IL EST ENCORE TEMPS !, par Cédric Mas

Billet invité. Au cas où ce billet recevrait une réponse sous forme d’un nouveau billet, la discussion se prolongerait là.

Malgré les élucubrations des uns et les vociférations des autres, la crise économique et sociale est devenue politique puis maintenant institutionnelle. Nouveau signe de la fin d’un modèle de société inadapté aux défis que l’avenir impose à notre espèce, elle ne pourra trouver son terme que par des changements importants de nos modes de pensée, de nos paradigmes. Ce terme en est loin.

Peu importe le résultat du vote de confiance, ni la dissolution, ni la chute de la majorité politique actuellement au gouvernement ne sont des options sérieuses aujourd’hui.

Les institutions de la Vème République, telles qu’elles sont appliquées par ceux qui se disputent aujourd’hui le pouvoir, ont complètement verrouillé toute possibilité de changement pour trois ans encore.

Si le Front National progresse inexorablement, il est encore loin du pouvoir, n’en déplaise à ceux qui ne peuvent tenir ou revenir qu’en survalorisant un prétendu rôle de « rempart » d’un danger qu’ils ont tous participé à alimenter.

Dans cet entre-deux, le système actuel, bien que condamné, montre une résistance qui peut s’évaluer en années.

Il est donc encore temps de se préparer à l’après, et de se mobiliser pour que cet après se réalise.

Aujourd’hui aucune urgence n’impose des renoncements, mais les échéances se clarifiant et se rapprochant inexorablement, il est important de travailler à une vraie alternative, en tirant les leçons de ce qui ne marche plus, des raisons de ces dysfonctionnements, et de ce qui doit changer pour répondre aux nouveaux enjeux.

Il est surtout encore temps de préparer un tournant sans devoir en passer par une révolution politique ou par une guerre, explosion de violences avec leur cortège d’excès et d’injustices dont l’issue n’est jamais assurée. La guerre, y compris civile, est malheureusement le moyen classique et fruste de sortir d’une crise prolongée par des structures restées bloquées trop longtemps.

DES ECUEILS A FRANCHIR POUR AFFRONTER LE SOLITON

Une fois posée l’absence d’urgence immédiate, il reste à trouver les modes les plus à même de concevoir ce projet.

Dans les réflexions menées jusque-là, la question d’une plate-forme préalable suffisamment mobilisatrice a été un premier écueil. Un second est celui de la légitimité des personnes qui se mobiliseraient et la forme de cette mobilisation.

Ces trois réserves peuvent et doivent être dépassées en reposant le problème et en rétablissant les vraies priorités.

POURQUOI FAIRE ?

Rappelons qu’un projet politique peut et doit être préparé, ce qui suppose des échanges, des débats. Rien n’oblige à ce que la solution soit arrêtée dans ses moindres détails.

Une fois l’accord fait sur le constat de l’échec et des structures actuelles et des politiques menées jusque-là, rien n’interdit de se mobiliser sur un projet comportant plusieurs options qu’il n’est nullement nécessaires de trancher ab initio, au risque de diviser et d’affaiblir toute possibilité d’alternative : nation ou Europe ? Vème ou VIème ? Relance industrielle ou transition énergétique ? initiative par l’Etat ou par la société civile ?…

Tout est sur la table et un projet sérieux ne doit pas déployer des mesures précises et concrètes mais définir des objectifs, et un panel d’actions à engager en fonction des situations. Si plate-forme il doit y avoir, elle sera d’autant plus mobilisatrice qu’elle se cantonnera aux objectifs :

Mettre en place un cadre où de nouvelles perspectives d’avenir seront réalisées pour le plus grand nombre, dans des Sociétés ayant intégré les évolutions majeures de notre avenir proche : environnement dégradé (à restaurer), ressources épuisées, modes de production automatisés, mode de l’information dépassant nos capacités cognitives et intellectuelles.

J’ajoute – et ceux qui me connaissent se rendront compte à quel point j’ai évolué sur ce point – que plus un projet d’alternative sera précis, plus il sera en situation d’échec tant les blocages et les résistances seront importantes (avec notamment les effets d’aubaine et les décisions « d’anticipation » des acteurs, souvent premières causes d’échec des moindres réformes partielles et limitées).

COMMENT FAIRE ?

Parmi les autres écueils, il y a ceux du mode de mobilisation, et de la légitimité des personnes mobilisées par rapport aux institutions actuelles.

Là encore, ces réserves, qui font actuellement débat, doivent être analysées et réduites.

D’abord, il n’échappera à aucun lecteur (dont le niveau intellectuel dépasse la grande section de maternelle) que les institutions actuelles n’ont plus aucune légitimité, malgré leur élection. Entre les programmes électoraux immédiatement reniés,  et les décisions politiques contraires aux promesses faites aux électeurs mais soumises à l’influence des lobbies ou d’instance non élues, financières, médiatiques ou supranationales, à l’heure du tournant, la comparaison des légitimités entre des pouvoirs usés, viciés et impuissants et une assemblée de femmes et d’hommes de bonne volonté porteurs d’un projet d’avenir sera vite faite.

Mais surtout, il est question de concevoir des structures pour mobiliser et préparer le projet, le diffuser, le discuter… et non l’adopter ou l’imposer. À ce stade, la légitimité élective est moins importante que l’efficacité et la représentativité des sociétés qui cherchent à s’en sortir par elles-mêmes.

Nul besoin donc aujourd’hui de chercher à élire une Assemblée constituante, ou un Tiers Etats, même version 2.0

En revanche, concevoir un système de réflexion et de diffusion à la fois participatif et délibératif est tout à fait possible, avec la plus grande souplesse et une modularité.

Internet est le lien idéal pour concevoir une telle plate-forme où chacun pourra se faire entendre, avec des systèmes de groupes de travail thématique et une assemblée plénière non limitée. La méthode de la pétition est ainsi une bonne méthode.

À une telle plate-forme collective, pourront être associées des réunions décentralisées sur toute la France (l’Europe et même ailleurs – rien n’est exclu).

Les moyens techniques existent, le besoin est évident, restent la volonté et le contenu : rien d’impossible à ce stade.

Et si cela ne fonctionnait pas, alors il reste la solution de comités d’experts (c’est comme cela que le CNR a fonctionné), peut-être moins novatrice, mais efficace pour la préparation. La diffusion reste  alors à réfléchir et nécessitera peut-être des moyens plus importants, notamment financiers, que nous n’avons pas à ce jour.

IMPOSSIBLE N’EST PAS FRANÇAIS (1)

Cette conclusion pourrait être choisie parce qu’hier (nda : le billet a été écrit le 11/09), l’équipe française de basket accomplit un exploit « impossible », ou que demain vont culminer les commémorations de la Bataille de la Marne, autre moment historique où le soldat français en pleine retraite, constamment battu depuis près d’un siècle par les troupes allemandes retourne une situation compromise et met un terme définitif aux ambitions hégémoniques de l’Allemagne.

Mais en réalité, il s’agit de rappeler que tout espoir n’est pas perdu loin de là. Oui l’impossible, la sortie d’une crise institutionnelle, politique, économique, sociale, existentielle même, aussi dramatique que verrouillée par un pouvoir endogame et failli, est inéluctable.

Je fais même le pari que plus nos projets avanceront, plus notre activité se déploiera, plus le tournant se rapprochera, et plus il pourra être conçu pacifiquement.

À charge pour chacun d’entre nous de le vouloir et de répondre présent maintenant et le moment venu. Il en va de notre avenir et du monde que nous lèguerons à nos enfants.

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(1) J’auraiS pu écrire « Impossible n’est pas pour nous », mais j’ai conservé la formule historique, malgré son caractère cocardier que l’on me pardonnera, parce que ce texte s’adresse avant tout à ce qui se passe en France en 2014

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57 réflexions sur « IL EST ENCORE TEMPS !, par Cédric Mas »

  1. « Ni la dissolution, ni la chute de la majorité politique actuellement au gouvernement ne sont des options sérieuses aujourd’hui.

    Les institutions de la Vème République, telles qu’elles sont appliquées par ceux qui se disputent aujourd’hui le pouvoir, ont complètement verrouillé toute possibilité de changement pour trois ans encore. »

    Les changements de régimes se déroulent rarement dans les urnes.

  2. J’apprécie dans votre approche le fait que l’on mette le Pourquoi et le Comment avant le Que faire .

    Si je m’en réfère à un « héritage » personnel que j’ai déjà évoqué , cette démonstration d’efficacité et de pertinence m’a été faite par le sourire de ma mère qui , sans dire ce qu’il « fallait » faire , disait le chemin à emprunter et le but à atteindre , le Comment et le Pourquoi .

    Et , pour être paradoxal ,le Comment précédait le Pourquoi ;

    Il n’y a pas de contradiction flagrante entre ce que vous avancez et la vingtaine de commentaires partis en rafale sur ce qui semble avoir de plus en plus envie de naître .

    Je me contenterai , à ce moment ,de relever qu’avant d’entamer un combat innovant , il vaut mieux :
    – faire le tour de ce qui est déjà en branle dans le même sens que souhaité ( et se l’associer ou s’y associer ),
    – et repérer les retours de flamme ennemis prévisibles les plus violents pour tenter de s’en prémunir en les anticipant (au cas présent , issus des pouvoirs financiers ) .

    1. Au sujet du comment et du pourquoi (les moyens et la fin ou cause qui les justifie), le poète
      Stefan Themerson dit que c’ est la décence des moyens qui prime.

       » Le but des buts, la cause des causes, la fin des fins 

      Quelques naïfs amoureux de sémantique croient que si seulement nos leaders (de toutes sortes) pouvaient  comprendre la signification de leurs propres déclarations ils amenderaient leurs voies. Quelle illusion!
      Ils – les leaders connaissent le mécanisme du Langage beaucoup mieux que tous les sémanticiens, les philosophes linguistiques et les formalistes logiques de toutes sortes réunis ensemble.
      Il se trouve seulement qu’ils utilisent leur connaissance pour leurs propres buts.
       Et quand un Poète ou un Romancier devient un démagogue il en va de même pour lui.
      Parce que la POÉSIE aussi bien que la POLITIQUE peut être moralement vicieuse et intellectuellement malhonnête. Dans de tels cas tant la Poésie que l’Éloquence (politique, religieuse, philosophique) ressemblent au Crime.
      Plus le Crime est grand plus il est impressionnant, moins il est pardonnable. 
      Ainsi en fin de compte la découverte qu’ aucune rime poétique et aucun but politique ne sont plus importants que la décence des moyens. Parce qu’en fin de compte la décence des moyens est La fin de toutes les fins  »

      http://library.indstate.edu/about/units/rbsc/obscure/PDFs/themerson_s_chair.pdf

  3. Bonjour à toutes et tous,

    Sur un point au moins nous sommes d’accord : « Il est encore temps ! », mais sur la manière, je trouve pour le coup que l’on perd notre temps et que l’on se complique sacrément la vie !

    Nous évoluons tous au sein d’un système complexe observé sur le point de basculer. J’avais d’ailleurs développé mon propos ici :
    http://www.pauljorion.com/blog/2014/08/19/une-proposition-en-vue-de-remettre-la-planete-en-etat-par-philippe-soubeyrand/#comment-438972

    Pour moi, cela ne fait plus aucun doute : tant que nous n’aurons pas pris conscience de la nécessité d’un choc de complexification/diversification afin que nous puissions retrouver un juste équilibre entre destruction et reconstitution de nos ressources, nous vivrons inéluctablement ce basculement, cette radicalisation, cette complication…

    Alors oui, c’est un fait, nous sommes bloqués, paralysés, tétanisés… Et ceci parce que nous refusons d’utiliser les outils à notre disposition, notamment le Big Data

    Ok, c’est bien beau tout ça, mais pour en faire quoi me direz-vous…

    De la démocratie liquide tout simplement…

    Je vous invite vivement à jeter un œil sur cette plate-forme :
    http://liquidfeedback.org/

    En plus de cela, pour couronner le tout, c’est Open-Source !

    ps : j’habite en bord de Marne… ceci explique peut-être cela…

  4. Vous écrivez :

    Il est surtout encore temps de préparer un tournant sans devoir en passer par une révolution politique ou par une guerre, explosion de violences avec leur cortège d’excès et d’injustices dont l’issue n’est jamais assurée. La guerre, y compris civile, est malheureusement le moyen classique et fruste de sortir d’une crise prolongée par des structures restées bloquées trop longtemps.

    Historiquement cela n’a jamais eut lieu….
    Lorsque la domination d’un petit nombre sur un grand nombre est telle qu’il n’y a pas d’autres alternatives que la guerre où la révolution pour faire tomber le système dominant.
    Sinon, citez-moi des exemples historiques…

    La dette ce sont les chaines des esclaves antiques.
    Pour ce libérer il faut casser les chaines autrement dit faire défaut sur les dettes.
    Et un défaut sur les dettes, c’est une révolution….ou le capital est renversé…
    La on peut le dire c’est TINA, il n’y a pas d’autres alternatives…pour retrouver sa liberté…

      1. Eh bien Monsieur Labotte proposez un scénario qui propose de redresser la situation actuel sans révolution !
        Ensemble, nous analyserons ses possibilités de réalisation !
        Sans scénario, c’est voeux pieu !

      2. @Cédric Mas
        Toute réforme réelle du système fera effondrer le système exactement comme cela c’est passé pour feu l’URSS.
        Les quantités monumentales d’argent créé par les états ont crée de fait une société d’esclave au service du capital.
        Il n’existe aucun moyen de briser les chaines de l’endettement sans considéré que la monnaie qui les a fabriqué a perdu toute légitimité.
        Aucun moyen, ce que Von mise a bien comprit puisqu’il avait écrit :

        Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom provoqué par une expansion du crédit. L’alternative est de savoir si la crise doit arriver plus tôt, par l’abandon volontaire d’une expansion supplémentaire du crédit, ou plus tardivement, comme une catastrophe finale et totale du système monétaire affecté.

        La remise en question de la valeur de la monnaie remettra en question la domination du top 1% sur le monde cela se nomme une révolution car cela brise toute l’infrastructure qui permet leur domination !
        Toute autre approche que cette remise en question est vaine.

      3. @ lois-économiques
        Je n’ai jamais eu la prétention de vouloir redresser la situation actuelle qui n’est pas redressable, et d’autre par il faudrait d’abord que je comprenne ce que vous entendez par « redresser la situation » .
        Il n’y aura pas d’effondrement, nous le vivons depuis 40 ans et c’est d’une bifurcation que nous avons besoin.
        Le système monétaire n’a rien avoir avec cela, le problème est d’abord la croissance de la rente qui butte contre les limites planétaires et en second lieu l’ignorance des gens concernant ce problème.
        Pour moi l’économie est une boite noire qui a comme résultat la production de richesses en fonction du travail et du capital, tout fonctionne à peu près tant qu’un autre paramètre n’entre pas en jeu. Les limites planétaires deviennent un nouveau paramètre qui perturbe radicalement le fonctionnement de la boite noire et qui nous demande d’en imaginer une nouvelle.
        Si on persiste à vouloir respecter les lois qui prévalaient avant l’arrivée du nouveau paramètre, ces lois deviennent des dogmes, c’est à dire des vérités qu’on croit vraies mais qui ne le sont plus, et on risque de tourner longtemps avant de pouvoir s’en sortir.
        En tant que dépanneur électromécanicien j’ai été confronté plusieurs fois à ce type de panne et de réactions inadéquates.
        Le changement que nous devons instaurer doit être négocier avec les 1%, chacun dans sa sphère d’influence et c’est ce que nous montre les 80 hommes pour changer le monde http://www.amazon.fr/hommes-pour-changer-monde-Entreprendre/dp/2709627140

      4. @Michel Lambotte
        Je suis désolé de vous le dire, vous n’êtes pas dans la réalité.
        Nier l’importance de la monnaie dont le poids sur le dysfonctionnement de notre système est fondamental prouve que n’avez pas la culture économique pour comprendre notre monde.
        Ne pas faire le lien entre la création monétaire, l’augmentation de la rente et la destruction accélérée de la planète prouve une nouvelle fois que n’avez pas les outils théoriques pour comprendre.
        Faire de l’économie « une boite noire » n’a aucun sens.
        L’échange devient dès lors impossible.
        Je vous souhaite néanmoins une bonne continuation.

      5. @ loi-économiques
        Comme beaucoup, j’ai une vision de la situation que nous connaissons actuellement qui m’est propre.
        Certes, je reconnais que je n’ai pas les compétences ni les outils théoriques pour comprendre l’entièreté du fonctionnement économique, mais qui la comprend, les économistes ne sont pas d’accord entre eux.
        Ceci dit, affirmer que je ne suis pas dans la réalité me paraît un peu osé dans le sens où personne ne peut affirmer avec conviction qu’il est dans la réalité. La représentation de la réalité ne recouvre pas seulement l’économie, elle se construit tous les jours avec aussi d’autres éléments.
        Encore merci de votre patience et de vos éclairages et peut-être qu’un jour je m’intéresserai plus en avant au fonctionnement économique tel que vous le présentez. Aujourd’hui, je n’en vois pas une utilité immédiate en fonction de ce que je cherche à faire.

      6. @Michel Labotte
        Monsieur Labotte, vous êtes énergéticien, imaginez un dialogue sur l’énergie de la part de quelqu’un qui ne connait pas ce qu’est la force, le travail , le rendement et les principes de la thermodynamique…
        Vous verrez très rapidement que ce Monsieur n’est pas dans « votre » réalité physique et que par conséquent l’échange est impossible.
        C’est exactement ce que je ressent à vous lire…..
        Nier l’importance de la monnaie aucun, aucun économiste ne le dit…
        Ils vont diverger par rapport au comment utiliser au mieux la monnaie dans le système mais pas sur son importance….
        De plus les économistes peuvent ne pas être d’accord entre eux sur le « comment résister au mieux à la compétition économique. »
        Or sur ce point ils se trompent, la compétition économique ce n’est plus de l’économie c’est un combat où il n’y pas d’optimum car personne ne connait le degré de résiliences des combattants….
        En résumé, vous avez été formé pour un métier, ce métier comporte un certain nombre de connaissances qui fait que vous êtes compétent dans ce domaine et que par conséquent sur ce domaine vous pouvez émettre un avis.
        Il en va exactement de même en économie, sans les connaissances indispensables votre avis ne peut pas être pertinent.
        L’économie ce n’est pas de la philosophie c’est une science…basée sur des lois….

    1. Exemple 1: URSS: chute du mur.
      Exemple 2: Chine, Deng Tsiao Ping: enfant unique, nouvelle politique économique.
      Exemple 3: Tunisie, printemps arabe.
      Exemple 4: Nelson Mandela au pouvoir.
      Les choses peuvent donc évoluer sans que (trop) de têtes ne tombent.

      1. @Hadrien
        Vos exemples n’en sont pas.
        Exemple 1: URSS: chute du mur –> la domination est simplement passé de la nomenklatura aux oligarques à peu de choses prêt ce sont les mêmes –> les conséquences ont été catastrophique, paupérisation complète du pays
        Exemple 2: Chine, Deng Tsiao Ping: enfant unique, nouvelle politique économique. –> ce n’est pas une révolution, le parti communiste domine toujours
        Exemple 3: Tunisie, printemps arabe –> C’est le reversement d’une dictature pas de la domination du capital sur la société tunisienne
        Exemple 4: Nelson Mandela au pouvoir –> Ce n’est pas une révolution mais une évolution les riches blancs sont toujours les riches blancs ils ont simplement acceptés qu’il y ait des riches noirs !
        Une révolution c’est le renversement de la classe au pouvoir pas d’un famille comme en Tunisie !
        Exemple de révolutions :
        Russie –> URSS plusieurs millions de morts !
        Révolution française, plusieurs centaines de milliers de morts !
        Allemagne 1945 : Spoliation complète des junkers (classe aristocratique qui détenait le foncier), je vous laisse compter le nombre de morts pour que cette révolution ait eut lieu !
        Révolution iranienne –> plusieurs millions de morts !

      2. @lois-économiques
        Si.
        Je veux seulement dire que des révolutions (= changements importants) peuvent se produire sans (trop) d’effusion de sang et j’en cite qqs unes (j’admet que la Tunisie est un exemple faible). Par contre , il est indubitable que avec ou sans massacres, ces révolutions déçoivent généralement (proportionnellement à ces massacres). Par contre, je ne vois effectivement pas de révolution réussie, or c’est ce qu’il faut pour sauver le confort et la démocratie pour nos (petits) enfants. Lourd défi !

  5. Bonjour,

    Belle initiative, et ambitieuse.
    Mr Jorion en parle depuis bien longtemps sur son blog.
    Avant de parler de projets politiques …. il faut se mettre dans un contexte favorable.
    Le fameux « paradigme », et/ou le contexte …
    A priori il faut donc commencer par interdire la spéculation (celle qui casse notre systeme actuel), interdire les paradis fiscaux, réinventer une moinaie qui soit indexée a quelques choses (pas forcément 100% a l’or) et non pas des monnaies fluctuantes entres elles et indexées a rien du tout.

    Une fois ce contexte réalisé/réinventé, on pourra réfléchir aux autres points – travail, répartition , retraites, etc ….

    Nb : Désolé de paraphraser (en moins bien) Mr Jorion.

    Cordialement Gilloux.

  6. Pour la première fois depuis que je suis en âge de le faire -près de 50 ans-, je voterai blanc aux prochaines échéances électorales. Présidentielle et législatives notamment. Je le sais déjà, trois ans avant. La plupart de mes amis -« de gauche », bien sûr- en feront autant. Je n’attends plus rien de la démocratie élective au point de sclérose où elle est parvenue. J’arrive pourtant à être encore sidéré d’entendre avec quel aplomb « ces gens », au pouvoir ou rêvant d’y revenir -quelle différence?- continuent à s’exprimer quotidiennement, « comme si de rien n’était ».
    Changer radicalement, donc. Mais pourquoi radicalité s’opposerait-elle à engagement sur un texte? La Constituante, c’était radical! Nous sommes aujourd’hui 0,001% (à quelques zéros derrière la virgule près). Nous ne pouvons donc que progresser… jusqu’aux « 80% »? Si nous sommes d’accord sur le principe « conventionnel », comment le mettre en oeuvre? Sur quel socle s’appuyer? Pas de parti, certes. Alors quoi? Mouvement? Qui commence?

    1. @ Michel

      Voter blanc ou nul est un bon début.
      Mais après il va falloir faire d’autres choses !
      Va falloir :
      – obtenir l’adoption du tirage au sort en lieu et place de l’élection (fini les Sarko, Fabius, Hollande, Le Pen & fille et nièce, Beyrou, Coppée, Royal, Sapin, Montebourg, Mélanchon, Rocard, Juppé, Valls, Placé, DSK, Lagarde, … ;
      – une éducation nationale qui éduque les enfants au lieu de ne faire que subventionner les multinationnales de l’informatique par l’achat de plus en plus massif d’ordinateurs et produits périphériques qu’il faut renouveller sans cesse (engendrant le même effet que celui de la dette avec intérêt sur les finances d’un état ! – Où sont donc les vieilles cartes en carton qui, dans le temps, étaient accrochées aux murs ?) ;
      – donner la parole aux vraix journalistes et faire taire les « toutous de leurs maîtres » ;
      – mater les multinationnales et les dissoudre ;
      – s’intéresser à ses voisins ;
      – éteindre la télé ;
      – jardiner ;
      – changer le fonctionnement énergétique de sa maison ;
      – composter ;
      – acheter en circuit court ;
      – boycoter ce qui doit l’être ;
      – manifester contre ce qui ne doit pas être (Notre-Dame-des-Landes, Barrage de Sivens, OGM, pesticides, finance folle, corruption …) ;
      – etc ;
      – et enfin, respecter les Lois de la Physique, ce qui impose la décroissance.
      Tout cela ne s’obtient pas en votant.
      Tout cela s’obtiendrait par une « évolution », de nous même et de nous tous, par la force du bon sens et du nombre.
      Hélas, tout cela ne sera donc pas.

      1. – une éducation nationale qui éduque les enfants au lieu de ne faire que subventionner les multinationales de l’informatique par l’achat de plus en plus massif d’ordinateurs et produits périphériques qu’il faut renouveler sans cesse (engendrant le même effet que celui de la dette avec intérêt sur les finances d’un état ! – Où sont donc les vieilles cartes en carton qui, dans le temps, étaient accrochées aux murs ?) ;

        Exactement, l’éducation nationale n’enseigne pas la responsabilité elle enseigne l’obéissance, parfois un petit calcul d’ordre de grandeur sur un coin de table vaut mieux qu’un grand discours théorique vide de sens.
        Permettez-moi de rappeler le livre que j’ai déjà cité http://80hommes.com/ http://www.amazon.fr/hommes-pour-changer-monde-Entreprendre/dp/2709627140 , Ces hommes et ces femmes incarnent le changement et ils le négocient, faisons de même.

  7. Rien ne se fera si nous ne changeons pas de cadre. Je ne suis certainement pas le premier à le dire. Si nous ne pouvons plus utiliser le cadre actuel, quel pourrait être le nouveau à l’intérieur duquel 7 ou 8 milliards d’êtres humains pourraient continuer à vivre ? Rappel : en 1961, l’humanité utilisait environ trois quarts de la capacité de la Terre à produire, à absorber les gaz à effet de serre, à se régénérer. Aujourd’hui, elle consomme 1,5 planète, en moyenne. Il existe donc des limites physiques infranchissables. Pour décrire ce nouveau cadre il faut considérer les besoins ( nourriture, santé, éducation… ) et les aspirations ( création, spiritualité, démocratie… ). Il faut prévoir de maîtriser les outils et les ressources ( monnaies, eau, air, forêts, ressources minières et énergétiques…). Je m’arrête là pour ne pas fatiguer le lecteur mais on peut continuer.
    Lorsque le nouveau cadre aura été décrit et accepté, il sera temps alors d’imaginer comment nous mouvoir en son sein.

  8. Bonjour,
    Vous proposez une plate-forme Internet pour débattre, s’organiser, voter, …
    C’est vrai que cela peut être un outil formidable, mais il présente également, à mon avis, un écueil potentiel :
    – d’une part il y a des personnes qui seront d’emblée exclues de cet outil (pas d’accès internet, illettrisme), qui représentent certes une minorité en France,
    – d’autre part il y a ceux, beaucoup plus nombreux je pense, qui auront simplement la flemme de lire, qui plus est des textes « sérieux », car habitués à recevoir l’information sous forme pré-mâchée et/ou audiovisuelle.

    Je ne doute pas qu’on puisse imaginer des outils permettant de présenter les informations de telles sortes qu’elles soient compréhensibles par tous et attractives (moyennant un gros travail d’animation au sein de l’outil), mais il me semble difficile d’arriver à quelque chose d’aussi accessible et participatif qu’un débat de vive voix.

    Qu’en pensez-vous ?

  9. Bonjour
    Suite à ce billet et ce billet

    et suite à une série de mail à propos d’une « bataille » locale (boues rouges de Gardanne) qui provoque de fort remous dans un parti dont je tairai le nom, je me suis fendu du mail suivant le 10/09 au soir :

    Bonsoir

    Puisque que l’on suggère des livres, des articles… (sourire)…je vous en propose un, de le lire bien en entier (et même le relire) et, juste en interrogeant votre cœur, de vous demander laquelle des deux solutions dont il est question vous choisiriez, tout cela en imaginant que vous avez la possibilité, de part des responsabilités dues à la représentativité, de présenter une alternative…disons…un mercredi?

    http://www.pauljorion.com/blog/2014/09/10/le-soir-face-a-la-crise-les-solutions-de-paul-jorion-et-bruno-colmant/#more-68819

    Bonne soirée.

    Olivier Michaud
    Coopérateur de facto

    PS : je crois que le « problème » n’est pas tant l’alternative en elle-même, mais que la société (au sens large) puisse permettre à des alternative de se développer. Depuis 2010 (4 ans) nous savons que la non-alternative « austérité » non seulement ne fonctionne pas, mais en plus empêche toutes les autres alternatives de se développer (économie circulaire incluse) et très peu, si ce n’est rien de ce qui est voté (et abstenu) ( http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/table-2013-2014.asp ) ne va améliorer la situation. Et une question que je me pose, c’est :
    « Est-ce que nos représentants démocratiques peuvent avoir l’audace de permettre des alternatives…au moins une journée? »

    …Nous sommes le 12/09, et je n’ai toujours pas reçu la moindre de réponse à ma question, bien qu’un sénateur, un député européen et un député de l’assemblée aient reçu le mail…

  10. Les institutions de la Vème République, telles qu’elles sont appliquées par ceux qui se disputent aujourd’hui le pouvoir, sont obsolètes. Compte tenu du temps nécessaire à une prise de conscience bien partagée, le vote blanc serait la marque de cette volonté. Je serais proche d’une logique « primaire » sur un coût élevé pour toute spéculation, sur la suppression de tout intérêt quant aux financements de projets sociaux enfin, dans le cadre d’un projet au droit au logement pour tous, d’un retour au bien commun lors de toute succession. Ce point, que personnellement je considère comme clé pour l’égalité entre le 1% et nous par cette répartition post mortem, est peu abordé.

    1. un retour au bien commun lors de toute succession.

      Juste. Et c’est complémentaire du reste – pas d’enrichissement sans cause.

      Toucher au crédo de la classe moyenne – spéculation immobilière par le moyen du logement
      intitulé « se constituer un patrimoine » – est tabou. C’est la spéculation popularisée, rendue licite et légitime. Et une des raison de fonds au prix exorbitant de l’immobilier.

      N’attendez pas de suiveurs immédiats. Continuez. Ne baissez pas les bras. Courage.

  11. @ Cédric

    Internet ne sera pas le moyen de fédérer ou d’organiser un changement. La NSA et ses homologues s’invitent à toutes les réunions où ça discute politique. Des gens peuvent dès lors être mis facilement hors-jeu, provisoirement ou définitivement, de plein de façons différentes.
    Souvenons-nous aussi qu’Internet peut être débranché pour ceux qui « font trop de politique » alors qu’il ne sera jamais débranché pour ceux qui font du commerce, de la pub, des jeux ou de la « déculturation ».
    Vivre pour soi, « dans le sens de la pente », c’est plus facile que de vivre pour se bonifier, se cultiver et s’occuper du bien commun.
    Voilà pourquoi nos dirigeants peuvent crier, sans craindre pour leurs avantages et leurs positions sociales : Vive Internet !

    1. Cher Ami écodouble,

      C’est pour cela que je plaide pour deux niveaux de préparation/diffusion du projet :

      – un niveau méga, grâce à internet, par la constitution d’une plate-forme formant assemblée permanente politique et sociale

      – un niveau local, et humanisé, par le biais de clubs, de réunions, de débats (me spaghetti du vicomte est le modèle).

      Et bien entendu les liens entre ces deux niveaux :
      – du haut vers le bas : questions posées, thématiques proposées
      du bas vers le haut : le mécanisme de la pétition, associé à la mise en ligne de vidéo et de débats en direct est techniquement possible.

      Les débats publics comme ceux sur internet ont leurs défauts, mais se complètent. L’important est de bien les cadrer sur la forme afin d’en libérer le contenu. Là encore les techniques sont connues depuis des siècles.

      Cédric Mas

      1. Un club peut être associé à un blog ou à plusieurs.
        Chaque club peut créer son blog.
        Le tout serait un réseau d’éducation populaire.
        De quoi est ce qu’on discute dans un premier temps?
        Qu’est ce qui structure l’ensemble et qui fait que l’ensemble est bancal et voué à l’effondrement? Poser la question, c’est y répondre comme dirait l’autre… Mais cela n’est pas évident pour tout le monde.
        Ouvrir un club dans un village qui soit à même d’attirer plus de deux personnes, implique qu’il ait une vocation la plus « attractive » possible et que le blog qui lui est associé ou auquel il se réfère soit également porteur d’une idée simple et facilement explicable.

  12. « …ce qui suppose des échanges, des débats »
    Voilà le problème: il y a beaucoup de débats, beaucoup d’échanges mais pas de résultats qui font avancer. Il faut dire aussi que la situation est difficile voire inextricable. Comme l’a mentionné Paul Jorion aujourd’hui, une croissance (éventuelle) servira à payer les intérêts. Tant le système reste en place, aucune solution peut être sérieusement envisagée. Les états européens – y compris les Allemands qui eux aussi sont endettés, moins que la France, mais au prix d’une infrastructure de plus en plus délabrée (routes, ponts, écoles…………) – resteront prisonniers des marchés financiers internationaux.
    En France en particulier on aime le discours, ses « élites » vous font d’excellentes analyses powerpointées, on exprime sans cesse des intentions louables, et il y a une véritable culture du débat politique. Mais ce n’est pas ca qui sortira le pays du pétrin dans lequel une classe politique irrésponsable et cynique l’a mis

    1. Mais ce n’est pas ca qui sortira le pays du pétrin dans lequel une classe politique irresponsable et cynique l’a mis

      ET c’était quoi à vous lire une politique non cynique et responsable ?
      Donnez un exemple et ensuite vous citez au moins un pays dans le monde qui a appliqué cette politique…
      Ou deux chose l’une, soit il existe un ou plusieurs pays qui ont appliqué cette politique et donc il suffit de suivre leur exemple ou il n’en existe aucun…
      S’il n’en existe pas alors vous en concluez qu’ils sont tous cynique et irresponsable ce qui est un peu facile ou plus rationnellement qu’il n’y avait guère d’autres choix dans le contexte structurel de notre époque.

      1. @lois écononiques
        Cela mérite une assez longue discussion.
        Le problème est inhérent à la démocratie: pour se faire élire, les candidats à la présidentielle racontent n’importe quoi aux gens, le contraire de ce qu’il se fera ensuite. des histoires du style des « lendemains qui chantent », par exemple. Un candidat qui mettrait les électeurs devant des faits et évolutions réelles ne serait pas forcément élu.
        Les politiques prennent le bon peuple pour des enfants: si tu votes pour moi, t’auras un tas de sucettes. De plus a France est un pays anachroniquement hierarchisé. Le président de la République Francaise bénéficie d’une préstige et d’une aura surdimensionnée par rapport aux réalités d’aujourd’hui.

        Je ne sais pas si il y aurait une alternative à cela. Comme disait Coluche: « la dicature c’est ferme ta gue……, la démocratie c’est cause toujours ». Peut-être faudrait-il moins causer, mais agir davantage.

      2. @Germanicus
        Vous écrivez :

        Je ne sais pas si il y aurait une alternative à cela

        Ce faisant vous admettez implicitement que vous n’avez pas de solutions aux dérèglements actuels.
        Inversez maintenant votre manière de penser et au lieu d’accuser X ou Y de mensonges ce dont vous ne serez jamais sure, pensez qu’il n’y a effectivement pas de solution.
        Alors tout devient claire, s’il n’y pas de solutions ce n’est pas par ce que c’est la démocratie ou c’est le cynisme ou que ce sont de menteurs non bien plus simplement, nos gouvernants sont impuissant car il n’y a pas de solutions dans ce cadre structurel dans lequel ils évoluent !
        Comme le dit si justement Fréderic Lordon ce sont les structures qui déterminent les comportements. Si les comportements actuels n’ont pas de solutions alors il faut modifier les structurent afin de modifier les comportements.
        J’ai donné sur cette file (réponse à l’intervention n° 2)
        http://www.pauljorion.com/blog/2014/09/09/la-classe-moyenne-une-espece-menacee-iv-par-michel-leis/#comments
        les raisons structurelles qui font qu’il n’y a pas de solutions sans reconstruction complète du système actuel.
        Donc il inutile de chercher des solutions à la crise actuelle, il n’y en a pas.
        En revanche ils en existent pour reconstruire le cadre structurel.
        Mais cette reconstruction implique une révolution.
        Le mieux que vous pouvez imaginer de faire c’est d’accompagner l’effondrement afin qu’il le soit le moins douloureux possible….

      3. @lois économiques
        On me demande parfois si, compte tenu de mon rôle, je pourrais faire des propositions en terme solutions de problèmes, notamment en ce qui concerne les problèmes actuels dans les pays de l’Europe du sud. Je leur dis: il serait ubsurde de monter sur une caisse à bananes pour demander aux milliards d’individus en Europe de ne plus consommer des biens manufacturés dans les pays à bas coûts. Nous sommes tous clients acheteurs d’ objets fabriqués en Asie ou ailleurs. On veut des gadgets électroniques les plus sophistiqués, pas chers, des vêtements bon marchés et ainsi de suite.
        La classe politique, le patronat choisissent la facilité. Je les entends dire que les gens devront, comme disait JF Kennedy, se demander ce qu’il peuvent faire pour leur pays, et ne pas demander ce que le pays peut faire pour eux. Assez simpliste tout ca. Une sorte de « escapisme » pas cher.
        Il y a des solutions, car les problèmes économiques et sociaux actuels sont l’oeuvre de l’homme et non pas tombés du ciel. Par conséquent les solutions existent.
        En ce qui concerne mes propos concernant la classe poltique (« cynique… »), je parlais plutôt de leur effort considérable de maintenir leur statut social, de poursuivre leur carrière, de suivre le conseil de Christine Lagarde (« enrichessez vous! »). Le reste n’a qu’une importance secondaire ou même périphèrique. On voit bien que le pauvre Monsieur Hollande s’abrite derrière son statut de président, qui est effectivement très protecteur.

      4. @lois économiques
        J’ai oublié de dire que je suis d’accord avec vous sur un point: il faut changer le système qui n’est plus du tout adapté à notre monde, y comprils la question des monnaies. C’est la raison pour laquelle on n’avance pas: on veut guérir une pneumonie en donnant des cachets d’aspririne.

      5. @ loi-économiques

        J’ai donné sur cette file (réponse à l’intervention n° 2)
        http://www.pauljorion.com/blog/2014/09/09/la-classe-moyenne-une-espece-menacee-iv-par-michel-leis/#comments
        les raisons structurelles qui font qu’il n’y a pas de solutions sans reconstruction complète du système actuel.

        Oui, mais cela tout le monde le sait vous ouvrez une porte ouverte, le problème est de savoir ce qu’il y a derrière la porte, je veux dire par là ce qu’on va mettre à la place du système défaillant, au bout du rouleau, inadapté, en fin de course, cancérigène, délétère, mortifère. (au choix)
        Qu’entendez-vous par révolution?
        Je suis prêt à parier que votre vision de la révolution n’est pas la même que la mienne, c’est en les aménageant dans un saladier qu’on va pouvoir avancer.

    2. Vous avez raison, et ce blog en témoigne : nous adorons les discussions abstraites et théoriques, avec assaut de bons sentiments.
      S’agissant de la question de fond « faire naître un monde nouveau » , ou quelque chose de semblable, il me semble que nous ne pouvons pas faire l’économie d’un consensus, donc discuter et expliquer, encore et encore.
      La politique, car c’est de cela qu’il s’agit, nécessite de construire des compromis. Elle n’est pas la réalisation d’un plan prévisionnel, comme dans l’industrie par exemple. Cela va prendre du temps, beaucoup. A un moment donné, la parole deviendra action, une action collective téléguidée par une volonté commune. Espérons.

      1. La politique, car c’est de cela qu’il s’agit, nécessite de construire des compromis. Elle n’est pas la réalisation d’un plan prévisionnel, comme dans l’industrie par exemple.

        Certes, dans l’industrie il y a un plan prévisionnel c’est normal et nécessaire, mais dès qu’arrive le test du système à mettre en place, on a affaire à des discutions à des compromis qu’ils soient économiques, scientifiques, voir même sociologiques (syndicats).

        A un moment donné, la parole deviendra action, une action collective téléguidée par une volonté commune.

        A condition que celui qui porte la parole puisse démontrer de manière didactique ce qu’il veut entreprendre, c’est ce qui manque cruellement pour l’instant, et pour cela il faut d’une part les moyens de la démonstration et d’autre part un environnement qui engendre une écoute attentive (sans pour autant que la démonstration soit exempte de caducité).
        Ce blog très ouvert permet les deux.

    3. Mais, il y a un mais. Pouvez-vous comprendre qu’un sans le sous, un SDF, lorsqu’il vient à lire
      « Liberté Égalité Fraternité » gravé dans la pierre, ne soit pas pris, parfois, par une folle envie de faire sauter la Bourse et le Panthéon, la rage au cœur comme on dit.

    4. @ Germanicus

      Mais ce n’est pas ça (discours et débats) qui sortira le pays du pétrin dans lequel une classe politique irresponsable et cynique l’a mis

      Pourquoi parler du pays, c’est du monde qu’il faut parler.

      Comme l’a mentionné Paul Jorion aujourd’hui, une croissance (éventuelle) servira à payer les intérêts. Tant le système reste en place, aucune solution peut être sérieusement envisagée.

      Je n’en suis pas si sûr, il faudra bien un jour prendre la décision de l’enjamber, ou passer entre les jambes, c’est selon les possibilités de chacun.

  13. « Il est dans la nature de la pluie de mouiller comme dans celle de l’argent de corrompre. »
    Sachant :
    – que la démocratie représentative confie l’intérêt commun à une caste de politiciens professionnels,
    – que ces professionnels de la profession font des allers-retours entre le public et le privé,
    – que les électeurs peuvent les sortir par la porte des élections sans pouvoir empêcher de les voir rentrer plus tard, par la fenêtre des nominations.
    Sachant d’autre part que :
    – les lobbies des banques systémiques et des entreprises transnationales ont un accès direct au cœur des pouvoirs exécutifs et législatifs,
    – que ces accès sont permanents, en temps réel et insensibles aux péripéties électives,
    – que la puissance de ces accès est décuplée par l’interconnexion d’une économie mondialisée.
    Trouver un système politique qui :
    – garantisse la priorité de l’intérêt public national sur les intérêts privés transnationaux, en éliminant les verrous cités ci-dessus.
    En résumé, trouver un système qui garantisse une inversion totale et si possible pérenne, du rapport de force entre la liberté des peuples et l’Argent.
    En cas d’impossibilité :
    – aller directement à la case chaos, guerres civiles, dictatures et guerres.

    PS : si je me sens capable de poser à peu prés clairement le problème, j’avoue avec humilité ne pas voir à ce jour de solutions RÉALISTES, tant le rapport de force est disproportionné. Ceci dit sans désespoir, mais avec lucidité.
    Merci donc à toutes celles et à tous ceux qui participent à ce blog. Si la situation est en train de virer au dramatique, au moins se sent-on moins seul…

    1. Si la situation est en train de virer au dramatique, au moins se sent-on moins seul…

      Vous savez, cela fait longtemps qu’elle est dramatique, tout dépend pour qui.

      En résumé, trouver un système qui garantisse une inversion totale et si possible pérenne, du rapport de force entre la liberté des peuples et l’Argent.

      On ne va pas trouver ce système par hasard en dessous d’un cailloux, ce système il nous faut le créer de toutes pièces.

  14. Préserver notre milieu de vie.
    Permettre à chaque individu de vivre décemment (à minima se nourrir, se vêtir, se loger).
    Permettre à chacun de participer à l’élaboration du projet commun.

    Voila ce qui me semble être la base du changement de paradigme souhaité et qui nécéssite d’être validé par une majorité suffisamment large pour envisager l’amorce du grand tournant cher à notre hôte.
    Il ne s’agit pas de décroissance mais d’évolution réfléchie et maîtrisée en adéquation avec les moyens dont l’humanité dispose aujourd’hui.
    Suis-je le seul à partager ma vision?
    Je ne vois pas de moyen plus propice, plus souple, plus largement partagé que l’internet pour diffuser, proposer, débattre….
    Si ces trois points étaient « validés » il me semble qu’il deviendrait plus aisé de définir les réponses appropriées pour changer l’orientation mortifère en cours.

    1. Préserver notre milieu de vie.
      Permettre à chaque individu de vivre décemment (à minima se nourrir, se vêtir, se loger).
      Permettre à chacun de participer à l’élaboration du projet commun.

      Ah, voilà quelqu’un de positif, mais cela dépendra de la démarche individuelle dans cette direction et c’est cela qu’il faut stimuler.

      1. Ce que je voulais dire c’est qu’avant de stimuler ou de batir quelqu’outil que ce soit il m’apparaît nécessaire de s’assurer que la cible soit largement partagée et acceptée.
        Dans le cas contraire le travail n’est plus le même il s’agit de faire prendre conscience et cela signifie que l’on part de beaucoup plus loin et que le risque de crash total s’impose comme difficilement évitable.

    2. « Préserver notre milieu de vie », cela veut-il dire qu’il faut stabiliser l’exploitation des ressources naturelles, la freiner ou la réinventer? Les pays les moins exigeant sur les normes environnementales sont les plus attractifs, nous avons en Occident trop profité des produits à bas coûts, pendant que les friches industrielles de ce pays nous rappellent ce qu’on a perdu. Avec un smic ou un rsa, c’est moins cher de s’habiller made in Bangladesh, et on a tous un pc qui finira en Inde entre les mains d’un jeune travailleur non protégé. Donc admettre que nous partageons la même planète et chercher à homogénéiser le niveau de vie entre habitants, cela va dans le sens de la préservation de notre milieu de vie, si on accepte que l’individu occidental doit réduire son train de vie. Mais allez savoir pourquoi cette question essentielle n’est pas même abordée par les grands de ce monde, qui tiennent à notre confort.

      1. Cette première interrogation tend à démontrer qu’il n’est pas nécessaire d’aller chercher très loin pour faire apparaire différentes sensibilités ou interprétations.
        C’est pour cette raison qu’il me semble nécessaire de commencer par ce qui, pour moi, constitue les fondations.
        Est-ce que « Préserver notre milieu de vie » est un objectif perçu comme primordial et est-il largement partagé ?
        Si oui qu’est-ce que cela signifie?
        A titre personnel je dirais qu’il s’agit de ne pas compromettre l’équilibre naturel.

        Mais allez savoir pourquoi cette question essentielle n’est pas même abordée par les grands de ce monde, qui tiennent à notre confort.

        Je ne crois pas qu’ils se préoccupent de notre confort,
        En ce qui concerne le pourquoi il me semble difficile d’imaginer qu’ils ne soient pas conscients donc il ne peut s’agir que de pur égoïsme pour acquérir, préserver accroître un pouvoir quelconque.
        Enfin continuer à patauger dans l’existant ne demande aucun effort, il suffit de se laisser porter par le courant.

  15. Je pense qu’un changement peut intervenir par les urnes à condition qu’un parti ne se donne pour seul programme que le changement institutionnel, et le plus simple possible (par exemple: démocratie directe ou sortie de l’euro ou sortie de l’UE etc) et sans autre objectif programmatique. Même alors, cela sera difficile et il n’est pas certain qu’une majorité puisse être obtenue sur ce que serait concrètement ce changement institutionnel. Mais cela pourrait néanmoins infléchir le rapport de forces politique.
    Toute autre option programmatique ne sortirait pas du cadre et ne ferait que créer un parti de plus (du genre Verts ou FdG) qui dépendrait d’apparatchiks, rentrerait vite dans le rang et se perdrait dans des luttes intestines.

  16. La machine mondiale semble prête à broyer le premier Etat qui relèvera la tête. Seuls les USA semblent avoir assez de poids pour prendre des décisions contre la pente fatale des choses. Mais l’avenir américain, c’est pas Medicare, c’est Netflix.
    Les USA ne soutiendront plus certains états contre d’autres, mais des communautés solvables (pour leurs produits connectés) contre les autres, contre ceux qui ne peuvent rien leur acheter, et ce dans chaque région du monde. Les lecteurs du blog de Pau Jorion sont sûrement du bon côté de la balance. Je ne vois pas pourquoi ils se font tant de soucis.
    Il n’y a pas assez d’énergie pour que tout le monde ait notre mode de vie. Même en faisant d’immenses efforts. Pourquoi ergoter ?
    Il y a sûrement des méthodes plus efficaces, pour éteindre le sentiment de culpabilité ou de compassion envers la majorité exclue, dont le destin va se séparer toujours plus du nôtre, que de fantasmer sur des fables révolutionnaires. Il y a les séries télé… il y a tout, justement, ce que vendent les USA. (Les français complètent l’offre avec le bon pinard).

  17. Je fais même le pari que plus nos projets avanceront, plus notre activité se déploiera, plus le tournant se rapprochera, et plus il pourra être conçu pacifiquement.
    À charge pour chacun d’entre nous de le vouloir et de répondre présent maintenant et le moment venu. Il en va de notre avenir et du monde que nous léguerons à nos enfants.

    Message reçu 5 sur5
    Bruno Colmant a répondu ceci à Paul Jorion qui propose de réparer la planète pour créer des emplois durables

    Mais ce genre de boulot ne requiert pas de formation importante. On risque de conforter une société duale avec des travailleurs très peu formés et d’autres hyper-formés aux nouvelles technologies

    Prenons le cas de l’agriculture de conservation http://agriculture-de-conservation.com/spip.php?page=sommaire , la plupart des agriculteurs sont BTS voir ingénieur agronome.
    Ils consomment moins d’intrant, de gazoil, et capitalisent du carbone dans leur sol donc réparent la planète, ils parviennent à produire autant en consommant moins et par conséquent remettent en question les règles de notre économie. http://agriculture-de-conservation.com/COMMENT-PASSER-DE-L-EBRIETE-A-LA.html
    Dans un registre beaucoup plus modeste j’essaye dans un potager collectif de faire passer cette idée de jardinage sur sol couvert en permanence, comme dans la forêt, et ce n’est pas facile d’abattre les idées reçues.
    Et ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres.
    Si nous le voulons, nous pouvons réparer la planète en formant les citoyens à des tâches gratifiantes parfois un peu répétitives mais qui peuvent se compléter de formations et de réalisations épanouissantes en commun.
    Alors Monsieur Colmant , si vous me lisez, cliquer sur mon nom et vous verrez un fabuleux projet qui ne demande qu’à grandir et c’est du BELGE, et croyez- moi, ceux qui pilotent ça ne sont pas des manoeuvres.

    1. « Bruno Colmant a répondu ceci à Paul Jorion qui propose de réparer la planète pour créer des emplois durables

      Mais ce genre de boulot ne requiert pas de formation importante. On risque de conforter une société duale avec des travailleurs très peu formés et d’autres hyper-formés aux nouvelles technologies »

      Et alors ????
      Une société « duale » ????
      Dois-je comprendre que pour M. Colmant la « valeur » d’un être humain est proportionnelle au niveau de sa formation aux nouvelles technologies ?
      Ou bien qu’un paludier n’a pas sa place dans une société hyper technologique ?

      Il y a des gens qui n’ont pas besoin de satellites géo stationnaires pour savoir qu’il pleuvra demain, ils ont juste des rhumatismes.

  18. En 2017, c’est probablement un second tour Le Pen-Sarkozy qui nous attend. Imaginez la teneur des débats et des propos qui vont être tenus dans les médias. Et la gueule de nos compatriotes. Il y a ceux qui se réfugieront dans l’abstention, mais ceux qui voudront tenir leurs rangs de citoyens vont se faire bourrer le crâne d’idées nauséabondes, et cela passera pour un débat démocratique, avec l’égalité du temps de parole et tout le tralala.
    Donc l’urgence est là, car cela fait déjà bien quelques années que le citoyen aurait dû demander des comptes au personnel politique qui le représente. Rappelez-vous 2005 et ce référendum, n’est-ce pas éloquent, cette passivité du peuple devant un tel affront fait à l’expression de la majorité?
    Les inégalités sociales sont les conséquences de notre propension à accepter les mensonges et les manipulations d’une classe dominante. L’égoïsme gangrène la société, cela n’a pas toujours été comme ça, tout le monde veut plus que son prochain, il ne faut pas nier l’effet de l’ultralibéralisme sur notre conception du monde, c’est une idéologie qui pénètre les mentalités de toutes les classes d’âge. Il y a urgence, car nous devrions être inquiet pour une jeunesse influençable par les écrans de télévision (Koh Lanta est une émission très regardée, dont le concept consiste à affamer des candidats, et après pour les occuper, les faire comploter pour en sacrifier un… c’est un programme éducatif en quelque sorte, c’est en tout cas sa vocation).
    Je suis plus inquiet que vous sur notre capacité de réaction. C’est pourquoi je me méfie de la majorité, et donc de la démocratie, du fait de ce qui se passe tous les jours dans ce pays, en Europe et dans le monde. Je suis réservé sur notre capacité à sortir de notre torpeur avant que tout s’écroule.
    Mais l’occasion fait le larron, soyons opportunistes, cette crise est le moyen de fédérer le peuple contre l’ennemi sans visage, et d’ouvrir le dialogue en Europe et dans le monde sur le partage et l’utilisation des richesses.
    Soyons réalistes, évitons le pire, pourrait dire Che Guevara dans les temps qui sont les nôtres.

    1. Probablement mais loin d’être assuré.

      Le retour de NS va être fortement contraint par un agenda judiciaire qu’il va de moins en moins maîtriser.

      Et le FN est haut aujourd’hui, mais les élections sont dans 3 ans.

      Il est donc encore temps…

      Cédric Mas

      1. La mise en place d’une plateforme pourrait permettre de centraliser l’information (il n’y a là aucune visée totalitaire), il s’agit de faire un pont entre les différends courants anticapitalistes et/ou pro-survie de l’espèce.
        Ensuite il serait bon de proposer des textes d’orientation sur les grands enjeux et les moyens possibles d’action, pour faire suite aux échanges et aux débats qui auraient lieu sur cette plateforme.
        Il serait possible d’aborder les problématiques en s’adaptant au public concerné, ce n’est plus un représentant politique qui est désigné compétent pour répondre de la volonté du peuple dans des domaines que parfois il maîtrise mal, mais une collaboration participative de chaque citoyen construite sur des thématiques concrètes. Une jonction nécessaire entre la question sociale et la science économique.
        Nous avons besoin d’un FIT le Forum International du Travail, avec des conférences, des documentaires, pour discuter de la mondialisation du travail, des moyens de production et des enjeux du développement des territoires, pour que tout le monde se comprenne bien et qu’on envisage une nouvelle voie. En effet, l’OIT ne semble pas donner satisfaction sur l’organisation du marché de l’emploi et de la coordination des luttes populaires.
        Donc je doute que nous ayons le temps, ce que vous écrivez me semble très vrai, sauf que pour moi cela doit être construit dans l’urgence, il est plus que temps d’agir.

  19. Je voudrais dire merci à Paul Jorion pour avoir lancé ce thème de discussion en fils successifs, et aux intervenants, car c’est une occasion exceptionnelle de cogiter de ce sujet essentiel: refaire le monde… pour de vrai!
    Je ne sais pas si on va y arriver, mais au moins l’espoir (perdu depuis longtemps) renaît.
    Pourvu que ça dure!

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