SCIENCES PO : RÉPONSE À PAUL JORION, par Dominique Boullier

Billet invité. J’ai modifié la première phrase du billet à la demande de D.B. lui-même.

Lecteur assidu du blog de Paul Jorion, de ses livres, de ses conférences et prof (des universités, c’est-à-dire permanent et non vacataire) à Sciences Po, je me dois donc de réagir aux approximations de certains des commentaires à son Sciences Po et autres symboles d’ancien régime. Oui, Sciences Po fonctionne comme un symbole, et c’est pour ça que tous se jettent sur cet os à ronger du rapport de la cour des comptes. Car je vous invite à aller voir les rapports qu’elle a faits sur les autres grandes écoles, et aussi à observer ce qui se passe réellement dans les universités et vous verrez que les « scandales » de ce type sont légion (ex : décharge horaire de profs) mais personne n’en parle, étonnant, non ? Sauf sur un point qui reste unique, la rémunération de feu son directeur et les bonus. Ce qui a précisément mis le feu aux poudres, il y a un an sur médiapart. Là effectivement, nous avons un symbole de l’intoxication générale des élites de ce pays à cette démesure des rémunérations, à la comparaison à tout prix avec les meilleurs (les plus payés) du monde entier, qui justifie tous ces excès. Pour avoir cotoyé R. Descoings, que j’admirais sincèrement comme un grand visionnaire, j’ai été choqué par cette hubris, et je le lui ai dit, en public d’ailleurs, mais courtoisement, avec amitié, quand d’autres évitaient et évitent encore d’affronter cela en face. Mon diagnostic a été rapidement fait quand j’ai vu la composition de la commission des rémunérations où Pébereau, Schweitzer côtoyaient Ladreit de la Charrière de l’agence Fitch. Tous ces gens vivent dans un autre monde, ont perdu tout sens des réalités en dehors de leur trésor et y ont entrainé Richard Descoings en le persuadant qu’il n’y avait aucun problème à être payé à ce tarif dans un établissement d’enseignement supérieur en grande partie public, puisque l’étalon était désormais les grandes institutions mondiales, voire même les CEO des grandes entreprises, eux-mêmes totalement intoxiqués à la course aux rémunérations délirantes par seul souci de s’étalonner. La folie financière a frappé en effet aussi à la tête de cette école. Et il aurait fallu reconnaitre ces torts immédiatement, supprimer cette commission dont tout le monde ignorait l’existence et renvoyer Pébereau et les autres à leur monde. Si cette dérive fut possible, c’est qu’en effet les procédures ne furent jamais suffisamment claires à Sciences Po et dès mon arrivée j’avais fait des recommandations écrites dans ce sens. Mais allez observer les autres universités ou écoles (et j’ai fait des rapports du même type ailleurs, qui ne servent à rien, c’est vrai) : lorsque les procédures existent, tout le monde prend un malin plaisir à les contourner par des arrangements, qui désagrègent le sens de l’institution. Dans certains cas, on peut le comprendre, car on confond procédure qui possède un sens institutionnel avec la bureaucratie tatillonne, et tous mes collègues universitaires aimeraient avoir la souplesse de fonctionnement que nous permet cette double entité, publique et privée. Mais oui, il faut aussi des contrôles, des gardes-fous et de l’explicitation à tous les étages.

Tout le reste des critiques qui sont avancées n’ont aucun fondement. La sélection sociale fonctionne dans tout l’enseignement supérieur et a précisément été corrigée par le modèle économique original de Sciences Po pour en limiter les effets. Sciences Po bénéficie de droits d’inscription élevés pour ceux qui ont les moyens de les payer et notamment pour les étrangers, ce qui lui permet de générer un système de bourses bien plus important que dans toutes les grandes écoles. La logique de marché n’a pas encore envahi Sciences Po contrairement à la plupart des universités américaines avec la valeur que l’on connait à leurs notes. De plus, Sciences Po offre une formation non centrée sur la gestion, très différente de celles des écoles de commerce et de management qui ont produit la génération de managers qui font les malheurs de nos entreprises actuellement. Mais tout cela ne permet pas d’évacuer notre responsabilité d’enseignants partout où nous sommes, je dis bien partout : comment avons-nous pu contribuer à former des dirigeants actuels aussi bornés, aussi peu visionnaires, aussi avides ? Pour changer cela, nous innovons en matière de recherche et de pédagogie et c’est pour cela que Bruno Latour s’exprime de façon passionnée, car son projet théorique qui nous sortirait des fantasmes modernes débouche sur des méthodes pédagogiques aussi différentes. Et il s’inquiète de voir tous ces potentiels, toutes ces réformes, balayés par cette curée. Si la crise de Sciences Po sert à mettre en lumière cette nécessité d’une profonde refonte de nos méthodes de formation, partout, ce sera déjà un bon résultat qui pourrait déboucher sur une génération qui se défie des promesses fallacieuses des algorithmes financiers et qui veut rompre avec cette économie d’opinion et de prédation. À condition de ne pas se donner bonne conscience en criant avec les loups contre Sciences Po, quand dans le même temps, on fait tout pour y envoyer ses enfants !!

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245 réflexions sur « SCIENCES PO : RÉPONSE À PAUL JORION, par Dominique Boullier »

  1. Toutes ces écoles qui sont censées former les élites des nations ne sont que des temples d’une secte qui propage l’idéologie d’une économie séparée de la vie réelle et qui a reconstruit le monde à son image.
    Qu’il est loin le temps où les plus savants se formaient dans les hec (hautes études communales) et savaient encore que 2 + 2 = 4.
    Qu’il est loin le temps où existait encore en pratique la logique formelle avant que ce soit l’ignorance qui soit inculquée à tous.

  2. Bruno Latour sort du bois, et défend l’indéfendable, parce qu’il le vaut bien. Encore un prétendu grand intellectuel qui aime être du côté du manche :

    http://bouillaud.wordpress.com/

    http://blog.mondediplo.net/2012-11-26-Sciences-Po-ou-l-avant-garde-neoliberale

    http://blog.mondediplo.net/2012-10-25-L-Ecole-libre-des-sciences-politiques

    franchement, venir défendre un projet pareil sur le site qui annonce l’effondrement du système capitaliste néolibéral, fallait quand même être en forme.

  3. D’après mes estimations, ce billet contient une matière dont la quantité est inversement proportionnelle à celle contenue dans notre trou noir, celui au centre de la galaxie mais de nature identique à la matière des autres trous noirs plus proches de nous, bien plus proches.

  4. Je partage une bonne partie des avis, en particulier celui de Maud n°4.

    Je comprends votre besoin honorable de défendre une personne qui n’est plus là pour le faire elle-même, mais cela ne changera rien aux faits découlant de son manque de discernement.

    Poser le débat sur le fait que c’est égal ou pire ailleurs résume à lui tout seul votre impossibilité d’argumenter. Pire, vous dites que la situation réelle de cet ailleurs est volontairement cachée sans dire à qui cela bénéficie et quels en sont les bénéfices tirés. Avouez que cela est un peu court.

    La situation de l’école concernée est curieusement similaire à celles de beaucoup de grands clubs de foot : endettement d’un côté, salaires obscènes de l’autre. Une bonne partie de votre argumentation rejoint elle aussi ce qu’on peut entendre dans la bouche de certains dirigeants de clubs de football : “les autres ont plus d’argent, il faut faire comme eux.”

    “À condition de ne pas se donner bonne conscience en criant avec les loups contre Sciences Po, quand dans le même temps, on fait tout pour y envoyer ses enfants !!”

    Votre conclusion est pitoyable car on y sent l’arrogance. Il y a certainement des millions de gens qui ne rêvent pas d’envoyer leur progéniture à Sciences Po. Rappelez-nous combien, parmi les anciens de Sciences-Po, ont mis au point un vaccin, démontré un théorème, écrit une oeuvre littéraire intéressante,..

    1. combien, parmi les anciens de Sciences-Po, ont (…) écrit une oeuvre littéraire intéressante,..

      Proust, Claudel, Drieu, Férré, Gracq, Morand, etc – sans oublier le plus grand : MICHEL DEBRÉ… (pas vrai Leboutte ?)

      1. Sept noms sur des milliers d’élèves supposés constituer l’élite…ben mon colon ça fait pas beaucoup, je trouve.
        PS. A non huit avec m’sieur Vigneron!

      2. @vigneron
        Merci. D’après ces exemples que vous citez on constate que plus rien ne sort de Sciences Po depuis des dizaines d’années malgré son soi-disant rayonnement international qui ferait rêver tous les parents.
        Il me semble que pas une seule contribution à cette belle et longue liste ne provienne de Sciences Po :
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27inventions_fran%C3%A7aises#Ann.C3.A9es_2010

        dès que l’on parle concret, le verbiage est relégué à ce qu’il vaut…

      3. Tain y’en des prétendants à la succession de Sir Edmund Hillary, de hardis pionniers à la conquête de nouveaux Everests de la mauvaise foi. Pas la peine d’redescendre les himalayistes, on vous préfère là-haut.

      4. Proust, Claudel, Drieu, Férré, Gracq, Morand, etc – sans oublier le plus grand : MICHEL DEBRÉ

        Tu nous parles d’un temps que les plus de 20 ans ne peuvent pas connaître …. et c’est bien dommage pour eux.

      5. @Vigneron
        C’est certainement pas ce qu’on demande à Sces-Po, mais de promouvoir les valeurs républicaines, d’abord. Ensuite, le lien supposé entre la singularité d’écrivain des nommés est à peu près aussi intéressant qu’un discours de sous-préfet et aussi pertinent que d’établir la qualité d’une ville en fonction des célébrités qui ont ont passé une nuit dans un de ses hôtels.

  5. Vous avez eu l’argent, maintenant vous avez la compétition libre et non faussée.
    Bienvenue dans le monde capitaliste libéral que vous avez contribué à forgé.

  6. M. Boullier,

    Je comprends bien que vous vous soyez senti obligé d’intervenir (et je note au passage le fait que vous ne vous soyez pas défilé, ainsi que votre courage) mais ça manque un peu de conviction…

    C’est un peu comme si un type, à qui on venait de dire… “Ta femme, elle est moche et con…”, répondait… “Peut-être, mais elle fait de très bons gâteaux, alors qu’elle ne se lave jamais et qu’elle pue à 20 mètres… et puis, vous savez, dans le quartier, c’est pas la pire…”

    Je grossis un peu le trait, mais c’est quand même l’impression que ça m’a donné…
    Personnellement, j’aurais été Mme Science Po, j’vous aurait dit: – “Dis donc Dominique, c’est comme ça qu’tu m’défends…??? Ben merde alors…!!!”

    1. J’apprécie l’élégance de la comparaison…;-) Mais si on a confiance dans ce que l’on fait, on ne se sent pas assiégé et obligé de défendre tout et n’importe quoi. La loyauté c’est aussi de dire ce qui ne va pas sans en rajouter dans l’invective et sans prétendre faire table rase ni raser gratis. Tout en tentant de comprendre ce qui nous a conduit là. Nous n’avons pas besoin de nous comporter en secte alors que la diversité est grande à Sciences Po, à tous points de vue et notamment dans les enseignements fournis. Mais tous ceux qui se lâchent sur cette victime émissaire sont sûrement les premiers à faire la critique de leur propre institution, entreprise, parti, syndicat, voire pratique personnelle, j’en suis certain, pour détecter leur part de responsabilité dans un système qui pourtant tient encore, malgré toutes ces critiques, cherchez l’erreur…

      1. l’erreur est humaine :), ça défend pas votre billet 🙂
        Sur le terrain (allez on lâche le mot anthropologique, histoire de causer à égal, mais c’est une blague), soit on prend les décisions, soit on abdique (je vous l’accorde j’abdique à moitié).
        Désolé d’être “chiant”, va falloir croire en cette chanson de Janis Joplin, sinon c’est juste la Bastille.
        (version pessimiste, tel un Léo: “avec le temps”, quoique il y a aussi: “pour tout bagage on a sa gueule, quand elle est bath, ça va tout seul,…., quand on regarde son cœur d’enfant…, on a toujours vingt ans:) )

      2. Bonjour M. Boullier,

        Après ça, promis, j’arrête de vous prendre la tête mais… en fait, je crois que ce que voudrait savoir tout le monde c’est… Qui a-t-il dans la tête (et surtout dans le coeur) d’un gamin qui sort diplomé de Science Po…?
        Est-il marchand dans l’âme ou bien citoyen désirant le bien de tous au sein de la Cité…???

        Parce que dans le premier cas, et même si “ça n’est pas mieux ailleurs”, et bien, ma foi, autant fermer l’école… alors que dans le second, la réponse que vous avez développée l’autre jour serait… comment dire?… quelque peu “mollassonne”…

        Personnellement, je ne présume de rien… pour tout dire, je ne connaissais même pas l’existence de cet établissement technologique… mais nous avons besoin de grands hommes et si nous ne pouvons pas compter sur notre élite (auto-dégrossie dans les mêmes institutions) pour les former… Ben, c’est le serpent qui se mord la queue… c’est le bateau qui prend l’eau de toute part… c’est la fin des haricots…

        Voilà, vous voyez…? …c’est ça qui nous démange…

        En gros, on veut juste être sûr, lorsque l’on confit nos jolies têtes blondes au savoir, qu’il ne leur sera fait aucun mal… qu’ils ne deviendront pas de monstrueux vampires…
        Sinon, autant les faire travailler aux champs…

        Croyez bien que j’aurais préféré poser ces questions à M. Casanova ou M. Pébereau… plutôt que de vous embêter ainsi… mais puisque vous êtes là, ben, j’en profite…

  7. Il se trouve qu’un ami proche du lycée a décroché la timbale pour s’offrir Science Pô Paris.

    Les yeux des braves gens de son entourage, ébahis, moi y compris, voyaient en lui la preuve de l’ascenceur social, et la certitude qu’une élite valable trouvera à s’exprimer. Sorti d’un lycée sans renom, et avoir le concours de ceux qui payent pour le passer, ouaouh!!! Les parents ne s’étaient pas saignés pour rien.

    Et, malheureusement, au fur et à mesure que le temps passait, pour ma part, les étoiles dans les yeux s’éteignaient.

    Je passe l’esprit de parisianisme, le certain dédain auquel j’ai eu droit, sans fond de méchanceté, parce que ça marche comme ça… J’en ai fait mon affaire, après tout, il ne fréquentait plus le même monde, et c’est normal qu’on change.

    Mais, je fus quand même “un brin surpris”, de la légèreté des études qu’il pouvait suivre… Je me souviens d’un rapport de stage qu’il avait dû accomplir en première année. Je l’ai lu: l’introduction chiadée, pareil pour la conclusion… Et le plat de résistance avec des phrases vides de sens et d’intérêt… “Tu comprends Antoine, ils s’en foutent du milieu, l’intérêt, c’est le début et la fin…”.

    Bon, “il en a chié un peu”, le premier trimestre.

    La seconde année, direction LONDON ECONOMICS SCHOOL. Je lui rends visite une ou deux fois. Il m’a semblé avoir une vraie vie de patachon, picole, cheveux colorés etc… Ce qui n’était pas pour me déplaire, mais je me faisais une autre idée de la chose. D’ailleurs, il m’a amené avec lui dans une de ses soirées, heureux de me présenter à ce joli monde. Je me suis fais chier, suffisance, et goût du lucre. Aussi l’envie sexuelle. Rien de plus.
    Enfin, troisième année, où là, l’ami, qui a essuyé un échec sentimental et se noie dans l’alcool, me dit qu’un de ses camarades, qui prépare l’ENA tourne “au speed” pour le préparer.

    Il finit par passer ses examens avec succès “entre deux verres”.

    Certainement marginal, certainement moins bien né que la majorité de ceux qu’ils cotoyaient, il a galéré pas mal d’années par la suite, niveau professionnel, mais néanmoins a trouvé un boulot, que je trouve inutile et con, dans un musée.

    1. On se calme Antoine, c’est pas Normale Sup Ulm le concours de l’Iep Paris oh ! Heureusement d’ailleurs, s’il fallait raquer les 10 000 scienço-pipos comme des gratins de l’École…

      1. Non, mais Normale Sup, il se trouve que je peux aussi en parler 🙂

        J’ai du côté de ma belle famille un grand penseur, qui a décidé de vouer sa vie à la recherche de l’accord musical absolu! La musique contemporaine, c’est son dada. Il donne des conférences à Normale Sup occasionnellement, sur le sérialisme, l’apoggiature… Sinon, il doit diriger un DESS musicologie quelque part en France.

        Discussion lors d’un repas de famille: il reconnait entre le fromage et le dessert, que l’université, c’est une voie de garage.

        Alors, oui, c’est pas Normale Sup.

      2. Les ” devises” de :

        Normale sup : ” L’enseignement par la recherche pour la recherche”

        Polytechnique ( et indirectement ENPC et ENTPE ) : ” Pour la patrie , les sciences et la gloire” .

        Centrale : ” Enseigner à tous et en tous lieux “.

        Saint Cyr : ” Ils s’instruisent pour vaincre” .

        Les Mines : ” Théorie et pratique” .

        Supelec : ” La science en action” .

        La Sorbonne : ” Hic et ubique terrarum ” .

        Les “taupins” : ” Souffre et potasse ” ( S + KOH )

        Institution des petites familles : ” Moralité , Travail , Solidarité” .

        VUB :” Vaincre les ténèbres par la science” .

        Sciences Po: ?

      3. La devise Sciences-po Juan ? Un nombre : 8 000 comme 8 000 étudiants. Plus qu’à Dauphine, quatre fois Hec.
        (21% de boursiers, 17% à Dauphine, 10% à Hec…)

      4. Pff… vigneron, tu fatigues les lecteurs…

        Je n’achète pas ta défense aux arguments micrométriques, se résumant pour la plupart à “y en a qui font pire”, accumulés sans vision d’ensemble.
        Je n’achète pas ton double langage, un pour les intervenants du blog et l’autre pour Dominique Boulier.

        C’est Nicolas Jounin qui me convient: « Il est temps d’en finir avec Sciences Po ! » , dans Le Monde du 28 novembre.

      5. Ben moi , je veux conserver Sciences Po et les autres , mais puisqu’on parle souvent d’une guerre Université vs grandes écoles , j’aimerais bien qu’on le fasse moins sur des ratios budgétaires ou boursiers que sur des critères ” éthico-démocratiques” .

        Autrement dit , qu’on se soucie autant de la qualité de ce qui sort que de la quantité de ce qui rentre .

      6. @ Antoine “Discussion lors d’un repas de famille: il reconnait entre le fromage et le dessert, que l’université, c’est une voie de garage.” J’ai fait toutes mes études à l’université. Je ne suis pas dans un garage, je déteste les voitures. Mais c’est vrai que ce n’est guère plus reluisant. Mais bref, je suis contente de ce que j’ai fait. c’est l’essentiel. Ma question toutefois: sur tout mon parcours universitaire, je n’ai pratiquement eu que des normaliens comme profs. Pourquoi leur enseignement ne serait pas de la meme qualité de celui qu’ils ont reçu?
        Pour moi, l’avenir c’est justement l’université. Avec un rapprochement écoles/université. L’excellence doit être pour tout le monde. Aux étudiants ensuite d’être à la hauteur.

      7. Au passage , je n’attache aucune importance à la devise d’une école ( d’autant qu’il y a belle lurette qu’elle est presque toujours violée ).

        Je voulais seulement attirer l’attention sur le fait qu’on aimerait bien que chacune d’entre elles respecte la devise républicaine d’abord et uniquement , et qu’on en trouve trace quand on visite leur site , pour celles qui en ont un , que ce soit par leur ” image” , leurs programmes , leur éthique ( explicitée , elle) , leurs conditions d’accès ( et de sortie ) ,leurs organisations , leur vie interne , leurs relations externes , l’expression de leurs professeurs

        Leur ” raison d’être” .

      8. @Vigneron

        “8 000 comme 8 000 étudiants” : Wouahhhh, Vigneron, de mieux en mieux… Tu donnes dans slogan publicitaire pour grande marque de lessives maintenant. Du genre “8000 pulls lavés/seconde” dans le monde c’est quand même beau. La défense de Dominique Boullier était déjà mauvaise mais alors la tienne, elle est carrément catastrophique.

        La vérité c’est que pour Science-Po c’est la course à la gloire depuis des années. Faire partie de l’élite des écoles mondiales, voilà le petit Graal de la crème de l’enseignement français. Quelle tristesse. C’est pour cette raison que cette histoire de salaires est tellement symptomatique (oui je sais, Boullier préfère les symboles, c’est tellement plus pratique… ). Le problème c’est que quand on court comme un élève bien poli, bien lisse, bien scolaire, après une place dans le topten des grandes écoles mondiales, ben faut pas s’étonner à l’arrivée de n’être plus qu’une couveuse à élèves disciplinés plutôt qu’une centrifugeuse d’esprits libres et novateurs. A trop vouloir copier Harvard, on finit non seulement par ne jamais rattraper Harvard, mais on finit surtout par oublier ce qui fonde la grandeur de l’Europe : sa différence !

    2. Tu peux sauter le premier commentaire effectivement. L’autre n’a rien à faire de ses journées on dirait.
      Ce que tu dis ne m’étonnes que peu. J’ai moi aussi eu à faire à un certain nombre d’étudiants, pourtant déjà pas mal diplômés qui rêvaient d’intégrer Sces-pose, et quelques-uns qui y étaient passés et revenaient en grimaçant, même si on se passait le mot chez les décideurs coin-coin : faut embaucher les diplômés Sces-pose.

    3. @ju 01/12 Sc Po n’est pas un établissement technologique comme vs faites semblant de le croire ; “lorsque l’on confit nos jolies têtes blondes ” ça devient de la confiture ! votre post est délicieusement puant “autant les faire travailler aux champs ” Ben voyons !
      @ antoine : “la légèreté des études passer l’exam entre 2 verres ” Il avait du génie ,votre ami ! quelle facilité ; l’image que vous donnez de Sc PO sent le rance ; il n’y a pas que des glandeurs boursoufflés à l’ IEP ; par ailleurs “un boulot dans un musée ,inutile et con ” la hauteur de vos connaissances vous permet sûrement de porter un tel jugement et l’on vous imagine en citoyen zélé amoureux du bien public ; je connais un élève de Sc Po qui fait dans un musée un travail absolument remarquable , qqs autres encore ,qui ont acquis à Sc.po un “petit bagage ” ; dénigrer pour le plaisir de dénigrer est le petit plaisir que vous vous offrez , bon appétit !

      1. JEANNE,

        Merci pour votre intention 😉

        Oui, je pense que mon ami a des facultés, qui lui donnent beaucoup de facilités. Mais, c’est à mon avis le cas des 4/5èmes des gens de cette école. Et le dernier 1/5è, probablement issu des familles bien placées.

        Qu’il n’y ait pas que des glandeurs, certes. Et alors? Travailler ne rend pas forcément clairvoyant. La preuve: si toutes les têtes pensantes autour de Monsieur JORION, ici présentes, réfléchissent pour refonder un lien social, c’est bien parce que les écoles spécialisées en sciences sociales, science pô faisant figure de proue, ont défailli.

        Pour ce qui est du musée, il me semble ne pas avoir besoin d’avoir une haute connaissance en quoi que ce soit pour penser qu’il est inutile et con, comme tout musée. De mon point de vue, l’art n’a pas à être idolâtré, mais doit être libéré de son carcan qu’est le monde de la culture, code de pensée bourgeois.

        LOU

        L’université est une belle chose en soi. Je vous rejoins. Mais ceux qui tiennent la maison, en sachant que la formation dispensée ne mènera nulle part pour les 2/3 des étudiants, sont juste des ronds de cuir selon moi.

  8. Histoire de polluer un peu plus le fil, je révise mon tableau mendeleïevien et je trouve Po pour polonium. Sciences Po, un poison politique ? Interrogeons les mânes volubiles d’Arafat et de Litvinenko. Pour ma part, je ne suis pas hostile par principe aux grandes écoles mais partisan, comme Bayrou, de les démanteler et de les refonder à intervalles réguliers pour tuer les pratiques endogamiques du couvain “méritocratique” (renouvellement du corps des enseignants, qui devront être recrutés ailleurs que dans l’amicale des anciens de l’IEP, et exclusion de leurs rejetons, pour couper court à l’hérédité des offices). Autre exigence (sinon bistouri), dans la droite ligne du projet du citoyen Lepeletier pour l’école : gratuité totale (quitte à lever un impôt supplémentaire) et travail en amont, depuis la maternelle jusqu’au bac, pour une égalité des chances qui ne soit pas l’enfumage que nous connaissons depuis que la réformite s’est emparée de l’Éducation nationale.

    1. brl,
      j’ajouterais au cursus un stage obligatoire (sauf pour les boursiers) par an, en novembre et/ou décembre. deux mois la première année, puis un mois par an. aux choix : restos du cœur, soins palliatifs, centres de rétention, pompiers, maternités, pompes funèbres, collèges de z.u.s, ect… en immersion, pas dans les bureaux ça va de soit. ça devrait doper l’inspiration des brillants chérubins.

      1. …” restos du cœur, soins palliatifs, centres de rétention…”

        oui, ça, c’est une trés bonne idée …(mais en un mois, c’est trop court ; il faut des années pour une compréhension subtile des choses, et au moins quelques mois pour faire le point, et chercher à “mettre sa patte” et à s’améliorer, les premières angoisses reconnues, surmontées et transformées …/ par ailleurs, une jeune amie ayant fait des études type HEC, a payé ses études avec des jobs type : plate-forme téléphonique : un des lieux d’esclavagisme actuel, et trouvait cela trés amusant ( SIC), et ne comprenait pas le désespoir des personnes y travaillant sur la durée) …bref, y’a du boulot !

        les” issus des Grandes Ecoles” d’antan, avaient tous un parent plus ou moins éloigné paysan, ou artisan , qui avait fait passer un “état d’esprit”, qui faisait que ces gens là restaient un brin les pieds sur terre .. et que, s’ils faisaient la “fierté” de leurs proches, n’avaient pas trop tendance à “la ramener” en famille : c’était plus sain ! la société, bien plus hiérarchisée en apparence, était paradoxalement beaucoup moins verrouillée, plus libre et plus originale.
        pyramidal versus transversal ? le capitalisme sans freins ne se refuse aucun des deux, mais c’est habilement maquillé.

        yang / yin ?
        l’équilibre est rompu.
        trop de yang, c’est la guerre.
        trop de yin, c’est la mort.
        la recherche de l’équilibre, tout est là.

        d’ailleurs, les polytechniciens (nés dans les années post première guerre mondiale) , avant de prendre la directions d’une entreprise, devaient passer en stage par tous les corps de métiers, ce qui permettait, par la suite, un respect bilatéral, et une écoute parfois directe ( en dépit de la relation hiérarchique pyramidale ) des problèmes rencontrés à tous les échelons . (histoire recueillie avec mes grandes z’oreilles).
        il est vrai qu’il y avait un plus grand respect de l’autre chez les personnes formées à l’ancienne .
        c’est un fait . (toute la société est “contaminée”).

      2. m,

        un mois par an, c’est déjà gourmand j’imagine. une plate-forme téléphonique ce n’est tout de même pas une morgue.
        c’est un vrai problème, des gens engourdis et insensibilisés par une vie de facilités, formant l’élite de la nation, définissent des programmes à la lumière de leur faible expérience des choses: french déconnection.
        rien de pire que des technocrates formant des futurs technocrates. nous en crevons.

        pour la petite histoire j’ai fait hasardeusement deux années de pcem1 (médecine), en juillet j’apprenais avoir raté. hasardeusement encore, je retournais début septembre voir les résultats affichés à l’école: oh surpriiiiise, le chérubin d’un médecin réputé et spécialiste lyonnais, dont tout le monde savait qu’il avait lamentablement foiré, avait été ajouté au crayon à papier en bas de la liste des a(d)mis.
        las, nous ne saurons pas si le cabinet était offert dans le kit.

  9. Lorsqu’il y a le feu, on fait de la com…
    La sélection sociale fonctionne dans tout l’enseignement supérieur et a précisément été corrigée par le modèle économique original de Sciences Po pour en limiter les effets : faut-il vous croire sur parole ?
    R. Descoings, supporter de la loi Gayssot, l’énigmatique ? Il représentait l’autorité sous laquelle on formait l’élite de l’état français. Mais il supprima les matières de culture générale qui sont censées fonder l’implication d’un citoyen dans une société dans laquelle il aspire à vouloir jouer un rôle.
    Ccl : Vous laissez sous entendre que c’est la responsabilité du contexte (la mondialisation) ? Alors que l’on punit pour un vol de viande afin de nourrir sa famille…. Et l’exemplarité !

    1. Loi Gayssot ??? Mais qu’est-ce que ça vient foutre ici Olivette lyonnaise ??? « Énigmatique » ??? Tu l’es de moins en moins. T’en as plus pour longtemps à polluer ce blog.

      1. Il me semble qu’il y a bien une chose que l’on ne puisse pas reprocher à mr Descoings, c’est qu’il était souvent cité en exemple pour sa volonté d’ouverture aux quartiers défavorisés et donc particulièrement aux populations françaises d’origine immigrée (les « pollack », n’est-ce pas vos propos). Il y a donc eu du bon et du moins bon !
        Mais qu’est ce que vous voulez dire par : « T’en as plus pour longtemps à polluer ce blog. ». Votre arrogance et vos menaces reflètent votre personnalité (Un vrai petit dictateur ?). A moins que vous vous prenez pour le blog : vous auriez donc transcendé la condition humaine ? Mais dites-nous donc “tout”, puisque je suis certain que vous voulez nous dire quelques choses…
        ps : Vous aimez la propagande sur le site ! Je pense que vous êtes corrompu par votre situation (sous traitant de la grande distribution ?).
        Au fait, votre outil de production est robotisé pour passer autant de temps à vous délecter de la sorte. Fier de vous ?
        Entre nous, c’est vrai que je n’ai pas fait Versailles mais je devais déjà “bosser” pour aider la famille à l’âge de 14 ans !

  10. Complétement d’accord avec Dominique Boullier.
    Et d’ailleurs, j’aimerai qu’un jour soit mis en lumière la réelle motivation de M.Pébereau et autres de cette commission des rémunérations pour pouvoir octroyer et décider de tel bonus.

  11. Je crois Mr Boullier (si vous croyez en votre billet), que ce qui manque, c’est vos réactions.
    C’est ça le monde d’en bas, on foire, on ce trompe, mais on essaye (sauf qu’on a, les années passants, plus de mal à y ajouter une chanson de Janis Joplin) alors on réagit, parce que sinon il n’y aura pas une larme.
    On solde ces “autres morts” ( celles qui ne sont pas les nôtres, je vous présente mes excuses entre science po ou des fermes… mon choix est vite fait), par les institutions: “en mémoire du soldat inconnue”…
    C’est juste de l’instant, c’est pas si important.
    Je me permet ce commentaire, parce que si Vigneron croit en vous, c’est que vous devez plus qu’un billet.
    Le dit Billet ne ce résume qu’à une excuse contre un potentiel.
    (on en a eût tellement de potentiel, d’un nouvel Éden en terre promise, en péché pardonné, puis en dictature du prolétariat, puis du self made man…. alors c’est normal qu’on tique).
    Si vous souhaitez votre billet, alors y à un moment faut l’incarner, c’est pas que je ne sois moins méfiant à l’incarnation des idées 🙂
    Mais j’aime bien “le grand livre des gnomes”, où quand tout va mal, on choisit ceux qui ne veulent pas la place 😉 .
    PS: Mais bon c’est dit par un type, qui toute sa vie, devra conjuguer le verbe prendre à chaque verbe, car il n’aura jamais l’intuition de sa conjugaison, c’est-à-dire comme un enfant de grande section 🙂
    (vous connaissez la blague j’ai fait math sup, maternelle supérieure)

    1. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris mais si je tente de répondre, je vous dirais que ce qui compte pour moi, c’est en effet ce que chacun fait à sa simple place pour faire en sorte que ce capitalisme à l’agonie en finisse sans faire trop de morts. Moi je suis prof, simplement prof, ce que je fais, c’est de tenter de faire comprendre la mécanique fatale qui nous a conduit là où nous sommes, c’est à dire à un état de faillite écologique, financière, sociale, politique et morale, en m’appuyant sur des gens comme Jorion ou Orléan mais aussi sur Boltanski, Descola et sur Latour, par exemple, pour étendre l’analyse de cette faiilite aux modernes, au-delà du capitalisme. Et je dirige un programme de rénovation pédagogique radical à SciencesPo , qui permette aux étudiants de s’orienter dans les controverses, d’apprendre en débattant et de publier sous de nouvelles formes. Le reste du militantisme m’a épuisé et je considère que TOUS les partis sont désormais une force de conservation, malgré eux parfois. Donc c’est modeste, autant que de publier un commentaire dans un blog mais à plusieurs ça peut faire quelque chose et surtout ça oblige à se sentir responsable et croyez moi je me sens responsable du monde terrible que nous laissons à nos enfants, malgré moi, certes mais sans avoir pu inverser le cours des choses à temps…

      1. On est pas sur les mêmes champs (la Culture n’est pas la culture), mais c’est pas important.
        Ce qui est important (du coup j’exclus mes champs 🙂 ), c’est la nuit du 4 août.
        Le capitalisme, le pouvoir, la propriété (je m’excuse, mais quand le trésor m’explique que je suis propriétaire comme un luxe, alors qu’à ma place ils vendraient plutôt que de faire valoir cette ferme, j ‘ai un peu de mal, à voir l’associer à la propriété, cela à un prix et je le paye) ou l’argent, sont des exutoires (on les dénoncent tranquillement, sans peur).
        Ma thématique reste la même, laissons nous ceux qui espèrent ou alors ceux qui n’espèrent pas être dans en place (place en référence à l’anglais).
        Vigneron vous espère (quelques soient vos programmes) c’est la dernière porte pour y croire.
        On peut pas demander moins aux sages qu’à l’ouvrier Italien qui ce saigne pour sa mine (j’ai pas envie de chercher la vidéo, mais c’est récent, c’est à voir).

      2. Merci de ces indications.
        Ce n’est pas très facile de tâtonner parmi ces auteurs en essayant de suivre leurs fils, et j’attends des commentateurs de ce blog qu’ils puissent aider à connaitre lesdits auteurs, fût-ce pour les critiquer.
        D’autres que je trouve merveilleux n’y ont pas la place que j’espérais (Sennett, Stiegler) mais je comprends mieux pourquoi au fur et à mesure.
        Il est vrai qu’il est aussi utile d’apprendre qu’un pourcentage X des gens qui interviennent dans toute communauté auront comme désir d’étaler leur conviction plutôt que de sonder d’autres mondes possibles. Là aussi, Sennett est bel et bon à lire (en ce moment, de Sennett, sous mon coude : “Les Tyrannies de l’intimité” ; “Fall of the Public Man” en anglais)

      3. J’ai besoin de préciser que lorsque j’écris ce sont exutoires (argent, capital, etc….), cela devient une construction.
        On ce laisse croire que ce sont des dangers externes à nous même (comme la cryptonite qui enlève ces pouvoirs à superman), bien sur il faut castrer la propriété, limiter les inégalités, mais sans ce laisser croire qu’on deviendrait génial sans, car ces tares viennent de notre espèce et non d’un concept maléfique (et on est pas superman)

      4. @Samuel :
        //// mais sans ce laisser croire qu’on deviendrait génial sans, car ces tares viennent de notre espèce et non d’un concept maléfique ////
        Ces” tares” ne sont pas en option , ..mais inhérentes a notre condition …..Je pense qu’elles ne deviennent perverses que dans la structuration des groupes actuelle …centralisée et globalisée ….Dans le modèle originel , ( groupe restreint et groupe de groupes ) , ces “tares ” seraient meme vertueuses parce que structurante du groupe ….. L’ Ubris n’ émerge que par la destruction du groupe qui nous a formaté ….

      5. « L’être humain n’est pas un tueur. Le groupe, si. »
        de Konrad Lorenz

        de bien belles citations de sa part.

      6. Dominique Boullier, au fond y à un côté défouloir sur science po, tout le monde c’est que cela changera ni les statuts de la city (qu’on peut qualifier d’anti britannique), ni la sélection à Goldman, ni la lobotomie déjà réalisé sur les experts, etc…
        Mais ça fait du bien, un peu de justice, un peu de symbole, c’est déjà ça.
        Science po n’est qu’une institution qu’on peut détruire, vos programmes vous pouvez les réaliser peut-être ailleurs, c’est un peu facile (mais faut ce méfier du facile, on croit avoir tout régler, je préfère un peu les trucs chiants comme reconstruire la mécanique humaine en mieux).
        Il y a une part d’émotion en vous pour cette école, c’est humain (ça tombe bien nous aussi).
        Mais faut un billet sur les écuries d’Augias, sinon c’est la Bastille.
        Quand je dis incarné, le mot est assez vaste pour que chacun y trouve sa place (ça peut être diriger, faire un collectif pour changer la direction, faire un débat avec Franck Lepage, une vidéo avec des élèves sur la morale, voir mieux sur ceux qui ne sont pas resté à science po, je sais pas….).
        Je ne nie pas l’intérêt pédagogique que vous portez, mais depuis des décennies, y a tellement d’autres choses qu’on a détruite, d’autres savoir parfois plus technique ou plus humain (la DRH de ma cousine aide soignante, lui a expliqué qu’elle avait plus le temps de faire de l’humain…. pas d’humain dans un hôpital….).
        Et vous n’êtes pas responsable de l’entropie humaine 🙂 (je ne suis pas très militant)
        @kercoz, je suis d’accord, mais c’est ta solution qui consiste à dire qu’on peut revenir en arrière (justement l’entropie).
        Il n’est plus acceptable qu’un enfant meurt d’un défaut du cœur. Il faut donc des chirurgiens (qui ne s’occupent pas de jardiner) des outils, des techniciens, un peu d’administratif et un point de centralisme et de transport. L’idée est bonne, mais elle doit s’articuler pour stabiliser la réaction humaine par rapport à la technique et non nier ces apports. Mais on a tous un peu modifier nos points de vues depuis quelques années 🙂

      7. @Samuel :
        //// je suis d’accord, mais c’est ta solution qui consiste à dire qu’on peut revenir en arrière (justement l’entropie). ////
        Justement , le retour en arriere n’est pas possible ….le système s’est développé avec un modèle “à cliquets” … pas de marche arriere ..meme en option !
        Ca sera donc par effondrement que ça DEVRA decroitre ..parce le nerf de cette guerre c’est l’ énergie et les mat .prem. induisent une pénurie d’abondance …
        Le modèle “naturaliste” considéré comme vertueux de gestion des groupes est le modèle de groupes de groupes ( voir les chap précédents ) …. …. l’ etat et les civilisation ajoutent a cette modélisation complexe ( respectant la complexité /math des syst naturels) un système prédateur linéaire qui va vivre a ses dépends ( parasitage) .
        Ce double système survivait tant bien et plutot mal , du fait du manque d’énergie ….( ce qui impliquait que t ne tendait pas vers zero / communications – informations …)
        L’energie gratuite a fait exploser le système qui necessitait ce “TEMPS” comme frein a l’ emballement ..
        Il est certain qu’il est necessaire d’ajouter au modèle morcelé , un modèle centralisé ( ou mieux d’échanges bi-lateraux ..pour respecter le fractal) … il n’ y a pas partout des mines de cuivres ! …mais c’est le dosage entre ces deux modèle qu’il faudrait doser …et je ne pense pas que l’ on soit capable de faire se dosage …..seule la pénurie d’ énergie donne un espoir .

      8. Le soucis dans la décentralisation (même si elle est nécessaire) c’est quel demandera pas mal de temps avant de fonctionner correctement.
        Pour l’instant heureusement que l’état a repris les PLU ( bon il faudra un jour qu’il arrête d’intégrer ou de séparé la DDA, de l’équipement et de la DSV), car il calme le jeu sur l’artificialisation des sols (à un aéroport prés).
        Il faudra du temps avant que tout s’articule, parce que si Dominique Boullier y arrive au niveau de l’état, y a de l’hubris aussi au niveau local (suffit de demandes aux contractuels, vu que j’ai un boulot encore administré et que les missions temporaires vont plutôt aux agents de terrains , pareil pour des structures comme la caisse des dépôts ou ils ce lassent vite à former les agents de région).
        La sélection national des agents avaient des avantages par rapport à un pouvoir local, mais il est vrai aussi que l’état laisse pas toujours le meilleur a ces Régions, ni à l’Europe.

      9. @Samuel :

        il faut actualiser vos connaissances .

        La DDA , la DDE , la DSV n’existent plus .

        Il n’a jamais été question que l’Etat “reprenne ” les PLU . Les troupes pour ce faire ont d’ailleurs été atomisées .depuis plus de 10 ans .

      10. Je sais mais c’est pas la première fois qu’on les regroupe dans la plupart des cas ils ont toujours été sous le même bâtiment (au delà de l’entête des courriers ça change pas grand chose).
        Et la DDT supervise à nouveau les PLU (j’avais croisé un agent de la Manche, qui s’en occupait, c’est peut-être pas le cas partout, il me racontait l’histoire du maire qui souhaitai bizarrement qu’un champ à l’écart soit constructible, avant de gentiment lui demander s’il lui appartenait et le silence qui suivait), on revient à des PLU qui seront sur plusieurs communes (et avec un peu de chance on dépassera les batailles de Cdc voisinent).
        Faire et défaire c’est travaillé (enfin il parait)

      11. @kercoz, c’est le même questionnement du coté de Dimitry Orlov, qui cèdera le premier, le climat ou le coût des énergie profonde.
        C’est triste, mais peu de personnes ont la compréhension de la production (et les paysans devraient avoir plus d’affinité avec les ouvriers et nos coops devraient aussi intégrer en adhérant les salariés et pas uniquement les paysans, sinon on n’écoute jamais les types à la base).
        Je suis d’accord avec Paul sur le partage du surplus, mais dans les fermes (même s’il ce concentre sur une génération autour de cinquante ans), le premier truc à faire quand il y a plus de surplus (je suis théoriquement avec mon apprenti et mes bénévoles familiaux les 3 parts du gâteaux), c’est de maintenir le capital (à savoir l’outil de travail, une ferme c’est de la production, une barrière, un tracteur, une vache sont des capitaux productifs), sinon y à plus de ferme (évidement au vue des plus valus foncières actuelles, on laisse plus de place à la thésaurisation qu’à l’investissement et les subventions sont une caricature du rapport de force, ainsi que le marché).
        D’un point de vue salarié, c’est incompréhensible, pour l’outil ferme on achète des trucs, mais pour soi rien (je dis pas que la génération d’avant ne thésauriser pas, mais comme pour les libéraux y a a ni retraite ni chômage en fâce et les prises en charge pour maladie sont une blague), mais y à pas vraiment le choix (c’est comme vendre une roue pour finir le mois la voiture qui vous permet de travaillé ne peut plus rouler).
        Mais en énergie couteuse (on inclut les coûts de désaffectation des centrales, le coût d’un raffinage profond, le coût du recyclage, quand ce sera plus intéressant qu’une mine avec 1 pour 10 000 de métaux extraient) restera t’il un surplus (Actuellement il y en a sauf pour les Grecques et une bonne partie de la planète, mais à terme…..).

      12. Mais on est toujours dur avec le taulier, comme disant celui qui ma appris à tailler les onglons (c’est les sabots pour vache, mais ils sont deux, y en a un petit et un grand), après nous avoir laisser commencer, on s’attaque toujours au petit 🙂 (il mesurait pas plus d’un mètre soixante).
        Après on le regardait différemment (car tous on avait commencer à tailler le petit onglon, alors qu’il est préférable d’attaquer le gros pour maintenir l’équilibre de la vache).
        (et oui tout les petits qui ne finissent pas en Napoléon ou en Sarkozy 🙂 ).
        On est chiant :), ça devrait être en préambule à la constitution des droits de l’homme.

  12. http://www.acrimed.org/article3904.html

    “Ces économistes qui monopolisent (toujours) les débats”

    par Mathias Reymond, le 9 octobre 2012

    “Malgré les crises économiques, les mêmes économistes squattent toujours les médias. Et leurs erreurs accumulées n’y ont rien changé. Quelques petits comptages s’imposent… ”

    À la radio :

    “Dans un article publié en 2009, nous avions comptabilisé les économistes invités des « Matins de France Culture » sur cinq ans. 81 cartons d’invitation avaient été distribués …”

    C’est sans surprise Sciences Po Paris qui détient à l’époque le record du nombre d’invitations (19) , devant Paris I (15), l’École normale supérieure (9), Polytechnique (8), Paris Dauphine (7), etc. Cette surreprésentation des universités parisiennes sur le plateau des matinales ne s’explique pas uniquement par leur renommée académique. En effet, l’École d’économie de Toulouse, qui se situe en haut de tous les classements, n’a jamais eu accès – sur cette période – au micro de France Culture, à l’image de son directeur, Jean Tirole, considéré comme le plus « nobélisable » des économistes français et médaille d’or du CNRS en 2007…”

    (…)

    “Élie Cohen, directeur de recherche au CNRS et enseignant à Sciences Po Paris, est aussi administrateur d’Orange et du groupe Pages Jaunes.”

    “Leurs innombrables erreurs n’y font rien : ils gardent la confiance aveugle des médias.”

  13. Sciences-Po est fondamentalement une école qui prépare à la gestion des affaires publiques, et, beaucoup aussi, aux affaires tout court. C’est le marchepied obligé pour accéder à l’ENA.
    La science politique dont il y est question ne peut donc qu’être qu’une certaine conception de la politique à l’exclusion de toutes les autres. C’est la politique au service du pouvoir, public ou privé.
    Autant dire qu’il s’agit d’une conception on ne peut plus conservatrice et donc restrictive de la politique.
    Ce n’est donc pas la politique comme lieu de discussion des affaires de la Cité mais une école qui prescrit un discours, des comportements, des méthodes de gestion dont les étudiants auront l’usage dans leur vie professionnelle future, qu’ils soient au gouvernement, dans l’administration, dans les médias ou dans les affaires. C”est donc bien une école de management, le site de l’école va même jusqu’à préciser : “le Harvard européen” ! Ce qui n’a rien à faire avec le politique comme tel, si toutefois on l’envisage celui-ci dans une perspective démocratique, les programmes enseignés dans la perspective d’une gestion des hommes ne pouvant concerner que la police, laquelle, outre son sens traditionnel d’organe répressif est si l’on suit le philosophe Jacques Rancière : “l’activité qui organise le rassemblement des êtres humains en communauté et qui ordonne la société en termes de fonctions, de places et de titres à occuper” par opposition au politique qui “consiste dans le jeu des pratiques guidées par la présupposition de l’égalité de n’importe qui et par le souci de le vérifier ..”.

    Partant, le politique est-il une science ?

    Si nous partons de la considération que le politique tient d’abord à un discours, le discours à propos des affaires de la Cité et que ce discours ne prescrit rien à priori en tant qu’il se rapporte à des égalités dont personne ne peut se prévaloir d’être le promoteur à un titre ou un autre sinon en tant qu’elle énonce des raisons qui ne pourront être jugées qu’en tant qu’elles sont précisément des raisons et seulement des raisons, donc selon des critères de vérité, le politique s’appuie sur la science mais ne s’y confond pas. Le politique s’appuie sur la science car elle construit comme la science ses objets, ici en l’occurrence à mesure que la société se transforme, que les enjeux sociaux évoluent. Mais elle ne s’y confond pas, car ces objets n’y sont pas donnés a priori, ce qui revient à dire que la définition de ces objets est précisément un enjeu du politique.

    Sciences-Po de toute évidence participe au jeu politique en tant qu’elle intervient dans le processus de l’attribution des positions de pouvoirs. Mais cette école est loin d’être un haut lieu du politique, en tant que celui-ci consisterait dans la remise en cause active de l’idéologie ambiante. Pour l’heure cette école demeure au service de l’idéologie.

    1. @ Pierre-Yves D. 1 décembre 2012 à 01:41

      C’est donc bien une école de management, le site de l’école va même jusqu’à préciser : « le Harvard européen » ! Ce qui n’a rien à faire avec le politique comme tel, si toutefois on l’envisage celui-ci dans une perspective démocratique, les programmes enseignés dans la perspective d’une gestion des hommes ne pouvant concerner que la police, laquelle, outre son sens traditionnel d’organe répressif…………

      La démocratie n’exclut pas l’ordre et l’organisation, bien au contraire. Ce sont des éléments fondamentaux permettant de structurer et de canaliser les relations entre les groupes et les individus d’une communauté humaine. Comme le retour au désordre à l’anarchie et au chaos mène à l’anéantissement, il est du devoir d’une démocratie de veiller au respect des règles qu’elle s’est donnée si elle tient à préserver ses acquis et à évoluer positivement.

      Il est donc tout à fait logique que la démocratie s’organise pour cela et qu’elle crée dans ses structures une fonction spécialisée à cet effet. Tout citoyen réellement démocrate doit s’employer à soutenir et respecter cette fonction au lieu, comme c’est trop souvent le cas, d’œuvrer à la déconsidérer, à la faire mal voir, mal aimer, jusqu’à ce qu’elle soit haïe, exécrée, rejetée au point de faire fleurir des slogans tels « nique la police » prenant la suite du tristement célèbre « CRS SS »

      Une démocratie responsable a tout autant besoin de fonctions de contrôle, de maintien et rétablissement de l’ordre que de fonctions de management à assurer depuis le premier niveau d’existence, la famille, jusqu’au plus haut niveau des instances nationales et internationales. C’est indispensable, si l’on veut jouer un rôle influent dans la gouvernance des affaires publiques ou privées. Les deux domaines étant utiles pour s’adapter à l’évolution du monde, ne faut-il pas reconnaître la nécessité de suivre des formations adaptées ?

      Sciences-Po assure une telle formation en opérant une sélection de sorte à n’investir que sur les plus aptes et à éviter le gaspillage des ressources du pays dans des investissements inutiles. L’ancien directeur a introduit la possibilité d’élargir la base de recrutement à partir des zones défavorisées, là encore, en faisant un minimum de sélection. Ne trouvez vous pas que c’est bien ?

      Cela ne convient pas aux égalitaristes favorables à l’Université. Mais, en faisant entrer sans sélection à l’Université, donc sans discernement, on gaspille la richesse et les forces du pays et en final, cela conduit à une régression générale de sa compétitivité et à un rabaissement de son niveau de vie pénalisant pour tous. Quand, au lieu d’endoctriner à l’égalitarisme forcené, finirons nous par comprendre la nécessité pour chacun, de donner le meilleur de soi-même, quel que soit le niveau où le hasard et la sélection naturelle nous a amené à vivre notre vie ?

      En tout les cas, je n’ai pas l’impression qu’en évoquant ensemble la police et Sciences-Po, votre intention était de profiter de l’occasion pour les faire se conforter mutuellement et pour les faire mieux aimer des lecteurs du blog de Paul Jorion. Sincèrement, je crois que nous avons tous intérêt à faire se rapprocher les gens au lieu de tendre à les diviser. N’êtes-vous pas d’accord avec un tel objectif ?

      1. N’êtes-vous pas d’accord avec un tel objectif ?

        1

        prenant la suite du tristement célèbre « CRS SS »

        2

        Comme le retour au désordre à l’anarchie et au chaos 3

        La division, ou séparation est produite objectivement, la démocratie c’est l’union des parties séparées, comme séparées. Il n’y a aucune union à affirmer, l’union se construit.

        Vous ne savez pas d’où vient ce slogan, mais vous croyez savoir. effectivement : Les CRS sont tristement célèbres…..

        Quel retour ? Vos pensées sont très confuses, mielleusement pieuses et un tantinet pédantes.

      2. jducac

        C’est votre définition conservatrice de la démocratie qui est réductrice, pas la mienne.
        N’inversez pas les choses.
        Je n’ai dit nulle part que je prônais l’anarchie. Je n’ai cessé au contraire sur ce blog de pointer la nécessité des institutions. La recherche de l’égalité est une tâche qui ne peut s’achever, c’est une dynamique sociale, une dialectique entre “police” et souci d’égalité. Seuls les régimes totalitaires peuvent se prévaloir de figer définitivement l’égalité dans un ordre social, mais c’est une pure illusion. Dès lors qu’on prétend avoir résolu définitivement la question des inégalités c’est à coup sûr que l’on a crée une nouvelle situation inégalitaire.

        Les institutions sont au coeur de l’organisation sociale, mais ne sont pas immuables, elles doivent donc pouvoir être remises en cause, comme le fait Paul Jorion ici-même sur ce blog lorsque notamment il démontre que la science économique actuelle est une fausse science, précisément parce qu’elle nie les rapports de force (qui sont donc constitutifs d’inégalités) qui qui président au fonctionnement de l’économie réellement existante.

      3. @ A.D. 1 décembre 2012 à 11:30

        Il n’y a aucune union à affirmer, l’union se construit.

        Bien sûr, qu’une union ça se construit. C’est le résultat d’une volonté tant de la part de ceux qui souhaitent s’unir que de la part de ceux qui aident ou favorisent les unions et les rapprochements. Ceux qui favorisent les unions plus que les divisions, le font en général au nom de la raison, dans l’intérêt d’une communauté, que ce soit dans une famille, dans une entreprise, dans un pays, dans un territoire, dans une zone géographique et sur une planète entière.

        Ceux qui s’emploient à déconstruire des unions, à les démolir, à diviser, à segmenter, ne le font en général pas dans l’intérêt du plus grand nombre et de la communauté la plus large, mais dans le but de satisfaire des intérêts particuliers. Ils exploitent les propriétés du vieil adage « diviser pour mieux régner » sachant que la plupart du temps, les diviseurs aspirent à régner sur ceux qu’ils incitent à faire sécession.

        Il m’a semblé qu’en reliant Science-Po à police, cela incitait davantage au rejet de ces deux institutions qu’à reconnaître leur utilité au sein de la démocratie. La démocratie a autant besoin de l’une que de l’autre pour survivre et éviter de tomber dans l’inefficacité, l’anarchie et le chaos.

        Vous ne savez pas d’où vient ce slogan, mais vous croyez savoir. Effectivement : Les CRS sont tristement célèbres…..

        Vous parlez sans savoir ce que je sais, mais comme vous êtes incapable d’exposer des arguments sérieux à ce que j’expose, vous vous réfugiez dans la critique de la forme. Grand bien vous fasse ! Pardon si c’est pédant de le dire comme je le pense. Est-ce encore confus ?

      4. @ Pierre-Yves D. 1 décembre 2012 à 13:14

        Seuls les régimes totalitaires peuvent se prévaloir de figer définitivement l’égalité dans un ordre social, mais c’est une pure illusion. Dès lors qu’on prétend avoir résolu définitivement la question des inégalités c’est à coup sûr que l’on a crée une nouvelle situation inégalitaire

        Vous admettez-donc que dans un système où règne la liberté, qui n’est d’ailleurs jamais sans limites, les inégalités se développent du seul fait de l’évolution naturelle.

        En effet, certains individus ou communautés d’individus, prennent de l’avance sur les autres, du seul fait de leur curiosité, de leur imagination, de leur travail acharné à vouloir progresser, de leur nature exploratrice, inventive et novatrice. C’est ainsi que des solutions, plus astucieuses, plus économes et plus performantes sont découvertes et mises en œuvre en ne bénéficiant qu’à quelques uns au début, ce qui leur confère un pouvoir supérieur aux autres.

        Je ne vois donc que des bienfaits, pour l’humanité, à stimuler chez chacun, l’esprit de dépassement de ses propres limites, quel que soit le niveau où l’on se trouve et le domaine dans lequel on peut agir, ce qui donne une infinité de situations et de possibilité d’action de progrès.

        Comme les capacités et les choix de vie sont très différents d’un individu à un autre ou d’une communauté à une autre, d’un endroit à un autre et d’un moment à un autre, il n’est donc pas surprenant que de manière naturelle, les développements ne soient pas uniformes, quelle que soit la volonté de limiter les inégalités.

        Il ne me semble pas que Paul Jorion nie l’existence des rapports de force, pas plus que moi. La « science économique » ne le nie pas davantage, au contraire. Elle les analyse et offre, à ceux qui savent les exploiter, plus de force et de pouvoir qu’à ceux qui se refusent à les voir. Il me semble que Paul Jorion est surtout désireux de voir les rapports de force notablement réduits et imagine qu’une telle action apporterait une solution aux problèmes que nos sociétés rencontrent.

        A ce jour, je n’en suis pas convaincu. Je crois au contraire que plus on met en relief les écarts de richesse, plus on stigmatise les riches qui, de fait, même en démocratie, détiennent le pouvoir d’agir, plus on trompe les moins riches et les pauvres en entretenant chez-eux l’espoir de consommer davantage. Cela n’est pas réaliste surtout en Occident.

        Je pense qu’une richesse est un moyen d’agir, un potentiel d’action que détient un pays, donc une communauté, même s’il correspond à des avoirs portés au compte de personnes physiques ou morales. Or, il vaut mieux utiliser une richesse pour investir que pour consommer.

        Afin de parvenir à cela, il vaut mieux considérer les riches comme de bons citoyens dont tout le monde a besoin, même les pauvres, plutôt que de les maltraiter en dilapidant leur richesse dans de la consommation au travers d’un Etat inefficace et tellement imprévoyant que depuis 40 ans il s’est laissé aller, non seulement à ne pas investir, mais à s’endetter.

        @ A.D. Pardonnez-moi, j’avais confondu “exposer” et “opposer” il fallait donc lire:
        “Vous parlez sans savoir ce que je sais, mais comme vous êtes incapable d’opposer des arguments sérieux à ce que j’expose, vous vous réfugiez dans la critique de la forme”

        1. Jducac, vous déformez (comme toujours) les propos de Pierre-Yves.

          Vous admettez-donc que dans un système où règne la liberté, qui n’est d’ailleurs jamais sans limites, les inégalités se développent du seul fait de l’évolution naturelle.

          Non, Pierre-Yves dit que les inégalités existent, pas qu’elles se développent. Et non, les inégalités ne se développent pas au nom de “l’évolution naturelle”, mais parce que nous avons mis en place avec le capitalisme une machine à concentrer la richesse. C’est quand même pas compliqué. Relisez Le Prix ou les théories d’Aristote : si les prix étaient fixés de façon à permettre la conservation du statut de chaque partie prenante de l’échange, il n’y aurait pas de développement des inégalités. Elles existeraient toujours, mais elles seraient contenues.

      5. @ Julien Alexandre 1 décembre 2012 à 18:55

        si les prix étaient fixés de façon à permettre la conservation du statut de chaque partie prenante de l’échange, il n’y aurait pas de développement des inégalités.

        Je ne cherche pas de toute force à avoir raison, mais pour que les choses soient claires entre nous, permettez-moi de m’appuyer sur un exemple.

        Le boucher vend sa viande au même prix pour tous ses clients, conformément à ses tarifs affichés.

        Donc, le rapport de force n’est pas le même entre lui et un client riche ou lui et un client pauvre. Comment le boucher devrait-il faire pour adapter ses prix à l’évolution des situations de chacun de ses clients, d’autant qu’un client riche peut devenir pauvre et vice versa? Le problème se corse si on considère les très riches, les moyennement riches, les pauvres et les très pauvres.En sus, le boucher peut lui aussi changer de statut.

        Je crois que même les pays communistes n’avaient pas trouvé de solution au problème, hormis peut-être, d’avoir recours à divers types de magasins, les uns pour les gens normaux et les autres pour les gens du parti.

        Bon, comme je n’ai pas lu « Le Prix » de Paul Jorion, je vais l’acheter et le lire attentivement

        1. @ jducac

          Bon, comme je n’ai pas lu « Le Prix » de Paul Jorion, je vais l’acheter et le lire attentivement

          C’est une excellente initiative. Reprenons la discussion quand vous l’aurez lu.

      6. C’est des grèves ouvrières que vient le CRS=SS.
        Vous êtes loin, très loin du compte (sauf du vôtre,ou des vôtres ?).
        Je n’ai pas l’intention de favoriser aucune “union”, la division est objective, par exemple :
        Vous Jducac&Cie, vous êtes un possédant.
        Moi, A.D., je suis un prolétaire.
        La relation prolétaire-capitaliste est : antagonique. C’est-à-dire : irréconciliable, non d’opposition, de contradiction. Ou encore : il n’y pas d’arrangement possible, aujourd’hui moins qu’hier.
        Bien sûr que vous vous débattez en pleine confusion, bien sûr que vous retardez un max.
        Vous écrivez sur des sujets qui vous dépassent nettement : on se dirait au Figaro, et même aux commentaires du Figaro en ligne, cela n’a aucune prise, c’est de la soupe d’idéologie bourgeoise et comme on dit “libérale”, aucune réflexion personnelle, mais des anecdotes radoteuses.
        Je vous ai dit l’essentiel, vous vous cantonnez dans l’insignifiance.
        Maintenant, ça suffit.

    2. @P Y D 1°/12 : simple et clair ; je retiens entre autres ” le politique s’appuie sur la science, car , il construit comme la science ses objets …mais il ne s’y confond pas , car , ces objets n’y sont pas donnés à priori …”

      1. La recherche de l’égalité est une tâche qui ne peut s’achever, c’est une dynamique sociale, une dialectique entre « police » et souci d’égalité.

        @P.Yves

        Ah! mais ça c’est-y beau ?
        Une recherche, une dialectique : exploiter, réprimer, éduquer….
        Le souci d’égalité, comme vous l’écrivez bêtement, je vois pas trop, par contre “la police”, ça on connaît. Cela c’est l’hypocrisie typiquement démocrateuse, c’est pour la classe exploitante et ses relais la seule nécessité qui vaille, et bien sûr c’est une tâche qui ne peut s’achever…comme Dieu ineffable, éternel…Voyez-vous ça, gardez vos boniments.
        l’état, les lois, les institutions : à bas !

      2. A.D.

        Si pour vous les institutions sont juste bonnes à abattre, je me demande ce que vous faites sur ce blog.

      3. AD
        Vous n’avez pas bien saisi non plus mon propos, lequel en rien n’interdit le genre d’action qui est menée à Notre Dame des Landes, c’est même l’inverse. C’est précisément parce que le démocratie est un processus toujours inachevé, au regard de l’histoire, que des actions comme celles qui sont menées à Notre Dame des Landes se justifient.

  14. Bon.

    Et si on croisait les lectures, pour ne pas dire: croiser les savoirs – ce qui est plus exact en fait.
    Alors, allez lire cet article de Patrick Thévenin dans la revue Minorités. C’est une revue de qualité parmi celles qui traitent de ce dont elle traite. (Et dont je ne suis pas, comme un regard peut le prouver, mais ici autant le dire pour ne faire fantasmer personne.)

    Accrochez-vous, les partisans du changement de paradigme enfin, certains.

    Extrait:

    Je me fous de savoir la manière dont Descoings est mort, si les causes sont naturelles ou non, s’il était partouzeur ou pas, si des escorts sont montés dans sa chambre d’hôtel. Ce qui me terrifie le plus est de constater que les plus fidèles défenseurs de la soi-disant vie privée de Descoings sont eux-mêmes des pédés blancs, bourgeois, friqués, bien installés, qui vont voter à gauche alors que leur manière de se conduire est fondamentalement de droite. Pas besoin de se pencher beaucoup pour attraper le fond de leur pensée dans la cuvette : tous ces homos qui sont soi-disant contre l’outing et pour le respect de la vie privée, ne pensent en fait qu’à leur gueule car dans leur petite tête, finalement ils font l’équation suivante: “Si un jour, j’étais amené à avoir un poste haut placé, faudrait voir à ce qu’on sache pas trop que j’en suis une (de tapette, of course), on ne sait jamais, ça pourrait me jouer des tours… “ Comme par hasard, au moment même où Descoings n’était plus gay, il se murmure que le grand homme avait des ambitions ministérielles…

    La suite.

  15. On a déja débattu du changement de concept Immoralité /amoralité dont s’est servi le “pouvoir” pour accroitre l’emprise du système sur l’ individu .( ds le sens de B.de Jouvenel)
    Une autre piste présente de l’ interet comme sujet d’ étude : C’est l’ évolution du pouvoir au sein de l’entreprise …..:évolution , cette fois ci liée a l’éducation des détenteurs de ce “pouvoir”:
    – Capitalisme ancien , de “famille” :……le cursus etait en général classique a fort taux de sciences “humaines( “Humanités “)
    – Puis capitalisme technologique pour la compétitivité du gain de productivité ……le pouvoir réel est délégué a l’ ingénieur , aux techniciens ..a ceux qui savent parler a l’ oreille des machines ….cursus en science humaine deja rabougri
    -Puis capitalisme commercial ..qd tt le monde a les memes machines ….sauf l’ informatique …là le pouvoir passe aux mains de l’ informatique …qui sait parler a l’ oreille de l’ ordi
    -Enfin capitalisme économique …. ou c’est le fond de pension qui dirige qui n’a besoin de parler a personne et dont le cursus science humaine tt le monde s’en fout ….

  16. Tu peux être fier Jorion, elle est belle ta troupe. Pourri à l’os ton paquebot de fortune. Je tangente tant qu’il est temps. Les rats vous saluent bien.

      1. Je ne crois pas que ce soit la modération qui chagrine Vigneron .

        J’y vois plutôt une irritation contre une forme de curée du style ::

        http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_animaux_malades_de_la_peste.html

        vis à vis d’une ( et une seule ) école , et un professeur qui semble non seulement en être un , mais aussi , à lire son parcours , un homme de bien.

        J’avais le sentiment d’avoir évité ce piège en resituant le naufrage ( la peste) dans ses causes.

        Mais Vigneron avait déjà trop la peau trouée ( certains l’ont plus visé lui que Dominique Boullier dans leurs échanges) pour le recevoir .

        Repos pour les joueurs .

        Pour Paul Jorion , à retenir cependant que les illustrations par l’actualité sont à manipuler avec retenue .

      2. un cœur vaillant, un esprit pointu, une verve joyeuse et acérée. mais des réflexes de classe dont il ne sait que péniblement s’affranchir. il demande une droiture d’esprit et de jugement aux plus faibles, sachant bien qu’aucun puissant ne s’y astreint. deux poids, deux mesures. l’inertie d’appareil justifierait tout .

        préférer y voir une soif d’éthique, de mesure et de justice que cette forme de curée.

    1. Vigneron quitte ce blog : Il méditera sur l’addiction d’aimer se regarder écrire.
      J’aimais bien vigneron, je cliquais sur son nom en colonne de droite sur le blog de Paul. Ce type était cultivé et avait des choses à dire. Mais quand on a un un putain d’ego plutôt que de tourner en rond on prend la tangente. Pas con.

      1. Putain d’ego ! — tout comme l’escargot lové dans sa coquille ou en goguette — qu’importe, ça reste sensible ce truc. Vigneron tout simplement a de l’estime pour D. Boullier, estimable en effet, utile et certainement éveilleur, même si de mon point de vue D B. s’identifie à sa boite, à sa “mission” éthique etc… donc naïf, mais pas faussement c’est sûr. Ce à quoi chacun de nous a toujours à s’interroger, non ? Vigneron même s’il peut exaspérer parfois empêche la massification du jugement “comme un seul homme”, il touille la merde quoi, comme le bâton du Bouddha
        /my-darling-clementine-de-john-ford

      2. Suis d’accord avec roma. Vigneron est indispensable au service. Cet article a généré de nombreuses réactions épidermiques, qui finissent, additionnées, par ressembler à un lynchage d’une victime sacrificielle. Je ne partage pas l’avis de Monsieur Boullier, pour autant, je n’y vois pas malice. C’est donc avec lui et d’autres qu’il faut compter pour reconstruire.
        Et comme je l’indiquais plus haut, l’avenir, pour moi, viendra des universités. J’ai lu qu’à Lyon avaient commencé à s’organiser des cursus communs, de la recherche commune…entre universités (essentiellement Lyon1 je pense, mais l’ENS doit surement travailler avec les fac de sciences humaines de Lyon2 et Lyon3) et écoles (centrale, EMLyon, ENS…).
        Honnêtement, je m’en fiche de Sciences Po, mais recréons les conditions pour que renaissent ou se pérennisent des études politiques innovantes, études qui doivent irriguer aussi les autres disciplines et inversement. C’est du décloisonnement dont nous avons besoin.
        Dernière chose: j’ai connu un intervenant (je ne sais pas quel statut il pouvait avoir) à Sciences Po, je ne sais pas comment il a réussi à se placer, mais je me suis dit quand je l’ai appris: Sciences Po n’est plus.

      3. @Roma :

        Bien vu pour l’illustration en Lucky Luke !

        Mais il y a deux versions selon la face de la pièce :

        en version “progrès” : Révolte , courage , accepter ses erreurs , cohérence , erreur non confondue avec puissance, indifférence aux aux appréciations négatives , ne supporte pas les abus et les injustices , se défend contre les généralisations et le totalitarisme

        en version ” survie” : j’ai raison , hors limites , agressif , avoir raison “à tout prix” , vouloir être “à la hauteur de la situation “, se justifier , ” on ne m’aura pas facilement” , transgresser la règle , “hors la loi” , défi à la loi , risques inconsidérés , colère , hausse le ton , attaque défensive , manipulateur .

        Le passage d’une version à l’autre tient souvent à peu de choses . Le plus souvent à une atteinte non repérée comme telle à quelque chose d’inconscient ,ancré en nous et qui nous caractérise profondément . Retour à la version “progrès ” impossible tant qu’on n’a pas repéré et admis le point d’agression .

      4. @Lou :

        Il y a déjà pas mal d’années que des cursus communs sont organisés entre universités …et grandes écoles , pour le plus grand profit de leurs étudiants respectifs .

        Il y a aussi des gens intelligents aux manettes de direction dans ces deux entités .

  17. Dominique Boullier,

    Votre action pédagogique à Sciences-Po me semble aller dans le bon sens. Je vous crois sincère dans votre démarche.
    Je m’interroge cependant :
    Votre pédagogie et les contenus de votre enseignement peuvent-ils devenir la règle à Sciences-Po ? Est-il imaginable dans l’état actuel des rapports de force, que vous ou toute autre personne qui aurait un profil similaire, puisse diriger cette école afin de lui attribuer sa nouvelle mission ?

    1. Il serait intéressant que l’on dise de quoi on parle dans cette pédagogie et cet enseignement. Deux ou trois parlent de Bruno Latour, mais personne ne détaille ou articule quel contenu est d’intérêt pour les (vastes) questions qui nous réunissent ici.
      Ce serait quoi une école bâtie sur de telles pédagogies et pourquoi faire ? une ouverture d’esprit bien au-delà des dogmes actuel de Homo oeconomicocoeus ? (ou de Homo conareus ? hump rump … aaatchoum).
      Il y avait de 18 à 19 dans l’émission “Place de la Toile” sur France Culture où une certaine Divina Frau-Meigs nous disait qu’on avait déjà, dans la “fRance” raté le coche de la culture numérique contrairement aux belges par exemple.
      D’autres comme Stiegler (ma scie n’a moi) demandent aussi que les médias numériques soient pensés à la hauteur de leur immense impact (twitter désublimera, désublimera pas ? bêtise systémique ? )… Bref quelques lignes de force là-dessus pour qu’on puisse se dire qu’est-ce qu’on peut trouver comme émeraudes dans le pâté sciences-Po… , non ?

    2. Pour répondre à Pierre-Yves D. et à Timiota en même temps, la rénovation pédagogique ne procède pas par oukases mais par contagion et conviction. C’est parce que nous aurons fait la preuve qu’on apprend mieux, plus et surtout plus en prise avec les enjeux de notre temps que nous saurons étendre ce type de pratiques. Le collectif Sciences Po est beaucoup plus hétérogène qu’on ne le pense et l’enjeu actuel est sans doute de remettre en route des procédures claires tout en énonçant aussi clairement la vision qui les guide,pour succéder à celle qu’avait Richard Descoings et qui demandait une radicale mise à jour, à la lumière de la crise actuelle. Mais une vision qu’on débat, cela veut dire restituer la dimension politique de l’institution , au sens du débat sur le monde commun que nous voulons construire, bien au delà d’une école donnée en effet. A vrai dire, les expressions publiques de la quasi totalité des candidats à la direction étaient très pauvres de ce point de vue, et souvent purement technique ou purement de principe, alors qu’il faut les deux.
      Nos méthodes pédagogiques reposent sur cette même exigence. Notre vie démocratique est confisquée pourquoi? parce que nos élus et administrations publiques sont débordées, contournées, manipulées par deux grandes puissances, celle de la finance et celles des sciences et des techniques, qui toutes les deux décident à leur place les principales architectures de nos vies communes. Si nous voulons former des jeunes capables de résister à cela, il faut qu’ils soient capables de rentrer dans les techniques de tous types et ne se contentent plus de dépendre des avis d’experts qui, si on est un peu curieux, sont en fait toujours en controverses. C’est pourquoi nous formons nos étudiants non pas à faire des discours bien tournés sur des sujets qu’on ne connait pas (caricature souvent répandue à propos de l’ancien sciences po et pas toujours fausse!) mais à explorer ces controverses et à prendre position à partir de ces éléments dans lesquels les aspects scientifiques, techniques, juridiques, économiques, etc sont entremêlés mais ne peuvent être simplement survolés au nom d’idéologie a priori. Cette exploration doit servir à remettre toutes ces décisions en politique, pour sortir de la subpolitique (Ulrich Beck) qui fait la loi dans les conseils d’administration ou dans les labos. Refabriquer la politique à Sciences Po, c’est tout sauf du management, tout sauf des sciences de gestion (cette discipline n’existe pas à Sciences Po, notez le), c’est un exigence d’examen collectif du pluralisme des choix possibles. C’est pourquoi nous les formons aussi au débat, à leurs procédures mais aussi à l’expérience personnelle de cet engagement dans un débat, dans une négociation, sous forme de simulations. Bref, nous voulons sortir de la dichotomie entre d’une part des “experts modernes” qui prétendent savoir et énoncer des vérités alors que les scientifiques sont dans l’expérimentation, le débat et la controverse en permanence, et d’autre part des rhéteurs politiques qui font le spectacle pour amuser les masses mais ne savent pas de quoi ils parlent (cf. sur le numérique!) si ce n’est de la politique politicienne qui cause aux autres politiques, et qui écoeurent le peuple de la politique, celle qui consiste à débattre du monde commun que nous voulons. Par cette exigence de formation, nous nous situons dans le long terme d’une part et dans le ralentissement des processus de décision d’autre part, alors que ces deux critères sont à l’opposé de tout ce qui se dit et tout ce qui est demandé actuellement: de la décision d’urgence et de court terme, avec les résultats que l”‘on sait et qui ne vont que s’aggraver, n’en doutons pas.

      1. A vous relire , je repense à une affirmation de Michel Serres, lors d’une conférence à laquelle j’avais la chance d’assister , et où il introduisait son propos en évoquant les luttes de gloriole entre ” littéraires ” et scientifiques” , entre ” philosophes ” et ” matheux”.

        Il énonçait en gros qu’un littéraire qui ne connaîtrait rien aux sciences ( et réciproquement ) , un philosophe qui ne serait pas mathématicien , seraient des hommes dangereux . L’assistance étant plutôt ” littéraire” , il ajoutait malicieusement ,en provocation, qu’un scientifique versait forcément à un certain moment dans la philosophie, lorsqu’un littéraire gardait toujours de la répulsion pour les mathématiques !

        Sans tomber dans une éducation digne des gardes rouges à la chinoise , je me réjouis de mon côté d’avoir appris à me coltiner la résistance des ” matériaux” ,en théorie , en expérience , et en pratique , pour “étalonner” les quelques autres dispositions que je pouvais avoir ,et qui doivent aussi pas mal à mes institutrices et -teurs, autant qu’à mon entourage et mes ascendants .

        La “résistance” des ” matériaux” , c’est un sacré garde fou contre les “vérités” de l’extérieur .

      2. @Dominique Boullier

        Mise part la profession de foi, que pensez-vous de Marx ?

        D’ailleurs votre réponse sur l’agonie du capitalisme ma échappée, je ne la vois pas ?

        Vous êtes au fond un conservateur, ce qui veut dire que vous avez fait un choix politique, et ce choix vous éloigne de ce qui pourrait s’apparenter à de la recherche en sciences sociales. Comme l’avait constaté Aragon au PCF d’ailleurs, aucune chapelle ne s’accorde avec la liberté scientifique ou créatrice. L’œcuménisme de façade qui est le vôtre ici ne brouille pas la façon dont vous vous identifiez dans le champs politique. La démocratie, vous la pratiquez en conserve : Vous soutenez le pouvoir, l’état de fait, et vous reprenez les postulats économiques dont il se revendique, et qui entre nous soit dit, sont faux. CQFD.

        Et ce, tout en étant fidèle lecteur du blog !

      3. Juan ? Le savoir et l’argent…
        Bonus philosophique : Et la pensée a-t-elle un prix ?
        Vous rappelez uniquement la manière (la méthode) mais il y a l’art….

      4. Juan
        Je vois un petit rapport avec le “Ce que sait la Main” de mon Sennett que j’aime bien. (Ed Albin Michel)

      5. @Timiota :

        Vous attendez la loi sur le mariage pour tous , avant d’épouser ” votre” Sennett ? !

        Sans lire tout Sennett , je n’ai jamais vraiment compris quelle différence fondamentale il y avait entre ce qu’il est convenu d’appeler intelligence” manuelle” et intelligence “intellectuelle” .

      6. @juan nessy

        The Wrong Man (1956)

        “I guess it’s the musician in me.
        Musicians are always fascinated by mathematics.
        They can’t read, but they can figure.”

        J’aime ce début de film, avec Vera Miles et Henry Fonda, et ces couloirs du métro déserts, à N.Y…

        Il y aurait aussi beaucoup à dire sur l’esprit de finesse et celui de géométrie, je pense qu’il faut beaucoup de finesse même en géométrie, quelle que soit l’analogie en question.

        “La Beauté est Vérité, la Vérité Beauté. C’est tout ce que vous savez sur terre. Et c’est tout ce qu’il vous faut savoir ! ” disait John Keats. La beauté dans les maths est plus difficile à saisir. En fait elle provient du plaisir de comprendre… de la contemplation d’un univers ordonné, qui fonctionne. Vous m’expliquerez à l’occasion la différentielle partielle en x, y, qui permet de trouver les coefficients a et b dans une régression linéaire…

        Bergson encore avait noté une sorte d’affinité entre toutes les sciences, la possibilité de passer de l’une à l’autre (matière et mémoire)

      7. @Dominique Boullier

        Le débat et la controverse, dites-vous…

        Et c’est pourquoi vous préférez répondre à ceux qui osent émettre des critiques à l’encontre de Sciences-Po qu’ils sont vraiment trop injustes. Et que vous choisissez d’ignorer sur ce fil tous les commentaires qui cherchent à provoquer ce fameux débat pour vous contenter de répéter le mantra des merveilleuses intentions de Sciences-Po alors que vous n’avez toujours pas répondu à la seule question valable ; et vous me permettrez de vous citer : “comment avons-nous pu contribuer à former des dirigeants actuels aussi bornés, aussi peu visionnaires, aussi avides ?”

      8. @Olivier :

        J’ai fini par comprendre ce que vous aviez compris .

        Dans ma louange de la résistance des matériaux , je visais en fait la résistance à toutes les vessies qui veulent se faire prendre pour des lanternes .

        Dans cette optique , la résistance aux sirènes de l’argent se borne ( mais souvent ça suffit ) à refuser de dire que l’on a affaire à une lanterne quand on veut vous faire vendre une vessie .

      9. Dominique Boullier,

        Un aspect de votre réponse me semble très problématique, celui concernant “le ralentissement du processus de décision”.
        Il est nécessaire de penser sur le long terme mais pour autant n’y-a-t-il pas des décisions d’urgence et à court terme qui elles ne demandent pas, pour paraphraser un politicien célèbre, qu’on laisse du temps au temps.
        Autrement dit, n’y a-t-il pas des décisions qu’il faut prendre d’urgence pour préparer l’avenir, tout attentisme nous rapprochant du moment où ces décisions n’auront plus d’objet le système s’étant entre-temps effondré.

        Je prends un exemple.
        Concernant l’interdiction des paris sur la fluctuations des prix, est-ce une décision qui peut attendre ou bien est-elle effectivement un levier (avec quelques autres) de nature à amorcer une mutation du système actuel ?

      10. @ juan nessy 3 décembre 2012 à 14:45

        Sans tomber dans une éducation digne des gardes rouges à la chinoise , je me réjouis de mon côté d’avoir appris à me coltiner la résistance des » matériaux » ,en théorie , en expérience , et en pratique , pour « étalonner » les quelques autres dispositions que je pouvais avoir ,et qui doivent aussi pas mal à mes institutrices et -teurs, autant qu’à mon entourage et mes ascendants .

        Je vous approuve à 100%. Il n’empêche que Michel Serres lui-même se fourvoie quand il dit « je vous emmerde avec vos 40 millions »
        Il s’isole dans son monde de paroles et de pensées non quantifiables et, à bout d’argument, il n’a plus que le recours à la violence (je vous emmerde) pour s’opposer à ses contradicteurs.

        Une grandeur chiffrable et mesurable traduit une force, une capacité à agir ou à réagir dans le domaine physique, celui qui règle la marche du monde, y compris des êtres vivants, pensants ou non. Il ne peut le nier et n’a plus que le recourt à la violence verbale, à l’expression d’une pseudo force pour contrer la force bien réelle qui dépasse la sienne.

        C’est un philosophe respectable mais qui, comme tous les hommes, n’est pas infaillible. Il le révèle quand, à court d’arguments, comme beaucoup d’autres dans cette situation, il va jusqu’à utiliser la violence(verbale). Il va même, certaines fois, jusqu’à susciter par la violence de son discours, des oppositions entre les générations, y compris de la sienne, à laquelle il prête de mauvaises intentions, contre ses propres enfants.
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-94402

        En 2006 lors des grèves anti-CPE, il montait les jeunes contre les vieux, aujourd’hui il oppose les pauvres aux riches, alors qu’à mon avis, il vaudrait mieux agir pour faire se rapprocher tout le monde. Déjà, il y a plus de 6 ans, il stigmatisait les alliances mal intentionnées entre Berlin et Paris avant même la naissance du merkosysme. Il cultive la fragmentation, en exploitant le principe de division pour mieux régner, avec l’objectif de faire régner ses propres idées plus que de faire se rapprocher les idées divergentes. C’est suicidaire.

      11. @juan nessy: MERCI….et pourtant je suis une pacifiste. Mais jducac.qu’il aille compter les piècettes de sa cassette.

      12. “… il va jusqu’à utiliser la violence(verbale).”

        Ah, c’est terrible ça, la violence verbale… ça fait trop de mal…
        Tous ces faméliques qui crient – “Oncle Sam, Go home…”… sont totalement inconscients… de véritables brutes…
        Sinon, il existe une autre violence, J. du Youkaïdi-Youkaïda… c’est la tête au bout d’une pique…
        … à ce moment là… certains haut-perchés trouveront sans doute que “je vous emmerde” était somme toute plutôt pacifique…

        Par contre – “Je gagne 40 millions…”, ça, pour le spermatozoïde capitaliste, ça n’est pas violent… et – “L’année prochaine, je compte bien en gagner 60…”, c’est du velour, du miel… c’est la paix sur terre…
        Jducac… le bon petit scout… qui sait toujours ce qui est bon et ce qui est violent…
        Allez, reprenons en choeur… “Youkaïdi-Youkaïda”

      13. Jducac,
        Restons calme, vous maîtrisez la situation. Vous êtes reposant et apaisant….
        Mais le « je vous emmerde avec vos 40 millions » nous montre à quel point on ne touche pas au grisbi, n’est-ce pas ?
        Et le paroxysme : “Une grandeur chiffrable et mesurable traduit une force, une capacité à agir ou à réagir dans le domaine physique, celui qui règle la marche du monde, y compris des êtres vivants, pensants ou non” vous faites du “lobbying de lobbys” et je vous renvoie avec tendresse à « Big Brother mangera son chapeau ! » (Lisztfr)

      14. @ Jducac

        et la puissance de la Bible, vous la chiffrez comment ? Selon vous, si la Bible et ses messages (Nouveau et Ancien Testament) ont colonisé le monde, c’est probablement grâce à des mesures physiques comme le poids de l’ouvrage, le nombre de mots ou de textes,…?

        Que la physique soit une réalité, personne ne peut le nier, mais de votre côté, arrêtez de nier la réalité des idées. Que vous le vouliez ou non, ce sont elles qui règnent sur nos représentations du monde et de nos sociétés, ce sont elles qui les organisent selon une conception plus ou moins juste des réalités biologiques et physiques. Il suffit pour s’en convaincre de voir le poids des religions transcendantes et séculières sur l’organisation de nos sociétés.

      15. @ Jducac

        Et la Bible, quelle mesure physique doit-on lui appliquer ? Je pense que selon vous, ce texte (Ancien et Nouveau Testament) qui a colonisé notre monde doit son succès à son poids en kilos, au nombre de mots ou de textes ?

        Que la physique soit une réalité, personne ne peut le nier, mais de votre côté, arrêtez de minimiser la réalité et le poids des idées. Le “domaine physique” est une contrainte comme une autre contre laquelle l’imagination humaine s’est toujours battue en tentant de la surmonter, tous les progrès scientifiques en attestent et en attesteront jusqu’au jour où nous serons capables de dépasser la vitesse de la lumière. Les contraintes physiques nous limitent dans nos choix et nos possibilités, mais rien n’est insurmontable. Le génie humain en a apporté la preuve à maintes reprises.

        En fait quand vous écrivez que c’est le domaine physique qui régule le monde, vous avancez simplement l’un des arguments de base de tous les conservatismes du monde, ceux qui refusent le progrès et le pouvoir des hommes à changer la société, et s’en remettent à la fatalité et aux lois de la nature pour justifier toutes les inégalités, toutes les oppressions et toutes les régressions. C’est un alibi purement idéologique. Or autant – sinon plus – que la physique, ce sont aussi nos idées qui régulent le monde. Ce sont les représentations que nous en avons qui organisent nos sociétés, ce sont les idées basées sur des conceptions plus ou moins justes et tronquées des réalités biologiques, physiques et anthropologiques qui fournissent le contenu des idéologies qui nous gouvernent, vous comme moi et comme les autres. La plupart des mots en -isme, dont le capitalisme, en sont les preuves les plus évidentes. La seule façon d’y voir un peu plus clair dans ce jeu opaque passe par l’acquisition de connaissances issues, à la fois, de l’expérience et de lectures transdisciplinaires, et notamment de ces fameuses sciences humaines que vous détestez tant.

        Et vous-même que faites-vous ici sinon vous battre pour vos idées et notamment celles qui consistent à décréter que le domaine physique est le grand régulateur du grand Tout ? Comme vous le faites remarquer, nous sommes des êtres pensants, et c’est à ce titre que nous avons toujours agi pour nous extirper de notre condition première et nous affranchir des contraintes de la matière. Preuve s’il en est – indépendamment de la déviance mortifère de certains objectifs – que la pensée et l’intelligence humaine associées à la volonté sont parfois capables de surmonter les plus fortes résistances.

      16. jducac
        Où en êtes-vous avec votre haine viscérale pour ce blog et les sciences humaines : les personnes qui sont derrières ?

      17. juducac, tout n’est pas quantifiable et ce n’est pas parce qu’on détourne un objet d’échange (la monnaie) pour ressuscité un pouvoir féodal (basé sur la rigueur pour les gueux et l’héroïsme des généraux planqués derrière…., voir un peu plus loin) que cette mesure est souhaitable.
        Notez vous les musiciens à leurs nombres de notes?, il n’y aurait plus de silence et pourtant, c’est de s’en jouer qui est merveille.
        Du silence:
        moins de pari,
        moins d’objet à parier,
        moins de CAC,
        moins de AAA,
        moins de plans, de commissions et d’experts….
        C’est le seul début pour qu’un nombre est un sens (mais il ne les aura jamais tous, pas plus qu’une variable algébrique).
        (quand à la physique elle vous expliquera qu’une masse quantifiable peut être un trou noir et pas seulement un kilo de plume tombant comme un kilo de pomme ou de plomb)

      18. @ juan nessy 4 décembre 2012 à 12:08
        Il ne l’a pas dit et ne le dira probablement jamais, à moins qu’il décide de s’exprimer sur le blog de Paul Jorion. Michel Serres ne m’emmerde pas.

        Ce qui m’emmerde c’est de ne pas comprendre pourquoi des êtres aussi instruits et aussi brillants en arrivent à utiliser la violence (verbale) ou l’outrance lorsqu’ils sont à court d’arguments, lorsqu’ils veulent se dégager d’une situation délicate où, lorsqu’ils veulent influer sur l’issue d’un affrontement d’idées, comme les mouvements anti CPE.

        Pourquoi ces personnages connus, distingués au plan honorifique, influents, compte tenu de leur exposition médiatique, éprouvent-ils le besoin de se laisser aller à ce type de violence ? Ils voient bien que chez certains, ce type de propos peut susciter d’autres modes de réactions amenant à des violences physiques destructrices. Qu’est-ce qui les animent ? Le désir d’apaisement et de conciliation ou le souhait d’un embrasement général ?

      19. @ lou 4 décembre 2012 à 13:11
        Vous, avez bien raison d’être pacifiste et, si cela peut vous rassurer, je n’ai ni cassette ni piécettes. J’aurais pu avoir un Napoléon, mais le hasard d’un tirage au sort, au décès de mes parents, en a décidé autrement. En effet, mon grand-père maternel qui était un petit paysan exploitant une ferme de 10 ha, tout en ayant élevé 10 enfants (sans allocations familiales, ni de rentrée scolaire, ni de beaucoup d’autres choses), s’était donné comme objectif de travailler beaucoup et bien, tout en consommant peu. A sa mort il laissa à chacun de ses enfants, une pièce d’or, en sus de la petite ferme dont ma grand-mère avait hérité la moitié de ses parents.

        Les générations passées, celles nées avant la dernière guerre mondiale, pensaient au devenir de leurs descendants. Ces générations, contrairement à celles d’aujourd’hui qui ne pensent qu’à elles-mêmes et à consommer, ont fait la richesse, donc la force, et l’influence de leur pays dans le monde.

        C’était avant que les théories marxistes et d’anticapitalisme primaire, se propagent et n’amènent les gens à se désintéresser des besoins du futur, donc à la préservation et de la transmission d’un capital, d’une capacité à investir, c’est-à-dire à une capacité à faire vivre les générations suivantes.

        La perte de conscience de l’utilité de constituer et de transmettre un capital est assez récente. Elle est l’œuvre d’idéologues qui ont propagé via les enseignants, qui souvent ne s’en sont pas rendu compte, des théories suicidaires qui incitent aujourd’hui les gens à consommer tant qu’ils peuvent et à s’entredéchirer, à se jalouser, à s’opposer en vaines batailles de chiffonniers.

        Hier encore, des parents souscrivaient des plans d’épargne avec des garanties de taux d’intérêt, au profit de leurs enfants, lesquels n’avaient même pas appris, malgré l’allongement des études, ce que sont des taux d’intérêt. Est-ce ça le progrès ?

      20. @Jducac :

        Le mieux serait que vous lui posiez directement la question . D’ailleurs en extrapolant sa capacité emmerdatoire , je n’ai émis qu’une hypothèse .

        Pour moi quand il m’arrive d’être emmerdant , c’est involontaire et je finis toujours par m’en rendre compte ( quelquefois un peu tardivement, mais il y a toujours quelqu’un pour m’informer ).

        Je dois pouvoir compter sur les doigts d’une main les occasions où j’ai été emmerdant volontaire et conscient ( dont une fois avec un ministre en exercice , une autre avec l’X -le boss de la “taupe” où je chiadais – qui ne voulait pas comprendre assez vite que les “rites” de bizutage avait des limites et qui s’en est sorti avec un nez cassé et moi un sale oeil au beurre noir , …).

        Ceci dit , comme Paul Jorion m’incite à croire que je n’étais ni conscient , ni volontaire à ces moments là , tout peut arriver .

      21. @ Ju 4 décembre 2012 à 13:17

        le bon petit scout… qui sait toujours ce qui est bon et ce qui est violent…
        Allez, reprenons en choeur… « Youkaïdi-Youkaïda »

        Détromper-vous, je n’ai fréquenté aucun mouvement de scoutisme, ni les Cœurs vaillants, Ni les Pionniers et Faucons rouges, ni les MJC, ni la JOC.
        http://www.fauconsrouges.org/spip.php?rubrique4

        Jusqu’à l’âge de 15 ans révolus j’ai pris contact avec la nature en travaillant au côté de mes parents dans le jardin familial, pour améliorer l’ordinaire et afin qu’ils fassent quelques économies en vue de se doter d’un logement. Ensuite, j’ai aidé mon père à bâtir la maison où mes frères ont grandit et où mes parents ont vécu durant 35 ans. Ce fut, pour un fils d’ouvrier, une très bonne formation permettant d’affronter, à la loyale et pacifiquement, les difficultés de la vie.

        A l’époque, même les gens pauvres étaient dotés d’esprit capitaliste, en ce sens qu’ils pensaient à préparer le futur avec leurs propres moyens, avec leur capital qui se réduisait souvent à leur sagesse et à leur force de travail. Ils savaient les mettre en action consciencieusement, sans s’en prendre aux autres mais en imitant ceux qui réussissaient, pour s’en inspirer au lieu de les jalouser. A l’école, on ne stigmatisait pas la richesse et on incitait au travail. Cet état d’esprit à engendré les 30 glorieuses.

        Grâce à cela, et malgré un niveau de vie moyen bien plus faible qu’aujourd’hui, les gens vivaient plus heureux.

      22. “Détromper-vous, je n’ai fréquenté aucun mouvement de scoutisme, ni les Cœurs vaillants, Ni les Pionniers et Faucons rouges, ni les MJC, ni la JOC.”

        Et ben voilà… cherchez pas plus loin…. vous êtes un handicapé de la colo… Un Youkaïdi-Youkaïda sevré dans l’oeuf… un mutilé de la troupe…

        D’un autre côté, on voit pas trop en quoi ça nous concerne… cette petite digression vous aura permis de nous en recoller une tartine sur “Ma vie, mon oeuvre”, mais le rapport avec la choucroute est loin, très loin… Enfin, si ça vous fait du bien… moi, je suis content…

        Alors, voyons de quoi il en r’tourne…

        “Jusqu’à l’âge de 15 ans révolus j’ai pris contact avec la nature en travaillant au côté de mes parents dans le jardin familial, pour améliorer l’ordinaire et afin qu’ils fassent quelques économies en vue de se doter d’un logement….”

        Donc, pas de contact avec la nature avant “15 ans révolus”… Hmm hmmm… puis ensuite, une immersion totale et sans doute exclusive dans un jardin familial pour acquérir un logement… Vous savez donc planter des choux…?
        A la mode familiale donc, et qui consiste à les convertir (les choux) en moellons, briques, tuiles et autres objets indispensables à la bonne érection d’une demeure…

        “Ensuite, j’ai aidé mon père à bâtir la maison où mes frères ont grandit et où mes parents ont vécu durant 35 ans. “

        Là c’est un peu rosse quand-même… c’est vous qui aidez à la construction et c’est vos parents qui y vivent…
        En même temps, j’imagine qu’ils vous autorisaient à camper dans le potager…? C’est la moindre des choses…

        “Ce fut, pour un fils d’ouvrier, une très bonne formation permettant d’affronter, à la loyale et pacifiquement, les difficultés de la vie.”

        “A la loyale”…???… Bigre!… ne me dites pas que vous avez planté les choux à mains nues…

        “A l’époque, même les gens pauvres étaient dotés d’esprit capitaliste, en ce sens qu’ils pensaient à préparer le futur avec leurs propres moyens, avec leur capital qui se réduisait souvent à leur sagesse et à leur force de travail.”

        Ah… la belle époque… époque de sagesse… et de visionnaires aussi… Fallait quand-même y penser à planter des choux pour qu’il y pousse un pavillon…
        Ce qu’on ne comprend pas bien, c’est pourquoi s’être arrêté à la première maison…? ça avait l’air de bien fonctionner votre petite affaire… avec quelques choux de plus, vous auriez eu tout un immeuble… non?

        “Ils savaient les mettre en action consciencieusement, sans s’en prendre aux autres mais en imitant ceux qui réussissaient, pour s’en inspirer au lieu de les jalouser.”

        “… en imitant…”…??? Ah d’accord, ça n’était donc pas une idée à vous…?
        En fait, vous avez copié les Schlumberger, Rothschild et consorts qui avaient suivi la même technique… Bon… non non, c’est bien quand-même…
        Quitte à plagier, autant pomper les trucs qui marchent…

        “A l’école, on ne stigmatisait pas la richesse et on incitait au travail. “

        A l’école de jusqu’à 15 ans… parce qu’après, une fois qu’on a compris que le travail et la sagesse, ça paye toujours… Y’a plus qu’à appliquer dans un jardin potager…

        “Cet état d’esprit à engendré les 30 glorieuses.”

        Là, vous allez un peu vite en besogne… c’est tout de même aussi un peu grâce au chewing-gum et au Jazz…

        “Grâce à cela, et malgré un niveau de vie moyen bien plus faible qu’aujourd’hui, les gens vivaient plus heureux.”

        Voilà, c’est ce que je dis toujours… je ne comprends pas qu’avec tant de sagesse et tant de travail, on ne soit pas parvenu à engendrer des gens plus heureux…
        … Il doit y avoir des générations spontanées qui s’éteignent avec leur trésor de sagesse… c’est terrible tout de même…
        Heureusement il en reste quelques uns qui savent, tel que vous, montrer l’exemple d’un bonheur et d’une joie sans pareils… (et déconneur avec ça…)

        Bon, on était loin de la “violence verbale”… mais c’était tout de même important d’évoquer toutes ces choses… Le scoutisme, les choux, l’école de jusqu’à 15 ans, tout ça… votre vie pleine de sagesse…
        Merci à vous Jducac… Et -“(pas) SOUT: (mais quand-même) toujours prèt!!! (à l’enfumage)”

      23. @ Fod 4 décembre 2012 à 22:24

        En fait quand vous écrivez que c’est le domaine physique qui régule le monde, vous avancez simplement l’un des arguments de base de tous les conservatismes du monde, ceux qui refusent le progrès et le pouvoir des hommes à changer la société, et s’en remettent à la fatalité et aux lois de la nature pour justifier toutes les inégalités, toutes les oppressions et toutes les régressions.

        Je ne refuse pas le progrès, je n’ai fait que de m’y consacrer dans le domaine technique et industriel, bien modestement, à la mesure de mes moyens. Ceux qui se rangent chez les progressistes, par opposition à ceux qu’ils taxent de conservatisme, feraient bien de prendre conscience de ce que le progrès social, le seul qui les préoccupent, ne peut se développer que s’il y a une évolution positive dans le domaine des sciences et techniques influençant l’économie dans un sens permettant davantage de distribution de richesse. C’est le progrès des sciences et des techniques, permettant d’obtenir plus en dépensant moins et en accroissant ainsi les performances économiques d’un pays qui permet le progrès social. Ce sont donc les sciences physiques au sens large qui sont pilotes. Ça n’est pas l’inverse.

        Si l’on veut faire progresser le social plus que ne le permet l’économie, autrement dit plus que l’aptitude à capter l’énergie dans l’environnement d’une communauté, d’une région ou d’un pays, on étouffe le progrès économique et on fait régresser le social de l’entité considérée. Si c’est une entreprise on peut faire s’éfondrer l’entreprise, idem pour une communauté familiale, communale, régionale etc…

        Or, ceux qui font naître les aspirations sociales, dans le monde syndical, politique, médiatique, enseignant et dans les administrations, autant dire, aucun de ceux qui se préoccupent de constitution et d’exploitation rationnelle de capitaux. Ces acteurs ne sont généralement pas les plus compétents pour juger de ce qu’il convient de faire afin d’enrichir une communauté de telle sorte qu’une redistribution puisse contribuer au progrès social. La plupart des économistes eux-mêmes, souvent parce qu’ils font un mixte de leurs options politiques et économiques, ne sont pas toujours très impartiaux. Les dirigeants d’entreprise, qui devraient être parmi les plus compétents, ne sont pas totalement impartiaux parce qu’ils sont à la fois juges et parties.

        Il n’est donc pas surprenant que ce soient des gestionnaires de banques qui soient appelés à intervenir pour reprendre la barre dans certaines organisations et à la tête de certains pays, lorsqu’ils se sont montrés incapables de conduire les barques dont on leur avait confié le pilotage.

        nous avons toujours agi pour nous extirper de notre condition première et nous affranchir des contraintes de la matière.

        C’est juste, mais sans jamais totalement nous en libérer, à moins de sombrer dans le délire et de perdre la raison ou la vie.

        PS : Avez-vous pu donner suite à la suggestion que je vous avais faite ici :
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=44121#comment-384707

      24. @ octobre 4 décembre 2012 à 23:37

        Où en êtes-vous avec votre haine viscérale pour ce blog et les sciences humaines : les personnes qui sont derrières ?

        Sur quoi vous fondez-vous pour dire que je hais ce blog et les sciences humaines ? Loin de haïr le blog de Paul Jorion, au contraire, je trouve que c’est une œuvre d’utilité publique. Je le soutiens parce que je l’aime bien. Ma fidélité depuis bientôt 4 ans est à interpréter comme une marque d’estime que je porte au créateur comme aux animateurs et aux divers intervenants, chacun pour ce qu’il apporte, même si certains ne me ménagent pas. Quand on se connait, on peut se parler franchement et sans détour, ce qui fait gagner du temps.

        Au sujet des sciences humaines, auxquelles je n’ai pas été formé, sans nier leur très grande utilité dans les rapports sociaux, je dois dire qu’elles m’ont toujours amené à me méfier de ceux qui en font un très grand usage. Mes origines paysannes et ma culture limitée en la matière, doivent en être la raison. Il doit y avoir une part d’atavisme derrière cela.

        Quant aux personnes qui sont derrière ces sciences, quelles qu’elles soient, je n’ai aucune raison de les haïr même si, pour mieux comprendre ceux qui s’en servent, je suis amené à demander de développer leurs arguments et, certaines fois, à mettre en évidence ce qui m’apparaît être une anomalie ou une forme d’incohérence. N’est-ce pas là, une marque d’intérêt et de considération conduisant à une contribution constructive destinée à aller au fond des choses et à cerner au mieux la vérité, dans l’intérêt de tous ?

        Il faut de tout pour faire un monde. Nous avons tous besoin les uns des autres, chacun utilisant préférentiellement les outils qui sont le mieux à sa main. Les pinceaux et les brosses ne sont pas les miens. D’ailleurs, je me demande si je saurais les utiliser dans le bon sens du poil.

      25. @ Samuel 5 décembre 2012 à 00:09

        moins de pari, moins d’objet à parier, moins de CAC, moins de AAA, moins de plans, de commissions et d’experts….

        A force d’aller dans le sens des moins, êtes vous bien certain d’être encore assez positif et pas trop négatif, négativiste, nihiliste, voire pire encore ?
        Ne pensez-vous pas qu’il faut de la mesure en tout ?

        Une vie elle-même est un pari si l’on envisage tout ce qu’il faut réunir de bon et de bien pour qu’elle ait des chances d’être réussie et bénéfique, pour elle-même et pour toutes les autres, qu’elle est susceptible d’influencer positivement ou négativement dans le présent et dans le futur.

        Depuis qu’il existe, l’homme s’est engagé sur des voies à risques et, expérience après expérience, il a appris à se tenir en équilibre en faisant un pas devant l’autre, en s’aidant de garde-fous,en analysant et anticipant les risques pour les prévenir par des dispositions appropriées, aussi réfléchies que possible, afin de réussir dans ses entreprises.

        Ce qui importe, c’est de prendre conscience des risques. Pas seulement ceux que l’on prend vis-à-vis de soi-même, mais aussi vis-à-vis des autres, dans l’espace et dans le temps, en particulier dans les temps futurs appelés à connaître des vies futures qui naissent en grand nombre à chaque seconde.

        Ce qui importe, c’est de le faire comprendre au plus grand nombre, au lieu de laisser trop d’inconscients guider les foules en se privant d’une infinité de capacités de jugement qu’il convient d’ aider à se développer par le raisonnement, bien plus que par l’endoctrinement qui abêti et asservi.

        Sur ce plan, malgré l’allongement de l’enseignement, il me semble que l’on enregistre plutôt de la régression. Il faut faire émerger des raisonnements, plutôt que de faire reproduire des opinions.

      26. juducac, j’ai pas l’énergie pour aborder la scolastique, mais de ce que j’ai pût en comprendre, je vous le conseille, parce que même si j’aime le flou, je l’utilise pas pour affirmer du vrai… je réagis simplement.
        Vous partez d’une formule (ignorant l’intro), pour justifier le risque de vivre (or ma formule vise l’inverse, que la somme des chiffres donnent l’illusion de contrôle du risque et qu’il en faudrait moins pour l’évaluer), tout cela pour justifier ces chiffres, qui ne servent qu’à prédire le risque (et par conséquent s’oppose à votre argumentation).
        Et tout cela en reprochant aux personnes de s’abêtir, alors qu’il est très intelligent de ne pas ce fier à ces nombres ou ces symboles changeants.

      27. Jducac, souffrez que, pour votre émerveillement, de très grands artistes travaillent à rebrousse-poil.

  18. Merci à Roma pour la référence ;le problème avec les petits 1001 nuits est que le libraire ren âcle
    à les commander ….parfois !

    1. les incisives plantées dans le discours du FN surtout, le coup des “copains et des coquins”, on sait d’où ca vient…

  19. “De plus, Sciences Po offre une formation non centrée sur la gestion, très différente de celles des écoles de commerce et de management qui ont produit la génération de managers qui font les malheurs de nos entreprises actuellement ”

    Quand personne ne relève un préjugé , c’est qu’il est partagé.

    Ce n’est ni le management , ni la gestion en eux mêmes qui font le malheur de nos entreprises actuellement .
    Un bon gestionnaire aurait su demander à son patron combien son salaire représentait de bourses pour élèves défavorisés , et un bon manager aurait compris que , pour rendre les élèves moins avides , l’exemple est la meilleure des pédagogies.

  20. POur listz, oui j’ai dit plus haut que le capitalisme est à l’agonie mais je ne pense pas qu’il mourra tout seul et de ce point de vue ce sont les moyens d’action ( et pas seulement les voeux pieux sur des réformes que les gouvernements actuels ne feront jamais) qui devraient être discutés. Pour le reste de vos a priori, je ne sais pas d’où vous tirez vos informations, les actes ont plus de valeur que les déclarations sur un blog.
    A Martine, je réponds surtout à ceux qui sont prêts aussi à se poser la question eux-mêmes sur leur responsabilité dans l’état actuel, dans le sens de notre incapacité collective à faire bouger un ordre que l’on trouve pourtant insupportable. J’ai expliqué en quoi le type de formation donnée partout (et pas à Sciences Po spécialement) ne préparait en rien à prendre ses responsabilités, à explorer les solutions, à imaginer des pistes et à convaincre pour les partager.
    A Pierre-Yves, on peut avoir des certitudes sur les solutions mais tant qu’on n’est pas au pouvoir, ça ne change rien. Et une fois au pouvoir , dans tous les cas, il vaut mieux s’assurer d’avoir convaincu autour de soi suffisamment , sinon, les yaka fokon gouvernent avec des solutions trop simples et surtout imposées contre la démocratie. Je suis indécrottablement démocrate et cela génère du ralentissement voire de l’impuissance dans un temps où beaucoup , réactionnaires comme révolutionnaires, aimeraient tant qu’on trouve un chef qui applique des solutions de façon “urgente”.
    A Kanème, les gestionnaires de notre époque sont devenus capables de justifier tout et n”importe quoi (externalisation puis internalisation par exemple en dix huit mois) avec des règles supposées nécessaires et efficaces sur le plan de la gestion mais sans jamais aucun souci moral comme le jugement sur l’avidité, ça ça ne les effleure pas, croyez moi, car eux -mêmes sont dans cette culture et en plus ils suivent les ordres. (Je ne parle pas évidemment du contrôleur de gestion de base!).

    1. A Martine, je réponds surtout à ceux qui sont prêts aussi à se poser la question eux-mêmes sur leur responsabilité dans l’état actuel, dans le sens de notre incapacité collective à faire bouger un ordre que l’on trouve pourtant insupportable

      .

      L’incapacité collective est à la fois la somme des incapacités individuelles et un autre type d’impuissance lié aux problèmes des relations qui, pour les démocrates authentiques, ne doivent pas être hiérarchiques, bien qu’elles ne puissent pas être égalitaires..
      En 1967, Guy Debord, celui qui est censé ne pas avoir été au monde, a montré dans son livre La Société du Spectacle que “la séparation est l’alpha et l’oméga du spectacle” (thèse 25) et que “le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images” (thèse 4)

      Comment un individu qui tire sa subsistance du système en le reproduisant par son activité, ce qui est particulièrement vrai pour pour toutes les sortes d’enseignants quelle que soit leur volonté critique, peut-il mener une critique radicale de la logique de la marchandise sans remettre en cause la totalité et donc sa place dans la société ?

    2. DOMINIQUE BOULLIER,

      “je réponds surtout à ceux qui sont prêts aussi à se poser la question eux-mêmes sur leur responsabilité dans l’état actuel, dans le sens de notre incapacité collective à faire bouger un ordre que l’on trouve pourtant insupportable. J’ai expliqué en quoi le type de formation donnée partout (et pas à Sciences Po spécialement) ne préparait en rien à prendre ses responsabilités, à explorer les solutions, à imaginer des pistes et à convaincre pour les partager.”

      Moi, 35 balais, qui n’a jamais cherché à travailler plus que pour gagner sa vie et jouer de la musique, qui a connu chômage, galère et a dû baissé son pantalon pour pouvoir aujourd’hui vous tenir ses quelques mots, qui travaille pour de la racaille qui a pignon sur rue, se demande si vous avez déjà goûté à l’ordre insuppportable que vous évoquez.

      Et si Science Pô n’est pas plus que ça capable de corriger le tir, la messe est dite selon moi.

    3. Mr Boullier, je vous invite à comprendre le produit fini afin de préserver votre vision de la démocratie :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=44281#comment-385708
      Lien donné par Kerkoz dans le billet “le temps qu’il fait” du 30/11 :
      Sur France culture, un philosophe et sociologue, Chargé de cours à l’IEP ?
      Ccl : “il vaut mieux s’assurer d’avoir convaincu autour de soi suffisamment” , si la stratégie géopolitique est déjà écrite, comment voulez-vous obtenir une relative indépendance idéologique ou une ouverture d’esprit ?
      Enfin ce qui est regrettable, c’est : “Le reste du militantisme m’a épuisé”. Permettez moi de vous dire que ce n’est certainement pas le moment et contraire à “surtout ça oblige à se sentir responsable et croyez moi je me sens responsable du monde terrible que nous laissons à nos enfants, malgré moi, certes mais sans avoir pu inverser le cours des choses à temps…”.
      ps : Un peu de courage, prenez exemple sur la détermination d’un anthropologue incorruptible et sans doute incorrigible à vos yeux….

    4. D. Boullier

      “Et une fois au pouvoir , dans tous les cas, il vaut mieux s’assurer d’avoir convaincu autour de soi suffisamment , sinon, les yaka fokon gouvernent avec des solutions trop simples et surtout imposées contre la démocratie.
      Edifiant – non ?: “

      “yaka fokon” c’est vrai mais à lire ceci : N’est-ce pas, à l’inverse, vrai tout autant? (le symbolique se fait autorité dès qu’un pouvoir l’incarne – empochant du coup le statut de vérité ou la fière et auto-légitimée figure du démocrate moderne (vieille vieille histoire de positionnement) –. Je ne sais pas mais à lire ce que dit Lordon, le personnel de la citadelle intellectuelle en fRance a t-elle les moyens de se pencher sur son agonie ? Economistes, institutions, pouvoirs si oui quel dialogue auriez-vous avec Lordon: au travail! 🙁

    5. Certes , qui n’a jamais eut le sentiment d’être impuissant à faire bouger un ordre qui disfonctionne?
      Les désespérés , les impatients, et tout ceux qui croient que l’intelligence saurait se passer d’imagination.
      Certes, qui n’a jamais préféré dénoncer un coupable plutôt qu’une cause ?
      Pas vous en tout cas , qui dénoncez le fait que l’absence de sens moral nuit à la collectivité.
      S’il sort de cette tempête médiatique qu’un Perbereau n’a rien à faire à science po , qu’une meilleure répartition aux niveaux des salaires permettrait un meilleur enseignement ( dont l’ajout d’un théme d’avenir ” sens moral du management et de la gestion ” ) , alors peut être que l’impuissance à faire bouger les choses aura été ébranlée.
      En tout cas , je vous l’accorde , La confusion des genres , c’est tout le problème .

      Ps : Moâ, c’est Habin Kamême , vous avez dû confondre avec le collègue qui vous a accueilli : Cave Canem .

      1. KAMEME,

        Vous me paraissez plein de mansuétude.

        Dénoncer une cause, c’est un bon moyen de se laver les mains.

        Si l’absence de sens moral nuit à la collectivité, c’est bien parce que cela fait prospérer ceux à l’origine de cette absence. La morale et ce qu’elle commande n’est pas née d’hier et tout le monde est capable de pressentir l’immoral.

        Quant au mélange des genres, c’est une fois que l’avis de tempête donné, alors qu’on en a profité jusqu’alors, qu’il est bon de le dénoncer. Les statuts hybrides sont faits pour manger à tous les rateliers. Ca se sait depuis longtemps, et Science Po n’est pas seule à le savoir.

        Enfin, la tempête médiatique est un révélateur du “sauve qui peut”, le premier qui dégaine sur l’autre, qui pourtant vit dans les mêmes sphères, croit pouvoir se donner la parure d’un TALLEYRAND ou d’un MARAT. Mais ça me paraît juste un réflexe de peur. Comme une ministre qui, par voie médiatique, tape sur les doigts de l’église (qui par ailleurs peut avoir en effet fauté).

      2. Antoine

        N’empêche , L’abscence de mansuétude est bonne façon de se salir les mains .

        Rien n’est vraiement faux dans ce que vous écrivez , mais me semble incomplet.
        De part leur condition , seul face à des collectivités , Les êtres humains ont l’obligation de s’intégrer à des systèmes, ne serait ce que pour vivre ou survivre.
        A la longue , certains aspects de ces systèmes peuvent les heurter , les révolter .
        Dénoncer une cause d’immoralité d’un système est un premier pas , mais en restez là serait , je vous l’accorde , une façon de se laver les mains.
        Et puisque vous parlez d’église , “l’incapacité collective à faire bouger un ordre que l’on trouve pourtant insupportable” est une réalité souvent partagée qu’en d’autres termes on appelle ” porter sa croix “.
        Ps : J’insiste , Kamême avec un chapeau sur le e …c’est que c’est l’hiver et c’est qu’il fait froid.

      3. KAMÊME,DOMINIQUE BOULLIER,

        Bon, je suppose que j’y mets un peu trop de sel, peut être à cause d’un vécu personnel qui me rend plus incisif que je ne le devrais. Je présente de sincères excuses à Monsieur BOULLIER.

        “Porter sa croix”, toutefois, KAMÊME, si vous voyez cette expression appropriée, je dis qu’il y a des croix plus lourdes que d’autres à porter.

    6. Et moi, M.Boullier…? y’a rien pour moi…? ni “oui” ni “merde”…?

      … ça me rappelle mes tristes années d’études écourtées faute d’humour…
      Mes questions (certes, un poil effrontées) passaient ainsi sous silence… un silence qui signifiait (je crois):- “Ecoute petit, va jouer ailleurs…”…
      Le temps était réservé aux ramollis du bulbe, sorte de faire-valoir, dont les remarques sans substance ne servaient aux profs que de marche-pied pour continuer plus avant leur bourrage de mou…
      La politique commence avec le polissage… et l’on voudrait ensuite que de la troupe de clones restés dans la course, sorte du singulier…
      Et le père Noël, est-ce qu’il va bien se couvrir…?

      Vous dites à Martine…

      “J’ai expliqué en quoi le type de formation donnée partout (et pas à Sciences Po spécialement) ne préparait en rien à prendre ses responsabilités, à explorer les solutions, à imaginer des pistes et à convaincre pour les partager.”

      Oui… c’est bien… On aurait du mal à imaginer qu’on sorte diplômé révolutionaire… ça d’accord…
      Mais moi je voulais savoir si, (en plus de ne pas leur apprendre à être imaginatif, créatif, responsable et à avoir un chouïa de foi, de conviction)… ce genre d’enseignement ne finissait pas, (par osmose et synergie… par mimétisme et force d’exemplarité)… par les rendre… comment dire?… par les rendre… ceux que nous craignions qu’ils devinssent…. “de monstrueux vampires”…

      En un mot comme en cent… que non seulement, on fabriquait des incapables mais qu’en plus, on les rendait mauvais comme des teignes…???
      Parce que tout de même, ça n’est pas tout à fait le même problème… pas vraiment la même question…

      Et bien évidement, je précise que cela ne vous vise, (vous personnellement) en aucune façon… et je vous renouvelle mes remerciements pour bien vouloir nous consacrer un peu de temps… ce qui ne doit pas être toujours très agréable…

    7. @Dominique Boullier

      J’ai expliqué en quoi le type de formation donnée partout (et pas à Sciences Po spécialement) ne préparait en rien à prendre ses responsabilités, à explorer les solutions, à imaginer des pistes et à convaincre pour les partager.

      Vraiment ? Vous avez expliqué que l’enseignement dispensé à Sciences-Po (entre autres) ne sert grosso modo à RIEN. J’ai du louper un épisode auquel cas ! A moins que je n’ai été quelque peu induite en erreur par ce que j’avais cru comprendre au départ comme une interrogation sincère, l’expression tout à la fois d’un regret et d’une ambition, de la part d’un professeur habité par une certaine profession de foi : « comment avons-nous pu contribuer à former des dirigeants actuels aussi bornés, aussi peu visionnaires, aussi avides ? ». Mais bon, si à présent vous me dites que c’est tout l’enseignement scolaire actuel qui échoue à être une école de de la liberté et de l’audace, je conviens volontiers que cela évacue de beaucoup le problème de la responsabilité de telle ou telle institution pourtant si-tellement symbolique dans la perpétuation (ou non) du troupeau.

  21. @Dominique Boullier :
    Une des caracteristiques desastreuse de notre société “moderne” est le développement du cararactere “néoténique” des individus ( au sens élargi de K.Lorenz) . L’ absence de maturation résultant de la surprotection du système est une dérive dangereuse , meme si la néoténie serait a l’ origine du développement cognitif ( voir le chap sur les nidipares /Nidifuges de Lorenz pour les especes “spécialisées ds la non spécialisation” )
    Il me semble problématique que si la nouvelle génération est bloquée au stade pré-ado ( je me considère bloqué a post-ado) … les études longues doivent accentuer ce caractère négatif ( déresponsabilisation par surprotection …..pas de responsabilité familliales et/ou de survie etc ..) .
    Si , de plus ces individus sont destinés a la direction de la destinée du groupe …….

  22. En écho à ce billet et à ce débat sur l’éducation supérieure à notre époque financiarisée, je pointe cet autre billet que je viens de publier sur un blog anglophone sur HigherEd qui fait un début de critique du matraquage que l’on voit dans la presse sur les MOOC, Massive Online Open Courses.
    http://www.insidehighered.com/blogs/globalhighered/moocs-fad-and-bubble-please-tell-us-another-story
    Je crois que le rapport avec les thèmes de ce blog sont assez évidents… et inquiétants pour l’enseignement supérieur!

    1. Bien envoyé. Un reproche, la phrase ci-dessous, elle aurait eu de la gueule en sous-titre, voire en titre…

      Where is the Dewey of the MOOCs systems ?

      1. Bien envoyé

        Ouais… si l’on veut… comme Dominique est votre ami, je ne ferais pas de commentaires désobligeants mais la méthode est un peu filoute…

        Et il ne m’a toujours pas répondu… c’est surtout ça que je vois… ;o)

        Please tell us another story!… Dominique

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