« La spéculation, mon bon Monsieur, mais ça a toujours existé ! » – Non ! Et d’ailleurs, ça suffit !, par Zébu

Billet invité.

« Imaginez …

Des baguettes que vous pourriez acheter 24h/24h, de formes différentes, avec des goûts et des couleurs variées, des baguettes vendues partout, jusque dans les stations-service ou les laveries automatiques… imaginez que vous puissiez ainsi accéder comme et quand vous le voudriez à ce que vous souhaitez vraiment.

En échange de cela, nous négocions pour vous les prix de ces baguettes, selon la loi de l’offre et de la demande sur des marchés interconnectés, à New York ou à Hong-Kong et nous garantissons ainsi, pour vous, cet accès illimité »

Ce que ne dira cependant pas votre interlocuteur, c’est que le prix ainsi négocié est un prix purement spéculatif, qui quand il fonce à la hausse, c’est le consommateur qui raque, et qui quand il fonce à la baisse, ce sont les producteurs qui écopent. Et que l’ardoise est refilée aux États – c’est-à-dire aux contribuables – quand la spéculation en arrive à un point tel que tous les ‘acteurs de marchés’ se débinent, la baguette avec, parce qu’« il n’y a plus de prix » pour la farine : parce que les acheteurs potentiels ne sont pas prêts à payer le prix qu’exigent les vendeurs, et que pendant ce temps là, les producteurs de blé doivent attendre avant de vendre et les consommateurs doivent attendre avant de manger. Si bien que les États son forcés d’intervenir, forcés de s’endetter pour pouvoir le faire, forcés d’augmenter les impôts ou de tailler à la hache dans les budgets publics pour maintenir ces marchés en vie.

Ce que dira encore moins cet interlocuteur, c’est que les fluctuations du prix, à la hausse ou à la baisse, lui permettent à lui de faire des paris sans grand risque à partir de ses informations d’initié, lui permettent de ‘faire la culbute’ comme un ‘culbuto’, au point de se retrouver à partir d’une seule baguette avec dix, cent, mille baguettes « synthétiques » comme disent les spécialistes des produits financiers dérivés. Une richesse « synthétique » elle aussi qui enrichit certains d’entre eux et ruine les autres, qui ne sera pas taxée, ou si peu, quand la véritable richesse l’est elle véritablement, par les producteurs à un bout et par les consommateurs à l’autre, une véritable richesse qui peut disparaître du jour au lendemain si les marchés spéculatifs viennent à s’effondrer, ce qu’ils font à intervalles réguliers puisqu’il est dans leur nature d’encourager les fluctuations des prix, leur sacro-sainte « volatilité » qui leur permet de faire leur beurre.

Ce qu’il taira encore, à moins qu’il ne l’ignore – tout est possible, c’est que ce n’est que depuis 1885 que tout ceci est légal, à savoir qu’il ne peut ni être appréhendé par la police pour avoir la bonté de nous offrir ainsi la manne de la « liquidité », ni poursuivi, ni condamné par la justice.

« 1885 ? C’est dans l’ancien temps ! », direz-vous peut-être. La réalité, c’est que l’activité spéculative, les paris sur les fluctuations de prix sur les marchés financiers, a été interdite de tout temps. On lui opposa ainsi au civil, depuis François Ier, « l’exception de jeu », devenue article 1965 en 1804, qui stipulait qu’aucun recours n’est permis dans le cadre d’un pari qui, selon l’un des joueurs, aurait mal tourné, parce qu’il est injustifiable de lier délibérément son sort financier au hasard, créateur d’une chance de gain sans doute mais aussi d’un risque de perte d’un montant équivalent.

Le Code pénal, dans son article 421 réprimait d’une amende et d’une peine de prison tout parieur qui aurait effectué un pari sur un ‘effet public’ (*).

Il suffirait donc que l’article 421 du Code pénal, abrogé en 1885, soit réinstauré et que l’article 1965 article du Code civil soit restitué dans sa forme ancienne pour que la spéculation soit de nouveau interdite en France, comme elle l’était aussi par ailleurs dans le reste de l’Europe et aux Amériques.

Notre choix aujourd’hui c’est entre, quand tout va bien, un service offert en tout temps et en tout lieu et sous une myriade de formes, et qui réjouit les spéculateurs mais dont les gens ordinaires n’ont nul besoin et pour lequel ils paieront un jour ou l’autre le prix fort, et quand tout va mal, c’est nous tous qui en payons le prix lorsque ces marchés spéculatifs, dont la fragilité est bien entendu vertigineuse, s’effondrent ;

L’autre option, c’est d’interdire les paris sur les fluctuations de prix et de permettre à la police et à la justice de faire ce à quoi ils servent : faire appliquer la loi. Celle des gens ordinaires, encore appelés « citoyens », pas celle des spéculateurs.

Interdisons les paris sur les fluctuations des prix.

Maintenant.

Sans quoi demain, comme aujourd’hui, les gens ordinaires, producteurs et consommateurs, continueront de nourrir l’appétit insatiable du « Moloch et Mammon, tout en un » de la spéculation.

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(*) Les effets publics sont « les fonds d’État, inscriptions de rentes, bons du Trésor, actions et obligations de certains canaux, chemins de fer et compagnies garanties par l’État, titres émis par les villes, les établissements publics et les sociétés anonymes » (Maréchal 1901 : 8).

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47 réflexions sur « « La spéculation, mon bon Monsieur, mais ça a toujours existé ! » – Non ! Et d’ailleurs, ça suffit !, par Zébu »

      1. Râleur et pessimiste ce vigneron.
        C’est vrai que battre tambours et sonner trompettes peut s’apparenter à un ultime recours, genre tocsin.
        Mais que proposes-tu de plus fun ?
        Je ne saisis pas trop ton soucis de classement, non plus.
        Aurais-tu des velléités de mise en scène pour visualiser par avance ce billet comme un spectacle funeste?
        Pas clair ou maladroit vigneron ?

    1. Les articles 421 et 422 de 1810 ne concernaient effectivement que les effets publics, effets publics qui désignaient les titres de rente publique et rien d’autre.
      La citation de Maréchal n’est là d’aucune pertinence…
      Voir l’affaire Reynier à l’origine des articles en question dans Les Opérations à terme à la Bourse de Paris au XIX siècle de Paul Lagneau-Ymonet & Angelo Riva

      Quant aux opérations à terme, le code ne lève pas les ambiguïtés héritées des régimes précédents. Il prescrit aux agents de change des obligations qui peuvent être interprétées dans un sens restrictif qui les rendraient incompatibles avec la réalisation d’opérations à terme (Code du commerce, art. 85, 3ème alinéa et art. 86)14. En outre, dans son article 90, il renvoie, pour tout ce qui est relatif à la négociation et transmission de propriété des effets publics, à un règlement d’administration publique qui, selon le conseiller d’Etat Regnaud, devrait faire « cesser toutes les incertitudes des tribunaux sur cette matière » [exposé des motifs du code de commerce présenté au Corps législatif, séance du 1er septembre 1807, dans Regnaud 1807]. L’année suivante, la bourse de Paris est secouée par l’affaire Reynier (il avait acheté pour plus de 1 305 000 francs de rente, soit environ 2 % de la rente inscrite) qui aboutit au départ de 19 agents de change (11 destitués, 1 suicidé et 7 démissionnaires) [PVCS année 1809, AN F12, cart. 973 ; Berger, 1898]. L’affaire Reynier a pesé sur l’appréhension des opérations de bourse dans le code pénal [Rapport du secrétaire général Fauchat au ministre de l’intérieur, 1/04/1810 dans AN F12, cart. 973]. Ainsi les articles 421 et 422 du code pénal (1810) assimilent la vente à découvert d’effets publics à un pari passible, selon l’art. 419, d’une peine de prison et d’une forte amende.

      1. La parole de Vigneron contre celle de Maréchal ! Qui l’emportera ? Ah zut ! comme le livre de Maréchal fut publié en 1901 il ne participera peut-être pas au débat ! Vivement le transhumanisme et l’immortalité pour tous !

      2. C’est pas Frau Merkel qui en 2010 ou 2011 a (ou a songé ?) approuvé l’interdiction de la
        ‘vente à découvert’ en Allemagne…?

  1. Bonjour Zébu,

    Un des sujets le plus « passionnantes »(1) et le plus difficile à clarifier ou rendre accessible à soi-même et tout le monde.

    Je m’éloigne un peu du sujet du billet pour y retourner plus tard et je dois dire à l’avant que je suis tout à fait d’accord avec Paul Jorion et toi Zébu concernant l’nterdiction les paris sur les fluctuations des prix.

    Mon père un fabriquant des machines agricoles qui disiez à ma honte à l’époque : si le client est roi, je suis oblige de devenir empereur. Aujourd’hui j’ai compris tout simplement qu’il y a un rapport de force dans la formation d’un prix entre vendeur(s) et client(s) et sans ce rapport de force et le contexte politico-économique que nous avons créé c’est impossible de faire du profit !
    Pas pour polémiquer mais pour voir si nous avons une attente commun dans nos observations commun, bien sûr en acceptant nos différences angles de vue.
    J’ai produis une pomme qui m’a coûté(2) vingt centimes j’arrive à le vendre pour trente centimes.
    J’ai fait un « profit » de dix centimes.(3)
    Et maintenant je retourne au sujet du billet de Zébu avec deux questions :
    • Qu’est que nous avons fait/crée dans cette exemple avec la pomme dessus !?
    • Ou arrête « la réalité » et où commence la spéculation !?

    Bien à vous !

    ________________________
    1) Il est aussi un des sujets les plus fatigants sans fin, parce que c’est pour le moment extrêmement difficile pour trouver une base commune constructive pour une analyse qui libère l’individu et la science politico-économique.
    2) Si c’était possible de calculer les vrais coûts de production, comme nous étions capables de mettre tous les externalités qui ne sont pas pris en compte aujourd’hui. Personnellement je crois c’est une mission impossible de faire cela, mais ça sera déjà quelque chose si nous sommes capable de relativiser « les vérités comptable dans nos comptabilités ».
    3) Cette exemple est aussi une ridiculité énorme, mais peut malgré cela dévoiler quelque chose important pour mieux comprendre nos comportements « économique » et le fonctionnement du système politico-économique dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

  2. Il y a 223 ans, quelqu’un m’a fait le coup de la baguette avec une réponse au sujet de la brioche.

    Et il est vrai que la spéculation ordinaire, notamment sur le blé sévissait déjà un bon peu fin XVIIIe et pendant la révolution.

    Ceci dit, je pense que l’encours du « notionel » (les baguettes « synthétiques ») par rapport au réel reste relié un tant soit peu au temporalités entre flux et stock, et que celle-ci est un peu trop rapide pour le pain. Mais elle lest déjà bien plus lente sur le blé, dont on pourrait retracer le cours par curiosité. De mémoire, on changeait le poids du pain, pas son prix (Braudel).
    Ce serait peut être une bonne métaphore de ce qu’on fait aujourd’hui avec la variable qu’on associé non pas au pain, mais au 1 et quelques pourcent de son contenu, j’ai nommé le sel et on l’aura deviné, le salaire.
    Un salaire « spéculatif » sur le long terme est ce que voudrait la Troïka pour nous, les économistes considèrent souvent comme un « problème » que le salaire soit « sticky », qu’il ne suivent pas la fluctuations de l’économie, notamment à la baisse.

  3. Exemple assez clair.
    Peut-on le faire dans un seul pays de l’U.E.?
    Y a t’il d’autres économistes partisans de cette mesure?
    Quel est le % de la population qui profite du système: un pour mille?
    Y a t’il d’autres mesures proches qui seraient aussi justes et efficaces?

    1. Autre idée importante: promouvoir un indicateur de développement durable sur le modèle de l’IDH et intégrant en plus trois indicateurs composites représentatifs de la diminution des inégalités, de l’empreinte écologique et de l’avancée démocratique.
      l’interdiction du pari sur les prix futurs s’insérerait clairement dans le développement durable.
      La voie est le chemin.

  4. Pourriez-vous expliquer simplement au non-économiste que je suis, pourquoi vous affirmez:

    « … c’est que le prix ainsi négocié est un prix purement spéculatif »? S’il s’agit de la loi de l’offre et la demande, le prix n’est pas spéculatif mais objectif
    « …c’est que les fluctuations du prix, à la hausse ou à la baisse, lui permettent à lui de faire des paris … » Comment peut-on parier sur des prix que vous définissez de spéculatifs et avec qui parie-t-il?
    « … sans grand risque à partir de ses informations d’initié, lui permettent de ‘faire la culbute’ comme un ‘culbuto’, au point de se retrouver à partir d’une seule baguette avec dix, cent, mille baguettes « synthétiques » comme disent les spécialistes des produits financiers dérivés. » Un commentateur a parler de « l’encours du « notionel » » Comment peut-on avoir 1000 baguettes en pariant sur une fluctuation de leur prix?

    Merci d’avance

  5. Le problème est que le peuple ne dispose d’aucun pouvoir pour faire appliquer quoi que ce soit, sauf si ce n’est que décoratif. Les médias sont là pour enfumer de sorte que la plupart n’y comprenne rien, d’autant qu’il y a d’autres problèmes plus immédiats, à traiter au quotidien. Par ailleurs les élus disposant du pouvoir, sont au préalable des élections, sélectionnés par le système médiatique et financier.

    De plus, à supposer la spéculation interdite, l’effondrement du système ne serait que retardé, car intrinsèquement non viable. Est ce une bonne chose?

  6. Empêcher toute spéculation sur tout bien me semble impossible car la valeur d’un bien est toujours variable, elle dépend de sa rareté/production, de la quantité de monnaie en circulation qui est forcément variable si on veut que sa valeur unitaires soit stable.
    Et puis c’est le moteur du progrès de l’espèce humaine: la capacité d’imaginer une amélioration de sa situation en consacrant du temps et/ou une valeur pour obtenir plus.
    Et çà fonctionne bien depuis des millénaires.
    Par contre il faudrait en interdire ou neutraliser certaines, récentes et spécifiques: sur les dettes d’états, la trading haute fréquence par exemple car ce ne sont que des activités prédatrices qui ne participent pas au progrès humain.
    D’autres devraient être limitées ou encadrée: sur le volume de détention de matières premières alimentaires en premier.

    1. « Paris à la hausse ou à la baisse sur la fluctuations du prix des titres financiers ». Si vous vous en tenez à cela, « empêcher toute spéculation » est non seulement possible mais ce fut le cas pendant des siècles.

      Si vous appelez « spéculation » tout et n’importe quoi, c’est évidemment impossible.

      C’est l’argument classique des spéculateurs : « Je n’arrive même pas à définir la spéculation ! » C’est possible mais c’est votre problème, parce que les autres arrivent très bien à définir VOTRE spéculation.

      1. Cela permet d’éliminer les transactions ayant un coût économique négatif (c’est la définition de Lord Adair Turner – et elle est excellente) pour ne conserver que celles présentant un bénéfice économique. Il faudra un jour faire le calcul exact, je dirais moi au pifomètre que cela représente 40 % du total, mais si le chiffre réel dépassait les 50%, je ne serais pas exagérément surpris. Vous imaginez l’économie que représenterait une interdiction ? Vous imaginez aussi du coup le peu d’intérêt de simplement séparer les activités de spéculation des autres (le coût global reste le même), ou d’interdire certains instruments financiers (je vous reconstruis en un quart d’heure le même instrument sous forme « synthétique » à partir d’instruments toujours autorisés) ?

        Mais si voulez dire par « plus profond » que cela ne règle pas les problèmes qui découlent directement de la propriété privée des facteurs de production (autres que le travail), je suis évidemment tout à fait d’accord avec vous… de même que ça ne règle pas le réchauffement climatique…

      2. Ce que j’ai essayé d’exprimer, c’est que la spéculation au sens général du terme fait partie de l’être humain, qu’elle est bénéfique mais comme tout mécanisme puissant, il faut des systèmes contrôle et de sécurité pour empêcher les dérives et accidents.

        Je ne sais pas ce que vous appelez « ma » spéculation.
        Je vois des spéculations dont certaines sont nuisibles et qu’il faudrait empêcher ou limiter.

        Je ne vois pas bien comment pourrait fonctionner un monde où toute adaptation/négociation serait interdite alors que tout est en mouvement: le volume de populations, de travail, de biens produits, le nécessaire ajustement de la masse monétaire en conséquence, l’inflation, les aléats de la nature, les conflits, la consommation d’énergie, etc…

      3. Donnez-moi un seul exemple de spéculation « bénéfique » et je vous prouve que vous parlez de tout autre chose que de la spéculation (le sur-profit, l’optimisme, l’audace, la bonne humeur, ou un raton-laveur).

      4. J’ai l’impression que certains confondent imagination et spéculation, parce que dire que la spéculation fait partie de l’homme…
        Jouer et s’enrichir en pariant sur la santé et la mort de ses congénères serait alors propre à l’homme ? Jouer certes, mais c’est allé beaucoup trop loin, mince !

      5. @didier.lalonde

        Je me souviens avoir entendu le même discours presque au mot près dans la bouche d’Alain Madelin chez Taddéi après le passage magistral de Frédéric Lordon (ici. Ca date déjà un peu). Vous ne seriez pas de la même famille par hasard?

      6. Je peux douter de tout, par contre, je ne doute pas qu’il n’y a personne ici qui arrive à la cheville de cette petite fille.

        La mort est comme une petite fille innocente qui viendra nous cueillir un par un ; c’est plus ou moins les mots d’un Christian Bobin, évidemment.

      7. @Paul Jorion 26 décembre 2014 à 16:23

        Il faudra un jour faire le calcul exact, je dirais moi au pifomètre que cela représente 40 % du total, mais si le chiffre réel dépassait les 50%, je ne serais pas exagérément surpris. Vous imaginez l’économie que représenterait une interdiction ?

        J’ai conscience de ce que les montants qui s’échangent chaque jour sont astronomiques , mais je n’ai pas d’idée chiffrée en euros (même pifométrique) de ce que ce petit jeu prélève sur l’économie réelle en temps « normal ».

    2. @ didier.lalonde

      « un monde où toute adaptation/négociation serait interdite alors que tout est en mouvement: »

      Revoir la définition, le mécanisme et les effets de la spéculation financière !

      Et c’est justement parce que ce monde est opaque, complexe et en ‘semblant’ de mouvement qu’on ne peut EN AUCUN CAS se permettre de faire ça.

      1. Il faut peut être faire une distinction entre Spéculer et ajouter de la valeur ………donc prendre en compte le temps passé à travailler qui seul apporte une vraie valeur ajoutée. Le temps est une « matière première » que personne ne peut créer

      2. Je ne suis pas sûr qu’il faille faire une distinction entre spéculation et valeur ajoutée : il n’existe aucun rapport entre les deux notions. La spéculation ne suppose aucun travail : quel « travail » pourrait être impliqué dans un pari sur l’évolution d’un prix ? Absolument aucun.

      3. Se démerder pour trouver l’info avant la meute tout en se démenant pour abreuver cette dernière de fausses infos, c’est pas taffer ?

      4. Spéculation sur un produit : la spéculation regroupe tous les paris sur les fluctuations des prix sans participer au stockage, à l’assurance, au transport d’un produit . Seule l’intermédiation est une activité de trading autorisée.

        Délit de marchandage : Fausse intermédiation, entremetteur sans valeur ajoutée proche de la carambouille. Délit passible de la loi : http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9lit_de_marchandage_en_droit_du_travail_fran%C3%A7ais

        « La notion de « marchandage » est apparue au xixe siècle, époque à laquelle des personnes se plaçaient comme intermédiaires ou « sous-entrepreneurs » pour « revendre » le travail d’ouvriers. Ils étaient appelés « marchandeurs ». Un décret du 2 mars 1848 a aboli « l’exploitation des ouvriers par les sous-entrepreneurs ouvriers, dits marchandeurs ». »

        Ainsi on a le corpus de lois encadrant la « valeur ajoutée » de certaines activités de trading et de sous-traitance. Le délit de marchandage est une autre facette du prix, celui des vautours.

      5. Paul Jorion a écrit:

        Je ne suis pas sûr qu’il faille faire une distinction entre spéculation et valeur ajoutée : il n’existe aucun rapport entre les deux notions. La spéculation ne suppose aucun travail : quel « travail » pourrait être impliqué dans un pari sur l’évolution d’un prix ? Absolument aucun.

        Je suis d’accord qu’on doit être prudent de faire l’amalgame entre « valeur ajouté » et « spéculation » au même temps avec « le rapport de force » entre producteur et consument on risque encore plus pour compliquer la compréhension !

        M. Jorion est que vous pouvez me dire comme vous voyez le miracle :

        Qu’une pomme peut être une pomme plus dix pourcent, il n’y a pas ici le début de la schizophrénie politico-économique ?

        La valeur ajouté (je n’ai pas de problème avec) peut faire partie de la pomme mais ne peut pas se retrouver en dehors de la pomme comme on fait aujourd’hui dans notre quotidien comptabilité fiscalo-commercial.

        C’est exactement ici ou se trouve selon moi l’origine de la confusion des confusions scientifico-économique !? L’extérioration de la plus-value comptable !!! ?? Qui n’égale pas la plus-value intérieure au produit même fait par l’homme. Je suis curieux si c’est chinois pour vous ou plus ou moins compréhensible !?

        Si vous me comprenez, vous voyez peut être ou moins la confusion des confusions façon parler « politico-économique »?

      6. Merci pour le lien M. Jorion!!! Je n’ai pas vu ce billet à l’époque et fortement intéressant!!!* J’ai lu mais j’ai besoin de lire plus attentivement, étudier et analyser avant d’vous y répondre. Je vais retourner vers vous ou moins pour vérifier si j’ai bien compris votre démarche!?

        * En parti vous avez en parlé dans « le prix » et/ou « misère de la pensée économique », mais maintenant un peu plus développé direction entreprise, en bref super. Je suis très content et reconaissant parce que votre démarche et je ressens, est une excellent base pour une dialogue qui peut approfondir l’analyse scientifico-économique pour sortir la misère d’aujourd’hui ou moins un petit peu et ça peut aller beaucoup plus loin!

  7. On nous rebat les oreilles avec la nécessité de procéder à de nombreuses « réformes » qui ne sont en fait que des reculs sur de nombreuses avancées sociales issues des luttes du passé.
    Une véritable réforme serait ce que propose Paul Jorion, Zebu et Timiota, mais, qui parmi les dirigeants de nos « pays démocratiques » aura le courage de réaliser cela?
    L’on se souviendra qu’ Edith Cresson n’est pas restée premier ministre très longtemps après son « la bourse j’en ai rien à cirer » ….., les marchés ont eu sa peau!

    1. Bonsoir ou bonjour,

      « Une véritable réforme serait ce que propose Paul Jorion, Zebu et Timiota, mais, qui parmi les dirigeants de nos « pays démocratiques » aura le courage de réaliser cela? », demandez-vous.
      Je vais vous répondre, avec la plus grande franchise qui puisse être : moi.
      Je n’ai absolument aucun état d’âme pour mener une guerre contre ce type de comportement qui ne fait pas qu’empêcher une partie de l’humanité de bien vivre, mais l’empêche tout simplement de vivre.
      La feuille de route est sous nos yeux.
      Je ne manque ni de courage ni de détermination pour la suivre, précisément pour éradiquer les propos malheureux de ce zélateur de la « spéculation bénéfique ».
      Intéressez vous à Lord Adair Turner, effectivement. Donnez-vous la peine de lire ceci
      http://www.positivemoney.org/our-proposals/
      Cretaing Money. What purpose?
      http://www.positivemoney.org/2014/03/creating-money-purpose-adair-turners-latest-speech/

      1. Oui mais il est désolant de voir Turner cautionner ce bobard de l’argent créé par les banques « par un simple jeu d’écritures ». Comment peut-il confondre une opération comptable qui enregistre une transaction avec cette transaction elle-même ? J’ai consacré à cette question L’argent, monde d’emploi et j’y reviens dans le bouquin sur Keynes. Après une hésitation de quelques années apparemment, Keynes avait répudié cette légende urbaine. J’en ai parlé ici.

      2. Non, dans le reste il n’y a rien à jeter. Ceci dit, cette naïveté sur la monnaie n’améliore pas son image, ceux qui ne l’aiment pas doivent rigoler de sa schumpétérite galopans !

  8. Ce que j’ai essayé d’exprimer, c’est que la spéculation au sens général du terme fait partie de l’être humain

    Et même si la spéculation faisait partie de l’être humain. Ce qui fait partie de l’être humain est il ce avec quoi il faut vivre éternellement? N’est ce pas pitoyable de prétendre que la loi de la nature est la seule qui soit admissible. Savons nous seulement ce qui fait vraiment partie de l’être humain? Penchons nous sur le problème et examinons le, regardons au fond de nous et voyons ce que nous sommes vraiment. Et essayons de faire en sorte de comprendre que ce qui parait être à notre conscience « mauvais » ou « bon », est en fait le reflet d’une influence sociale et économique liée au milieu dans le quel nous avons grandit. Donc lorsque vous dîtes: « Ce que j’ai essayé d’exprimer, c’est que la spéculation au sens général du terme fait partie de l’être humain », n’est en fait que le reflet de votre éducation et de l’illusion que celle-ci vous à communiquée, comme étant une vérité absolue. Mais ce n’est qu’une illusion.

    1. L’amour du jeu fait partie sans doute de la nature humaine mais nous avions très bien compris pendant des siècles que l’économie et le domaine des jeux devaient être séparés. Dans les « bucket shops » américaines des paris étaient enregistrés sur l’évolution des cours en Bourse mais aucun titre n’était échangé : il y avait déconnexion entre les paris et l’achat et la vente. On a en France autorisé en 1885 que les jeux envahissent l’économie. Pourquoi ? Si vous regardez les discussions de l’époque, l’argument principal était que la spéculation c’était… « moderne » ! Ça ne s’invente pas !

      1. Donc le jeu fait partie de la nature humaine. Est-ce lié au désir de ressentir la vie en soi par le biais de l’émotion ? Est-ce ce simple désir de se prouver que l’on existe ? Certes le jeu fait partie de la nature humaine, mais dans le cadre étroit de l’évolution de l’espèce, passée en quelques millénaires de la grotte pour une petite communauté à des villes gigantesques dans une grande individualité, l’étape du jeu dans le marché doit être dépassée, on peut peut-être dire que cette « modernité » n’est plus très moderne, et en tout cas qu’elle est une illusion contemporaine.

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