BNP Paribas : La Justice est-elle en marche ?

Ouvert aux commentaires.

L’un de vous m’écrit :

M. Jorion, pouvez-vous me dire – car je ne vois rien à ce sujet dans les journaux – les dirigeants de BNP Paribas qui avaient donné leur feu vert à des opérations de contournement d’un blocus financier visant à faire pression sur un pays qui se livrait à un génocide sur une partie de sa propre population, sont-ils sous les verrous ?

– Et s’ils ne le sont pas, ont-ils au moins été inculpés ?

– Et s’ils ne sont pas encore inculpés, ont-ils déjà offert la moindre justification de leur comportement ?

– Et s’ils en ont offert une justification, était-elle plus solide que « C’est la faute à pas-de-chance ! » ?

Ah ! Et puisque je vous tiens là, Jérôme Kerviel, vous savez bien, il est en prison, non ?

J’ai répondu à cette personne que je n’ai rien entendu dire mais que j’allais me renseigner.

Tiens ! Si vous ne l’avez pas lu à l’époque, c’était il y a 24 jours exactement, c’était la transcription d’une conversation que j’avais surprise au coin d’un comptoir : BNP Paribas : AU CAFÉ DU COMMERCE CET APRÈS-MIDI.

Partager :

12 réflexions sur « BNP Paribas : La Justice est-elle en marche ? »

  1. Il est interdit de se faire justice soi-même en France paraît-il.
    Dans le cas qui nous intéresse ici, la BNP, si la Justice ne fait rien il est à craindre que ce soit le peuple qui fasse justice lui-même. En effet, les hackers et autres Occupy sont toujours bien actifs et ils auront tout le soutien de la rue pour assumer une fonction que n’exerce pas nos gouvernants.
    Si nos gouvernants le comprennent, peut-être bougeront-ils. Sinon, rien ne se passera par les voies officielles.

    1. Bonjour Santa fé
      Mais alors tout ce beau monde était de connivence, et nous assistons a un spectacle, et pas a une quelconque justice de quoi que ce soit. Quel monde de fou.

  2. Les questions, du point de vue français (et européen) en tout cas, sont sans objet puisque BNPP agissait en parfaite conformité avec les réglementations nationales et continentales vis-à-vis du Soudan d’Omar El Bechir. C’est l’argument dit « argument Noyer » ou « Noyer le poison », ou « Noyer le Omar ».
    Les gendarmes – encore et toujours – c’est les ricains, pas nous.
    Si ces gendarmes ne peuvent rien contre les individus responsables des agissements de BNPP c’est simplement parce que ces dits responsables ont – semble-t-il et si l’on en croit certains procureurs zuniens – fait en sorte de traîner suffisamment des pieds durant l’enquête pour bénéficier du délai de prescription (5 ans) qui les mettait à l’abri de toute poursuite américaine en tant qu’individus, définitivement.
    La Clââsse, la classe affaire(s), définitivement.

  3. Je rappelle que les USA imposent depuis 1963 un ‘blocus’ unilatéral d’un pays indépendant depuis 1959 – blocus qui a été condamné par l’ONU depuis très longtemps par une majorité écrasante. Cette condamnation est répétée chaque année.
    Ce blocus ne devrait plus se maintenir très longtemps (Hillary Clinton s’est déclarée contre…) ? Mais on n’est jamais sûr.
    Il est très difficile pour ce pays de pouvoir faire des affaires avec le reste du monde, car les USA attaquent les entreprises qui s’y engagent. C’est de l’impérialisme pur et simple. Ce pays n’est ni un paradis fiscal, ni un soutien au terrorisme, ni un pays sans loi. BNP ne faisait sans doute pas d’affaires juteuses ou spéculatives avec ce pays. Le Canada et l’Espagne sont les premiers partenaires économiques de ce pays. Ce pays exporte du nickel. Les USA cherchent à entraver ces exportations, unilatéralement.
    Les deux autres pays visés par la plainte contre BNP subissent un embargo confirmé par l’ONU.
    Je m’étonne qu’on ne fait jamais cette distinction. Si les USA sont gendarmes bancaires dans deux cas, ils sont des terroristes commerciaux vis à vis de Cuba.

    1. Ça traîne… Qu’est-ce qu’il attend pour crever Fidel ? Que les cubains puissent exporter son cadavre vers Miami ?
      Ps: seule la fourniture d’armes (et les avoirs de centaines personnalités) est concernée par l’embargo onusien contre le Soudan et la République Islamique d’Iran…

  4. En tout cas il y en a déjà un sous les verrous : l’ancien PDG d’Espirito Santo (au fait -1,8 % au CAC 40 aujourd’hui , cela aurait-il un rapport… ou l’Argentine … ou le reste etc… ?).
    A l’occasion, un très grand merci à François Leclerc qui nous donne une chronique de cette affaire Espirito santo — et où, ailleurs que sur ce blog trouve-t-on ces analyses permettant de comprendre ce monde fou ? Sans oublier sa chronique de Fukushima…

    Un petit point de vocabulaire : industrie a pour premier sens la production de biens matériels à partir de matières premières. Bien sûr on a pu parler d’industrie touristique ou du spectacle… faut pas être rigide… Mais si on parle d’industrie financière, on frôle la Novlangue, non?
    Quand l’usine AZF à Toulouse a explosé, le PDG du groupe a été convoqué par la justice. Il était normal que son gros salaire implique une responsabilité légale sur tous les aspects du groupe qu’il dirigeait. Par contraste , les plus hauts responsables de cette soi-disant industrie sont bien au dessus des lois — mais ne les font-ils pas par leurs valets gouvernementaux ?
    Cela étant ils sont cohérents parfois : comme l’industrie automobile ou autres biens, les banques aussi reçoivent des impôts crédits recherches pour les m*** produites avec forces modèles mathématiques hyper-sophistiquées, il est vrai !

    1. Les prisons étant déjà pleines (de personnes qui ne devraient pas y être, d’ailleurs…), la justice ferait peut-être mieux de condamner l’ex d’Espirito Santo et ses acolytes de BNPP, CA, SG, Barclays, DB, etc… à des peines de ‘travaux d’intérêt général’
      Une autre vision du mot ‘intérêt’, une vraie ‘rédemption’ !
      😉

    2. « Industrie » dans ce cas-ci n’est pas de la novlangue, c’est plus bêtement un anglicisme : l’anglais dit « industry » là où nous disons « secteur » : le secteur financier.

      1. Merci pour cette information — au temps pour moi.
        C’est donc encore un cas de mot anglais avec son sens ancien venant du latin — industria, activité… Mais n’est-ce pas utile, aussi, cet usage du franglais devenant systématique chez nos élites, leur permettant un peu de brouiller les messages et dans ce cas en effaçant les sens habituels français pour lesquels industrie s’oppose à service ? Un peu une façon de donner une « respectabilité » sociale aux services financiers qui ont dérivés comme l’on sait ? Ou encore le type d’enfumage qui fait employer le mot de paradis fiscal plus sympa que havre fiscal qui serait la vraie traduction des termes anglais fiscal haven ?

  5. Industry,industrie,industria ; bien que dérivant d’un radical commun ces mots ont eu un parcours différent,c’est ce qui fait la richesse de chaque langue ! et les expressions figées sont soit intraduisibles ,littéralement; soit doivent être traduites avec précaution; voir l’immortel « it rains cats and dogs »!c’est ce qu’on appelle des faux-amis….
    Merci à Vigneron et Chabian pour leurs explications simples & claires quant à BNPP ,elles ont éclairé ma lanterne ,très fuligineuse.
    « Autant pour moi » à jacques Seignan !

    1. @ jeanneR, comme C. Duneton je trouve « autant pour moi » plus logique mais ça m’amuse aussi de profiter des curiosités du français, (sa richesse parfois absurde à l’écrit)… pour le fun comme disent les djeuns !

Les commentaires sont fermés.