« Corruption ça suffit ! » : Les discours et les micros ne suffisent pas, par Nicolas Anton

Billet invité. P. J. : C’est volontiers que je publie ce “droit de réponse” à sa manière.

Quelle est l’utilité d’une telle réunion ?

La corruption des politiques ? des affaires ? non pas possible !

Le mal est très profond ? ça alors !

Des journalistes veulent nous informer sur ce que nous connaissons depuis au moins 30 ans ?

Des journalistes veulent nous informer ? …

Tous les abstentionnistes dont j’ai toujours fait partie ont mis depuis longtemps ce petit monde forcément corrompu dans un même sac : tous pourris. Point. Rajoutons à cela ceux qui votent pour reproduire un système qui les avantage sans être dupes de la probité feinte des élus. Corruption ou pas ils s’en moquent.

Quel est l’enjeu caché d’une telle mise en scène ? un théâtre, un auditoire assis écoute, invité à battre la mesure. Plenel applaudit frénétiquement à l’arrivée de Taubira. La salle s’exécute et l’imite. Mais cette partie du peuple assis a le même objectif que ceux qui s‘expriment : sauver l’ancien monde. En effet, le public présent, mélange de bobos mi-jeunes et retraités rentiers, démontre que Mediapart ne fait pas partie de la dissidence mais qu’il est bien un outil mainstream pour maintenir l’illusion d’un système réformable à l’infini jusqu’à trouver enfin le réglage raisonnable. La ministre par sa présence en rajoute une couche et sans un mot, sublime l’idée qu’elle aussi lutte contre la corruption. Voilà donc l’assemblée rassurée par cette fonctionnaire membre d’un gouvernement d’imposture de gauche vraiment néolibéral.

En réalité ce genre de réunion est une tentative pour l’oligarchie de reprendre l’initiative sur un peuple qui pense, analyse, décide et agit de façon de plus en plus autonome. Ce pouvoir, qui sent que la masse lui échappe, manœuvre encore pour nous affirmer qu’il peut régler les problèmes, qu’il détient un pouvoir. Comme il l’a fait pour le chômage, les paradis fiscaux – que le mainstream n’évoque plus – ou pour les banques avec les fameux stress tests, ou les ghettos, la précarité, etc.

La cartouche Mélenchon ayant été tirée, les marionnettistes oligarchiques ont mis en place l’opération « Frondeurs » afin de récupérer le petit peuple de gauche qui s’égare. Mais cela ne trompe pas grand monde. Cela ne devrait pas vous tromper M. Jorion.

Bref le temps du constat est passé. Et nous savons qu’une mafia ne se réforme pas mais se supprime. Est venu le moment de choisir son camp. Le pouvoir ou la dissidence. Cela se termine toujours comme ça en régime totalitaire n’est-ce pas ? La nuit du 4 août pour faire court déboucha sur une nouvelle oligarchie et l’avènement du capitalisme. Puis vinrent les évènements de la commune avec ses 30.000 morts. Je crains que pour nous libérer de cette mafiocratie les discours et les micros ne suffisent pas.

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114 réflexions sur « « Corruption ça suffit ! » : Les discours et les micros ne suffisent pas, par Nicolas Anton »

  1. ben mon colon, il y va pas par quatre chemins, Nicolas ! En tous cas, sa grille d’analyse me plait plutôt, qui rend compte des faits assez fidèlement ce me semble.
    A suivre.

    1. « Analyse » ? « Grille d’analyse » ? Où ça ?
      J’hésite plutôt entre « grille d’égout d’analyse » et « grille dégoût d’analyse ».

      1. question dégout, vous ne manquez jamais une occasion de nous rappeler à quel point vous maitrîisez… depuis des années…

  2. Que voilà du ferme et sans concession, avec rappel aux fondamentaux, rien moins que 4-Aout et Commune.
    Mais, peut-être que

    “c’est celui qui dit qui y est”

    , inconsciemment bien sûr.

    Nous n’avons nul besoin de Révolution pour lutter contre la corruption.
    Elle est un crime, la Justice de la plupart des Etats modernes ont les moyens théoriques d’y faire face, sous réserve qu’elle ne soit pas entravée. Volonté politique et adhésion populaire, deux ingrédients imparables.
    Les exemples récents montrent que les deux sont défaillants :
    la volonté politique est certainement absente et l’opinion publique a d’autres urgences, sans voir que crise-chômage et corruption sont liés.
    Tout cela fait partie du long chemin que Paul a entrepris et auquel j’adhère.
    Convaincre, argumenter, relier les volontés, faire naître un consensus. Et c’est probablement le seul opératif.

  3. Ouais ! Mais quoi d’autre encore…
    Remplacer les mots, les discours par quoi …?
    On ne prend pas les armes comme ça un beau matin ou comme d’autres partant pour le djihad.

      1. facile, de celui du manche 🙂
        par contre si vous voulez voir des munich partout à cause de mechants “russo-sino-ysontpascommenous”, là aucun excès, vous êtes bienvenus 🙂

  4. Retour désordonné…

    Je comprends bien votre réaction Nicolas, tant les “appareils” politiques, économiques… sont noués.
    Voyez-vous, j’étais à cette soirée hier. Je pensais regarder la retransmission sur le net, mais, je voulais être présente, allez savoir pourquoi. Bien sûr je n’avais pas réservé et je me suis retrouvée dans le hall avec un tas de gens devant le panneau “complet”.
    Mais, personne ne se décidait à partir. Pour ma part, je me suis assise sur le banc réservé ordinairement aux personnes en attente de places de dernière minute. Une dame à côté de moi me dit : “je vous connais”. Mais c’est une méprise. Elle est juriste, rencontre de grands problèmes avec certaines mairies… bref, elle me raconte ses problèmes de travail. Puis, nous parlons à d’autres personnes, travaillant généralement dans le domaine juridique. Ces personnes je crois souhaitent se rassembler, réfléchir ensemble, ne pas se sentir seules en quelque sorte. C’est mon avis.

    Au moment où Madame Taubira est arrivée et montait les marches, des altercations fusent : “elle évidemment, elle va rentrer” ! Ces remarques me gênaient, je les trouvais inutiles ou contre productives enfin quelque chose comme ça. Alors d’un coup je criais et répétais le plus fort possible “un retour son SVP, mettez-nous du son !” (je ne suis pas réputée pour avoir une grosse voix). Une dame derrière moi me glisse : Ah enfin ! Elle n’avait pas osé le faire elle-même sans doute. Je profitais de la présence de Mme Taubira et M. Pleynel pour demander un technicien son et j’ajoutais sur un ton ferme “c’est la moindre des choses” ! Quelques minutes plus tard, le régisseur descendait et installait le matériel “radio”.
    Nous nous installions tous à la bonne franquette, disposions quelques bancs, des chaises. Le climat était très attentif ; était-ce l’absence d’images ? Des personnes entraient dans ce hall, et, intriguées s’installaient avec nous dont un homme aux allures de sans abri qui grimaçaient quand des propos le choquaient, parfois poussaient des borborygmes et scandaient ainsi notre écoute.
    Nous aurions très bien prendre le chemin du retour et écouter sur nos Iphone le temps de retourner chez nous. Pourquoi donc étions nous là, dans ce qui avait des allures de “hall de gare” ?

    Beaucoup de gens ne réalisent toujours pas ce qui se passe ou d’une manière très lointaine : “tous des pourris” et puis chacun retourne au fil de sa vie. Pour ma part, même si je connais, comme vous dites, le constat et n’en doute pas, entendre des témoignages est important. J’ai encore appris. Pour mobiliser, impliquer, répéter, il faut du temps, même si nous n’en avons pas ou plus beaucoup.
    Dans ce sens, j’ai mis, comme d’habitude, sur mon compte facebook le lien vidéo. Et, étonnement, les réponses ont été plus nombreuses que d’habitude, de la part de personnes dont je ne m’attendais pas… . (c’est pas leur problème, la vie, etc). Puis j’ai fait un retour aux amis de province, la vidéo est précieuse.

    Je n’ai pu monter dans cette salle qu’à la fin, au moment de l’intervention de Monsieur Jorion car je souhaitais absolument me signaler auprès de lui, même en coup de vent 😉

  5. Réaction compréhensible compte tenu du passif du pouvoir oligarchique, qui après avoir profité de la difficulté d’accés à la connaissance et l’information de la grande majorité, a mis en place les moyens de désinformation et de propagande notemment par le canal de la télévision.
    Et si l’on évalue les résultats par les comportements d’acceptation et de collaboration au système la méthode s’est avérée payante jusqu’à ce jour, vous représentez une autre voie (ou voix) en rejetant tout en bloc ce qui peut se comprendre, mais soit laisse la place pour que le système perdure soit conduit à la guerre civile, qui dans tous les cas restera latente, car tous les moyens seront utilisés pour maintenir les choses en l’état.
    Pour ma part j’ai vu dans cette soirée la première manifestation sérieuse de la société civile et qui plus est sur le thème central de la corruption qui bien que toujours soigneusement éludé est le coeur du problème.
    Reste la présence de madame Taubira, coutumière de ce genre de fait, elle fait effectivement partie de ce gouvernement qui mêne la pire des politiques néolibèrale emblèmatique du thème de la soirée, sa position apparaît effectivement ambigüe, fait-elle le choix d’essayer de changer les choses de l’intérieur? est-elle addicte au pouvoir? l’avenir tout proche nous le dira.

  6. Je comprends votre révolte..mais les temps ne sont plus à la révolte mais à la résistance. Résistons à la fascination, à la fascisation de l’égo roi source de tout nos travers.
    Commençons avec soi -même c’est beaucoup plus sur pour ne pas créer des révoltés encore plus terrible que les tyrannies qu’ils auront vaincus.
    Le renouveau ne viendra pas d’élites mais du soucis, du respect que nous nous porterons mutuellement, ce sera l’exigence forte de nos engagements pour sauver l’espèce….
    Nous nous détruirons à nous lancer dans un jihad contre toutes les misères du monde, nous nous sauverons à être aimant des misères du monde. Cela nous demande une grande force pour discerner ce qui est secourable et ce qui ne l’est pas, sans aucun mépris pour ce qui n’est pas secourable ….

  7. Quand on a de la merde jusqu’au cou, les mots deviennent beaucoup plus cinglants, ils prennent corps si je puis dire.
    La colère peut y être pour beaucoup. Manifestement les philosophes contemporains ne sont pas à la hauteur de la situation, avec eux, on finirait presque par roupiller. Pas de flammes.
    Personnellement, j’aurais beaucoup aimé que quelqu’un comme vous vienne gueuler ça sur la scène du Théâtre de la Ville ce soir du 19 octobre 2014.

  8. Bonsoir.
    Je partage entièrement l’avis de l’auteur.
    Si vous ne vous débarrassez pas des corrompus, ils feront eux-même le ménage – car c’est une mafia. Ils le feront quand tout craquera.

    CITATIONS :

    Blondin : [à Tuco] Je vais dormir tranquille, parce que je sais maintenant que mon pire ennemi veille sur moi.
    Clint Eastwood, Le Bon, la Brute et le Truand (1966), écrit par Luciano Vincenzoni, Sergio Leone

    Tuco : [à Blondin] Le monde se divise en deux catégories, mon ami : ceux qui ont la corde au cou et ceux qui la leur coupent.
    Eli Wallach, Le Bon, la Brute et le Truand (1966), écrit par Luciano Vincenzoni, Sergio Leone

      1. Les italiens savent de quoi ils parlent……….en matière de corruption, de pieuvre et d’absolution éternelle.
        La pieuvre bancaire et les hommes en noir de Goldman Sachs ne s’aventureront pas en Sicile, la Sicile…….La Sicile n’est pas une ile grecque

      2. Si le monde ne se divisait qu’en deux catégories , tout serait beaucoup plus simple qu’en réalité .

  9. Cela n’est pas suffisant mais nécessaire. C’est un moyen mais pas une finalité.
    On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.
    Ce n’est pas en restant entre 4 murs que les choses vont changer. C’est lors d’événements de ce type que l’on peut rencontrer un auditoire plus réceptif. Le message peut faire tilt tout de suite. La petite graine peut alors germer dans chaque esprit.
    Mme Taubira a le droit d’assister à ce genre de discours, mais cela ne veut pas dire qu’elle soit d’accord avec ce qui est dit, même si c’est le message qu’elle voudrait faire passer. Un peu comme M. Cahusac qui a dit ne pas avoir de compte en Suisse. Bon, son message est passé, mais il a été recalé à la fin.

  10. Essayons de donner tort à M. ANTON.

    1) Entendre un tel débat fait “du bien” ;

    2) il manque un certain nombre d’intervenants : sont présentes sur scène des professions intellectuelles, mais il existe également des résistances de techniciens, agriculteurs, artisans de tous ordres parce que corruption et abus de pouvoir existent à tous les niveaux. La base n’a pas la parole, confisquée et interdite d’éducation à cette prise de parole, aussi ne peut-elle évoquer ce qu’elle fait – peut-on dès lors seulement parler de démocratie ? Les intellectuels parlent entre eux, c’est parfaitement vrai M. ANTON mais à côté de Mme TAUBIRA se trouve Mme Pinçon-Charlot, sociologue, qui à rebours des us et coutumes conformistes de l’université – que M. JORION connaît bien – s’en est allée avec son mari travailler sur les riches. Il est des universitaires qui n’ont pas choisi cette carrière pour se pencher sur la culture de plantes vertes en milieu urbain, ni bidonner leurs données ou accorder son doctorat à une astrologue… ;

    3) sur scène, tous parlent de démocratie, mais l’introduction qu’en fait M. PLENEL est à mon avis plus intéressante que votre analyse ne le laisse à penser : il évoque une oligarchie. Autrement dit encore une fois, est-on fondé à parler d’une démocratie dans ce que nous connaissons depuis 1789 ? Même si certainement jamais M. PLENEL ne posera pas le problème aussi clairement ce qui justifie pleinement votre observation, il est préférable qu’il l’ai fait ;

    4) Jaurès écrivait déjà sur le scandale de Panama à la fin dur 19ème siècle et ce sera le seul point purement anecdotique de divergence d’avec M. ANTON : cela ne date pas de trente ans.

    Au final, merci M. ANTON 😉

  11. Encore une couche…
    En supposant que les civilisations soient des corps vivants, la notre présente tous les symptômes de la mort déjà bien avancée. Les fluides ne circulent plus, la putréfaction l’a rendu méconnaissable, les gagne-petit s’occupent de vandaliser ses richesses pour ensuite retourner tout ce menu frottin à la terre pour en faire de l’humus. Ce n’est pas trop grave, il me semble qu’elle a eu la sagesse de faire des petits. À nous de les découvrir et de grandir en leur sein.

    1. “En supposant que les civilisations soient des corps vivants,…”
      Thom: “Les situations dynamiques qui régissent l’évolution des systèmes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés.” (Conclusion de Stabilité structurelle et morphogénèse)
      “Très certainement, dans les sociétés, la fonction crée l’organe, et je crois qu’il en va de même en biologie” (film de Godard sur Thom, dispo sur le net, vers 40′).

      Pour moi une société sans projet est morte-née et c’est le cas de la nôtre qui impose a priori l’organisation dogmatique qui découle du capitalisme financier. Le vivant quel qu’il soit a d’abord un projet, le projet de vivre! Notre société n’a pas le projet de vivre, elle a seulement le projet de ne pas mourir (en relation avec la peur de la mort dans notre société?), le slogan “c’est la lutte pour la vie”, clé de voûte du TINA que “les grands prêtres d’une religion féroce” utilisent pour justifier l’organisation sociale actuelle, cache en fait le slogan “c’est la lutte contre la mort” nettement moins vendeur mais logiquement strictement équivalent aux yeux de ces grands prêtres.

      La position “mainstream” actuelle est que le vivant naît de l’inerte sans projet, par hasard. C’est à mon sens cette position qui justifie in fine la religion des “grands prêtres”, religion qu’ils imposent au reste du monde.

      Paul Jorion a écrit “Misère de la pensée économique” pour mettre en évidence que l’économie “mainstream” a été pensée par et pour une certaine élite. René Thom insiste constamment sur la misère des pensées biologique et, plus généralement, morphogénétique actuelle. Pour lui la morphogénèse repose non pas sur le hasard et la nécessité mais sur la lutte héraclitéenne et la nécessité platonicienne; pour la pensée “mainstream” la nécessité renvoie à l’adaptabilité sélective; pour Thom elle renvoie à l’impératif de stabilité structurelle.

      Paul Jorion écrira-t-il un jour un “Misère de la pensée morphogénétique”?

  12. Ce qui est un peu curieux tout de même c’est que ce que vous dites a été dit par certains intervenants eux-mêmes.
    Pour la philosophe Cinthia Fleury , la corruption c’est “quand nommer les choses ne sert plus à rien” ? Ou encore, se référant à Habermas :” quand il y a sécession par rapport au consentement à la loi.” C’est exactement ce que vous nous dites.

    Pinçot Charlot a évoqué “leur loi, leur droit”, en parlant de la haute bourgeoisie qui nous gouverne. On ne peut pas mieux dire que le lien est rompu.

    Je vous rejoins cependant pour dire qu’on ne peut pas s’en tenir à un constat, mais il fallait sans doute cette “messe” pour reprend le mot juste de Paul, pour marquer le coup comme on dit. Pour mettre, publiquement, c’est important, des mots sur une réalité qui n’était pas reconnue comme telle dans les grands médias, à l’UM-PS, le FN détenant aujourd’hui l’exclusivité du constat pour en faire l’usage que l’on sait. Le témoignage du juge Scarpinato nous a rappelé qu’en Italie les juges sont mieux armés si j’ose dire, parce que dans la constitution italienne de 1948 l’initiative des enquêtes revient au parquet, totalement indépendant du pouvoir, ce qui n’est pas le cas en France. Il me semble qu’on ne fera pas une réforme radicale de la société contre les juges, mais au contraire avec l’aide de ceux qui sont pleinement conscients de l’état de déliquescence dans lequel se trouvent aujourd’hui nos sociétés. Ils sont les gardiens d’une justice qui même très inégalitaire selon qu’on soit riche ou pauvre, garantit tout de même encore les droits fondamentaux de réunion, et d’expression. Sans ces droits, c’est le règne de l’arbitraire pur, et là on tombe dans les régimes où question libertés on descend encore d’un cran ou deux par rapport à notre Etat de droit aussi insuffisant soit-il.

    C’est vrai que la corruption n’est pas nouvelle, mais justement, autrefois elle semblait poser beaucoup moins de problèmes à nos contemporains, on s’en accommodait, sans doute parce qu’il y avait moins de chômage, moins d’inégalités, alors cela passait, malgré tout.

    Plenel ou Arfi ont, c’est vrai, un coté un peu “Zorro”, ou “redresseur de torts”. Mais ils ont beaucoup à faire, il y tant d’affaires !! Ainsi un peu par déformation professionnelle sans doute, et je ne dis pas cela pour leur faire injure, ils ont une certaine tendance à identifier la politique à leur métier de journaliste qui consiste à mettre au jour ce qui ne l’était pas. Médiapart est devenu un contre pouvoir, devenu indispensable dans un univers médiatique mainstream jusqu’ici volontiers complaisant.

    Mais effectivement nous ne pourrons pas en rester là, car il ne s’agit pas principalement de guérir une démocratie qui serait malade, il ne s’agit pas seulement de remettre un peu d’ordre dans un système qui serait seulement déviant. il s’agit de créer les conditions politiques, économiques pour un nouveau contrat social. Il s’agit de créer un nouvel ordre des choses. Il ne s’agit pas simplement d’apporter plus de transparence, c’est nécessaire, car aujourd’hui tout un pan de l’économie se développe dans l’ombre, accroissant le désordre et le danger systémique, il s’agit aussi d’apporter les nouvelles fondations juridiques qui permettront non pas seulement de raffermir la démocratie, la restaurer là où elle est bafouée, mais aussi et surtout d’étendre son domaine, un domaine qui aujourd’hui, constitutionnellement, ne contient pas la violence générée par une économie et une finance qui permettent l’accumulation des richesses au profit de quelques uns et servies par une fausse science.

    Il s’agira notamment — c’est encore un thème qui fut abordé pendant le débat – d’inverser la logique actuelle de substitution de l’intérêt général par l’intérêt privé.

    Bref, la société n’est pas seulement malade, c’est la façon même dont nous concevons, la comprenons, ainsi notamment du fonctionnement de l’économie, qui pose problème, et ce bien entendu parmi toutes les autres sociétés humaines sur cette planète, qui partageant avec nous un même sort planétaire, à ce moment-ci donc de l’histoire de l’humanité, et dans notre rapport à un environnement que nous dégradons chaque jour un peu plus, si on ne change pas le cadre.

    C’est ici que je me sépare à nouveau de vous, car le défi ne concerne pas seulement un rapport de forces, c’est aussi notre représentation du monde qui est en cause.

    1. Magistrale réponse, Pierre-Yves.

      Sur un ton sans doute moins convaincant, j’ajouterais que si un peu de l’esprit des Lumières ne passe plus que par ce type de rencontre et ce type de public “de bobos mi-jeunes etc.”, on peut regretter cette composition du public (je m’y reconnaitrait “objectivement”), mais c’est néanmoins la seule façon dont j’ai ouïe dire d’accrocher une parcelle de cet esprit dans la suite de l’histoire de l’Europe, a minima.

    2. Je suis d’accord avec vous, et si je dois choisir mon camp comme le propose Nicolas Anton et bien je choisis le mien, celui que je crée. Permettez moi de revenir à mon “fond de commerce” qui est la sobriété. Je suis retraité depuis six moi, mon dernier emploi consistait en montage entretien et dépannage de pompes à chaleur, 40 000 km par an, 5000 litres de mazout consommés et 650 heures passées au volant.
      Comment pourrait on imaginer de mettre tous les chômeurs au travail avec un tel type d’emploi?
      Ce serait la destruction définitive de la planète.
      Ne pensez-vous pas que les travailleurs confondent trop souvent emploi qui fait partie du marché et du capitalisme avec activités qui pourraient devenir une autre représentation du monde.
      On peut très bien créer des activités qui pourraient répondre aux besoins des hommes sans pour autant saccager les ressources planétaires, mais il faut changer de cadre.
      Je m’éloigne du sujet là, je n’en suis pas si sûr!
      Permettez moi aussi de dire qu’il faut d’abord balayer devant sa porte.

      1. Je suis d’accord avec Michel Lambotte.

        “Comment pourrait on imaginer de mettre tous les chômeurs au travail avec un tel type d’emploi? Ce serait la destruction définitive de la planète.”

        C’est pourtant ce que préconise le “Système”! Il faut accroître sans cesse le PIB pour assurer la survie du dit “Système” (entre autres assurer le remboursement des emprunts à x%, obligeant à une croissance exponentielle du PIB d’exposant au moins 1+x). Pour cela il faut créer sans cesse de nouveaux marchés et le “Système” en arrive à cette situation démente où polluer est pour “Lui” une bonne chose car cela crée le marché de la dépollution et donc participe à la croissance du sacro-saint PIB: qu’une centrale nucléaire explose, c’est bon pour le PIB, qu’on produise en quantité des gaz à effet de serre, c’est bon pour le PIB, etc.

        Aurons-nous de nôtre propre initiative collective la volonté, la possibilité et le courage de changer cette politique planétaire démente avant que les inévitables corrections à l’équilibre entre l’homme et la Terre ne prennent un tour -au sens strict et usuel- catastrophique?

      2. @Bassic Rabbit
        Quand j’ai exposé le problème de notre emploi au collègue qui me remplace il n’en revenait pas, Il n’y avait jamais pensé.
        La solution est d’élever notre conscience pour créer une autre représentation de l’emploi et du monde actuel.
        Je pense que nous y arrivons mais c’est encore très très minoritaire. Je ne suis pas de ceux qui veulent en découdre avec le système, je préfère le changer de l’intérieur et proposer une autre vision du capital , en surfant sur les vagues de changement même si cette théorie est controversée.
        Quand nos petits enfants seront à notre place il n’auront plus que 40 à 60% de l’approvisionnement énergétique actuelle et il sera trop tard pour engendrer quoi que ce soit en matière de sobriété constructive, c’est maintenant qu’il faut se mettre au travail.
        Je préfère partir du vécu pour étayer mes démonstrations que des formules mathématiques ou des discours philosophiques.

    3. Je signe aussi ( une fois de plus) car tout est bien posé dans les deux dernières lignes de votre commentaire .

  13. Taubira applaudie pour sa présence, elle n’était pas prévue et elle n’a pas pu intervenir dans le débat, dommage. La corruption est de plus en plus importante et aussi plus discrète, avec les paradis fiscaux, des milliards à portée de main pour ceux qui ont le pouvoir. Les oligarques achètent ce qu’ils veulent, tout leur appartient dans notre société. C’est une république bananière, il n’y a qu’à voir Balkany qui demande une meilleure rémunération pour les élus et Dassaut et tant d’autres achètent des bulletin. Dire que si tout ce système tient encore debout, c’est que les gens ont confiance…ça ne peut pas durer.

    1. Madame Taubira était là. J’aurais aimé voir son visage pendant le discours de monsieur Scarpinato. Elle avait promis une grande réforme de la Justice ( un peu sur le modèle italien ? ). On ne voit rien venir . Trop d’ affaires continuent à se terminer par un non-lieu douteux , la dernière en date celle de l’hippodrome de Compiègne. Rien n’indique que la Cour de Justice de la République vit ses derniers jours . Etc……Donc si cette grand’messe a “réveillé” madame Taubira, la soirée n’a pas été inutile ! Je signale en passant le livre d’Hervé Kempf : ” l’oligarchie ça suffit, vive la démocratie” qui date de 2011
      .

    1. Pas d’accord.
      L’écume de la corruption, chacun se dit qu’il la voit de loin et n’a pas à l’approcher.
      Là, l’accent est mis par ces journalistes sur la MISE ENSEMBLE d’informations entre eux, et sur le fait que leur propre fonction de lanceur d’alerte est menacée. Le fait de déclencher un peu de cette empathie d’être ensemble, et à cette occasion d'”infinitiser” nos principes, le fait de réactiver la honte à frauder ainsi que le goût de justice en nous, tout cela va au-delà de la somme des ingrédients connus. Nous disons en physique que cela interfère constructivement dans la bonne direction.

      1. « Il faudrait tellement tout changer, tellement tout bouleverser que jamais, jamais un consensus ne pourra se faire sur des mesures d’une telle ampleur tant que nous ne serons pas tombés au fond du gouffre. Nous sommes au pied du mur mais cela ne change rien. Nous pouvons gloser des heures et des heures sur quoi faire, comment le faire, pourquoi le faire, nous ne ferons rien. Rien. »

        Jean Ziegler

    2. “Retournez les fusils” et “choisir son camp” en sous-titre.
      Choisir son camp d’accord, mais c’est étonnant comme tout nous pousse à le faire, et trop souvent ça se résume à un choix entre deux ‘maux’ ou ‘médiocrités’ et/ou hasardeux…

    3. Mais oui, les indignés font partie du système, et tant que l’on fait partie du système on y change rien, on cause. Et dans dix ans on causera encore. Pour être efficace, il faut être capable de sortir du système, du moins psychologiquement et mentalement.
      Cela me fait penser aux jeunes de mai 68: protéster et manifester contre les Americains mais porter des jeans en buvant du Coca Cola.

      1. “Aux jeunes de mai 68 : protester et manifester contre les Américains”

        Vous croyez vraiment que c’est de cela qu’il s’agissait en mai 68 ? Renseignez-vous mon vieux : dans le temps il fallait aller jusqu’à une bibliothèque, c’était fatigant, mais maintenant il y a l’internet !

        Insistance de 68

        Et, oui : il y avait des gens qui protestaient contre la guerre du Vietnam (plusieurs années avant 68 d’ailleurs, rafraîchissez vos connaissances historiques) et qui portaient des jeans. Quel rapport entre protester contre la politique américaine et ce qu’on porte ou on boit ? Je critique sur mon blog la politique du gouvernement français actuel. Je devrais cesser du coup de manger de la baguette pour “être logique” ?

      2. D’autant que le Jean commence son histoire à Gênes , la poursuit à Nîmes ( Denim) , avant de partir aux USA et en revenir .

        En France la montée en puissance du jean a plutôt commencé dans les années cinquante , avec les “blousons noirs ” .

        Pour le coca cola , sa première percé en Europe accompagne en fait Hitler et le troisième Reich, ce qi a pu faire dire à certains que Coca Cola était le sponsor publicitaire de la propagande du führer.

      3. Cher Paul Jorion,
        je pense que je me suis mal et maladroitement exprimé. Je voulais dire par là qu’il est difficile d’échapper d’un système, alors comment lutter contre les abbération de notre système économique perverti si les gens continuent à courir dans la roue pour hamster, à consommer sans mesure, à voter toujours pour les même têtes, pour les couper quelques mois après les élections………….
        Je ne demanderais jamais ne plus porter des jeans :-), je n’ai rien contre l’Amérique, au contraire, je connais bien ce pays, mais c’est l’attitude qui compte. Je connais des gens qui adhérent aux idées progressistes et défendent des concéptions innovatrices, tout en cultivant un style de vie conservateur voire ringard. Le contraire est vrai aussi.
        J’éspère d’avoir corrigé l’imprécision de ma pensée.

  14. Je veux bien qu’on parle d’acte fondateur et tout le tintouin, mais c’est surtout la même prétenion à réinventer la roue immaculée à chaque génération,

    “Un mardi, à quinze heures, la population, lasse de la toute-puissance du capitalisme et des contraintes d’un mode de vie entièrement dévolu au profit et à la production, décide de déposer les armes de la guerre industrielle. Le mot d’ordre est lancé : «On arrête tout, on réfléchit», et les travailleurs de tous les corps de métier confondus abandonnent leurs occupations professionnelles pour, dans la rue, commencer une nouvelle vie. Bon enfant, ils chantent, flânent, s’aiment et se nourrissent des légumes qu’ils font pousser sur les trottoirs. Fermes, pourtant, ils bannissent la propriété, valeur suprême des nantis et des hommes d’affaires qu’ils décrient avec tant d’ardeur. Lesquels, affolés par la paralysie générale, se suicident en masse, tandis que s’étend à l’Amérique, à l’Afrique et au monde entier le mouvement de rébellion pacifique…”

    http://www.telerama.fr/cinema/films/l-an-01,12590.php

    Souhaitons lui plus de succès que les précédentes, sans cynisme aucun mais sans grand espoir… Après tout il s’agit d’un acte de foi, qui a son importance sur le plan individuel, mais pour esperer y voir le debut d’une vague qui emportera tout, il faudrait déjà être en mesure de trouver des traces hors de la communauté ici présente.

    Il n’y a qu’à voir le silence total de LibéGaroMonde etc sur la dite réunion pour comprendre que ça n’ira pas de soi. ^^
    on peut aussi s’amuser a rechercher le mot “corruption” sur les dits canards, à 99% il s’agira d’articles évoquant un pays dont on souhaiterait dégager la tête, pour de bonnes ou mauvaises raisons, passons, mais en France ? Vous n’y pensez pas 😉

      1. J’ai récemment appris ‘Tipping point’ :
        « point de basculement sociologique », « point critique sociodynamique », « seuil de tolérance » ou « angle de repositionnement », est une expression de la sociologie qui se rapporte à un moment dramatique où quelque phénomène singulier devient commun.

  15. C’est vrai qu’on pourrait considérer ce genre d’évènement comme un moment négatif du consentement. Parce que les vicissitudes du Pouvoir en général, l’injustice et la corruption, en particulier, on en parle, et on les dénonce au moins depuis l’antiquité, même là-bas, en Chine, dans le Tchouang Tseu “Qui vole une agrafe fini sur la potence, qui vole un royaume sur le trône.” ou encore :”la balance a été inventée pour peser, mais entre les mains des coquins elle favorise la fraude ; les contrats et les sceaux ont été établis afin de procurer des garanties mais ils couvrent tous les abus ; la morale a été instaurée afin de rectifier les conduites, mais elle autorise toutes sortes de pratiques malhonnêtes.”(Les Å’uvres de Maître Tchouang, Chap X -trad Jean Levi). Et où en sommes-nous!?
    Mais il est important d’entretenir cette puissance que nous avons de dénoncer, de discuter, d’établir des constats, de critiquer, même si cela ne débouche sur aucune praxis solide, même si cela se résout encore en platitudes, ou en inefficience politique. Et si on commence à comparer impitoyablement les discours, l’histoire du discours, et l’Histoire tout court, on a le droit d’avoir un peu de mépris pour les sempiternelles, logomachies, logologies, logolalies contestataires…
    Ne sommes-nous qu’une bande de singes parlants férocement hyperactifs?
    Alors soit on s’accommode de cette manie, on n’essaie pas de la redresser, ce serait une violence inutile, car c’est humain, trop humain, soit on essaie, non pas de parler, non pas d’agir (encore une révolution sanglante?!…pfff, j’peux pas j’ai piscine), mais de s’arrêter de faire quoi que ce soit, on ne se cache plus derrière des paroles ou des actes, on arrête de sursoir à la sidération, le monde dût-il périr.

  16. Certes , c’est plutôt bien envoyé mais au delà des inepties proférées ( Jean-Luc Mélenchon, une marionnette agitée par les marchés financiers, non mais franchement !…on se marre ), il y a comme un hic au vu de la conclusion finale.

    Je pourrais la partager mais hélas, le XX° siècle est passé par là. L’Histoire ne s’est pas arrêtée au XIX ° siècle et à la dite & belle Commune de Paris, ni à ses trente mille fusillés & martyrs. Le principe d’assassinat de masse à muté au XX° siècle. Il est devenu comme exponentiel. La guerre de 14-18, cette grand matrice de mort et inspiratrice de tous les crimes à venir a enfanté toutes sortes de monstres. Nous les connaissons bien. Les guerres modernes, les coloniales et les autres. Les révolutions dites socialistes qui échouent à se démilitariser et qui dévorent leurs propres progénitures au même moment où s’ installe au pouvoir un nouveau clan bureaucratique et criminel. Et pour parachever l’horreur globale, Les totalitarismes fasciste et nazi. La Shoah.

    Nicolas Anton a visiblement zappé dans son texte le dit XX° siècle. Il n’aurait pas du. On ne peut pas faire comme si nous nous étions arrêtés à la Commune de Paris. Nous ne sommes plus à la fin du XIX° siècle. L’appel aux armes que l’auteur déploie à mots couverts à la fin de sa prose rageuse et sans doute justifiée en partie, devient une chanson de gestes de mauvais aloi si dans sa propre démonstration, il zappe le XX° siècle, avec son chapelet de génocides et ses millions de morts.

    Penser le XX° siècle est nécessaire avant de prendre la pause échevelée. Penser le dit pouvoir est des plus urgents. Le pouvoir et les pouvoirs. Quels sont -ils ? Si je comprends la colère de l’ auteur, je ne partage pas présentement ses vues dernières. Car que croit-il qu’il puisse arriver au vu du rapport de force présent ?

    Je lis en ce moment ” La Nuit Rwandaise ” de Jean-Paul Gouteux. Lire ce livre est déjà en soit un acte révolutionnaire. Petit acte révolutionnaire, certes, mais révolutionnaire quand même puisqu’il est question ici de vérité historique. Car le lire c’est prendre la mesure précisément des coulisses du pouvoir qui ne dit décidément plus son nom. Les révélations données sont largement tues. Que des assassins en col blancs et complices d’hier du génocide rwandais paradent aujourd’hui sur les plateaux télés n’est pas le plus étonnant. La nausée est immense. L’horreur une fois de plus absolue. C’est froidement que je recommande ce livre à tout le monde mais plus particulièrement à l’auteur de l’article ci dessus. Car avant d’appeler aux armes, il faut savoir pourquoi on le fait, avec qui on le fait et comment exactement on oserait soudain le faire. Méditation rwandaise. Méfions-nous de ceux qui portent les armes et nous appellent à les rejoindre. Qui sont -ils ? Que voulons-nous nous mêmes ? Mille pièges régressifs sont devant nous. On ne badine pas avec la guerre qui enfante mécaniquement des monstres. Pleins de monstres. Méditations rwandaises.

  17. ET qui a soulevé le fait -gênant à mes yeux- du faux chevalier blanc e Plenel qui fait aujourd’hui mediapart alors qu’il était un jour dans le bureau du ministre de l’intérieur pour lui demander des conseils quand Le Monde s’était fait critiquer par un livre dont certains faits étaient attestés? nous sommes tous responsables et de la corruption, et de ces egos déployés qui utilise la dénonciation de la corruption pour briller!

    1. oh pas que ça, il a effectivement été un “salaud ordinaire” (JLG si tu nous lis…) pendant des années comme beaucoup d’autres, le sort qu’il a reservé à Denis Robert dans Le Monde a laissé des traces entre autres, comme quoi les whistleblowers ça n’a pas toujours été sa tasse de thé…
      Maintenant il n’est pas interdit de corriger sa trajectoire personnelle, et le moins qu’on puisse dire est qu’il a quand même pas mal évolué depuis qu’il s’est fait lourder du monde.
      Ca peut être modérément salvateur les coups de pied au c** 🙂

  18. Bonjour Monsieur Jorion,

    J’ai visionné cette vidéo et je dois avouer que vous avez été grandiose. Vous étiez, selon moi, le meilleur intervenant, celui qui avait le plus d’éloquence ainsi que le plus grand savoir.
    Vous nous avez délivré une information inédite et il fallait oser ! Vous avez pris de gros risques !
    Quel courage !
    Au moins, je crois pouvoir affirmer que vous n’êtes pas corrompu.

    Je viens également de terminer votre dernier ouvrage que j’ai dévoré. Vous pensez vraiment l’économie d’une façon différente et je pense que vous avez tout simplement révolutionné cette matière. Je tiens également à saluer votre collègue Bruno Colmant. Un homme de grand savoir dont l’humanité a besoin.
    Je tenais également à saluer votre performance: selon les dernières données, vous avez écoulé environ 6 millions d’exemplaires.
    Toutes mes félicitations !

    Un grand merci pour tout votre travail et que l’on vous garde le plus longtemps possible.
    NOUS AVONS BESOIN DE VOUS !

    1. 6 millions d’exemplaires vendus …….Vous êtes devenu un auteur à succès, Monsieur Jorion.

      Vos livres sont aujourd’hui en tête de gondole, dans les librairies à Bruxelles.

      Parler aujourd’hui de l’économie et de ses vices, sacré filon, cela enrichit, c’est un fait.

  19. Un des points forts du capitalisme est de savoir récupérer et digérer à son profit toutes les formes de dissidences, même les plus sincères… (Mais bon, tant que je n’ai pas la preuve que M. Jorion possède des comptes off-shore, je lui laisse le bénéfice du doute !)
    Ceci dit, la béance entre les paroles et les actes devient si énorme que les mots perdent leurs sens. Une politique au service de la rente et des intérêts privés qui en vient à être qualifiée de ‘socialiste’, prouve à elle seule que le système est conçu pour ne pas être modifié. La folie de la chose étant que les richesses étant concentrées de plus en plus rapidement entre quelques mains, cela désagrège littéralement nos sociétés. Nul besoin d’être extra-lucide pour prédire son implosion avant qu’elle n’atteigne sa destination finale, une nouvelle féodalité.
    La seule question vraiment importante est de savoir combien de temps le capitalisme résistera avant son implosion. Question importante, car plus le temps passe, plus les peuples risqueront de devenir littéralement enragés sous la morsure de la pauvreté et plus l’occurrence sera grande de voir des régimes fascistes sortir des ruines du capitalisme…
    Franklin Roosevelt disait : « Il n’y a pas de liberté individuelle sans sécurité économique. Un peuple affamé et sans emploi est la matière dont sont faites les dictatures ».
    Pas mieux.

  20. un petit bémol à relever : En réalité ce genre de réunion est une tentative pour l’oligarchie de reprendre l’initiative sur un peuple qui pense, analyse, décide et agit de façon de plus en plus autonome.Pour ma part je reste sceptique au niveau de l’autonomie, je ressens plutôt comme un grand nivellement autour de la fameuse pensée unique, et nos parapluies rouges ou oranges ne semblent guère inverser la courbe de cette tendance de fond planétaire. Un peuple ne pense pas, ni n’analyse et encore moins décide. La réalité de nos démocraties ne cesse de le prouver. C’est bien dommage, mais c’est ainsi.

  21. Les discours et les micros ne suffisent pas .

    Mais ils sont nécessaires pourvu qu’ils soient sincères et contradictoires .

    1. Dans le résumé du bouquin de Susini il n’est question que de corruption. Pour moi génération et corruption vont de pair, on ne peut parler de l’un sans parler de l’autre. A quand donc une éloge de la morphogénèse au sens élargi que lui donne Thom, à savoir celui des changements de forme, qu’ils nous apparaissent comme générateurs ou comme corrupteurs? Ce qui renvoie en 15 où je commente une partie du commentaire de “Un Lecteur” .

      Je reproduis ici son commentaire complet:
      “En supposant que les civilisations soient des corps vivants, la notre présente tous les symptômes de la mort déjà bien avancée. Les fluides ne circulent plus, la putréfaction l’a rendu méconnaissable, les gagne-petit s’occupent de vandaliser ses richesses pour ensuite retourner tout ce menu frottin à la terre pour en faire de l’humus. Ce n’est pas trop grave, il me semble qu’elle a eu la sagesse de faire des petits. À nous de les découvrir et de grandir en leur sein.”

      Ce commentaire résume bien ma pensée sur ce sujet: toute corruption contient en germe une régénération. Et la régénération consécutive à la corruption de notre société actuelle se prépare entre autres sur des blogs comme celui-ci et dans des théatres comme celui de la Ville.

    2. On pourrait remonter plus loin : cette pureté qui va aux excès et contre laquelle Laure Susini se pose via son “éloge”, n’est-elle pas fille de l’antisymétrie du langage et de la philosophie grecs ?
      (“Comment la Vérité et la Réalité furent inventés”…).

      Du coup, la réponse est dans le rétablissement de la réciprocité, avec les références que nous sassons et ressassons (perche tendue, enclenchez le lanceur de tomates pourries, ô vendangeur) : Polanyi et l’encastrement de l’économie, la “philia” aristotélicienne, les écrits de Stiegler sur la réciprocité et les savoir-faire, la sublimation et la désaffection, les “pharmakon”.

      Le chemin des savoir-faire conduit à ébranler tout règlement rigide, assurément, mais par un goût de l’expérimentation, et pour une forme d’activité qui se destine à élever la société et non à la laisser à son étiage de vache à traire pour quelques fromagers, des fromagers malheureux dans leur âmes qui plus est (voir la bio de l’oligarque Abramovich et pourquoi il a choisi de s’associer étroitement à un club de foot, le Chelsea, je crois…)

      1. Pourquoi a-t-il choisi Chelsea?
        Parce que ceux qui se destinent à élever la société n’ont pas gueuler assez fort.
        Mais vous avez raison par le goût de l’expérimentation les savoirs faire ébranlent les règlements rigides et créent de nouveaux paradigmes. La vague avance.

      2. @ timiota
        Merci pour votre commentaire: je n’avais pas pensé à faire ce rapprochement qui permet de proposer une telle explication. Quid alors de la façon de voir le problème de la corruption dans les civilisations à pensée symétrique, en Chine par exemple? Pierre-Yves Dambrine pourrait-il nous éclairer à ce sujet?

        “Du coup, la réponse est dans le rétablissement de la réciprocité, avec les références que nous sassons et ressassons (perche tendue, enclenchez le lanceur de tomates pourries, ô vendangeur) : Polanyi et l’encastrement de l’économie, la « philia » aristotélicienne, les écrits de Stiegler sur la réciprocité et les savoir-faire, la sublimation et la désaffection, les « pharmakon ».”

        Sans oublier Dominique Temple dont j’apprécie beaucoup les billets sur ce blog.

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