DES ÉTOILES QUI S’ÉLOIGNENT, par Zébu

Billet invité.

La part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté y est de 36,1 %.
Un taux de chômage de 40,7% chez les jeunes de 15-24 ans et de 22,7% en 2011 pour les l’ensemble des actifs.
23% ont renoncé aux soins pour des raisons financières.
Une famille sur quatre est monoparentale et dans 9 cas sur 10, le chef de ce type de famille est une femme.

A lire ces chiffres, on se dit que le Portugal ou l’Irlande, à moins que ce ne soit l’Italie, continuent encore de s’enfoncer dans une perdition qui les engloutit, la troïka jouant le rôle de passeur d’un Styx dont ils n’ont pas même entrevus la rive, la quête de la pièce d’or pour leur repos éternel s’avérant être elle aussi un mythe.

Et de maudire du même pas l’engeance commune que forment le FMI, la Commission européenne et la BCE, toutes ‘choses’ par ailleurs fort utiles pour soulager son âme d’un poids devenu par trop lourd, car ‘choses’ par trop éloignées de nos réalités, comme le seraient des entomologistes épinglant des insectes : ‘grecus detritus’, ‘espanicus desesperus’ et autres sous-familles d’une espèce en crise.

Sauf que les dites statistiques ne proviennent pas d’Eurostat mais de l’ONZUS, qui n’a rien  à voir avec une ONG américaine mais bien plutôt avec l’Observatoire National des Zones  Urbaines Sensibles, lequel vient de rendre son rapport annuel en France, le 16 novembre 2012.

Certes, comme l’écrit en préface la présidente de son conseil d’orientation, « (…) l’ensemble des quartiers de la politique de la ville ne sont pas des « ghettos » même s’il y a en leur sein des îlots de ce type » mais c’est pourtant bien cette image là, ce signe, que beaucoup utilisent pour décrire une situation de ‘ghettoïsation‘, qui se porte bien selon certains, preuve de son antériorité.

D’autres réfutent cette terminologie depuis quelque temps déjà, bien qu’ils acceptent néanmoins de définir des ‘processus de ghettoïsation en cours’, car « On comprend bien alors que le « ghetto » est une lecture, voire un refuge, mais offrant quelles solutions ? ». Cela « (…) conforte chez beaucoup de ses lecteurs l’idée que les habitants sont au fond les principaux responsables de leur malheur, comme les parents sont les principaux responsables du devenir de leurs enfants. Or si cette idée domine progressivement les consciences, on voit mal quelles alternatives les pouvoirs publics et les acteurs locaux seront capables d’opposer aux recettes sécuritaires de court terme. On voit mal quelles raisons d’espérer et quelle force d’agir ils en retireront pour les années futures. ».

On voit pourtant bien qu’ici comme ailleurs, c’est le même individualisme méthodologique qui œuvre pour faire assaut d’arguments quant aux défauts de responsabilités dont les pauvres font preuve de manière obstinée : la force d’agir des pouvoirs sera alors celle d’une éthique du salut pour ces irresponsables, à leur corps défendant si nécessaire, du moins celui de leurs âmes, s’ils viennent à refuser d’espérer.

Nonobstant le débat, pertinent, sur la nature des processus en cours (ethnicisation ‘à l’américaine’ ? ‘dissimulation’ de la question sociale ?), il reste que l’on ne parle certes pas de dizaines de millions d’Européens mais bien d’environ 7% de la population française en moyenne et jusqu’à 15% dans les départements d’outre-mer, la distance facilitant par ailleurs … la prise de distances.

Une population périphérique de nos cités mais néanmoins nettement plus proche que celles de nos amis Européens, des zones qui ne subissent pourtant pas l’outrage d’une gestion internationale délocalisée.

Un état, de fait, de longue durée et qui ne dépend pas de l’actualité d’une crise ou d’une autre : le taux de pauvreté y a bien augmenté de 20% en 4 ans, mais il n’est passé ‘que’ de 30,5% à 36,1% en 2010.

Ces zones sont, en fait, en crise perpétuelle, depuis des décennies, depuis qu’elles se sont constituées.

La perdition présente ne fait que renforcer une dérive structurelle, d’abord silencieuse puis ensuite tapageuse, d’un modèle économique dont les effets ont fini par congruer sur des espaces d’abord ‘vagues’, puis ‘urbanisés’ et pour finir ‘consumés’.

Comme le montre le rapport, ces espaces ne sont pas monolithiques ni figés. La diversité, dans la panade tout comme dans l’espérance et la réaction, s’y révèle tout aussi bien que le mouvement des populations en leur sein, les candidats à l’émigration bientôt remplacés par de nouveaux candidats à l’immigration spatiale.

Plus que de ghettoïsation, en processus ou non, on pourrait ainsi définir ces ‘zones’ (on ne parle pas de ‘territoires’, ces espaces où s’exerce notamment le politique, mais bien de ‘zones’, espaces où la particularité et non la règle prévaut) comme des voies mais aussi des terminus de relégation.

On n’y punit évidemment plus des condamnés à une peine complémentaire, l’exil, mais on y prend tout autant du recul puisqu’on y passe à l’arrière-plan. Ceux qui y résident et qui finissent par ne plus pouvoir (ou vouloir) en partir y connaissent des lois physiques particulières : la vitesse de la lumière y est moins rapide, comme si elle y était happée par un trou noir.

Et bien que ces espaces soient contigus aux nôtres, progressivement, ceux-ci s’éloignent sur place, comme des étoiles dont la brillance s’étiolerait, signe que leur effondrement est en cours de s’effacer de notre vue.

Des étoiles dont nous avons pourtant besoin pour nous guider dans la nuit qui vient.

 

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56 réflexions sur « DES ÉTOILES QUI S’ÉLOIGNENT, par Zébu »

  1. Merkel’s day of reckoning as taxpayer haircut on Greece looms.

    Germany, Holland, and the creditor states of northern Europe have not lost a single cent on eurozone rescue packages, so far.

    Professor Paul de Grauwe from the London School of Economics said the deepening crisis is « entirely self-made » and « very dangerous » as passions fly. Angela Merkel had to slip into Portugal last week almost secretly to outwit demonstrators and avoid a « national sovereignty » march. One of her diplomats was assaulted by a mob in Greece.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/9686251/Merkels-day-of-reckoning-as-taxpayer-haircut-on-Greece-looms.html

  2. Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie… Pascal.
    Certaines municipalités font du bon boulot pour adapter ces zones et les humaniser. Mais c’est vrai que ces zones décrochent, et sont vilipendée par l’opinion. N’oubliez pas que si le trou noir devient suffisamment massif, il finira par tout absorber.

    1. Karluss, ces ‘zones’ sont humaines parce qu’elles sont habitées par des humains. La question de l’adaptation est celle que l’on pose traditionnellement depuis des décennies mais de qui, sinon des institutions à la réalité de ces mêmes ‘zones’ ?
      ‘décrochent’ ? Je ne suis pas sûr qu’elles aient été accrochées un jour : elles ont été conçues comme ‘zones’, pas comme espaces intégrés à la polis.
      ‘vilipendée par l’opinion’ : je ne sais pas, je n’en suis pas sûr. La peur, le rejet, plutôt. A l’inverse, de manière très symptomatique, quasiment toutes études montrent que majoritairement les habitants des ‘quartiers sensibles’ aiment leurs espaces mais qu’ils partiraient s’ils en avaient l’opportunité.
      Le ‘trou noir’, en l’espèce, ce n’est pas les ‘ZUS’ qui absorberont la cité mais bien plutôt les causes dont elles sont les phénomènes.

      1. entièrement d’accord avec ta réponse éclairante et judicieuse (comme d’hab). Je devais penser plus à ma ville ou de gros travaux de restructuration et reconstruction sont menés, évidemment la paupérisation reste identique, mais être mieux logé c’est déjà un retour de la lumière avec les nouvelles ouvertures et les façades rénovées. Et puis l’objectif reste aussi d’induire une certaine mixité pour dé-ghettoïser l’ensemble en le rendant plus « présentable », pour attirer d’autres populations. Être bien dans un bel espace, l’esthétique compte et la contemplation aussi.

  3. Ce billet , c’est trop ou trop peu .

    Ici comme ailleurs , il n’y aura pas d’avenir meilleur en parlant ( même et surtout symboliquement ) , d’étoiles et de trous noirs .

    Ce qui me parait sûr , c’est que ça n’ira mieux  » dans les « bans-lieux » , que si ça va mieux dans toute la ville .

    Et vraisemblablement avec un temps de retard , compte tenu des handicaps accumulés .

    Si on appelle « Etoile » les sources d’inspirations pour rétablir le Bien , il y a et aura des idées à prendre dans la banlieue . Mais pas que .

    Je ressens un peu désagréablement cette tentation de trouver son propre salut dans plus malheureux et exclus que soi , même si le salut les inclut bien évidemment .

    1. Ce billet , c’est trop ou trop peu .

      : heureusement, il y a les commentaires et les commentateurs pour définir l’équilibre 😉
      Ici comme ailleurs, le symbolique et la compréhension rationnelle des phénomènes peut faire advenir le meilleur : se focaliser sur l’apparence ne permet pas de comprendre ce qui s’y joue.
      Ces ‘zones’ existent depuis 40 ans (à minima). On continue de les analyser comme on le fait des ‘violences urbaines’ : forcément … ‘urbaines’.
      La question qui s’y pose est bien évidemment sociale et politique. Cette question est passée à la trappe, happée par le trou noir des ‘banlieues’. Pratique, surtout quand ces zones sont les effets avancés d’un capitalisme à l’agonie, que l’on peut percevoir très nettement depuis qu’il est en train d’exploser maintenant en Grèce, en Espagne ou ailleurs.
      D’où l’expression ‘étoile’ : l’explosion des banlieues s’est produite il y a plus de temps et sa lumière (compréhension du phénomène) s’en éloigne de nous, à moins que ce ne soit nous qui nous en éloignons …
      Il est certain que si cela va mieux dans la polis, cela ira mieux dans ces ‘zones’, à condition que l’on cesse de les dénommer ainsi.
      Pour le reste, procès d’intention, Juan : « cette tentation de trouver son propre salut dans plus malheureux et exclus que soi »
      Dans le ciel, il y a une infinité d’étoiles.

      1. – Ce qui est indispensable, c’est que les arrondissements encore riches en mixité sociale perdurent
        intra-muros … ce qu’une enquête proposée par l’actuel maire à ses administrés avaient bien mis en évidence, il y a quelques années … les habitants de la bonne ville, résistant à l’idée de « gentrification » dans tous les arrondissements, souhaitaient cette mixité, dans leur ensemble …
        l’augmentation délirante des loyers (et impossibilité totale d’achat, sauf pour les trés riches depuis, au moins 1998 ), le manque de logements sociaux dans les arrondissements les plus riches, ne permettant plus l’installation de jeunes des banlieues pauvres, par ex. pour leurs études, pour voir autre chose, pour se mélanger aux autres, et profiter des charmes offerts …
        – La peur ( nous sommes dans une politique de la peur, déversée par nos dirigeants – avec la scandaleuse complicité des medias [ couvertures tapageuses dignes de l’extrême-droite ], et même de ceux de la gauche caviar- avec une chape de propagande particulièrement lourde depuis 2002 ) ; la peur, donc vient du haut de la pyramide et « montre du doigt » …
        elle n’est pas innocente .
        – Paris intra-muros a toujours su garder en son sein une mixité : pauvres et riches ; ouvriers, artisans et riches bourgeois, souvent dans le même immeuble (XIX° siècle); même si les plus misérables d’entre eux étaient repoussés sur les « fortif° »( + ou – les Maréchaux ) ; ils pouvaient circuler aisément et se mêler … l’ absorption des villages des faubourgs ( 1860 ) s’étant faite naturellement . (Paris étant un agrégat de « villages » concentriques) ;
        fin XIX°, début XX°, construction des HBM, le long des Maréchaux, mais aussi un peu partout dans les ex-faubourgs : ce sont ces immeubles en briques, avec souvent des décorations, bas-reliefs en céramique, tout-à-fait pimpants, souvent avec des cours intérieures, avec jardins =) dans cette lignée, pourquoi ne pas se remettre à construire moult logements sociaux, mais
        version écologique, avec jardins partagés, (en prévision des pénuries qui arrivent) : certains sont en cours, mais bien peu / la demande …
        reste le problème de ce fichu périphérique( les années pompidoliennes et giscardiennes ont été effroyables / architecture hideuse et mal pensée – qui ne permet pas une jonction harmonieuse ville-banlieue [ le glacial no man’s land me semble irréparable ] : cest fort dommage.
        – La peur : à force de vivre « à part », les fantasmes ( aidés par la mauvaise TV ) prolifèrent :
        –j’ai souvenir, il y a quelques années, d’un jeune homme, venant faire une livraison, et qui, à ma grande stupéfaction, m’a crié de la porte « Je ne suis pas arabe, je suis kabyle  » (!) : et, dans le cas présent, c’était dans sa tête, non dans la mienne : nous avons discuté, autour d’un café, de toutes sortes de choses : il était trés étonné : il croyait que « tout le monde » le détestait ! il n’avait jamais quitté son lieu …en fait, m’interpellant de la sorte, il avait cru rassurer la « vieille » ! de quoi ?? c’était un jeune homme courageux et fort bien éduqué .
        –un autre livreur m’avait, peu de temps avant, téléphoné, de la rue d’à coté, ne pouvant pas passer : j’ai appelé le patron du café du coin, pour qu’il lui donne un coup de mains =) il n’en revenait pas ! il croyait qu’à Paris, il n’y avait que des « bourgeois », et qu’il allait se faire engueuler !
        — lors d’une manif° pour l’école publique, sous le « neo-conférencier » :- dispositif anti-émeute impressionnant – nous avons vu notre belle jeunesse multicolore, débarquer avec les professeurs : c’était superbe ! il y avait un grand bonheur à y être, dans les manif° de la République … c’était joyeux !
        Je ne peux me résoudre au fait que l’on mélange tout, que l’on attise les haines, alors que la question est sociale ( et non sociétale = pour endormir, et cliver les citoyens ) ; alors même qu’une urgente redistribution est nécessaire … avec, en //, un arrêt des projets ruineux et inutiles ; et miser le trop plein d’argent de certains sur l’avenir, sur la jeunesse : les brassages nous ont toujours fait du bien ; c’est la construction même de notre Pays : ils sont pétillants ces jeunes !
        il faut les soutenir !
        Baisser le temps de travail, et PARTAGER, avec des projets d’avenir, qui tiennent compte du fait écologique ( pas le green-washing ) ; la « bonne vie », ce n’est pas un stade anal sans fin ( assis sur son tas d’or ), c’est le goût de construire un monde équilibré, où chacun a sa place …
        Le ghetto dans les têtes, c’est trés mauvais : on le voit, chaque jour, un peu plus .
        Le ghetto des riches, totalement déconnectés, il faudrait, peut-être, en parler !!
        –Evidemment, un nombre important de ces jeunes est fort bien diplômé … faut-il trouver un vrai travail ensuite …
        un grand nombre, aussi, se colle courageusement aux boulots qui se présentent …
        Quelques uns sont totalement sortis des circuits, et « tiennent les murs », comme dans les Pays en développement – ah tiens, Pays en développement, c’est bien vers quoi les politiques libérales sans freins nous amènent tout droit!
        Les premiers touchés, en période de « crise » sont les pauvres.
        Mais, il y a pire que nos habitants des banlieues, du moins pour le moment ; ce sont les travailleurs pauvres, qui non-vivent dans la rue, et les personnes jetées au chômage par les licenciements boursiers, et ne pouvant plus assurer leur loyer …

      2. Si le procès d’intention était injustifié , on va dire qu’il a pu naître d’un texte trop court et pas assez circonstancié .

      3. @ Juan :
        Pour une fois que je fais court !
        Quant aux circonstances, elles sont explicitées ici :
        « Un état, de fait, de longue durée et qui ne dépend pas de l’actualité d’une crise ou d’une autre : le taux de pauvreté y a bien augmenté de 20% en 4 ans, mais il n’est passé ‘que’ de 30,5% à 36,1% en 2010.
        Ces zones sont, en fait, en crise perpétuelle, depuis des décennies, depuis qu’elles se sont constituées.
        La perdition présente ne fait que renforcer une dérive structurelle, d’abord silencieuse puis ensuite tapageuse, d’un modèle économique dont les effets ont fini par congruer sur des espaces d’abord ‘vagues’, puis ‘urbanisés’ et pour finir ‘consumés’. »

        Ensuite, chacun produit sa propre interprétation selon ses propres prismes : c’est aussi cela la mise en perspective.

  4. Dépenses d’état 1100 milliards , 1/3 état , 1/3 sécurité sociale , 1/3 collectivités locales.
    Pas difficile de gratter 10-20-30 milliards c’est 1-2 ou 3%.
    Comme une forêt dont les vieux arbres ne veulent pas mourir et empêchent les jeunes pousses , à terme cette forêt n’existera plus , lorsque les vieux arbres vont tomber , aucune jeune pousse pour contrer l’érosion , aucun bois de chauffage ni de construction.
    Notre société pourrait bien s’éteindre d’avoir laissé vivre trop longtemps des vieux , sans favoriser les jeunes pousses.
    Jamais une civilisation n’a connu un écart de la durée de vie comme maintenant , ce qui tue l’économie , crée un trou de générations , augmente les dépenses de sécu et retraite pour les vieux et de chomage pour les jeunes , sans apporter de recettes fraiches des jeunes pousses.
    La crise mondiale provient bien de cet écart historique , c’est mathématique , imparable et non dit.

    1. Voilà qui change des discours xénophobes .
      Ce n’est plus la faute aux étrangers , c’est la faute aux vieux . Àpropos de non- dit , il serait regrettable qu’il nous vous soit pas expliqué ô combien votre raisonnement ne tient pas la route .

      De quoi dont meurt une forêt ? D’avoir laisser vivre ses vieux arbres selon vous?
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Déforestation

      Les arbres , vieux ou jeunes , sont tous égaux devant ce qui les détruit . C’est une perte de temps que de laisser croire que le problème vient que certains fairent de l’ombre à d’autres.

      Notre modèle économique détruit des emplois , et ce faisant se détruit lui même .

      1. je ne sais pas si vous allez aimer, Marlowe
        Bertrand est un adepte de la solution malaise
        il rase la forêt primaire
        et plante des palmiers à huile

    2. Putain de vieux salauds qui ne voulez pas crever ! Vous avez eu la chance d’avoir un boulot dès 15 ans, en plus ce devaient être de vrais sinécures pour accepter de bosser 55 heures et plus par semaine. Vous avez sniffé de l’amiante gratos et vous vous êtes tartinés de peinture au plomb tant et plus que c’est une injure de ne pas avoir la décence de disparaitre pour laisser la place au lieu de creuser le trou de la sécu. Aujourd’hui vous vous prélassez avec des retraites mirobolantes d’au moins 1100 € /mois ! Heureusement Bertrand veille et la dénonciation de telles inégalités ne pourra que trouver un écho favorable au MEDEF et à l’UMP au nom de la juste répartition des richesses.

    3. Quel simplisme.
      Presque aussi simple mais opposé : malgré l’accroissement de la durée de vie, les fractions de durées « enfant/jeune » / « adulte productif » / « vieux improductif » sont à peu près resté 1/3, 1/3 1/3 !
      Version moyen âge : jeune jusqu’à 16 ans, productif de 17 à 36, allez 40, usé, blessé, handicapé, ou séquelle de maladie, on a une queue de « vieux » qui vont de 40 ans à 60 ans, et qui dans ce qui leur reste de validité assurent des taches ancillaires (équeuter les navets, dénoyauter les harengs etc., garder les enfants malades, etc.).
      Version 2012 : étudiant jusqu’à 26 ans, productif de 27 à 54, vioque de 55 à 85. C’est ce facteur 1,6 dans la durée de chaque étape qui va changer tout, mais oui maos oui puisque je vous le non-dit.

    4. dommage Bertrand !
      quelques notions basiques d’écologie forestière auraient pu vous garder d’utiliser le parfait contre-exemple

    5. La gaffe ! , c’est pas les vieux qui vivent trop vieux , c’est les jeunes !! …..Jeunes a 30 ans , chez maman …toujours ecole ou stages !! ….grosssse Néoténie pourrave .
      Solution évidente pour réenchanter la société : apprentissage a partir de 1a ans si on le désire , avec smig minimum et quota de 2 ou 3 ans de cours potentiel si on desire reprendre le collier …

  5. En dehors des aspects spécifiques propres à nos « banlieues »… dans de nombreux pays « développés », le taux de chômage et celui de pauvreté oscille autour d’au moins IO pour cents, parfois beaucoup plus, en moyenne. Quand c’est 6 pour cent certains parlent de suucès à imiter. 6 pour cents des allemands, cela fait beaucoup de monde.
    Et si ce système ne pouvait vivre qu’avec cette marge d’exclusion, histoire de faire peur aux autres pour les rendre dociles?
    S’il n’y a pas de solution dans ce système: pourquoi ne pas tenter d’autres pistes?
    Et si une partie de la population VOLONTAIRE acceptait de faire revivre une agriculture vivrière partiellement autarcique dans un cadre coopératif, en redonnant vie aux « commons »…?

  6. Cette agriculture, en lien avec des AMAP pourrait jeter les bases d’un système coopératif authentique qui pourrait inclure la fourniture locale d’électricité à base d’énergies alternative. Reliées partiellement, selon le modèle Internet, ces structures ressembleraient aux descriptions de la Troisième Révolution Industrielle de Jeremy Rifkin. Une fois cette organisation ayant atteint une taille critique, elles pourraient attirer d’autres personnes que le système de la concurrence généralisée épuise.Les « commons »regrouperaient ce qui serait perçu comme devant relever d’une propriété communautaire.

    1. Tout à fait d’accord ! Les « Commons » pourraient être une sérieuse piste. De toute façon, on ne peut pas se tromper en choisissant cette solution. Il pourrait y en avoir d’autres mais en tout cas celle-ci semble prometteuse. Il faut être inventif, imaginatif, ingénieux pour construire le monde de demain…… Surtout ne pas baisser les bras et se mettre au travail dès maintenant. Les idées, les lumières de tous et je dis bien de TOUS sont nécessaires et bienvenues.
      A bon entendeur, salut…..

      1. oui, cela parait évident … mais pas pour nos productivistes complètement à l’ouest ( où décidément il n’y a rien de nouveau ), qui s’acharnent dans des projets pharaoniques, bétonnés et obsolètes …et qui cherchent la bonne com° ( de nombreux cabinets de consultants-propagande grassement payés, sont sur le coup ) pour nous faire gober tout rond la destruction des terres, air, paysages, faunes, flores, et nappes phréatiques ( une paille !! ) par le biais des gaz de schistes …
        les lobb’is no good en bavent d’avance …
        le massacre des terres zuesses et canadiennes, avec pollutions connexes – sans compter qu’en fait, ce sera pour peau de balle, avant peu – pourraient nous servir de contre-exemple : mais non !
        pensez-vous !
        Dans le cadre actuel, tout projet allant vers la vie, sera abattu d’une façon ou d’une autre …ces gens là sont dans l’hubris et dans la mort. [ voir les guerres en cours : écraser, contraindre, mutiler gens et territoires , c’est leur credo ]

    2. Avons-nous les moyens de savoir si l’AMAP grecque « Ginea Agrotis », appliquera le principe – un homme une voix – aux ouvriers agricoles qui y travailleront – est- ce inscrit dans une charte – ; les agriculteurs grecs qui y participent sont-ils disposés à revoir le statut de la propriété des terres ; feront-ils du fructus un bien commun ?

      Comment penser radicalement le phénomène des AMAP ?

    1. @ Daniel :
      En premier lieu, une justice distributive digne de ce nom : proportionnelle aux besoins.
      Les ZEP, zones (autres zones …) d’éducation prioritaires n’ont eu au mieux que 10% de plus en moyens (humains, financiers) que la moyenne nationale.
      La question n’est certes pas que liée aux moyens. Elle l’est aussi dans la conception des choses.
      Mais cela en fait partie. Grandement.
      Question : une telle justice est-elle possible dans le système actuel ?
      Réponse personnelle : non
      Question : la majorité des français sont-ils prêts à ce qu’une telle justice soit mise en oeuvre en direction de ce que l’on dénomme ‘zones’ ?
      Réponse personnelle : non

      1. Cette société si fragile qu’elle ne doit pas être critiquée est sans cesse plus fragile et donc de moins en moins discutable – sauf par quelques fous (les révolutionnaires) qui ne sont pas censés être au monde.
        Elle est cependant la dernière possibilité de survie pour l’immense majorité qui ne veut rien y changer (because la fragilité) et elle est aussi un enjeu pour tous ceux qui se proposent de la gérer en offrant des améliorations qui sont en fait tout le contraire de ce qu’elles prétendent être.
        Le changement ne sera pas l’oeuvre des 99%, concept stupide valable uniquement par opposition des 1% de possédants, c’est-à-dire qu’il ne pourra être que le produit de l’action de minorités insufflant une dynamique.

  7. @zebu

    Ce rappel ne devrait quitter personne, quand on l’a lu et qu’on n’est pas une « brute qui marche » – Mais pourquoi la machine contre le malheur ne marche pas ?

    Que FH ne comprenne rien, soit mal conseillé et que la sociale démocratie soit une saleté à la solde du capitalisme, ce débat n’est pas l’objet de ma question.

    Pourquoi aucun mouvement ne s’est mis en route depuis 4 ans pour constituer une majorité ou au moins une minorité agissante et entendue ?

    On pourra me démontrer que c’est inutile, que le char du desastre est en marche et qu’il suffit d’attendre l’explosion finale.

    Je me refuse à penser qu’une majorité d’intervenants, auteurs et commentateurs, sur le blog de Paul Jorion soit constituée par des apocalyptiques ?

    Peu de gens supportent cette idée et c’est bien, alors pourquoi ne pas séparer ce qui est incontournable pour éviter le crash, de ce qui est acceptable pour un certain temps ?

    A te lire.

    http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr

    1. Pourquoi aucun mouvement ne s’est mis en route depuis 4 ans pour constituer une majorité ou au moins une minorité agissante et entendue ?

      …..????

      — environ 11% en FRANCE au premier tour des présidentielles…..!!

      — environ 2 points de pourcentage trop peu en GRECE au même moment , après un tir de barrage international sans précédent relayé « ad nauseam » par la TOTALITE des médias nationaux.

      Je crois deviner que LA-BAS ….si des élections démocratiques peuvent encore avoir lieu hors emprise mafieuse ou fasciste , il y a prise de conscience irréversible…
      Quant à la FRANCE……?

    2. @ baillargeau :
      je tenterais bien une réponse hasardeuse au hasard : le poids des institutions qui fait barrage ? Parce que nous formons une partie prenante de ce système ?

  8. Il me semble qu’avec ce billet vous découvrez l’eau tiède des lamentations.

    Tout organisme vivant possède une membrane, une enveloppe, une peau, une frontière. Et aucune civilisation/culture ne déroge pas à la règle.
    Alors oui, certes, les belles idées universalistes que vous promouvez à longueur de billets se veut pour la libre circulation des individus et l’abolition de toute frontière. Mais de fait, vous êtes les principaux contributeurs à l’établissement d’une frontière qui vous effraie car elle vous est toute proche et relègue votre propre voisin à l’état de paria. Votre compassion n’est que pure hypocrisie car elle vise à vous dédouaner des conséquences de votre idéologie.

    1. Gné ?

      Noway, tout être vivant échange, se reproduit, se déplace, se mélange, évolue, et j’en passe et des meilleurs. Je pense que vous pensiez en fait à un caillou plutôt, ou à une brique, un mur, une séparation, un isolement quoi.

      1. « comme des voies mais aussi des terminus de relégation »

        La description est exacte mais votre texte est malheureusement inachevé – et quand on vous interpelle vous tentez l’ironie.
        Qu’est-ce-qui selon vous amène à l’instauration de ghettos à proximité de chez vous, et surtout l’essentiel : là où précisément ils avaient disparu ?
        Vous mettez en cause l’individualisme, vous devriez plutôt considérer ceci comme la protection individuelle face à une société à laquelle personne n’a envie d’adhérer et en laquelle personne ne se reconnait, faute de repères communs (à défaut de valeurs communes). A-t-on encore droit, à titre personnel de se protéger ou bien faut-il se laisser broyer par une société ouverte aux 4 vents de la mondialisation ? Il est bien beau de bomber le torse en croyant promouvoir les valeurs supposées de l’humanisme alors que presque tout démontre que la société s’engage dans le sens inverse : celui du rejet de l’autre, fût-il son propre voisin. Et quand bien même le torse serait gonflé à bloc, il conviendrait d’examiner un peu plus en détail si les actes sont à la hauteur du verbe.
        Dans ce contexte la membrane se veut armure au plus près du corps et non frontière géographique naturelle décidée par telle chaîne de montagnes ou tel fleuve imposant. Mais c’est sûr que vu de la France qui s’étend aux confins du monde avec ses DOM-TOM, on ne peut qu’avoir du mal à comprendre le concept de frontière, de peuple, et de valeurs communes. L’universalisme démontre ici ses limites : à peine plus loin que le palier, malgré les efforts des différentes parties pour cohabiter.

      2. @ NoWay :
        Z’êtes à côté de la plaque, NoWay. En dehors de l’ironie, je ne vois pas d’autres moyens pour vous interpeller afin que vous en preniez conscience.

      3. @Noway :

        Je comprends mieux votre pseudo .

        En fait vous soulignez que sans « sécurité » , il n’y a pas de solidarité facile et sans tâches .

        Il est exact que tout se tient et qu’il faut être capable de jouer de tous les registres pour progresser :

        satisfaction des besoins essentiels( habitat , santé , nourriture ), éducation , créativité festive , travail /métier /emploi , espoir de parcours résidentiel et professionnel diversifié et « positif » , reconnaissance des efforts , sanction rapide des écarts agressifs , expression culturelle sinon artistique et religieuse , apprentissage de l’échange et du respect démocratique, relations inter-générationnelles ….

        Des mairies de tous bords s’y épuisent depuis près de 40 ans . J’ai eu à en accompagner certaines . Mon sentiment est que leur échec global ( il y a eu quelques réussites qui a mon goût ont assez souvent contribué à envoyer  » les problèmes  » ailleurs) , est essentiellement du à l’accumulation continue , par construction , des handicaps là où ils avaient commencé à « faire tache » . Il ne s’agit pas d’un manque d’énergie des élus et associations locaux , mais de la réalimentation permanente du handicap par un « système » plus global qui se trouve « satisfait » de cet exutoire. Le pire est que les plus dangereux de ceux qui vivent là se trouvent aussi « satisfaits » de l’économie locale maffieuse qui s’y est installée  » par défaut » .

        Plutôt que d’imaginer que les « armures » sont une solution efficace pérenne ( j’ai même la conviction que dans ce scenario , ce sont les voltigeurs maffieux qui prendraient le dessus sur les cavaliers en armures , sacrifiés par leurs capitaines à l’abri dans leurs ghettos ), je pressens plutôt un long chemin ( longWay) multiforme et qui n’aura sa chance que si une autre « Way of Life » économique global voit le jour , qui laisse l’espoir à tous les enfants de la ( des ) République(s) de survivre et « gagner » dignement sa vie en offrant son temps et son talent à la collectivité .

        J’ai bien conscience des nécessités de l’urgence parfois intolérable en terme de sécurité des personnes , et il faut y répondre .

        Mais à quoi serviraient la Cité et la Politique si l’on renonce à comprendre les causes , les espérances et les conditions pour les satisfaire ?

        Que serions nous alors d’autres que des pions livrés à tous les arbitraires au delà de celui du capitalisme ?

  9. Les banques de l’ombre estimées à 52.500 milliards d’euros.

    Le Conseil de stabilité financière (FSB) estime à 67.000 milliards de dollars (52.500 milliards d’euros) la taille du « shadow banking », soit le système bancaire parallèle qui échappe aux régulateurs financiers, selon leur rapport annuel publié dimanche.

    http://www.lalibre.be/economie/actualite/article/778327/les-banques-de-l-ombre-estimees-a-52500-milliards-d-euros.html

  10. On ne peut entamer une thérapie si le patient refuse de prendre conscience de son état de santé. On observe en France – et ailleurs – du côté officiel un déni face aux problèmes de la pauvreté et de l’exclusion.
    Je me souviens d’une discussion « belligérente » entre une députée socialiste et moi-même. Elle affairmait à haute voix qu’il n’y aurait pas de ghetto en France (c’était au milieu des années 90), qu’ il y en aurait en Allemagne (ghetto turcs) – ce qui était faux à l’époque, la France serait donc un bon exemple en terme d’intégration de la population immigré. Et s’il y aurait des problèmes, c’est la faute de l’opposition qui n’a pas fait son travail quand elle était au pouvoir. Ce n’est qu’un petit exemple parmi beaucoup d’autres.
    La gauche comme la droite ont echoué dans la lutte contre la pauvreté galopante. En France, il faut toujours un coupable, c’est forcément la faute de l’autre, et l’impossibilité de communiquer, de trouver un consensus empêche d’avancer.
    La politique du gouvernement Merkel représente aujurd’hui un grand danger pour la santé sociale des pays de l’Europe. On vise à divisier la société en deux parties: l’une qui est conforme aux exigences de la mondialisation économique, l’autre jugée insuffisante pour répondre à la compétitivité économique globalisée – celle-ci sera traitée comme un facteur de coût indésirable.

    1. « celle-ci sera traitée comme un facteur de coût indésirable » : celle-ci sera traitée comme on a traité et on traite les ‘zones sensibles’.
      Au mieux, comme un réservoir de main-d’oeuvre pour réaliser les prestations de services pour la partie ‘conforme aux exigences de la mondialisation économique’.
      Au pire, comme coupable de sa propre situation et indésirable.
      Aux appels à l’exil européen de la Grèce (et des autres) ont suivi l’appel à l’exil sur place : la relégation.

  11. Il y a eu les élus par la grâce divine qui se reconnaissaient entre eux par leurs richesses et leur puissance. Les autres étaient les réprouvés de la volonté divine. Leur faire du mal, les humilier, les écraser était parfaitement correct. C’était faire la volonté divine.
    Il y a eu ensuite les élus par la raison qui dirigeaient le reste de la société et l’éclairaient en étant nourrie par elle. Ecrabouiller les petits était faire oeuvre de justice. Ces gens s’opposaient à la raison.
    Maintenant, il y a l’élection par l’argent. En avoir fait de vous un être supérieur qui vous donne tous les droits. En avoir plus, c’est considéré comme faire le bien le plus pur. Ceux qui ne savent pas en faire sont réduits au rang de parasites inutiles, d’irresponsables incapables de s’assumer etc… Les reléguer dans des ghettos, les jeter dans une poubelle de société n’est que faire ce qu’il y a de mieux pour la société. Dieu est devenu l’argent. En gagner, c’est faire la volonté divine. Ne pas en avoir, c’est être un réprouvé de ce dieu. Blesser un réprouvé y a une valeur « éducative ». Les théories économiques qui règlent nos vies sont normatives. Elles nous disent ce que nous devons faire. Ne pas leur obéir est l’analogue moderne du pire péché que les Jansénistes pouvaient imaginer.

  12. « Pour mortels et dangereux qu’ils soient, les bidonvilles ont devant eux un avenir resplendissant. »
    Des taudis de Lima aux collines d’ordures de Manille, des bidonvilles marécageux de Lagos à la Vieille Ville de Pékin, on assiste à l’extension exponentielle des mégapoles du tiers monde, produits d’un exode rural mal maîtrisé. Le big bang de la pauvreté des années 1970 et 1980 – dopé par les thérapies de choc imposées par le FMI et la Banque mondiale – a ainsi transformé les bidonvilles traditionnels en « mégabidonvilles » tentaculaires, où domine le travail informel, « musée vivant de l’exploitation humaine ».

    Cet extrait du quatrième de couverture de l’ouvrage de Mike Davis (Le pire des mondes possibles. De l’explosion urbaine au bidonville total. La Découverte),

    Le zonage y est analysé comme une technique policière de la stratégie urbanistique.

    Je conseille la lecture des différents livres de Mike Davis, anthropologue urbain américain et en particulier de celui déjà cité ainsi que de : Le stade Dubaï du capitalisme (Les Prairies ordinaires) et Au-delà de Blade Runner, Los Angeles et l’imagination du désastre (Allia)

    1. @ Marlowe :

      Le zonage y est analysé comme une technique policière de la stratégie urbanistique.

      Pas plutôt l’inverse ? : « Le zonage y est analysé comme une technique urbanistique de la stratégie policière. »

      1. Je pense que l’urbanisme, comme idéologie et comme « aménagement du territoire », c’est-à-dire comme art de la séparation, est la police qui contient toutes les autres.

      2. Ce n’est pourtant pas , historiquement , » l’urbanisme  » qui sépare les gens , ce sont les gens qui se séparent qui matérialisent leur séparation dans  » l’urbanisme  » .

        Il est par ailleurs assez plaisant de vérifier que « centre » et « banlieue » sont successivement investis par les « riches  » et les « pauvres » ( Paris est un bon exemple de ce point de vue, sur les deux derniers siècles , soit un temps assez court en terme « d’aménagement du territoire » )

  13. « Un taux de chômage de 40,7% chez les jeunes de 15-24 ans » ?
    Pourriez vous m’expliquer pourquoi cette tranche d’age est elle retenue par l’organisme à l’origine du calcul du taux, sachant que l’age légal pour travailler (avec autorisation du représentant légal) est à partir de 16 ans? Dans cette même logique, pourquoi alors ne pas avoir determinée une tranche 14-24 ans puisque la loi permet, sous certaines conditions restrictives, de travailler à partir de 14 ans? D’autre part, cette catégorie de personnes reste tres fluctuente, due aux mélanges petits boulots/études et travail non déclaré donc très difficile à « stater ». Dans ces conditions proposer ce type de chiffres n’a pas vraiment de sens même si la situation reste assurement très préocupante dans les zones dites sensibles et ne cesse de s’aggraver.

    1. @ Jef :
      Je ne sais pas, je ne suis pas l’organisme. Disons que c’est sans doute par ‘convention’.
      Pour les jeunes actifs, ils ne représentent qu’un jeune sur deux. Parler donc de chômage sur cet ensemble peut effectivement apparaître réducteur. Mais en même temps terriblement ‘qualitatif’ : sortir du système scolaire, c’est avoir 4 (mal)chances sur 10 d’être au chômage.
      Et y rester, à moins de réussir ses études (et même encore …), c’est juste repousser cette réalité.
      Reste la ‘galère’, en pointillés, ou la ‘débrouille’. Et à 25 ans, le RSA.
      20% d’une classe d’âge au chômage (40% de 50%), ce n’est pas la même chose que 40% des actifs au chômage : on ne perçoit pas dans le premier cas l’impact massif du chômage sur les inactifs comme laisse montrer le second cas. Et pourtant, c’est identique.

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