L’actualité de la crise : ON NE PEUT PAS LEUR DONNER RAISON, par François Leclerc

Billet invité

Elles sont celles par qui le malheur arrive. Les banques centrales, qui n’y sont pas habituées, se voient confier ce rôle ! C’est en tout cas ce que l’on pourrait croire, une fois enregistrées les réactions des marchés aux décisions considérées comme à la fois décevantes et alarmantes prises simultanément par la BCE, la Banque d’Angleterre et la Banque populaire de Chine. La seule idée qu’elles puissent s’être concertées leur a fait penser que la situation économique empirait. Rien dans les commentaires apportés ensuite par Mario Draghi, le président de la BCE, ne les a détrompés.

Il y a un gros souci derrière tout cela : la machine économique ne repart pas, les prévisions de croissance sont à la baisse dans le monde entier, celles du FMI qui viennent sont annoncées pour y contribuer. Il n’y a pas un pays ou une région pour rattraper l’autre et laisser espérer une dynamique de reprise. La question est d’importance, car elle en appelle une autre : comment, dans ces conditions, va-t-il être possible d’assurer le désendettement des États et des établissements financiers qui sont étroitement liés entre eux ? On tourne en rond.

Voulant répondre aux critiques qui leur sont adressées, assorties de la demande d’une action plus énergique et étendue, les deux représentants de la BCE aux Rencontres d’Aix-en-Provence, Christian Noyer de la Banque de France et Benoît Coeuré son économiste en chef, ont fait valoir que les banques centrales ne pouvaient pas se substituer en permanence aux marchés financiers et aux banques commerciales. Renvoyant aux États la responsabilité d’entreprendre ce qu’elles ne peuvent régler. Mettant l’accent sur la mise en place urgente d’un mécanisme de contrôle des banques qui leur serait confié et l’utilisation du MES pour les recapitaliser directement sans passer par les États, afin de ne pas accroître leurs liens financiers avec les banques. Selon eux, c’est à ce même MES, c’est-à-dire aux États, qu’il revient de stabiliser le marché obligataire en achetant des titres sur le marché secondaire, la BCE ne voulant plus poursuivre et ayant arrêté.

Quitte à surprendre, il faut reconnaître qu’ils ont raison d’un certain point de vue, au sens où il est vain de chercher à se défausser sur la BCE. L’erreur que commet celle-ci étant de croire que les États ont les moyens de maitriser et de mener à son terme le processus de désendettement global. On commence en Europe à avoir un aperçu de ce que cela implique, avec comme conséquence que les dirigeants des pays les plus mal en point font tout ce qu’ils peuvent pour éviter de bénéficier d’un plan de sauvetage et de se voir imposer tout ce qui l’accompagne.

Dans le cas de l’Espagne, qui est en cours de discussion, le gouvernement voudrait obtenir que les contreparties au renflouement de son système bancaire ne concernent que celui-ci. Dans celui de la Grèce, le nouveau premier ministre promet presque tout ce que l’on veut à condition de ne pas devoir poursuivre les mesures de licenciement et de restrictions budgétaires. Les Irlandais cherchent à obtenir pour eux-mêmes ce qui a été accordé aux Espagnols – une aide directe aux banques – afin de soulager les finances publiques. Tsipras demande pareil pour la Grèce. Les Portugais discutent entre eux mais savent qu’ils devront jouer les prolongations de leur plan de sauvetage, car ils ne s’en sortent pas. Chypre, enfin, tente de préserver comme les Irlandais sa fiscalité avantageuse des entreprises, qui a fait de cette partie de l’île une sorte de paradis fiscal où l’on parle plus le russe que le grec.

En France, la marge de manœuvre effective du nouveau président et de son équipe va avoir l’occasion d’être mesurée avec la préparation du budget 2013. La décision a été prise de faire ratifier le pacte budgétaire, dans l’espoir d’obtenir des assouplissements notables de la doctrine défendue par le gouvernement allemand. Mais Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, vient de mettre en garde la Chancelière à ce propos et de nombreux économistes emmenés par Hans-Werner Sinn de l’Institut Ifo, en font autant à propos du projet d’union bancaire, dont la logique est selon eux la création d’une « garantie commune [publique] pour les créances des banques de la zone euro ». Selon les quelques 160 universitaires pétitionnaires, « les banques doivent pouvoir faire faillite ». On serait tenté de les prendre au mot et d’acquiescer, si l’on n’était arrêté par la résonance nationaliste de leur appel.

La BCE est à fond de cale et le reconnait. Que lui reste-t-il comme munitions, qu’elle conserve pour une grande occasion ? Reprendre ses injections massives dans un système bancaire où les liquidités sont déjà plus qu’abondantes ? Elle ne peut plus que franchir le Rubicon et aider directement les États, ce qu’elle ne fera qu’en toute dernière instance. La seule alternative, aujourd’hui tout aussi impensable, est que soit engagée une restructuration d’ampleur de la dette publique qui seule permettra de dégager le financement d’une relance économique. Il restera encore à trouver en quoi consiste cette dernière et comment elle pourra régler la question d’un chômage devenu structurel.

Quel avenir les tentatives d’esquiver ces choix ont-elles ? Poser cette question, c’est tenter d’apprécier la rapidité avec laquelle la situation économique va continuer à se dégrader, le désendettement connaître de nouveaux soubresauts et la détérioration de la situation sociale s’élargir. Tout en observant que les meilleurs plans qui tentent de repousser les échéances se heurtent à chaque fois à de nouveaux obstacles et ne recréent pas cette confiance dont les marchés ont besoin.

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38 réflexions sur « L’actualité de la crise : ON NE PEUT PAS LEUR DONNER RAISON, par François Leclerc »

  1. Tout en observant que les meilleurs plans qui tentent de repousser les échéances se heurtent à chaque fois à de nouveaux obstacles et ne recréent pas cette confiance dont les marchés ont besoin.
    Les marchés, les pauvres choux, ont besoin de confiance.
    Les banques ne se font plus confiances entre elles, et n’ont plus confiance en leurs clients.
    Les citoyens n’ont pas confiance en leurs politiques, en l’Etat, parfois en leurs banques, ni en eux-mêmes.
    Les états ne se font pas confiance entre eux.
    La Finlande n’a plus confiance en l’Europe.
    Les riches n’ont plus de confiance envers les banques, les politiques, et les pauvres.
    Les pauvres n’ont plus confiance en quoique ce soit.
    Les allemands n’ont plus confiance en les Grecs.
    Va falloir redémarrer petit. J’ai confiance en les miens, en mon abricotier, en mes ami(e)s, en mes bras, et quotidiennement en ce blog. C’est déjà ça.

    1. voui… Mais la solution reste dans ce que nous pourrions construire tous ensemble.
      Pas dans notre survie individuelle. Car si c’est dans votre survie individuelle que vous croyez, poussé la réflexion jusqu’au bout, et vous verrez que votre place devrait être sur les marchés à parier sur l’effondrement du système.. Vous serez bien plus gagnant qu’a ramasser des abricots.

      1. Je pense qu’il y a maldonne dans votre compréhension des mots que j’ai utilisé.
        Recommencez petit c’est forcément le monde proche qui fait votre cocon. Si je projette, j’ai également confiance en mes voisines, et par optimisme j’ai confiance dans ce que choisirai la majorité évidente des citoyens de ma commune : entraide, troc, regroupement. Pour le troc et l’entraide j’ai confiance en mes bras et a mes quelques petits savoirs ruraux, qui seront donc ajoutés a ceux des autres. Aprés ne sachant pas si vous habitez Dunkerque, je ne peux pas jurer vous être d’une aide particulière sauf si nous prévoyons d’ores et déjà de nous échanger des betteraves contre des bocaux de tapenades (je ne vous propose pas les abricots puisque vous ne semblez pas les appréciez a leur juste valeur) que nous échangerons a mi chemin a dos de mulet.

        D’une manière générale, je constate la promptitude a la déformation négative des propos. L’autre manière est de dire « qu’avez vous voulu dire par…? ».

        Quand a aller jouer sur les marchés…. je n’aimais pas le monopoly petite…je ne l’aime toujours pas.
        La partie est trop longue et le but a atteindre est incompréhensible comparée au temps passé pour ce but.

  2. Ce matin,j’ai reçu un petit tracte politique du MR (UMP belge) dont une des premières phrases est:
    libéralisme et humanisme sont indissociables.Fallait le faire…MRDE
    Ya de l’éruption solaire dans l’air,de connerie aussi !

  3. Cette croissance tant attendue ne sera pas (plus) au rendez-vous pour la simple raison qu’elle se trouve directement associée à la rarification des énergies fossiles.

    Notre civilisation depuis les tous premiers bouleversements industriels (dès le XVIIIème siécle) s’est construite sur une manne de matières premières facilement exploitables à très bas coûts de production.
    Le pétrole notamment, mérite bien son qualificatif d’or noir. Tout ce qui nous entoure n’existerait pas sans cette substance absolument miraculeuse (pouvoir calorifique, matière première pour l’industrie….) qui irrigue en totalité les fonctionnements de nos civilisations.
    La mécanisation et l’automatisation telles qu’on les connait aujourd’hui n’auraient jamais pu voir le jour sans ce vecteur énergétique qui a libéré l’homme de son quotidien épuisant mais avec comme effet corollaire le dévelopement du chômage de masse.

    Nous avons atteint en 2006 le peak-oil mondial du pétrole conventionnel, date depuis laquelle l’offre en hydrocarbure conventionnel est désormais inférieure à une demande qui, depuis plusieurs décennies, n’a cessée de croitre.
    Une compensation provisoire est aujourd’hui apportée par les hydrocarbures non conventionnels (schistes et sables bitumineux) qui sera de courte durée car le peak-oil global est attendu aux alentours de 2020.
    Lors des prochaines années la disponibilité énergétique ressemblera à un plateau jusqu’à cette échéance de basculement vers un épuisement progressif des capacités globales de l’offre.

    Tout engagement de programmes d’investissements massifs pour alimenter de manière significative la croissance des sociétés sera inexorablement suivi de la montée des prix de l’énergie qui tuera dans l’oeuf la poursuite de mise en oeuvre de ces investissements.

    La seule solution envisageable à mon sens est, malgré ce qui a été précédemment signalé, le développement de programmes d’investissements massifs dans le domaine de l’environnement (plans marschall), et cela sans plus attendre, pour affronter le prochain défi énergétique (sans doute le plus grand jamais rencontré par l’homme) dont la crise financière en est l’un des signes annonciateurs (absence de croissance pour résorber les dettes) :
    – isolation drastique des bâtiments (responsables de + de 20 % de l’énergie primaire consommé),
    – utilisation de l’énergie solaire autant que possible (sachant qu’il ne pourra s’agir que de solutions hélas partielles),
    – recherches scientifiques centrées sur l’amélioration du stockage de l’énergie électrique etc…

    De plus, il faut redonner à nos sociétés une véritable dimension sociale et solidaire, sachant que les pénuries à venir seront sources de désordres extrèmes (il n’est pas exclu, loin sans faut, l’éclatement de future guerres (civiles ou mondiales), l’affaiblissement profond de la démocratie, voire sa disparition, sachant que ce régime politique est une anomalie dans l’histoire de l’humanité ponctué de dictatures, royauté et régimes en tout genre…).

    Ce constat montre l’obligation d’échapper au cadre limitatif de la crise financière et d’opérer un changement de paradigme autour de la question essentielle et absolument déterminante de l’épuisement des ressources naturelles.

    Pour s’informer en détail, je ne peux que vous conseiller de visiter le site internet de jean-marc Jancovici (manicore), qui représente à mon sens, une synthèse unique et complète des questions relatives à l’environnement.

    1. @ Emery Stéphane 7 juillet 2012 à 00:39

      Ce constat montre l’obligation d’échapper au cadre limitatif de la crise financière et d’opérer un changement de paradigme autour de la question essentielle et absolument déterminante de l’épuisement des ressources naturelles.

      Vous avez raison, la crise financière n’est pas le vrai problème. Je partage aussi votre avis sur la nécessité d’opérer une totale reconversion de notre façon de vivre, notamment en ce qui concerne la consommation des ressources non renouvelables. Mais c’est peut être parce qu’au fond, l’argent, la monnaie, ça n’est pas le problème que, paradoxalement, cela nous amènera sur la voie de la solution.

      En effet, comme le dit si justement Paul Jorion, « l’argent ne vaut que par l’idée qu’on s’en fait ». Or, ce qui soutient l’idée qu’on s’en fait, c’est la CONFIANCE que l’on a en elle, « l’idée », donc en nous. C’est la confiance qui nous manque aujourd’hui et qu’il faut s’employer à reconquérir et à réinstaller dans nos vies, collectivement, ce qui implique la multiplication d’actes individuels conscients et concourants.

      Plus on s’emploie à montrer que tel ou tel grand ou petit délinquant, qu’il soit en col ou en survêtement blanc, agissant en groupe ou seul, a réussi à porter tort à ses semblables par ses agissements moralement condamnables, plus on démontre que la dérive dans les comportements, n’est pas le fait d’une seule classe d’individus.

      Plus cela démontre que nous sommes tous susceptibles, à titre individuel ou collectif, du pire ou du meilleur, parce que nous sommes fondamentalement tous semblables.

      Le pire serait probablement de croire qu’il suffirait d’éliminer, ou de mettre hors d’état de nuire ceux qui se sont laissés aller à mal se comporter à des fins égoïstes en contribuant à notre décohésion, à la perte de notre force collective que constitue la confiance en notre communauté d’hommes et de femmes. Il faut certainement aller au-delà, en s’employant aussi à reconstruire ce que dans le confort et la facilité, nous avons négligemment laissé se détériorer, « le bon comportement ».

      L’humanité a des capacités immenses si elle sait les mobiliser, les coordonner, les prendre en compte dans leur globalité, c’est-à-dire autant dans leurs aspects matériels qu’immatériels, spirituels et moraux.

      Il y a un travail colossal à fournir pour amener chacun à en prendre conscience.

      La conscience, la science, la confiance, sont aussi des ressources naturelles inépuisables que l’on a certainement intérêt à exploiter davantage en ces périodes de doute. Cela ne dépend que de nous, individus condamnés à agir positivement et de façon collective

  4. Interview de James Kenneth Galbraith sur le blog d’Olivier Berruyer

    Les dettes ne seront jamais remboursées, le système monétaire est effondré, le système bancaire est paralysé, les banques ont une très grande influence sur les gouvernements. Tant que le gouvernement des Etats-Unis peut emprunter de quoi faire rouler la dette et payer les intérêts on est dans le meilleur des monde possible:

    Il est vrai qu’on ne crée pas autant d’emplois qu’autrefois et qu’on n’en créera plus autant pour deux raisons : d’abord, la construction de logements risque de s’arrêter. Ensuite nous observons une diminution assez nette des emplois de service et dans les commerces. De ce point de vue là, la situation est déjà assez grave. Mais le fait est qu’il y a une diminution assez importante de l’immigration. L’offre de travail diminue alors au fur et à mesure avec la demande. La conséquence la plus importante est que les gens changent leurs attentes du marché du travail et de la vie en général. Ils passent plus de temps dans les cursus d’enseignement. Ils prennent leur retraite plus tôt, avec des conditions beaucoup moins favorables. Ils s’adaptent quand même au fait que l’économie ne leur offre pas d’emploi « permanents » et dans de bonnes conditions. Enfin pour nombre d’entre deux, il y a des niveaux voire des demi-niveaux entre l’emploi et le chômage ; les emplois informels, les emplois à durée limitée et à horaires réduits. Les gens sont obligés d’accepter ces conditions.

    Quand à la zone euro:

    Les Allemands veulent garder leur excédent de commerce extérieur sans que les autres ne puissent avoir de déficit. C’est impossible.

    1. Je crois avoir compris, depuis que je fréquente ici et ailleurs :

      – Qu »‘ils » savent en fait très bien que la dette, de par son ampleur, ne peut être remboursée.
      – Que habituellement, ça ne leur pose aucun problème, puisqu’ils la font « rouler », ce qui agrée les prêteurs, puisque peut importe l’état de l’arbre, du moment que les fruits sont toujours beaux et promettent de le rester.
      – Que cette fois il y a tout de même un problème car ceux qui gèrent les arbres (USA, Europe…) ne sont plus si pimpants pour les choyer (grande fatique car virus émergents ).
      – Que les prêteurs perdent confiance en la fiabilité de pépiniéristes beaucoup moins flamboyants.
      – Que ç’est ce qui pose alors problème aux pépiniéristes, car les prêteurs se désintéressent de leurs fruits appelés à se tâcher de plus en plus sévèrement si les pépinièristes gestionnaires des arbres périclitent.
      – Que si les pépinièristes placent plus difficilement leurs fruits, ça va accentuer leur déconfiture*.

      – Que cette fois, il va bien falloir, soit réduire drastiquement le nombre d’arbres, soit vendre à grosse perte.

      Delphin bio

      * : déconfiture… de fruits

  5.  » Le gouvernement italien a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi 6 juillet une série de mesures d’économie visant à réduire la dépense publique de 4,5 milliards d’euros en 2012 et de 10,5 milliards d’euros en 2013 et de 11 milliards en 2014.

    Le nombre de fonctionnaires sera réduit de 10%,, voire 20% parmi les dirigeants administratifs, par une mise en retraite anticipée et en chômage technique pendant deux ans des 100 000 à 300 000 fonctionnaires. Les concours pour accéder à la direction administrative seront suspendus jusqu’à fin 2015. L’armée devra réduire ses effectifs. Le nombre de provinces sera réduit pour diminuer les administrations locales et la réduction du nombre de lits d’hôpitaux devra contribuer à l’objectif d’économiser 3 milliards d’euros sur les dépenses de santé. »
    (Brève de Médiapart)
    Vont encore être obligés de vendre des monuments publics!
    http://www.liberation.fr/monde/2012/07/05/les-monuments-italiens-defigures-par-des-publicites-geantes_831139

    «Voici les nouveaux patrons d’une nouvelle Renaissance», indique Il Fatto Quotidiano. «Plus qu’une nouvelle Renaissance, c’est un nouveau Moyen Age sombre, qui voit éclater un patrimoine commun pour le bénéfice de nouveaux et impitoyables seigneurs féodaux», ajoute le quotidien.

    1. @Garorock

      Je ne prends pas parti pour savoir si ces mesures ramèneront ou non l’Italie au moyen âge, je me demande par contre comment la France fera entre une Allemagne déjà au top de la concurrence, l’UK qui a déjà quasi 2 ans de remise en question, l’Espagne et l’Italie sur la voie de la rigueur depuis 1 an …

      Mon avis que si les choses restent en l’état, en particulier les mesurettes envisagée par la nouvelle majorité de notre pays, je ne vois pas comment stopper cette évolution, les derniers mois du Président normal seront tout simplement explosifs et insurrectionnels …

      Sans alternative crédible du côté de l’UMP, homme providentiel ou renouvellement profond de leur vision de la politique, je crains, qui plus est compte tenu de l’envie de Hollande d’inclure une part de proportionnelle dans les prochains scrutins, que le FN fasse une entrée remarquée au parlement de notre pays..

      Bref notre pays pourrait très bien se retrouver en situation d’ingouvernabilité qu’elle a déjà connue par le passé, est ce ce schéma qu’a choisi notre Ex Sarkozy, être le recours ultime au déclin définitif de notre ancien grand pays phare des démocraties mondiales.

      Je crains qu’à trop regarder ce qui se passe ailleurs, sans se projeter sur notre propre pays, les lendemains seront désenchanteurs…avons nous compris que le monde est désormais ouvert, que le vol du papillon de l’autre côté de la planète a toujours un effet, même léger, sur l’air que nous respirons, quand en plus cela se passe de l’autre de nos frontières …

      1. Il y a de la proportionnelle dans tous les pays européens à l’exception du UK et de la France, et on ne peut pas absolument pas dire que ces 2 pays soient des exemples de démocratie (voir l’action du UK en Irak, voir le traité refusé par référendum mais accepté par les parlements en France,..).
        La chose en est d’autant plus que grotesque que EELV avec 2% des voix obtient des ministères, alors que manifestement le PS aurait eu beaucoup de mal sans le soutient d’une bonne partie des électeurs du FN.
        En l’occurence et quelles que soient les inquiétudes sur de futures élections, il suffit de regarder en arrière pour constater qui a mené le pays à la situation actuelle.

  6. Tout le monde sait bien que la seule issue c’est la RESTRUCTURATION-REPUDIATION COLLECTIVE.
    Tout atermoiement ne fera qu’augmenter la perte.

  7. En France, la marge de manœuvre effective du nouveau président et de son équipe va avoir l’occasion d’être mesurée avec la préparation du budget 2013.La décision a été prise de faire ratifier le pacte budgétaire, dans l’espoir d’obtenir des assouplissements notables de la doctrine défendue par le gouvernement allemand.

    Même pas un petit baroud d’honneur dont parlait Paul. Sinon c’est pour bientôt la fin du CDI ?

      1. Il existe encore dans le droit du travail…
        Je faisais référence à la vidéo qui a circulé il y a de cela un mois, dans laquelle un directeur financier du crédit agricole expliquait comment le CDI allait disparaitre.

    1. Sur la fin du CDI, il en reste dans les boîtes, sinon beaucoup dans les annonces au-délà de 9 € et des miettes brut de l’heure.

      C’est subtil un sauçaïste. Il n’y aura pas une loi qui décrètera la fin des CDI, mais un arsenal législatif qui étendra les contrats de missions, rebaptisés « d’engagement » par exemple, et en étendra les applications au nom de la lutte contre le chômage et pour la relance des petites entreprises le tout lié à des aides d’Etat à la formation tout au long de la vie en partenariat avec les syndicats de salariés, chapeauté par les 2 000 agents supplémentaires du Pôle Emploi, sergents recruteurs récemment annoncés, cédéisés eux. Le dispositif prévoira même des augmentations salariales négociés par entreprises en contrepartie de décédéisation des contrats couplées à un engagement tripartite (Pôle Emploi, entreprise, salarié) de formation, ce qui réalisera une normalisation des « contrats aidés » (CAI, CAE, etc.). Le marmiton saucier Montebourg, ministre du redressement et avaleur de boa constrictor, sera en première ligne. Il nous dira qu’il faut penser à la jeunesse précarisée motrice de notre économie modernisée. Faut délayer le message, c’est bon pour le régime éco-pol.

      La gauche c’est les politiciens gentils, les méchants c’est la droite. Le buzz Doisy a fait entrer cette idée dans les têtes. Le plan A’ : réajuster le coût du travail, faut veiller à occuper l’armée de réserve.

      PS. J’ai un pari en suspens, le jour de congé volé au nom des vieux par Raffarin, les sauçaïstes, vous croyez qu’ils vont le rendre ?

      1. PS. J’ai un pari en suspens, le jour de congé volé au nom des vieux par Raffarin, les sauçaïstes, vous croyez qu’ils vont le rendre ?
        Pas tant qu’il y aura des vieux….:-) et ce n’est pas un problème socialiste, c’est un problème de fond de tiroir, et de petite monnaie coincée dans le canapé. Z’ont pas osé toucher au 1er mai.

  8. Remettre les compteurs à zéro est une solution de moyen terme.
    Il nous faudra bien cesser de trafiquer nos vieux compteurs et se décider à en changer si nous voulons avancer.

  9. Donc, les défauts sur les dettes, partiels où globaux, se rapprochent à grand pas…?
    Le refrain ‘TINA’ peut encore servir !

  10. Samedi 7 juillet 2012 :

    A propos de la zone euro, un article d’une très grande importance dans le journal LA TRIBUNE :

    La BCE bientôt à court de munitions pour sauver la zone euro.

    En cas de lourdes pertes, la BCE pourrait devoir se tourner vers ses actionnaires – les 17 banques centrales de la zone euro – pour se recapitaliser.

    Théoriquement, la BCE et les banques centrales nationales de la zone peuvent totaliser des fonds d’environ 700 milliards d’euros si tous les actionnaires remplissent leurs obligations. Mais une partie d’entre elles pourraient ne pas être en mesure de participer.

    Vendredi, l’heure était au pessimisme chez les économistes. « C’est très inconfortable pour les marchés de savoir qu’il y a un risque qu’ils ne puissent plus rien faire en cas de détérioration dans les deux mois », dit l’économiste de Nomura, Jens Sondergaard.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/reuters-00453620-la-bce-bientot-a-court-de-munitions-pour-sauver-la-zone-euro-341704.php

    Je complète la phrase suivante :

    « En cas de lourdes pertes, la BCE pourrait devoir se tourner vers ses actionnaires – les 17 banques centrales de la zone euro – pour se recapitaliser » … ET DONC ce seront les contribuables de la zone euro qui paieront des dizaines de milliards d’euros pour recapitaliser la BCE.

    Contribuables, préparez-vous à payer.

    Contribuables, préparez-vous à payer pour recapitaliser la BCE.

  11. « La BCE est à fond de cale et le reconnait. Que lui reste-t-il comme munitions, qu’elle conserve pour une grande occasion ? Reprendre ses injections massives dans un système bancaire où les liquidités sont déjà plus qu’abondantes ? Elle ne peut plus que franchir le Rubicon et aider directement les États, ce qu’elle ne fera qu’en toute dernière instance. La seule alternative, aujourd’hui tout aussi impensable, est que soit engagée une restructuration d’ampleur de la dette publique qui seule permettra de dégager le financement d’une relance économique »
    Bien résumé,il me semble que le programme du FdG n’en n’était pas loin…

  12. Francois Leclerc: « On tourne en rond ».
    Effectivement, car les gouvernements, et notamment celui de Merkel passent leur temps à rassurer les marchés. On ne fait plus de projets, il n y a plus de visions à moyen ou long terme. La mise en scène prévue pour demain à Reims (franco-allemand) contribuera également à l’effort de tranquiliser les investisseurs du style: voyez, au moins le couple franco-allemand fonctionne..
    D’où le barratin au sujet d’une « Europe fédérale ». Cela va dans le sens des marchés financiers, des investisseurs. Leur idéal serait une sorte de gouvernement fédéral européen qui gouvernera le tout avec une main de fer, dans le sens des marchés financiers. Ce que Merkel essaye de faire avancer, Sarkozy qui avait la même mission fut stoppé par les élections. Mais il a des adeptes et fidèles qui sont toujours à l’oeuvre.

    1. « il n y a plus de visions à moyen ou long terme »

      Vous accusez l’Allemagne alors que les faits démontrent que c’est le seul pays européen qui avait plus ou moins une vision à long terme. La preuve en est que tous les pays sont arrivés à la limite de l’endettement, et que l’Allemagne survit tant bien que mal grâce à une industrie qui n’a pas été démantelée, et à des commerces qui étranglent moins ses citoyens.

      1. bla bla bla

        70% des exportations allemandes ce font en europe

        les excédents allemands sont les déficits des autres pays européens ……..

      2. Pignouf
        Il est vrai que les allemands n’ont pas imité les erreurs que les francais et anglais ont fait: une large désindustrialisation au profit de l’économie financière et de la spéculation immobilière. Il est vrai aussi que les prix pour l’alimentation courante sont moins élevés qu’en France; d’abord, parceque cela correspond à une volonté politique, et d’autre part parceque les supermarchés se livrent une bataille concurrencielle sans merci. Il convient de mentionner aussi le fait qu’il ny a pas de SMIC en Allemagne, ce qui permet de produire et de vendre moins cher qu’en France.
        Mais la crise actuelle fait que le personnel politique ne peut plus faire des projets à moyen/long terme, puisque l’Allemagne elle aussi a des dettes, il ne faut pas l’oublier, et elle est terriblement dépendante de l’économie des autres pays européens. Et comme ces pays, y compris la France, sont fortement endettés et fragilisés économiquement……….vous imaginez peut-être le reste.

  13. Pourquoi continuer à prêter à des gens incapables de rembourser ?
    Pourquoi laisser en place des directions bancaires qui ont failli. (et le mot est faible).

    Il n’y a rien à sauver, le reste n’est que littérature.

    L’avantage d’un dépôt de bilan, c’est que la situation est très claire.
    Il n’y a pas d’argent, des milliards de 0 font 0
    et il n’y a pas besoin d’un supercalculateur , ni d’un analyste financier surpayé pour établir les comptes.

    A défaut de regagner l’argent perdu, on gagne du temps.

    Et à ce stade, la seule chose que l’on ne peut pas se permettre de perdre ,
    c’est du temps.

    Si l’on est toujours là c’est qu’il en reste suffisamment pour profiter de la situation. Tondre et retondre les moutons est une occupation comme une autre. N’est ce pas Mme Lagarde?

    1. Pourquoi continuer à prêter à des gens incapables de rembourser?

      Ah oui kamême, en passant. J’invite vivement tous ceux qui n’auront jamais les moyens de rembourser à emprunter autant qu’on veut bien leur prêter. Jusqu’à preuve du contraire, et à moins de créer une banque ou une société d’assurance, ça reste le moyen le plus « légal » et le moins risqué de piquer du pognon à plus riche que soi. On va plus en prison pour dettes depuis perpèt.Con se le dise ! Les banquiers et les politiques demandent que ça en plus. Tapis rouge quoi. Profitez en bordel ! Respectez juste les formes, faites les mêmes beaux sourires aux banquiers et à vos cautions et pas de faux en écriture surtout. Marrez vous bien et faites profiter aux potes. Si ça tourne mal dites que c’est un acte politique et faites vous appeler Robin des actifs en bois. Mais surtout arrêtez de chouiner. Le crédit c’est fait pour qu’on s’en serve, au moins une fois mais une bonne.

  14. La seule alternative, aujourd’hui tout aussi impensable, est que soit engagée une restructuration d’ampleur de la dette publique qui seule permettra de dégager le financement d’une relance économique.

    Et même, François, comme dit ensuite, pour quelle politique de « reprise » ? Celles colossales d’Obama ? itou de Hu Jintao ? idem du Japon depuis 20 ans ? de Poutine ? de Tsipras (qui appelle l’UE à sauver ses banques à l’ibérique chimérique…) ? du Brésil ? de l’Argentine ? de l’Islande ? etc. pfff…
    Comment qu’y disait l’Albert E. ? « Le nationalisme est une maladie infantile de l’humanité. Une rougeole quoi. » Un truc dans l’genre. Ben ya des vaccins qu’ont du se perdre alors.

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