L’actualité de la crise : À L’ORIGINE DES VOIX DISCORDANTES DES RÉGULATEURS, par François Leclerc

Billet invité

Les propos iconoclastes font école chez les régulateurs : après Adair Turner (FSA) et Andrew Haldane (Banque d’Angleterre), Thomas Hoenig (FDIC) vient de récidiver en mettant les pieds dans le plat, en attendant qu’intervienne Elisabeth Warren, nouvellement élue au Sénat et nommée à son comité bancaire.

Ancien de la Fed, Thomas Hoenig est depuis novembre membre du conseil d’administration du FDIC, l’organisation qui garantit les dépôts et régule les 7.000 banques et caisses d’épargne américaines. Dans un article du Financial Times du 12 décembre dernier, il vient de radicalement contester le mode de calcul des ratios fonds propres/engagements des banques de Bâle III. Partant de la constatation que les réglementations successives du Comité de Bâle ont toujours été en retard sur les événements, à chaque fois plus complexes et moins efficaces que précédemment, il propose d’en changer sans attendre les bases afin de ne pas avoir à passer prochainement à Bâle IV ! Bâle III, remarque-t-il, est encore plus complexe que son prédécesseur et offre en conséquence de nouvelles opportunités pour contourner ses intentions.

Thomas Hoenig pense qu’il faudrait cesser d’user de complexes définitions du numérateur et du dénominateur du rapport permettant de calculer le ratio. Et que devrait être adoptée comme règle de ne prendre en compte que les fonds propres « tangibles » (susceptibles d’absorber de la dette) et la valeur nominale des actifs, et non pas leur valeur pondérée suivant l’estimation de leur risque potentiel, rejoignant en cela les propos de Andrew Hadlane qui l’estime non mesurable, ou au moins utiliser des modèles simples de pondération, ce qui reviendrait à tailler dans le vif.

Pénétrer plus profond dans la jungle réglementaire de Bâle III ne lui donne pas tort. Car c’est au risque de se perdre dans le classement entre Tier One et Tier Two, et leurs sous-catégories, de la panoplie des produits obligataires bancaires, ou de trop se pencher sur les modèles de calcul du risque de marché (Value at Risk ou VaR). Aujourd’hui, des inconnues subsistent encore pour savoir quelles obligations seront éligibles au Core Tier one, le graal des fonds propres. La valeur pondérée d’un même actif (l’estimation d’un même risque) pouvant quant à elle considérablement varier d’un modèle et d’une banque à l’autre, sans garantie de changement. Si le Comité de Bâle propose un modèle de calcul standard de la VaR, les banques peuvent en effet utiliser des modèles internes à partir de leur historique de crédit…

Différente de la mesure de risque de marché, celle du risque de contrepartie est un casse-tête insoluble lorsque l’on aborde le chapitre des produits dérivés. Certaines banques calculent déjà un Credit Value Adjustment (CVA) dont dépend leur prix, une mesure qui devrait être généralisée. Mais il s’est avéré qu’elles n’actualisaient pas le résultat et qu’elles utilisaient des méthodes non normées… Une méthode de calcul unique est certes introduite par Bâle III, mais elle fait l’objet de discussions, qui se poursuivent, car la charge en capital permettant de compenser le risque en résultant pourrait annuler la rentabilité de certaines opérations…

Le chapitre du contrôle des risques n’en est pas clos pour autant. Bâle III prévoit d’introduire deux ratios de liquidité – LCR et NSFR – aboutissant à la constitution d’une réserve d’actifs destinés à résister à une crise aiguë de liquidités, respectivement pendant un mois et un an. Les hypothèses de stress à retenir sur de nombreux paramètres, ainsi la liste des actifs éligibles, font également l’objet de discussions, car le sujet est très sensible et touche également les banques au portefeuille (en allongeant la maturité de leur financement, les banques en augmentent le coût).

Que retenir à l’arrivée ? Sur des points essentiels, la nouvelle réglementation n’est pas bouclée, car certaines dispositions cruciales sont vivement combattues par les banques. Sa complexité est par ailleurs très grande, créant de fortes opportunités pour qu’existent au final des failles qui pourront être exploitées. Enfin, son calendrier d’application est repoussé à une date inconnue aux États-Unis et le sera probablement d’un an en Europe, au risque que ce soit prolongé.

De même que le renforcement de leurs fonds propres et de leurs normes de liquidités, les différents projets de séparation des activités de dépôt et de marché des banques pêchent par les mêmes défauts et enregistrent les mêmes retards. À Wall Street, le subtil jeu favori des lobbies bancaires est de proposer des formulations pour les règlements d’application de la loi Dodd-Frank créant des failles, quand ils n’obtiennent pas du Congrès le gel des crédits des organismes de régulation. Au Royaume-Uni, le calendrier d’application des conclusions de la commission Vickers n’a même pas été défini. À propos de la compensation des dérivés de gré à gré, enfin, les exemptions se multiplient, les divergences de vue tout autant et le retard général s’accentue. Le manque de standardisation des contrats fait obstacle à leur compensation, les incertitudes réglementaires générant un grand attentisme.

Dernier moyen et non des moindres employé pour freiner la régulation financière, le manque d’homogénéité réglementaire entre les États-Unis et l’Europe qui ne date pas d’hier et se perpétue, qui prend appui sur l’hétérogénéité des systèmes bancaires : comment, en effet, réguler suivant les mêmes règles des systèmes dissemblables ?

Il se confirme que les complexes échafaudages réglementaires péniblement bâtis, à l’image de ce qu’ils prétendent réguler, ont failli avant même d’être achevés. Suggérant qu’ils n’entreront en application que le jour où ils seront devenus suffisamment inoffensifs. Ce qui explique que des voix discordantes commencent à se faire entendre…

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83 réflexions sur « L’actualité de la crise : À L’ORIGINE DES VOIX DISCORDANTES DES RÉGULATEURS, par François Leclerc »

  1. bale iii , ou la quête mythique de l’amélioration par l’uniformisation.
    a quoi bon faire semblent de réglementer, alors que les acteurs ne veulent qu’une chose s’affranchir des règles.
    Le législateur doit être beaucoup efficace pour réguler un marché qui tire profit d’une réglementation sans cesse mise à son service.
    Le législateur doit couper à la source :
    – supprimer l’obligation d’avoir un compte bancaire pour être payé (possibilité d’ouvrir un compte au trésor public)
    – supprimer les limites ridicules du paiement en espèce
    Ces règles étaient faites pour limiter la fraude ? Rappelez moi où l’on blanchit le mieux ?
    Ces règles sont faites pour faciliter le recouvrement des impôts ? Rappelez moi qui industrialise l’évasion fiscale ?
    Chaque état doit renforcer sa capacité financière propre ( caisse des dépôts, trésor public et banque postale) , l’auto gestion du système bancaire privé a atteint ses limites.
    Supprimer les lois sur le surendettement, ce fatras de texte doit être remplacé par des sanctions directe contre le prêteur qui cessera ainsi de gagner sur tout les tableaux. (intérêt, frais de procédure, saisies (3x le ca)
    les clients (particulier et entreprises) surendettés sont une véritable vache à lait pour le système bancaire, une concurrence déloyale pour les clients qui gèrent correctement, et une catastrophe sociale pour l’état qui doit assumer les conséquences.

    Si les amendes doivent être payées par les établissements qui ont le plus de dossier en contentieux, on fera d’une pierre deux coups, élimination des banques et des clients véreux.
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    Ne cherchons pas à réformer un système coûteux et inefficace, le secteur bancaire ne sera pas plus complexe à restructurer que les charbonnages ou les chantiers navals, mais il ne se laissera pas faire…
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    1. @Zebulon
      Non pas trop de régularisation mais insuffisamment !
      Les clients surendettés sont une plaie pour la banque et non une vache à lait !
      Il faut parler de ce que l’on maîtrise

      1. D’après les commissions de sur-endettement, dans un cas sur deux, la banque obtient un simple allongement de la dette, style rachat de crédits, qui lui est bénéfique.
        Et d’après les stats, un ménage sur-endetté sur deux rembourse tout de même ses crédits.
        Soit, endetter, pour une banque est plus rentable, car 75% de chance de se faire rembourser par rapport au secteur du capital-risk, où il faut avoir au moins 66% d’affaires qui fonctionnent.
        Et lorsque que l’on voit les taux d’intérêt respectifs, on comprend d’autant plus…
        Un patron de start-up ne se laissera pas faire signer du 20%…

        Cela s’appelle le « pouvoir d’achat ». Pour l’un, comme pour l’autre.

      2. Ouaich.. au fait, pour enfoncer le clou.
        Le secteur du « micro-crédit » s’est fait totalement noyauté par les méga-banques car il est hyper-juteux.
        L’histoire des petites rivières qui font les grands fleuves, en fait…
        Les pauvres sont pauvres.
        Mais ils sont beaucoup.

      3. Nouvelle loi inutile sur les découverts : objectif limiter les frais.

        Un découvert est un incident de paiement, il survient donc à la première opération et dès le premier euro. Conséquence d’une absence manifeste de capacité de gestion, il suffit à bloquer le compte. Toutes les conséquences de cet incident doivent être traitées de manière équitable vis à vis des autres créanciers (y compris le teneur de compte) .

        Aucune des autres créances se présentant ne peut être réglée avant une régularisation globale et définitive de la situation du débiteur défaillant.

        A moins que les établissements financiers ne remettent de l’ordre dans leurs pratiques dans ce domaine, il faudra confier le dénouement des incidents de paiements à des tiers de confiance comme les notaires ou les administrateurs judiciaires.

    2. zébulon, c’est ballot mais on dira que tes deux exigences relatives aux paiements en espèces sont quasi nulles et non avenues puisque le salaire net médian français (ou à peu près, 1 500 euros) peut tout à fait être payé en espèces (doit même l’être selon la Loi si demande du salarié) et à 3 000 roros maxi pour une transaction avec un pro et no limit entre particuliers, ya de la marge…

      1. Pour les paiements à un professionnel, les particuliers, qui n’agissent donc pas dans le cadre d’une activité professionnelle, peuvent serte payer en espèces jusqu’à 3 000 euros, mais ce plafond est porté à 15 000 euros s’ils n’ont pas leur domicile fiscal en France. …..

        Mais quand il s’agit de l’achat de métaux ferreux (fer, acier, etc.) ou non ferreux (or, argent, plomb, etc.), la transaction ne peut se faire que par chèque barré, virement bancaire ou postal ou par carte de paiement. Les achats en espèce ne sont plus permis depuis le 1er septembre 2011.

        Un professionnel n’est pas contraint d’accepter un paiement constitué de plus de 50 pièces de monnaie.

        A noter : Les personnes qui ne possèdent pas de compte de dépôt ne sont pas concernées par ces interdictions…..

      2. « Toutefois, en dessous d’un montant mensuel fixé par arrêté du représentant de l’Etat à Mayotte, le salaire est payé en espèces au salarié qui le demande.
        Au-delà d’un montant mensuel fixé par arrêté du représentant de l’Etat à Mayotte, le salaire est payé par chèque barré ou par virement à un compte bancaire ou postal. »
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        Avoir le droit est une chose , avoir le choix en est une autre, c’est ballot.

      3. T’as le droit donc t’as le choix ze bullon. Si tu prends l’option liquide pour ton smic mensuel, l’ébruite pas trop ou alors prends un port d’arme…

      4. Pour la France c’est si le salarié le demande et si l’employeur est d’accord avec des si,
        on est plus proche de la probabilité que du droit.

        La limite sur les salaires nets à 1524 € est particulièrement stupide
        et n’a d’autre justification que d’imposer le transit du flux par les institutions financières.
        Imaginez un seul instant qu’un salarié oublie de déposer son argent dans la banque
        et le dépense bêtement sans qu’on ait eu le temps de lui proposer un placement ou un crédit et surtout sans qu’on lui ait fait perdre quelques jours de valeurs.
        Pour lui c’est presque rien, mais pour nous c’est beaucoup….

        Je suis même étonné d’ailleurs que les banquiers acceptent les virements de salaires inférieurs à 1500 euros, puisque la loi prévoie la possibilité de régler en liquide.
        C’est une charge de travail inutile qu’il faudrait donc facturer.

        puisque l’on facture bien les retraits… Les petits versements devraient l’être aussi.

      5. La limite sur les salaires nets à 1524 € est particulièrement stupide

        Stupide ? Ah bon ? Pour une fois que la Loi réserve fort logiquement un petit, modeste et pauvre privilège (et un droit revendiqué par Ze Bullon soi-même…) aux petits moyennards, modestes et pauvres hères, c’est tout c’que t’as à dire Bullon ? Emargerais-tu au-delà de cet Eden de 1 500 net ? Restes en là .

    3. Espagne : Santander restructure : fermeture de 700 agences
      Prévisionnel : 16000 agences auront été supprimés sur la période 2007-2015
      source les échos

      1. Ze Bullon, p’têt ben qu’ils en avaient de reste des agences bancaires les gnols, non ? Et qu’ils en ont encore beaucoup, beaucoup, beaucoup…

        … 943 agences pour 1 million d’habitants en Espagne contre 196 au Royaume-Uni, 786 agences en Italie contre 453 en Allemagne. Une agence pour 1 297 habitants en France ; la moyenne est d’une pour 2 123 dans l’UE et d’une pour 3 000 aux USA….

        http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/finance-marches/banques-assurances/221147831/agences-bancaires-a-croisee-chemins

  2. Hi,

    Tepco flambe en bourse avec le retour des pro-nucléaires au parlement japonais

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20121217trib000737688/tepco-flambe-en-bourse-avec-le-retour-des-pro-nucleaires-au-parlement-japonais.html

    Voter pour des pro-nucléaires aujourd’hui au Japon …
    Voter pour des pro-nucléaires aujourd’hui au Japon …

    Voilà qui me plonge dans le plus grand pessimisme pour toutes les questions abordées en ces lieux, rien n’est appris, tout s’oublie. La barbarie est notre avenir.

    1. Voter pour des pro-nucléaires aujourd’hui au Japon …

      Ce qui me rend pessimiste c’est de voir que des individus puissent encore voter car, en réalité, la très grande majorité des candidats sont pro-nucléaires puisque partisans de la croissance industrielle et que, comble du cynisme, le nucléaire est présent pour un moment pour la simple raison que l’humanité ne peut pas s’en débarrasser.

      1. Lorsque j’ai entendu hier que la droite revenait aux affaires, je me suis fait la réflexion que la relance du nucléaire n’allait pas tarder. Bingo, moins de 24 heures après l’intention est déjà patente.

        Ensuite, comme le mentionne François, le taux de participation était plutôt faible (le système s’y fait très bien) mais cela ne veut pas dire que le peuple plébiscitait pour autant le nucléaire. J’y vois pour ma part plutôt une énième représentation du vote sanction sans qu’il y ait beaucoup d’espoir à chercher dans cette voie là.

        J’avoue être quand même un peu dépité.

      2. « La participation a été de 45% »

        Ok, mais tous les autres partis avaient, d’après ce que j’ai lu, fait campagne sur l’abandon du nucléaire. Pensant que les japonais en avaient marre. Mais non, c’est un problème super-secondaire pour eux (contrairement à la guéguerre avec la Chine autour d’un îlot, qu’ils ont d’ailleurs volé).
        Un post disant tout le bien que je pensais (depuis longtemps) des japonais a été sucré… 🙂
        J’ai rarement vu un peuple aussi… fourmiesque…

      3. @Paul Jorion: les termes étaient abrupts, certes. 🙂
        Mais j’en peux rien, cette obéissance nippone m’insupporte et j’ai du mal à en parler sans termes exagérés. Il y a comme ça des aversions culturelles…

      4. C’est ce qui arrive quand on oublie l’Unique…dérapages garantis. Pourtant Moi devrait être sensible à l’unique… cessez de parler de peuples…

      5. Moi
        vous pensez bien tout de même que le nucléaire n’était pas le seul enjeu de ces élections.
        Le japon est aussi est en crise. Le peuple par le jeu de l’alternance manifeste donc son mécontentement. Comme dans nos pays.

        Vous n’êtes pas non plus sans savoir que le précédent gouvernement n’a pas été tout à fait à la hauteur lorsqu’est survenu l’accident et ensuite ….Donc là également, sanction.
        C’est « bête et méchant » mais une démocratie représentative ça fonctionne ainsi.
        Ce n’est pas la voix de la raison, mais l’expression du sentiment populaire du moment qui exprime des sentiments parfois contradictoires.

        Les japonais se disent peut-être aussi que le nucléaire est de toutes façons condamné, que ce n’est plus qu’une question de mois, de quelques années pour entériner son abandon définitif. Vous pensez bien que les nouvelles révélations, les nouveaux développements s’agissant de la gestion de la crise n’iront pas comme par enchantement vers un rapide happy end. Le temps travaille donc contre les pro-nucléaires.

      6. moi
        j’ajoute qu’il est inexact de dire que l’ensemble du peuple japonais est resté inerte.
        Si cela avait été le cas l’arrêt des centrales n’aurait pas été décrété.
        N’oubliez pas non plus le rôle des maires, qui doivent donner leur accord pour le redémarrage de la centrale qui se trouve sur leur localité. Là la pression populaire peut s’exercer, beaucoup mieux qu’en allant déposer son bulletin de vote. Il me semble.

      7. @Pierre-Yves D.: désolé, je ne suis pas convaincu par vos arguments. J’essaye de m’imaginer une catastrophe de l’ampleur de Fukushima sous nos contrées et je ne réussis pas à imaginer ensuite que quelques mois plus tard un parti pro-nucléaire gagne des élections. Cela dépasse l’entendement. Je n’arrive déjà même pas à imaginer que nos populations aient accepté aussi passivement les décisions gouvernementales et d’ainsi exposer nos enfants à des radiations probablement très néfastes pour leur santé (et même au Japon, ils doivent bien être au courant qu’on leur ment sur ce point et qu’il y a bel et bien des radiations dangereuses).
        Tout me dépasse dans la culture politique de ce peuple et cela ne vient pas d’aujourd’hui. Déjà tout enfant, les samuraï qui crèvent avec leur maître, hara-kiri, les grèves du zèle et tout ça, je trouvais cela d’une absurdité sans nom (je ne vais pas employer de terme offensant mais je le pense).
        Ils sont polis, honnêtes, etc, ok, mais leur sado-masochisme viscéral me hérisse le poil.

        @juste un gars: ben ouais, mais tu parles pas en japonais là. Eux ils marchent au pas. Enfin bon, je vais arrêter là, ça ne mène à rien que je dise tout ça, on va juste me tomber dessus en groupe… 🙂

      8. moa,
        tout semble te dépasser en effet, à commencer par le zen et le bouddhisme. en bon européen condescendant l’excellence japonaise t’offusque c’est tout.

      9. Tout me dépasse dans la culture politique de ce peuple et cela ne vient pas d’aujourd’hui. (Moi)

        C’est pourtant facile à comprendre: la situation de départ est partout dans le monde une soumission résignée et apparemment inévitable à plus puissant que soi. Certains peuples sont parvenus à s’en écarter – beaucoup en paroles, un peu dans les faits – mais même dans ce cas rien n’est jamais définitif (exemple: USA où seulement un très petit nombre de puissants ont pris le risque de venir s’installer, ce qui les contraint à y mettre les formes.)

        L’oppression subie par vos compatriotes vous est tellement familière que vous la percevez comme très différente de celle que subissent les Japonais. La forme qu’elle prend nous paraît en effet souvent surprenante.

      10. @methode: le zen et le bouddhisme viennent de Chine et d’Inde. J’apprécie (voire j’aime, en ce qui concerne la culture chinoise) beaucoup plus ces cultures.

        @G L: oui, l’oppression est commune à tous les peuples. Mais non, tous les peuples ne l’ont pas intériorisée et acceptée à ce point.

  3. la valeur nominale des actifs, et non pas leur valeur pondérée suivant l’estimation de leur risque potentiel, rejoignant en cela les propos de Andrew Hadlane qui l’estime non mesurable, ou au moins utiliser des modèles simples de pondération, ce qui reviendrait à tailler dans le vif.
    Le compte de résultat (et le bilan) de toute entreprise est évidemment dépendante du mode d’évaluation du stock (des actifs). L’alignement du plan comptable européen sur les normes anglo-saxonnes (actualisation des valeurs) a été un désastre

  4. Après avoir obtenu de la Fed que l’application de Bâle III soit repoussé, les principales banques américaines demandent sa révision, à la veille d’une réunion du Comité de Bâle appelé à boucler ses dossiers. Les banques voudraient que le matelas de liquidité soit diminué, arguant que les efforts qu’elles ont déjà fait sont suffisants, car la définition des liquidités est trop restreinte et les hypothèses de stress trop dures. On ne se refait pas, les banques voudraient notamment que soient inclues les Asset-Backed Securities (ABS), par qui le malheur est arrivé !

  5. Avez-vous des informations sur les ratios « encours réellement disponibles/prêts » dans les banques coopératives et mutualistes? Singent-elles les banques privées ou peut-être existent-ils des nuances? Les « coopératives » authentiques sont-elles plus vertueuses?

    1. Des dispositions particulières de Bâle III sont discutées pour les banques mutualistes et les coopératives. Pour la seconde partie de votre question, qu’elles sont selon vous les barrières à ne pas franchir pour rester « vertueux » ?

      1. C’est ne pas spéculer, ce qui moralement inacceptable, sur les matières premières, c’est ne pas acheter de dettes douteuses titrisées, c’est ne pas prêter à des entreprises qui ne respectent pas les lois sociales et pire, les droits de l’homme et des enfants ou qui détruisent l’environnement. Si je peux me fier au rapports d’activité…cela ressemble à ce que je lis dans ceux de la NEF.
        Ma question étant comme souvent purement rhétorique, elle suggère que certaines coopératives bancaires, qui se refinancent sur les marchés… risquent d’être corrompues par les mêmes « marchés ».
        Mon idée: développer un secteur bancaire alternatif et authentiquement coopératif à partir des quelques petites expériences qui me semblent positives, comme la NEF.

  6. Il était une fois une petite ville de Suisse nommée Bâle.

    Ses habitants tiraient leur prospérité, comme nombre de leurs concitoyens confédérés, de l’activité des banques qui faisaient commerce de l’argent. De leur argent – de qui faisait peu – et de celui des autres dans le monde entier – ce qui faisait beaucoup.

    Tout cet argent rapportait beaucoup, évidemment, puisque c’était sa fonction. Ainsi, lorsqu’il était prêté à ceux qui n’en n’avaient pas assez, il produisait des intérêts – c’est à dire un revenu – à ceux qui le possédaient. Et au passage, les bâlois et bâloises en profitaient puisqu’ils étaient rémunérés pour que ce gentil commerce fonctionne parfaitement, sereinement, tranquillement, jusqu’à la fin des temps. Ceux qui avaient déposé étaient contents eux aussi : ce gentil commerce leur rapportait de plus en plus.

    Un jour, pourtant, les mines devinrent sombres. L’humeur changea. Nos amis bâlois réalisèrent que leur belle prospérité ne valait pas grand-chose et que la montagne d’argent dont ils tiraient leur pitance avait une soeur jumelle : la dette. Oh, ils connaissaient depuis longtemps l’existence de cet enfant oublié, cantoné aux tâches subalternes et néanmoins indispensables. Et tant que cette soeur restait discrète, tout allait bien. Il fallait la nourrir, certes, mais il y avait toujours assez pour cela et le surplus continuait de croître.

    Tout changea quand ladite soeur devint obèse. Du jour où il fallut admettre que la nourrir coûterai plus cher qu’elle ne rapportait, le monde bâlois s’inquiéta. Deux écoles naquirent alors. Il y avait ceux qui pensaient qu’il fallait coûte que coûte faire maigrir cette maudite dette, en réduisant tant qu’on pouvait le surplus dégagé par ailleurs, quitte à entamer les réserves de secours accumulées durant des décennies. D’autres, plus radicaux, suggéraient qu’il fallait tout simplement supprimer l’obèse, ou l’amputer fortement. « Morte ou amputée, au moins elle sera maigre et nous coûtera moins » disaient-ils.

    N’arrivant pas à se mettre d’accord, nos bons bâlois décidèrent – en bons normands qu’il étaient – de faire les deux à la fois. D’une part, ils se lancèrent dans une course à l’amaigrissement de la soeur. Et comme il fallait des réserves pour cela, ils prirent la précaution de s’engager à mettre en commun des tonnes de réserves…. On se sait jamais ce qui pet arriver, une rechute est toujours possible. D’autre part, ils finirent par admettre qu’une petite amputation de-ci de-là ne pouvait que faciliter le retour à la belle prospérité d’antan.

    Tout cela était bien beau et bien bon. Le moral revenait.
    Et puis patatra, la question se posa : mais où allons-nous prendre les réserves nécessaires au remboursement de la dette ? Dans nos réserves personnelles ? Un peu, c’est sûr. Mais celles-ci sont si maigres ! Dans les réserves des autres ? Pas facile. Et la réponse arriva, toute simple : avec de la dette. Mais belle, cette fois-ci. Maigre. Elégante. Pas obèse.

    Et tout recommença.

  7. Le malheur de la finance n’est pas de financer, mais de complexifier à l’extrême, et par porosité, en découle toutes les avanies de la vie économique réelle, avec force contrainte de dirigisme.
    Liberté/rendement pour les uns, absurdité/enrégimentement pour les autres.

  8. 2.5 milliards d’excédent commercial pour l’Italie en octobre dont 1 avec l’union européenne. 6,5 mds dans le vert sur les dix premiers mois…

    1. Pas etonnant. J’ai acheté des chaussures d’alpinisme italiennes SPORTIVA et un poêle à granulé italien Pallazetti rien que cette année ….de la bonne production!

      1. Bonsoir mikaty

        Les chaussures italiennes ont toujours été très prisées.

        Concernant le poêle à granulé, je sais que c’est à la mode ces derniers temps, ce n’est pas forcement ce que vous avez fait de mieux. A puissance égale, c’est moins encombrant qu’un poêle à bois classique mais c’est 3 à 5 fois plus cher ce qui met définitivement à mal le haut rendement vanté de cet appareil de chauffage question amortissement (dans votre cas minimum 5 à 7 ans). Heureusement pour vous le crêdit d’impot est passé par là ( c’est d’ailleurs pour cela que c’est vendu aussi cher, c’est le contribuable qui paie les bénéfices de ces entreprises aussi vous auriez là pu au moins faire l’effort d’acheter français).
        C’est d’ailleurs la même arnaque dans le sens où cela ne fait pas tourner l’industrie française avec tout ce qui concerne les énergies renouvelables, je viens, dans le mois, de recevoir 4 VRP d’entreprises concurentes qui font une prospection acharnée sur le département où le matériel proposé est soit allemand, americain, scandinave… et enfin français dans les détails pour tout type d’installation. Comme quoi la relance pour notre pays avec les énergies renouvelables est une fumisterie.
        Vous avez de plus absolument besoin d’électricité pour son fonctionnement et vous êtes tributaire d’un type de combustible, de ce fait vous n’avez aucune autonomie contrairement à un poêle à bois classique qui est insensible aux pannes ou coupures de courrant et qui accepte pratiquement tout comme combustible (landru pourrait nous en parler).
        D’autre part ce type de matériel tombe en panne, mécanique et ou électrique et a besoin d’un entretient régulier en plus du ramonage classique commun aux poêles.

        Bref comme dirait Pépin, je ne vous souhaite pas d’en avoir.

      2. @itaky:
        +1 avec Riva pour le chauffage granulé :
        -dépendance énergetique
        -dépendance sur le granulé ( technologique)
        -sophistication techno ( pannes)
        -pas de traçabilité facile du granulé : souvent de la MOpeu lignifiée ( bois de taillis) qui nécessite de l’ energie pour secher et qui serait plus pertinent d’ utiliser en BRF

        -Surtout le cout du Metre cube ( ds les 300 euros la tonne de mémoire) pour 55 euros le cube de bois massif dt la qualité se controle a l’ oeil en 10 secondes …

  9. La finance, cette science de l’interdépendance qui n’est devenu que profit (n’est-ce pas Mme la reine d’Angleterre) et qui n’est pas publique. A quand le serment d’hippocrate pour les économes ?
    Le bien commun planétaire, ça dépasse et les frontières, et les types, et les religions, et les idéologies.

    1. Enchanté, Drilling. Mais un doute m’habite.
      Pas sur le fait de ta venue, mais sur les médecins qui semblent avoir un Serment d’Hippocrate à géométrie très variable…

      1. je vous raconte pas mon opération des yeux au laser yvan. un scandale.

        une dizaine de canapés tendances, secrétaires nonchalantes, ‘chirurgien’ en costard en 20 minutes c’est réglé. vous ressortez par l’antichambre où un autre client attend déjà la place chaude. ordonnance au secrétariat sans aucune mise en garde orale, du style si vous oubliez ces gouttes-là vous ou si abusez de l’ordinateur ect… vous reviendrez si c’est encore faisable
        2800 dollars l’opération la plus mineure et zéro remboursement.
        cerise: s’il fallait repayer, j’alignerais la monnaie en disant merci ^^
        bande de vautours

    2. J’ai du mal à comprendre ce que vient faire cette brave octogénaire dans cette histoire.

      [A moins de prendre pour argent comptant les délires de Lyndon Larouche]

  10. Tel que vous les décrivez, les normes de Bâle III ressemblent fort à la ligne Maginot.
    Trop complexes, trop grandes, trop tard et inefficaces quand on aura besoin d’elles.

      1. Mais arrête donc yvan, t’as vu les ratios d’solvabilité des Big banques européennes en 2008 et depuis ? Du même tonneau qu’les critères de convergence. Et dis moi, c’est pas, par exemple, en Allemagne, en Angleterre ou en Irlande que les états non seulement sont massivement rentrés au capital de leurs banques mais n’en sont toujours pas ressortis ? Et dis moi, c’était pas en UE que les banques pesaient 20% de la capitalisation boursière en 2007, soit plus du double qu’aux EU ?

  11. A Bâle on simule, à Bruxelles on formule … Une union bancaire sans s’encombrer de démocratie.

    Ou comment profiter de la crise financière pour affaiblir les parlements nationaux. C’est l’actualité de cette fin de semaine.

    Le processus d’union monétaire est loin d’être démocratique. Le Parlement n’a pas été impliqué dans les débats. Les gouvernements doivent se mettre d’accord sur les budgets avec les institutions européennes avant d’en avoir discuté dans leur parlement.

    Pour preuve, deux documents on ne peut plus officiels :

    Document présenté le 5/12 par Van Rompuy, au nom de Barroso, Juncker et Draghi :

    « Decisions on national budgets are at the heart of Member States’ parliamentary democracies. At the same time, the provisions for democratic legitimacy and accountability should ensure that the common interest of the union is duly taken into account; yet national parliaments are not in the best position to take it into account fully. » (page 16)
    http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/134069.pdf

    Conclusions du Conseil européen (13 et 14 décembre 2012) :

    « Au niveau national, les mesures allant dans le sens d’une intégration plus poussée des cadres de la politique budgétaire et économique exigeraient que les États membres garantissent la participation appropriée de leur parlement. » (point 14)
    http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/ec/134364.pdf

      1. La suppression DE FAIT des parlements nationaux ne vous effraie guère. C’est vrai qu’en France les hyperprésidents ont réduit à peu de chose le rôle de l’Assemblée Nationale, donc de notre représentation démocratique.

        Nous ne pourrons rétablir la démocratie qu’en changeant de Constitution et en redonnant du pouvoir aux représentants du peuple; ainsi les gouvernements issus du Parlement agiront à nouveau pour le bien de tous.
        C’est aussi simple que cela.
        Ceux qui affirment que c’est beaucoup plus compliqué cherchent à nous enfumer.

      2. Nous ne pourrons rétablir la démocratie qu’en changeant de Constitution et en redonnant du pouvoir aux représentants du peuple; ainsi les gouvernements issus du Parlement agiront à nouveau pour le bien de tous…

        Ben comme un peu partout en Europe, particulièrement en Allemagne et à l’exception notable de la France quoi…

      3. « et à l’exception notable de la France quoi »

        J’espère que vous ironisez.
        Exception car seul pays à ne pas pratiquer la proportionnelle. D’ailleurs les résultats sont au rendez-vous, chaque français peut le constater avec son pouvoir d’achat qui s’améliore de jour en jour.

      4. Et redonner du pouvoir AUX PEUPLES, plutôt qu’à ses « dirigeants » comme font tous les dictateurs, ça ne vous a NATURELLEMENT PAS EFFLEURER L’ESPRIT …????

        Retenez-moi, ou je l’engueule.

    1. Magnifique: « …and accountability should ensure that the common interest of the union is duly taken into account; yet national parliaments are not in the best position to take it into account fully. »

  12. « Thomas Hoenig pense qu’il faudrait cesser d’user de complexes définitions du numérateur et du dénominateur du rapport permettant de calculer le ratio. »

    Bonjour,
    heureusement que nous avons qu’un seul numérateur et qu’un seul dénominateur car si nous devons réduire au même dénominateur en calculant le ppcm, Thomas Hoenig ne serait pas au bout de ses peines…(humour)
    Cordialement.

  13. lien : http://www.courrierinternational.com/une/2012/12/17/scandale-bancaire-en-allemagne

    Der Spiegel

    17 Décembre 2012

    Scandale bancaire en Allemagne

    « Le scandale de la Deutsche Bank : la réputation ruinée d’une institution », titre Der Spiegel, après la perquisition musclée ordonnée par le procureur de la République, le 12 décembre à Francfort, au siège de l’établissement.

    Motif du déploiement de forces sans précédent : graves soupçons de fraude fiscale, spéculation, affaires douteuses, manipulation du bilan, etc.

    Des armées d’avocats s’activent sur les multiples procès, procédures et enquêtes en cours dans lesquels est impliquée la Deutsche Bank – l’un des plus grands établissements bancaires au monde –, avec ses 20 millions de clients et ses 100 000 salariés répartis dans 70 pays. « Toute une série de scandales, ponctue le magazine de Hambourg, qui entache sa réputation et la crédibilité de ses dirigeants », ainsi que la confiance de la clientèle et celle de l’opinion publique.

    1. Bonsoir Es-Schneit.

      La question est de savoir qui est gèné par l’activité de cette banque car il n’y en a pas une seule au monde qui ne soit pas coupable des mêmes pratiques. Donc pourquoi celle-ci en particulier?

    2. HBS est mise en accusation, de grandes banques françaises pourraient l’être aussi. Rien ne se passe. On peut reconnaître aux Allemands le mérite d’aller jusqu’au bout, car ce n’est pas la première grande banque allemande qui est perquisitionnée. Au cours des cinq dernières années, plusieurs dirigeants de banques ont été jugés et condamnés, parfois à de la prison ferme.
      Un site allemand permet de retrouver toutes ces affaires : http://www.sgipt.org/politpsy/finanz/FiKr12Q4.htm
      Voilà pourquoi j’ai beaucoup plus confiance en la démocratie allemande qu’en ce qu’il reste de démocratie en France. Chez nous, il ne reste peut-être plus que la révolte, quand on voit l’inaction au plus haut niveau face à la dernière révélation de Médiapart.

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