SCIENCES PO ET AUTRES SYMBOLES D’ANCIEN RÉGIME

Dans les jours qui précédèrent le 14 juillet 1789, de sa lucarne du 6e étage à la Bastille, Donatien Alphonse François de Sade donnait de la voix, exhortant la foule du faubourg Saint-Antoine qui s’assemblait désormais quotidiennement autour de la forteresse, symbole du régime qui s’apprêtait à devenir « ci-devant ». « Délivrez-nous, hurlait-il sans doute, nous victimes d’un pouvoir corrompu, dont le seul principe est celui de l’arbitraire et dont les jours sont heureusement comptés ! On nous égorge désormais : abattez ces grilles : ouvrez grandes ces portes ! »

Cela faisait sûrement mauvais genre dans ce qui était encore « ancien régime », et on s’empressa du coup de déplacer à Charenton le prisonnier encombrant. Sade crut avoir perdu pour toujours le manuscrit précieux (à ses yeux) des Cent-vingt journées de Sodome. Ses exhortations ne resteraient cependant pas vaines car les esprits, partout dans la nation, étaient prêts au véritable changement : au bouleversement de l’ordre politique établi.

Les symboles d’ancien régime restent longtemps imprévisibles, tant les candidats à cette médiocre distinction sont en réalité nombreux, jusqu’à ce qu’en raison d’un événement contingent, une instance particulière d’entre eux s’impose soudain aux imaginations.

Le rapport de la Cour des Comptes du 22 novembre a érigé au douteux honneur de ce statut, Sciences Po.

Pour devenir symbole d’ancien régime, il a fallu d’abord participer pleinement à l’enthousiasme qui portait celui-ci à l’époque de ses succès apparents, et culminer à l’occasion de son triomphe, lequel ne devait précéder que de très peu le moment du krach en plein champ, victime de tous les débordements observés : « Il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne », rappelait déjà l’antique sagesse.

Sciences Po et ses excès, ayant exemplifié à la perfection la logique de marché envahissant tout, jusqu’à l’intimité du foyer devenu lieu de maximisation tous azimuths du « capital humain » : productivité de l’épouse, rentabilité des enfants, puis prenant pleine possession du domaine de la connaissance et évaluant chacun de ses articles à son prix marked-to-market, autrement dit son « prix à la casse », et selon la volatilité capricieuse que lui imposent les spéculateurs de la mode médiatique, Sciences Po, dis-je, était marqué du sceau de l’infamie qui en ferait la première victime destinée à tomber.

Des rivaux se réjouiront de la chute de Sciences Po, moins bien classés eux-mêmes sur la même échelle du « branding », mais membres en réalité de cliques concurrentes fonctionnant selon la même logique. La connaissance se bâtit au contraire là où règne la « qualité » plutôt que la « quantité ». Ce sont les marchands qui mesurent leurs exploits à la quantité d’argent que produit leur négoce, prévenait déjà Aristote. Les marchands et eux seuls, les citoyens mesurent eux leur succès à une aune d’un tout autre ordre : le bien de tous au sein de la Cité.

 

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61 réflexions sur « SCIENCES PO ET AUTRES SYMBOLES D’ANCIEN RÉGIME »

  1. Je suis allé sur le site de Sciences Po .

    J’ai peut être mal cherché , ou j’ai été trop rapide mais :

    – je n’ai trouvé nulle part la définition de ” Sciences politiques” .

    – Je n’ai trouvé nulle part le terme ” Ethique” .

      1. En suivant ces tortues , la justesse du dernier mot se règle d’elle même sur mon métronome et ainsi modère mes impatiences à retrouver plus de sérénité partageable .
        Quant à Sciences Po , si cela pouvait se voter, la moindre et première des mesures pour remettre le sens des mesures à sa place serait de le débaptiser pour en faire un Institut Normal d’ Etudes Politiques, l’ INEP si ça se partage.

      2. affreux cet acronyme, le ‘n’ surtout, tout à fait dans l’air du temps, insipide, rébarbatif, sans panache.
        le charme est d’une valeur largement sous-estimée. .

  2. Pour l’ENA, lire : “promotion Ubu roi” mes 27 mois sur les bancs de l’ENA
    Depuis sa création en 1945, aucun témoignage n’avait jamais filtré sur l’intérieur de l’ENA. Pour en connaître les secrets, il fallait en être sorti. Aujourd’hui, un ancien élève, Olivier Saby raconte
    A rire ou à pleurer.

      1. Ben, Bruno Latour est l’exemple type du petit marquis poudré de l’ancien régime… Donc ça marche comme exemple.

      2. Tss tss blob, facile, Château Latour aussi, etc. Je n’ai aucune sympathie pour Latour, pas plus pour feu Descoings et moins qu’aucune pour Casanova ou Pébereau mais il est bon qu’on entende un peu la défense. Et rien n’obligeait Latour à jouer ce rôle de l’avocat de Descoings. Beaucoup se planquent depuis le clash avec la Cour des comptes, pas lui. C’est déjà ça.

      3. Trop facile,Vigneron cette équité factice.
        Vos sus-nommés, la parole, ils l’ont partout, tout le temps, sans modération.
        Plus fort, parmi les clowns libéraux, l’avant dernier cité fait partie de ceux qui décident, royalement, qui aura la parole.Si elle leur déplaît ils entament un procès en crédibilité pour faire taire le contestataire. Pas mieux pour sélectionner les futurs lèches-bottes.
        Non seulement, ils causent en large et en travers ils écrivent aussi à tous les rateliers.Comme le dit Acrimed, je crois, ils sont “prescripteurs” et ils en abusent.
        Quand ce quarteron de faillis intellectuels largement responsables des dérives aura dégagé le chemin… mais ne rêvons pas. Ils sont des caricatures de ce que dénonce Paul, en matière de “science” éco.., ça finira bien par exploser.
        Pauvre Science Po., elle a du souci à se faire , face à l’opinion publique, si ce sont là ses défenseurs…

        Je vois rouge quand le nom de l’extrémiste – extrémiste radical de droite, malgré votre avis opposé- vient sur le tapis avec mention neutre ou favorable.
        Le pauvre Latour en revanche n’est pas ma tasse de thé.
        Selon Wikipédia “En septembre 2007, Bruno Latour devient directeur scientifique et directeur adjoint de Sciences Po.” , il devrait en savoir un bout quand même. Furtivité politique , probable.

      4. Et rien n’obligeait Latour à jouer ce rôle de l’avocat de Descoings.

        Après avoir consciencieusement lapé la bonne soupe, et avoir gentiment reçu les grosses rémunérations (directes ou indirecte) associées à son statut de “star” de la philosophie des sciences, il n’avait aucune raison effectivement de défendre sa délicieuse place (et la mémoire de celui qui l’a fait rentrer participer au buffet )…

    1. Mouais…

      Au-delà des irrégularités de gestion, ce rapport nous apprend que Sciences Po demeure un établissement d’où les classes populaires sont exclues.

      En 2010-2011, les enfants de “cadres et professions intellectuelles supérieures” représentent 63,5 % des étudiants entrant en premier cycle (54,1 % en second cycle), contre 57,6 % quatre ans plus tôt (55,2 % en second cycle). […]

      Pendant ce temps, la part d’enfants d’employés et d’ouvriers a stagné : environ un étudiant sur douze, contre un peu plus d’un sur cinq à l’université, où ils sont déjà sous-représentés.

      Donc en shorter: il y a plus d’enfants de cadre que d’enfants d’employés et d’ouvriers a science po, c’est donc que la maison a une pratique elitiste.

      Franchement c’est aller vite, et c’est peut-etre casser le thermometre pour ne pas voir la fievre !

      Connait-on la distribution des prétendants a Science-Po ? Si la grande majorité des postulants au concours d’entrée sont des enfants de cadre ou d’enseignants, est-ce la faute a Science-Po ? Le fait que la quasi totalité des infirmier(e)s soient des femmes veut-il dire qu’il y a une selection sexiste en école d’infirmerie ?

      Quelle est d’ailleurs dans la population la répartition relative de ces enfants ?

      C’est un fait que les enfants de cadre et d’enseignants on un taux de réussite au bac presque 60% plus élevé que les enfants d’ouvriers et d’employés. N’est-ce pas plutot cette inégalité centrale dans la formation qui s’explique par tout un tas de facteurs sociologiques que l’on devrait attaquer plutot que de vouloir imposer une distribution équitable post-bac qui ne résoudra rien ?

      1. C’est pas nouveau, dans l’ensemble, l’école reproduit les inégalités sociales…
        L’égalité des chances…Comme le loto…!

      2. >Reiichido

        Autre explication: les fils et filles de prolétaires ne peuvent même pas envisager de faire science po parce qu’ils ne connaissent pas l’existence de cette école ou s’ils la connaissent se sentent tellement écrasé par les obstacles, notamment culturels, que tout à fait rationnellement ils s’auto excluent de la compétition…

        Votre argument n’est donc pas convaincant.

        1. @ Blob

          Autre explication: les fils et filles de prolétaires ne peuvent même pas envisager de faire science po parce qu’ils ne connaissent pas l’existence de cette école ou s’ils la connaissent se sentent tellement écrasé par les obstacles, notamment culturels, que tout à fait rationnellement ils s’auto excluent de la compétition…

          C’est exactement ça ! À la sortie du lycée, je n’avais jamais entendu parler de classes prépas. Ce n’était pas fait pour les gens qui venaient de là où je venais. Sciences Po, ce fut un concours de circonstance : un professeur en ingénierie qui y enseignait, et qui m’a poussé à y faire un master. Une fois rentré, les premières réactions de mes estimés camarades : “ah, mais c’est incroyable, tu viens de là et tu as réussi à entrer à Sciences Po”. Le fait que eux y soient étaient coulait évidemment de source…

      3. Qu’es ce qui bloque l’entrée de fils/filles d’ouvrier/salariés?

        à tout hasard…, les frais d’inscription?

      4. @ Julien Alexandre 29 novembre 2012 à 22:54
        Bravo Julien ! Votre exemple tend à ne pas donner raison à Bourdieu et à beaucoup d’autres.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bourdieu#Reproduction_des_hi.C3.A9rarchies_sociales

        Beaucoup d’enseignants qui ne voient que par l’enseignement et l’administration, empêchent pratiquement leurs élèves d’accéder à des carrières bien plus gratifiantes et ouvertes dans le privé et notamment dans le technique ou la filière professionnelle, qu’ils méprisent
        .
        Voila comment, dès l’école primaire, on contribue à faire péricliter une industrie, voire même tout un pays, quand on s’emploie, à faire en sorte qu’aucun élève ne dépasse l’autre.

        1. Jolie diversion jducac. Rien à voir avec le sujet évidemment, puisque je vous parlais de la machine à concentrer la richesse, de la formation des prix et de l’intérêt, et vous vous me répondez : “gauchos de profs”.

          On dirait que vous jouez à Kamoulox !

      5. Je ne connaissais pas le jeu télévisé Kamoulox et pour cause j’ai viré la télé. Je suis allé sur Wiki pour comprendre et j’ai compris.

        “Le Kamoulox est un jeu qui tient en grande partie son effet comique de son absurdité.”

        Tout à fait.

  3. Les étrangetés des droits d’auteur et des ayants droit, Cent-vingt journées de Sodome n’est disponible nulle part gratuitement et en intégralité ! Qui engrange les droits pour ce texte de bien plus de 200 ans ? Ce livre est disponible de façon payante sur de nombreux sites…
    Cet immense trou noir de la propriété intellectuelle qui absorbe tout ce qui s’approche de lui, en dépit des producteurs réels des créations.

    1. @ JeanLuK

      Il n’y a aucun droit de propriété intellectuelle sur les oeuvres de Sade. Au contraire, certains de ses romans sont en téléchargement libre comme ici.
      Concernant les 120 journées de Sodome, peut-être vaudrait-il mieux invoquer une forme d’autocensure ? 230 ans après, l’oeuvre est toujours aussi subversive et sulfureuse, éminemment choquante pour des esprits non avertis. Elle n’est pas à mettre entre toutes les mains, et encore moins celles d’enfants qui pourraient la télécharger librement.

  4. En finir aussi avec ces “prix” qui “récompensent” de rares élus censés être plus “méritants” que d’autres : prix Nobel, prix divers en “science” économique, prix littéraires, oscars et Cie.

  5. Ils n’ont pas su choisir entre le déshonneur et la guerre , ils auront les deux le déshonneur et la guerre.
    Ils n’ont pas su choisir entre la dette ou la faillite , ils auront les deux la dette et la faillite.
    Les gueux sont en marche.

  6. le télégramme.com

    Notre-Dame-des-Landes. Le cri d’alarme d’un médecin
    Lésions, points de suture, fracture, impacts de bombes assourdissantes… Les affrontements du week-end passé ont laissé des traces à Notre-Dame-des-Landes, selon la lettre d’un médecin présent sur place les 24 et 25 novembre à titre professionnel publiée par RennesTV.
    Dans ce courrier adressé au préfet, le docteur Stéphanie Lévêque, qui transmet son numéro dans l’ordre des médecins, insiste notamment sur “la gravité de ces blessures” et souligne qu’elle ne comptabilise que les plus importantes.
    Elle dénonce par ailleurs, “en dehors de toutre considération partisane”, les difficultés d’hospitalisation des blessés les plus durement touchés : “L’ambulance des pompiers a été retardée par les barrages forces de l’ordre, ce qui est inadmissible”, écrit-elle, précisant avoir dû transporter elle-même un des blessés jusqu’à un hôpital.
    Et de conclure : “dans l’espoir que ma description permette un usage plus mesuré de la force”.
    Lettre du médecin
    Monsieur le préfet,

    En ma qualité de médecin, je suis intervenue à Notre-Dame-des-Landes samedi 24 et dimanche 25 novembre 2012. J’ai passé deux jours à soigner des blessés. Je tiens à porter à votre connaissance le nombre de blessés que nous avons eu à prendre en charge.
    Pour le samedi 24 novembre :
    11 blessures par flashball touchant :
    Le thorax pour 2 personnes avec un doute sur une lésion hépatique,
    La joue et la lèvre supérieure pour 1 personne avec probable lésion dentaire ou maxillaire,
    Le genou pour 2 personnes,
    Des doigts pour 2 personnes,
    La cuisse pour 2 personnes,
    Les côtes pour 1 personnes avec doute sur fracture de côtes,
    Le poignet pour 1 personne,
    3 traumatismes de genoux,
    2 traumatismes de poignets,
    1 plaie tympanique,
    1 choqué par gaz,
    1 plaie de crâne suturée par 2 points,
    1 plaie de crâne suturée par 15 points,
    6 blessures par explosion de bombes assourdissantes dont :
    3 impacts dans les cuisses de 3 personnes,
    1 impact dans l’avant-bras d’1 personne,
    1 impact dans la malléole d’1 personne,
    10 impacts dans les jambes d’1 personne,
    10 impacts dans les jambes d’1 personne avec probable lésion du nerf sciatique,
    1 impact dans l’aine d’1 personne avec suspicion d’un corps étranger près de l’artère fémorale.

    J’insiste sur la gravité de ces blessures par explosions. Les débris pénètrent profondément dans les chairs risquant de léser des artères, nerfs ou organes vitaux. Nous avons retiré des débris de 0,5 à 1 cm de diamètre, d’aspect métallique ou plastique très rigide et coupant. D’autres, très profondément enfouis, ont été laissés en place et nécessiteront des soins ultérieurs. Impossible de prévoir les lésions secondaires !

    Les hospitalisations n’ont pas été simples. Mon collègue a contacté le SAMU et l’ambulance des pompiers a été retardée par les barrages des forces de l’ordre, ce qui est inadmissible !
    J’ai donc amené moi-même un deuxième blessé devant être hospitalisé. J’ai ainsi pu avoir des nouvelles d’une troisième personne hospitalisée dans la journée.
    Pour le dimanche 25 novembre :
    Une blessure par bombe assourdissante avec ablation d’un débris dans le doigt,
    1 réfection d’un pansement de cuisse,
    1 fracture de cheville,
    1 blessure de main,
    1 impact de flashball au thorax avec suspicion de fracture de côte et lésion pulmonaire.
    Je ne vous fais ici que la liste des patients les plus gravement blessés. Il semble que l’on dénombre une centaine de blessés durant ces deux jours. Je vous précise également que nous tenons à votre disposition les photos des lésions constatées.

    En ma qualité de médecin, je souhaite attirer votre attention sur la gravité des blessures infligées par l’utilisation des armes des forces de l’ordre et cela en dehors de toute considération partisane.

    Dans l’espoir que ma description permette un usage plus mesuré de la force, veuillez croire, monsieur le Préfet, en ma respectueuse considération.
    Stéphanie L., le 26 novembre 2012

    Copie aux parlementaires de Loire Atlantique
    Ajouté le 28 novembre 2012 à 20h07

    1. Juste une pensée pour tous ces militants qui garderont toute la vie dans leur chair et leur esprit la marque de cette violence policière, déléguée avec courage et en toute transparence par les agents du capital qui veulent leurs retours sur investissements à n’importe quel prix.
      Je suis HORS DE MOI ET JE N’EN SUPPORTERAI PAS D’AVANTAGE quand j’entends ce genre de témoignage.
      Ah, c’est autre chose que de rester bien au chaud derrière son clavier, pensez-y… Même si à leur manière toutes les formes d’action sont importantes il ne faut pas sous-estimer le courage et l’engagement que cela demande…

      1. Ah, c’est autre chose que de rester bien au chaud derrière son clavier, pensez-y

        Monsieur, ça fait 17 ans qu’on se fait taper dessus. Des claviers ont aussi volé sur les murs. Parlez pour vous, svp. RIP aux malchanceux, et à ceux qui n’ont plus supporté. Ce qui est nouveau, c’est que des médecins témoignent spontanément.

  7. Quel est le point commun entre David Pujadas, Frédéric Beigbeder, Anne Roumanoff et l’excellent Jean-François Copé ?

    1. Ils sont fâchés avec un membre de leur famille ?

      (Beigbeder et Copé c’est sûr, les autres je ne sais pas)

    2. Même pour les moins bons d’entre nous, c’est quand même dur de se voir présenté sur la même marche que Copé.

    3. Ils ont tous fait Sciences popo ? Et ils le prouvent : aucun d’eux n’a un boulot sérieux digne de ce nom.

  8. On ne pouvait pas voir, jusqu’à ces derniers temps, d’invité télévisuel universitaire qui ne soit sorti de Sces-Po. Et toute la cohorte des “intellectuels à gage” y est chargée de cours. C’est une “grande” école, hors du giron de l’Etat, du systéme universitaire, dit-on, comme si c’était une tare. Effectivement c’est une tare, pour les tarés du Marché.
    Même logique concernant les keufs. On invite systématiquement le “syndicat” Alliance. Un machin d’extrême-droite qui est au syndicalisme ce que Fabius est à la gauche.

  9. A propos de la querelle en cours de chiffonniers pour un trône vacant, un éditorialiste de France Inter parlait “d’anachronisme”. Tout est anachronique dans cette querelle de famille. Il en va souvent ainsi dans la gestion du monde universitaire et plus particulièrement à Science Po. L’anachronisme, c’est tenter de survivre sur des sables mouvants avec des techniques dépassées – de garder son poste selon l’étiquette de la cour de l’ancien régime – car l’innovation est dangereuse pour les carrières. N’est ce pas l’endroit où quelques “bonnes pratiques” pour une vision d’avenir durable devraient être enseignées ? Où le bien commun pourrait avoir un sens et même des techniques d’évaluation? Si tout ce qui compte c’est de savoir comment se placer, selon quels critères suicidaires, dans une évaluation internationale, il n’y a aucune amélioration à attendre.
    Ma réponse à L’albatros – cet oiseau si économe en énergie – serait donc : ils sont tous anachroniques !

  10. On voit où ca nous mène, d’avoir tant de diplômés en Sciences Po, des énarques et supdeco.
    La France s’est enfoncé dans un vaste ensemble de problèmes – peut-etre malgré ou même grâce à ces gens brillants. On ne peut mettre tout sur le dos de la mondialisation, ni sur les marchés financiers, ce serait trop facile.
    Je ne suis pas contre Sciences Po, mais il convient de réformer le système de sélection (sociale), c’est-à-dire favoriser la démocratisation de cette institution. Pour la réaliser, il suffirait d’intégrer cet institut dans une fac.
    Quant à l’ENA, je suis pour une dissolution de cet organisme élitariste. Il suffirait de créer une Haute Ecole d’Administration, comme cela existe déjà depuis longtemps dans d’autres pays européens.

  11. Par rapport à l’Ancien Régime, nous sommes davantage dans une méritocratie ou perçue comme telle, qui rend la recherche de la faute difficile : Vous n’êtes pas un génie, c’est de votre faute ! ben, n’avait qu’à être intelligent.. ! La complexité se situe là. L’inégalité de naissance était plus facile à remettre en cause que l’inégalité des dons, et c’est de façon perfide ce qu’illustre Baudelaire… dans le Miroir :

    “Un homme épouvantable entre et se regarde dans la glace.
    “- Pourquoi vous regardez-vous au miroir, puisque vous ne pouvez vous y voir qu’avec déplaisir?” L’homme épouvantable me répond: “- Monsieur, d’après les immortels principes de 89, tous les hommes sont égaux en droits; donc je possède le droit de me mirer; avec plaisir ou déplaisir, cela ne regarde que ma conscience.”
    Au nom du bon sens, j’avais sans doute raison; mais, au point de vue de la loi, il n’avait pas tort.”

  12. Sciences Po : l’école dans laquelle on apprend en cadence avec les dernières tendances de la pensée unique libérale tout ce qu’il est inutile de savoir. En en sortant on peut donc exercer toute sorte d’activités dans des domaines ou le savoir est inutile : marketing, administration, finance, politique, journalisme… Vous pouvez compléter.

  13. Le prix Nobel. N’est-il pas lui aussi un symbole de l’ancien régime? C’est en tout cas un roi qui remet le prix. En Physique il consacre le triomphe du quantitatif sur le qualitatif. En économie l’ultime référence n’est-elle pas consacrée par le “prix Nobel”?

    Thom: “Tout ce qui est rigoureux est insignifiant”. “La science contemporaine est un torrent d’insignifiance proprement dit”. “La biologie actuelle est un cimetière de faits”…

  14. C’est mal barré, j’ai beau me creuser la tête pour savoir ce qui a mal tourné, et ce qu’il faudrait faire et s’il est possible de le faire, ça me parait totalement désespérant.

    1. Allons bon.
      « BIG BROTHER MANGERA SON CHAPEAU ! » (LISZTFR)
      Du calme. Temps : futur.
      Bientôt en 4×3 dans le métro parisien. 😉

  15. Pour que science po devienne un symbole d’ancien régime, il faut d’abord que le régime devienne ancien.

    Ce n’est sans doute pas pour tout de suite…

    1. Des doutes…
      Hommes et Sociétés peuvent être vieux avant l’ âge.
      L’usure n’attend pas le nombre des années.
      De fait, à voir les rhumatismes sociaux et autres rigidités pré-cadavériques, “ils” sont le fleuron d’un ancien régime presque tout neuf et positivement très vieux.

    1. (Désolé, l’article a bien été cité par Candide et discuté par Timiota et autres – mon outil de recherche s’est planté)

      Il y a quelques forts arguments dans ce texte de Jounin. Bien que plus cher à l’inscription que les universités, Science Po coût 20 pc de plus par étudiant à l’Etat, et néanmoins a obtenu un statut dérogatoire. En réalité, cela ne surprendra que les naïfs. Tout cela est bien conforme à la vérité de la démocratie représentative d’après 1789.

      “Conçue comme une digue antidémocratique, Sciences Po a conservé au fil du temps sa vocation d’alchimiste qui métamorphose l’arbitraire de la naissance en capacité présumée.”

      La fin de l’article de Jounin: ” il faut bien partir de quelque part quand on veut mettre le goût de la démocratie dans la tambouille de l’enseignement supérieur et se débarrasser des recettes nauséabondes qui font la noblesse d’Etat.
      Alors, commençons par supprimer Sciences Po, c’est-à-dire : le privilège légalisé, l’écrémage social et le hold-up financier dont il est le produit.”

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