Chaire « Stewardship of Finance », conférence de Luc Coene, Gouverneur de la Banque Nationale de Belgique, le 24 octobre

Dans la conférence qu’il a donnée hier dans le cadre de la chaire, Luc Coene a passé en revue un certain nombre de problèmes auxquels il faut remédier si l’on veut améliorer le climat du monde financier.

Un point sur lequel il a particulièrement insisté, ce sont les incitations négatives qui découlent de la politique actuelle de rémunération dans le milieu de la finance, où toute mesure à été perdue. Il est revenu sur le sujet à plusieurs reprises, insistant sur le fait que rien ne pourra être résolu durablement en finance tant que les choses n’auront pas changé sur ce plan. Il a tenu à souligner que la situation ne s’était dramatiquement détériorée qu’avec la dérégulation dont le début date des années 1970.

Autre point sur lequel le gouverneur de la BNB a attiré l’attention, en lui imputant une responsabilité dans la crise actuelle : le fait que les règles de prudence imposées aux établissements financiers individuellement ne s’accompagnaient pas de règles macro-prudentielles, faisant qu’aucune vue d’ensemble du secteur ne se dégage aux yeux des régulateurs.

La soirée était présidée par Michel Flamée et moi-même. Celui-ci a tenu à rappeler que dans le cadre de l’unification bancaire européenne qui s’amorce, les banques centrales européennes auront des responsabilités accrues. J’ai rappelé moi-même dans ma présentation du conférencier, le rôle des banques centrales dans l’ordre monétaire international, et j’ai appelé dans ma conclusion à ce que l’on se repenche sans tarder sur le projet de chambre de compensation multilatérale internationale proposé par Keynes à Bretton Woods en 1944, en vue d’une pacification des relations économiques entre États, pour lui offrir une seconde chance.

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41 réflexions sur « Chaire « Stewardship of Finance », conférence de Luc Coene, Gouverneur de la Banque Nationale de Belgique, le 24 octobre »

  1. Dans une reflexion sur le role des banques centrales avez-vous eu l’occasion de reflechir a une nouvelle version du Chicago plan de Fisher (1936) comme l’ont fait recemment des economistes du FMI? Si oui qu’en pensez- vous?
    Pour memoire: emission monetaire exclusivement etatique et interdiction de la reserve fractionnaire

  2. si l’on veut améliorer le climat du monde financier.

    Un truc hyper simple , on met sur un banc face à de vrai juges , le chef , le sous-chef, et monsieur Kerviel afin de définir la répartition des fautes sur les 5 milliards envolés .Car ce n’est pas la SG qui aurait due obtenir les 5 milliards d’euros de dommages et intérêts , mais les citoyens .
    5 milliards / 60 millions = 77€ par tête de pipe
    Mais il est vrai que l’état ne peut pas mettre en prison le monde financier qui lui prête des sous. C’est à pleurer !!!!!!!!!
    Les Etats-Unis portent plainte contre Bank of America pour fraudes
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/25/les-etats-unis-portent-plainte-contre-bank-of-america-pour-fraudes_1780547_3234.html

    1. A propos d’un « jugement » récent, ce qu’écrit John Barth il y a environ 50 ans :

      Le spectacle du tribunal (…)
      Chacun de s’empresser et de se bousculer
      Afin de la justice admirer les méfaits
      Et de son équité grandement se railler…

      Le procès
      (…)
      Soudain les avocats débutent de prôner :
      Chacun de quereller et de se contredire.
      Déjà je redoutais qu’ils ne viennent finir
      Leurs propos insensés, leurs fausses citations,
      Leurs mensonges hardis et leur allégations…

    2. Si ils récupèrent un petit milliard comme ça, ça restera une paille par rapport aux 700 milliards du plan d’aide de W en 2008.Mais bon…

    1. Et c’est le PCF et le Fdg ? ils sont capitalistes sans le savoir ? Je ne sais pas moi, ça veut dire quoi le « C » dans PCF ?

      1. et pendant le même temps :
        rappel des faits : au 39, rue Gabriel Péri à Saint-Denis,
        un marchand de sommeil louait, sans bail, sans quittance, des logements sans eau, dans un immeuble qui n’était pas assuré ; les locataires payaient les charges mais rien n’était reversé à la copropriété,

        le dimanche 9 septembre, le lieu, totalement insalubre, a été ravagé par un incendie qui a fait trois morts et une quinzaine de blessés ; le marchand de sommeil :

        […]
        dans l’HUMA datée de ce jour

        l’HUMA avec un C comme « communiste » !!

      2. Conservateur ?

        Dictionnaire des synonymes :
        Conservateur : gardien, passéiste, modéré, réactionnaire. Se dit d’un homme d’ordre (établi) ou d’un homme de droite.

        L’attitude de cette gauche sur la notion (et réalité) du travail dit toute sa vérité : « le socialisme c’est travailler beaucoup ».

    2. @ morvandiaux 25 octobre 2012 à 19:42

      On leur fait un dessin – Épisode 10 – La compétitivité ?

      C’est une très belle œuvre artistique et pédagogique, hélas basée sur une vision qui manque de hauteur. On présente le problème comme si l’entreprise France pouvait vivre en circuit fermé sur son seul territoire. Or, depuis 40 ans elle consomme plus qu’elle ne produit puisqu’elle n’a pas cessé d’accroître son déficit. Elle doit d’abord approvisionner hors de ses frontières, l’essentiel de l’énergie et des métaux qu’elle consomme, et y apporter sa valeur ajoutée afin de vendre une partie de ce qu’elle produit pour couvrir le coût de ses importations.

      Hélas, « la valeur ajoutée France » n’est pas à la hauteur de ce que pensent les Français. D’une part, le capital humain se surestime comparativement à ses concurrents sur le marché mondial qu’il est obligé d’affronter. D’autre part le capital matériel est lui aussi sur évalué, notamment parce qu’il est insuffisamment renouvelé et autofinancé. Tout cela rend nos productions non compétitives. Pour nous mettre au standard international, nous sommes condamnés à baisser notre niveau de vie, à devoir travailler plus pour moins cher, plus longtemps chaque l’année et dans une vie.

      Nous avons décroché et sommes contraints à devoir chercher un autre point d’équilibre. Il nous faut nous ressourcer plus bas pour trouver un niveau de vie mieux en rapport avec ce qu’est la réelle richesse matérielle et humaine du pays. Malheureusement, à cause des lois implacables de la biophysique qui gouvernent le monde du vivant, il ne suffit pas de mettre l’humain en avant pour empêcher que son niveau de vie baisse.

      A force d’avoir chanté et fait chanter l’Internationale, nous y sommes arrivés. Beaucoup vont découvrir que les paroles pourraient avoir un sens plus lourd à porter que ce qu’on pouvait imaginer.

      1. Compétitivité … est-ce que le mot Guerre ne serait pas plus honnête, et dans ce cas pourquoi des demi-mesures ?
        Les capitalistes se disent modernes, mais leurs fonctions mentales en sont encore à l’âge de pierre. Ils semblent incapables de maîtriser leurs instincts primaires.

      2. @ wildleech 26 octobre 2012 à 20:47

        Ils (les capitalistes) semblent incapables de maîtriser leurs instincts primaires.

        Quant aux anticapitalistes, leur instinct primaire n’est il pas de consommer le plus possible en demandant toujours plus de pouvoir d’achat, quitte à ne rien laisser pour vivre à leurs descendants.

        La guerre, parlons-en, elle se déroule sous vos yeux par le biais de la compétitivité. Ceux qui la gagnent sont ceux qui on su conserver un capital, c’est-à-dire des ressources pour vivre et survivre, en travaillant beaucoup et bien, tout en consommant le moins possible.

        En agissant pacifiquement, ils auront laissés s’auto éliminer ceux qui, victimes d’une doctrine suicidaire, consomment plus qu’ils ne produisent et, ce faisant, mangent le capital, sans lequel il n’est possible, ni de travailler ni de vivre. Ah! Si seulement Marx, au lieu d’appeler à faire lutter le travail contre le capital, avait incité à les faire s’associer, se fusionner, nous n’en serions pas là.

      3. Si seulement le capital, par construction , n’avait pas trouvé plus d’intèrêt à se foutre du travail et de sa rémunération… on en serait encore à une forme de libéralisme que le capitalisme a aussi tué .

      4. @ juan nessy 27 octobre 2012 à 13:49
        Voulez-vous dire que le capitalisme a été bon à une époque, mais qu’il est devenu mauvais ?

        Pensez-vous que les Etats d’Europe ont fait la preuve de leur capacité à bien gérer « leurs entreprises » pour se substituer aux capitalistes, alors que dans les pays qui s’en étaient écartés (Pays de l’Est, ex URSS, Chine) ils ont fait appel à lui pour rattraper leur retard?

        Devant l’épuisement des ressources planétaires, quelles seraient donc les orientations à prendre vis-à-vis du travail et de sa rémunération en Occident, en particulier en Europe de l’Ouest, et plus particulièrement au Sud ?

      5. @Jducac :

        Relisez moi mieux , y compris dans un billet précédent où j’ai tenté une remise en perspective historique et philosophique du Libéralisme ( qui mérite qu’on l’interroge de plus près ).

        Ma conviction est : c’est le Libéralisme , en fondant la garantie de la liberté individuelle sur la propriété privée , qui a eu très vite besoin du capitalisme en tant que pseudo sytéme  » économique » .

        Le Capitalisme a été l’avatar nécessaire ,puis « vivant de sa propre logique (a) et (i)mmorale », du Libéralisme . C’est par le cancer proliférant , pour cause de capitalisme , de la propriété privée que le Libéralisme meurt .

        L’erreur était dans la tentative d’ancrage de la liberté dans la propriété privée .

        Il faut ancrer et garantir la liberté par autre chose .

      6. C’est par le cancer proliférant , pour cause de capitalisme de la propriété privée que le Libéralisme meurt .

        J’ai fait sauter la virgule entre capitalisme et propriètè privée de telle manière à montrer la capitalisation de la propriètè privée qui tend vers l’infini (concentration des richeses dans les mains de quelque uns)
        De ce fait, la liberté d’entreprise est entravée et nous en aurions bien besoin pour entreprendre la transition énergétique
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=42784#comment-374311
        La liberté d’entreprise est prise dans un sens très large
        Entreprendre soi-même la rénovation de la maison
        Se mettre en association pour répondre à certains besoins
        Etc..
        La liberté d’entreprendre peut se voir sous d’autres aspects que l’entreprise privée exclusivement tournée sur le marché.

      7. @Michel Lambotte :

        Votre rédaction ( le poids d’une virgule..!) tient la route .
        Je lui préfère cependant la mienne qui me parait à l’amont de la vôtre , et qui réinterroge le libéralisme ,dont se bercent encore beaucoup de braves gens de bonne volonté, là où il faut bouger pour nous redonner des chances de vivre assez nombreux , assez longtemps , assez bien ., pour ne pas mourir idiots .

      8. @ juan Vous voulez peut-être dire qu’il faut réinterroger le libéralisme pour ancrer et garantir la liberté par autre chose que le capitalisme.
        Il faut un autre encrage que la propriété privée, là on entre dans le public et on rejoint Paul dans la finance au service de la communauté.

      9. @ juan nessy 28 octobre 2012 à 11:56

        C’est par le cancer proliférant , pour cause de capitalisme , de la propriété privée que le Libéralisme meurt . L’erreur était dans la tentative d’ancrage de la liberté dans la propriété privée . Il faut ancrer et garantir la liberté par autre chose .

        Donc, vous ne rejetez pas le processus du capitalisme. Ce qui vous gène c’est la propriété privée. Sans le dire, vous seriez donc partisan d’un capitalisme d’Etat, malgré le fait que les pays qui s’y sont livrés à grande échelle et sur une longue période, aient dû y renoncer pour cause de retard de développement (ex pays de l’Est de l’Europe, ex URSS, Chine etc…)

        Il faut bien l’admettre le capitalisme est né depuis la nuit des temps dans la propriété privée parce qu’il permet aux individualités de mieux s’exprimer et d’être mieux récompensées du mal qu’elles se donnent en épargnant et investissant. J’ai pu le constater en exerçant la moitié de ma carrière dans des établissements d’Etat où le statut protecteur de cet employeur n’amène pas à d’aussi grandes performances individuelles et collectives que dans des établissements privés similaires.

        Je pense que sans rien changer au type d’organisation économique et politique à l’occidentale, qui est en train de s’implanter partout, il suffit d’amener les gens notamment en France à se défaire d’une idée fixe qui consiste à être obsédés par un objectif d’égalité de situation matérielle. Cette idée propagée au niveau de l’enseignement de base, est infantilisante, dé responsabilisante, amène à un abaissement de la vivacité collective et à un amoindrissement du rôle du pays dans le monde.

        La richesse d’un patrimoine privé, est un capital, certes attribué nominativement à des individus, mais c’est aussi ce qui fait la richesse d’une région, d’un pays et d’une zone économique. Ce capital ne fait pas vivre que celui qui en est propriétaire et le fait qu’il soit collectivisé n’amènerait pas forcément une meilleure gestion et une plus grande prospérité collective, bien au contraire.

        A l’heure où l’on va voir nos ressources diminuer sensiblement, il faut faire ré-émerger l’esprit capitaliste qui a fait la force du pays grâce aux populations nées avant la dernière guerre. Il conduit à devoir travailler beaucoup et bien tout en consommant le moins possible, ce qui n’empêche pas de pouvoir vivre heureux à condition de ne pas être jaloux des plus riches que soi. Trouver des boucs émissaires sur lesquels on fait se focaliser les haines n’est pas la solution. Elles peut même arriver à faire fuir les plus utiles à la collectivité.

        Une chose est sûre, ça n’est pas en imposant le patrimoine ou le capital, ni même le revenu, qu’on enrichi un pays, c’est en taxant la consommation.

      10. ce dont je suis partisan depuis que j’écris ici pour qui veut bien le lire et s’en souvenir , c’est

        Liberté , Egalité , Fratenité ( étendue au vivant °

        Détacher le capitalisme de la propriété privée, comme vous le faîtes , est une étrangeté qu’aucun spermatozoïde savant ne saurait expliquer, ni réussir ..

        Détacher la propriété privée du Libéralisme , c’est lui enlever le quart de ses fondements , celui par lequel il croit garantir la liberté individuelle .

        On vous découvre plus capitaliste que libéral , plus propriétaire qu’attaché à la liberté .

        Sur les propriétés , je me suis déjà exprimé , en inversant la proposition du libéralisme :

        Il n’y a de propriété tolérable que celle qui permet une réelle liberté , égalité , fraternité ,individuelle et collective . Il n’y a pas de limite à la liberté . Il y en a à la propriété .

      11. @ juan nessy 29 octobre 2012 à 10:29
        Où avez-vous vu que j’étais contre notre devise républicaine. Liberté, égalité, fraternité?

        Commençons par la fraternité. Rien n’empêche de cultiver la fraternité entre ceux qui sont bien pourvus et les autres, que ce soit au plan financier, intellectuel, culturel, physique, philosophique, et tout ce qui peut différencier les uns des autres. Nous sommes tous des humains. C’est en cela que je ne comprends pas ceux qui, se déclarant humanistes, se laissent aller à faire s’opposer les uns aux autres en incitant à la haine, quitte à utiliser de vils procédés. Cela m’apparaît être de l’antihumaniste primaire.

        Venons-en à la liberté. On m’a toujours appris que les lois républicaines ou de la morale universelle devaient être respectées. Mais peut-être que les règles du vivre ensemble ont changé depuis qu’on a prétendu qu’il était interdit d’interdire. On m’a aussi dit que, d’une manière générale, la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Alors, quand vous dites« Il n’y a pas de limite à la liberté », j’interprète cela comme une sorte d’incitation au désordre.

        Je vois cela comme une régression démocratique et du bon comportement humain, lequel doit, selon moi, toujours rechercher l’accord, par un échange d’arguments, enregistré et rendu applicable par la loi, plutôt que d’autoriser la transgression, sous l’étendard de la liberté sans limite.. Le pouvoir démocratique a le devoir d’user de ses moyens régaliens, pour faire respecter les lois établies au nom du peuple souverain.

        Quant à l’égalité, il faut bien voir qu’il s’agit de l’égalité devant loi et non l’égalité devant tout. Cela laisse donc une large possibilité de différenciation entre individus, chacun pouvant s’exprimer au mieux de ses aspirations, de ses possibilités propres et du sens qu’il entant donner à sa vie. C’est à cause de la liberté que les situations (les propriétés, qui ne sont pas que d’ordre financier, qu’elles soient individuelles et collectives se développent et évoluent plus ou moins selon le système politico-économique adopté.

        Je m’en suis longuement expliqué il y a plus de 2 ans. Personne n’avait émis de contrargument, mais n’hésitez pas à faire valoir les vôtres afin de faire se rapprocher nos points de vue.
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=9807#comment-70123

      12. jducac

        Michel Lambotte et Juan Nessy vous disent que le libéralisme a eu le tord de s’ancrer dans la propriété privée et votre premier réflexe et de leur répondre que le capitalisme d’état a causé leur retard.
        Cela montre que vous n’avez pas saisi le sens de leurs propos.
        Le contraire du libéralisme associé à la propriété privée ce n’est pas le capitalisme d’état mais le socialisme qui permettra de créer de nouvelles libertés, par l’instauration de nouveaux droits après que certaines activités socialement nuisibles aient été interdites.

        L’individu n’y perd rien, au contraire, sur le fond de solidarité humaine érigée en principe cardinal de la vie en société, toutes les possibilités laissées en jachère du fait de l’impératif de la compétition, pourraient s’exprimer, librement, enfin.

        La philia n’est plus seulement un impératif moral lié aux bonnes oeuvres, d’elle dépend maintenant la survie de notre humanité. Une humanité conquérante pouvait se développer sur la base de la compétition, autre nom de la guerre, selon vos propres termes.
        A ce développement tout en extension (comportement colonisateur dit Jorion) doit et peut se substituer un développement en compréhension.
        Songez à toutes ces facultés intellectuelles, à toutes ces relations aux choses et aux autres que nous perdons du fait d’avoir conçu notre relation au monde sur le mode de la prédation laquelle se rapporte à une appréhension des êtres et des choses préférentiellement en termes de quantités. Si nous survivons c’est qu’il se sera produit un changement d’ordre qualitatif, et non pas quantitatif. Bien sûr nous n’échappons pas aux données physiques, mais toujours se rappeler que ces données physiques sont elles toujours appréhendées dans un cadre qui dénote toujours une qualité. Or le cadre actuel est d’une qualité très basse, quasiment sans qualités. Si bien que plus personne, ou si peu, ou si mal, ne sait apprécier des qualités, faute de qualités prises pour telles en ce monde. Parce que l’humain a été assimilé aux choses, autre nom du capital.

        IL serait temps que vous vous révisiez l’état de vos connaissances.
        Ce n’est pourtant pas faute d’idées sur ce blog en matière d’alternative, autre que celles bien entendu qui consistent dans l’opposition éculée entre capitalisme et collectivisme, ou capitalisme privatif et capitalisme d’état, ce à quoi imperturbablement vous revenez systématiquement, pour éluder la question des libertés. Pour éluder la question de la démocratie. Pour éluder la question des qualités.

        La liberté est une chose trop précieuse pour être enclose dans la peau de chagrin du libéralisme économique.

      13. Sur l’Humanisme :

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=42644#comment-373212
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=42644#comment-373388

        Sur Libéralisme et Anarchisme , traité sen deux temps sur cette file :

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=42502#comment-371170

        Le capitalisme n’est pas une philosophie , contrairement à l’Humanisme , le Libéralisme , et l’Anarchisme .

        Le marché est Echange d’abord et uniquement .

        Pour le Capitalisme , voir le maître des lieux . Pour moi un furoncle pseudo philosophique sur le nez de la¨Propriété .

        Ma formule il n’y a pas de limite à la Liberté  » peut effectivement prêtée à fausse interprétation . « Tout n’est pas permis  » . La liberté n’est tout simplement pas soluble dans la propriété .

        La Liberté et l’Egalité ne connaissent qu’une balance pour les « peser » et les faire  » humaines « .

        la Fraternité .( étendue au vivant ) .

        D’autres ont dit Amour . Certains disent la Philia . D’autres encore la sociabilté .D’autres le Communisme .D’autres la  » survie de l’espèce » …

        Qu’importe . Qui n’accepte pas cette  » hiérarchie » , cette balance , m’est un danger et donc un ennemi.

        Fin .

      14. S’agissant de la Liberté , je reproche donc une chose à Montesquieu , celle d’avoir laissé la porte ouverte à tous les abus et  » limites floues » , en se contentant de dire que ma liberté s’arrête où commence celle d’autrui .

        Car derrière la  » joliesse » de la phrase , c’est le vide sur la mesure réelle de la liberté de l’un et de la liberté de l’autre .Qu’est qui peut les rendre  » compatibles  » .

        Mon affirmation est que c’est la Fraternité , soeur ainée de la Responsabilté , qui doit arbitrer en permanence le « noeud gordien » de cette incompatibilité . C’est elle qui « dose la flamme » , aussi bien de la Liberté que de l’Egalité .

        Nota : Compatir et Compatible ont la même racine .

      15. @ juan nessy 31 octobre 2012 à 16:40

        Le capitalisme n’est pas une philosophie, contrairement à l’Humanisme, le Libéralisme, et l’Anarchisme

        Pourquoi le capitalisme ne pourrait-il pas s’apparenter à une philosophie au point d’être considéré comme tel ?

        Le capitalisme n’est-il pas, au contraire, le processus de base mis en œuvre dans toute entreprise humaine visant à évoluer, c’est-à-dire à surmonter les difficultés ?

        Certes, il traite des aspects très terre à terre de l’existence, mais pourquoi ne pas le considérer avec respect et reconnaissance dès lors que sans lui, sans l’existence d’un capital à exploiter il n’y aurait pas de vie ?

        Descartes en déclarant « Je pense donc je suis » n’est certainement pas allé au fond des choses. Il n’a pas imaginé qu’avant de penser, il faut s’être placé en état de pouvoir le faire et, pour cela, avoir capitalisé une certaine quantité d’énergie en soi pour pouvoir alimenter la machine à penser et avoir conscience d’être.

        L’homme est « un consommant » avant d’être « un pensant » et Descartes aurait peut-être rendu un plus grand service à l’humanité s’il avait dit « Je m’alimente en énergie donc je suis ». Il aurait pu amener les penseurs de profession à mieux préparer le futur de l’espèce.

        C’est mettre en danger l’existence de l’homme que de classer le capitalisme dans une catégorie de concepts inférieurs. Au contraire, il prime sur tous les autres, il est essentiel, primordial, capital même. L’essence de l’immatériel et des pensées, est matérielle. Le capitalisme procède du matérialisme philosophique.

        J’ai exposé le processus du capitalisme depuis plus de 2 ans sur le blog. C’était le 13 juillet 2010, et l’ai rappelé souvent. Notamment ici :
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=19059#comment-129478

        Quand le capitalisme est né chez l’homme, il n’était certainement pas pensé, mais il a été, il est et sera jusqu’à la fin du vivant. Il vit, se reproduit, et perpétue chaque espèce parce qu’il sait transformer l’énergie en vie grâce à la matière.

      16. « Le capitalisme n’est-il pas, au contraire, le processus de base mis en œuvre dans toute entreprise humaine visant à évoluer ? »

        1. Le capitalisme est tout ce qui est humain
        2. Tout est dans tout et réciproquement
        3. Le capitalisme est donc, en particulier, une philosophie

        c.q.f.d.

        juan nessy : vous êtes bête ou quoi ?

      17. Venons-en à la liberté. On m’a toujours appris que les lois républicaines ou de la morale universelle devaient être respectées. Mais peut-être que les règles du vivre ensemble ont changé depuis qu’on a prétendu qu’il était interdit d’interdire.

        Appliquée au vivant à son respect et à sa connaissance, la liberté n’a pas de limite puisque le vivant est l’infiniment complexe et dans ce sens, il est effectivement interdit d’interdire cette liberté.
        C’était peut-être ce que voulait dire ce slogan de Mai 68 qui a été dénaturé par le sytéme capitalisme afin de développer le consumérisme qui a engendré une rente de plus en plus importante et concentrée qui abouti aux problèmes actuels.
        Nous devons aller à la recherche de nouvelles règles beaucoup mieux adaptées aux circonstances que je viens d’évoquer c’est toute la réflexion de ce blog.

      18. @ michel lambotte 1 novembre 2012 à 11:31

        Appliquée au vivant à son respect et à sa connaissance, la liberté n’a pas de limite puisque le vivant est l’infiniment complexe et dans ce sens, il est effectivement interdit d’interdire cette liberté.

        Pensez-vous réellement que la liberté n’a pas de limite ? C’est effrayant de voir où cela pourrait conduire.

        Il me semble qu’une communauté, tant familiale, territoriale, nationale que mondiale ou autre, doit se fixer des limites et intervenir lorsqu’elles ont tendance à être franchies. Le blog de Paul Jorion lui-même a ses limites et a conçu un rôle de modérateur pour assurer cette fonction.

        On ne peut quand même pas au nom de la liberté, s’autoriser n’importe quoi, au risque d’embarquer l’espèce humaine dans des dérives pouvant aboutir à son extinction accélérée.

      19. Relisez moi
        Appliquée au vivant à son respect et à sa connaissance, la liberté n’a pas de limite
        Nous devons nous inspirer de la nature en toute liberté et je vois la fraternité dans le payer ensemble pour récolter ensemble

      20. @ michel lambotte 1 novembre 2012 à 12:53

        payer ensemble pour récolter ensemble

        Tout à fait d’accord. A condition que chacun paie équitablement de sa personne. C’est ainsi que celui qui profite d’une monnaie commune forte, pour emprunter à bon compte, doit prendre conscience du tort qu’il porte aux autres en travaillant moins et plus cher, que ceux avec lesquels il partage la même monnaie.

        Ceux qui travaillent beaucoup et bien, tout en consommant le moins possible en ayant des salaires plus raisonnables, ne vont pas toujours accepter de payer les dettes de ceux qui se laissent aller à vivre au dessus de leurs moyens en s’endettant.

      21. @Paul Jorion :

        J’avais encore un espoir .

        Mais là, je crois que la démonstration ( pas la vôtre ) est effectivement d’une pureté de diamant .

        Ma vieille tante a trouvé son frère .

        Paix à son âme .

  3. Bonsoir à tous.

    Que dire aussi de la politique de rémunération des joueurs de foot, des grands patrons d’entreprise, des rentes à vie de fonctions politiques avec larbins, gardes du corps,voitures de fonction etc..Nos sociétés marchent sur la tête, elles ont perdu le sens des valeurs, de la juste rémunération du travail et de l’effort.
    Aucun d’entre eux ne méritent ces salaires ni ces avantages. Tout est bon à jeter.

    D’autre part, aucune banque, aucun organisme financier privé ne devrait exister, il ne devrait y avoir par pays qu’une seule banque: La banque nationnale du pays.

    Le système bancaire européen, l’unification bancaire européenne, le rôle des banques centrales dans l’ordre monaitaire international et que sais-je encore sont des pièges à cons. Discutailler de points de détails à ce sujet ne fait que cautionner ces entités qui nous ont été imposées et dont on ne veut pas parceque on sait que cela se terminera par la dictature du fric, la servitude pour nous et les générations à venir au service d’une nouvelle race de seigneurs bien à l’abrit de l’état de droit!

    Il faut se rendre à l’évidence, depuis 5 ans qu’y a t’il eu de changé? RIEN dans le bon sens, a contrario la finance, le système bancaire, les 2 faces de la même pièce sont sur le point de prendre définitivement possession de tous les rouages économiques, politiques donc législatifs, policiers et militaires des pays. Nos parlements nationaux ne servent plus à rien au profit de l’européen et demain il en sera de même pour celui-ci, tout se décidera dans les conseils d’administration.

    A moins de faire partie de la nomenclatura, qui voudrait de ce modèle de société pour ses enfants?

  4. Banques US Françaises Espagnoles Islandaises Irlandaises en difficulté largement grâce à l’immobilier.
    Les pros de l’immobilier et du financement hypothécaire sont ils des imbéciles ou des voyous ?
    Ce ne sont certainement pas des imbéciles , mais ils évoluent dans un cadre , c’est le cadre qu’il faut réformer , que les risques pris par certains soient répercutés en chaine pour la continuité dans le temps.
    Car cette situation est essentiellement due à l’arrêt un temps donné de la continuité du risque.

  5. Un point sur lequel il a particulièrement insisté, ce sont les incitations négatives qui découlent de la politique actuelle de rémunération dans le milieu de la finance, où toute mesure à été perdue

    Je suis surpris qu’il soit surpris, c’est un salaire, donc il y a très peu de chance que la paie coûte plus qu’elle rapporte, où est le problème ? Il est même possible que si on évalue le salaire en fonction de ce qu’il rapporte, il soit faible ou très faible pour certain. Pourquoi être surpris alors que c’est une conséquence logique du système de rémunération salariale individualisé et aussi du fait que l’on puisse dans ce système capitaliste faire de l’argent avec de l’argent sans jamais rien créer. Éventuellement dans le système capitaliste, si il y a quelque chose à réguler, c’est la rente du capital, les salaires ne sont qu’une conséquences il me semble. C’est aussi problématique que des fonctionnaires puissent être rémunérés avec des primes défiscalisées, que des élus aient des systèmes de rémunération et de retraite très avantageux, que ceux qui extraient l’or en Afrique du Sud aient des salaires et des conditions de vie de misère alors que le bien qu’ils extraient atteint des sommets sur les marchés.
    Le problème c’est la valeur donné à la monnaie dans nos sociétés, supprimons la monnaie (qui au final ne semble pas faciliter les échanges) et les traders ne s’occuperont que de trader des contreparties équitables et seront rémunérés selon leur besoins (comme le mineur d’afrique du sud et ils auront l’un et l’autre sensiblement les mêmes besoins).

  6. Je pense qu’il est intéressant de constater qu’un gouverneur de Banque Centrale confirme qu’à
    son avis les « choses » se sont détériorées au début de la décennie 1970.Qu’il ajoute que la « vision »
    prudentielle globale a manqué,et que la dérégulation n’a fait qu’envenimer la situation.

    Autre point,quand il est dit que les propositions de Keynes en 1944 doivent être réexaminées,
    (rappelons qu »elles ont été mises de côté au bénéfice des propositions américaines) cela ne veut pas dire que l’on est « keynésien ».En effet,il n’est pas exclu que certains « progrès » depuis
    plus de trois quarts de siècle aient pu apparaître,ne serait-ce que par les constats de l’histoire
    économique,sociale et politique depuis le juste après guerre.Et le « boulot » accompli par les
    économistes qui n’étaient pas tous au service d’une « pensée » économique plus ou moins
    apologétique,comme l’explique Paul Jorion dans son livre orange publié chez Fayard.

  7. Un idée, on pourrait inventer « l’échelle de Jorion » (Comme l’échelle de Richter)
    On ferait des calculs pour faire un thermomètre du capitalisme à l’agonie.
    Calculer le degré de déconfiture du système.
    On y mettrait:
    -Chomage, Cours de l’or, faillites industrielles, dettes d’état, degré de pauvreté, 1/BDI, spéculation sur matières premieres, cours du Brent (Plus le pétrole est haut, plus ça va mal), 1/PIB, QE, 1/taux d’interets à la baisse voire négatif (Plus les taux sont bas, plus ça va mal), diminution de l’Etat, baisse du nombre de fonctionnaire, baisse des acquis sociaux

    Bien entendu on n’y mettrait, surtout pas, le Down Jones qui lui se réjouit des:
    -Licenciement, taux bas, QE,spéculation délirante sur le brent et les matieres premieres, des pauvres (Ce qui veut dire moins de distribution et plus de richesse pour les riches), baisse des salaires des fonctionnaires, diminution de l’Etat, etc… Bref le Down Jone se réjouit de la déconfiture du capitalisme!
    Loi: Le cours du Down Jones est inversement proportionnel à l’échelle de Jorion.
    Plus le capitalisme va vers sa perte, plus ils se réjouissent!
    La revanche de Lénine?
    « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons. »

  8. La Banque Nationale dispose d’un arsenal de prérogatives qui lui permettent d’assumer un rôle prépondérant dans l’élimination des risques: http://www.nbb.be/pub/cp/framework.htm?l=fr

    Je repère dans la LOI DU 22 FÉVRIER 1998 FIXANT LE STATUT ORGANIQUE DE LA BANQUE NATIONALE DE BELGIQUE, les dispositions suivantes qui semblent donner à Monsieur Coene et à l’institution qu’il préside beaucoup plus de pouvoirs qu’il ne croit en avoir, encore faut-il en faire usage.

    Art. 36/3. –
    § 1er. Sans préjudice de l’article 36/2, la Banque a également pour mission, conformément aux articles 12 et 12bis et aux lois particulières qui régissent le contrôle des établissements financiers,

    1° d’intervenir dans la détection de menaces éventuelles pour la stabilité du système financier, en particulier en procédant au suivi et à l’appréciation des évolutions stratégiques et du profil de risque des établissements financiers systémiques ;

    2° de donner des avis au gouvernement fédéral et au parlement fédéral quant aux mesures nécessaires ou utiles à la stabilité, au bon fonctionnement et à l’efficacité du système financier du pays

    ….

    § 2. La Banque détermine, parmi les établissements financiers visés à l’article 36/2, ceux qui doivent être considérés comme systémiques et informe chacun de ces établissements. Dès ce moment, ceux-ci sont tenus de communiquer à la Banque le projet de leurs décisions stratégiques. La Banque peut, dans un délai de deux mois à compter de la réception d’un dossier complet étayant la décision stratégique, s’opposer à ces décisions si elle estime que celles-ci vont à l’encontre d’une gestion saine et prudente de l’établissement financier systémique ou sont susceptibles d’affecter de façon significative la stabilité du système financier. Elle peut utiliser tous les pouvoirs qui lui sont conférés par la présente loi et les lois particulières qui régissent le contrôle des établissements financiers concernés.

    Par décisions stratégiques, on entend les décisions, dès lors qu’elles sont d’une certaine importance, qui concernent tout investissement, désinvestissement, participation ou relation de coopération stratégique de l’établissement financier systémique, notamment, les décisions d’acquisition ou de constitution d’un autre établissement, de constitution d’une joint venture, d’établissement dans un autre État, de conclusion d’accords de coopération, d’apport ou d’acquisition d’une branche d’activité, de fusion ou de scission.

    La Banque peut préciser les décisions qui sont à considérer comme stratégiques et d’une certaine importance pour l’application du présent article. Elle publie ces précisions.

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