La démocratie ne serait-elle pas simplement de proposer des alternatives aux citoyens ?, par Michel Leis

Billet invité. Réponse à Quémander ou définir son pouvoir ?, par Zébu. Au cas où ce billet recevrait une réponse sous forme d’un nouveau billet, la discussion se prolongerait là.

Sans vouloir jouer les rabat-joie, tout cela me rappelle un peu les débats de « Nouvelle donne » : tout le monde saute sur son siège (mail) comme un cabri en criant « La démocratie ! La démocratie ! » La dérive actuelle du pouvoir interrogerait de manière urgente le fonctionnement des institutions.

Cette dérive n’est-elle pas tout simplement celle d’une élite vivant en circuit fermé et se passant en boucle le même programme dans une vidéothèque qui n’aurait qu’un seul film ? Le FN en présentant un programme en apparence différent avec un dirigeant qui s’est construit de toute pièce une virginité politique (!) n’a-t-il pas trouvé la martingale gagnante, au-delà de la stratégie désastreuse des autres partis ?

Pas de démocratie sans un rééquilibrage violent (vu l’ampleur du déséquilibre) avec les 1%. Pas de rééquilibrage sans un programme économique et social d’ampleur… Pas de programme sans une ou plusieurs personnalités pour le porter. C’est bien là que le bât blesse, car dans l’exercice démocratique que sont les élections, ce sont des alternatives qui n’en sont pas (le passager clandestin schizophrène) qui risque d’arriver au pouvoir… Par les urnes !

Réformer les institutions et créer une VIe, une VIIe ou une VIIIe République est une tâche noble, mais elle mobilise l’énergie qui devrait servir à construire un programme alternatif. Le sens de la démocratie ne serait-il pas le rééquilibrage des rapports de forces, afin que chacun puisse faire valoir ses droits, aller sans crainte dans la cité comme à son travail ? La démocratie ne serait-elle pas simplement de proposer des alternatives aux citoyens, plutôt qu’espérer (hypothétiquement) les voir surgir de la base, par le seul miracle de structures et de formes nouvelles. Ce serait un vrai miracle, je vous le dis !

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4 réflexions sur « La démocratie ne serait-elle pas simplement de proposer des alternatives aux citoyens ?, par Michel Leis »

  1. Dans un village de la drome certain essaie de mettre en place un début de ce qu’on pourrait faire dans le même esprit, ce n’est qu’un exemple! Et si pour vous c’est du vent moi ça me donne envie de continuer dans ce sens : « http://lesmoutonsenrages.fr/2014/09/06/dans-un-village-de-la-drome-la-revolution-participative-est-en-marche/ »

  2. En tentative d’écho aux trois billets :

    – Il ne peut y avoir de démocratie plus aboutie que via une Constitution mondiale, qui fasse un sort à la propriété privée , à la spéculation et à la marchandisation de tout y compris le corps humain .

    – les évolutions constitutionnelles simplement nationales sont d’un poids insuffisant dans cette direction .Les désordres guerriers mondiaux et l’épuisement des ressources de la planète seront également « nécessaires » .

    – Dans ce laps de temps les meilleures évolutions démocratiques que nous puissions souhaiter ( et avoir la capacité de mettre en œuvre ) me semblent résider , via constitutionnelle ou pas , dans une inter-action accrue entre :

    – le cadre institutionnel de la représentativité , éthiquement asservie et contrôlée .
    – la meilleure vulgarisation des savoirs des experts et scientifiques ( qui devraient se mouiller davantage en politique )
    -le gain d’efficacité et de préparation d’avis ou de propositions innovantes de comités de citoyen(e)s , que la Constitution ,elle, devrait reconnaître comme forces de proposition recevables ( dont les refus devraient être motivés )

  3. C’est l’histoire de la poule et de l’oeuf? Si j’ai bien compris… il ne s’agit pas de voir surgir des alternatives de la base par le miracle de structures nouvelles, mais que « la base » (les citoyens, si ce mot a encore un sens) proposent et élaborent des formes nouvelles (constitution, via une convention: ce que nous convenons ensemble… pour le bien commun), elles mêmes, nécessairement, porteuses d’alternatives. Loin, très loin, d’un replâtrage de la Ve moribonde. Une ou plusieurs personnalités pour porter un programme, mais qui aujourd’hui? Pourquoi ‘un programme » élaboré « par la base » ne pourrait-il pas, justement, faire émerger cette ou ces personnalités? Cet inattendu dont parle Edgar Morin? Miracle?

  4. Bien sur que dans l’idéal une Constitution devrait s’écrire à l’échelle mondiale, et sinon à l’échelle européenne.
    Mais en écrire une nouvelle dans un seul grand pays (la France par ex.) serait déjà extraordinaire, et donnerait des ailes aux autres, pour au final reconstruire une Europe des peuples, et plus encore ensuite.
    Ne tentons pas de brûler les étapes, la tâche est déjà suffisamment compliquée.

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