« Ici on ne vend pas de Haine ! », par Redrock

Billet invité. Paul Jorion : Je reçois de nombreux mails me reprochant la position que je résume comme « pas de choix entre Charybde et Scylla, pas de choix entre la peste et la choléra ». La plupart de ces mails tentent de me convaincre que Scylla est beaucoup plus sympathique que Charybde, que le choléra est de loin préférable à la peste. Le mail qui suit tranche avec ceux-là par son souci de prendre de l’altitude par rapport à ces choix simplistes. J’ai proposé du coup à son auteur de le publier et de lui permettre de défendre sa position devant les commentaires que vous voudrez faire. Les commentaires seront bien sûr modérés (ma responsabilité est engagée par rapport à ce qui se publie ici) et la discussion aura un terme dans le temps.

« Ici on ne vend pas de Haine ! » La tournure veut sans doute provoquer ! Paul Jorion se veut au dessus de la mêlée mais le terme utilisé pourrait laisser penser que le blog de P.J s’inscrit dans une démarche marchande.

« Mais que vendez vous alors ? » questionne un lecteur naïf.

« De la concorde, de l’amour ? » poursuit notre Naïf découvrant « Le Souchon quotidien de l’été »…

En lecteur plus averti, je lui réponds alors : « De l’analyse, de l’information, de l’intelligence ! En plus c’est gratuit mais tu peux apporter ton obole lors de l’appel du mois. »

Une question de fond reste cependant posée au-delà de ce petit dialogue : l’attitude de l’intellectuel face aux Crises majeures.

Si « le propre des systèmes en effondrement est-de ne (vous) proposer que des alternatives entre prendre parti pour Tordu X ou pour Tordu Y », le propre de l’Intellectuel, n’est-il pas justement d’analyser des situations complexes et de les rendre ensuite accessibles à un débat argumenté et serein ?

Doit-il rester silencieux devant les propagandes à l’œuvre ici et là, dressant les camps, gonflant les haines, préparant les opinions aux carnages du lendemain ?

Parler d’un conflit, en décrire les tenants et aboutissants, les mettre en perspective géopolitique, ce n’est pas prendre parti, ce n’est pas jeter de l’huile sur le feu.

Si Droit et Justice existent, n’est-ce pas aussi du ressort de l’Intellectuel de les défendre lorsqu’ils sont gravement menacés ou cyniquement mis en scène ?

Les sociétés complexes en effondrement comme le décrit Jared Diamond meurent toujours de l’aveuglement de leurs élites incapables de penser les changements politiques, sociétaux, environnementaux qui seuls pourraient éviter les chaos guerriers à venir.

Dans nos sociétés modernes d’information – mais aussi de désinformation – le rôle de l’Intellectuel n’est-il pas d’enrayer les tentatives mortifères des systèmes agonisants pour nous précipiter dans  des « chaos régénérateurs » évitant alors toute remise en question de privilèges ou d’idéologies ?

Ainsi dans le terrible drame de Gaza, il ne s’agit pas de choisir son camp entre Netanyahou et le Hamas ni de refaire l’histoire de Ponce Pilate. L’Intellectuel a le devoir d’invoquer l’Histoire, le Droit des Peuples, le Droit International, le Droit de la Guerre et même les Droits de l’Homme. Au nom de tous ces droits bafoués il ne peut qu’exiger de l’État d’Israël la cessation de ses opérations militaires sur des populations civiles sous peine de sanctions internationales. C’est ainsi qu’a pu être mis fin à la politique d’apartheid en Afrique du Sud ; la problématique du Hamas ne pourrait alors se traiter qu’en second lieu dans le cadre d’une discussion générale sur la Palestine et avec la mise en place temporaire d’une force d’interposition.

En Ukraine, faut-il « choisir entre le gouvernement oligarcho-nationalisto-fascisant de Kiev et les rebelles russophones stalino-poutinistes de Donetsk » ? Il ne s’agit pas d’instrumentaliser un camp contre l’autre mais de démêler les fils de la propagande mainstream qui chasse en meute depuis la révolution de Maïdan. Devant la menace de conflit OTAN-Russie qui se précise chaque jour davantage, l’Intellectuel peut-il rester silencieux et laisser le champ libre aux sirènes de l’Apocalypse ?

Se taire et renvoyer les deux camps dos à dos, n’est-ce pas une variante du paradoxe de l’Autruche : la tête dans le sable mais au dessus de la mêlée !

Pour finir sur une note musicale je conseillerai d’abord un Brassens du jour : « Mourir pour des idées » …

Les Dieux ont toujours soif,
N’en ont jamais assez
Et c’est la mort, la mort
Toujours recommencée
Mourons pour des idées
D’accord, mais de mort lente,
D’accord
Mais de mort lente.

O vous les boutefeux,
Ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers,
Nous vous cédons le pas
Mais, de grâce, morbleu!
Laissez vivre les autres!
La vie est à peu prés
Leur seul luxe ici bas;

Je conclurai par un Bob Dylan des origines :  « The times they are a-changin’ »

Come writers and critics
Who prophesize with your pen
And keep your eyes wide
The chance won’t come again
And don’t speak too soon
For the wheel’s still in spin
And there’s no tellin’ who
That it’s namin’.
For the loser now
Will be later to win
For the times they are a-changin’.

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55 réflexions sur « « Ici on ne vend pas de Haine ! », par Redrock »

  1. Monsieur Jorion, Vous voilà bien ébloui par un commentaire qui n’est jamais que du « travail de base » que tout lecteur devrait faire !
    Je pari que « Redrock » n’aura pas à défendre je ne sais quelle position puisque la sienne remportera une large majorité parmi les lecteurs de ce blog (mis à part quelques « trolls » venus pour y mettre de l’ambiance).

    Je verrais plutôt dans l’avant-dernière phrase (celle avant la présentation de « tonton Georges »), une jolie pierre à mettre dans votre jardin (potager, cela va de soi !)

    Vous reprendrez bien un petit verre de « Masochiste » Mr Jorion !

    😉

  2. On oublie facilement que la politique n’est pas un lieu ou l’on peut philosopher, gérer les choses de manière purement rationnelle, humaniste……. Les émotions, la vie instinctive y jouent souvent un rôle majeur, l’inconscient collectif avec ses vielles tendances et abîmes. .Malgré le progrès technologique, nous avons conservé l’homme préhistorique en nous; il faut en être conscient pour se protéger – soi-même et les autres.

    1. « la politique n’est pas un lieu ou l’on peut philosopher, gérer les choses de manière purement rationnelle, humaniste »
      Bien sur! Mais cela est-il contradictoire avec le rôle que peut avoir l’Intellectuel qui s’exprime; bien au contraire.
      L’homme préhistorique, c’était le même que l’actuel. Pourriez vous dessiner les fresques de la grotte Chauvet ? C’était il y a 35000 ans.
      Tout homme est porteur des progrès ou des régressions potentielles de l’humanité; peut être, l’intellectuel l’est-il un peu plus?

      1. redrock
        Le problème c’est que l’intellectuel peut toujours s’exprimer, analyser ou contéster des faits; certains intellectuels et artistes sont extrêmenet lucides. Mais en temps de crise, de boulversement, leurs « armes » ne peuvent rien contre la violence du pouvoir. Exemple: le destin de l’écrivain Stefan Zweig. Il fut broyé par la violence aveugle d’une perversion politique. Aujourd’hui il se passe approximativement la même chose. De tonnes d’ouvrages ont été publiés sur la finance et ses effets déstabilisants voire déstructeurs, mais je ne vois pas beaucoup de changements.
        Néanmoins, le rôle de l’intellectuel est précieux; il réussit parfois à changer la réalité de manière décisive, comme cela était le cas au 18e siécle en France, et n’oublions pas Karl Marx ainsi que beaucoup d’autres.
        L’important c’est de ne pas accepter la réalité imposée par certains acteurs de l’économie et du milieu politique. Il faut contéster. Vivement.

  3. The times they are-a changin’ Bobby ?
    Infidels, 83 (après Sabra et Chatila donc) :

    Neighborhood Bully
    (La terreur du voisinage)

    Well, the neighborhood bully, he’s just one man,
    His enemies say he’s on their land.
    They got him outnumbered about a million to one,
    He got no place to escape to, no place to run.
    He’s the neighborhood bully.
    (Oui, la terreur du voisinage, ce n’est qu’un homme,
    Ses ennemis disent qu’il occupe leur terre.
    Ils sont plus nombreux que lui, un million contre un,
    Il ne peut s’échapper ni courir nulle part.
    C’est la terreur du voisinage.)
    The neighborhood bully just lives to survive,
    He’s criticized and condemned for being alive.
    He’s not supposed to fight back, he’s supposed to have thick skin,
    He’s supposed to lay down and die when his door is kicked in.
    He’s the neighborhood bully.
    (La terreur du voisinage ne vit que pour survivre,
    On le critique et on le condamne parce qu’il est en vie.
    Il ne doit pas se défendre, il doit avoir les reins solides,
    Il doit se coucher et mourir quand on défonce sa porte.
    C’est la terreur du voisinage.)
    The neighborhood bully been driven out of every land,
    He’s wandered the earth an exiled man.
    Seen his family scattered, his people hounded and torn,
    He’s always on trial for just being born.
    He’s the neighborhood bully.
    (La terreur du voisinage a été chassée de chaque pays,
    Il a erré sur toute la terre en exilé.
    Il a vu sa famille éparpillée, son peuple harcelé et déchiré,
    Il est toujours en procès simplement parce qu’il est né.
    C’est la terreur du voisinage.)
    Well, he knocked out a lynch mob, he was criticized,
    Old women condemned him, said he should apologize.
    Then he destroyed a bomb factory, nobody was glad.
    The bombs were meant for him.
    He was supposed to feel bad.
    He’s the neighborhood bully.
    (Il a dispersé une meute de lyncheurs, on l’a critiqué.
    Des vieilles femmes l’ont condamné, ont dit qu’il devait s’excuser.
    Puis il a détruit une usine à bombes, personne ne s’en est réjoui.
    Les bombes lui étaient destinées.
    Il aurait du être désolé.
    C’est la terreur du voisinage.)
    Well, the chances are against it and the odds are slim
    That he’ll live by the rules that the world makes for him,
    ‘Cause there’s a noose at his neck and a gun at his back
    And a license to kill him is given out to every maniac.
    He’s the neighborhood bully.
    (Oui, c’est improbable et les chances sont très minces
    Qu’il vive selon les lois que le monde établit pour lui,
    Car il a une corde autour du cou et un fusil dans le dos
    Et on donne à chaque maniaque un permis pour le tuer.
    C’est la terreur du voisinage.)
    He got no allies to really speak of.
    What he gets he must pay for, he don’t get it out of love.
    He buys obsolete weapons and he won’t be denied
    But no one sends flesh and blood to fight by his side.
    He’s the neighborhood bully.
    (Il n’a pas d’alliés proprement dits.
    Il doit payer pour tout ce qu’il a, on ne le lui donne pas par amour.
    Il achète des armes obsolètes et on ne le désavoue pas
    Mais personne n’envoie de la chair et du sang pour combattre à ses côtés.
    C’est la terreur du voisinage.)
    Well, he’s surrounded by pacifists who all want peace,
    They pray for it nightly that the bloodshed must cease.
    Now, they wouldn’t hurt a fly.
    To hurt one they would weep.
    They lay and they wait for this bully to fall asleep.
    He’s the neighborhood bully.
    (Il est entouré de pacifistes qui veulent tous la paix,
    Il prient chaque nuit pour que le massacre s’arrête.
    Maintenant, ils ne feraient pas de mal à une mouche.
    D’en blesser une les ferait pleurer.
    Ils se couchent et attendent que cette terreur s’endorme.
    C’est la terreur du voisinage.)
    Every empire that’s enslaved him is gone,
    Egypt and Rome, even the great Babylon.
    He’s made a garden of paradise in the desert sand,
    In bed with nobody, under no one’s command.
    He’s the neighborhood bully.
    (Chaque empire qui l’a asservi a disparu,
    L’Egypte et Rome, même la grande Babylone.
    Il a fait un jardin paradisiaque du sable du désert,
    Il ne couche avec personne, n’obéit à personne.
    C’est la terreur du voisinage.)
    Now his holiest books have been trampled upon,
    No contract he signed was worth what it was written on.
    He took the crumbs of the world and he turned it into wealth,
    Took sickness and disease and he turned it into health.
    He’s the neighborhood bully.
    (Ses livres les plus sacrés ont été piétinés,
    Aucun des contrats qu’il a signés ne valait le papier.
    Il a pris les miettes du monde et en a fait de la richesse,
    Il a pris la maladie et l’a transformée en santé.
    C’est la terreur du voisinage.)
    What’s anybody indebted to him for?
    Nothin’, they say.
    He just likes to cause war.
    Pride and prejudice and superstition indeed,
    They wait for this bully like a dog waits to feed.
    He’s the neighborhood bully.
    (Quelqu’un a-t-il une dette envers lui?
    Aucune, disent-ils.
    Il aime causer la guerre c’est tout.
    L’orgueil, les préjugés, la superstition aussi,
    Ils attendent près de cette terreur comme un chien attend de manger.
    C’est la terreur du voisinage.)
    What has he done to wear so many scars?
    Does he change the course of rivers?
    Does he pollute the moon and stars?
    Neighborhood bully, standing on the hill,
    Running out the clock, time standing still,
    Neighborhood bully.
    (Qu’a-t-il fait pour avoir tant de cicatrices?
    Change-t-il le cours des rivières?
    Pollue-t-il la lune et les étoiles?
    La terreur du voisinage, debout sur la colline,
    Il précède l’horloge, le temps est immobile,
    La terreur du voisinage.)

    (Bravo au traducteur… http://www.bobdylan-fr.com/trad/neighborhoodbully.html )

    1. Le chant du poète porte les émotions et les pulsions.
      Celui ci est à la fois mi partisan, mi tragique…Tel le destin du peuple d’Israël.
      Il ne se veut pas une introduction au débat, la fin sonne comme un Requiem ou un Te deum.

      1. Non, 100% partisan (donc tragique, pas de chant partisan sans tragédie) et 100% ironique envers une certaine gauche américaine.

  4. Bonjour,

    Je reviens de vacances et découvre l’avant dernière vidéo du temps qu’il fait de P. Jorion à propos du grand défi (1er août). Je me retrouve l’instant d’après sur cet article, et ses liens qui lui sont associés…
    J’avoue être un peu surpris par l’énergie dissipée par certains à envoyer des injures par mail pour reprocher le côté non partisan du blog (http://www.pauljorion.com/blog/?p=67291, l’un des liens de cet article).
    La rentrée promet d’être chargée on dirait; le trou dans le bateau s’élargit et l’un ou l’autre requin gambade déjà dans la cale…

    Je ne suis pas ici pour m’opposer à une personne qui pour moi est dans le juste lorsqu’elle affirme à propos de l’intellectuel:
    – « le propre de l’Intellectuel, n’est-il pas justement d’analyser des situations complexes et de les rendre ensuite accessibles à un débat argumenté et serein ? »
    – « Si Droit et Justice existent, n’est-ce pas aussi du ressort de l’Intellectuel de les défendre lorsqu’ils sont gravement menacés ou cyniquement mis en scène ? »
    et de terminer par
    – « Dans nos sociétés modernes d’information – mais aussi de désinformation – le rôle de l’Intellectuel n’est-il pas d’enrayer les tentatives mortifères des systèmes agonisants pour nous précipiter dans des « chaos régénérateurs » évitant alors toute remise en question de privilèges ou d’idéologies ? »

    Si je prends le temps de répondre à cet article, c’est parce que je voudrais ajouter un élément.

    Ma théorie tient en trois phases. Pour changer un monde, lui donner une autre forme, il faut que trois événements s’enchaînent dans l’ordre.
    – Le premier est la prise de conscience, la réflexion et la Pensée (avec un grand P). C’est l’élément déclencheur à tout phénomène humain. Sans ça, celui-ci est contraint de suivre le train, quelque soit sa destination.
    – Le second est la désobéissance civile. Non pas celle qui nous fait refuser les lois de manière arbitraire comme rouler à 250 km/h sur un périph’ dans une sorte d’éthique malléable à souhait qui ne fait en réalité que cacher un individualisme narcissique primaire mais bien celle qui découle du premier événement: la Pensée.
    Penser la société, le bien commun, le vivre ensemble – finalement tenter de résoudre l’équation archi-complexe de la Société Humaine – permet de comprendre ce qui ne fonctionne pas. De là découle une série de comportements dits « désobéissants » au vu de la société actuelle qui ne sont que les prémisses d’une potentielle société future, alternative.
    Pour prendre un exemple très simple (et pas drastique pour un sou), une forme de désobéissance aujourd’hui, c’est planter des variétés anciennes de tomates (des vertes, des blanches, des noires, des jaunes,…) dans son jardin ou son balcon, même si elles sont interdites au catalogue européen de fruits et légumes. Catalogue qui est rempli à minima à 95% de variétés hybrides – donc stériles ou dégénérescentes.
    C’est petit comme désobéissance mais aujourd’hui ça va jusque là.
    – Le troisième est la révolution. La période un peu floue durant laquelle les choses évoluent vite, les repères changent, les cartes tournent, de nouvelles figures apparaissent,… C’est l’événement qui modifie en substance la société. Je ne voudrais pas faire les louanges d’une quelconque révolution que l’on aie pu connaître par le passé; je parle ici de la révolution en terme de changement consistant. L’avant révolution n’a plus rien à voir avec l’après.

    Ces trois événements, facteurs, doivent se produire dans l’ordre. Une révolution non réfléchie est une révolution qui ne changera rien, si elle n’est pas matée dès le début par l’élite en place. Une désobéissance sans pensée, c’est pareil. Une révolution sans désobéissance, c’est tout bonnement impensable, car les mentalités ne sont pas prêtes, n’ont pas l’audace nécessaire.

    Après avoir visionné le terrible documentaire « shoah » de neuf heures et demie qui s’emploie à interviewer des rescapés, des anciens nazis et des civils présents lors de la seconde guerre mondiale, on se rend compte d’une chose: les civils savaient, les militaires aussi. La plupart des gens ne voulaient pas participer au génocide mais, comme ils le disent très bien, « vous savez, qu’est-ce qu’on pouvait y faire? »
    Il est une hypothèse qui doit sûrement s’avérer correcte – mais on ne refait pas l’histoire -, c’est que si une révolution avaient éclaté pendant les déportations, elle aurait sûrement foiré; pour la bonne et simple raison que la Pensée ni la désobéissance n’ont précédé l’hypothétique événement. Du moins pas à une échelle suffisamment large. Trop de gens ont accepté le système que pour s’en révolter quand c’était nécessaire. Toute cette tragédie n’aurait peut-être pas eu lieu si le peuple qui a élu Hitler n’avait pas suivi un train nationaliste en marche, dans un contexte de dépression économique profonde. S’il avait réfléchi, pensé. Et je ne jette la faute sur personne; c’est exactement ce qui nous arrive présentement. Nous sommes des grenouilles dans une casserole et l’eau chauffe trop lentement que pour la voir arriver à ébullition.

    Pour en revenir à l’essence de l’article, il me semble donc opportun de souligner que ce blog sert justement de plateforme collective de réflexion, de Pensée. Il est la substance de la première phase de ma théorie. Car bien sûr, même si elle peut se faire à plusieurs, la désobéissance est d’abord un choix personnel de s’exposer à la sanction. Quant à la révolte, elle ne peut se faire que par l’insurrection collective des consciences.

    L’intellectuel a donc bien le rôle susmentionné et ce blog ne peut en aucun cas présenter Tordu X comme plus potable que Tordu Y ou préférer Scylla à Charybde tout en promouvant les mérites des attaquants Coréens…

    Il se doit de Penser le monde.

    1. Planter des tomates (rouges, hybrides et autorisées !) dans le désert, c’est bien aussi.
      Ps: n’oubliez pas de boycotter ces [PJ : censurés] azimutés de chez Kokopelli… (exemple de « Pensée » préalable).

      1. Faites comme moi, renseignez vous sur la boîte à ce jobard de Dominique Guillet (j’invente rien: traducteur officiel du Jobard en chef John Lasch…) et ses produits virtuellement « exclusifs » mais effectivement hors de prix…
        Prenez plutôt contact avec le RSP (Réseau Semences Paysannes), autrement recommandable. La preuve ? Ben, Gogopelli y est sévèrement indésirable.

      2. @vigneron
        Sévère pour l’association Kokopelli qui a eu le mérite de médiatiser le problème des semences libres.
        Il est vrai qu’après, les logiques marchandes et les changements d’échelle sont venus quelque peu dénaturer les naïvetés premières.
        Les changements d’échelle, du local au global, du volontaire au contingent, de l’amateur au professionnel sont souvent sources de confusion, d’incompréhension voire de conflits bien évitables si on prend le temps d’en expliquer les singularités nécessaires.
        Peut-on alimenter Paris avec des AMAP? quelle agriculture? Quel urbanisme? Pour quelle population?
        La question démographique est encore un tabou assez général car elle interpelle une liberté fondamentale et une pulsion essentielle.

      3. @Vigneron

        Au delà de l’animosité dont vous faites état envers une association comme Kokopelli, sans vraiment assumer votre identité, j’aimerais vous poser l’une ou l’autre question:

        – Savez-vous de quelle manière nous avons sélectionné les variétés de fruits et légumes qui figurent au catalogue ?
        – Savez-vous que planter dans le désert des variétés de tomates qui ne sont pas aclimatées est souscrire à un désastre écologique potentiel ? Déjà par l’irrigation qu’elles vont demander mais aussi par les intrants chimiques dont elles seront tributaires ? L’exemple typique est la rouille noire qui se répend dans toute la partie Est de l’Afrique et au de delà vers le Moyen-Orient sur le blé. Blé dont on a éradiqué 95% des variétés traditionnelles au profit d’une seule qui, pas de chance, est tombée malade. La seule et unique raison, c’est la couleur du silo. On a voulu un type de blé, qui faisait toujours la même farine. La pauvreté génétique et biologique dans les champs a des répercussions inimaginable sur les populations. Et augmenter les intrants ne règlera pas le problème. Nos chères variétés inscrites au catalogue demandent un apport moyen de 8 calories fossiles afin d’en produire une alimentaire. Vous aurez du coup sûrement pleins de raisons me montrant la viabilité d’un tel système…

        Donc non, planter des tomates rouges, hybrides et autorisées n’est pas forcément une bonne chose, encore moins dans le desert.

        – Vous me permettrez d’insister et de répéter une question posée précédemment, mais lorsqu’on attaque quelqu’un ou une organisation quelle qu’elle soit, on se doit d’argumenter un minimum afin d’ouvrir l’esprit de l’assemblée. Peut-être savez-vous quelque chose que nous ignorons tous et qui serait crucial à la compréhension de cet épineux sujet?

        Merci d’avance de nous éclairer.

      4. Je vois qu’un membre de la secte Kokopelli veillait au grain (tradition maison, allez voir la page de discussion Wikipedia Kokopelli, c’est le guru Guillet Himself qui s’y colle…).
        Chez Gogopelli on vous explique donc que:

        Nos chères variétés inscrites au catalogue demandent un apport moyen de 8 calories fossiles afin d’en produire une alimentaire

        Ainsi donc, pour les adeptes Gogopelli, il est dit dans le livre de prières que l’équivalent de 24 000 Kcal de pétrole sont nécessaires pour produire un kilo de blé soit 3 000 Kcal. Soit deux litres et demi de gazole pour un kilo de blé, soit 25 000 litres de gazole (156 barils….) cramés par hectare de blé beauceron.
        Écoutez les jobards de chez Gogobelli: chauffez vous au blé catalogué, 0,15€ les deux litres et demi de gazole, c’est une affaire.
        Chez Gogopelli tout est à l’avenant. Toxique.
        Boycott impératif.
        Faites comme D0d01, allez voir chez Réseau Semences Paysannes…

      5. @ Vigneron

        Vous êtes un personnage surprenant!
        En deux commentaires, vous avez réussi à introduire une association que je n’ai pas abordée, à amalgamer toute l’activité de celle-ci à son seul président, la renvoyant à l’état de secte, et à m’en faire passer pour membre écervelé.
        Vous aurez même laissé entendre que tout irait bien dans le meilleur des monde en agriculture!
        C’est génial 🙂

    2. 100 % d’accord avec Boris. Avec une précision : je ne pense pas du tout qu’une révolution en tant qu’ « événement qui modifie en substance la société » soit possible aujourd’hui. Par contre, planter des variétés anciennes de tomates (…) dans son jardin ou son balcon, surtout si elles sont interdites au catalogue européen de fruits et légumes, je ne pense pas du tout que c’est « petit comme désobéissance ». C’est gigantesque au contraire. Aujourd’hui, non seulement ça va jusque là mais ça commence par là et ça peut aller très très loin.

      @Vigneron

      Quand t’es dans le désert
      Depuis trop longtemps
      Tu t’demandes à qui ça sert
      Toutes les règles un peu truquées
      Du jeu qu’on veut t’faire jouer
      Les yeux bandés

      (Capdevielle bien sûr)

      Planter des tomates dans le désert, pourquoi pas ? Racheter les semences tous les ans, je vois pas l’intérêt (parce que « hybrides », c’est ça que ça veut dire aujourd’hui). Et pour l’eau, tu fais comment ? Tu vas puiser dans la nappe phréatique « pas très renouvelable » ? Et, dernière question, qu’est-ce que t’as contre Kokopelli (en dehors des arguments ad personam censurés dont tu es friand) ? T’as certainement tes raisons, alors vas-y, lâche-toi, mais fais quand même attention à la censure !

  5. En effet, il est temps de demander, d’exiger des sanctions pour toute violation du droit international, a fortiori de la part d’un État, et a fortiori au carré quand les violations sont quotidiennes depuis des décennies.

    Dé-simplifier, expliquer, vulgariser, rappeler l’histoire, c’est aussi une forme de lutte contre la « fille de… » et consorts.

  6. En ce qui concerne l’Ukraine, il semble que le détonateur fut la simultanéité de deux propositions commerciales antinomiques.
    A savoir, la Russie qui proposait à ce pays une union douanière et d’autre part l’Union européenne qui proposait elle un accord de libre échange. Donc une lutte d’influence.

    Pour en sortir il faudrait que la Russie propose une union douanière à l’Union européenne entière ou bien que l’Union européenne propose un accord de libre échange à la Russie.

    Impensable!
    Donc la question iconoclaste à laquelle chacun répondra dans l’intimité des ses convictions sera:
    « Pourquoi Est-ce impensable »?

    1. Impensable parce que la Russie et l’Union européene rivaliseraient pour diriger l’union douanière.
      Nous avons échappé à l’URSS, ce n’est pas pour tomber sous le joug de la Russie.
      La Russie a été huimiilé par la perte d’une partie de ses satellites si elle a avalé une partie de l’Ukraine à l’indifférence de l’Union européene, Europe qui se moquait bien avant la chute du mur de la vassalisation de l’Europe orientale à la Russie totalitaire d’alors;

      L’Union a eu peur.
      La Russie a été humiliée.

      Rien n’est donc possible.

      Certains condament l’Ukraine à la Russie, d’autres s’agitent contre la Russie avec le pretexte de l’Ukraine.
      Pour l’instant du moins, rien n’est possible.

      Et surtout pas la solution si parfaite que vous proposez;

      Pour ne pas pleurer, rions de voir des gens ressortir fascisme et communsime pour s’invectiver quand la situation n’est plus celle de ces totalitarismes rivaux !

      1. La situation est certainement plus complexe que vous ne le décrivez et concerne un point névralgique sensible de l’Eurasie qui a déjà dans le XXieme siècle engendré deux guerres mondiales à la confluence entre le monde slave et la zone d’influence de la Hanse germanique.
        Pour parler de ce conflit il faut invoquer l’histoire de la Russie, l’écroulement de l’URSS, la situation complexe du bi-linguisme, bi-culture Est-Ouest en Ukraine, l’écroulement économique du pays et la complexité des relations économiques Ukraine-Russie.
        C’est déjà très compliqué, mais il faudrait encore ajouter du « Drang nach osten allemand », de l’animosité et de l’inquiétude de la Pologne et des Pays Baltes, de l’expansionnisme de l’OTAN et des règlements de compte USA-BRICS sur fond de Crise globale majeure.
        L’économiste J.Sapir sur son blog Russeurope a décrit assez bien cette complexité.
        Ignorer cette complexité a conduit à cette guerre civile dans laquelle un gouvernement a utilisé armes lourdes et aviation pour combattre une partie de sa population, comme à Gaza!

      2. -Je n’éprouve aucune sympathie pour le régime Poutine, mais bien pour la pour la Russie.
        – Un grand destin pour l’Union européenne, devenir le trait d’union entre USA-Russie.

        En rapport avec l’Histoire, celle de l’Ukraine est aussi tumultueuse que celle de la Pologne et Kiev est le berceau de la nation russe.
        Comment réagiraient les USA si Cuba passait un accord commercial avec une région abritant une partie de sa flotte ?
        J’estime que la proposition de l’Union européenne a été très maladroite dès le départ, l’Ukraine étant déjà potentiellement instable.

        Curieux de remarquer que tous ces évènements sont survenus en même temps que l’Union européenne déclarait sa volonté de limiter sa dépendance énergétique.
        Où l’Otan s’approvisionne-t-elle en gaz, pétrole électricité ?

      3. Sapir dit

        cette guerre civile dans laquelle un gouvernement a utilisé armes lourdes et aviation pour combattre une partie de sa population, comme à Gaza !

        Et pas « comme à Gaza ou Alep !»
        Un oubli sûrement.
        Sacré Jacquouille.
        Et qu’on vienne pas me dire que je pinaille.

  7. , l’hommage à Stephane Hessel n’était-il pas juste une position conformiste, dans l’air du temps, pour aujourd’hui renvoyer victimes et bourreaux dos à dos

    1. Vous n’êtes manifestement pas très familier du blog. Si vous l’étiez vous sauriez que ni le conformisme ni « l’air du temps » n’y règnent. Mais je ne m’inquiète pas : vous faites partie de ces commentateurs qui ne sont agressifs au départ que pour qu’on fasse attention à eux, ils deviennent ensuite des contributeurs constructifs.

  8. Monsieur ‘Rocher Rouge’ veut distinguer une mission spéciale des intellectuels dans un monde en déclin : « Une question de fond reste cependant posée au-delà de ce petit dialogue : l’attitude de l’intellectuel face aux Crises majeures » et « Les sociétés complexes en effondrement comme le décrit Jared Diamond meurent toujours de l’aveuglement de leurs élites incapables de penser les changements politiques, sociétaux, environnementaux qui seuls pourraient éviter les chaos guerriers à venir » et « Si Droit et Justice existent, n’est-ce pas aussi du ressort de l’Intellectuel de les défendre lorsqu’ils sont gravement menacés ou cyniquement mis en scène ?
    . » Cela ne me parait pas tout à fait évident.
    Il faut lire tant d’auteurs, Zeev Sternel notamment, pour voir que c’est plutôt le leader rassurant qui rafle la mise par le populisme et le nationalisme dans les cas de peur. Et qu’ « on » va chercher ce dirigeant en cas de blocage politique total, ce qui lui permet d’instaurer le fascisme sans opposition légitime et de liquider opposition et élection immédiatement (modif de la constitution). Le leader sera charismatique et instinctif (hitler, mussolini, pétain) plus que rationnel et programmatique. Je pense que aujourd’hui encore, Bart de Wever en Belgique attendra d’être inéluctable. Evoquons aussi le leader individualiste et sa ‘longue marche’ : Mao (10 ans), Castro (2 ou 10 ans), qui crée un nouveau contexte ex abrupto.
    Des intellectuels apportant des lumières accompagnent un contexte politique, ils ne le créent pas. C’est vrai au XVIIIe ; c’est vrai de Calvin qui a tout perdu, perdant un contexte favorable, sauf par les exilés (aux Pays-Bas notamment). Même si le changement de paradigme (stop à la croissance) nous paraît énorme, est-il très différent du renversement d’un tsar, d’un empereur de Chine ou d’ailleurs ?
    Ensuite : « L’Intellectuel a le devoir d’invoquer l’Histoire, le Droit des Peuples, le Droit International, le Droit de la Guerre et même les Droits de l’Homme. Au nom de tous ces droits bafoués il ne peut qu’exiger … ». Les valeurs, instituées dans des « Droits » doivent être perpétuellement reconstruités, réinstaurées. Comme « droit des peuples », il faut trancher nettement entre démocratie et nationalisme ! Or le spectacle de nos démocraties, aggravé par l’UE, est désespérant ! Les fascistes savent bien se démultiplier en ‘révolutionnaires’ ou ‘résistants’ de gauche autant que de droite et mobiliser contre l’Europe (c’est facile) et contre l’indécision démocratique.
    Il me paraît donc insuffisant de construire de belles analyses ‘au balcon’. Arthur Koestler (La Lie de la Terre, 1941, Calmann Levy-2013) estime que la France avait déjà perdu la guerre en 1939 (!), faute de force morale et de projet, la gauche étant resté sur une défensive purement symbolique et… rationalisatrice ou argumentative. Et que Pétain a confirmé un régime fasciste déjà instauré par les socialistes (camps du Vernet et de Gurs pour étrangers suspects…).
    Envers et contre tout, il faut mobiliser pour un progrès humain/social dans la démocratie. Ce double critère définit un combat. Comme une chanson de Brassens peut nous rassembler… Ce double critère peut nous faire choisir le Hamas contre Israël, mais aussi choisir la population russophone de Donetsk et bien des citoyens démocrates d’Ukraine contre ce gouvernement qui a interdit la langue russe de la minorité et contre la Russie qui mesure les dividendes de la guerre.

  9. « Ici on ne vend pas de haine ! »

    Redrock nous fait très justement remarquer que derrière cette négation se trouve un sous-entendu affirmatif : « ici, on vend quelque chose ».

    Oui mais quoi, se demande alors le naïf.

    L’auteur du billet nous répond, un peu lapidairement je trouve, en rappelant : « En plus c’est gratuit mais tu peux apporter ton obole lors de l’appel du mois ». Donc on ne vend rien. Et de partir sur « l’attitude de l’intellectuel face aux Crises majeures ».

    Mais le fait qu’ici on ne vend rien mérite tout autant qu’on s’y attarde (et pour ma part, c’est la première fois que je le fais). Ce qui a de la valeur n’a pas de prix, dit-on ici même, et même, inversement, ce qui a un prix n’a pas de valeur. Ainsi donc, tout (tout !) ce qui fait l’objet d’une transaction commerciale… est sans valeur. Mais rien de ce qui a de la valeur ne peut, par essence pourrions-nous dire, faire l’objet d’une telle transaction.

    (Cette réalité ne peut être mieux illustrée qu’elle l’a été, a contrario, par le chat de Philippe Geluck : « Pour être mon copain, c’est assez simple. Il suffit de verser 500 euros sur mon compte en banque. Mais pour être mon ami, c’est autre chose ! Car l’amitié, c’est sacré !… C’est 20.000… »).

    L’amitié, l’amour… Quoi d’autre ? La vie. On ne peut, par définition, pas se l’approprier. Et là, on approche déjà de la ligne de crête… Avoir acheté un chat (dans un sac ou pas), est-ce transgresser le fait que la vie n’a pas de prix ? Il ne me semble pas, mais tout le monde n’est pas d’accord avec ça. Ou cette belle orchidée que j’ai achetée dans le seul but de faire plaisir à l’élue de mon cœur ?…

    Par contre, breveter le vivant, breveter les semences, là, c’est (il me semble) donner un prix à ce qui ne peut pas en avoir, parce que la semence fait partie de la générosité intrinsèque de la vie. Nul ne peut en être dépossédé.

    Et un homme ? Acheter un homme, ce n’est pas comme acheter une orchidée. Aucun homme ne peut appartenir à un autre homme. Je dirais que là aussi c’est « par essence ». Mais quels sont mes arguments ? Je suis bien démuni en fait ! Bien des gens me diraient qu’ils ne voient pas où est le problème, et qu’il est donc bêtement « culturel » ! Et l’ouvrier qui sait que si il perd son boulot, il n’en retrouvera pas d’autre (parce qu’il est trop vieux, trop « monotâche » ou que sais-je encore), n’est-il pas pieds et poings liés, n’appartient-il pas de fait à l’entreprise comme la machine sur laquelle il travaille ? L’aliénation ne serait-elle pas elle aussi une forme d’esclavage ? Quelqu’un n’aurait-il pas, dans ce cas aussi, collé un prix sur ce qui ne peut pas en avoir ?

    Mais alors… il y a du boulot (au sens propre !) pour enlever l’étiquette « prix » à tout ce qui ne peut pas en avoir !…

    Et la haine alors ? Eh bien, je dirais… que c’est le refus d’accorder au débiteur la remise de sa dette. Sa dette qu’il ne pourra de toutes façons jamais payer. La mort d’un proche par exemple…

    1. Olivier tu m’impressionnes.
      Vigneron ou François c’est comme on veut, je ne te comprends pas. J’aimerais que tu sois comme le scientifique décrit par Paul, et que tu puisses permettre la compréhension de tes mots, et si j’ose moins ad personam. Il paraît qu’ici on ne vend pas de haine.

  10. @Chabian
    Redrock relève de la phonétique et non de l’Anglais.
    Toutes les dérives que vous dénoncez n’impliquent-elles pas justement un investissement plus grand des intellectuels et de toutes les bonnes volontés dans la Pensée collective du Monde?
    Alors que les systèmes agonisants essaient encore de formater l’information, que les opportunistes populo-nationalistes fascistes surfent sur les difficultés des populations n’est il pas encore plus urgent de se saisir de tous les moyens de diffusion possibles pour arriver à faire progresser cette prise de conscience qu’évoque Boris.
    Je crois globalement à une progression -non continue, chaotique-de la Pensée Humaine collective; Elle est actuellement plutôt en panne, confrontée à un individualisme systémique porteur de sa propre ruine mais aussi de celle du lien social.
    La valeur concrète de l’exemple et sa communication sont souvent plus efficaces qu’ un long discours.

  11. Yes ! on réhabilite « mourir pour des idées ».
    Je suis malheureusement méfiant des concepts et idées, ils sont utiles, mais une fois essentialisé (merci Onfray, c’est un verbe en devenir) j’ai l’impression que l’espèce humaine est morte et qu’il ne reste plus qu’un ordinateur doté d’un programme intelligent qui continue de penser à des idées (comme l’amour, la haine, la charité, la vérité, le beau; le chiant, le bleu pâle et la guimauve rigide, voir le jaune grivois) et par conséquent je m’en fou, puisqu’il n’y a plus d’humain pour le vivre.
    Et puis tout cela est vieux,…. Asimov n’a pas parlé que de robots, mais aussi d’hommes « entiers » hermaphrodites (les Japonais avaient aussi un délire la dessus il y a quelques années, mais j’aime l’idée qu’une nation soit maternelle et qu’un empire soit paternaliste) un nouvel homme distant, car sa liberté n’est possible que dans son absence de confrontation « aux autres » de son espèce (la planète s’appelait-elle « solaris »?… je sais plus).
    Je crois me souvenir que durant la quatrième république un « Arabe » (prenez le comme « un Normand », sans les milles ans qui ne l’obligent à répondre à un: « rentre chez toi le nordique », mais sans forcement y ajouté un casque viking, que serait la représentation d’un « Arabe » si l’Arabie Saoudite avait plébiscité que les hommes soient nues?,eût égare aux femmes voilés)fût député dans la région Paca, il parait qu’il pensa même à un prés-Euro (bon on est en France, donc on n’est des brelles en économies, c’était plutôt un échelle de troc compatible au niveau Européen, c’est moins con que l’Euro, même si cela n’empêche pas les différences de productivités pédo-climatiques des objets alimentaires troqués)
    Les Belges n’ont pas de chance, au moins les ricains peuvent regarder les Canadiens en ce posant des questions, les Français affirment assez de différences internes, pour ne pas en chercher d’autres.

  12. @ RedRock
    J’éprouve une certaine gêne à placer l’Intellectuel « en balcon » : comment ne pas voir dans la capacité à émettre des propositions analogies ou appréciations, caractérisées parce qui semble être une indépendance d’esprit, une certaine forme de supériorité ?
    Moi, l’itellectuel, je suis dans un certain éther, j’ai échappé à l’emprise de telle ou telle tribu, ergo, moi, je cause le juste plus que les membres de ladite tribu.
    Or ça, ma notion intellectualisée de la justice ne doit pas oublier qu’elle est rendue possible par celle de M. Michu (nom de famille courant de Donetsk à Gaza en passant par Tel-Aviv, Kiev et Ninive). Je ne suis que l’appendice de cerveaux et de corps, bras et mains qui ont fait vivre cette notion, afin que je puisse en exciper. La charge est lourde ainsi vue.
    Vue autrement, c’est une forme de travail quotidien (qui peut n’avoir rien d’épuisant si l’on balaye toutes les formes de société qu’ont rapportées les anthropologues, Clastres par exemple) qui a codé de la justice (et du droit) à tous les étages de la vie humaine. Cette justice n’est pas qu’un bien, elle est un mode douloureux, puisqu’on apprend enfant qu’elle est différée dans le temps (« mon frère a eu sa part avant la mienne » même si le parent a cru être juste), c’est la contrepartie de notre grande affaire néo-corticale d’une mémoire culturelle (langue, Leroi-Gourhan, Stiegler, Simondon, ou Laborit…).
    Sans que je puisse l’expliquer, il me semble du coup que le jugement intellectuel ne devient appréciable à son tour que s’il s’enchevêtre intimement dans une forme ou une autre de « travail », activité de formation de la matière ou d’information de l’intellectuel. Sans ce « balourd » de notre grand volant d’inertie auto-motorisé qu’est le cerveau, nous usurperions l’apport invisible de tou(te)s les Michu.
    Le sel de l’affaire est que dans un besoin de subsistance et de sécurité, les Michu de partout ont besoin de faire allégeance un chef, une tribu, qui les rassure dans leur rôle. Les évolutions ne surviennent que lorsque le tissu d’allégeance admet un dédoublement de ses plis.
    La question qui a déjà été posée (par Roddier ou par bien d’autres) est que dans un monde aux inégalités croissantes, le besoin de se rassurer et de subsister (besoin à jauger en relatif aux signaux reçus par Michu) va croissant, les plis et dédoublement se resserrent sur des petites différences (slaves d’ici ou de là…) et accaparent le quotidien ou encore le moyen-terme.
    Le long-terme (et son soliton environnemental et informationnel) disparaissent alors malgré le fait que le nombre d’intellectuels posant des choses tout à fait intéressantes soit élevé (en absolu, peut être pas en relatif pour le coup). La prochaine occasion de faire prévaloir un « grand pli » sur les « petits plis » peut-elle naitre d’un effort intellectuel, ou doit-on seulement maintenir au mieux des flammes, jusqu’à ce que la dynamique propre d’un système en perdition (« running amok » disent, je crois, les anglais) se chargent de synchroniser tous les Michu au-delà de leur télé et de leur baronnie ?

  13. La société est traversée par des forces multiples, plus ou moins explicites, économiques, sociales, politiques. l’individu cherche sa place, soumis à ses pulsions, ses rêves, ses contraintes multiples; Il est aussi la cible de multiples intérêts souvent contradictoires; il est unique par essence et pourtant la pesanteur de Michu est omniprésente, comme vous le constatez, certainement lié au fait que nous sommes des animaux sociaux avec un fond génétique commun.
    L’intellectuel, au sens des lumières, est celui qui s’intéresse au fonctionnement de la société humaine et à ses évolutions cherchant à en comprendre les ressorts internes avec en tête une quête d’amélioration (progrès?); Cela implique donc un engagement, un travail avec et dans la société tout en développant des outils et des compétences spécifiques. L’intellectuel, de par cette formation peut donc informer , former des pans d’opinion et favoriser des évolutions sur le long terme.
    Mais ces évolutions ne se feront que si des convergences, des mobilisations se créent, rencontres parfois fortuites entre des frustrations ou des colères accumulées et un courant de pensée.
    Nul ne sait vraiment quand la rencontre se fera et si elle débouchera ensuite sur de grands changements.
    Ainsi des mouvements de 1968,
    On a cru un instant que les mouvements altermondialistes des années 2000 pouvaient précéder de nouvelles évolutions. La Crise des subprimes et les mouvements des 1% ou des Indignés auraient pu déboucher sur des ruptures sociétales: ce n’est toujours pas le cas.
    Les « modes de gouvernance » de nos sociétés civiles sont aussi plus efficaces dans la gestion des conflits et le contrôle du temps de cerveau disponible.En contrepartie, l’information numérique, donne plus de pouvoir de diffusion aux porteurs d’alternatives.
    Il y a certainement des boucles d’hystérésis et des effets de seuil dans les interactions intellectuels-Pensée-Evolution sociétale

  14. Si l’on cherche avec notre cerveau les solutions pour sortir de cette impasse historique je crains fortement que ce ne soit qu’un prolongement de l’impasse……vu les enjeux c’est avec du jamais vu , du jamais entendu que l’avenir pourra s’écrire. Avec quelque chose de l’ordre de l’inspiration sensible et non pas l’intelligence il nous sera possible d’entrevoir les pistes possibles, l’intelligence mettra tout ceci en ordre par la suite. Nous sommes devant un défi gigantesque l’intelligence au service de ….l’amour. Le délai ?….du temps beaucoup de temps. Et tout ces conflits ne sont là que pour nous dépasser dans nos limites étriquées , quoiqu’il arrive tenter de préserver l’amour de soi, des autres, de la vie. C’est de l’évangélisme? possible mais alors rajouter un mot de l’évangélisme laïc voir républicain!!!!
    Mr Jorion est dans cette mouvance avoir le Souchon de l’été au milieu de tout ces billets sur les désordres du monde n’est-ce pas mettre un pied dans ce monde de l’inspiration sensible?

  15. Que vendons nous ici donc?
    De la réflexion pure, c’est ce que l’on dit d’une source quand elle est bonne.
    Pour sortir des prises de partis et afin d’apporté une véritable alternative; je demanderais à chaque, soi disant intellectuel, de vulgariser le fonctionnement de ce monde et de proposer à chaque terrien de participer aux règles que l’on se doit de respecter afin de vivre ensemble en harmonie.
    Pourquoi acceptons nous des règles uniquement écrites par une minorité d’entre nous?
    Cela est ma conclusion de l’ensemble de vos contributions.

    1. Pour écrire ensemble une nouvelle constitution, il faut commencer par créer des clubs… où chacun deviendra un  » intellectuel « .
      Le Jorion’s blog est l’un de ces clubs.

    2. @ Justebienlibre

       » Pourquoi acceptons nous des règles uniquement écrites par une minorité d’entre nous? »

      Parce que l’homme est soumis à l’autorité, comme le montre l’expérience et livre Soumission à l’autorité de Milgram, entre autre.
      Pas besoin de menace, il suffit que l’autorité soit légitime.

      Que l’autorité émane d’un consensus, d’une dictature, d’une démocratie pluraliste ou autre… L’autorité est obéie.

      Personnellement, je pense que toute autorité légitime trop faible se délégitime et que toute force constante finit par paraitre légitime.
      En cas de crise, il peut y avoir changement d’autorité, l’autorité donc le pouvoir changeant de mains.

      Mais je ne crois pas à la disparition des règles écrites par certains appliquables à tous ici.
      1 Obligation de déléguer dans les grands groupes.
      2 Gout de beaucoup d’imposer leur pouvoir aux autres : par la loi on peut, qu’on me passe l’expression, faire la loi.

       » je demanderais à chaque, soi disant intellectuel, de vulgariser le fonctionnement de ce monde et de proposer à chaque terrien de participer aux règles que l’on se doit de respecter afin de vivre ensemble en harmonie. »
      Hum…
      Vous remettez l’autorité de certains en cause, les attaquez en somme, et demandez leur aide. Contradiction ou défi ? Si contradiction non prise en compte de votre proposition en tant qu’absurde, si défi contournement de votre proposition pour conserver leur autorité.

      Et de toute façon, des gens comme par exemple Milgram qui montrent comment le monde fonctionne, n’ont peut-être pas de solution, ne voient peut-être pas leurs théories admises-comprises.

  16. Il est vrai que prendre parti sur des conflits dont nous ne savons pas grand choses des tenants et des aboutissants ne fait qu’envenimer les situations et parasite l’atmosphère..

    En effet , nous avons encore la chance de ne pas être directement impliqués dans ces conflits et d’avoir une vue globale, de pouvoir se forger une opinion raisonnée et informer nos « congénères »..Prenons la!

    Nous ne pourrons sauver le monde ; il y a une multitude de combats a mener sur lesquelles nous avons une prise directe.. Il faut que les mentalités évoluent, pour voir plus loin que des conflits géo localisés et préparer un futur décent. Voilà mon avis ..

    Et je m’autorise une chanson : Idir ; « Mon petit papa, ouvre moi ta porte.. »

  17. Désobéissance, règles, harmonie, résilience… Toujours l’articulation entre individu et société. Animal social, l’homme a longtemps refusé son animalité et ne voulait bien la reconnaitre que chez l’autre, cet esclave, cet inférieur, cet étranger…Il la reconnait maintenant en tant que partie intégrée de sa Personne.
    Quelques éthologues s’intéressent à l’animal dans sa sphère sociale approchant ainsi psychologie, sociologie. Le développement exponentiel des techniques d’échange et de communication peut-il développer une sorte de conscience planétaire d’espèce au delà même d’un fond culturel commun (ou en dessous)?
    C’est un questionnement en cours, de même l’accumulation des expériences locales peut-elle accéder au global? Ou bien, est-ce l’arbre qui cache la forêt comme a pu me dire François Ruffin rédacteur en chef de Fakir lors d’un entretien radio?

    1. Si accepter notre animalité revient a vivre en symbiose durable avec notre planète et se réapproprier le « surmoi » (cf vidéo du 8 août de Paul Jorion) alors cela est nécessaire oui..
      Je conseil de lire « Kaluchua » de Mr de Pracontal sur les « sociétés animales », ils ont à nous apprendre!

  18. Par exemple comment expliquer une telle complexité sur notre devenir avec ce genre de règles:
    « http://www.contrelacour.fr/negociations-transparence-cjue-condamne-commission/ »

    1. Le 3 juillet, la Cour de justice de l’Union européenne (première chambre) a rendu un jugement historique, en réponse à un appel interjeté par le Conseil visant à refuser l’accès aux documents de négociations internationales pour les citoyens européens et à leurs représentants au Parlement européen.Cette décision de la Cour a trait aux négociations tenues secrètes concernant le projet de libre échange transatlantique TAFTA.
      Malgré cette volonté de cacher les projets de négociation ils ont été heureusement largement divulgués et commentés dans les médias alternatifs d’abord, puis mainstream;
      Ce qui montre effectivement la volonté du système de passer par dessus les opinions publiques mais démontre également la capacité de résistance des divers réseaux plus ou moins informels.

      D’où l’intérêt de se saisir de l’information et de la transmettre en l’expliquant; C’est la partie noble d’internet! Une forme d’intelligence collective.

      1. Certes Redrock le jugement de la CJUE fera jurisprudence dans ce type de litiges en matière de transparence entre Conseil/Commission et Parlement Européen dans le cadre des négociations en cours et à venir, mais il serait bon de noter que ce litige désormais définitivement jugé remontait à 2009 et ne concernait nullement les accords TAFTA mais bien les accords TFTP/SWIFT… signés 5 jours plus tôt (après avoir été retoqués dans une 1ère mouture, on s’en souvient, par le Parlement).
        (Lire les jugements avant d’en reprendre certains échos plus ou moins fiables…)

  19. ¿Que sont les extrèmes?. Le lieu où vont se situer, en un moment de son histoire personnelle, les idées et les attitudes des individus que nous sommes, dans l’échiquier social avec tout son contenu. Et ça peut charger très vite dans le temps.
    L’impact de ceci dans l’Histoire a lieu quand le fléau s’arrête dans ce parcours et le balourd devient intenable pour les conditions réellement existentes. ¿En sommes-nous là?. Je crois plutôt que l’interrogation des citoyens est en mouvement, malgré les manoeuvres manipulatrices des appareils politiques et des moyens de communication.
    Et je suis bien d’accord que les appareils de pouvoir en place ( appellation générique, mettez-y tout ce qui a du pouvoir et veut le conserver), ne vont pas facilement accéder à ce que les citoyens, par leurs propres moyens pacifiques et démocratiques, disposent purement et simplement de leur destin et du destin de la planéte. Par toute une foultitude de moyens, les pouvoirs économico-politiques, tout au long de l’Histoire, ont évité que cela se produise.
    Dans ces circunstances, où se placent dans le processus de changement réel, qui par exemple pour moi prend la perspective de l’Espagne, que signifient les notions de compassion et de haine, de violence et de justice, de « mal » relatif et de « bien » également relatif. Tout ceci placé dans le processus Historique réel, qui tient compte de la vie des personnes réelles et du pays réel dont nous disposons.
    Les gouvernants, passés, présents et futurs dans la perspective du passé, sont en grande majorité convaincus de tricheurs, voleurs et indécents. Evidemment, ils sont issus d’un milieu, d’une société qui les a portés là où ils sont. Responsabilités des citoyens. Pas tous, ni de la même manière. Nonobstant, les formes démocratiques permettent de relativiser la responsabilité des politiques, qu’on peut califier de « protection ». En fait ils sont peu responsables.
    A partir de là ils font et défont la vie quotidienne des personnes, de la société, de telle manière que l’intégrité physique et les moyens de vie du citoyen est, de diverse maniére, en danger, et que ce danger se substantifie en des issues violentes. Nous, les citoyens, vivons la violence des décisions imposées par les gouvernants.
    Nous sommes en colére, les appelons de noms d’oiseau, et de temps en temps le dessin d’une guillotine traverse les moyens de communication, leur rappelant qu’il ne faudraît pas trop se ficher de nous.
    Nous en sommes lá. Le processus est enclanché. Il y a un grand courant, pour le moment amoureux, de convergence de beaucoup de citoyens qui projentent des solutions également amoureuses. Mais que va t-il se passer si apparaissent des provocations et des réactions violentes non acceptables?. Je crois bien des choses, mais préfère l’interrogation, pour le moment.
    Voilà comment je pense qu’il faut se référer à ces questions. En attendant, ni vendre ni acheter quoi que ce soît qui n’aie pas la réalité comme perspective. ¿Quelle réalité?….il faut bien m’arrêter d’ecrire….
    Diego

    1. …vivre ?

      Je ne vous le fais pas dire !
      Cela peut se résumer en une phrase:

      « Penser l’existence, exister la pensée. »

  20. @ Redrock

    La situation est évidemment plus complexe.
    Mais je crois que l’essentiel, dans une rivalité est les deux rivaux et l’objet de leur rivalité, ici, l’oeust, l’est et l’interface.

    La plupart des gens considèrent l’Ukraine comme un objet.
    Un moyen d’avancer en terme de géo-stratégie pour les dirigeants. Un moyen de fantasmer menace communiste et fasciste pour certains dirigeants et beaucoup trop de commentateurs.

    Les désirs des Ukréniens, la plupart des gens s’en balencent.
    Est-ce qu’on s’interresse aux désirs d’un objet ?
    Pour respecter les Ukréniens il faudrait les considérer comme Européens de pleins droit.
    Comment ?
    En étant solidaires.
    On ne se sent même pas solidaire avec les Grecs, dont les ancêtres sont à la base de notre culture et membres de l’Union européene.
    Et/ou
    En respectant les choix populaires. Hum, avec des financiers qui s’imposent aux politiques, des constructeurs de l’Union europeene aux peuples et autres, la liste est trop longue ?

    Des rivaux, un objet, l’Urkraine.
    Pauvre pays.

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