CE QUI COMPTE APRÈS TOUT


Un anthropologue-économiste qui aime Abba ne peut être foncièrement mauvais (W.C. Fields), Lon, ici sur le blog.

Abba, c’est une expérience esthétique totale : voyez ces costumes de scène dont on se souvient toute sa vie pour les avoir vus une fois seulement, écoutez les paroles de leurs chansons dont – pareilles au plus parfait des trous noirs – aucune signification ne parvient à s’échapper !

Non, sérieusement : peut-on visionner l’une de ces vidéos sans en émerger le sourire aux lèvres pour le reste de la journée ? Et, comme le disait Paul Feyerabend, n’est-ce pas cela après tout, la chose la plus importante ? lui qui aurait préféré être un amuseur de génie qu’un immense philosophe des sciences.

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38 réflexions sur « CE QUI COMPTE APRÈS TOUT »

      1. Un Belge, Magritte, à dessiné la non-pipe et pourtant elle se fume encore. Blague à part, Sapir blogge sans commentaires, Lordon est ouvert aux commentaires mais n’interagit pas… Il existe des formules intermédiaires par rapport à l’actuelle.

        A voir l’impact potentiel sur les rentrées allouées aujourd’hui à la maintenance du site mais là aussi des alternatives viennent à l’esprit. La bouteille à demi pleine c’ est que les changements qui semblent se préciser sont en fin de compte le fait d’une évolution positive dans la transmission du message de Paul Jorion qui bénéficie désormais de canaux supplémentaires là où le blog était le seul.

      2. « Après le non-billet qui nous a laissé pantois… »

        « Pantois », c’est déjà pas rien

        P.Jorion serait entré dans une ère haïku… zenitude qui en dit long…

        « Dans la vieille mare,
        une grenouille saute,
        le bruit de l’eau. »

        Allez, grand concours de Haïku… j’me lance…

        Une scène à musique
        Trois brushing blonds et un roux
        Les années 70

  1. .
    Voulez-vous (aha!)
    Ain’t no big decision (aha!)
    You know what to do (aha!)
    La question c’est voulez-vous
    Voulez-vous

    Au lieu de subir, se poser la question de ce que l’on veut, et pas de ce qui est possible. Ce que vous voulez est presque as you wish, – As You Like It, (shakespear). St Augustin, Aime et fais ce qu’il te plait.

    Donc c’est très important de remettre au centre le désir et de le « légitimer », s’il y avait quelque chose digne de le faire…on ne légitime pas un miracle et ce qui est la cause de tout

  2. lui qui aurait préféré être un amuseur de génie qu’un immense philosophe des sciences.

    Ben oui, après tout, il avait bien raison ! 🙂

    Lorsque le cours des choses atteint un tel degré d’absurdité qu’aujourd’hui, il vaut mieux prendre le parti d’en rire, comme disait, je crois, Coluche !!!

    1. Il y a aussi le rire jaune, l’humour noir. J’arrive pas à rire de ça.

      On a une révolution sans révoltants…

      Hégel : « on n’avait jamais vu que l’homme se mît sur sa tête, c’est-à-dire sur la pensée, et édifiât la réalité d’après celle-ci.  » Marx reprendra la formule ailleurs…

      On a un boxeur sur le ring, le match se joue contre lui-même, la place de l’adversaire reste vide

  3. Être un amuseur de génie, je comprends que ça fasse envie, être un amuseur de talent c’est déjà pas mal.
    Mais je n’ai jamais eu la simplicité d’aimer Abba. Du make-up et des violons à tous les étages, c’est trop pour moi. 😉

    Est-ce sur ce blog que quelqu’un mettait récemment un lien pour Les passantes, chanté par Brassens et Leforestier ? Vous me direz qu’on peut aimer les deux…

    1. C’est rigolo,
      des fois ABBA c’est trop, mais à l’époque je passais de ABBA à Led Zeppelin, Hot Tuna de Jorma Kaukonen et je me régalais de George « Funkadelic » Clinton dans tous ses délires.
      Sans oublier Jimmy « Wonderful Word » Cliff…

      1. Aujourd’hui on a bien le gangnam style de PSY, vidéo la plus vue de l’histoire de Youtube.
        Une chorégraphie rythmée, et ironique paraît-il pour les coréens, qui doit son nom au riche quartier d’affaires de la capitale sud coréenne.

        La preuve irréfutable du déclin de l’empire américain : le gangnam style. 😉

        PS. La vidéo tournée fut tournée au mois de juillet 2012 en 48 heures et était originellement destinée au seul public coréen.
        Ce qu’on ne voit pas sur la vidéo : le bidonville qui se trouve derrière le quartier d’affaires.

      2. à moins que ce ne soit aussi un signe évident de l’agonie du capitalisme qui n’a plus rien d’autre à se mettre sous la dent pour divertir que d’exposer sa propre décadence ….

  4. Séparation de la science et de l’État

    « En se basant sur cette argumentation, Feyerabend prône alors la séparation de la science et de l’État »

    Je n’avais jamais entendu parler de Feyerabend.

  5. nan mais attendez, Abba, c’est pas eux qui chantaient

    « The winner takes it all, the loser has to fall,
    It’s simple and it’s plain, why should I complain. »

    si c’est pas la preuve que PJ a retourné sa veste 😀

    http://www.youtube.com/watch?v=zD7d02tEzNE




    bon ok, ca parlait peut etre pas de finance… ^^

  6. Il y a à la fin de la vidéo , un message publiciatire qui dit :  » Congélation d’ovules : conservez vos aovules pour devenir mère quand vous le désirerez. Ralentissez votre horloge biologique pour prolonger votre fertilité . »

    Cette échappée nordique est elle une façon , après un non -billet , de ralentir votre horloge bloggueuse , pour prolonger votre activité ? Tout bêtement pour souffler un peu ( j’appelais il y a peu au repos pour les joueurs !) ? Auquel cas , j’approuve .

    Pour Abba , la seule vue suffit à me rendre le sourire , et je peux aisément me passer du son ( pas terrible) .

    Pour l’ovule congelée , je ne peux l’imaginer que si ça lui permet d’échapper à un spermatozoïde capitaliste , en l’attente de son spermato-Ranran .

  7. Ce qui compte (en suisse) après tout : « la mère de l’ancien Premier ministre Georges Papandréou aurait été détentrice d’un compte en Suisse sur lequel dormirait près de 550 millions d’euros. » selon les échos. « Pourquoi ces mensonges ? Pourquoi ces attaques ? Peut-être parce que ma famille n’a jamais servi de groupes d’intérêt dans ce pays », réagit Margaret Papandréou ainsi dans un communiqué. Georges Papandréou, qui a démissionné l’an dernier du poste de Premier ministre, estime pour sa part que ce sont des « rumeurs sans fondement ». Les grecs doivent être rassurés !!

  8. aurait préféré être un amuseur de génie qu’un immense philosophe des sciences

    Voilà qui me fait penser à Louis-René des Forêts dont je me suis laissé dire que le livre qu’il aurait voulu emporter dans la tombe était Le Bavard. Une œuvre a priori futile, puisque entièrement composée d’un bavardage, mais du Grand Art ! D’un bout à l’autre on y entend la voix « typique » d’un bavard : ce n’est pas à la portée du premier venu de pouvoir produire un tel effet. L’on sort de sa lecture convaincu que les choses les moins sérieuses sont les plus précieuses.

  9. http://www.youtube.com/watch?v=k-e4kWC4tEg

    Ondine va revenir avant la croissance…

    De pluie et d’eau… il y a une sorte de boucle mélodique qui revient sur elle même, comme lovée en elle même, des notes qui pourraient durer une éternité ; puis elle se rassemble et émerge du fond des âges, de l’incréé, de l’impensé, jusqu’à dominer tout, pour éclater en cascade de gouttes… et disparaître. Une abstraction individualisée, Deleuze avait forgé ce concept à la frontière de l’objet et du sujet…

    Ca pourrait être une fugue vers la fin, la sotto voce, un petit hommage à Bach, un charmant début de fugue inaugurant la vraie fugue 🙂

    Le surréalisme s’il veut dire quelque chose, c’est que ces notes sont plus vraies que la réalité. Amusant le rapport entre surréalisme et sur-travail d’ailleurs.

    1. http://www.youtube.com/watch?v=sDE5O6UG0GY

      Une version plus récente (2007) Ivo Pogorelich :

      « No other pianist brings out the narrative of Ondine–seductive, super natural, treacherous water spirit with childish laughter with adult sadness– better than this guy. Listen to the climax where ondine throws herself into the depth of water for doomed love, and also her tear drops in tres lent section in the end(A-G#, then resolved to A again). This guy makes you vicariously feel her despair(her kind) in a way no one does. agree with him or not, you can’t resist the affect. »

      Je n’avais pas pensé à ça… ! mais en effet :

      http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/aloysius_bertrand/ondine.html

      Et comme je lui répondais que j’aimais une mortelle,
      boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa
      un éclat de rire, et s’évanouit en giboulées qui ruisse-
      lèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

    2. Ce qu’illustre cette pièce est une sorte d’idée de fusion entre le visible et l’invisible : On croit voir par exemple le chatoiement argenté fusiforme, de l’ondine, s’agitant vivement sous l’eau et pourtant de n’est pas de la peinture, – ce qui révèle peut-être le grand secrète à savoir que ce qui est vu est invisible. Lacan avait déjà dit que je ne vois jamais ce que je souhaite voir, etc… Sartre dans l’imaginaire, associe la vision à une ébauche de mouvement, au sujet du chiffre 8 : les yeux esquissent le mouvement, en suivant le contour… Lorsque vous voyez le mot « arbre », il reste le support visuel qu’est la graphie du mot, l’idéogramme en chinois, qui peut donner l’illusion qu’il y a quelque chose à voir, tandis qu’une peinture peut être aussi auditive, notamment lorsqu’on dit « arbre ». Si l’on reprend la manière de Spinoza, l’imaginaire de « arbre » est une image mentale associée à une cause externe, qui n’est pas une image dans mon exemple. Autrement dit quelque chose de visible, une mini-hallucination résulte du non visible.

  10. Mon ignorance est abyssale!
    J’avais déjà vu passer ce nom, Feyerabend. Si c’était Feierabend, avec « i », ça voudrait dire « soir férié », comme Feiertag veut dire « jour férié », suite à quoi (?) je n’avais pas été curieux d’en savoir plus. Est-ce que le « y » change l’étymologie du nom? Malgré mon amour pour l’Allemagne, je ne connais pas assez cette langue pour me faire un avis.

    Mais à lire sa bio sur le lien donné ici, je n’en reviens pas. Il m’a l’air d’avoir eu un sacré culot, ce monsieur Feyerabend.
    Voici ce qu’en dit Jean-Marc Lévy-Leblond, qui cite aussi Tuer le temps, une « autobiographie hors du commun par sa franchise » :

    Paul Feyerabend a certainement été l’un des meilleurs mauvais esprits du siècle. Ses analyses critiques de la philosophie des sciences contemporaine ont plus fait pour rendre à cette discipline quelque intérêt que toutes les grandes théories méthodologiques proposées depuis quelques décennies. L’oeuvre (ce mot l’aurait sans doute fait ricaner) de Feyerabend a toujours assumé une négativité singulière qui la rend inclassable. Face à tous les complaisants constructeurs de systèmes, il fut un démolisseur sans pitié. Trop peu nombreux sont ceux qui font ainsi profession de nettoyer nos édifices intellectuels pourtant bien encombrés

    Il y a d’autres liens sur la notice Wikipedia que nous signale Paul. Je vais me promener par là.

    Merci pour la découverte !

    1. Quand je propose de « retourner à la bifurcation » (où un choix meilleur aujourd’hui pourrait être fait : 1870 pour la science économique, 1944 pour un ordre monétaire international, etc.), c’est de Paul Feyerabend, qui – autre anecdote – proposait en guise de notice biographique, son signe astral.

      1. Allons bon ! l’affect va-t-il se nicher dans l’astrologie ? Dans ce cas :

        Feyerabend : « Je suis l’enfant de ma mère . L’imaginaire est ma réalité  »

        Jorion :  » Un pour tous .Je suis le modèle de référence »

        Juan Nessy : » Tous comme un .Je suis solidaire et identique à mes frères  »

        Juan Nessy vieux :  » Un pour un . Tous pour tous « 

    2. Ca me semble être ce que les ricains appellent un « marvelous maverick ». A peine plus institutionnalisé, je me suis laissé dire que Leo Szilard était pas mal non plus.
      Doit-on mettre Freeman Dyson (encore vivant) dans le même bain ? Je ne sais pas, sur le climat, il flirte avec les sceptiques, sans se rendre compte peut être ?

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