécurité aéronautique de la France est vraiment très faible (on peut trouver les chiffres) et que les médias ne communiquent pas sur ce sujet alors qu’ils le savent. Ce qu’exprime M. JORION me fait penser à un expert aéronautique qui en parlant d’une grande compagnie française, Air …, disait qu’elle était la seule compagnie qui est capable de faire croire une semaine après un accident qu’elle est la plus sure du monde ! Effectivement, les médias colmatent alors les brèches avec une multitude d’articles ou de reportages sur la sécurité au top dans cette entreprise. Mais ils ne sont pas dupes, pas tous. Je connais bien ce milieu, on y retrouve beaucoup de points communs dans la déficience de la gestion des risques avec l’univers financier.

    1. C’est ça. Il y a une légèreté traditionnelle en France dans le traitement journalistique de l’actualité économique. On se fie aux apparences, aux voix qui ont été érigées en référence, au marxisme-tendance-Pif-le-Chien, à Tartempion déjà très âgé qui vous radote la doxia. C’est voulu bien sûr. Mais au pays du Verbe et de la logomachie, ça passe comme une lettre à la poste…

      1. Facile. Il a été créé à Tours en 1920,
        et colle maintenant les affiches d’un vieux sénateur mitterrandien.
        Le chien, lui, va très bien.

    1. Mais justement,. Wall Street et la CIty n´ont aucun intérêt à ce que l´euro survive. Les taux d´intérêt payés en ce moment par les US sont en ce sens édifiants.

  4. Certes, mais la presse anglo-saxonne est au balcon, dans cette crise de la zone sud de la zone euro où les intérêts qu’elle exprime d’habitude sont deux fois absents: absents de l’euro, et peu exposés à la dette du sud.
    Pour le coup, elle peut donc se refaire à bon compte et une intelligence et une morale. Et le président Obama, demander à « l’Europe » des mesures « raisonnables ».

    Bien sûr, cela n’exonère pas la presse francophone. Mais on jugera les titres anglo-saxons quand la tourmente touchera la City ou Wall Street. Pour ce qui est de l’Irlande, son silence a déjà tout dit, apparemment.

  5. Autre conclusion possible: dans les pays anglo-saxons, l’avenir de l’euro (qu’il en ait un) n’intéresse personne. Enfin, en tous cas c’est l’opinion bien connue du GEAB.
    Toujours est-il qu’au vu de la couverture médiatique, il y a clairement une grande divergence d’intérêts entre les européens et les anglo-saxons. En soi, c’est déjà une information intéressante.

  6. « Quelle conclusion en tirer ? (À moins que j’aie très très mal regardé), en France, l’avenir de l’euro, ça n’intéresse absolument plus personne. »

    Non. Ma propre conclusion est que la presse francophone détourne son regard. Et de mon côté, je sais très bien pourquoi, et je sais que je ne suis pas le seul ….

    Car il y a heureusement internet, et ce blog, et je veux croire que votre conclusion est une figure de style.

  7. Ils en ont tout de même touché un mot à La Première (RTBF), comme quoi !
    N’empêche en regardant les infos diffusé par la boîte à conneries je ne comprend toujours pas pourquoi le peuple grecs accepte tout cela sans se révolter plus. Sans être grand économiste ou mathématicien il est clair que les mesures ne font qu’aggraver la situation.
    Un espoir peut-être, je constate que certaines personnes avec qui j’ai abordé le sujet et qui restaient dans le déni commencent tout doucement à prendre conscience. Il serait grand temps que ceux qui tirent les ficelles aient le courage de dire qu’ils ont pris la mauvaise direction, qu’il serait grand temps d’envisager le tout sous un autre angle.

    1. « pourquoi le peuple grecs accepte tout cela sans se révolter plus « ?
      Les grecs n’ont pas le temps de faire une révolution entre chaque faillite, leur histoire ressemble à cette vidéo des tremblements de terre au japon … c’est rythmé comme un sirtaki : « Les enfants du Pire », le « é » en tombe.
      La France numérote bien ses républiques, empires et autres royautés à coups de défaites, décolonisations et autres révolutions.
      L’histoire passe à la caisse comme un décompte sinon un mécompte.

  8. Le GEAB 66(6) qui avait tardé a être publié en raison des événements électoraux est sorti cette nuit : c’est la pelle du 18 juin pourrait-on dire.
    Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la grande perdition…
    http://www.leap2020.eu/GEAB-N-66-est-disponible-Alerte-Rouge-Crise-systemique-globale-Septembre-Octobre-2012-Quand-les-trompettes-de-Jericho_a11063.html

    En résumé, c’est merveilleux, l’avenir appartient à l’Europe, tous les autres sont dans les choux…
    L’avenir est radieux.
    Sauf que :
    1. Récession globale (plus aucun moteur de croissance nulle part / fin du mythe de la « reprise US ») (5)
    2. Insolvabilité croissante et partiellement reconnue comme telle désormais de l’ensemble du système bancaire et financier occidental
    3. Fragilité croissante des actifs financiers clés comme les dettes souveraines, l’immobilier et les CDS à la base des bilans des grandes banques mondiales
    4. Chute du commerce international (6)
    5. Tensions géopolitiques (notamment au Moyen-Orient) approchant du point d’explosion régionale
    6. Blocage géopolitique global durable à l’ONU
    7. Effondrement rapide de tout le système occidental de retraites par capitalisation (7)
    8. Fractures politiques croissantes au sein des puissances « monolithiques » mondiales (USA, Chine, Russie)
    9. Absence de solutions « miracles », comme en 2008/2009, du fait de l’impuissance croissante de plusieurs grandes banques centrales occidentales (FED, BoE, BoJ) et de l’endettement des Etats
    10. Crédibilité en chute libre pour tous les Etats devant assumer la double charge d’un endettement public et d’un endettement privé excessifs
    11. Incapacité à maîtriser/ralentir la progression du chômage de masse et de longue durée
    12. Echecs des politiques de stimulus monétaristes et financiers comme des politiques d’austérité « pure »
    13. Inefficacité désormais quasi-systématique des enceintes internationales alternatives ou récentes, G20, G8, Rio+20, OMC, … sur tous les thèmes-clés de ce qui n’est plus en fait un agenda mondial (8) faute de consensus : économie, finance, environnement, résolution de conflits, lutte contre la pauvreté, …

    Mais tout va bien…
    Juste un petit rien qu sera vite surmonté : voilà le programme des prochains mois…
    1. Iran/Israël/USA : La guerre de trop aura bien lieu
    2. La bombe assyrienne : l’allumette israélo-américaine-iranienne dans la poudrière Syrie-Irak
    3. Le chaos AfPak : l’armée US et l’OTAN, otages d’une sortie de conflit de plus en plus difficile
    4. L’Automne arabe : les pays du Golfe emportés dans la tourmente.
    5. Etats-Unis : « Taxmargeddon » commence dès l’été 2012 – L’économie US en chute libre à l’automne
    6. La grande insolvabilité bancaire au rendez-vous de Septembre-Octobre 2012 : Bankia version City-Wall Street
    7. L’insoutenable légèreté des QE de l’été 2012 – les banques centrales américaine, britannique et japonaise hors-jeu

    Chantons en coeur :http://www.youtube.com/watch?v=jGQaz8bfoqE

    1. GEAB N°66 est disponible! Alerte Rouge / Crise systémique globale – Septembre-Octobre 2012 : Quand les trompettes de Jericho sonneront 7 fois pour le monde d’avant la crise

      Victor Hugo

      Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée.

      Quand Josué rêveur, la tête aux cieux dressée,
      Suivi des siens, marchait, et, prophète irrité,
      Sonnait de la trompette autour de la cité,
      Au premier tour qu’il fit, le roi se mit à rire ;
      Au second tour, riant toujours, il lui fit dire :
      « Crois-tu donc renverser ma ville avec du vent ? »
      À la troisième fois l’arche allait en avant,
      Puis les trompettes, puis toute l’armée en marche,
      Et les petits enfants venaient cracher sur l’arche,
      Et, soufflant dans leur trompe, imitaient le clairon ;
      Au quatrième tour, bravant les fils d’Aaron,
      Entre les vieux créneaux tout brunis par la rouille,
      Les femmes s’asseyaient en filant leur quenouille,
      Et se moquaient, jetant des pierres aux Hébreux ;
      À la cinquième fois, sur ces murs ténébreux,
      Aveugles et boiteux vinrent, et leurs huées
      Raillaient le noir clairon sonnant sous les nuées ;
      À la sixième fois, sur sa tour de granit
      Si haute qu’au sommet l’aigle faisait son nid,
      Si dure que l’éclair l’eût en vain foudroyée,
      Le roi revint, riant à gorge déployée,
      Et cria : « Ces Hébreux sont bons musiciens ! »
      Autour du roi Joyeux riaient tous les anciens
      Qui le soir sont assis au temple, et délibèrent.

      À la septième fois, les murailles tombèrent.

    2. Simple constat . Basique . Sur le fait que l’Europe va devenir fédérale dans les mois qui viennent
      ce qui implique que l’Allemagne paye , grosse empoignade en vue , moins cool que leur présentation , je pense . Pour le reste rien de surprenant .

  9. c’est une course de lenteur entre les usa et l’europe , le dernier qui s’ecroule gagne ..

    the last stand man !

    les USA attaqueront in fine le BRICS parce qu’ils soutiennent l’Europe !

    1. @ pseudo cyclique

      Non. Le dernier qui s’écroule, s’écroule. C’est le dernier debout qui aura son mot à dire. Ou plutôt les derniers. La barbarie grandit. Le fascisme enfle lentement, sûrement. Ouvrez bien vos yeux ! Regardez plus haut, vers les pouvoirs, les profiteurs gloussent et vous narguent, leurs retraites en poche ! La propagande fonctionne plein pot !

      Papillon

      P.S.: »Si dix journaux capitalistes écrivent la même chose, c’est qu’ils disent la vérité ! » (une contre-révolutionnaire cubaine)

      1. ce que je voulais dire c’est « the last stand man » s’ecroulera aussi

        les usa de reagan etaient pas si loin de l’urss de gorbatchev dans les 90’s …

        que pourra faire une Chine sans débouchés européens et/ou asiatiques ? que fera une Europe décapitée dans un marché commun usa/europe et aux pétro-roubles russes ? et à part une guerre mondiale comment les usa peuvent ils se relancer ?

        victoire à la Pyrrhus des marchés : comment la finance propriétaire de la Terre va expulser 7 milliards de mauvais payeurs ?????

    2. La leçon du naufrage du Titanic selon les experts, c’est d’avoir ralenti et tenté d’éviter l’iceberg (1|1). La manœuvre éventra la coque sur trop de cloisons.
      Ralentir et garder le cap aurait peut-être noyé moins de cloison (celles en proue) et permis de maintenir le bateau à flot (1|0).
      Maintenir la vitesse et virer de bord permet de réduire le rayon de courbure et aurait peut-être permis d’éviter l’iceberg (0|1).
      Maintenir le cape et la vitesse aurait été stupide (0|0).

      Vous me sentez arriver. Je vous laisse remplacer le cape et la vitesse par les deux variables financières de votre choix, mais sachez que quand le danger sature les neurones en sans XOR pas.
      Valable aussi pour le Costa Concordia qui a dignement fêté les 100 ans de l’arrogance humaine couplée à des choix impliquant une petite perte pour un grand gain.

    1. Vous avez vu le nom de la page dans le lien? « nette détente des taux en espagne et italie après le scrutin grec ». lol
      C’était le titre original et ils ont vite dû mettre à jour le contenu…

  10. Quelle conclusion en tirer ? Eh bien que la politique de l’autruche a encore de très beaux jours devant elle.

    De là à supposer que les chiens de garde ont conseillé de ne pas en parler pour éviter de stresser les vaches à lait, pourquoi pas. Plus rien ne m’étonnerai.

  11. Ce que vous pointez là concernant la presse française (pas francophone, française); c’est le drame de ce pays. Une presse-propagande qui bloque tout débat, toute réflexion au profit du people et au détriment de la France. C’est absolument dramatique et ça promet un réveil très très difficile. En effet, tous les journaux européens (que je peux lire: espagnol, allemand et anglo-saxon) ne parlaient que de ça et ne parlent que de ça depuis déjà un bon bout de temps.
    A l’inverse chez nous on oscille entre un tweet et un duel Royal/Falorni (dont tout le monde se fout…) ou l’euro de foot…A part ça, tout va bien 🙂

      1. Le problème de la presse française c’est qu’elle est aux ordres.
        Une autre manière de le dire est : la presse française n’a pas la liberté d’imaginer qu’il existe un autre monde que le sien, dans lequel tout ce dont on ne parle pas n’existe pas et n’existe que ce dont on parle.

  12. Autre conclusion à tirer:

    la même qu’hier soir et ce matin dans la presse à propos du match Espagne-Croatie, où l’arbitre, aux vues et sues du monde entier accorde sans sourciller un but sur un hors-jeu plus que manifeste. Visiblement, les commentateurs et l’ensemble de la presse ont eu des consignes pour ne pas appuyer sur la pourriture de l’arbitrage.

    En France, le dogme européiste incantatoire est si prégnant, que les patrons de presse et éditocrates doivent avoir mis leur véto. Ou alors, ils veulent se laisser le temps de faire leur radeau…

    1. C’est évident puisque la France est l’un des pays fondateurs de l’UE, et puisqu’elle n’existe plus sur la scène internationale malgré ses gesticulations il lui faut bien trouver un substitut pour conserver un semblant de puissance. Il n’est pas facile de passer du statut de plus grande puissance coloniale à un simple pays européen dans ses frontières en seulement quelques dizaines d’années.

      1. C’est évident puisque la France est l’un des pays fondateurs de l’UE et puisqu’elle n’existe plus sur la scène internationale…

        Je me suis pourtant laissé dire que le problème était peut-être précisément que la France était plus présente sur la scène internationale que l’UE et entendait bien le rester. Du coté de l’avant-scène médiatique hexagonale en tous cas c’est l’évidence. Les prés carrés restent strictement hexagonaux. Gloire aux lombrics de l’ombilic. Remâchons la glaise remâchée prémachée. Gastronomie saprophyte, Arts cullinaires coprophages, Génie recycleur. Manja merda qu’on dit chez nous.

  13.  » en France, l’avenir de l’euro, ça n’intéresse absolument plus personne »

    Prière de ne pas confondre la France avec les journalistes français, nonmého !

    1. pourtant quand on voit le comportement des français à l’heure actuelle, on peut pas dire qu’ils sont interressés à l’euro, les conversations se portent « parfois » sur les augmentations diverses mais rarement sur le profond du problème économique. Les gens n’aiment pas parler de choses qui derangent leurs quotidiens on est souvent calalogué de pessimistes.

  14. La presse française fait une fois de plus la démonstration qu’elle ne se considère pas comme devant informer mais plutôt qu’elle se donne comme mission d’être le support d’une idéologie et d’une seule qui se traduit par un TINA français. Tout ce qui pourrait créer un doute sur le bien fondé des politiques suivies à droite comme à gauche est écarté. Hier matin le site Atlantico allait jusqu’à écrire que les marchés avaient bien réagi au vote grec … c’est dire !

  15. Quelle conclusion en tirer ? (À moins que j’aie très très mal regardé), en France, l’avenir de l’euro, ça n’intéresse absolument plus personne.

    Normal
    La France est francaise
    Je veux dire normal francaise.
    Alors l’euro mon Bon…..!

  16. Faut regarder BFM BUSINESS TV mon cher Paul, ils ne parlent que de ça depuis des semaines……. les autres médias c’est la météo ou les yakfautcons ou c’est moi qui l’a dit le premier …

    1. Oui, j’écoute parfois et ce, depuis des années. Et je trouve aussi que le ton a changé. Ils mettent en avant ce qui se cache derrière le décors….on les sent aussi dérouté que nous par ce qui arrive.

  17. C’est bien vrai.
    D’ailleurs on ne parle pratiquement plus de rien. Heureusement que vous avez mis en ligne une vidéo sur le Québec et que dans un commentaire j’ai trouvé un lien sur la situation actuelle car je ne voyais plus rien dans les journaux (ou peut-être je suis trop myope). J’ai même pensé que le mouvement des étudiants était fini.
    Pour la crise de la dette? de l’euro? de l’Europe? des banques? là aussi on aurait pu penser que c’était terminé après toutes ces élections gratifiantes..
    La situation dans certain points chaud de la planète ( au Mali, au Barhein, etc ….) : rien
    La situation à Fukushima où un typhon se prépare à arriver demain sur le réacteur 4 et sa belle piscine : rien
    Circulez il n’y a rien à voir !

  18. On ne parle pas en France de l’avenir de l’Euro mais de celui de l’Europe. Le nouveau mot à la mode est « fédéralisme » et les médias autorisés commencent à pilonner l’opinion française.
    Le fédéralisme tel que le conçoivent nos élites n’est ama pas autre chose que la privatisation des états. Pas du tout l’idée que je me fais du fédéralisme. Fédéralisme et libre circulation des personnes des biens et des capitaux sont incompatibles car il y a pour moi nécessairement stratification dans une organisation de type fédéral. Cette stratification doit se refléter dans les mécanismes d’échange entre les différentes strates: monnaies locales, compensations (keynésiennes?).

    Pour moi le modèle fédéral étatsunien que l’Europe s’apprête à copier est un mauvais modèle d’organisation fédérale. Seul le fait que les EU aient gagné les deux guerres mondiales et aient pu ainsi imposer leur monnaie comme monnaie internationale a permis d’entretenir jusqu’à maintenant l’illusion que c’en était un bon.

    1. c’est plus l’impérialisme américain (via sa monnaie entre autres) qui est nocif que son organisation fédérale.

  19. Eh bien c’est le FESF qui empruntera et qui prêtera. Ou est le problème? D’ailleurs l’Espagne va faire une demande. Ce qui par la suite imposera aux états d’avoir des budgets en équilibre. Bonne nouvelle.

  20. Mais au contraire tout va bien, le Monde apporte la bonne nouvelle. Le FMI obtient 456 milliards de dollars,fonds apportés en grande partie par les pays européens comme l’indique la conclusion : Mais l’essentiel de la somme provient toujours de la zone euro, y compris de pays perçus comme en difficulté, l’Espagne et Chypre
    Comment ces pays ruinés vont-ils apporter l’argent qu’ils n’ont pas ? Ne nous posons pas de questions et croyons aux miracles.
    Le rôle de la Presse se cantonne à servir ses propriétaires, banques et multinationales, il n’est que de regarder à qui appartiennent les titres français.
    Comment acceptons-nous en démocratie que les médias soient détenus par des puissances financières?
    Démocratie bien malade, dirigée par des partis politiques sclérosés.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/06/19/g20-le-fmi-obtient-456-milliards-de-dollars-supplementaires_1720831_3234.html

  21. http://www3.lastampa.it/economia/sezioni/articolo/lstp/459016/

    Selon LA STAMPA, lors du G20, une réunion devait avoir lieu entre Obama et les dirigeants européens, hier soir. Mystérieusement, elle a été annulée ; « sono in molti a scommettere che dietro il mancato appuntamento ci siano le tensioni emerse nelle ultime ore tra le due sponde dell’Atlantico. Con una Merkel accerchiata. » TRAD « beaucoup de personnes parient que derrière le rendez-vous manqué il y ait des tensions qui ont émergé lors des dernières heures entre les deux rives de l’Atlantique. Avec une Merkel encerclée. »

    Le G20 a dû réagir au fait que les élections grecques n’ont pas calmé les marchés.

    « La cancelliera Merekel continua infatti a dire no agli euerobond e a qualsiasi forma di mutualizzazione del debito. Senza contare la linea dura che Frau Angela mantiene nei confronti di Atene, rinviando al mittente qualsiasi ipotesi di dilazione degli impegni presi dalla Grecia.
    Una linea in totale controtendenza con quella di Barack Obama, che prima della cena di stasera ha voluto un incontro a due. Un faccia a faccia durato 45 minuti e coperto dal più stretto riserbo. Ma non è difficile ipotizzare che per la Merkel siano stati tre quarti d’ora di tensione, con il presidente americano più che mai in pressing sull’Europa. »
    TRAD
    La chancelière Merkel continue en effet à dire non aux eurobonds et à une quelconque forme de mutualisation de la dette. Sans compter la ligne dure que Frau Angela maintient face à Athènes, renvoyant à la mi-temps quelque hypothèse que ce soit d’une temporisation des engagements pris par la Grèce.
    Une ligne en totale contradiction avec celle prise par Obama, qui avant le diner de ce soir a voulu une rencontre bilatérale. Ce face-à-face a duré 45 minutes et a été couvert par la plus étroite discrétion. Mais il n’est pas difficile de faire l’hypothèse que pour la Merkel il s’est agi de trois quarts d’heure de tension, avec un président américain qui met la pression sur l’Europe. »

    On voit donc (c’est mon commentaire) que les Américains sont aux abois… réélection d’Obama oblige (avant le TAXArmaggedon que prédit le GEAB 66).

    D’autre part un communiqué final du G20 est en préparation.
    «Crescita e occupazione
    per rilanciare l’economia»

    C’est-à-dire (rions à gorge déployée) : croissance (avec les dents) et lutte contre le chômage (ce n’est pas la traduction brute de « occupazione », mais c’est le sens) pour « rilancer » l’économie.
    Mme Lagarde a été chargée de constituer une seconde ligne de défense (tiens ? on suppose que la première ligne sera enfoncée ?) et recevra 456 « myards » pour sauver le monde (outre les 430 qui lui avaient déjà été alloués).

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Zombie

    1. Suite des événements vus par la Presse italienne…

      http://www.ilsole24ore.com/art/notizie/2012-06-19/salta-vertice-obama-leader-082456.shtml?uuid=Abz87iuF

      L’article revient sur l’annulation de la rencontre Obama/Européens.
      Je retiens (au sujet du tête-à-tête Obama/Merkel) : L’incontro non e’ andato bene. « La rencontre s’est plutôt mal passée ».

      La fin de l’article est intéressante et montre une montée de la nervosité de la part des Américains.

      Nel pomeriggio poi durante una conferenza stampa americana Ben Rhodes (numero due Nsc) e Lael Brainard (capo dell’internazionale al Tesoro) davano due messaggi forti piuttosto antipatici e chiaramente studiati su esigenze di politica interna. Il primo: l’Europa deve essere considerata la principale responsabile di questa crisi. Il secondo: c’è un accordo al G-20 per stimolare la domanda e rilanciare la crescita, cosa non così chiara visto che la Germania aveva invece resistito fino all’ultimo nel corso dei lavoratori preparatori degli sherpa per la dichiarazione finale. Alla fine, sul documento, il compromesso: in caso di persistente debolezza della domanda alcuni paesi si sarebbero impegnati a procedere con politiche espansive. Una sfumatura molto diversa da quella che volevano far passare gli americani.

      TRAD

      Dans l’après midi, au cours d’une conférence de presse américaine Ben Rhodes (numero 2 du Nsc) et Lael Brainard (chef à l’international du Trésor) donnaient deux messages forts plutôt antipathiques et clairement prémédités (« studiati » = étudiés) sur les exigences de politique interne. En premier lieu ; l’Europe doit être considérée comme la principale responsable de cette crise. En second lieu : il y a un accord au G20 pour stimuler la demande et relancer la croissance, chose qui n’est pas aussi claire que cela, vu que l’Allemagne avait au contraire résisté jusqu’au bout au cours des travaux préparatoires des « sherpas » pour aboutir à une déclaration finale. A la fin, sur le document, il y a un compromis : en cas de faiblesse persistante de la demande un certain nombre de pays (« alcuni » est très restrictif et très flou) se seraient engagés à engager des politiques (d’expansion) de relance. Une nuance très différente de celle que voulaient faire passer les Américains.

      Mon commentaire :
      Les Américains semblent plutôt irrités pas la situation en Europe (sans doute disposent-ils de projections alarmistes concernant leur propre économie).
      L’approche des éléctions aux USA contribue à les rendre nerveux.
      Ils favorisent la formation d’un groupe de gouvernants (Hollande-Monti aux commandes) prêts à mettre en place une politique de relance, mais se heurtent toujours à une Mme Merkel têtue (qui est probablement plus concernée par ce qui se passe à l’Est) qui défend la rigueur.

  22. Je crois que c’est le premier billet où se trouve écrit en toutes lettres le mot France.
    Si cette fois nos médias ne s’intéressent toujours pas à ce que peut dire un blog qui compte dans le paysage numérique français et francophone, c’est à ne plus rien y comprendre. Faut vraiment leur mâcher le travail. Jorion, jamais entendu parler ? Un tel désintérêt pour l’opinion, sans même parler de ses analyses, d’un homme qui a prévu la crise des subprimes et ne s’est guère trompé dans son constat quant à la gravité de la crise européenne dès l’annonce de ses prémices, frise la malhonnêteté intellectuelle.

    Mais peut-être est-ce l’état de grâce suite à l’élection d’un nouveau président de la République qui fige ainsi nos journalistes dans cet état d’hébétude propre à les détourner de tout ce qui perturbe la fabrication d’une belle image, d’un petit roman national.

    Le petit monde médiatique français est très suiviste, légitimiste. Il aura fallu attendre que la situation soit désespérée pour l’ex président Sarkozy à quelques mois des élections présidentielles pour qu’i devienne enfin l’objet d’une critique un tant soit peu consistante. C’est l’effet Obama rapporté à notre hexagone.

    1. Je pense que tu négliges une loi fondamentale des médias : ce dont on ne parle pas n’existe pas, et son corollaire : seul existe ce dont on parle.

    2. « Un tel désintérêt pour l’opinion, sans même parler de ses analyses, d’un homme qui a prévu la crise des subprimes et ne s’est guère trompé »

      Certes mais d’autres l’ont devancé (l’équipe de La Chronique Agora notamment) en ne recevant pas plus d’écho dans les grands médias. Le désintérêt de l’opinion pour les questions économiques est ancien, peut-on vraiment en vouloir à nos concitoyens de ne voir l’économie que sous l’angle du méchant banquier ?

      1. Mon incise vous a induit en erreur de lecture.
        Il s’agit de l’opinion de Jorion, et de ses analyses, que les éditorialistes ignorent superbement.

      2. Pignole,

        Certes mais d’autres l’ont devancé (l’équipe de La Chronique Agora notamment)

        Bonner / Béchade et Jorion même combat ? Bonjour les références. Mon pauvre Pignole, le jour où vous verrez des Cassandres ultralibs et marchands d’or (ou des prosélytes prémillénaristes type témoins de Jéhova pour leurs équivalents religieux) vous vendre autre chose que des Armaggedons monétaro-financiers, sonnez moi donc le tocsin please, ça m’intéressera, peut-être.

      3. @vigneron
        « Bonner / Béchade et Jorion même combat ? Bonjour les références »

        Même combat ? je n’ai jamais dit ça, par contre L’empire des dettes a été publié avant le bouquin de Jorion (ce qui n’enlève évidemment rien à son mérite et à son objectivité). Bonner/Wiggin ont la capacité de démontrer que le financement de l’empire sur 25 siècles nécessite le vol, la spoliation, ou encore la soumission à grande échelle (bien souvent un mélange des 3). Evidemment tous sont d’accord sur la collusion/corruption des politiques qui ont permis à la caste financière de s’approprier le pouvoir. S’en tenir à ça et à la dénonciation est largement insuffisant (la preuve tous les jours), et croire que tout cela n’est que l’annonce d’un monde basé sur une initiative collective comme on le lit aussi tous les jours dans les commentaires n’est qu’un avatar de la pensée messianiste qui est sous-jacente à nombre d’hérésies sectatrices et courants politiques de type marxiste.

      4. « Publié avant » le petit pamphlet libertarien du couple de bullish on gold Bonner & Wiggin c’est 2006 la,publication. La belle affaire ! (Dans tous les sens du terme). La Crise c’est 2005 la première diffusion par Caillé et 2004 l’écriture.
        Entre le couple des petits parleurs d’or goldies sur tranche et çui qui parlait d’or y’avait pas que le fond du discours comme écart, mais aussi deux ans, au désavantage des premiers. Et deux ans ça pèse lourd… Même si les deux étaient tout à fait synchrones eux pour profiter à plein :
        1) du succès d’édition en passant pour des prophètes (de la 25ème heure) et en devenant, pour Bonner, un manager de secte incontournable de la goldosphère.
        2) de leurs spéculations aurifères entre 2007 et 2011.

  23. Marchés : la notation crédit, à pile ou face ?
    http://economie.trader-finance.fr/actualite/Marches+la+notation+credit+a+pile+ou+face++487634.html

    ces « notes qui sont indicatives d’un risque relatif de défaut et de pertes », ont déjà spectaculairement ignoré, et de très loin, les plus grandes faillites jusqu’à la crise des subprimes elle-même !
    Peut-on rêver pire ?
    Bloomberg nous apprend que cela « pourrait revenir à jouer à pile ou face ».
    Seulement ?
    Surtout, cela fausse bien évidemment les marchés, serait ce « la main invisible » directement dans la poche des gogos ? Peut on réver plus manipulateur, ou plus imbécile pour tout ceux qui y croient ?
    Serait-ce un hasard si cette manipulation confirmée et reconfirmée, est commercialisée, vendue à des clients intéressés et propagées à la nausée par des médias et des acteurs … qui sont souvent en relation avec les mêmes intérêts bancaires ?

  24. les divergences entre l’Euroland (et non l’Europe) et le couple US/Royaume-Uni sont fort bien étalées dans le dernier GEAB, et concernant la défense c’est plutôt navrant :
    on peut y lire que le porte-avions qui devait être développé en collaboration France/Royaume-Uni est remis en cause par la décision britannique de ne pas adapter son porte-avions pour accueillir les appareils français…! (tentative ininterrompue d’empêcher l’émergence d’une défense européenne selon GEAB) ceci parait crédible en effet
    il est à douter que ce genre de nouvelle paraisse dans le Financial Time britannique ou le Wall Street US…!

    1. Pour le porte-avion, plutôt qu’un complot contre la défense européenne (de toute façon pas à l’ordre du jour), il s’agirait du résultat du lobbying très influent de British Aerospace pour empêcher la possibilité même d’achats de F18 ou de Rafale (avions efficaces ayant fait leurs preuves) au cas (de plus en plus probable) où le F35C ne verrait pas le jour ou alors à des prix inabordables pour les Britanniques. Sachant que les F18 et les Rafales sont polyvalents et pourraient alors concurrencer les Eurofighter hors du domaine de la Navy et jusque dans la RAF, sans parler des marchés internationaux où les rafales et les Eurofighter sont en concurrence, et de l’effet d’un achat de Rafale par le R.-U.

      Ils seront malins avec leur porte-avions sans avions, dans dix ans…

      Bref, comme on dit, il ne faut pas chercher des complots là où la corruption ou l’incompétence sont des explications parfaitement satisfaisantes.

    2. c’est peut être pas un mal d’abandonner le projet si les avions anglais et ceux français ne décollent pas et n’atterrissent pas dans le même sens !

  25. Et pourquoi ne pas aller voir le site de El pais, leader espagnol de la PQR. Ce sont les premiers concernés, non? ET bien je les ai trouvé bien timides sur le bon Espagnol. Mais El pais en parle quand même dans les titres des pages économie. Il prend soin d’annoncer d’abord une bonne nouvelle: l’Ibex est monté de 0,5, bravo l’ibex, après les claques à – 3,5% quotidiennes pendant plusieurs semaines…

  26. Les « grands » médias français sont paternalistes, ils (les éditorialistes) se sentent investis d’une mission quasi moralisatrice. Ils se disent que les français n’en peuvent plus d’entendre de mauvaises nouvelles, qu’ils n’ont pas besoin de ça en ce moment. Et puis il faut aussi comprendre que l’info est un produit à vendre. Qui a envie d’acheter du noir a broyer? Ils doivent aussi se dire que cette crise est loin d’être terminée et qu’il vaut mieux attendre des chocs spectaculaires pour faire du gros édito qui vend.
    Mais grâce à vous et à d’autres nous sommes moins dupes.
    Merci!

  27. Ce matin , je me suis mis au piano et j’ai joué la Marseillaise,
    Et bien je vas vous dire ca fait du bien !!!

  28. La crise s’exacerbe en Europe. Le lâche soulagement qui s’est emparé des milieux dirigeants européens avec la victoire des conservateurs grecs, d’un souffle devant Syriza, la gauche combative qui a progressé d’encore 10 %, trahissait leur obsession de l’austérité… Faire rendre gorge au peuple grec, pressurer les Espagnols, les Portugais ou 
les Italiens avant que vienne le tour des Français. Si le cycle infernal des coupes claires dans les budgets publics, de l’abaissement des coûts du travail plutôt que des frais financiers, des déréglementations en tous genres n’est pas interrompu, la situation continuera de se dégrader sous l’effet d’une croissance anémiée.

    L’heure des choix a sonné ; les rendez-vous sont là. La semaine prochaine, les 28 et 29 juin, se réunit le Conseil européen. Alors qu’Angela Merkel refuse de desserrer l’étau budgétaire qui meurtrit le continent, François Hollande, qui réclame pourtant un geste en faveur de la croissance, semble avoir pris son parti d’une nouvelle vague de sacrifices à demander aux Français.

  29. « en France, l’avenir de l’euro, ça n’intéresse absolument plus personne. »: mais non, c’est parce qu’on est tous en train de lire la traduction française, qui vient de paraître, du rapport Meadows « Les limites à la croissance », alors on n’a pas le temps pour les questions secondaires.

  30. Hé oui,

    Faut-il parler de la » berlusconisation » des médias français ou de leur « lelayisation » ? Je crois qu’entre le déni, le non-dit, le dissimulé et le censuré (pardon, en novlangue cela s’appelle le « choix rédactionnel ») mêlé à la faiblesse professionnelle de la plupart de ce qu’on appelle les journalistes il y a le choix…. voire plusieurs cases à cocher dans ce QCM…

    Il n’y a pas que dans la journaux anglo-saxons que l’on parle en une de l’euro, on en parle aussi en Espagne dans un journal comme El Pais ou dans un journal italien comme La Repubblica…
    (je n’indique que ceux que je consulte régulièrement…)
    Il n’y a donc pas, à mon avis, de « spécificité anglo-saxonne » à ce sujet.

    Par contre il y a une spécificité française, c’est celle de la collusion entre non seulement les intérêts mais aussi les points de vue de notre « gauche » aujourd’hui au pouvoir et de notre « droite » qui l’avait il y a encore peu.. et de tous leurs proches et soutiens… et le monde des médias m’en semble consanguin…

    Il faut donc se poser la question, « A qui profite le crime?  » « qui a intérêt à ne pas en parler ?

    Tout ceux qui ont un intérêt quelconque à ce que la réalité de la situation ne soit pas connue…

    Et là, il y a pléthore… entre ceux qui ont intérêt à cacher leurs turpitudes passées (et à venir…) et ceux qui vont devoir nous appeler à des sacrifices difficiles …

    Entre ceux qui ont inversé le calendrier électoral et ne le remettront jamais dans le « bon » sens et ceux qui organisent déjà un certain « encore plus d’Europe » pour beaucoup moins de ce qui reste de Démocratie (ce sont les mêmes d’ailleurs..) on voit qu’il y a bien des raisons à ne pas mettre ce genre de titre en Une des journaux de « référence » français…

    1. Il faut savoir que la presse touche des subventions de l’Etat, et que les journalistes bénéficient d’une niche fiscale qui leur est dédiée. Malgré cela, une fronde avait été menée par les journalistes, contre Sarkozy, pour le rétablissement de l’abattament de 30% sur l’IR à l’époque supprimé par Juppé et il n’a rien concédé. Ceci peut expliquer une partie du comportement de la presse anti-sarkozyste (aucun président n’a jamais été insulté sur sa taille, y compris F. Hollande qui n’est pas plus grand). Enfin, se rappeler le combat du PS contre les niches fiscales sans jamais évoquer la situation des 35 000 personnes qui bénéficient de la niche journaliste.

  31. Hier (18/06/2012), les éditorialistes économistes ont levé le stylo!
    En effet sur la page vierge du moteur de recherche GOOGLE , je clicque toujours sur l’onglet « actualité » puis sur le lien « économie » pour me tenir au courant des dernières nouvelles; Là, d’ordinaire apparait une vingtaine d’articles, et plus avec les pages annexes, qui font référence à la conjoncture; Et SURPRISE INCROYABLE, HIER, RIEN! AUCUN ARTICLE! Seulement 1 écrit qui sipulait la réunion du G20; j’y suis revenu souvent, n’y croyant pas , péniblement 2 puis 3 apparurent, tous des redites de la formalisation de la réunion du G20;rien de bien excitant:
    UNE HYPOTHESE A VERIFIER: les éditorialistes s’attendent à une lame de fond, un tsunami, mais sans être tout à fait sûrs de ce qui va se passer et comment: Alors plutôt que de se voir déjugé (comme pendant le crash précédent) pour avoir traiter des sujets anodins ou s’être complètement trompés sur l’enchainement des évènements, je crois qu’ils ont joué les sous-préfets au champs (alfonse daudet)….Et ont pris des vacances! Une recherche plus poussée sur le net m’a montré que les auteurs habituels étaient introuvables! (à part Paul jorion et ses comparses, bien sûr)
    cela mérite exploration non?

    1. Pour gogole j’ai remarqué aussi hier, je m’attendais à des tas de trucs sur la Grèce, l’Espagne et…..rien !!

  32. Le problème c’est que les pays de zone euro – et en particulier les pays du sud – veulent, exigent que l’Allemagne payera, comme en 1919, cette fois-ci pour soi-disant « sauver l’Europe ».
    L’Allemagne s’est malheuresement enfermée dans un piège; c’est elle qui disait du haut de la chaire que la paix en Europe dépendrait de l’euro et de la construction européenne, c’est elle qui défend ardemment l’euro. Cela risque de se retourner contre elle. Obama veut gagner ses élections, il faut donc des emplois, les pays de l’Europe veulent se débarasser de leurs dettes. Alors on s’adresse à celui ou celle qui a de l’argent.

    Mais il convient d’en rajouter que c’est la France qui s’est toujours prononcée pour une monnaie européenne, depuis 1950 et notamment durant le gouvernement Mitterand. Le but: élargir l’influence francaise en Europe, l’Afrique ne faisait plus l’affaire dans l’ambiance post-coloniale.
    L’Allemagne et la France sont les dupes dans cette affaire.

  33. Merci à Monsieur Jorion pour la version anglaise des articles du blog.
    Les commentaires sont intéressants.

    1. Amsterdam, 19 juin 2012

      Chèr Germanicus / lieber Germanicus,

      1. Je partage votre expression de reconnaissance à M. Jorion et, évidemment, de Tim Gupwell, en ce qui concerne le début modeste de traductions du BLOG. Malheureusement SANS la traduction simultanée des contributions et de réactions aux Billets…..

      2. Je partage également votre éloge à l’adresse des TRES PEU personnes qui ont réagi à la version Anglaise, entre autres Mme. J.M. Pontacq (voir ci-après). Conclusion: la Commission Européenne et la BCE nous dominent PARFAITEMENT avec leurs « machines » de traduction simultanée, probablement leur vraie et presque unique ‘capital’.

      S.v.p. lire bien ce que dit wikipedia là-dessus: http://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_de_Babel

      ‘Dans « La tour de Babel », c’est le traducteur/la traductrice qui est roi/reine’, pourrait devenir le slogan.

      3. Je m’attends avec de l’inquiétude des initiatives annoncées par M. Jorion et Alesandro Moretti concernant un élargissement de la structure du BLOG.
      J’aimerais répéter ici ma proposition pour améliorer de tout un coup la position financière de M. Jorion par des contributions minimales mais constantes par des paiements par SMS (téléphone mobile).
      La fin de semaine passée j’en ai parlé avec le dr. Rudi Westerveld (université de Delft aux Pays-Bas), qui s’occupe depuis de décennies de la télécommunication, au Mozambique et en Afrique du Sud, et qui tout récemment a pu construire un grand réseau de génération de revenus en Afrique du Sud par des paiements massifs de très petits montants par SMS, faisant…. des traductions des mots uniques! (Anglais – Zulu, Zulu – Anglais etc).
      Rudi Westerveld m’a assuré d’être disponible pour nous aider avec sa connaissance technique.

      4. Dernièrement: comme Lars Olofsson a fait scandale comme PDG à Carrefour, il me paraît e moment très logique maintenant pour développer des noeux d’activisme en France pour conquérir ce géant de la consommation.

      Où restent mes ami(e)s Français(es) pour se battre pour leurs propres intérêts?

      Bien à vous tous,

      Johan Leestemaker

      (voir:Jeannette Marie Pontacq au BLOG anglais Paul Jorion
      June 16 12 at 3:48 am
      Hi Mr. Gupwell …

      Duh, obviously Sarkozy is/was an integral part of the Plutocracy that now rules the Western World. The Plutocrats don’t believe in Democracy, basing their elitist beliefs on such gurus as Edward Bernay (nephew of Sigmund Freund) and Leo Strauss (died in 1973). To them, the people are ‘the mob’ and not to be trusted with power, even shared power. The mob, they think, can be controlled via elemental religion and social issues that go with fundamental religion. The elites, of course, do not believe in that religious stuff, but they need the mob to do so in order to control them and stop them from understanding the distaste they have for the mob.

      ON ANOTHER SUBJECT: I really like Paul Jorion’s site in French and hope his thinking can translate into being popular in English. To that end, I would like to suggest that the address of his site in English be added to comments, for example, to articles in the New York Times. Also on the Huffington Post in English. One can quote his writings in those venues to get it going. In the meantime, I am asking a few friends here to add comments to kick start it.

      It would be good if his site could be listed on the Huffington Post and on other Leftist sites in the States and in England. Those are just some thoughts I have and offer here. Mr. Jorion would also do well to become a contributor to both AlterNet and even CounterPunch. On the French side, Le Grand Soir would be good as well. Most important, however, is the Huffington Post, since it is so mainstream.

      Best, Jeannette Marie Pontacq / Point Reyes Station, CA 94956)

  34. Bonjour,

    « Quelle conclusion en tirer ? (À moins que j’aie très très mal regardé), en France, l’avenir de l’euro, ça n’intéresse absolument plus personne. »

    C’est pas que cela ne les intéresse pas mais c’est que les journalistes se sentent un peu minables. Ils ont présenté les élection grecques comme cruciales pour ‘avenir de l’euro et ont précisé que l’arrivé au pouvoir de parti pro-mémorandum (Pasok ou nouvelle démocratie) sauverait l’Espagne ….et cela ne s’est pas passé comme pronostiqué.

  35. Je ne suis pas d’accord avec ce billet.

    Les français sont dans le déni, constatent avec malice les anglo-saxons. Il est vrai que depuis plusieurs mois en France, on préfère voir la vie en rose plutôt que la réalité des difficultés énormes de notre continent à se former dans les disparités et les oppositions idéologiques face aux défis qui s’autoalimentent des différentes crises mondiales. Cependant, je partage en partie l’optimisme du GEAB parce que l’Europe est le seul élément du monde développé qui soit conscient des difficultés internes et externes qu’implique la situation présente. Cette conscience peut donc opportunément conduire à des solutions plus ou moins adaptées, une fois que les a priori idéologiques auront été balayés par les faits, ce qui est très proche de nous maintenant.

    Bien sûr, nos politiques de tous bords nous ont menti et leurs dirigeants se sont en partie auto-illusionnés sur la situation et sur les moyens d’y remédier. Il est évident que, dans ces conditions, aucun programme politique ne pourra être tenu ni rose ni bleu ni vert ni marron ni carmin ni orange etc. Il est tout aussi évident qu’il faudra gérer au fil de l’eau des compromis qui se présenteront et des idées qui émergeront. Et alors?

    Quant à nos amis anglo-saxons, ne sont-ils pas, eux aussi, enfoncés au moins jusqu’au cou dans le déni? Celui de solutions libérales et « financiaristes » dans une société fondée sur le crédit qui sont toutes en train d’échouer lamentablement. Et nos empires (USA, Chine, Russie, Inde, Commonwealth (la blague…)) ne sont-ils pas eux aussi dans le déni de la pluralité, des oppositions et de la diversité qui forment leur pied d’argile sur une base trop étroite? La désintégration d’un empire tel l’URSS ne permet pas de retrouver un équilibre avant de nombreuses décennies.

    C’est dans ces désintégrations multiples que je vois les dangers du siècle plutôt que dans l’ironie anglo-saxonne à propos de l’Europe et de l’Euro, dans une crise dont ni eux ni personne n’est à même de contrôler les retombées actives. L’espérance est dans le fruit qui se forme plus que dans le fruit mûr qui commence à pourrir et dont l’arbre qui en naîtra éventuellement mettra longtemps à produire.

    1. ///Les français sont dans le déni, constatent avec malice les anglo-saxons///
      C’est sans aucun doute le sentiment des Anglais.
      En revanche, le G20 actuel le démontre, les Américains sentent venir clairement la récession et cela pourrait avoir des conséquences graves sur leur propre société déjà rudement délitée par la crise.
      Il semble donc que le président Obama et son administration aient décidé de jouer une carte maîtresse : le projet de Hollande soutenu par Mario Monti. Ce dernier est particulièrement dépité d’avoir vu que les mesures de rigueur qu’il a prises ont été autant de coups d’épée dans l’eau. La Vertu est bafouée et l’on voit que les marchés cupides continuent leur sarabande infernale. Il est donc tenté de mener une autre politique d’où viendrait peut-être enfin le salut tant espéré. Obama voit d’un bon oeil cette démarche, pleine de promesses pour son pays : la seule planche de salut qui permettrait de sauver la mise et de donner un espoir au peuple américain.
      Mais dans ce macrosystème économique qu’est devenu le monde, les solutions ne sont pas aussi simples et il est presque assuré que le fiasco total suivra ces velléités de sauvetage.

      1. La différence est simple: OBAMA est seul ou peut s’en faut à avoir cette conscience dans un Etat fédéral qui lui en est très loin; alors que chacun en Europe est conscient de la situation, reculant au plus tard la phase de colère qui suit le déni parce que l’on sait intuitivement que le processus est encore long, trop long, avant toute reconstruction. De plus il existe une peur compréhensible que le sentiment de colère ne dérive en prurit nationaliste de chaque nation contre chaque autre; en conséquence de quoi, les citoyens européens attendent de leurs dirigeants qu’ils prennent eux-mêmes une initiative fondamentale qui puisse canaliser leur futur sentiment de colère sans nuire aux phases suivantes du processus de leur deuil de l’état providence.

      2. En fait les citoyens européens ont besoin de « s’indigner » de colère mais ils aimeraient bien savoir en vue de quoi…

  36. Si les anglosaxons s’intéresse à notre sort européen, n’est ce pas parce que certaines grosses banques américaines pleines de faux QEdollars attendent l’effondrement pour racheter indirectement l’europe à bon prix ?
    Quant on parle déjà de privatiser l’electricité, les aéroports, le train, les hôptitaux en espagne, qui rachètera et avec quel argent ?
    Ces banques US qui empruntent à 0% pourront prêter ses USD à 1% aux multinationales qui leur appartiennent et qui vont racheter tout ce qui est privatisable en europe…
    Je dis ça car bernanke semble décidé à continuer la planche à billets…
    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/4053417/06/12/La-Fed-se-reune-con-la-mirada-puesta-en-una-prorroga-de-la-Operacion-Twist-.html
    Scénario crédible ou non ?

    1. tout à fait crédible, l’Italie ne va t’ elle pas « privatiser » pour 10 milliards d’euros selon son premier ministre ..!

  37. l’avenir de l’euro, ça n’intéresse absolument plus personne.

    C’est ce que les allemands appellent la frivolité française, non ?

  38. LA FRANCE ET L’AVENIR DE l’EURO

    Pas sûre, parce que certains Anglais n’aiment pas beaucoup les mangeurs de grenouilles,

    « Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, nous déroulerons le tapis rouge, et nous accueillerons plus d’entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni, cela paiera nos services publics et nos écoles » Citation Cameron

    Quand bien même ce serait une mauvaise idée selon ce monsieur apparemment bien mieux placé pour donner des leçons d’économisme, est-ce vraiment des choses à dire aux opinions françaises qui ne sont pas de son même bord de fonctionnement ? On voterait peut-être en France pas assez pour soi, autre péché capital selon moi !

    En résumé ne rendez plus à César ce qui appartient à César et ne rendez plus à Dieu ce qui appartient à Dieu, comme ça l’Angleterre ou l’Allemagne pourront toujours régner sur les autres.

  39. Pour ma part,je vois au moins quatre raisons pour expliquer le mutisme des médias dits spécialisés (en économie) français(je n’ose pas élargir à francophones résidant moi même en en France)=
    -la faible implication de l’économie dans le discours politique français,à l’inverse des pays anglo saxons,chez qui il y a consubstantialité des deux domaines,le modèle libéral y a pris ses origines,et nous n’avons fait que mimer,reproduire(Paul JORION pourrait en faire un billet),leur approche est logico analytique(transparente?) la notre opaque(notre tradition serait plutôt dans le social,lle partitaire, …),il n’est qu’à voir les commentaires fumeux de nos spécialistes polyvalents(A Minc,Attali,Lenglet,….)
    -la découverte récente par le citoyen lambda du domaine économique,en fait depuis Septembre 2008,les journaux,les chaînes dits spécialisés n’étaient consultés jusque là que par des « agents concernés »
    -qui sont les propriétaires de ces médias:
    les Échos LVMH),Challenge(groupe Perdriel),laTribune,BFM buisness(A Weill) ,
    -les profs cumulards=F Lenglet(parcours intéressant=Les Échos,L’Expansion,La Tibune,BFM BIZNESS,LePoint,Antenne 2,le problème des Zinvités de C dans l’air ,Mots Croisés,Y CALVI et….D Reynié+Lenglet+E Cohen,…
    Bref la pensée lisse ressassée par la deuxième peau du capitalisme français

  40. La France du Président Hollande, est coincée entre l’ordo-libéralisme allemand et le néo-libéralisme anglo-saxon.
    Je doute qu’il reste quelque place pour une politique authentiquement socialiste, pour ne pas dire sociale tout simplement.
    Les premiers sont pour infliger à tous les pays « frivoles » une politique d’austérité inflexible, les seconds sont prêts à utiliser le dumping fiscal pour nous tailler des croupières.
    Waterloo, morne plaine: nous voilà une fois encore confrontés à une alliance anglo-prussienne.
    Plus exactement: MAASTRICHT GROSS KONNERIE !!!

    1. La France du Président Hollande, est coincée entre l’ordo- ibéralisme allemand et le néo-libéralisme anglo-saxon..

      Pourquoi faire complexe quand on peut faire simpliste ? Pas vrai Macarel ? Besoin de personne les français pour les leçons de musique libérale, en ordo mineur ou néo majeur.

      1. @vigneron

        Certainement, mais en France nos dirigeants mènent des politiques libérales sans les assumer.
        C’est plus particulièrement vrai pour le PS de centre droit.

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