PENSER ET FAIRE COMME SI ON ÉTAIT DÉJÀ EN 2058 !

D’octobre à décembre, dans son antenne consacrée à l’art moderne, la Tate Gallery (c’est à Londres), présente une rétrospective William Klein.

Une occasion de revoir un film splendide, très drôle, très très attachant et très très très insolent : Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?

Si ça ne vous dit rien, regardez bien : ça n’a pas été tourné l’année dernière, cela date de 1966. Oui, Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? date d’il y a quarante-six ans. Un beau message au monde de William Klein : savoir avec énormément d’avance ce qu’il va devenir. Dont je n’hésite d’ailleurs pas à faire mon mot d’ordre : « Penser et faire comme si on était déjà en 2058 ! »

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25 réflexions sur « PENSER ET FAIRE COMME SI ON ÉTAIT DÉJÀ EN 2058 ! »

  1. géniale mise en scène , inventivité
    le noir et blanc souligne l’utilisation des lignes, les décors, le jeu des acteurs tout est travaillé dans le moindre détail
    du cinéma de grande classe
    un temps où les résultats de l’école de la république et de l’après guerre permettait une liberté de ton et un public réceptif propre à créer des entités culturelles à se projeter dans le futur.
    pas le prémâché blougiblouga d’aujourd’hui ( sauf rare exception)
    la grande SF d’aujourd’hui soumet quand même à notre imaginaire le résultat probable qui découlera de la pointe de la recherche du jour mais l’intention n’est pas de nous laisser le choix juste de nous préparer à l’acceptation sans sourciller de choix élaborés en dehors de notre consentement
    même les acteurs ne savent plus ce qu’il jouent au point qu’on peut détourner leur travail.
    tout notre problème du jour est de restaurer ce qui serait utile à recouvrer un consentement qui ne soit plus de la subordination.

    1. À Rahane,

      Sur « Polly Maggoo »
      On peut comprendre une forme d’enthousiasme. mais…
      Vu à l’époque : très « chic et choc », même si prémonitoire.
      On retrouve cela dans d’autres œuvres.
      Trop graphique, justement, pour être profondément « filmique » (à démontrer).
      Film de photographe, d’abord. Ceci dit, pourquoi pas ?
      Mais replaçons les qualités et les défauts là où ils sont.

      Par ailleurs, certaines révoltes l’ont passionné.
      D’autres films en témoignent,
      sans bien sentir toutefois DANS TOUTES SES DIMENSIONS
      notre « enfer concret » à venir.
      Néanmoins, W.Klein reste un grand monsieur.

    2. En 1965, c était dans l air déjà , et on se projetait dans la société déshumanisée du futur, comme dans cette critique du nouvel obs au sujet du film : alphaville
      L auteur de la critique est optimiste et idéalise le savant : il confond le savant et la connaissance qui libère, oubliant ainsi le libre arbitre du savant qui peut utiliser la connaissance pour d autres buts, comme tout homme en possession d un pouvoir.

      On peut lire la fiche wiki ci après ( celle en anglais est plus détaillée )
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphaville,_une_étrange_aventure_de_Lemmy_Caution
      http://en.wikipedia.org/wiki/Alphaville_(film)

      On peut « éclairer » tout ceci avec cette ambiance si particulière où l’ amour c’ est ce qui manque …
      « Big In Japan’ tells about a couple of lovers trying to get off Heroin. They both imagine how great it would be to love without the drug: no steal, no clients, no ice age in the pupil, real emotions, true worlds. Till nowadays Berlin station Zoo is an important meeting place for junkies »
      Lire les commentaires sur cette chanson ici : http://www.songmeanings.net/songs/view/18919/

    1. Hé voui Lisztfrgkjxstz, l’Eustache c’est comme un éléphant chez Bernardeau (çui d’Limoges comme çui d’Don Diego de La Vega), ça trompe énormément.

  2. Faire mentir JMK sur le long terme.

    Dans ses rêves les plus fous, l’homme désirait voler. Il l’a fait avec le plus léger puis le plus lourd que l’air. Depuis l’invention du viagra, il ne lui reste plus à réaliser de ses phantasmes archaïques que la vie éternelle et la lotion capillaire efficace.
    Aucun auteur de SF n’avait prévu la micro-informatique et les bouleversements qu’elle apporterait.
    Se projeter en 2058 (je t’avais bien prévenu eric de pas t’approcher d’Hermeline 😉 ), c’est avant tout supposer la découverte imprévisible qui fera dévier toutes ces lignes qui aujourd’hui ne nous laissent d’espoir que de survivre.

      1. Entièrement d’accord, et c’est bien là le problème du fait que ceux qui n’ont pas encore pris conscience continue à se goinfrer.
        Un peu de patience, c’est un jeu de chaisses musicales!

  3. La Jetée de Chris Marker, sorti en 1962 ( intégrale: 28 minutes) : autre face du réel, le laboratoire de la cave, encore ce rapport au temps où d’une quête du futur se trouverait la solution qui rende viable la planète dévastée par la radioactivité. La technique de la domination au travail, le rêve des bunkers, le sauve-qui-peut des win-win de la maquette lego du monde –

    « Il comprit qu’on ne s’évadait pas du temps et que cet instant qu’il lui avait été donné de voir enfant, et qui n’avait pas cessé de l’obséder, c’était celui de sa propre mort ». (dernière phrase du film)

    “L’idée de revivre un amour perdu touche n’importe quel cœur humain, quoi qu’il en dise ou laisse paraître. « You’re my second chance ! » crie Scottie traînant Judy dans l’escalier de la tour. Personne ici n’a plus envie de prendre ces mots au sens premier du vertige surmonté : il s’agit bien de retrouver un moment englouti dans le passé, de le ramener à la vie – mais pour le perdre à nouveau. On ne ressuscite pas les morts, on ne dévisage pas Eurydice. Scottie aura reçu le plus grand bonheur qu’un homme puisse imaginer, une deuxième vie, en échange de son plus grand malheur, une deuxième mort. Qu’est-ce que nous proposent les jeux vidéo, qui en disent plus sur nos inconscients que les œuvres complètes de Lacan ? Pas l’argent ni la gloire : une nouvelle partie. La possibilité de recommencer à jouer. « Une seconde chance ». A free replay.” (Marker, 1994 )

  4. À priori ou à postériori… 46 ans avant, 46 après…
    Nous pouvons dire qu’en 46 ans, le bien-être individuel a continué d’être mis constamment en avant comme première valeur dans notre société occidentale. Je ne vais pas faire un discours sur ce sujet, mais c’est juste pour évoquer la légère sensation nostalgique qui m’envahit après avoir revu « Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? »
    Polly Maggoo rit, Polly Maggoo pleure, Polly Maggoo nous sourit.
    … Et nous ?
    Aujourd’hui, on rit encore… avec sa télé, internet, son smartphone, ces magazines, ces vitrines… Mais on rit moins au boulot, dans la rue, dans la vie, peut-être aussi moins avec ses amis… Et si on rit encore, le rire n’est plus le même, moins généreux, plus discret ou plus grossier, je ne sais. Il ne faut rien généraliser bien sûr. C’est peut-être que le vocabulaire a aussi changé, moins de patois, moins d’accent, toujours plus d’anglicisme. On râle, on râle à longueur de journée, car on ressent toujours le même besoin de communiquer, mais l’écoute n’est plus la même. Son support s’est diversifié sur de multiples canaux, allant à la vitesse de la lumière.
    Le rire aura t-il un style, changera t-il aussi selon les modes, les modernités ? Le rire même aura t-il un prix, du vrai ou du faux rire ?
    Que deviendra le rire dans 46 ans ? Deviendra t-il aussi rare objectivement à trouver, que la vraie dentelle de Bruxelles ?
    Où sont passés les rires chaleureux et les vertes engueulades de ma grand-mère italienne de ma petite enfance ?
    À fortiori : « Rire et faire comme si on était encore en 1966 ! » … Est-ce encore possible en 2012 ?

  5. En quoi consiste de penser et faire maintenant comme si on était en 2058, compte-tenu du fait que le temps de l’agressivité touche aujourd’hui à sa fin et que celui de la solidarité commence ?

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