LE MONDE-ÉCONOMIE : « LE SCANDALE DU LIBOR, C’ÉTAIT EN 2008 », lundi 16 – mardi 17 juillet

Le scandale du LIBOR, c’était en 2008

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Quand l’affaire du LIBOR éclata en avril 2008, les commentaires de la presse furent pour le moins laconiques. Quand le feu qui couvait reprit le mois dernier avec la condamnation de la Barclays pour avoir manipulé ces taux réglant les prêts en dollars que les banques se consentent entre elles, on assista au contraire à un feu d’artifice médiatique. La Barclays était alors l’une des seize banques (18 aujourd’hui) en charge de communiquer les données qui permettent le calcul de ces taux.

Un événement qui n’avait provoqué qu’un froncement de sourcils en 2008 fait trembler aujourd’hui sur ses bases non seulement la City mais la finance toute entière. Il faut s’interroger sur le principe qui règle la dynamique de l’indignation qui fait qu’à deux moments du temps les réactions du public au même événement peuvent être d’un autre ordre de grandeur.

Pourquoi une telle indifférence de l’opinion au moment des faits et pourquoi la secousse sismique des semaines récentes, conduisant à la démission des trois principaux dirigeants de la Barclays, jetant également la suspicion sur le candidat pressenti à la tête de la Banque d’Angleterre et, par son truchement, sur le gouvernement britannique à l’époque des faits. George Osborne, Chancelier de l’Échiquier, déclare que les faits révélés « sont symptomatiques d’un système financier qui a élevé la cupidité par-dessus toute autre considération et a mis notre économie à genoux », pour ajouter que « La fraude est un crime quand il s’agit des affaires ordinaires – pourquoi devrait-il en être autrement quand il s’agit de la banque ? ».

Le paiement par la Barclays d’une amende d’un montant considérable (365 millions d’euros) n’aurait dû être qu’une façon de tourner la page sur des événements datant de plusieurs années déjà. D’autant qu’il est clair que dans l’affaire du LIBOR, la Barclays était parmi les seize banques, l’une des moins coupables certainement, et ayant fait preuve de bonne volonté en coopérant avec les autorités, ceci expliquant d’ailleurs le rabais de 30% dont elle bénéficie en Grande-Bretagne sur le montant de l’amende.

Il serait caricatural de n’évoquer qu’un « simple exercice de com ayant mal tourné » puisqu’il s’agit quand même de décisions de justice, mais les régulateurs auraient pu espérer que le point final mis à l’affaire serait reçu par le public avec la même indifférence que celui-ci avait témoignée lorsqu’elle éclata en avril 2008. Il n’en a rien été. Comment expliquer alors ce retard à l’allumage de quatre ans dans l’indignation du public ?

L’explication nécessite ce que le physicien appelle un effet « non-linéaire » : le passage d’un seuil faisant qu’une situation change soudain de nature. On pense au Magicien d’Oz (1900) de Frank Baum, où l’ouverture accidentelle d’un rideau fait découvrir que le monde enchanté (métaphore du système monétaire américain) n’est qu’un artifice mis en scène par un vieillard poussant des manettes.

Ce qui a brutalement levé le rideau pour les Britanniques et leur a indiqué sous quelle lumière l’affaire du LIBOR devait être vue, c’est bien sûr l’affaire Murdoch.

Les Britanniques découvriraient en 2011 que 4.000 d’entre eux avaient leur boîte vocale piratée par News of the World, organe de presse « de caniveau » appartenant à l’empire de presse de Rupert Murdoch, Australien d’origine devenu Américain. Parmi les victimes : des vedettes, des membres de la famille royale, mais aussi des sans-grade : soldats de retour d’Afghanistan, rescapés d’attentats londoniens.

L’affaire était apparue en surface quand le téléphone d’une adolescente assassinée avait été piraté et certains messages effacés par un journaliste de News of the World, faisant espérer à ses proches qu’elle soit encore en vie. Les plaintes des victimes n’aboutissaient jamais parce que Murdoch corrompait parallèlement les services de police qui étouffaient alors les affaires. La colère éclaterait dans l’opinion et les projecteurs se dirigeraient vers la porte tournante à grande vitesse existant entre sbires de l’empire Murdoch et membres du gouvernement britannique. L’étroitesse des relations entre David Cameron, premier ministre et Rupert Murdoch lui-même, se situait sans aucun doute dans la zone d’inconfort.

Sous le nouvel éclairage, la fraude à la petite semaine chez Barclays, révélée dans les attendus du FSA (Financial Services Authority), le régulateur britannique, cessait d’être de la malhonnêteté ordinaire, pour apparaître comme l’un des révélateurs parmi d’autres d’une classe dirigeante arrogante, ne s’embarrassant pas de règles et arrangeant les affaires selon son bon plaisir, tout en ne maintenant que le minimum d’apparences nécessaires.

L’affaire du LIBOR, c’est l’histoire du dévot qui a toujours accepté comme parole d’évangile les prêches de son prêtre, mais qui cesse soudainement de croire à tout ce qu’il a entendu parce qu’il découvre accidentellement que la barbe que celui-ci porte est fausse.

La question qui se pose maintenant est celle-ci : si la chute de la moins coupable des banques responsables du LIBOR a déjà provoqué un tel effondrement, à quoi faut-il s’attendre quand sera révélé le châtiment qui est promis aux autres ?

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50 réflexions sur « LE MONDE-ÉCONOMIE : « LE SCANDALE DU LIBOR, C’ÉTAIT EN 2008 », lundi 16 – mardi 17 juillet »

  1. « Pourquoi une telle indifférence de l’opinion au moment des faits et pourquoi la secousse sismique des semaines récentes »
    « Comment expliquer alors ce retard à l’allumage de quatre ans dans l’indignation du public ? »

    Pas encore totalement convaincu par les explications fournies ici. « L’opinion » dont on parle ici, c’est les journaux, pas la rue. Les gens de la rue s’en fichent de cette affaire, aussi bien en 2008 qu’aujourd’hui. La différence est que les journaux la traitent aujourd’hui comme un scandale énorme alors qu’en 2008 ils en faisaient un événement mineur. C’est ce changement qu’il faut expliquer. Et ce n’est sans doute pas pour des raisons d’indignation morale des médias. Je pense au contraire que tout cela est orchestré en vue d’un objectif qui me reste mystérieux. Et je dis « orchestré » parce que l’indignation actuelle est très artificielle (autant que par exemple l’émotion née de la guerre civile syrienne), elle ne provient pas du peuple qui ne comprend rien à cette affaire et s’en fiche (contrairement aux différents QE, plans TARP, etc).

      1. Mais je n’ai pas d’explication justement. Je perçois par contre avec un grand degré de certitude que la raison n’est pas une éventuelle indignation du public. J’en déduis par conséquent que si cela ne vient pas du public, c’est que ce n’est pas spontané et que cela provient des médias. Je constate donc juste des faits; le reste, l’objectif de tout ça, m’échappe totalement.

        PS: faire la Une du Monde n’est probablement pas le meilleur signe que l’on est sur la voie de divulguer de grandes vérités. Ceci dit, félicitations, c’est un bon signe de reconnaissance de l’establishment.

      2. « Il faut s’interroger sur le principe qui règle la dynamique de l’indignation qui fait qu’à deux moments du temps les réactions du public au même événement peuvent être d’un autre ordre de grandeur. »
        Dépèche AFP 16/01/2012 23 h 22
        Les Etats-Unis ont annoncé lundi que la Tunisie avait levé 485 millions de dollars sur les marchés par le biais d’une émission obligataire ayant reçu la garantie de Washington, qui souhaite consolider la démocratie dans ce pays après la chute du président Ben Ali…
        …Pour le gouvernement américain, le retour de la Tunisie sur les marchés de financement internationaux doit permettre au pays « de fournir à ses citoyens des services essentiels parmi lesquelles des formations développant les compétences professionnelles, l’instruction, et des projets aidant les banques à accorder des financements aux petites entreprises…

        Surtout ne pas s’interroger sur la ‘dynamique de …la chute »…

    1. L’hypothèse qu’on peut faire (voir mon commentaire dans « Les quatre ans… »), c’est qu’il y a des perdants dans cette affaire, et que ces perdants sont les riches, cad aussi les mêmes qui peuvent faire une partie de l’opinion publique. Ils ont peut-être mis 4 ans à s’apercevoir de ce qu’ils avaient perdu?

    2. @Moi
      C’est bien des journaux qu’il faut parler et pas de l’opinion qui n’est que sondage. Les journaux peuvent orchestrer un timing :

      Comme dans une partie de tennis avec deux joueurs de fond de court (les banquiers d’un côté, les états de l’autre), la crise part du camp américain avec ses subprimes : c’est un revers bien coupé qui s’écrase du côté des états européens et c’est la crise de l’euro. Un beau passing shot renvoie les anglo-saxons à la peine avec le Libor, mais le coup était préparé depuis longtemps.

      Le scandale tombe à pic pour souffler un peu avant le tie break : Car il est entendu que celui qui s’effondrera le premier sera le fautif aux yeux de l’Histoire. Soit ce sont ces salauds d’Etats endettés qui mettront le capitalisme par terre, soit ce sont les gentils capitalistes eux-mêmes qui imploseront le système. Le libor désigne un coupable, la crise de l’euro désigne l’autre.

    3. « Objectif qui me reste mystérieux » dites-vous ! Il s’agit bel et bien d’une conspiration orchestrée de longue date afin d’en finir avec la population mondiale ! Les médias créé l’opinion ! On lui distille les informations de telle manière à ce qu’elle réagisse psychologiquement dans la direction prévue. Physiquement la population est fatiguées, lasse, atone, apathique : elle attend, certains ont des rêves, des prémonitions ; d’autres se réfugient dans les paradis … artificiels d’autres fiscaux ! … Que se passait-il dans les têtes des jeunes enfants juifs, des vieillards, des opprimés dans les années 1930 avant la guerre ? Qui nous dira leurs rêves prémonitoires ?

      Ils nous maintiennent sous la pression, les fausses espérances de changement dont est féru le marketing politicien ! Oui, obtenir le chaos social en créant les conditions de son arrivée ! Voilà le mystère. Tous les ingrédients sont réunis. Le reste, une question de calendrier et d’opportunité pour tirer à vue : l’arsenal juridico-législatif est prêt pour un holocauste à l’échelle planétaire notamment les plus récalcitrants c’est-à-dire 99 % de la population mondiale ! Suis désolé, mais le constat est tragique. Nous avons été gouverné en sous-mains par des psychopathes.

      Nous trouverons dans les profondeurs de l’ETRE, les réponses situées au Coeur de chacun et de Tous. Tolkien, dans le Seigneur des Anneaux avait pressenti ce drame !

    4. « Il faut s’interroger sur le principe qui règle la dynamique de l’indignation qui fait qu’à deux moments du temps les réactions du public au même événement peuvent être d’un autre ordre de grandeur. »
      1/ Je trouve aussi la réponse de Jorion un peu faible. Oui, ce sont les médias qui tournent les projecteurs, qui manipulent l’opinion, laquelle fait encore ce qu’elle veut de cette manipulation. Mais pourquoi les tournent-ils (ou non) ? Si on pense au « pic de pétrole », par exemple, ils sont loin de se mouiller mais suivent mollement la vague : aucun scoop, mais un thermomètre.
      2/ Dans le cas du Libor, il y a effectivement un effet « symbolique » : un symbole est atteint et il faut passer à un meurtre collectif. Les médias ameutent, en quelque sorte. S’ils le font, c’est qu’il sentent que quelque chose est atteint, le délabrement d’une confiance. Ils doivent participer à la vague, comme si ils y ‘présidaient’.
      3/ Mais que sentent-ils ? Pourquoi « cèdent-ils » sur ce qu’ils méprisaient auparavant ? La retenue du média « responsable et bourgeois », qui est aussi aujourd’hui le média « propriété d’un grand capitaliste » et le média « dont on attend pas dans les chaumières qu’il vous empêche de dormir »,
      Ce ressenti peut s’apparenter à une écoute de messages qui circulent autour des médias, autour des journalistes et éditorialistes. C’est une hypothèse. Et souvent, cette participation à la vague s’accompagne d’une nouvelle manipulation qui focalise sur un détail, sur la répression/sanction, etc. On ne sort pas du symbolique.

    1. Je partage évidemment votre joie, sans l’amoindrir ! Et en prime, je vous félicite. Savourez !

      Mais je partage aussi une déception… Qu’en est-il des médias belges ? J’ai bien noté que vous aviez une chronique mensuelle dans le Vif / l’Express. La dernière est parue le 17 mai dernier, si je ne me trompe pas… Ce n’est pas si ancien ! Mais quant à la RTBF… Votre dernière intervention à la radio belge date du mardi 11 octobre 2011 à 18h25, à ma connaissance. Si j’ai bien compris, vous n’avez pas été très apprécié à cette occasion-là… parce que depuis, plus rien ! A la télévision, il y a quand même eu votre passage à 50 degrés nord, magnifique, sublime… Mais c’était sur ARTE Belgique, et déjà il y a huit mois…

      Les médias belges vous boudent ? Ils ont plus peur de vous que les médias français ?…

      1. Je comprends ce que vous essayez de faire, et c’est très aimable à vous. Ma réponse, c’est qu’une invitation à s’exprimer sur une station de radio ou sur une chaîne de télévision relève d’une distribution de Poisson. 😉

  2. Avant de lire le nom de l’auteur sur l’article du Monde, je pensais vous l’envoyer, je me disais que les journalistes du monde pompaient un peu trop explicitement votre travail. En tout cas, bravo!

  3. L’affaire du LIBOR, c’est l’histoire du dévot qui a toujours accepté comme parole d’évangile les prêches de son prêtre, mais qui cesse soudainement de croire à tout ce qu’il a entendu parce qu’il découvre accidentellement que la barbe que celui-ci porte est fausse.

    L’affaire du LIBOR, pourrait tout aussi être l’histoire d’un monde qui a toujours accepté comme bonne parole médiatique les divers propos des faux prophètes de l’évangile de prospérité, mais qui cesse soudainement de croire à tout ce qu’ils ont entendus parce qu’ils découvrent avec désolation que tous les médias bien vendus de la planète n’ont pas toujours mieux permis d’apprendre la chose plus tôt aux opinions publiques.

    L’affaire du moment, pourrait tout aussi être l’histoire d’un autre qui a toujours accepté comme bonne parole les prêches de son iman, mais qui cesse soudainement de croire à tout ce qu’il a entendu parce qu’il découvre avec horreur que la paire de chaussettes que celui-ci porte est trouée.

    L’affaire d’autre chose, pourrait tout aussi être l’histoire d’un coco qui a toujours accepté comme bonne parole les premiers dires de KM sur les premières choses physiques du monde, mais qui cesse soudainement de croire à tout ce qu’il a entendu parce qu’il découvre accidentellement que tous les curés n’ont pas de barbe, n’ont pas tous bonne bedaine, ne rotent pas toutes les cinq minutes lors des prêches envers les cocos qui préfèrent voler dans la caisse ailleurs.

    Le monde ne pourrait véritablement changer si tout le monde préfère faire porter le chapeau sur les gens qui portent de fausses barbes, de fausses perruques, de grosses bedaines, de fausses coiffures, enfin il faut bien répondre aux premières attentes des divers tartuffes du moment.

  4. Autre explication possible :

    En Avril 2008 ,la crise des subprimes n’avait pas encore réellement éclatée….L’économie était donc considérée comme toute puissante.Au besoin , un peu d’enfumage par la presse* suffisait à calmer les ardeurs des plus perspicaces personnes.

    En 2012,il n’en est plus de même : La crise est là (et bien là !) et tout ce qui peut prouver, à un « nouveau chômeur », que « la finance » est mauvaise et le venger,même virtuellement , de sa désormais chienne de vie est bon à prendre ! Individuellement chaque personne va amplifier les informations considérées comme « concernantes  » et laisser de coté les autres…Or les informations concernantes et non concernantes se sont diamétralement inversées entre 2008 et 2012 : Y a pas que les  » Crédits défault » qui on fait « Swap » … 😉

    Voila pourquoi, les scandales dont tout le monde se fout lorsque l’on est pas touché soit même deviennent motifs à flingages quand la situation personnelle se dégrade…

    *Car il faut compter aussi avec « la façon » dont on en parle : Si je vous balance,dans un article, deux où trois interviews d’experts parlant d’un ton rassurant, ça ne fait pas pareil qu’ une interview d’un gars disant « Oh là là, mais c’est très très grave, ça! »

      1. 2007 assurément! Moi je faisais partir la crise du 1er avril cad jour de la faillite de Countrywide, en fait le 2 car le 1er = dimanche, et parce que c’est une très jolie date. Puis il y a eu le mois d’août. Mais l’histoire retient malheureusement que ce furent quelques remous avant septembre 2008, tout comme il y a eu des « remous » en 1928.
        Sarkozy n’était donc pas encore élu quand la crise a commencé. Si seulement il avait écouté un peu les gens réalistes. J’en étais, mais grâce à un pessimisme un peu naturel et le fait que l’endettement total US était (de mémoire) arrivé à 340% contre quelque chose comme 230% en 1929. J’avais envoyé un mail à l’Elysées par le site et j’ai même reçu une réponse polie par courrier papier comme quoi on s’y intéressait à l’avis des français.

  5. http://en.wikipedia.org/wiki/The_Sting

    « The title phrase refers to the moment when a con artist finishes the « play » and takes the mark’s money. (Today the expression is mostly used in the context of law enforcement sting operations.) If a con game is successful, the mark does not realize he has been « taken » (cheated), at least not until the con men are long gone. The film is divided into distinct sections with old-fashioned title cards with lettering and illustrations rendered in a style reminiscent of the Saturday Evening Post. The film is noted for its musical score—particularly its main melody, « The Entertainer », a ragtime composition by Scott Joplin, which was lightly adapted for the movie by Marvin Hamlisch (and became a top-ten chart single for Hamlisch, when released as a single from the film’s soundtrack). The film’s success encouraged a surge of popularity and critical acclaim for Joplin’s work.[4] »

    Ainsi , comme dans le film l arnaque, un arnaqueur se fait arnaquer par un plus voleur que lui.
    Le « faisan » qui va se faire plumer quand les autres seront loin est en cours de dévoilement.
    Si nos impôts n augmentaient pas pour sauver nos banques (l etat les garantit et se faisan, réduit ses capacités d emprunt , paie donc plus cher son accès au crédit, ce qui l’ oblige à augmenter les impôts et reduires les depenses pour faire fonctionner les services indispensables) on aurait pu en rire.

    http://www.lefigaro.fr/societes/2012/07/13/20005-20120713ARTFIG00472-le-liborgate-pourrait-couter-20-milliards-aux-banques.php

    http://mobile.liberation.fr/economie/2012/07/16/le-ps-veut-repousser-la-taxation-des-heures-supplementaires-au-1er-juillet_833642

    1. Bande annonce du film ici :
      http://www.dailymotion.com/video/x9yvtq_l-arnaque-bande-annonce-vost-fr_shortfilms

      Ou là :
      http://www.lematin.ch/economie/argentfinances/Washington-envisage-des-poursuites/story/14290665

      Et là :
      http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/recapitalisation-des-banques-la-garantie-des-etats-en-question_1136074.html

      La souveraineté monétaire est la pierre de touche qui distingue l’ arnaqueur qui peut payer avec une impression de monnaie , du faisan qui doit payer avec des impôts sur sa population .

  6. L’affaire du LIBOR, c’est l’histoire du dévot qui a toujours accepté comme parole d’évangile les prêches de son prêtre, mais qui cesse soudainement de croire à tout ce qu’il a entendu parce qu’il découvre accidentellement que la barbe que celui-ci porte est fausse.

    Cela me fait penser aussi à ce qui est arrivé à ceux qui croyaient au paradis communiste soviétique, quand ils ont dû admettre que la réalité était moins reluisante que le rêve dont on les avait bercé pendant des décennies.

  7. Pourquoi ce retard à l’allumage ? L’affaire Murdoch , certes , mais Murdoch était Murdoch bien
    avant l’affaire , c’est botter en touche . Une chose est sure y a plus la confiance , pour une monnaie fiduciaire , çà craint .
    Il y a une différence entre la crise des subprimes et ses conséquences , le temps . Les conséquences commencent à étre perceptibles , la magie ne joue plus dés lors qu’en regardant le spectacle on est sur un siége de plus en plus inconfortable .
    Certains savent , parce que plus instruits que les autres que l’euro ( et le $ ) vont sombrer , mais comme Noé dans sa savane qui construisait un bateau en vue du déluge , ridicule et incompréhensible , pour le commun des mortels .
    Il y a autre chose, à mon avis , qui fait que les banques sont aujourd’hui dans le colimateur des médias , si ces médias étaient avant tout soucieux du bien public çà ce serait su , c’est qu’ elles forment le bouc émissaire idéal , pour faire oublier les vrais créanciers , y compris de ces banques et qui ont accumulé à la faveur de leurs exactions . C’est comme les traders , maintenant qu’on a mis leur savoir en logiciel dans les robots , ce sont des rogues-traders .
    Plus tard viendra le tour des médias , des politiques , et méme des oligarques , des vraies fortunes , là j’en doute …

    1. « L’affaire Murdoch , certes , mais Murdoch était Murdoch bien avant l’affaire , c’est botter en touche. »

      « Murdoch était Murdoch bien avant l’affaire » – Ce n’est pas plutôt cela qu’on appelle précisément, « Botter en touche » ?

      « Il y a autre chose, à mon avis » – Que ne dites-vous ce que c’est ?

      « çà ce serait su » – Certaines choses ne se savent pas avant d’être sues, sans quoi elles auraient toujours été sues.

      « les banques (…) forment le bouc émissaire idéal » – Un bouc-émissaire est innocent : un bouc-émissaire coupable est un coupable tout court.

      Pourquoi n’allez-vous pas droit au but ? Enfin, votre but.

      1. « Un bouc-émissaire est innocent »
        C’est juste que vous n’avez pas demandé leur avis aux chèvres….

        Blague à part, si l’expression courante est plutôt en effet un lampiste (ou un Kerviel comme vous dites maintenant), vous faites vous-même remarquer que la banque choisie comme bouc émissaire du scandale du LIBOR est une de celle qui a le moins péché.

  8. « Bonne chance à vos intuitions qui ont peut-être levé un lièvre mais en attendant que nous connaissions l’identité de ce lièvre, le mystère s’épaissit. »
    Du grand Paul. MDR

    Le borgne est roi chez les aveugles.

  9. une classe dirigeante arrogante, ne s’embarrassant pas de règles et arrangeant les affaires selon son bon plaisir

    Oui. L’Etat de droit – lorsque l’Etat est soumis au droit – vacille à chacune de ces affaires. Lorsque des fraudes furent révélées dans la crise dite « South Sea Bubble » une résolution fut proposée à la chambre pour que les financiers fautifs soient ligotés dans un sac rempli de serpents et jetés dans la Tamise. Mmmmmh !

    Sur le fonds de l’affaire Libor : il y a rarement de crime sans motif ni victime. Qui sont-ils ici ?

    1. Pour le motif, personne n’a encore parlé du TED spread qui faisait tellement jaser il y a 3 ans, mais je pense que les deux sont liés. Tout le monde financier avait les yeux rivés sur ce spread qui avait explosé, signalant une crainte de crise bancaire foudroyante. Manipuler le LIBOR permet de diminuer le spread, par définition.

      En ce qui concerne les victimes (et les gagnants), je regarderais du côté des swaps de taux indexés sur le LIBOR. Tous les gens qui ont couvert des positions en procédant à des swaps ont reçu des flus artificiellemen minorés, et ils ont donc perdu à cause de la fraude du LIBOR. A l’inverse, certains emprunteurs ont des prêts à taux variables indexés sur le LIBOR, et la manipulation a allégé leur facture.

      J’en oublie sûrement.

    2. Trouvé un élément de réponse dans un ancien post :

      Il n’est donc pas même nécessaire que les banques s’entendent pour cacher les vrais chiffres : il est de l’intérêt de chacune de trafiquer les chiffres à la baisse.

      La question qui se pose maintenant : était-ce gênant pour le système financier dans son ensemble que chaque banque triche à la baisse quant aux taux que les autres exigent d’elle ?

      La réponse est non, bien au contraire, et j’expliquerai maintenant pourquoi.

      En minimisant le montant du taux exigé d’elle pour qu’on lui prête, chaque banque contribuait à offrir une image plus positive d’elle-même que justifié, et du marché des capitaux dans son ensemble une représentation beaucoup plus apaisée que ce n’était véritablement le cas. Et comme un nombre considérable de prêts étaient indexés sur le LIBOR, les emprunteurs concernés en bénéficiaient. Autrement dit, chacun tirait avantage du fait que les mensonges des uns et des autres contribuaient à offrir une image beaucoup plus positive de la situation que ce que les circonstances laissaient en réalité entrevoir.

      Ceux qui y perdaient sont donc… les investisseurs, les épargnants. La ville de Baltimore avait placé de la trésorerie sur des fonds indexés sur le LIBOR et vient d’ouvrir un procès parce qu’elle estime avoir été lésée par la manipulation des chiffres.

      Je vois un parallèle avec la crise des dette souveraines : essayer d’empêcher les taux grecs, italiens et espagnols de monter reviendrait à donner une fausse information sur la situation financière de ces gouvernements. Ils y sont favorables, bien sûr, tout comme la Barclays était favorable à la diffusion de fausses informations sur sa propre santé en 2008…

  10. « Pourquoi une telle indifférence de l’opinion au moment des faits et pourquoi la secousse sismique des semaines récentes »

    Les enjeux vis-à-vis du public sont différents. En 2008 il était acceptable voire rigolo de prendre une banque la main dans le sac, ça ne l’est plus aujourd’hui étant donné le contexte économique et la répétition des affaires liées aux banques. Ainsi Kerviel et Iksil ont eu droit à des traitements médiatiques complètement opposés.

    « la Barclays était parmi les seize banques, l’une des moins coupables certainement »

    C’est un ballon d’essai. On commence par condamner le moins coupable et on observe la réaction avant d’en déduire s’il faudra sortir le peloton d’exécution pour les suivants ou si l’on pourra s’en tenir à une privation générale de dessert.

    « Comment expliquer alors ce retard à l’allumage de quatre ans dans l’indignation du public ? »

    Cela peut-il être lié à la lenteur judiciaire, tout simplement ?

    « à quoi faut-il s’attendre quand sera révélé le châtiment qui est promis aux autres ? »

    A rien de significatif, ils prétendront que justice a déjà été rendue. En quelque sorte les dirigeants de BARCLAYS font les frais de loups plus voraces qu’eux-mêmes, et sont sacrifiés pour la communauté (scénario Lehman Brothers).

  11. Bonsoir,

    L’affaire du libor avait aussi fait les titres de certains journaux en 2010.

    Charles Schwab Bank, N.A. v. Bank of America Corporation
    On August 23, 2010, The Charles Schwab Corporation and certain affiliates filed a lawsuit against Bank of America Corporation, Credit Suisse Group AG, J.P. Morgan Chase & Co., Citibank, Inc., and additional banks for allegedly manipulating the London Interbank Offered Rate (« LIBOR »). Lieff Cabraser serves as counsel for Schwab. Click here to read the complaint.

    Mais il manquait certainement une étincelle. Laquelle je n’en sait rien. Peut être le temps.
    Etonnant de voir les marchés ne pas réagir, mais bon y a plus personne sur les marchés, ca monte et ca ne sait pas pourquoi. Surement des positions à récupérer. MAis ce n’est pas le sujet.

    Par contre l’affaire du Libor est intéressante. L’affaire sort au même moment ou l’Espagne est sur le grill, comme l’Italie d’ailleurs. On va donner de quoi au peuple à croire que le système est sous contrôle. On arrive dans une période de pré élection aux US. Quelles seront les conséquences de cette affaire. Car cela nos médias favoris n’en parlent pas bien entendu. Car cela ne sera pas sans conséquence.
    Est ce que Bob Diamond était juste un sacrifice afin d’éviter la précipitation d’une révolte sociale généralisée.
    Un pas déjà est franchi. Les faits ne sont pas restés dans le secret des dieux. Ce sont ces mêmes qui disent:( Lloyd Blankfein) « faire le métier de dieu ».
    Bon signe que l’on commence à s’attaquer à l’utilisation qui est faite par les banques du système financier actuel. C’était pas pour rire qu’il a dit ça Mr Blankfein. Mais quand on voit la lenteur de réaction du système, c’est cela également qui est problématique. Alors est ce vraiment problématique, ou faut il que le système saute et que l’on soit au pied du mur pour réagir et changer le système économique? Si le système financier et économique fonctionnait comme un ordinateur et qu’il eut suffit qu’il s’éteigne pour le changer, j’aurai dit oui. Mais le système se dégrade en faisant de plus en plus de malheureux, et de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
    Et oui fini le temps ou l’on changeait la télé à toutes les coupes du monde pour la classe moyenne.
    On a voulu avoir tout trop vite, et c’est surtout qu’on nous a promis tout très vite. L’accès à la propriété (rappeller vous le plan borlo d’accès à 100K euro à une maison etc… si ca c’est pas de la stimulation virtuelle de l’économie, en passant que nous sommes au pays de oui oui que les gens au petit travail de l’usine d’à côté vont continuer à y travailler 25 ans et pourront rembourser leur crédit en mangeant des pommes de terre. Mais voilà cette population a été à l’abatoir pour le plus grand plaisir du système qui tel un trou noir ne laisse rien après son passage.
    Tout cela pour dire que le libor et l’euribor ont participé à tout cela également.
    A ce sujet, est ce qu’un collectif de citoyen c’est groupé afin de faire une éventuelle action en justice? Peut être pas encore je ne sais pas, il faudra certainement lire le compte rendu de l’enquête. (Ce sera certainement pas facile de mettre la main dessus. Cela dépendra certainement de la suite donnée (poursuites ou non etc… ). Mais je dirai volontier que je vais éteindre la lumière, prendre des pop corns, et me caler dans mon fauteuil, en espérant que le film qui va suivre sera à la hauteur de la bande annonce. Il faut toutefois bien regarder derrière soit et en coulisse ce qui se joue sait on jamais ! (le MES en Allemagne, les élections etc…)

    1. Oui, curieux, en effet.
      Il me semble que l’on peut deviner son profil, noyé derrière toute cette floraison de fleurs.
      Il avait vraiment une belle barbe ce monsieur.

  12. la crainte d’un ralentissement ( et plus si affinités) de l’économie mondiale inciterait-elle à une accélération de l’agitation verbale (ou de l’agitation tout court) autour du non-dit?

  13. De quel public parlez-vous exactement ? Pas des « gens » quand même ? Les « gens » ignorent totalement ce « scandale » en 2008 comme maintenant. Prenez quelqu’un dans la rue et demandez-lui de vous parlez du Libor vous allez voir sa tête. Personne autour de moi ne parle de ça et ce sont des « gens » plutôt instruit. Je pense que les « gens » attendent que tout se casse la gueule mais essayent si possible de continuer à vivre en attendant sans se prendre la tête avec ces cons de banquiers.

  14. Je dirai juste qu’il y a de la vie au delà des 1 mètres qui entoure notre propre personne.
    NE pas parler du Libor est une chose, y a mieux comme discussion autour du barbecue en fait, et juillet aout j’évite de parler de mon avis sur la géopolitique, le monétarisme, and co. J’aime bien en parler pourtant, mais Madame me fait les gros yeux, je la saoule déjà assez souvent … et quand elle me demande ce que je lis sur l’ordi… quand je donne le titre de l’article en général elle lève les yeux au ciel, un peu comme si j’étais un extra terrestre. Mais il n’en est rien. Elle sait qu’il existe de gros problèmes actuellement dans la société et dans l’économie. Mais elle compte sur moi pour:
    1- lui décrypter l’info et lui retranscrire dans un langage commun utilisé maintenant dans nos écoles qui, jusque même au bac, ne parle pas de libor ou euribor. Moi même avec un bac et plusieurs années d’étude dans un domaine n’ayant que peu de rapport avec la finance, je n’ai jamais entendu parler de cela avant de m’intéresser à l’économie des entreprises et donc en cascade du monde, du capitalisme et de toute ses interactions. Je suis donc maintenant un extra terrestre car je cherche à comprendre ce que 70% de la population sais, mais ne voit que le haut de l’iceberg.
    Mais je pense que ce taux à tendance à diminuer et que les gens commencent à tenter de comprendre ce qu’il se passe.
    En discutant avec ma femme, elle me parlait de son travail et surtout des potins du boulot.
    Les discussions de couloir dans les entreprises ne parlent pas en effet du libor et de l’euribor.
    Alors une question?
    Comme je dis souvent à mon fils de 9 ans lorsque je lui fait lire quelque chose:
    « Tu sais ce que ça veux dire? » Hé bien souvent la compréhension globale et donc superficiellle lui permettant de comprendre dans son ensemble la phrase ou le texte, l’ignorance d’un mot n’a pas d’importance visible directement.
    J’applique la même analyse à la signature des 45 pages paraphés et signés, en double exemplaire, par un grand nombre de personnes lors de l’achat d’un bien immobilier. Les gens signent donc des documents sans forcément en comprendre le sens. Ca aussi faut pas le dire car en fait c’est remettre en question tout le système. D’un autre côté doit on considérer pour autant ces personnes comme finalement incompétente d’évaluer ce qui est bien pour eux ou non? Car c’est en cela que réside aussi l’aspect démocratique du sujet de l’euribor. Le vol de la liberté.
    Choisir en connaisance de cause, c’est un peu ça la liberté non?
    Alors pour revenir au sujet, en effet faut pas se prendre la tête, et même avec les pieds dans la merde , avec une bonne sinusite on pourra continuer à discuter à côté du barbecue de strings et du temps de demain.
    Mais au delà de l’ironie, je pense qu’il est justement important en tant que membre à part entière d’une communauté, de participer au transport et à la délivrance de l’information. Les atouts d’internet permettent de mettre des liens sur les réseaux sociaux. Même si 90% de mes amis ne liront pas l’article du lien car « trop compliqué »(hé oui beaucoup de mot dont on entend jamais parler à l’école) ou pas envie de se prendre la tête !
    Mais même si 1 personne finie par s’intéresser au problème j’aurai rempli une partie de ma mission.
    Libre à elle après de se faire une opinion sur son avenir et l’avenir de notre société.

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