L’actualité de la crise : UNE PARTIE NULLE, par François Leclerc

Billet invité

Il fallait bien se mettre d’accord sur quelque chose lors de ce sommet européen et ce fut sur un calendrier de travail à propos de l’union bancaire, dont le mécanisme de supervision devrait entrer en vigueur « courant 2013 ». Une décision certes contraignante, mais qui laisse encore à chacun du champ libre. Qui du gouvernement français ou allemand l’a emporté à la lumière de ce résultat limité ? Ce n’est vraiment pas le moment de se comporter en chroniqueur sportif…

De fait, la résolution de deux questions primordiales est restée en suspens, le « cadre législatif » de l’union bancaire étant promis pour la fin de l’année, ce qui ne garantit pas que le flou sera totalement levé : quelle va être l’articulation entre la BCE et les régulateurs nationaux de la supervision des 6.000 banques européennes, et comment va fonctionner le mécanisme de financement du futur fonds d’assurance des banques ?

Chose par contre acquise, le gouvernement espagnol va devoir faire son deuil d’un renflouement direct de ses banques, ce qui va aggraver son déficit, car si la possibilité que le MES procède ainsi a été réaffirmée, ce dispositif ne va pas être opérationnel dans l’immédiat, faute d’entente à ce sujet. Une rétroactivité devra encore être négociée et ce n’est pas gagné. Lien systémique majeur qu’il faudrait rompre, l’étroite liaison entre les dettes publique et privée reste pour le moment intacte.

Dans l’immédiat, on reste suspendu aux énièmes épisodes du feuilleton des sauvetages de la Grèce et de l’Espagne, une affaire subalterne que les chefs d’État et de gouvernement ont délégué à l’Eurogroupe, trop contents de ne pas avoir à s’en mêler.

Au final, le débat sur l’accélération et le renforcement de la discipline budgétaire a bien été écarté au profit du sujet de l’union bancaire, mais les questions litigieuses n’ont pas été tranchées. Il en ressort qu’à défaut de faire prévaloir sa politique, chacun a les moyens de freiner l’application de celle de l’autre.

Résultat de la rencontre : zéro-zéro !

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127 réflexions sur « L’actualité de la crise : UNE PARTIE NULLE, par François Leclerc »

  1. Cet interview de Lordon contient beaucoup de choses justes,
    notamment Lordon souligne le ridicule des propositions des keynésiens de gôche:

    La voie de sortie n’est ni dans les ridicules bonifications de la BCE, ni même dans le prêt direct aux États (pour l’heure, comme on sait, interdit par le traité) : toutes ces solutions laissent intactes l’écrasant stock de la dette. La voie de sortie, c’est le défaut, car seul le défaut nous libère du stock. Mais c’est le genre de chose inconcevable à froid. Attendons donc que la macroéconomie fasse son œuvre…, éventuellement aidée par quelques ruades politiques de populations tenues pour simple chair à austérité, mais qui pourrait bien décider un jour que trop, c’est trop.

      1. Exact.
        je dirais même que Lordon, dans ce texte, se rallie à la proposition de Paul.
        Manquent cependant les détails qui font le poids : la soudaineté par exemple, tactique nécessaire pour prendre de court les spéculateurs.

      2. Dis pas n’importe quoi Daniel, Lordon a toujours été pour le défaut, pour les défauts, tous les défauts. Et dans ce cas là je suis pas certain que l’objectif soit le même que celui de Jorion, i.e « sauver l’euro ».
        Tu me confirmeras, ou pas, si t’as lu l’article, hors de question que je raque chez Médiapart pour en avoir le coeur encore plus net.

      3. Pour résumer, Lordon c’est le Nestlé Dessert plus le Herbert Léonard du défaut.
        « Tout Le Défaut, tous Les Défauts » + « Pour le Défau au au aut ! » ( « Faire souffrir comme on a souffert…» )

      4. @Daniel :

        je dirais même que Lordon, dans ce texte, se rallie à la proposition de Paul

        Ca va pas la tête !? Quand j’ai lu cette interviewe, deux phrases cités ci-dessus ne m’avait pas du tout échappées : ” La voie de sortie, c’est le défaut, car seul le défaut nous libère du stock. Mais c’est le genre de chose inconcevable à froid.” Jorion, bien au contraire, a pensé cette sortie “à froid”, de but en blanc : en une nuit pour être précis. Mais dire, comme Lordon, que c’est “inconcevable à froid”, signifie clairement que les politiques ne peuvent pas décider d’un défaut, et encore moins d’un défaut généralisé et concerté pour toute l’Europe. Ca veut dire que la solution du défaut ne peut être adoptée que sous la pression des évènements, ce qui explique la phrase suivante de Lordon : “Attendons donc que la macroéconomie fasse son œuvre…,

        C’est plutôt Lordon qui “se rallie” à mon opinion :), car il y a belle lurette que je répète sur ce blog qu’en période de crise ce sont les évènements qui décident.

      5. Hou-là! Cessez le feu.
        @ Vigneron : “dans ce texte” ou “La voie de sortie, c’est le défaut”. Point.
        Je n’allais pas laisser passer une convergence entre 2 de mes idoles, tout de même.

        @ Crapaud Rouge :
        De vous:
        “je répète sur ce blog qu’en période de crise ce sont les évènements qui décident.” [ événements= faits]
        c’est drôle de vous voir plaider l’ineffable soumission aux faits, dotés de leur propre autonomie. D’ailleurs, comme vous le notez à raison, Lordon a le même espoir , il prend juste soin de nommer ces faits “macroéconomie”
        ” Attendons donc que la macroéconomie fasse son œuvre…” , bref : “it’s macroéconomic, stupid !”.

        Ces excès d’ humilité face à l’avenir , vous en tête Lordon en second, me laissent dubitatif.
        Humilité ou abandon ? trop difficile pour s’y engager ou préconiser une action ?
        L’inaction, c’est la défaite assurée. Les 1% vont grossir.

        Comme déja noté, ce blog oscille entre 2 attitudes:
        Ce système ( capitalisme, l’ Europe libérale, l’ Euro, …,) est foutu. Accélérons son explosion.
        Ou bien:
        L’Euro, l’Europe, le capitalisme, …, est ponctuellement sauvable. Voici ce qu’il faudrait faire.
        Le choix est-il obligatoire ?

      6. Voici ce que dit exactement Lordon,
        fin de la citation que j’avais livrée à notre réflexion:

        Attendons donc que la macroéconomie fasse son œuvre…, éventuellement aidée par quelques ruades politiques de populations tenues pour simple chair à austérité, mais qui pourrait bien décider un jour que trop, c’est trop.

        La deuxième partie me semble ironique.
        Il est évident que sans les “ruades politiques” de populations révoltées,
        autrement dit sans révolution, la barbarie ne fera que continuer.
        Tous les politiciens, qu’ils soient de l’écurie de droite ou de “gôche”
        se situent en opposition à ces populations,
        dans la deuxième attitude proposée par Daniel:
        “pas révolutionnaire, mais keynésien”, comme s’affirme le guide Michenlon…
        autrement dit sauver le capitalisme qui nourrit leurs carrières.

      7. @Daniel : comment ça une “ineffable soumission aux faits” ? Je ne puis que me répéter : il y a des décisions qui ne peuvent pas être prises délibérément, à tête reposée, “à froid” dit Lordon. Cela veut dire qu’elles ne peuvent être prises que sous la contrainte. C’est le cas par exemple quand on demande au patronat d’accorder davantage de congés payés : il crie d’abord à l’assassinat, et ce n’est que le couteau sous la gorge, après moult grèves ruineuses, qu’il peut accepter.

    1. Le non remboursement de la dette ne sera pas la conséquence de décisions prises par la gouvernance, mais une nécessité logique et impérative en ceci que la dette à ce point de développement n’est rien d’autre que la conséquence d’une croissance devenue impossible dans un monde où le travail ne crée plus suffisamment de richesses.
      Ceux qui veulent sauver l’Euro et ceux qui ne veulent plus de l’Euro, pour la bonne raison que la monnaie unique est assimilable au capitalisme, ont en commun de savoir que les dettes ne sont plus remboursables et que la richesse des préteurs est de ce fait fictive.
      La domination, au moins unifiée sur ce point, craint par-dessus tout que la dynamique impulsée par la décision du défaut, entraîne irrésistiblement vers une mise en cause des fondements du capitalisme.
      Elle fera tout ce qui est son pouvoir pour repousser le défaut jusqu’au moment où la catastrophe prendra les couleurs du drame.

      Je renvoie de nouveau à l’excellent article de Claus Peter Ortlieb, La gauche keynésienne et son cocktail de souhaits, disponible, en accès libre sur : http://palim-psao.over-blog.fr

      Egalement sur la même adresse, le N°17 de la revue Variations au sujet de la critique du travail.

      1. Le non remboursement de la dette ne sera pas la conséquence de décisions prises par la gouvernance…

        Dis pas n’importe quoi. Le méga défaut grec qui l’a décidé ? Et de façon générale ton « capitalisme » s’est toujours très bien arrangé des défauts, souverains ou autres, quitte justement à s’en défausser.
        Cf Landsbanki qui paye conscienceusement ses créanciers par liquidation pure et simple de ses biens (nationalisés) plutôt que par l’impôt refusé…

    2. La voie du défaut et les prêts direct de la BCE aux états ne me semblent ni incompatible ni avoir le même objectif, alors pourquoi ne cohabiteraient-ils pas?

  2. Partie nulle ?????????????? certainement pas…………….au contraire très éclaircie.
    Merkel vient de couper court à tous les rêves de renflouement de banques en faillite Espagnoles Françaises etc…….
    Maintenant le domino va tomber.

    1. Hé bé mon p’tit bertrand, si t’es si malin pourquoi qu’t’as pas acheté du Casa ou du SG y’a 3 mois ? Du + 60% sur la deuxième et du + 92% sur la première que t’aurais fait hier… Faut écouter Super Mariole bertrand…

      1. Je ne mange pas de ce pain là mon vieux vigneron , je trime à la sueur de mon front , je mange du bon pain et bois de bons coups , mais la spéculation je laisse çà aux idiots du village.

      2. T’as bin raison mon brave, et tes « idiots du village » te remercient chaleureusement pour ta participations zélée quoique gratuite à leur petit bizness ludique quoique payant.

      3. Disons toutefois que les banques sont perdu 80% de leur capitalisation en bourse depuis 5 ans, et que jouer sur ces cours c’est a peu prés jouer à la roulette russe…
        Personne ne sait si dans 6 mois certaines seront encore vivantes…

  3. En jetant un petit coup d’œil de temps en temps, sur des articles plus anciens et il y en a eu pas mal, durant ces cinq dernières années; on devine assez rapidement que tout cela constitue une véritable mine d’or, remplie de magnifiques filons.
    Aujourd’hui, nous n’avons plus la vidéo du Vendredi. Nous gardons cependant tous en mémoire certaines images qui remontent occasionnellement à l’esprit. Nous n’avons donc plus le feuilleton “Le temps qu’il fait”… Mais qu’à cela ne tienne, rien ne nous empêche de nous replonger dans des vendredis plus anciens et de nous apercevoir alors, que “le temps de Jorion” est en nous. Car avec le temps, nous avons fini par mieux cerner ceux qui prétendre faire la pluie et le beau temps sur les marchés. Et que maintenant plus que jamais, nous devrions ensemble nous préoccuper du temps qui est devant nous, car ce temps est compté. Tout feuilleton ayant une fin, quel sera la fin du feuilleton grec.. qui nous souffle qu’en fin de nulle part, toute partie sera nulle et misérable si aucun accord n’est trouvé en attendant qu’au final, de déficit en déficit, seule sa mort nous mettra tous d’accord.
    “Le temps qu’il nous reste à vivre est plus important que toutes les années écoulées.” Tolstoï

    1. Hier, j’ai fait un p’tit détour par la bibliothèque de Châteauroux, j’aime bien les bibliothèques moi, sont des lieux de forces vives où j’y sens beaucoup de sérénité en plus, i.e qu’elles sont très éloignées de la laideur fabriquée dans les usines et le mensonge qui va avec. Pas de mépris de ma part pour les ouvriers, mais qui ouvrent, par contre, le prolétaire producteur-consommateur-destructeur, chez ce décervelé je ne vois qu’un avenir médiocre pour ne pas dire obscur. La force du capitaliste c’est une cité en béton, ses dépressifs, avec tout de suite derrière une armée de robots.

      Pas vu la B.D. de Malkès mais ça viendra, sinon je vais leur suggérer de l’obtenir.
      Ai jeté un coup d’œil sur les “nouveautés” en rayon, et ce petit livre à couverture noire : Léon Tolstoï, Du suicide, aux éditions de L’herne.
      Ouvrez, et là encore pas du tout ce que l’on crois. Comme si souvent chez les grands écrivains russes, un hymne essentiellement concentré vers la beauté de la vie & du monde.

      1. Il y a dans ” l’âme” russe quelque chose qui confine parfois au génie brut de l’art , qui transcende les mots et qui m’ont souvent mis en “unisson” de jeunes russes sans comprendre un traitre mot de ce qu’ils disaient ( la taraduction aurait toujours été réductrice et sans doute “dévecabte” ) ;

        C’est ce génie qui faisait écrire à Cavanna , que le plus ignare ou miséreux des russes qui commençait à chanter , chantait un opéra .

        Le chant et le “souffle” slave , c’est le chant à la naissance du monde , et j’espère avoir cette musique dans l’oreille et le coeur quand le rideau se fermera ;

        Un petit exemple , porté par le génie de Tchaikovski et le diamant d’une voix ( Neil Schikoff – qui n’est pas russe mais que la langue slave traverse comme une nomade des steppes )

        http://www.youtube.com/watch?v=n2Ax2po-Cb4

      2. Tolstoï commença la rédaction de cet essai, intitulé Du suicide, en mars 1910, peu de temps avant sa mort. C’est l’un de ses tout derniers textes. Il en reprit la rédaction quelques mois plus tard, après avoir visité deux hôpitaux psychiatriques, orientant sa réflexion sur la folie.

        Les nombreux brouillons et les variantes attestent du long travail de l’auteur qui revient une fois encore, avec un ton violent et dépouillé des artifices du style, sur cette tragédie qui l’a souvent hanté. Tolstoï répond à de nombreux correspondants, candidats au suicide, qui s’adressent à l’écrivain devenu à l’époque un sage universellement connu. Il dénonce la folie du monde, reliant constamment dans son analyse la question politique à la problématique personnelle. Il ne fait pas reposer la responsabilité de cette folie uniquement sur les contradictions personnelles dans lesquelles se débattent les individus ou sur la perversion des institutions, mais il montre le rapport profond qui existe entre le social et l’individuel.

        Traduit du russe et préfacé par Bernard Kreise
        (4ème de couv.)

      1. Édifiant quant à l’énormité du gap entre le mythe islandais entretenu par certains en UE et la triste réalité de l’ex Range-RoverLand …

  4. Zone Euro: sous les discours lénifiants la crise continue de se développer (II).

    Les deux cas que nous allons étudier sont des pays dont l’importance économique est différente (si l’Espagne est la 4ème économie de la zone Euro la Grèce est une économie bien plus petite) mais dont l’importance politique dans les prochains mois pourrait bien être équivalente. Ces deux pays sont sous la menace d’un effondrement total de l’économie et de la société à relativement court terme (6 mois à un an).

    http://russeurope.hypotheses.org/343

  5. La dictature s’installe en Espagne, merci l’UE …l’Europe c’est la paix et la démocratie, tu parles..

    Le Code Pénal espagnol fait actuellement l’objet de réformes, afin de criminaliser des activités qui étaient jusque-là considérées comme de simples délits, comme les occupations symboliques et pacifiques de banques, le chaînage pour éviter une expulsion ou bien l’appel à la manifestation via les réseaux sociaux.

    Ainsi, de nouvelles peines ont été introduites dans l’article 557.ter, qui punit :

    – L’occupation ( par exemple d’une succursale bancaire) de 3 à 6 mois d’emprisonnement;

    – L’interruption des transports publics : jusqu’à deux ans d’emprisonnement;

    – La résistance envers l’autorité : jusqu’à 4 ans d’emprisonnement et pourra être considéré comme un attentat;

    – L’agression d’un élu : jusqu’à 6 ans d’emprisonnement, et sera aussi considéré comme attentat;

    – Le partage et la diffusion par des moyens publics d’actions qui troublent l’ordre public : jusqu’à un an de prison.

    Article ici – http://wp.me/p2ywaf-If

    http://lejournaldusiecle.com/2012/10/20/espagne-jusqua-un-an-de-prison-pour-appel-a-la-manifestation-sur-les-reseaux-sociaux/

      1. Mr jorion vous explique que l’auto destruction est leur voie Inutile de chercher à les combattre. Ils feront ce qu’il faut pour disparaitre eux mêmes.

        Trouvez un bel endroit pour éduquer vos enfants et regardez le spectacle.

    1. est ce que l’espagne en avait vraiment fini avec la dictature ? comme la grèce ?

      il n’y a pas eu de procès , ni “d’épuration à la française” après les années de joug ..

      on ressortait encore recemment l’histoire de qui avait tué lorca ,quand comment et pourquoi … et tout le monde savait qui a fait quoi et personne ne change d’un iota …si la méditerranée ne peut dépasser son histoire clanique , elle se fera continuellement bouffer par des anglo-saxons bien plus roués …

  6. Des milliers de personnes défilent à Londres contre l’austérité.

    Des dizaines de milliers de personnes ont commencé à manifester samedi dans le centre de Londres pour protester contre la politique d’austérité du gouvernement, dénoncée aussi par des manifestants en Ecosse et en Irlande du Nord, a constaté un journaliste de l’AFP.

    http://www.rtbf.be/info/monde/detail_des-milliers-de-personnes-defilent-a-londres-contre-l-austerite?id=7860034

    1. ” Des dizaines de milliers de manifestants ont pris les rues de Londres, de Glasgow et Belfast à l’appel des syndicats pour protester contre la politique d’austérité du gouvernement Cameron. Des jeunes étaient en tête du cortège, sous la banderole
      ,afin de rappeler que le chômage atteint en priorité la jeunesse.
      L’ensemble des syndicats demande la révision de la politique d’austérité menée par le gouvernement, qui s’est traduite par d’importantes coupes budgétaires dans les services publics. L’éducation, les services de santé et même les pompiers figurent parmi les plus touchés. « Les ministres nous ont dit que si nous acceptions l’effort, la reprise viendrait. Au lieu de cela, nous sommes sur le point de connaître une double récession. Ils nous ont dit que si nous acceptions les économies, notre déficit se réduirait. Au lieu de cela, notre endettement atteint des sommets. Le plus grand mensonge de leur part a été le cynique double langage, nous disant que nous étions tous ensemble. La sordide réalité est que la diminution des impôts a été pour les riches, alors que les diminutions des salaires et des pensions ont été pour les plus pauvres », a déclaré Brendan Barber, le secrétaire général du Trades Union Congress (TUC).

      Un porte-parole du gouvernement est intervenu avant le début des manifestations : « Nous comprendrons que dans ces temps de défis économiques et financiers, beaucoup de personnes trouvent la situation difficile. Mais nous ne pouvons différer les décisions difficiles nécessaires pour redresser les finances publiques. Nous faisons tout ce qui est possible pour que la croissance revienne. Mais cela ne peut être fait sans s’attaquer au déficit. Il est désolant que quelques syndicats aient appelé à ces manifestations irresponsables et futiles, qui ne bénéficieront à personne. Nous l’avons dit et nous le répétons, les négociations sur les retraites ne seront pas rouvertes et rien de plus ne sera obtenu avec ces défilés. »
      (Brève de Médiapart)

  7. et pendant que l’on parle des banques et des dettes et de l’austérité…les GES s’accumulent et c’est le silence quasi total sur ce sujet ou sur celui de la limite des ressources. L’austérité relative, à commencer par celle des plus riches, est peut-être une nécessité…non pas pour des raisons de déficits budgétaires… mais en raison des crises environnementales majeures en cours et à venir. C’est l’ensemble du paradigme qu’il faut changer…

  8. Tout ça, c’est de l’esbroufe, manoeuvres de diversion et autres. Ne pas perdre de vue l’objectif de fond derrière toutes ces simagrées : privatisations à fond les ballons, démantèlement de ce qui reste des politiques sociales, au profit d’assurances privées, flexibilisation à mort de l’emploi, précarisation et exclusion dramatiques d’une grande partie de la population, paupérisation.
    Tant que les classes moyennes pourront contempler cette catastrophe sans ciller, rien ne changera. Les politiques s’appuient sur cette part de la population qui se croit en core à l’abri. C’est juste une question de pourcentage. Le seuil atteint, rien ne va plus. Mais ça peut durer, et pendant ce temps les chômeurs pourrissent sur pied, les z’entrepreneurs, (très très inquiets, selon la mère Parisot), licencient à tire-larigot, (comme par hasard, ils ont attendu les élections pour se lâcher), et le présidents et le gouvernement apparaissent de plus en plus comme de médiocres gestionnaires du désastre.

    1. @Luison

      “Tant que les classes moyennes pourront contempler cette catastrophe sans ciller,
      rien ne changera”.

      PARFAITEMENT EXACT.
      Mais qui, ici, n’en est pas ?

      Le reste n’est-il pas glose, fut-elle pointue et émérite ?
      CDT.

      1. On saura si vous avez raison à mesurer le poids de l’UDI de Borloo .

        J’ai déjà donné mon avis sur le libéralisme humaniste en traitant du billet sur les “forces collectives” .

        Il me semble que c’est plutôt le caractère mondial de l’incohérence qui amènera , ici ou là et un peu partout ,la bascule vers le changement .

  9. une partie nulle
    avec un titre pareil je me serais attendue à ce qu’on creuse la dynamique de la partie nulle qui me semble très intéressante dans l’instant.
    perso je ne suis pas une adepte des matches justement à cause de la dynamique du classement selon les points obtenus au détriment de ” partie fut -elle belle? le jeu intéressant?”
    rein n’est plus intéressant qu’une partie nulle puisqu’elle ne focalise pas l’attention sur une avancée fictive mais sur la nature de l’action menée et partagée.
    le désintérêt pour les questions de restriction et équilibre budgétaire me semble normal , vu qu’il n’y a rien à jouir dans ce sujet et que tout le monde sait que ce chapitre fait office de chiffon rouge pour tenir le taureau en haleine. Les restrictions ne devraient avoir pour but que la restructuration et tout le monde reste obsédé par les conséquences immédiates qui en rajoutent au ralentissement économique ne surveillant plus que la cadence du ralentissement.
    alors donc on restructure les banques?
    oui mais comment? dans quel esprit? quel sens profond dans cette restructuration?
    quelle démarche? quelle ligne d’élégance se fait jour par la grace potentielle de la restructuration
    vers quelle économie renouvelée cela nous emmène?
    le constat présent respire l’anti-jeu toujours axé sur l’âpreté du gain( à défaut de gagner perdre le moins et pas seulement mais alourdir la dynamique des autres)
    donc globalement et de façon encore plus sournoise et préjudiciable rajouter de l’eau au moulin du ralentissement. C’est l’histoire de deux personnes qui se noient et l’un croit qu’en appuyant sur la tète de l’autre il se noierait moins.
    toujours à croire que s’en sortir mieux que le voisin serait meilleur alors qu’il faut collectivement sortir du marasme et que le reste se reconstruira après parce que la situation révèle une crise globale du système entier qui nécessite la refondation de l’idée même du collectif
    et on ne refondera aucun collectif de jeu dans un contexte aussi fortement individualiste et raisonné sur le mode de la compétition
    quand le foot est réduit à la nullité affligeante de ces dernières années la compétition ne met en valeur que les magouilles et le rendement de la médiocrité. on parle plus des parties fines entre joueur que de la finesse du jeu.
    ça va même à un procès pour anti jeu chez les handballeurs; tout un symptôme!
    autant dire que ce n’est pas folichon
    et que je ne risque pas de trouver un peu de plaisir à un russie-mexique d’antologie

    mon intuition du moment c’est qu’on cherche à restructurer le monde bancaire essentiellement pour qu’il tienne debout tout seul et non plus penché dans un déséquilibre dangereux lié à la fuite en avant. mais pas vraiment on tente de remettre le monde bancaire au service du collectif autre que son propre profit. et tant qu’on n’aura pas fait réouvrir la gueule du monstre , la bave toxique du komodo bancaire continuera son travail de nécrose.

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