Pacte de Stabilité : l’erreur économique fatale ?, par Bruno Colmant

Billet invité. Également publié ici sur son blog.

En économie, on distingue souvent la politique de l’offre de celle de la demande.

Stimuler la politique de l’offre vise à flexibiliser les coûts de production et à assouplir les contraintes qui portent sur l’offre de biens et de services.

La politique de la demande concerne, quant à elle, une orientation keynésienne. Il s’agit de stimuler la demande de biens et de services par une augmentation des investissements et de la consommation publics, destinée à entraîner une augmentation de la demande privée (également au travers de transferts sociaux et de moindres prélèvements fiscaux).

En simplifiant les choses, on peut assimiler une politique de l’offre à une orientation de droite (le terme anglais de politique de l’offre, supply side, est d’ailleurs hérité des années Reagan) tandis que la politique de la demande relève plutôt d’une propension politique de gauche.

La gestion d’une économie exige d’équilibrer les politiques de demande et d’offre, mais une chose est certaine : en période de très faible croissance et de déflation, il faut absolument stimuler la demande.

C’est d’ailleurs intuitif : si les agents économiques sont tétanisés par de sombres perspectives économiques et de pressions à la baisse sur les prix et les salaires, ils réfrènent leur consommation et leurs investissements.

Il importe dès lors qu’un être supérieur, représentant la collectivité, dépasse les inquiétudes individuelles par des investissements collectifs d’envergure destinés à fournir de la traction à la consommation et à l’investissement privés.

Il faut donc stimuler la demande.

Le plan Juncker s’inscrit dans cette logique, mais son envergure est anecdotique.

Et c’est à ce niveau qu’on réalise l’erreur d’avoir imposé un Pacte de Stabilité et (cyniquement) de Croissance.

Ce Pacte exige de diminuer l’excédent d’endettement public de 5 % par an afin d’atteindre un rapport de la dette publique sur le PIB de 60 %. Le pourcentage de 60 % n’est pas anodin puisqu’il fondait un des critères d’accession à la zone euro en 1999. Cette règle se conjugue désormais à ce qu’on appelle la « règle d’or » qui exige de ne pas dépasser un déficit « structurel », c’est-à-dire compte non tenu des aléas conjoncturels, égal à 0,5 % du produit intérieur brut (PIB).

Ce Pacte empêche une politique de la demande et contribue donc à alimenter la récession et la déflation, d’autant que la politique monétaire de la BCE est structurellement – je devrais dire génétiquement –déflationniste.

Je suis d’ailleurs certain que la plupart des pays seront incapables de respecter ce Pacte : les dettes publiques augmentent partout.

Si l’obstination politique associée à ce Pacte persévère, il ne faudra pas s’étonner de rejets de la politique européenne, de velléités de certains pays à quitter la zone euro et à des troubles sociaux. Ce jour-là, il sera trop tard.

Partager :

24 réflexions sur « Pacte de Stabilité : l’erreur économique fatale ?, par Bruno Colmant »

  1. Avec une vision un poil cynique, on pourrait dire que la poursuite d’une politique déflationniste contre vents et marées est une manière habile (voir manipulatrice) de mettre en œuvre la décroissance sans avoir l’air d’y toucher (sans même avoir besoin de l’évoquer), et du coup surtout, surtout, en maintenant un objectif d’asservissement de la population, en entretenant par exemple la hantise du chômage sans mettre en question le fond du problème, à savoir la corrélation travail/moyens de subsistance : Tant que la plèbe s’imagine que son salut passe par l’emploi, elle n’essaie pas d’imaginer d’alternative à sa condition servile, trop affairée qu’elle est à travailler plus pour gagner toujours moins.

    L’alternative étant probablement de considérer que nos dirigeants soient totalement demeurés, ce qui n’est certes pas exclu… Entre bêtise et malhonnêteté, je vous avoue que j’ai toujours du mal à déterminer de quoi il est question les concernant.

    1. @ Dissonance
      Je crois que vous ne savez pas ce qu’est la décroissance !
      Lorsque vous dites « manière manipulatrice », « objectif d’asservissement de la population », « chômage », comme pouvant résulter de la décroissance, ce n’est pas seulement une dissonance, c’est aussi un horrible couac !

      1. @écodouble

        Pas de couac de ma part, mais pas d’angélisme non plus. Je ne crois pas qu’il y ait les gentils d’un côté et les méchants de l’autre ou, plus subtil, qu’une idée ne puisse pas être communément admise par des camps adverses qui cherchent néanmoins à atteindre des objectifs antagonistes.

        La décroissance en tant que retour à des niveaux raisonnables d’exploitation des ressources naturelles peut ainsi tout à fait être admise par les 0.1% les plus riches sans pour autant être assortie d’une quelconque volonté de répartir un peu plus équitablement les richesses.

        Dans un tel cas de figure, les pauvres pourraient ainsi demeurer dans l’état de servitude que nous connaissons déjà actuellement et sous le joug d’un pénurie aggravée de l’accès aux ressources, précisément pour que les plus riches n’aient pas trop à souffrir de cette « réduction de la voilure ». Voilà pour les modalités de mon hypothèse.

        Si vous n’êtes pas capable d’envisager la captation et la perversion d’une idée éthique au profit d’intérêts privés immoraux, c’est que vous ne vous êtes pas encore assez informé ou du moins pas assez familiarisé aux pratiques mises en œuvre depuis déjà de nombreuses années en matière d’économie.

        Une piste parmi d’autres, renseignez-vous par exemple sur le « green-washing », ce concept qui consiste à faire passer les industries les plus polluantes qui soient pour des entreprises à vocation écologique. Les exemples ne manquent pas.

        La décroissance est une évidence matérielle, ce n’est pas pour autant qu’il faille présumer que sa mise en œuvre se fasse nécessairement pour le bien de tous. Ce serait une erreur tragique que de croire cela.

  2. Il nous faut quitter l’euro avant que les choses ne deviennent trop glauques.
    Mais le ravi de la crèche qui préside aux destinées de ce pays à l ‘Elysée, n’a pas la stature d’un De Gaulle, mais plutôt celle de Laval, ou du Chancelier de la République de Weimar : Brüning.
    Il va donc maintenir le cap qui nous amène droit dans le mur : la France perd tous ses emplois industriels, le chômage augmente, les comptes sociaux sont en déficit, l’ Etat aussi, car la fameuse croissance, tant attendue, comme le Messie, est aux abonnés absents (même avec un or noir en chute libre)
    Errare humanum est, perseverare diabolicum !

    Bon Noël quand même !

    1. la crèche doit être bien vaste pour accueillir tous ces soi-disant ravis
      quant à la stature de de gaulle, qui nous a imposé le nucléaire dont nous commençons à payer les conséquences …., ok elle nous a sorti de l’otan
      bof … sarkozy nous a ramené au bercail
      ne s’en prendre qu’à un seul me parait mesquin quand on sait très bien que toute la classe politique, qui s’est relativement équitablement partagé le pouvoir depuis 40 ans, a toujours fait son possible à nous amener là où nous en sommes
      comme quoi désigner un vainqueur ne nous garantit pas d’être gagnant

  3. Il me semble que de nos jours une politique de la demande, adaptée à notre époque, viserait à stimuler les investissements correspondant à une étude politique, raisonnée, des besoins les plus nécessaires à la vie et à prendre sérieusement en compte les impacts et les limites écologiques. Il ne s’agirait plus de solliciter les effets « keynésiens » d’une politique publique planifiée en vue seulement d’assurer une croissance continue des productions et consommations privées,comme au siècle précédent…

  4. Je pense que le problème est bien plus vaste dans les économies développées qu’un débat offre/demande (ce qui n’exonère en rien la Commission/l’Europe des choix stupides qui ont été faits). L’accélération des mutations du travail (informatisation, tertiarisation), l’irruption de centaines de millions de travailleurs qualifiés notamment en Asie en concurrence directe avec les salariés US ou européens, les problématiques environnementales et climatiques…obligent à repenser le système globalement.

    Joyeux Noël !

    1. Je partage aussi cette idée que l’économie ne peut pas se résumer au lieu et au moment de  » l’échange » , pas plus qu’aux contraintes ou manipulations financières qui l’entourent .

      L’objet ( ou les objets ) de l’échange , par sa nature , ses conditions d’élaborations , sa plus value pour le bien public , sa localisation de disponibilité , son impact sur l’environnement … me paraît un « sujet » de rapport de forces plus porteur à terme , et moins énergivore fou , que le prix qui sera bien sur toujours là , mais à l’aval d’un rapport de forces et d’arguments situés au niveau de l’intérêt général .

      Ce devrait être la préoccupation de la politique , via la géopolitique , pour que le bien public et la paix dans le monde reprennent la main sur les jeux parasites de la finance , pour la remettre au service de , et non pas à la place de  » l’économie » rétablie dans sa signification étymologique :
       » l’art d’aménager sa maison » .

      Si l’on veut se montrer optimiste , on gagera que la conscientisation accrue de la finitude de notre terre comme seul vaisseau possible pour très très longtemps , devrait aider à se re soucier ensemble de  » la maison » .

      Celle dont certain disait qu’elle brulait et qu’on regardait ailleurs , ou qu’ E.T. revendiquait dans un autre monde

  5. Une politique de relance par la demande, via des investissements publics et une hausse imposée des salaires et des minimas sociaux, couplée d’une politique de partage du travail (en réduisant le temps de travail) permettrait d’atteindre les objectifs suivants :
    – Relancer l’inflation et permettre de diluer la dette, faisant augmenter en parrallèle les recettes fiscales
    – Déprécier l’euro, relancer les exportation, faire baisser le coût de l’importation des matières premières
    – Réduire le chômage et la contestation sociale
    – Restaurer la confiance de la population envers la clase politique traditionnelle (et mécaniquement les inciter à se détourner des extrèmes)
    – Relancer la croissance (seule alternative au remboursement de la dette)
    – Permettre par le biais de grands investissements transnationaux de faire avancer le processus de transition énergétique
    – Amorcer un rééquilibrage entre rémunération du travail et rémunération du capital

    Ceci ne peut être réalisé que dans le cadre d’un consensus européen (hypothèse ô combien éloignée…) par rapport à une taxation des capitaux (et plus particulièrement de ceux qui ont jusque-là échappé au fisc au profit des paradis fiscaux), et par rapport à la tenue d’un cap fixe dirigé vers une inflation contrôlée.

    1. @Olivier,
      Vous avez bien cadré l’ensemble des mesures susceptibles de relancer l’économie à court et moyen termes.
      Mais à plus long terme, il faudra restructurer complètement les termes de l’échange. Je veux dire échanger des signes monétaires sur d’autres critères que l’échange de biens et services.

  6. L’Europe n’est que le pantin des USA… Surtout économique. Rappelez-vous comment Merkel est le doigt sur la couture rapport à l’Ukraine, comment Hollande a fait arrêter l’avion du président péruvien sur un simple mouvement de menton. Il semble bien que toute discussion qui ne prend pas ceci en compte est totalement farfelue.

  7. M. Colmant, un social-démocrate tout ce qu’il y a de plus classique, a la naïveté de croire qu’il est possible de se maintenir dans un système capitaliste. M. Jorion nous l’a dit, avec raison, c’est la lente mais sûre mort du capitalisme à laquelle nous assistons. La questions reste entière de ce par quoi nous remplacerons ce système. Avec de la volonté, du courage et de l’organisation, nous pourrions établir un système économique véritablement démocratique pour tous. Il faut par contre pour ce faire abandonner l’idée que nos problèmes économiques viennent d’un manque de croissance et d’investissements publics. C’est la structure de la machine qui est défaillante. Pas la manière dont nous la faisons fonctionner.

    1. « M. Colmant, un social-démocrate tout ce qu’il y a de plus classique »

      Vous anticipez, mon cher, vous anticipez!

      Certes, Bruno Colmant semble ne plus être celui qu’il était quand, au cabinet du ministre des finances libéral Reynders, il participait à l’invention des « intérêts notionnels », exclusivité belge mondiale et délire conceptuel, dont la nécessité pratique résultait tout simplement de continuer à offrir aux grandes entreprises le cadeau du système dit des centres de coordination, que l’UE venait d’interdire pour je ne sais quelle atteinte à la concurrence libre et non faussée.

      Mais qu’il soit devenu social-démocrate, ça reste à voir!

  8. (Réponse à Olivier)Pardon mais si vous dévaluez la monnaie, vous augmentez également le coût des importations des matières premières, l’un ne va pas sans l’autre: vous affaiblissez de facto le pouvoir d’achat.

    Des investissements publics ne sont (il me semble) pas possibles tant que la dette vise à boucher des déficits, la dette ne finance plus des investissements mais ne fait que combler les déficits de la sécu.

    Vous parlez de partager le temps de travail, cela sous entend de partager aussi la rétribution y afférant, avez-vous la santé financière pour qu’on divise votre salaire net par deux? Je vous le souhaite.

    Vous parlez de dévaluer l’Euro, notez que le Japon a dévalué sa monnaie (effondré serait même un terme plus adapté) et il n’en résulte pourtant aucune croissance significative réelle en terme de volume exporté, que du contraire, la mesure a juste fait exploser les coûts des importations.

    Enfin je prie que mon travail ne soit pas aussi mal rémunéré que mon capital, lorsque je vois les intérêts que rapportent mon’épargne, mes placements, cela mettrait bien difficilement du pain sur la table.

    En fait la solution se trouve dans les fondements républicains: l’égalité. Si déjà toutes les multinationales de même que la spéculation sauvage rançonnant le pays payaient leurs impôts comme vous et moi les comptes repasseraient immédiatement au vert sans qu’aucune mesure assassine ne soit nécessaire, et à ce moment là nous pourrons parler d’investissements, de plein emploi: pas avant. Les entreprises nationales qui ferment les unes après les autres sont « remplacées » par des sauvageons économiques qui ne paient plus rien du tout (sinon à leurs actionnaires) et bénéficient de subsides publics, leur siège social étant au Luxembourg, en Belgique ou dans je ne sais quel autre « non-pays », ils ne participent plus en rien au financement de la société, il s’agit d’un pillage en règle: ils se nomment en autres Ikea, H&M, Amazon, MacDo et autres pieuvres financières que vous ne pouvez hélas que connaître.

    Vous parlez d’investissements massifs? Mais par qui seront réalisés ces investissements? Les habituels esclavagistes vous enverront de nouveaux cars de Roumains ou d’Ukrainiens (nos nouveaux partenaires à 150€/mois avec qui nos géniaux ministres ont signé un traité de collaboration, c’est chouette hein?) qui viendront rafler vos opportunités et ne vous laisseront que vos yeux pour pleurer: vous financerez un projet auquel vous ne contribuerez jamais.

    Faites toutes les politiques que vous voulez, prenez toutes les mesures possibles et imaginables, peu importent vos initiatives: tant que toute la population ne sera pas logée à la même enseigne en Europe ces mesures seront vaines. Si nous partageons tous une même monnaie nous devons bien logiquement partager aussi les mêmes charges, salaires, lois et conditions de travail.

    1. @ Marc
      L’INFLATION: C’est le SEUL moyen (outre l’utopique défaut) de rembourser la dette. De toute éternité, c’est l’inflation qui a remboursé la dette des états et remboursera celle-ci (sauf révolution) Ainsi, seul le point de départ de l’inflation déterminera la fin de la crise actuelle. Mais attention, l’inflation est une camarde qui peut faucher riches et pauvres. Seulement, les pauvres étant plus nombreux, ils peuvent imposer les mesures visant à se protéger de ses effets pervers, par exemple par l’indexation des bas revenus. Le remboursement de la dette par l’épargne (l’austérité) est une imposture de riche.
      Parole de banquier (ex)

    2. @ Marc, pour répondre à vos différents arguments:

      – Effectivement, vous avez raison, l’affaiblissement de la monnaie renchérit le coût d’importation des matières premières, mais est-ce un bien ou un mal? Un barril de prétrole à 60 dollars est ce un bien ou un mal? Peut-être un bien d’un point de vue économique, mais un mal d’un point de vue environnemental…
      – Une politique de relance de la demande par l’investissement, permettrait de relancer l’économie réelle (l’emploi, les prestations sociales, les retraites, la consommation, les recettes fiscales via les prélèvements obligatoires) et non pas l’économie financière. Le parralélisme avec le Japon ne peut donc être considéré comme valable.
      – Comment faire en sorte que les fruits de cette relance profitent au facteur travail et non au facteur capital ? En imposant aux producteurs de biens et de services une charte de durabilité environnementale et sociale (ce qui, n’ayons pas peur des mots, entrainerait une levée de boucliers des libéraux qui nous accuseraient de protectionnisme).
      – Quant à la charge de la dette et des intérêts qui y sont liés, une véritable politique inflationniste permettrait de réduire la valeur réelle de la dette, car à dette stable, les prix augmenteraient, et par là-même les recettes fiscales, à condition bien sûr d’indexer salaires et retraites sur le taux d’inflation.
      – Lorsque je parle de rémunération du capital, je me réfère bien sûr aux hedge funds (et autres placements à hauts rendements -et hauts risques- dans leurs bilans, ou pire : hors bilans- des banques) et non au livret A, réinvesti dans la dette souveraine à faibles taux sous couvert de financement des logements sociaux.
      – Effectivement, il convient d’imposer les capitaux de manière plus efficace. En ce sens, j’aime assez l’idée de Paul Jorion de déconnecter les paradis fiscaux.

  9. Je ne sais pas si Dissonance a raison, mais peu importe, puisque tout se passe comme si. Les intérêts égoïstes chercheront à saboter, à ralentir ou à pervertir ce qui s’impose à nous pour notre survie. Les pesticides tuent. Pourtant, la quantité de pesticides utilisés en France a augmenté de près de 10% entre 2012 et 2013. Au regard de ce que doit être notre monde dans l’avenir, il faut impérativement préserver nos espaces naturels et nos terres agricoles. L’actualité est remplie d’exemples qui montrent à quel point nous n’avons pas intégré collectivement ces impératifs. Pourquoi imaginer que le secteur économique serait plus vertueux, là où précisément les intérêts égoïstes peuvent se déchaîner.
    On ne peut que constater que dans la course de vitesse qui est engagée, entre notre survie et notre disparition, on ne cesse de prendre du retard.
    Le bon petit soldat Hulot, qui se bat pour sauver ses semblables, lors de son dernier passage à la télé, a accusé une grosse fatigue…

  10. il est un peu indélicat de classer la belgiique dans la listes des non-pays
    son système fiscal vaut ce qu’il vaut, il me semble que tout le monde, quelque soit sa fortune, est imposé à 8%, mais il n’y a pas eu, a ma connaissance en tout cas, ces arrangements à la junker au luxembourg
    je suis aussi un peu géné par le terme « opportunité » qui fait un peu prédateur ou plutôt l’occasion fait le larron
    ces opportunités doivent correspondre à un réel besoin et répondre à des impératifs sociétaux et écologiques, voir le post de juannessy un peu plus haut qui en parle bien mieux que je ne le ferais
    sinon, ben oui il s’agit d’un pillage généralisé organisé par nos  » gouvernants « , ce qui n’a rien de surprenant puisqu’ils sont là pour ça
    pour ton dernier paragraphe, sois tranquille, nous serons bientôt tous logés à la même enseigne, celle du moins disant social

  11. Colmant
    En économie, on distingue souvent la politique de l’offre de celle de la demande.

    L’existence de l’Humain dépends exclusivement et quotidiennemnt d’un environnement sain (eau, air, terre arable) alors que nous sommes face à une dégradation de l’environnement sans précédent, CO2 et tout un cortège d’autres produits chimique polluant.
    L’économie dépend aussi exclusivement des ressources , dites utilitaires, métaux, bois, pétrole (plastique, énergie, engrais, etc.) et autres énergies. tous en phase d’épuisement à différents degrés
    .
    Le tout étant en totalité le résultat de l’activité économique actuelle de l’humain basé sur la croissance.
    Plus il y aura de croissance donc d’activité, plus les deux phénomènes cité plus haut vont s’aggraver les deux étant très étroitement liés.
    En environnement et en préservation des ressources, compte tenu de la situation actuelle, il faut diminuer la demande des utilitaires en contraignant l’offre à éliminer le superflue et seulement fournir ce qui est indispensable à une honnête qualité de vie, moins il y aura d’utilitaires transformés moins il y aura de pollution..

    Et vous parlez , tous, de relancer ce système……..il y a définitivement quelque chose qui ne va pas…..

    1. Pas tous 🙂 personnellement je ne désire pas relancer ce système, je suis convaincu que le système doit s’effondrer. Et, heureusement, il s’effondrera, par manque d’énergie, au sens physique du terme, de par les trois déclins énergétiques en cours.

      J’avais écrit il y a quelque temps: « où que l’on regarde, ce ne sont que pollutions, pollutions, pollutions. L’air est pollué, les sols et sous-sols sont pollués, les mers sont polluées. Particules fines, pesticides, métaux lourds, déchets de toutes sortes… cent mille produits chimiques empestent nos chairs dès le moment où nous sommes conçus ».

      Chacun de nous est devenu un véritable « homo toxicus »:
      https://www.youtube.com/watch?v=qgoivPsQDeA

  12. Bonjour,
    Les solutions préconisées dans les commentaires divergent étonnamment.
    La plupart proposent des solutions visant à sauver le système capitaliste, alors même que Paul Jorion nous avait convaincu qu’il était plus que mourant : à l’agonie.
    La question qui se pose à nous est désormais : comment parvenir à un système de remplacement ? Des solutions diverses sont apportées, dont celle de l’économie du partage et non plus du profit. Cela n’induit pas des différences de revenu entre les personnes, mais elle doivent rester minimales; je dirais : un peu comme dans l’ex-RDA où l’échelle des salaires allait de 1 à 2 (700 à 1 400 marks), si bien qu’une augmentation de 2% était très appréciée. Alors créer une « économie de la pénurie » ? Pourquoi pas, si c’est la condition nécessaire pour sauver la planète tout en permettant aux deux milliards de mal-nourris de vivre correctement. L’idée, c’est de produire moins que strictement nécessaire, à prix fixe (éviter la surenchère)pour éviter tout gaspillage, encourager la réparation et le recyclage et tous les emplois qui y sont liés. J’ai eu des amis en RDA qui sont parvenus à construire une maison, dans le cadre de cette « économie de pénurie », ce fut long, mais moins long que pour les couples qui s’engagent aujourd’hui chez nous pour des remboursements de prêt sur 25 ou 30 ans ! Vous avez compris que l’expression « économie de pénurie » s’appelait officiellement « économie planifiée ». Quelle alternative au capitalisme qui évite une planification sociale (vie digne pour chacun) et écologique (survie de la planète). Mais à l’intérieur d’un cadre planifié, le partage volontaire peut rester la règle; c’est-à-dire le refus de l’enrichissement personnel (posséder chacun 2, 3, 4 maisons ou appartements)au-delà d’une certaine valeur. On peut imaginer une diminution du transport aérien polluant pour ceux qui souhaitent voyager et le développement des nouveaux zeppelins, pour ne prendre qu’un exemple. Quant aux commerciaux si pressés, eh bien, la téléconférence est de plus en plus souvent utilisée dans les entreprises dont les marges ont diminué.
    Voilà quelques exemples simples qui s’ajoutent à tous ceux que la presse et les livres nous rapportent. Souvent, ces exemples de partage vont de pair avec une régénération de la démocratie locale, car capitalisme financier et dictature vont de pair.

  13. Bien sûr les dettes publiques augmentent partout dans le monde. En ce qui concerne l’Europe, c’est évident depuis les années 70. De plus, les impôts ne rentrent plus comme avant (grâce aux paradis fiscaux et d’autres « techniques » comptables visant à contourner la législation); la mondialisation le permet. Le Luxembourg en est un bel exemple – parmi beaucoup d’autres. Par conséquent, les caisses de l’état ne pourront plus faire face aux dépenses, le nombre des chômeurs et retraités qu’il faut alimenter augmente…..Il faut donc emprunter ce qui fait augmenter la dette publique.
    Tout ce discours autour d’un pacte de stabilité et compagnie s’adresse aux marchés financiers pour les rassurer, leur dire que l’on essaye tout pour satisfaire leurs priorités. Tant les pays comme la France seront en mesure de payer les intérêts, les marchés seront tranquilisés. Mais pour combien de temps? Les temps se gâtent.

  14. Si l’obstination politique associée à ce Pacte persévère, il ne faudra pas s’étonner de rejets de la politique européenne, de velléités de certains pays à quitter la zone euro et à des troubles sociaux. Ce jour-là, il sera trop tard.

    Sera t-il trop tard, ou sera t-il enfin possible d’envisager un autre modèle économique que celui basé sur une croissance insoutenable, et mortifère?

    Voici une mise à jour de ce que je cherche à promouvoir:
    Un système ou la propriété privée du Capital serait remplacée par la propriété privée de droits d’usage du Capital. Le Capital lui même serait propriété de la collectivité, qui en assurerait la gestion dans l’intérêt commun.

Les commentaires sont fermés.