MM. Hollande & Gattaz : Pourquoi ne pas parler du travail et de l’emploi tels qu’ils sont et non tels qu’ils devraient être ?

Messieurs Hollande et Gattaz,

Maintenant que la série C’est pas du boulot ! (voir ci-dessous) est achevée sur ventscontraires.net, et que le Medef hésite à sortir ses 10 propositions, pourquoi ne pas mettre à plat la situation du travail et de l’emploi tels qu’ils sont et non tels qu’ils devraient être ?

Vous continuez à dire, je le crains : “Que les entreprises créent de l’emploi et que les chercheurs d’emploi en trouvent !”.

Comme si le travail et l’emploi n’étaient pas devenus aujourd’hui, avec le progrès de la machine : avec la robotisation des tâches manuelles et la logicièlisation des tâches intellectuelles, des espèces en voie de disparition !

Comme si la question du travail et de l’emploi n’était pas devenue un problème de société !

Comme si l’on était encore en 1929 !

Pourquoi 1929 ? parce que c’est l’année suivante que John Maynard Keynes, dans Les alternatives économiques de nos petits-enfants, nous lance un avertissement solennel :

Nous souffrons d’une nouvelle maladie dont certains de mes lecteurs n’auront pas même encore entendu mentionner le nom, mais dont ils entendront abondamment parler dans les années qui viennent – à savoir le chômage technologique. Ce qui veut dire le chômage dû au fait que nous découvrons des moyens d’économiser l’utilisation du travail à un rythme plus rapide que celui auquel nous parvenons à trouver au travail de nouveaux débouchés.

1930 ! Rendez-vous compte : il y a quatre-vingt quatre ans ! Et nous continuons à faire comme si la question ne se posait pas ! Allo-o ?!

Espérant que vous aurez à coeur de penser à l’avenir de ceux, en voie d’extinction, qui touchent encore des salaires et envisagerez la mise à plat indispensable et urgente de la question du travail et de l’emploi,

Je vous prie de croire, MM. Hollande & Gattaz, à l’expression de mes sentiments distingués.

Paul Jorion

C’est pas du boulot

(I) “Nous nous débarrassons du travail de manière massive”
(II) “La personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas”
(III) “Les machines pourraient financer une allocation universelle”
(IV) “Pas de décroissance sans remise en question de la propriété privée”
(V) “Peut-on sortir d’un modèle économique fondé sur la croissance ?”
(VI) « Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique »
(VII) « Reconstituer la planète, c’est du travail… et de l’emploi »

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