DANGER, par Michel Leis

Billet invité.

Le jeune sympathisant du Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei (qui n’aurait pas fait de mal à une mouche), quand il saluait le chef dans les années 30 ne se contentait pas de marquer sa soumission à celui qui n’était pas encore le Führer, il approuvait la rhétorique d’un parti qui se présentait alors comme le seul parti antisystème, celui qui promettait le retour à l’ordre dans un monde chaotique, qui redonnait sa dignité à l’Allemand de souche qui vivait le plus souvent dans des conditions difficiles. En 33, le jeune adhérent brûlait quelques livres et peignait des étoiles de David sur les vitrines des commerçants juifs, symbole d’un système à abattre. En novembre 38, des vitres de synagogues brisées, ultime reste d’un système à abattre, en 40, la marche victorieuse sur Paris, en 42, gardien à Treblinka…

Ce n’est pas la signification que peut donner chacun des individus à un geste qui compte, c’est la signification que donne leur chef. L’antisémitisme avéré d’un Dieudonné (« Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage ») laisse augurer le pire. Le discours antisystème n’est rien d’autre que l’illustration de la stratégie du passager clandestin schizophrène. Si ce geste continue à prendre de l’ampleur, on comprendra alors combien la signification et la nature d’un geste peuvent changer très rapidement. Le lampiste est le vrai coupable

Qu’un billet cite l’un de mes textes en même temps que le pseudo « protocole des sages de Sion » (!) dans l’un de ces blogs haineux qui se multiplient sur le web ne m’incite à aucune indulgence pour ces « pourfendeurs » du système. Il faut se battre et dénoncer sans relâche la bête immonde qui devient tous les jours un peu plus forte.

Ce n’est pas en faisant de Dieudonné un martyr que l’on y arrivera. Il faut déboulonner l’idole avant qu’il ne soit trop tard. Et surtout il faut passer à une vitesse supérieure, car bientôt, sur le champ de bataille politique, ce sera notre position contre la leur…

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