Parlement européen, Comité pour les affaires économiques et monétaires, le mardi 5 novembre 2013, de 15h30 à 18h30

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Compte-rendu en direct (Julien Alexandre)

18h15 : l’eurodéputé vert Philippe Lamberts interroge la BCE et la Commission, qui se positionnent comme de « simples techniciens » : la lettre de Draghi à la Commison était-elle un avis « technique » ou bien un conseil politique et idéologique ? (pour mémoire, Draghi, président de la BCE, mettait en garde la Commission sur les risques de déstabilisation des marchés financiers en cas d’imposition systématique de pertes aux créanciers obligataires). La question est sciemment évitée par Klaus Masuch, mais Lamberts ne se gêne pas pour le lui faire savoir en le saluant avant de quitter la salle, avec la promesse qu’il y aura d’autres occasions…

18h05 : les questions fusent et remettent en cause la légitimité de la Troïka (organe non-élu dont ne manque que le représentant du FMI aujourd’hui) et de ses solutions. Le député français Liêm Hoang-Ngoc rappelle notamment les dissensions existantes entre la Commission et le FMI sur le multiplicateur budgétaire. Un député : « les prévisions économiques de la Troïka réussissent l’exploit d’être encore moins justes que les prévisions météo ». Selon Klaus Masuch, la raison de ces prévisions erronées est très simple : les méchants Grecs n’ont pas suivi à la lettre les « recommandations » qui auraient permis que les prévisions soient bonnes ». CQFD.

18h : selon Klaus Masuch, « on voit le bout du tunnel ». Comme pour la Commission précedemment avec Servaas Deroose, le représentant de la BCE accomplit son exercice de relations publiques.

17h45 : intervention de Servaas Deroose de la Commission européenne. La crise ? Quelle crise ? Aucun pays n’a fait défaut. La croissance est de retour grâce aux efforts de « consolidation fiscale » (sauf à Chypre qui essuiera – 4 %, mais c’est évidemment passager…). La compétitivité s’est également accrue. Les programmes « d’ajustements économiques » ont certes été parfois difficiles, mais ils étaient « inévitables ».

17h15 : tir de barrage des parlementaires (Belgique, Grèce, Portugal, France) remettant en cause les données « scientifiques » avancées par Gilles Saint-Paul… qui préfère ignorer les questions soulevées et utilise ses 5 minutes pour continuer d’avancer les solutions invalidées une par une par la crise. Xavier Timbeau lui répond en rappelant que l’austérité et la déflation pavent la voie vers la guerre, et qu’il vaudrait mieux relire Keynes et envisager une pacification des relations économiques en visant l’équilibre entre les pays en déficit et ceux en surplus.

17h : intevention de Gilles Saint- Paul. En substance, il n’y a pas d’autres choix que l’austérité : dévaluation (ce qui n’est pas conciliable avec le fait de rester dans la zone euro) ou bien dévaluation salariale… « La Grèce ne peut pas se permettre le niveau de protection sociale des pays scandinaves ». On pense évidemment au speech d’Alan Grayson en 2009, qui décrivait en ces termes le plan des Républicains pour la réforme du système de santé : « Don’t get sick ! And if you do, die quickly. »

16h45 : début de l’audition de Xavier Timbeau de l’OFCE qui met d’entrée en garde contre le risque de déflation salariale. En Grèce et au Portugal, les salaires nominaux ont baissé pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. Le gain de compétitivité à court terme est contrebalancé par l’augmentation de la charge de la dette. L’alternative : suspendre l’austérité et viser l’équilibre à long terme en définissant des salaires nominaux minimaux pour chaque pays qui seraient ajustés de façon dynamique en augmentant le salaire minimal dans les pays en surplus de comptes courants, et en le baissant dans les pays en déficit.

16h30 : salve de questions qui tournent beaucoup autour des solutions mises en oeuvre à Chypre et en Grèce. Ce qui donne l’occasion à Paul Jorion de rappeler son audition 3 ans plus tôt, exposant les bonnes solutions, qui n’ont pas été suivies d’effets, ce qui met en lumière la relative faiblesse des pouvoirs du Parlement européen.

16h15 : Fernando Fernandez Mendez de Andes termine son exposé très critique sur la construction de l’union monétaire européenne, en mettant en exergue les différences avec les autres zones monétaires intégrées. Il soulève notamment la difficulté introduite par la coexistence des régulations nationales avec les aspirations de régulation européenne (les pouvoirs de la BCE en la matière sont restreints). Sans fonds européen de protection des dépôts conclut-il, un euro déposé dans une (bonne) banque espagnole vaudra toujours moins vis-à-vis du marché qu’un euro déposé dans une banque allemande (même mauvaise).

16h : fin de l’exposé de Paul Jorion qui rappelle les deux scénarios en cas d’insolvabilité de la zone euro : 1/ recréer une zone plus petite et solvable en éjectant les États insolvables amenés à restructurer leur dette, rétablir leur monnaie et la dévaluer. Ou bien 2/ planifier un défaut généralisé et une mutualisation des dettes, avec une dévaluation de l’euro vis-à-vis des autres monnaies, à travers une fédéralisation financière, fiscale et bancaire.

15h45 : l’audition vient de commencer après un léger « couac » sur la durée des interventions, ramenée à 5 minutes au lieu des 10 prévue, puis finalement rétablie à 10.

Je ferai donc mon allocution « The future of the Eurozone from an interest rate standpoint » cet après-midi.

Il est trop tard pour s’inscrire mais ce sera visible en streaming ici (il est possible de sélectionner la traduction en français via le menu de la vidéo).

Julien Alexandre et Fatima Ftaich m’accompagneront. Nous tenterons de rendre tout cela aussi vivant que possible, à coup de blogs et de tweets.

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