« Corruption ça suffit ! » : Les discours et les micros ne suffisent pas, par Nicolas Anton

Billet invité. P. J. : C’est volontiers que je publie ce « droit de réponse » à sa manière.

Quelle est l’utilité d’une telle réunion ?

La corruption des politiques ? des affaires ? non pas possible !

Le mal est très profond ? ça alors !

Des journalistes veulent nous informer sur ce que nous connaissons depuis au moins 30 ans ?

Des journalistes veulent nous informer ? …

Tous les abstentionnistes dont j’ai toujours fait partie ont mis depuis longtemps ce petit monde forcément corrompu dans un même sac : tous pourris. Point. Rajoutons à cela ceux qui votent pour reproduire un système qui les avantage sans être dupes de la probité feinte des élus. Corruption ou pas ils s’en moquent.

Quel est l’enjeu caché d’une telle mise en scène ? un théâtre, un auditoire assis écoute, invité à battre la mesure. Plenel applaudit frénétiquement à l’arrivée de Taubira. La salle s’exécute et l’imite. Mais cette partie du peuple assis a le même objectif que ceux qui s‘expriment : sauver l’ancien monde. En effet, le public présent, mélange de bobos mi-jeunes et retraités rentiers, démontre que Mediapart ne fait pas partie de la dissidence mais qu’il est bien un outil mainstream pour maintenir l’illusion d’un système réformable à l’infini jusqu’à trouver enfin le réglage raisonnable. La ministre par sa présence en rajoute une couche et sans un mot, sublime l’idée qu’elle aussi lutte contre la corruption. Voilà donc l’assemblée rassurée par cette fonctionnaire membre d’un gouvernement d’imposture de gauche vraiment néolibéral.

En réalité ce genre de réunion est une tentative pour l’oligarchie de reprendre l’initiative sur un peuple qui pense, analyse, décide et agit de façon de plus en plus autonome. Ce pouvoir, qui sent que la masse lui échappe, manœuvre encore pour nous affirmer qu’il peut régler les problèmes, qu’il détient un pouvoir. Comme il l’a fait pour le chômage, les paradis fiscaux – que le mainstream n’évoque plus – ou pour les banques avec les fameux stress tests, ou les ghettos, la précarité, etc.

La cartouche Mélenchon ayant été tirée, les marionnettistes oligarchiques ont mis en place l’opération « Frondeurs » afin de récupérer le petit peuple de gauche qui s’égare. Mais cela ne trompe pas grand monde. Cela ne devrait pas vous tromper M. Jorion.

Bref le temps du constat est passé. Et nous savons qu’une mafia ne se réforme pas mais se supprime. Est venu le moment de choisir son camp. Le pouvoir ou la dissidence. Cela se termine toujours comme ça en régime totalitaire n’est-ce pas ? La nuit du 4 août pour faire court déboucha sur une nouvelle oligarchie et l’avènement du capitalisme. Puis vinrent les évènements de la commune avec ses 30.000 morts. Je crains que pour nous libérer de cette mafiocratie les discours et les micros ne suffisent pas.

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114 réflexions sur « « Corruption ça suffit ! » : Les discours et les micros ne suffisent pas, par Nicolas Anton »

  1. « Quelle est l’utilité d’une telle réunion ? …En réalité ce genre de réunion est une tentative pour l’oligarchie de reprendre l’initiative sur un peuple bla bla bla »
    En effet,à quoi sert tout cela,ces réunions d’intellectuels qui parlent à des rentiers, et qui en plus se font un gros paquet de pépètes avec tout ça??Fichtre! Diantre! Morbleu!
    Allons plus loin: ce blog même n’est-il pas une autre illustration de cette  » tentative pour l’oligarchie etc etc »? P Jorion – entre autres- qui se crève la patate en sillonnant la planète ne serait-il qu’un agent infiltré au service de la finance internationale?

    « P. J. : C’est volontiers que je publie ce « droit de réponse » »Hum hum, volontiers?
    Soyons clairs: je ne soupçonne pas une seconde PJ penser que ce qu’il fait ne sert à rien, même s’il s’est certainement posé plus d’une fois la question.
    Par contre je le vois bien, un léger sourire en coin, se dire: »qu’en pense mes lecteurs?
    Vous êtes démasqué,Mr Jorion!

    Et pour répondre : que faire d’autre ,hélas? Et merci.

    Un retraité pas rentier

    1. fm , c’est un pseudo ou votre réponse à la corruption ?

      De son côté ,Paul Jorion n’apparait ni retraité ,ni rentier .

      Signé : un vieux retraité à part entière mais pas rentier non plus .

    2. Il n’est pas nécessaire d’avoir un résultat pour entreprendre quelque chose. Ouaip! Lapalissade à la con, puisqu’on ne connait le résultat d’une action qu’après avoir faite.
      L’important est le faire.
      Si le geste est parfait, le résultat est juste.
      Le Zen dans le tir à l’arc, Wu shu, etc, etc…
      Donc, le bla, bla, bla de réunions multiples c’est du bla, bla. Mais celui qui a entendu ne peut plus ignorer. Du coup nécessairement son comportement change, même s’il n’engage pas un « faire » conscient, il modifie le Cosmos (Dao – pour les connaisseurs).
      Laissez blablater en rond, il en sortira toujours quelque chose. Mais ça ne sera pas nécessairement ce que vous attendiez. 🙂

  2. hum

    La corruption, à petite échelle, a bien failli me jeter à la rue en début d’année… (syndic de copropriété noyauté, associations de défense aux mains liées, procédure judiciaire surréaliste, etc…).

    Je me souviens qu’à la différence d’Aristote et de la pensée politique classique pour lequel chaque type de régime possède sa voie propre vers la décadence , Hobbes et la pensée politique moderne font de la corruption l’alpha et l’oméga de la destruction des Etats.

    Je me souviens aussi que des 2 positions possibles:
    1- « vertuiste »: la corruption, c’est le mal à l’état pur (Robespierre)
    2- « mal necessaire » : la corruption est un mal nécessaire car elle permet de mettre de « l’huile » dans les rouages de la machine sociale ». (il existe des variantes qui en font carrément un pb mineur).

    Je n’ai jamais vu que des « anthropologues à deux sous » et des libéraux plus ou moins libertariens soutenir la position 2. Bizarrement, les communautariens, républicains et démocrates authentiques soutiennent systématiquement la position 1.

    Pour le reste, il faudrait déjà se mettre d’accord, ce me semble, sur ce qui est ou non labellisable « corruption »? Ne doit-on prendre en compte, comme base de référence, que l’ordre juridico-legal? Ou bien l’esprit des lois doit il être invoqué? Ou bien l’esprit des institutions elles-mêmes, comme le régime politique? (Ne serait-ce pas au fond parce que les institutions libertariennes sont plus « lâches » que les institutions « démocratiques » et qu’elles ne dépendent pas autant du respect de certains « patterns de comportement » pour leur continuité même, qu’elles peuvent se permettre d’être plus « laxistes » vis à vis de certaines formes de corruption?)
    Faut-il prendre en compte la corruption des relations sociales (par rapport à quel idéal relationnel?) Ou bien ne s’en tenir à la corruption des institutions et des mouvements des biens (l’extension du marché à toutes les sphères de la vie, n’est ce pas de la « corruption »?).
    Quelles sont les règles du jeu ideal devant servir d’étalon? Que faire dans le cas de certains types de jeux dans lesquels il existe des moyens de tricher qui certes ne font pas partie des règles, mais qui restent licites tant que vous ne vous faites pas prendre, et sans lesquels vous ne pouvez d’ailleurs pas gagner (mahjong), ou dans lesquels ce qui est assimilé à de la corruption est nécessaire à la stabilité sociale et dérive de certaines pratiques sociales anciennes ayant leur rationalité propre (Afrique)?
    Et quelle devrait être la peine adaptée pour telle ou telle mise en évidence de corruption (la « mort civile », le bannissement, la mort tout court – approche rousseauiste – la privation de liberté, les travaux d’intérêt généraux, une simple « amende »?)

    Pour ma part, sur la position de principe bien sur, je suis plutôt robespierriste.

  3. il faut réinventer la démocratie, la libérer de l’isoloir, ce temps « fort » épisodique sanctionnant un choix de promesses illusoires.

  4. « Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde ».
    Qui êtes vous donc, d’ou parlez vous avec une telle morgue envers les participants et auditeurs du colloque contre la corruption? Vous qui critiquez les mots et les discours pourquoi nous infliger l’inanité d’un refrain stérile : « Tout est connu /tous pourris/ tous complices » vide de la moindre idée concrète. Et vous osez cracher sur la nuit du 4 août quand votre seule pathétique « dissidence » est votre « constant et conscient » abstentionnisme !
    Nommer la corruption, la detailler, la comprendre techniquement, voir les structures qui permettent de lutter concrètement, rendre hommage à ceux qui risquent leur vie contre ceux qui nous volent la nôtre et mettre en lumière leur exemplarité. Dénoncer encore et encore les failles béantes de notre système et sa duplicité. Et constater que nous sommes plusieurs à ne plus accepter l’idée, ce n’est pas suffisant pour résoudre le problème mais c’est indispensable.

  5. Merci Nicolas Anton
    Merci Paul JORRION d’avoir ouvert les commentaires
    Oui merci Nicolas Anton pour ce compte-rendu. Vous m’avez libéré de la frustration d’avoir assisté a un représentation inutile.
    Rien que l’on ne sache déjà
    Rien qui nous fasse espérer que les choses changeront.

    Rien sur

    1. *Chouette! Il faut se mobiliser et nous les mettrons tous dehors. Mettons en commun nos idées et votons : c’est la démocratie ! N’ayons pas peur, ceux qui nous tiennent depuis si longtemps trembleront devant nos discours implacables. Et puis sinon, ce sera la révolution : violence et chaos ; un truc global, énorme!

      Mais quel chemin pavé d’embûches! Combien sont-ils à le construire et avec quelle réussite? Faut-il une génération, une vie…plusieurs? L’issue est-elle sûre?
      Avons nous vocation à convaincre la majorité qu’elle se trompe(un peu, beaucoup, passionnément..)?

      Rien de bien nouveau : oeuvrer plutôt que ne rien faire, mourir pour des idées mais lentement.
      Mais de toute façon…
      Ma mère me disait parfois : « attention, tu vas trop loin : tu vas en prendre une! » Et ça n’arrivait pas trop souvent, je m’arrêtais à temps. Enfin, sauf quand on était plusieurs sur la bêtise. Et là ça tombait, effectivement, sans détail, globalement.

      J’ai grande confiance en notre « mère à tous » pour châtier les grandes civilisations qui pourraient la perturber . L’Homme et ses décideurs m’ont convaincu qu’il n’était pas sage de leur faire confiance et ainsi je n’ai jamais voté : histoire de ne pas me sentir responsable de ce qu’ils pourraient faire , en gros je préfère travailler local et filer du pain à mon voisin (voire lui apprendre à le faire).Ok, ça n’a pas grande portée, c’est juste gentil comme mon caractère.Et je vieillis, je finis par trouver que ça ne va pas assez vite, que tout cela est injuste, la question fatale se pose….que faire?
      if (1)
      goto*
      else
      Nos gouvernants et leur successeurs sont les mieux plaçés pour terminer le job, seuls quelques dissidents ralentissent (bien peu à vrai dire)l’échéance d’un sursaut météorologico-géologique(non-exhaustif) alors c’est décidé : demain je VOTE. Lutter dans une nature un peu plus hostile c’est plus sympa que se foutre sur la gueule à coup de bombe H ou pseudo révolution(Remarquez, l’un n’empêche pas l’autre…. trouvez lequel!)
      return reset()

  6. Merci Nicolas Anton
    Merci Paul JORION d’avoir ouvert les commentaires
    Oui merci Nicolas Anton pour ce compte-rendu. Vous m’avez libéré de la frustration d’avoir assisté a un représentation inutile.
    Rien que l’on ne sache déjà
    Rien qui nous fasse espérer que les choses changeront.
    Rien sur l’analyse et les causes de la corruption en France.
    Rien sur des propositions qui encadreraient le système.
    Rien sur les actions a mener

    Que du beau monde
    Aucune force de conviction

    Ce soir Médiapart a inventé la « corruption durable »…sous l’oeil bienveillant de Mme Taubira

    Oui merci Nicolas Anton
    Merci Paul Jorion pour votre intervention mais aussi pour vos analyses vos propositions et votre sincérité en tout lieu…

  7. Vous êtes plusieurs à me demander : « Pourquoi avoir publié ce courrier que vous a envoyé Nicolas Anton ? » (il fut le premier surpris – et c’est tout à son honneur – que je veuille le publier).

    Eh bien, parce que cette soirée « Corruption » m’a rempli d’une très grande satisfaction. Et quand je me suis vu en spectateur sur la vidéo, là aussi, j’ai été très content de voir la manière dont je m’en étais tiré. Et je fus rempli là d’une grande auto-satisfaction.

    Or il se fait que j’ai un thermomètre de l’auto-satisfaction où il existe une cote d’alerte, qui me signifie quand elle est atteinte : « Il y a sûrement quelque chose qui cloche ! » Et le mail de Nicolas Anton exprimait partiellement ce que je sentais qui cloche dans toute cette affaire.

    1. Il y eut deux moments forts : le premier lorsque, sur l’exemple du contournement de la carte scolaire, Pierre Lascoume renvoyait la salle à sa sous-citoyenneté. Le second, lorsque Paul Jorion, maniant le micro comme Elvis, désubstantialisait la corruption en soulignant que la fonction de l’argent est de commander, nous débarrassant ainsi de l’écume d’une grand messe de quatre août. Sa remarque interroge : si la hiérarchie des salaires permet le commandement, pourquoi avons-nous besoin de la hiérarchie parallèle de l’argent illicite ?

      1. ..peut être que ces deux hiérarchies sont censées équilibrer entre-elles la société? Qu’elles se développent conjointement et que peu à peu, les frontières ‘licite-illicite rétrécissent pour qu’enfin, l’argent en question sente les 2 odeurs?

    2. C’est un bon réflexe que j’avais aussi fait mien , au dur apprentissage des réunions en mairies, le soir le plus souvent .

      Chaque fois que j’en suis sorti avec le sentiment que « ça c’était bien passé », à coup sur il y avait une emmerde majeure avant la réunion suivante .

      J’en étais venu à préférer les réunions où on se « chauffaient » un peu .

      Mais jamais à renoncer aux réunions .

    3. Paul Jorion,
      Est ce à dire que vous pensez que cette soirée n’était qu’une manipulation, un simulacre?
      Votre commentaire me donne l’impression que vous publiez Nicolas Anton pour vous « dégriser » de la communion que vous avez pu vivre au cours de cette soirée. Au delà de la contribution à une réflexion sur la corruption (ses fondements anthropologique et les développements techniques).
      D’autant qu’il y eu des couacs et des tensions perceptibles liés notamment à la présence de la Garde des Sceaux (pas que les sifflets).
      Je ne vois pas ce qu’apporte la critique de Nicolas Anton en variante de théorie du complot si ce n’est tout balayer, de l’analyse du mécano (Scarpinato), à l’utilité des messagers (les lanceurs d’alertes) et qui dénie la simple « bonne volonté » d’un public assimilé à un ramassis de simplets ou de tartuffes.
      Un propos outré pour une conclusion si fade sur l’insuffisance des mots.
      Quitte à parler de dissidence mais alors appeler à l’insurrection généralisée, à la terreur, à l’immolation. L’homme est un meurtier, un lâche, un corruptible, un pourri, voilà qui serait la conclusion logique et qui ferme le ban.
      Cette pseudo critique évite de se creuser les méninges et de mettre les mains dans le cambouis.
      Quand à ces commentaires des balaises du claviers « ah j’aurais bien aimé que vous soyez là pour foutre un peu le bordel et dire qu’on est pas dupes », ils sont lamentables.

      Je retiens de cette soirée, le courage de certains, leur exemplarité,, du problème de la nature humaine (à creuser ;-D), de l’insuffisance de notre système juridique par manque de séparation matérielle et institutionnelle des pouvoirs, du rôle des havres fiscaux et du besoin de leur interdiction de l’echec des politiques à ce jour (garde des Sceaux compris) et qu’il existe des personnes qui n’acceptent pas cette situation et qui peuvent/veulent à leur niveau que celà change et n’ont pas honte de le dire.
      Bonne soirée

      1. Mon sentiment, cette fois en un peu plus court, c’est que tout ce qui pouvait être dit de la corruption a été dit lors de cette soirée, de façon très claire (j’ai pris des notes et tout se résume en quelques formules très ramassées et percutantes qui abordent chacune des facettes et des façons de l’appréhender, comme si chacun avait su parfaitement interpréter son rôle. Ce qui fut le cas, tous les intervenants ont été très bons.)

        Ce à quoi nous avons assisté c’est sans doute à une forme de catharsis, avec au programme y compris l’entrée sur scène d’un personnage qui jette le trouble, et exacerbe les passsions, j’ai nommé Christiane Taubira, notre ministre de la justice.

        Sans entrer dans les détails voici ce que l’on peut en donner comme définition générale, inspirée des réflexions d’Aristote dans la Poétique :
        La catharsis est l’épuration des passions par le moyen de la représentation dramatique : en assistant à un spectacle théâtral (en l’occurrence au Théâtre de la Ville, à Paris.), l’être humain se libère de ses pulsions, angoisses ou fantasmes en les vivant à travers le héros ou les situations représentées sous ses yeux. La catharsis désigne donc, d’abord, la transformation de l’émotion en pensée. » (wikipédia)

        La grande messe Médiapart, puis le « débriefing » ici sur le blog qui en est le prolongement, nous aura, au moins, permis de savoir où nous en étions exactement dans notre cheminement vers les solutions, à savoir que nous étions plus attachés à la dénonciation d’un existant qu’à la construction du neuf. Mais, il est vrai aussi, à ce stade, dénonciation et construction sont intimement mêlées, preuve s’il en est que la catharsis n’est pas tout à fait achevée et ne s’achèvera qu’un nouveau paradigme aura pris la place de la doxa actuelle.

        PS. Pour Freud la catharsis est un concept pour désigner le rappel à la conscience d’une idée refoulée. Il s’agit d’une mise à distance, ou d’une objectivation – processus que la philosophe Marie-José Mondzain, en la rattachant au discours psychanalytique, qualifie de perlaboration. (wikipédia)

      2. manquait un bout de phrase, je complète :
        « ..ne s’achèvera que lorsque un nouveau paradigme … »

      3. Merci de cet approfondissement Pierre-Yves. Vous avez raison.
        J’attendais bien une discussion ici après le débat, critique comprise (surtout « à cause » de la présence de la Garde des Sceaux), mais pas cette seule résignation ou le billet de Nicolas mène directement, en feignant de ne pas le savoir et sans le dire.

        PS: vous m’avez appris ce qu’est une catharsis.

    4. J’ai eu exactement le même sentiment partagé. Exaltation de voir tant de personnes réunies pour mettre en mots ce qui est certes, pour l’essentiel, évident, mais oui, sans aucun doute : ça fait du bien de le dire, et d’être nombreux à l’entendre. De belles paroles, sans aucun doute. Mais aussi une très grande frustration, une impuissance, le discours très bien, le diagnostic, mais quelles pistes, quelles actions, quelle riposte concrète ?
      Et également des sensations très partagées de voir Taubira, sa présence a fait vibrer la salle différemment, Plenel qui ne se sentait plus (le pouvoir, c’est corrompu mais ça brille, hein…) et pire, je reste sur l’image, lorsque je quittais l’amphithéâtre, de passer devant Taubira encerclée par tous les micros brandis vers elle seule, malaise de voir que c’est cela que les journalistes retiennent, alors qu’à trois pas Scarpitano était si seul.
      Imaginons, espérons que ce n’est qu’un premier pas, un balbutiement.

  8. C’est vrai que ce mail fait réfléchir. J’ai assisté sur le net au débat, en grande partie mais pas tout. J’étais heureux de voir s’exprimer enfin des idées qui bousculaient les principes établis, idéaliste j’y voyais un espoir, optimiste je sentais monter une force qui pourrait déferler sur la rue et tout emporter. Mais certains sont clairvoyant et en effet ce que suggère Nicolas Anton est de l’ordre: « Vous ne m’aurez pas », peut-être a t-il raison, mais peut-être aussi est il trop extrême, pas assez tolérant, trop rancunier, pessimiste. Il y a en tout humain une possibilité de retour, on peut s’égarer pendant 40 ans et comprendre tout à coup l’erreur dans laquelle nous errions. Tout humain à le droit de se tromper et peut changer. c’est vrai que la corruption n’est pas nouvelle, et loin s’en faut, mais en parler et dans un théâtre c’est un premier pas vers la rémission, et si la corruption n’est pas l’unique problème elle un premier pas vers la compréhension mutuelle. L’extrême droite n’attend qu’une chose, la guerre civile, elle en a peur et cette peur la fascine, je crains que ce texte ne soit un premier pas vers cet espoir, pas de « révolution » mais une terrible guerre civile.

    1. Le canard enchaine doit reveler demain le nom de 60 deputes en delicatesse
      avec Bercy,une veritable epidemie de phobie administrative! Il parait meme que Thevenoud est un enfant de coeur a cote de certains.

    1. On se souvient – avec un Joly tombereau de juges d’instruction – des grandioses exploits de la très nationale et très publique Elf Aquitaine…

  9. Bonsoir
    Ah ! Enfin pas de « langue de bois », ou pas BCBG, si vous préférez.
    Bravo Nicolas Anton de dire tout haut ce que l’on sait, mais qui n’est pas de bon ton dans les usages.
    Que de la Droite à la Gauche, la plus extrême, ils sont tous au service ou « idiots utiles » du système.
    Vous me faites pensez au discours de Francis Cousin et de Guy Debord.
    Un bol d’air frais dans la brume du discours convenu ! Rien de tel pour continuer à espérer .. en Nous !

    1. Nicolas Anton adoubé par un raëlien, je commence à comprendre ;-D!
      Ah l’exotisme raffraichissant des commentaires!

  10. Faut-il lutter contre la corruption ou contre les conditions d’existence de la corruption ?

    La deuxième option nous entraîne en effet beaucoup plus loin dans la remise en cause de l’ordre des choses

  11. « les discours et les micros ne suffisent pas »
    Sans doute, sans doute, mais si j’ai bonne mémoire c’est sur ce blog que j’ai lu l’histoire de la part du colibri… et puis comme le chante un troubadour apprécié ici, rêver c’est déjà ça !

  12. La corruption grandit en fonction de quoi?
    1-Absence totale de démocratie ou dictatures: 30% de la population mondiale ou plus subit une dictature. « Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument. »
    2- Quels sont les amplificateurs de corruption dans la démocratie?
    2-1 La transnationalisation non contrôlée démocratiquement du système financier: articles de Denis Robert sur le vrai dossier Clairstream, pas celui exposé dans les infos du 20h
    2-2 Le système des paradis fiscaux
    2-3 L’absence de taxation des mouvements de capitaux
    2-4 Les prix de transfert des Firmes transnationales;
    2-5 L’absence de lutte véritable contre les mafias
    2-6 La majorité des media contrôlés par l’oligarchie financière et la grande industrie qui vit des marchés publics.
    2-7 La connivence de certains juges et policiers,
    2-8 l’existence de réseaux semi-mafieux parfois bien implantés dans l’appareil d’Etat.
    Alain Joxe disait déjà il y a une vingtaine d’années que le nombre de pays où on pouvait parler d’une lutte effective contre la corruption était très petit à l’échelle mondiale. Il a du rétrécir encore;
    2-9 Le aquoibonisme de beaucoup de citoyens. Non, ils ne sont pas tous pareils.
    2-10 l’idéologie du « grand soir » avec 0% des voix (anars) 5% (trots), 10% (gauche radicale) ou l’idéologie de la gauche de témoignage, les armes étant détenues par l’Etat dirigé par le parti élu majoritairement mais il ne faut pas se salir les mains à faire de la politique…etc., etc.
    Continuez Mr Jorion à analyser les mécanismes de la domination et de la corruption, c’est essentiel

  13. La Révolution tarde à démarrer, au grand dam de certains, parce qu’on sait que celui démarre Révolution ne la voit pas finir. 🙂
    Il est donc urgent d’attendre… l’étincelle…
    Mais à lors gare à vos miches! La déflagration ne fera pas de détails.
    Sur ce, bonne continuation. 🙂

  14. Quel étalage de défaitistes !! Vous semblez , tous , prendre plaisir à flageller vos amis du 6 mai 2012 !! La réflexion chez vous tous , était pratiquement inexistante ce jour là ! Vos blablas n’ont pas tardé à aller s’amplifiant !….. 2ans1/2 , est le temps imparti pour quitter la galère , pour terminer le contrat ou + simplement s’exiler , comme bon nombre l’ont fait ! Décomptez les jours sur le mur de notre prison ! Cette occupation aura le mérite d’aller de l’avant !

  15. Bravo Nicolas Anton, ce grain de sel là est le bienvenu.
    Je suis le travail de Mediapart avec intérêt, mais au delà de la dénonciation de ceux, peu nombreux, qui n’ont pas réussi à se rendre intouchables et se sont fait balancer par leurs petits camarades, on aimerait un réquisitoire un peu plus audacieux sur la pourriture globale de tout un système.

  16. TINA : nous avons consacré nos vies et nos efforts à contrer dans la mesure de nos faibles moyens la marche irreversible du monde vers une société globalisée et totalitaire. Nous avons lutté à l’échelle du quotidien, survivant et tentant malgré tout à chaque moment d’accorder nos gestes à nos pensées, desirant chaque instant que nos actions répétées des millions de fois par des millions d’autres suffisent à orienter l’histoire vers un avenir different de celui qui s’imposait à nous, brutalement, opiniâtrement, sous l’effet des forces considérables mises en oeuvre par le camp de nos ennemis, les ennemis de l’homme.
    Nous avons perdu. Nous avons appris que nous ne changerions rien car les moyens considérables mis en oeuvre par nos adversaires, avec l’appui technologique, politique et médiatique qu’ils payent de leurs fonds inépuisables, sont sans commune mesure avec les faibles moyens dont nous disposons.
    Nous avons perdu et il n’y a plus d’autre alternative que de voir ce monde et cette humanité s’effondrer, et la terre et la joie de vivre avec, puisque tel est l’objectif désormais avoué des dictatures technologiques qui nous gouvernent, pour le plus grand profit immédiat des elites financières du monde. Qu’au final, cet effondrement touche l’humanité dans son ensemble, y compris ceux qui nous y ont conduit, est tellement absurde que l’on devrait s’en étonner si l’on ne savait pas depuis longtemps déjà que l’argent rend bête… et les sommes phénoménales que nos adversaires ont ainsi accumulées donnent la mesure de leur insondable méchanceté et de leur fantastique stupidité.

    1. Dans ce cas, nous reste plus qu’à attaquer le soleil. Quitter la place du Châtelet pour aller vers le Musée d’Orsay, dans un premier temps.

    2. « méchanceté et stupidité »
      Vous me faites penser au conte « la gardeuse d’oie » des Frères Grimm qui serait un bon conte pour réaliser son autonomie selon Bettelheim 🙂
      L’usurpatrice a elle-même dicté sa propre sentence, sans se rendre compte qu’elle lui était destinée.

  17. Paul Jorion
    21 octobre 2014 à 16:47

    Or il se fait que j’ai un thermomètre de l’auto-satisfaction où il existe une cote d’alerte, qui me signifie quand elle est atteinte : « Il y a sûrement quelque chose qui cloche ! » Et le mail de Nicolas Anton exprimait partiellement ce que je sentais qui cloche dans toute cette affaire.

    Cher Mr Jorion,
    Je crois en effet qu’Il vous faudra de plus en plus utiliser cette capacité d’éveil, pour éviter les écueil de la récupération, identifier et désamorcer la flatterie (s’astreindre à penser devant le flatteur: « Mais que me veut il celui-là? »), qui mènent à la compromission. Le plus difficile sera pour vous de conserver cette belle indépendance qui fait aujourd’hui merveille, mais qui crée inévitablement des tensions à mesure que votre notoriété s’accroît.
    A ce sujet, je me permet d’attirer votre attention sur un sujet qui en apparence ne pose pas de problème ( et j’espère bien-sûr qu’il n’en pose aucun dans les faits), c’est pour vous le « nerf de la guerre » et souvent un terrain idéal pour les manipulateurs qui gravitent autour des « politiques » en vue ou même en devenir.
    Je veux bien sûr parler de l’argent qui rémunère votre labeur.
    La question qui me préoccupe ici, est de savoir si la traçabilité des dons via internet est suffisamment efficace et transparente pour vous garantir qu’aucun lobby, qu’aucune organisation malveillante ne peut se dissimuler derrière un ou plusieurs donateurs en vue de mettre en place un système de pression financière apte à orienter par la suite les contenus.
    Je pense que, malheureusement, bon nombre d’organes de presse (y compris ceux qui s’offusquent publiquement de la corruption ambiante) sont déjà plus ou moins sous contrôle et qu’internet est en majeure partie gangrené par des influences néfastes de tous horizons…
    Je comprendrais bien sûr que vous censuriez mon propos si vous estimez que j’évoque là un sujet trop brûlant qui de plus ne me regarde pas vraiment…
    J’espère toutefois que vous pourrez me rassurer sur ce point sans pour autant me prendre pour un grand paranoïaque, alors que j’ai simplement appris comme vous à faire confiance à mes intuitions.
    Ce qui ne m’empêche pas, heureusement, de me tromper de temps en temps!

    Cordialement , un lecteur fidèle.

    1. La question qui me préoccupe ici, est de savoir si la traçabilité des dons via internet est suffisamment efficace et transparente pour vous garantir qu’aucun lobby, qu’aucune organisation malveillante ne peut se dissimuler derrière un ou plusieurs donateurs en vue de mettre en place un système de pression financière apte à orienter par la suite les contenus.

      Le mécanisme est en place (il y a de bons cliquets) :

      Les premiers 500 € mensuels vont à la TVA, à la maintenance du site et la location des serveurs. François Leclerc reçoit les 1.000 € suivants. L’excès d’un mois par rapport à l’objectif, est reporté au mois suivant.

      Quelle que soit la volonté des lobbys de me débaucher, ils n'arriveront jamais à me payer plus que 500 € par mois pour la TVA, la maintenance du site et la location des serveurs !

      … et je viens de régler de mes propres deniers le coût de l’application Android…

      Ils sont verts de rage, n’en doutons pas ! Un de leurs efforts de plus pour m’acheter qui se révèle un échec cuisant !

      Pour être sérieux : « Les pouvoirs de l’argent N’ONT ENCORE FAIT AUCUN EFFORT POUR M’ACHETER ! » (même pas 25 centimes, même pas un voyage pour deux tous frais payés à Palavas-les-flots !).

      Dieu sait, cela changera peut-être dès demain, mais jusqu’ici en tout cas, vous avez eu raison de dormir tranquille.

  18. La corruption et la lutte contre la corruption utilisent en fait les même armes
    maitriser des informations sur une personne ou une organisation
    et contrôler leur diffusion pour en tirer un avantage.

    On s’aperçoit que les deux cotés de la pièce ne sont facile à reconnaitre.

    Outil de travail quotidien des services de renseignement, la manipulation étendue à des services publics plus larges comme la police, les services fiscaux, l’éducation , la justice ou la communication laisse peut de marge à l’expression et à la protection des libertés individuelles.
    sans oublier , les petits manipulateurs privés, on voit vite que le sujet s’élargit très vite.

    En tout cas à un moment où à un autre, on s’épuise à suivre la lueur du projecteur du mirador, il revient au plus sage, de s’installer à leur table face à la mer et d’écrire encore…

    http://maison-clemenceau.monuments-nationaux.fr/

    1. « On s’aperçoit que les deux cotés de la pièce ne sont facile à reconnaitre. »

      Les moyens utilisés, plus ou moins importants, peuvent nous renseigner.
      parfois on dit même qu’il y a des endroits où ça pue l’argent..

  19. Bonjour,
    Quelqu’un sur ce blog peut-il croire que le juge Roberto Scarpinato, qui risque sa vie tous les jours pour lutter contre la mafia et la corruption, serait une marionnette manipulée par l’oligarchie pour venir servir un discours mystificateur à un parterre de gogos décervelés, devant une scène de théâtre meublée de pauvres spécialistes n’ayant pas la hauteur de vue de Monsieur Anton ?
    La manipulation, la corruption tout le monde connaît ! ah, bon ?
    On connaît bien cet argumentaire gratuit et démobilisateur qui veut que l’interlocuteur développe un discours passéiste et conformiste. La peur de ne pas être » à la page  » fait juger comme parasitaire toute tentative de mise à jour faite par un autre. La paranoïa n’est pas du côté que l’on croit !
    Ce qu’il faut garder de cette réunion, c’est que la politique nationale n’est plus l’affaire des gouvernements, mais est décidée par un réseau d’intérêts financiers qui oriente les politiques et régit les rapports de forces à l’échelle planétaire, et qu’il ne craint pas les révolutions nationales non plus que les actes terroristes qui servent de prétexte à une intervention là où un danger de démocratie risque de rendre la situation incontrôlable.
    La seule chose qui fait peur à l’oligarchie, c’est que « le contrôle des partis populaires dérange une gestion du pouvoir qui ne peut pas se permettre des temps morts pour vérification à la base » (Umberto Eco-la Repubblica 1978 !)
    Faut-il encore rappeler que Al Capone n’est pas tombé pour ses crimes, mais pour les falsifications sur opérations comptables.
    Voila pourquoi Roberto Scarpinato appelle les autres pays à faire la même chose que lui à condition que leur justice soit indépendante du pouvoir. Lui, au moins, tente quelque chose. Et vous, Nicolas Anton, que tentez-vous ?

  20. Je viens d’essayer de vérifier, mais il me semble que personne ne s’étonne de ces sortes d’assertions que vous faites cher Nicolas Anton :
    « La nuit du 4 août pour faire court déboucha sur une nouvelle oligarchie et l’avènement du capitalisme. Puis vinrent les évènements de la commune avec ses 30.000 morts« .
    Je ne comprends pas ce genre de raccourcis… Comment peut-on à ce point simplifier l’Histoire?
    Votre billet m’a bien sûr interpellé comme on dit. En effet non seulement je suis maintenant un « retraité rentier » mais de plus dans les années 80, vivant à Paris et étant cadre, j’allais voir des films en VOST et à l’opéra et je votais Mitterrand et PS , donc j’étais un « bobo »
    Bon en fait j’ai été un retraité prématuré puisque je suis passé avant par la case chômage et ma période bobo n’est plus actuelle car je vis en banlieue : j’approche du retraité pavillonnaire ce qui est encore pire…
    J’ai admiré Paul d’avoir mis votre commentaire et il est utile. Oui, vous posez une vraie question : que faire et avec qui? Mais je veux aussi remercier Paul car sans son action inlassable un très grand nombre de gens en seraient resté à des vues partielles, étroites ou même tout bonnement fausses de cette Grande Crise. Comment agir sans comprendre au-delà de nos indignations spontanées?
    Ce que je voulais dire par ce petit témoignage perso c’est que l’on n’avancera pas avec des gens parfaits, purs. Par contre rassembler, oui des gens réduits selon vous à des rôles (retraités, bobos) me semble indispensable. Quant à la violence… être plus fort qu’une mafia? Alors que penser de l’admirable juge Scarpinato ? Quelle est son arme?
    Pour en revenir à la Nuit du 4 aout qui pour moi a été un grand moment dans l’Histoire, non seulement de France mais de l’humanité, elle a été initié par de jeunes privilégiés de la noblesse, que superficiellement on aurait pu réduire à des les rentiers bobos à l’époque !
    Les êtres humains sont divers; il faut non seulement faire avec mais accepter que de leurs innombrables imperfections et erreurs jaillissent parfois de façon inattendu des bouleversements positifs. Et en tout cas ce genre de réunion où je n’ai pu aller me parait bien nécessaire… mais des commentaires ont déjà bien mieux dit en quoi…

  21. Merci, Monsieur Jorion, pour ce partage (les vidéos et votre blogue) et pour votre participation à cette belle et enthousiaste dynamique enclenchée qui redonne la pêche à nos convictions les plus profondes : on en a besoin ! et foin des critiques qui ont trouvé la mariée trop belle : pour ma part, ça convenait très bien à ma petite cervelle qui n’a pas pu participer à l’évènement à son très grand regret. Encore merci à vous d’avoir ouvert cette tribune et transmis ces vidéos ; merci aussi à tous les contributeurs ici, y compris les déçus. On a toujours à apprendre les uns des autres et intérêt à utiliser plusieurs lorgnettes pour évaluer les évènements.

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