Emporté par la foule…, par Pascal

Billet invité.

Cette anecdote entendue un jour : à la libération de Paris, alors que le Général De Gaulle, depuis un balcon surplombant une place, se faisait ovationner par une foule heureuse et en liesse, un de ses conseillers le félicita (en voici l’esprit, ce n’est pas une citation) : « Mon Général, cette foule tout entière qui vous acclame, c’est vraiment magnifique. Le peuple français est avec vous. » Et le Grand Charles de répondre à peu près ceci : « Vous savez, mon ami, il y a quelques temps à cet endroit, c’étaient les mêmes qui acclamaient Pétain ».

Je me souviendrai toujours d’un soir Gare de Lyon à Paris, tous les panneaux d’affichages étaient éteints. Il devait être un peu après 17h et sur l’esplanade devant les quais. La foule s’amassait, s’amassait au rythme des métros qui se vidaient. Il y avait au moins un millier de personnes fatiguées de leur journée qui n’aspiraient qu’à une chose : monter dans leur train de banlieue pour rentrer chez eux. Mais impossible, rien ne s’affichait. La masse semblait enfler à l’excès. Dans les bureaux qui surplombaient l’esplanade, un gars en chemise regardait ce spectacle, certainement comme tous les jours. Seulement, d’habitude personne ne le voyait, mais ce jour-là, il était soumis au regard de la foule inquiète. Je pense qu’il ne s’en rendait pas compte. À un moment, il a souri ou rigolé sûrement d’une blague d’un copain dans le bureau. Mais la foule, dans son corps vivant, a perçu ce rire comme une moquerie. Une puissante rumeur est montée de cette masse surchauffée par ce soir d’été. Je me suis dit : si quelqu’un trouve un pavé ou quelque chose à lancer, il y a droit. Juste à ce moment là, les panneaux d’affichages se sont mis tous en même temps à cliqueter et à afficher la destination de leur train. Le monstrueux corps social se dégonfla rapidement et se répandit en un flot d’individus le long des quais. Il aurait suffi de quelques secondes de plus… Que serait-il arrivé ?

Oui, la foule est un fantastique corps social auquel on se sent appartenir en se fondant parmi des centaines d’individus mus dans un même élan. Mais qui a la maîtrise de ce corps sans tête ? Pour la provocation, histoire de faire un peu son Charlie, on m’avait dit un jour : le QI d’une foule est inversement proportionnel au nombre de participants.

La symbolique de ce peuple rassemblé est très puissante et fascinante mais quel était le lien qui unissait ces individus dimanche dernier : l’affirmation de certaines valeurs ? le refus de la terreur ? le besoin de communier, de remettre un peu de sens dans une société sans boussole et sans capitaine ?

La question qui survint tout de suite après fut la même dans toutes les têtes (je présume) : « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? »

L’État très vite a dit : « Je m’occupe de tout, ne vous inquiétez pas ! Nouvelles lois, nouvelles procédures policières et de renseignement… » Et le peuple de témoigner dans les sondages sa satisfaction des politiques. On l’a échappé belle ! Imaginons un instant que le peuple décide de prendre les choses en main ? C’en était fini de la Vème République et qu’est-ce que le peuple aurait mis à la place ? La Démocratie athénienne ? La République de Weimar ?

Les processus spontanés (ou presque) des foules ont la beauté des Printemps Arabes mais sont aussi les prémices de temps incertains sans assurance d’aboutir à une paix sociale. La beauté des choses n’exclut pas nécessairement leur dangerosité.

Non : les marchés financiers sont incapables de s’autoréguler. Et le peuple alors ? Pareil ! Il faut sortir des cadres actuels dit Paul Jorion mais rien de souhaitable ne se fera sans cadre. Il faut se donner le temps, le courage et la patience de construire de nouveaux cadres. Alors peut-être saurons-nous trouver un nouvel équilibre, un nouvel ordre social (même ces mots des fois me font peur !) ou disons une nouvelle construction sociale. Cela ne se fera pas dans la rue et il y aura beaucoup de résistance au changement.

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117 réflexions sur « Emporté par la foule…, par Pascal »

  1. NI ESTAS CHARLIE. NOUS SOMMES CHARLIE.

    Cabu, Charb et Oncle Bernard sont accueillis au paradis par Dieu qui leur dit: Bienvenue, vous avez droit à trois questions.

    Cabu: Comment faîtes vous pour que tous les humains qui sont au paradis se comprennent? Y a t’il une langue commune facile à apprendre?
    DIEU: Vous avez bien compris. Il y a un stage rapide d’espéranto à l’entrée.

    Charb : Et comment faîtes vous pour que les religions et les agnostiques s’entendent ?
    DIEU : il y a une éthique commune qui s’appelle humanisme.

    Oncle Bernard : c’est ce qu’a proposé Zamenhof il y a plus de cent ans?
    DIEU : Oui mais les humains sont un peu lents à comprendre.
    _________________________________________________________________________
    CABU et CHARB étaient parmi les signataires pour l’option facultative d’espéranto au baccalauréat.
    http://esperanto-au-bac.fr/spip.php?page=signataires#premiers_signataires

      1. Très juste , l’article !
        Baudrillard avait réfléchi à ça ( je suis incapable de retrouver le passage) pour arriver à l’idée que personne ne sait ce qu’est une foule , une masse de gens .
        Les derniers évènements liés à CH. hebdo montrent l’extrême facilité pour les dominants de récupérer un élan authentique au départ .
        Peut-être que cette foule de gens a pris forme lorsqu’elle a commencé à s’organiser PRATIQUEMENT lors des occupations ( les mouvements  » occupy  » ) …
        En ce moment des milliers d’espagnols sont dans la rue CONTRE des lois liberticides ; c’est tjrs la même chanson : on se dresse contre des politiques et puis quoi ?
        Tant qu’il n’y aura pas d’organisation – et il ne peut y en avoir qu’avec des groupes restreints ( 80 personnes en assemblée au maximum ?…il me semble ) – je ne vois pas ce qui peut se passer .
        Les ZAD sont intéressantes à ce propos ; ce sont des territoires qu’on peut tenir ; là , dans la diversité des vies de chacun , s’expérimentent les conflits de la vie historique .

      2. A Alexandre:
        Vous vous appropriez la défense de leur mémoire,mais ils ont bien signé cette demande, que vous l’approuviez ou non.

        1. Atanguy, je ne m’approprie rien du tout, certainement pas leur mémoire. Je remarque juste que les scrupules n’étouffent pas tout le monde quand il s’agit de profiter du « buzz » pour ressortir sa cause perso qui n’a strictement rien à voir avec le binz, la personne qui le fait étant par ailleurs très largement partie prenante dans la promotion de l’esperanto dans diverses instances (et on sait tous que l’esperanto est évidemment LA solution aux problèmes posés par ce qui s’est passé – rires du public). Pour moi, c’est l’équivalent des types qui ont cherché à déposer la propriété de « Je suis Charlie ». Le cerveau mal placé.

      3. D’ailleurs certains des défunts avaient signé une charte de fidélité à un grand magasin de bricolage et j’aimerais le signaler car les articles sont de bonne facture (…). facile

      4. Je suis contre la récup’ par les media de l’oligarchie, les officiels, les défenseurs de la « loi » Macron, tout pour les patrons, du tout anglais et quelques autres.

        Mais je ne suis pas contre la récup’ par les sans voix, sans media, sans argent…Les espérantistes, les défenseurs de la paix et de l’humanisme en font partie. Sans eux Il sera difficile d’arriver à 99%. Et si l’esperanto faisait partie parmi bien d’autres éléments de la solution dans un monde de plus en plus polycentrique où le tout anglais est de moins en moins accepté? Rires des « importants », interrogation chez les autres?

        Pour ceux qui n’auront pas trouvé Charlie, regardez la dernière page de Siné mensuel. Tous les grands de l’oligarchie sous la banderole « Pour la liberté de la presse ». Le combat des sans media continue.

        1. En ligne « Repse », juste pour le plaisir de vous voir creuser votre propre trou, pauvre victime du « terrorisme d’État » à l’égard de l’espéranto (sic).
          Vous et votre compère, vous donnez assurément envie d’apprendre l’espéranto. C’est où les inscriptions encore ?

      5. Il n’existe pas de meilleure démonstration et confirmation de l’ignorance de l’auteur de cette réponse. Le livre « La danĝera lingvo » ( http://www.ipernity.com/blog/32119/172355 ) de l’historien allemand Ulrich LIns retrace précisément l’histoire des persécutions subies par l’espéranto sous les pires régimes terroristes que la Terre ait porté. Si l’auteur était intérrogé sur l’histoire de la langue, son incompétence apparaîtrait tout de suite. Il y a tout lieu de penser qu’il serait incapable d’aligner trois mots cohérents sur le sort de la famille Zamenhof :

        Dans “Mein Kampf“ (1925), Hitler vit dans l’espéranto un instrument de conception juive visant à dominer le monde. Les nazis s’acharnèrent à liquider la famille de Zamenhof. Ses deux filles Lydia et Sofia périrent dans le camp d’extermination de Treblinka avec sa soeur cadette Ida Zimmermann. Son fils Adam, ophtalmologue renommé, et son gendre Henrik Minc, furent passés par les armes à Palmiry, le lieu d’exécution de masse de l’intelligentsia polonaise. C’est grâce à sa présence d’esprit que Wanda, l’épouse d’Adam, évita d’être embarquée avec son fils dans un train de la mort.

        Ce n’est là qu’un infime aperçu de ce qu’a subi le monde espérantophone. L’ouvrage en question a 568 pages de texte très dense et soigneusement référencé.

        1. Il apparaît évident que chaque homme ayant voué sa vie à l’espéranto comme solution universelle à tous les problèmes de la terre est éminemment supérieur à tous ses congénères qui ne sont que de sombres crétins n’ayant pas compris qu’ils avaient là affaire à l’alpha et l’omega, la Theory of Everything incarnée.

          La pédanterie en plus de la récup’, de mieux en mieux.

      6. Bonjour Julien Alexandre,
        juste une petite remarque, historique, car si « Repse » ou quelque autre espérantiste français actuel n’est pas bien sûr à proprement parler une
        « pauvre victime du « terrorisme d’État » à l’égard de l’espéranto »,
        d’autres l’ont bien été, avec une estimation qui s’étend de 3.000 à 30.000 personnes (car il est difficile de préciser avec une totale certitude qui n’est parti en camp de concentration ou au goulag etc. qu’en raison de l’espéranto : certains étaient en plus juifs et/ou communistes etc., ou même collectionneurs de timbres poste, fait en soi suffisant pour mal finir en URSS vers la fin des années 30).
        Je ne peux malheureusement vous renvoyer qu’à l’ouvrage de l’historien Ulrich Lins, « Die gefährliche Sprache. Die Verfolgung der Esperantisten unter Hitler und Stalin ». Gerlingen : Bleicher, 1988, 326 p., ISBN 3-88350-023-2 (également édité en russe, italien japonais et espéranto mais pas en français, du moins à ma connaissance).
        Malgré ce qui vous est apparu comme une indigne tentative de récupération des récents événements et a donc pu légitimement vous faire bondir, il me semblerait donc plus décent, par respect pour ces morts (sans doute mille fois plus nombreux donc que ceux de Charlie-hebdo : imaginez le massacre), et pour leurs proches ou ceux qui s’en sentent solidaires, de ne pas trop plaisanter à ce sujet, même si le plus gros des persécutions remonte à plus d’un demi-siècle maintenant.
        Ceci dit en dehors de tout esprit polémique.
        Merci de votre compréhension.

        1. il me semblerait donc plus décent, par respect pour ces morts, et pour leurs proches ou ceux qui s’en sentent solidaires, de ne pas trop plaisanter à ce sujet

          Mais bien sûr M. Lavarenne, docteur en histoire. Seuls les espérantistes ont le droit de faire de la retape en détournant le sujet avec leurs propres « blagues », parce que c’est « l’esprit Charlie hebdo ». Et puis quand ils se le prennent à leur tour sur le coin de la tronche, levée de bouclier, arrivée des petits copains qui n’avaient jamais mis les pieds sur le blog, et là, c’est pas touche, devoir de mémoire, arguments d’autorité et les violons de la philarmonie en prime.

          La triplette que vous constituez a dû convaincre un paquet de monde de se mettre à l’espéranto avec vos interventions tombées à point nommé !

      7. Veuillez excuser ma maladresse : ma réponse n’a été qu’un doublon de celle de « Repse » que je n’avais pas vue, le champ du commentaire masquant ce à quoi l’on répond pendant qu’on la tape. Je reconnais sans problème avoir été prévenu par lui de votre polémique, et avoir voulu, de ma propre initiative, chercher à calmer le jeu ou du moins y apporter un élément nouveau. Sans succès semble-t-il.
        Je retourne donc à mes propres occupations, plus positives disons. Mais je ne regrette pas d’avoir visité votre blog bien que, semble-t-il, « qui s’y frotte s’y pique » : ce court (non-?)dialogue aura été une expérience intéressante, d’un monde qui me reste relativement étranger.
        Bonne continuation à tous, en espérant que d’autre thèmes de conversation aboutissent pour vous à de vrais échanges dont chacun sort enrichi (« gagnant-gagnant » comme on dit).
        Je crois comprendre avoir été perçu comme un intrus car je n’aurais pas été invité par la bonne personne ; je me retire donc en acceptant de vous laisser, entre nous deux, seul vainqueur si cela vous fait plaisir (mais je ne représente que moi), sans essayer plus longtemps de jouer – quelle prétention c’était de ma part ! – les médiateurs.
        Espérons qu’un dialogue islamo-occidental constructif parvienne rapidement à se mettre en place : c’est pour l’instant plus urgent que celui sur l’espéranto.

        1. M. Lavarenne,

          Chaque commentaire est ici jugé sur ses propres mérites, et chacun est donc le bienvenue sur le blog, invité ou pas : la porte est ouverte.

          Ce qui s’est produit ici est ce qu’on appelle en anglais un thread hijacking. Par curiosité, je viens de chercher s’il existait l’équivalent de cette expression en français, et il se trouve que oui : on appelle cela un « détournement d’enfilade ». Wolinski en aurait fait un dessin qui nous aurait tous sûrement fait rire. Et pour clore le débat sur une note positive, on peut imaginer qu’il aurait écrit la bulle en espéranto.

      8. J’avoue avoir débordé un peu du thème proposé. Mais je ne suis pas totalement hors sujet. Je pense que l’humanisme démocratique, laïc et ou républicain permet d’unifier la très grande majorité des personnes religieuses, agnostiques et athées. Zamenhof est un des précurseurs de ce thème. Pourquoi ne pas le mentionner? Pour moi la foule de Dimanche avait une orientation idéologique pour les valeurs républicaines contre le terrorisme fasciste, ce qui explique son unité malgré sa très forte diversité.

        N’ayant jamais entendu parler de l’espéranto avant l’âge de 35 ans et des radios « libres » au moins pour quelques unes, je comprend tout à fait que certains réagissent de façon amusée, voire hostile à l’égard de celui-ci, prenant pour argent comptant le discours dominant.

        Dernière petite remarque qui sera vue comme une provoc pour certains. Supposons que les 95% de non anglophones de naissance veuillent appliquer le principe Time is money à une langue internationale. Pour bien maîtriser l’anglais il faut en moyenne 10000 heures selon Claude Piron dans son ouvrage Le défi des langues, surtout si vous comptez les stages dans les pays anglophones, 1000 heures pour l’espéranto. L’économie de temps si on l’applique à 5 milliards d’adultes non anglophones de naissance est 9000h X 5 milliards. Je vous laisse deviner le résultat et désolé de vous avoir pris une minute de votre temps disponible.

        Croyez vous que la propagande des terroristes fascistes ou celle d’autres groupes non démocratiques se développerait autant si chacun pouvait accéder à une langue internationale neutre et facile?

      9. C’est un détail, apprendre l’espéranto ne modifiera pas notre rapport ontologique au monde, et c’est cela qui compte.
        Sinon pourquoi pas, mais faudrait changer son nom parce que franchement, je trouve qu’il contient son insuccès. 🙂

      10. La laïcité ne cherche , ni ne tend , à unifier . Elle se contente de permettre la cohabitation , et la mise en œuvre de règles de comportement et d’action , qui autorisent la survie et la vie de l’espèce .

        Dans ,et non pas pour , la liberté , l’égalité et la fraternité étendue au vivant .

  2. C’est évident, la foule, la masse, ne peut s’auto-réguler. Ce sont les minorités réfléchissantes et agissantes qui changent le monde et lui imposent de nouveaux paradigmes, en créant un ‘nouveau rapport de forces’. Le blog de Paul fait partie des premières. A nous de nous incarner dans les secondes.
    Ce qui ne nous empêche pas de réfléchir aux vraies causes de ce massacre. Et de ne pas s’arrêter à l’étape ‘prison’, comme le font les ‘bourgeois’ (la presse aux ordres, etc.) et la masse, prête à réagir à des émotions créées par les médias.
    Quelle vie ont eu ces deux orphelins, pour trouver dans le djihadisme un sens à leur vie ? Quelles sont les responsabilités des « démocraties » (enfin, elles se donnent ce nom) dans l’armement des djihadistes ? Et, in fine, le « choc des civilisations » n’est-il pas un prétexte pour imposer la domination de quelques-uns sur le monde ?

    1. en furetant un peu sur internet, on y trouve des réponses
      il n’est certainement pas anodin qu’une bonne partie de l  » élite  » des serviteurs de quelques uns se montre un moment . pas des moindres …. merkel, orban, bongo, netanayou, abbas … … j’en oublie
      bizarrement les usa étaient absents mais le maitre s’intéresse-t-il à ses comparses?

      la stratégie du choc a été plusieurs fois théorisée, un certain hayek ( je ne garantis pas l’orthographe) l’a, il me semble, posée comme préalable nécessaire à une révolution libérale ( voire le chili entre autres)

      je pense que les foules de vendredi, samedi et surtout dimanche ressemblaient un peu à un troupeau à la recherche de ses bergers qui se sont dépêchés de récupérer et de masquer par des discours lénifiants et guerriers cette nouvelle défaite de civilisation

      n’était-ce pas interpellant ce refus de jeunes scolarisés refusant de s’associer à la minute de silence. faut-il les mettre au coin ou en prison histoire de leur faire comprendre le penser juste?
      n’est-ce pas interpellant de voir finir le tour de piste politique à la porte de la grande synagogue?

      maintenant , nous l’aurons nous aussi notre  » patriot act « , sous une forme ou sous une autre.
      reste à penser et à définir ce qu’est le terrorisme

      mais comme on dit, le sage montre la lune et l’ imbécile regarde le doigt

      1. je pense que les foules de vendredi, samedi et surtout dimanche ressemblaient un peu à un troupeau à la recherche de ses bergers…

        Il se trouve que j’étais à Paris dans la marche de dimanche, avec des amis, et je trouve que le qualificatif de « troupeau » est un blasphème infâme nous condamnons. Et pas parce que je suis du signe du bélier !

        Non sérieusement, je n’ai pas eu du tout le sentiment d’appartenir à un troupeau. Plutôt à l’humanité.
        Et comme beaucoup d’autres j’ai hésité à venir, jusqu’au dernier moment, à cause de la récup politicarde justement. Et puis en fin de compte je me suis dis qu’il ne fallait pas laisser le monopole de la rue aux politiques.

        mais le sage montre la lune et l’ imbécile regarde le doigt

        ou alors

        « À chercher les poux sur la tête d’un autre, ils finissent par vous démanger vous-même. »
        proverbe chinois

      2. Les débats ont été chauds, très chauds dans les lycées en ce début de semaine. Les professionnels au plus près des jeunes des ghettos n’ont, en aucun cas, pu se laisser berner par la récupération de cette marche. Même avant, la couverture médiatique télévisée aurait un effet immédiat, combien de « nos » jeunes se sont retrouvés au commissariat le weekend dernier, on l’aurait parié.
        Le problème reste entier, je dirais même que ça pourrait l’aggraver. Au lycée on entendait des adultes « ce sont nos jeunes, il y a du potentiel, mais comment faire face à tout ce qui les entoure ». C’est un constat d’échec pour nous aussi tandis que nous sommes parfaitement au courant (comment ne pas l’être) de l’état de beaucoup de lycéens, de leur situation familiale et sociale qui s’aggravent d’année en année et tant d’autres choses aussi. Chaque jour nous nous demandons jusqu’où cela va pouvoir bien aller. Mais, prévenir ne sert à rien. Coulibaly est né en 82, les frères Kouachi….. nous avons ceux de la décennie suivante…. et celle-ci….

      3. @ merlinll

        mille excuses si le terme troupeau a pu choquer, mais je ne disais que  » ressemblait un peu  »

        quant au proverbe chinois, j’y souscrit volontiers
        l’occident est un bon chercheur de poux sur la tête des autres et feint la surprise à sa propre démangeaison

  3. C’est quoi un cadre? quelle est la forme de celui-ci? Lorsque je fixe un point je ne vois que celui-ci, et tout le reste est flou. Au cinéma tout se passe dans un rectangle plus ou moins grand, l’objectif prend la place de notre regard et focalise sur le sujet. Lorsque je me déplace dans un paysage je vois dans un large cercle à 180°, et les lignes convergent vers l’infini qui n’est pas observable, c’est comme une demi sphère. Si la nuit je m’allonge et que le ciel est clair, je vois les étoiles, la voie lactée, et tout ceci parait collé à ma rétine, il ne semble pas y avoir de profondeur, alors que pourtant il y a presque 14 milliards d’années dans le fond de mes yeux. Un peintre utilise toute sorte de formats, tous ont des angles sauf le tondo, donc celui-ci correspond assez bien à la vue humaine. Mais la vue humaine n’embrasse pas tout, il y a un hors cadre, lorsque je regarde, la moitié du lieu ou je me trouve m’échappe en totalité, et si je me retourne ce que je voyais précédemment disparaît. Est il possible d’envisager un cadre sphérique qui permettrait d’embrasser tous les problèmes à la fois? Car hélas ceux que l’on ne voit pas sont aussi important que ceux qui sont évidents. Donc pour voir partout il faut être plus que un, et chacun doit regarder un problème en particulier pour le rapporter au centre du débat vers ceux qui ne pouvaient pas le voir. La foule suit le berger, et si celui-ci se jette à l’eau elle s’y précipite avec lui. Il faut se réunir en petit groupe, comme le fait Paul Jorion au « Vicomte », mais il faut se méfier de la foule, elle nous transporte, elle nous émeut, on se sent appartenir à une même idée, mais on ne voit que par les yeux d’un seul.

    1. En effet, quand on regarde autour de soi, seule une toute petite partie de ce qui nous entoure est vu nettement, le reste est flou.

      (La fovéa a un angle de vue si faible que quand on fixe le début d’un mot un peu long on n’en distingue même pas la fin.)

      L’image d’ensemble qui est perçue n’a elle pas d’existence physique, c’est une image mentale mais c’est la seule qui permette d’attribuer un sens aux détails.

      Contrairement au cadre restreint dans lequel le cinéaste enferme à chaque instant ce qu’il veut nous montrer, le cadre dont parle PJ c’est un ensemble sans lequel les points dont on discute n’ont pas de sens et qu’on doit rendre compatible avec les changements souhaités. Si on considère ce cadre comme immuable (tel que voulu par Dieu par exemple) il ne reste qu’à se soumettre (par exemple à ceux que Dieu nous a envoyé pour nous guider.)

      A part ça il existe depuis peu des appareils photo et des caméras qui peuvent enregistrer tout ce qui les entoure (sur 360 Degrés horizontalement, avec aussi le ciel et le sol): c’est celui qui regarde qui choisi ce qu’il veut voir mais personne ne sait encore vraiment s’en servir…

      1. Ou l’analogie. Dont Thom a fait une ébauche de la théorie. Selon cette théorie les évolutions de l’homme et des sociétés sont soumises aux mêmes dynamiques. Je ne dis pas si cette approche est ou non compatible avec l’approche thermodynamique de Prigogine et Roddier.il y a eu une violente polémique entre Thom et Prigogine à propos du déterminisme…

      2. En écho à la fin du billet de Michel Leis, pour Thom l’évolution des sociétés est lamarckienne, c’est la fonction qui crée l’organe. Pour lui le darwinisme social est donc une aberration.
        Cf le film « René » que JL Godard a fait sur lui, dispo sur le net (vers 40′).

    2. Tout cela me fait penser à l’aperception, l’inconscient selon Leibniz.
      L’écume que nous percevons est composée d’une multitude de bulles invisibles de loin, la texture d’un mur n’est plus la même de très près, un son n’est audible qu’à une certaine fréquence etc…
      Cependant quand on observe les prouesses physiques de notre espèce, on remarque que notre ‘cadre sensoriel’ est plutôt fiable !

      Si chacun sait pourquoi il est ici est qu’on est en accord alors le rassemblement peut être sympa…

  4. S’il faut un slogan je préfère: « Je suis la République »
    Je suis la République comme constitutif de celle-ci!

  5. Foule, masse, peuple, expérience du sentiment océanique au milieu de tout cela si vous voulez…. Et rien de modeste, conscient, précis et déterminé, et même tiens! allons-y d’un grand mot : fraternel?

    Vous êtes sûr?

  6. Quelle est exactement la question posée par ce texte dans l’esprit de son auteur ?

    Appel à énoncé des nouveaux cadres potentiels ?

    Appel à contribution pour définir les conditions de  » l’autorégulation  » collective pour élaborer ces cadres ? Pour les gérer ? Pour les contrôler ?

    Rappel des pièces de « l’encadré  » actuel qu’il faut changer ? Dans leur nature et /ou dans leur articulation ?

    Je ne sais pas ( pas l’impression ) si ça répond à l’absence de question posée , mais je m’étais fendu de ça :

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=53703

    à quoi j’accolerai aujourd’hui ça :

    http://web.archive.org/web/20130424091822/http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=31407#comment-263638

    PS : il m’avait semblé que François Leclerc avait son opinion sur ce que j’imagine comme questionnement .

  7. Avant de passer aux choses sérieuses, il y a cette autre anecdote à la libération de Paris, avec le même de Gaulle.

    Une jeep passe, sur laquelle est écrit « Mort aux cons ».

    Et le général de s’écrier: « Vaste programme! »

    Ce jour-là il faisait son Charlie de Gaulle.

    1. Il parait que le titre remplaçant Harakiri Hebdo (après le bal tragique …) était un hommage à Charlie Brown des Peanuts et aussi un clin d’œil à Charles de Gaulle… Créativité !

  8. Il y a plus d’idées dans deux têtes que dans une, dans trois que dans deux, dans quatre que dans trois…. oui mais une foule n’a jamais rien créé. Alors qu’est ce qu’on fait maintenant?
    Pour ma part, essayer de faire en sorte qu’en 2065 l’énergie utilisée dans l’agriculture soit 100% solaire, pour résoudre un simple problème d’intendance thermodynamique.

  9. Il y a eu maldonne : la foule a défilé pour la liberté d’expression et en hommage aux victimes, les gouvernants pour la répression, opportunément celle du terrorisme. Je ne sais pas pour vous, mais moi, voir des soldats armés à chaque coin de rue ne me sécurise pas : ça me rappelle juste l’ex-RDA. Si on en vient à ça, les terroristes auront gagné, en effet, ils auront bel et bien tué la démocratie (déjà assez branlante).

    Lu ce jour une intéressante interview de Boris Cyrulnik.

    Sil faut un nouveau cadre, et si les pouvoirs nous laissent le mettre en place, ce sont les individus qui composent la foule qui devraient le définir, y compris les musulmans et les jeunes hommes en colère des banlieues, pas de nouveaux dirigeants qui l’imposeraient d’en haut.

    1. C’est la même méthode. Freud disait les mots désignent des choses au début, puis des choses qui ne sont pas là et c’est la fonction du symbole, et enfin ils finissent par ne plus rien désigner du réel. comment inventer des vérités et des réalités en quelque sorte.

      En 1905, la laïcité française a réglé les guerres entre chrétiens, entre citoyens de culture chrétienne. En parallèle et de concert la France jouissait de l’affaire Dreyfus.
      Je ne sais pas, mais peut-être avions-nous demandé aux français de confession juive d’abandonner cette croyance qu’ils sont juifs de naissance par la mère pour devenir de vrais français laïcs ? Faudrait consulter les caricatures.

      La laïcité française n’était pas concernée par une des deux autres religions monothéistes, les juifs de nationalité française, ni par la troisième pratiquée par des indigènes sous protectorat français (pas français). Jusqu’où pour les premiers ? Jusqu’aux étoiles.

      En 2015, en pleine mondialisation financière fulgurante installant des communautarismes multiples (nommés officiellement comme tels désormais) n’accordant aucune possibilité d’adaptation, la laïcité française a réglé les guerres entre citoyens de culture chrétienne.
      en réfutant le communautarisme pour mieux laisser se créer des ghettos confessionnels, pour les plus nombreux abandonnés à des maffias qui écoule tranquillement ses marchandises interdites en imposant une terreur hors sol, Quant aux français de confession juive de nouveaux ils ont peur, ils sont tués. Mais quand même, eux, après la Shoah, ils ont compris, ils sont laïcs. Français.

      Je sais de source sûre (caricatures) que la la laïcité à la française demande aux français de culture musulmane de tuer le messager, un prophète. On est chez nous, merde alors ! Laïc un jour, laïc toujours et pis c’est tout .
      En parallèle la France jouit de l’affaire « Charlie ». Jusqu’où ? Une carte d’identité premium pour les laïcs à la française de culture chrétienne ? Ou en 2015 une puce, french tech oblige.

      La France (laïque) tu l’aimes ou tu la quittes.On est chez nous. Convertissez-vous à la laïcité, soyez raisonnables. De toutes façons les murs ont des oreilles partout, vous ne pourrez pas nous rouler dans la farine. Zemmour a fait caca partout. Et ça pue l’union, sacrée.

      Combien de morts par « l’islamo » fascisme sur notre territoire en 30 ans ?
      Combien de morts par la maffia sur notre sol en 30 ans ?

      Puisqu’il semble que le fascisme ait en 2015 une unique origine religieuse, quelle peut être celle de la « maffia fasciste » ‘(attendu son terrorisme, elle est fasciste) ? Quel dieu pour quelle religion féroce qui ne dit pas son nom ? En tout cas elle est laïque puisqu’elle ne vient jamais nous imposer ses textes sacrés, ses prophètes, ses racines ni entamer notre liberté d’expression, elle. Faudrait être complètement crétin pour lui demander des preuves de l’existence de son dieu puisqu’il est , l’argent., et qu’il est en ses paradis.

      Juan Sur la seule démocratie, j’ai tendance à penser qu’une démocratie « aboutie » et facilement viable nécessite une population et un territoire restreints.

      Donc, en 2015, un entre-soi, a priori confessionnel. Un peu à l’image d’Israël ? Qui gouverne Israël aujourd’hui, en 2015 ? Netanyaou Lieberman qui veulent faire basculer l’Etat juif et démocratique des pères fondateurs en Etat-nation du peuple juif, après un vote démocratique évidemment : ça fait envie, 2015.

      Sous couvert d’anti-racisme, d’anti antisémistme et de laïcité, de nouveau nous racialisons les religions. Il me semble.

      D’autres pères fondateurs, en 2015, Fournier, Gébé, Choron, Cavanna , Dumont, et le caricaturiste Coluche plus tous les autres auraient préféré se faire hara kiri la gueule ouverte plutôt que de participer à ce dérapage en plein grand tournant.

      Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas juive, je ne suis pas musulmane, je ne suis pas chrétienne, je ne suis pas laïque, je ne suis pas française. Je suis, humaine.

      1. Le fascisme, ce n’est ni l’Islam, ni la laïcité, ni Israël. Plus qu’une idéologie, c’est avant tout un pouvoir qui s’impose par force et terreur. Çà peut utiliser n’importe quelle idéologie pour manipuler les foules, ça transcende toutes religions, toutes cultures et toutes ethnies. Le fascisme aussi est humain, aussi horrible que cela soit de le dire : c’est une « volonté de puissance ».

        L’intégrisme, le djihadisme, est une forme de fascisme qui utilise l’Islam comme prétexte, et les musulmans en sont les premières victimes. Pendant que la France enterrait ses dix-sept morts, avec les honneurs du gratin international, Boko Haram en a fait deux mille au Nigéria, dans l’indifférence quasi générale. Et maintenant, après les derniers discours du gouvernement aux accents de chasse aux sorcières, je crains, mais réellement, qu’on ne confonde en France lutte contre le terrorisme avec chasse aux musulmans. Aux musulmans pauvres, en priorité. La France est-elle prête pour un fascisme à base d’idéologie sécuritaire, ou laïque? Aux français de répondre, à eux de s’y opposer.

      2. On ne se quitte plus !

        Sur la citation que vous avez reprise quant à la démocratie aboutie , je vais tenter d’expliciter puisque ça semble nécessaire :

        Oui la démocratie  » aboutie » me semble à ce jour encore réservée à une population et à un territoire restreints . Je ne comprends pas pourquoi vous traduisez aussitôt territoire = état et population = peuple  » homogène » . Si vous avez le courage de remonter dans mes écrits plus anciens ( moi je ne l’ai pas et ne saurais d’ailleurs plus où chercher rapidement dans ce fouillis) , vous retrouveriez que , selon moi , ce territoire est plutôt la commune et la population de moins de 5000 habitants , car c’est à peu près à ce niveau maxi que l’on peut encore recueillir l’expression des désirs et compétences , les mettre en forme par des règles et des projets dans le réel , et surtout les contrôler et les corriger de façon réactive . C’est bien parce que c’est là le bon niveau « humain » ( désirer , comprendre ,créer , exprimer , « peser » , choisir , »s’engager » , organiser , agir , contrôler , recommencer ) que c’est le niveau démocratique le plus sur .( Un blog n’est pas un espace démocratique abouti selon cette conception , d’ailleurs ).

        Mais la multiplicité des millions de communes démocratiques , en dépit des tentatives doctrinales anarchistes pour passer de la commune à la planète , ne fait pas une démocratie mondiale ( évoquée par d’autres) , car , s’il y a un territoire mondial , il n’y a pas encore de peuple mondial .

        Je vous rejoins pour dire que ça n’est pas une religion associée à un territoire , via le peuple embrigadé , qui fait le bonheur : ça ne fait que la guerre éternelle , avec « l’espoir » de l’extermination de l’autre .

        C’est aussi parce que je suis simple humain que je n’attends que de la Loi humaine , et d’aucune autre . Humain , très humain …

        Et les conditions de cette loi humaine supportable et utile ,à tous niveaux , restent encore :

        Liberté ( dont cultes sous la protection laïque) , Egalité , Fraternité étendue au vivant .

        Le plus difficile est d’être à la hauteur , dans le réel , de ce que ces trois mots contiennent d’enjeux anciens , nouveaux , permanents .

      3. @AlainV
        Merci pour ce lien.
        Ce texte ne pourrait-il pas servir de base à notre réflexion collective ?
        Pour en faire la critique si d’aucun le trouve critiquable.
        Pour mesurer l’écart entre ce qu’il décrit et ce qui se fait dans notre république laïque.

      4. @Alain V

        Alain (l’autre, Emile Chartier) fait sobre : « Laïcité : aucune opinion n’est sacrée. »

        Et une autre, pour la route (c’est ma tournée) : « Philosopher c’est apprendre que la réponse n’est pas dans le cahier du maître. »

      5. @AlainV

        Il ne s’agit pas de la laïcité telle qu’elle devait être. Il s’agit d’envisager la laïcité telle qu’elle est.
        Les français de confession juive : la communauté juive, les français de confession musulmane : la communauté musulmane, les français de confession catholique : la communauté catholique etc…..

        Ce ne sont pas des raccourcis. Ce sont des mots qui ont traduit des divisons transformées en ruptures aujourd’hui effectives entre communautés établies et représentées comme telles, le tout en affirmant que toute « racine » est l’authentique, donc légitime donc identitaire.

        Contrat, dit Jean Jacques Rousseau, de chacun avec tous et de tous avec chacun. Contrat donc universaliste qui fonde la loi horizontale, la loi par laquelle nous définissons non plus une communauté ou un communautarisme fondé sur le ciment que représente un particularisme obligé, une religion, des us et coutumes.

        Notre laïcité est désormais fondée sur des communautés représentant des particularismes obligés, des religions des us et coutumes, qui plus est glorifiés et hiérarchisés socialement. Chacun ses souches, chacun ses racines, chacun entre soi et chez soi..

        Notre laïcité à la française affiche une même dérive en 2015 que notre démocratie, nos élections, notre école, …. La brandir telle qu’elle n’est pas pour mieux occulter ce qu’elle est, pour faire ordre me semble relever de la manipulation ou de l’illusion, principalement en récupérant une union nationale improvisée pour se déclarer officiellement en guerre sur son nom.

        Il est demandé aux français de confession musulmane, plus précisément aux plus démunis et vivants dans des ghettos communautaires et sociaux actés et nommés zones de non droit, de revisiter leur lecture du Coran (l’ont-ils lu ?) pour abandonner de fausses croyances au nom de la vérité des textes, de la raison, du droit et du vivre ensemble, sur un territoire lui-même exclu de la raison du droit et du vivre ensemble, quand la France de 2015 elle refuse de visiter sa lecture du réel pour respecter la raison des textes de la laïcité.

        Il est mince alors le fil entre adaptation et conversion forcée, entre pédagogie et prosélytisme démocratique, entre caricatures et humiliations débridées.

        Nous sommes loin, très loin de l’indépendance, de la laïcité et de l’émancipation.

      6. @Agnès
        après les derniers discours du gouvernement aux accents de chasse aux sorcières, je crains, mais réellement, qu’on ne confonde en France lutte contre le terrorisme avec chasse aux musulmans. Aux musulmans pauvres, en priorité.

        Comment se déclarer en guerre en braillant même pas peur pour évoquer la peur et mieux la distiller ? Un ennemi intérieur et son odeur persistante de haine et de vengeance qui couvre un possible parfum d’amour et de justice. Oui, une version 2015 des « ratonnades » du passé pendant les tensions de guerre.

        Attentat des bouchers en Australie le 15.12.2014 : 2 morts
        Extermination d’enfants au Pakistan par des bouchers le 16.12.2014 : 141 morts dont 137 enfants dépecés brûlés, explosés.
        Attentats de Paris par des bouchers le 07/08/2015 : 17 morts
        Exterminations de 16 villages au Nigeria par des bouchers le 08/01/2015 : 2000 morts annoncées, enfants femmes hommes vieillards, dépecés brûlés, explosés.

        Comme un monument à la mémoire de toutes leurs et nos conneries ambiantes. Géo-realpolitique ça s’appelle.

      7. @baleine :

        La laïcité , c’est pour moi le sourire de ma mère ( j’y ai associé celui de Cabu ) : il ne disait pas ce qu’il fallait faire ou que l’on devait faire , il laissait à chacun et à tous la responsabilité de ses actes .

        Mais il disait comment le faire et en partie pourquoi le faire .

        C’est parce que je suis humain que je suis laïc .

      8. Je remets ça aussi ici :

        http://www.pauljorion.com/blog/2015/01/06/balises-du-mouvement-tout-autre-chose/#comment-539976

        PS : parmi tous les dessins pondus ces derniers jours , celui dans lequel je me suis le plus retrouvé , représente le petit prince de saint ex ,sur sa petite planète , et qui demande à Cabu qui est à côté de lui :  » s’il te plait , dessine moi un monde meilleur « .

        C’est encore saint ex qui écrivait dans le même petit prince : » l’avenir , tu n’as pas à le prévoir , mais à le permettre  » .

      1. Juan
        C’est parce que je suis humain que je suis laïc
        Communautarisme
        Ecoles confessionnelles privées financées par l’État et aujourd’hui privilégiées
        découpage des régions pour obtenir un début d’autonomie
        armée de métier
        financement politique
        Je continue ?

        En 2015 je pense qu’il est urgent de s’intéresser à l’esprit de la laïcité plus qu’au texte lui-même sans pour autant abandonner sa lecture attentive. Nouveau paradigme oblige ! « L’avenir, tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre ».

        Je suis, humaine.

        Merci Lucas.

      2. @baleine :

        Vous avez bien raison de présenter ces contre exemples de dérives contre la laïcité ( qui pour moi n’est ni un esprit sacré, ni un texte , encore moins un outil ) et qui ne font que confirmer sa pertinence . Y inclure la réforme territoriale est peut être exagéré , car le risque potentiel m’y semble plus une atteinte à la république et à notre constitution qu’à la laïcité .

        Votre liste peut par contre être complétée par pas mal d’autres illustrations , fonctions hospitalières par exemple , sur lesquelles la parole des aides soignantes entre autres pourrait être aussi recueillie , puisque les temps sont à la parole . Ou bien encore sur les milices privées .
        La justice a encore échappé au désastre .

        Ne m’accablez pas de paradigmes , là où je n’ai que ma cervelle et l’épreuve .

  10. Bonsoir

    Personnellement je préfère de voir une foule de 2 millions de personne défiler devant L’Élysée sans un mot , en paix , de peur de provoquer quelque chose d’irrémédiable et surtout en ayant rien a foutre du défilé d’homme d’état.

    Que une foule de 2 millions de personnes en FURIE saccageant l’Élysée….

    les politiques étaient ( blanc comme un linge )

  11. Effectivement si l’on considère déjà que la foule ne rentre pas dans le bloc opératoire et si on imagine les modes de pensée voire points de vue du chirurgien qui opère et doit réussir entre les longs moments où il opère et le compte rendu dicté, et la communication médicale destinée aux collègues et ou étudiants voire aux médias ou actionnaires (exemple: coeur artificiel) il y a déjà beaucoup de place pour la liberté de la presse et pour l’invention d’autres opérations ou d’autres modes de vie si on n’a déjà simplement que la chance de s’en être sorti encore vivant.

  12. Daladier aurait dit en revenant de Munich regardant la foule l’applaudir » ah s’ils savaient ce qu’il s’est passé et va se passer » ou quelque chose d’approchant, on peut assurément répéter aujourd’hui les mêmes mots , et on peut aussi les retourner à leur émetteur, et la face du monde etc…

  13. Merci Pascal.
    Votre billet invité, comme ceux d’Annie Cynsiger (la grande récup) et votre précédent (j’y suis allé…) ont su mettre des mots sur ce que je n‘ai pas su ou pu dire.
    J’étais à la manif et je me suis senti très triste et en retrait – rien ne pouvait compenser car je n’arrivais à me sentir en phase, je marchais à côté, pas complètement avec. Pas plus que Pascal je n’arrivais à applaudir. Moi, je marchais comme on marche à un enterrement et je revivais l’insupportable choc de ces assassinats gratuits, des gens de Charlie, des policiers sans défense et des Français de confession juive, comme dans un pogrom en fait, en 2015 ! Un cauchemar donc (une expression utilisée par Paul Jorion). Je ne dis pas qu’il ne fallait pas descendre dans la rue, ni que ces foules auxquelles je me suis joint avait « tort », non, comme le dit si bien Annie Cynsiger la récupération m’a révulsé et comme pour Pascal, une foule, en elle-même, ne me rend pas euphorique, sauf « structurée » par un esprit de revendication ou… de révolution.
    Une de mes amis, Timiota, m’a fait remarquer qu’une explication à mon désarroi actuel était aussi dû à la perte des mes « invariants » de ma jeunesse, (penser au Monde d’hier, de S. Zweig). Un monde pas « mieux » certes, mais après une sorte d’entracte de 30/40 ans retombé dans la folie de niveau quasi psychopathique des violences extrêmes et des inégalités extravagantes, les deux ayant des liens profonds.

    Mais dans cette manif, il y avait aussi des gamins joyeux qui criaient « je suis Charlie » et bien sûr je ne leur en fais aucun reproche (ça fait du bien la gaieté des enfants !), ni même à leurs parents qui voulaient leur faire vivre un jour historique et graver dans leur mémoire l’importance de la liberté d’expression. Mais ce contraste entre des gens assez détendus, certains se photographiant avec leurs petites pancartes, leurs enfants criant joyeusement ce slogan (si limité !) était trop difficile à vivre pour moi et je suis parti. Ce n’est pas facile de ne pas adhérer à une certaine unanimité comme celle montrée dans des foules immenses quand par ailleurs il semblait que dans la minorité des non-adhérents il y a des gens abjects, des complotistes ou même tout simplement des cerveaux lavés, prêts à tout justifier au nom de telle ou telle religion.
    Heureusement des voix, ici même dans ces billets, me montrent que je ne suis plus seul à éprouver ce que j’ai éprouvé, un malaise dû à une « sommation » comme le dit Frédéric Lordon dans son dernier article qui analyse parfaitement ce qu’il en est…

    1. je veux dire  » que dans la minorité, il semblait qu’il N’ y aurait eu QUE des gens… désolé pour avoir été trop rapide dans mon écrit.

      1. Plutôt que de parler de « liberté d’expression », il serait sans doute plus juste de parler de « liberté d’expression orientée pour servir les intérêts des puissants » (en tapant sur les faibles).

    2. D’accord aussi avec Lordon:

      l’histoire réelle qui s’annonce a vraiment une sale gueule. Si nous voulons avoir quelque chance de nous la réapproprier, passé le temps du deuil, il faudra songer à sortir de l’hébétude et à refaire de la politique. Mais pour de bon.

    3. Je ne suis pas sorti dimanche, craignant la sensation de gêne que vous évoquez.
      J’ai préféré rester à la maison avec mes deux garçons de 18 et 21 ans. J’ai ressorti des cartons mes vieux numéros de Charlie-Hebdo et nous avons parlé de caricatures, de religions, de l’islam, des guerres au Moyen-Orient et en Afrique.

  14. Dans le cycle Fondation, Isaac Asimov avait créé la science de la « psychohistoire », science qui considère qu’il existe une constance dans le temps quant aux réactions d’une société humaine dans son ensemble face à une situation sociétale donnée. Ce qui permet alors de prédire l’avenir d’une société uniquement par l’utilisation des mathématiques.

    A la périphérie d’une telle science se trouve la manipulation des masses, en générant un événement marquant qui provoquera une réaction conséquente de la population.

    Si l’objectif des extrémistes islamiques était de relancer la guerre des civilisations en Occident, il semblerait qu’ils soient là en échec : les manifestations du week-end montrent que la population ne réagit pas dans ce sens, globalement. Leurs équations ne sont pas encore fiables, heureusement.

  15. Ben c’est curieux personne ne parle de « dynamique d’affect ». Il me semble que c’est l’élément d’où l’on voit le mieux passer le film, sans qu’on puisse produire le prochain épisode.
    Et dans ce film, les grands mots (« fraternité », « république », ‘liberté d’expression ») se valorisent parce que nous comprenons que le lien tissé par le truc complexe appelé « dessin avec texte suggestif dit aussi caricature » est un lien à notre affect et qu’il a été touché gravissimement.
    Le « quoi faire » passe par « sur quel affect pouvons nous appuyer pour faire de nouveaux liens ». Le cadre, c’est l’émergence de nouveaux liens qui sont tissés assez serrés pour être « résilient », si je mets cela à la peinture Cyrulnik. En physique, on dirait qu’on met assez d’entropie pour que la casse implique beaucoup d’énergie. Quand vous tirez sur une étiquette scotchée, vous dépensez 100 fois l’énergie qu’il faudrait pour casser une à une les molécules qui relient l’étiquette au paquet, parce que vous débobinez pleins de molécules entre elles avant que ça casse quelque part, vous ne pouvez pas savoir à l’avance et tirer sur les points fragiles faute de savoir les identifier (grande entropie, = grande ignorance de l’état exact, mais grande résistance à une agression même très imprévue).
    Tisser des pratiques qui « retapent » la société, tel me semble l’enjeu. Ces pratiques peuvent passer par de la symbolique ou du rituel civique pendant un temps (dans les communes communistes, on a le toutim, baptême civil, etc., c’est un peu robespierriste même). La question d’intégrer la technique (notamment : rézo sociaux) est à méditer à nouveau frais. Dès lundi, j’entendais sur Franc Cul une journaliste suggérer de réinsérer les cours de dessin un peu partout, y compris sur le mode caricature, je vois pour ma part comment on peut le faire en sciences dures, sans pb. Et apprendre à l’oeil à deviner une proportion est un excellent exercice qui apprendrait la proportion. Et exercerait l’oeil. Le suivi qu’on fait les finlandais dans les méthodes d’apprentissage pourrait être mis à profit (travail d’équipe avec directives académiques très légères… la raison est peu avouable : après la crise de 1997 (due au voisin russe), ils ont dégraisser leur corps niveau inspection académique, et on mis en place une organisation « réticulée » des programmes, avec une coordination top-down ou bottom-up juste entre strates adjacentes, pas de centralisation colbertienne jusqu’au très craint Rectorat).
    Pour une forme de lien à retisser entre quartier, c’est souvent récupéré par des associations qui deviennent nolens volens orientées par leur survie plus que par le but recherché, ou à l’inverse, les retraités qui s’emm… dans les zones pavillonaires ont peur d’aller passer du temps dans un quartier voisin où leur simple humanité ne ferait pas de mal (pas « aider », pas de néocolonialisme…) . N »existe-t-il pas une taille de regroupement et un rituel qui rende cela riche et parlant aux affects ? En réunissant par quartiers, puis cantons et départements, on doit pouvoir trouver 10 bonnes idées à ce sujet, à budget modeste.
    Certes dans tout cela, nous luttons aussi contre l’attracteur consumériste, contre l’iconisateur télévisuel et autres hydres à écrans, etc. En fait d’épouvantail, il y a là aussi un retour sur la technique à faire pour passe du mode envahi au mode synergie.
    Charlie est la rentrée dans l’atmosphère des affects, à nous de piloter le planeur.

    1. erratchoum aussi j’ai écrit une de mes amis Timiota… on fatigue tous…
      J’adhère (avec entropie et sympatie 🙂 ) à ton commentaire… Dessiner devrait être un apprentissage de base aussi. Et aussi pour les liens à retisser, ce que disait également Pascal en conclusion de son 1er billet.

      1. Oui, je comprends aussi que tu te mettes sous la description de Lordon. Je vois de mon côté que, en mode « stratégie du choc », quelques petits éclats se faufileront entre les mailles du filet de la récupération…
        Quand à mon genre, j’avais choisi ce pseudo pour laisser l’ambiguité, avant de mieux connaitre les risques et limites de la nétiquette… La grammaire se charge de dévoiler.

  16. Je suis descendu garder ma rue dans l’ absolu veiller à ce que le sang n’ y coule pas . J’ ignore ce que j’ aurais fait si ça s’ était produit devant moi mais tout était calme , nul n’ opprimait l’ autre .

    La foule n’ était pas hostile , l’ odeur celle d’ un mélange de veillée mortuaire et de veillée d’ armes avec un peu de surprise de se voir si nombreux et d’ ennui de ne pas trop savoir ce qu’ on va pouvoir faire ensemble , la question flottait et c’ était rassurant que personne ne cherche à répondre tout de suite .

    Lancer un hashtag #jesuispauvre , créer une charte , comme en Belgique , en appeler zoresponsables politiques et aux irresponsables , fonder un mouvement , utiliser au mieux les ficelles de la com , gagner les élections , changer les lois. Fêter ça , chanter .

  17. Il me semble ici que les belges auraient quelque chose à apporter de l’expérience de ‘La Marche Blanche’ suite à l’affaire Dutroux.
    L’affaire en deux mots : des jeunes filles disparaissent et la police ne trouve rien. Soudain, on apprend, par la présence d’esprit d’un jeune homme, que le ravisseur qui opère une nouvelle fois est déjà le meurtrier de deux filles, copain avec un meurtrier de deux autres, et copain d’un homme bizarre, et que ce ravisseur est connu de la police des moeurs et dénoncé par un indicateur mais que des surveillances policières n’ont rien donné. Quatre meurtres, deux fillettes violées mais sauves, par hasard…
    En deux semaines, des manifs partout, qui incriminent par de nombreux symboles (laver la facade des palais de justice) police et justice; et cela débouche sur la Manif Blanche très importante en Belgique. Un comité citoyen, avec les parents d’enfants disparus) en a défini les règles : seule la couleur blanche, aucune revendication, unanimisme.
    Un effet symbolique : le gouvernement reçoit ces parents, le soir de la manif et fait des promesses de changement. Un autre : le Roi des Belges reçoit les politiques en conférence et dit : cela n’est pas acceptable (alors qu’eux restaient dans la dénégation).
    TRois effets manifestes : des hommes de l’opposition proposent au gouvernement une réforme globale des appareils police et justice. Une théorie du complot (ballets roses et ballets bleus…) apparait portée par de nombreux intellectuels, à des degrés divers. Enfin, des Comites blancs (citoyens) se créent un peu partout et permettent une parole émotive relative à la place de l’enfant dans la société ; pas grand chose0 de plus, délittage après quelques mois.
    Comparaison n’est pas raison. Mais ! En janvier 2015, la RECUPERATION est massive dans la manif, sinon avant. (L’épisode Nettanyahou et Hollande à la Synagogue me reste en travers de la gorge). La structuration citoyenne est quasi nulle. Il y a-t-il seulement une expression facilitée dans les transports et espaces publics ? J’en doute. Enfin, va-t-on vers des changements institutionnels liés aux erreurs ? Manifestement non, on va vers un appareil répressif accru.
    Pour répondre maintenant aux questions de l’article : Oui la foule est tombée 10x dans la récupération, aussi avec le ‘JE suis charlie’, la résurrection du journal de ce jour, etc., et des mesures de répression sécuritaire sont demandées et promises…
    Il ne faut pas demander l’unité dans la tête des gens, avant la manif, mais l’unité de projet, de mouvement, qui sort de la manif.  » Qui a la maîtrise de ce corps sans tête ?  » Mais personne ! Vals essaye de son côté, Marine le Pen de son côté.Nous n’avons rien produit ? Si, faites le tour de France des mairies et des manifs et demandez : des choses solidaires sont surement advenues. Symboliques surtout. Durables rarement. Mais. Espérons-le. et aidons les.

    1. …Il y a eu aussi une vague énorme de signatures pour le rétablissement de la peine de mort en Belgique avec cette affaire!
      Un peu de toilettage législatif, par exemple du code de procédure judiciaire dont la dernière retouche datait de 1865…
      La création de « Child Focus », un organisme réactif d’information sur les disparitions d’enfants ou adolescents…

      Si l’affaire Dutroux a été autre chose qu’une suite de faits divers tragiques, c’est en raison de l’impuissance des enquêtes, de la guerre des polices, de la gendarmerie alors encore un corps militaire qui faisait sa propre enquête à l’insu du ministre de tutelle. C’était une faillite de l’État! D’où une réforme des polices passablement incompréhensible de l’avis même des policiers à qui j’ai posé la question à quatre reprises.

      Je crains qu’il n’y ait aucune « expérience belge » utile ailleurs en cette affaire, en particulier aujourd’hui en France.

      Sauf la commission d’enquête parlementaire très surveillée et sérieuse, dont les débats de plusieurs semaines ont été télévisés, ce qui a permis une métabolisation de l’horreur dans la population? Peut-être.

    1. Merci pour le lien. Très intéressant. « Nous appréhendons un monde nouveau avec des idées révolues ». Il apparait donc que ce problème est mondial.

      Si seulement l’humanité pouvait l’appréhender au niveau mondial, plutôt que chacun dans son petit coin du monde, chacun tâchant de sauver ses propres intérêts et sa propre culture.

      1. Il y a eu aussi ça ( pardon si le lien a été déjà donné) , avec quoi je suis d’accord quant à l’appel à une communauté de vision mondiale , et en même temps en complet total désaccord pour ce qui est de confier l’union mondiale à une pensée religieuse quelque améliorée , « idéalisée » , qu’elle soit ( ce qui reste cependant bon à prendre au passage , parmi pas mal d’autres choses ou idées )

        http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html

        Philosophes , religieux , créateurs , artistes , ingénieurs , paysans , juristes ,administrateurs ,ouvriers , artisans , engagés temporels , on a besoin de vous tous pour revoir la copie !

        Pour ne pas laisser à la bourse ( ou à la BNS aujourd’hui ) les rênes du monde .

  18. Comment une population qui en est victime peut-elle prendre conscience qu’elle est soumise à un terrorisme d’État? Quelqu’un a-t-il ne serait-ce qu’un début d’embryon de réponse à cette question vitale?

    1. Par l’éducation, je crois. Plus la majorité d’une population (pas seulement les élites et une mince tranche de classe moyenne sup) est éduquée à l’histoire, à la philosophie, à la réflexion et à l’esprit critique depuis le plus jeune âge, plus elle devient difficile à manœuvrer.

      Vu l’état général de l’enseignement en Europe aujourd’hui, c’est mal parti. Prenons nos gosses en charge, apprenons leur ce qui ne fait pas partie du programme de l’Éducation nationale (enfin, si on arrive à les décoller de leurs tablettes!)

    2. Un Etat qui utilise la force pour asservir ses citoyens ou tenter d’asservir les États voisins est une chose si habituelle que c’est dans la plupart des cas la question inverse qui se pose:

      comment une population qui n’en a jamais connu peut-elle prendre conscience qu’un État qui soit au service de tous les citoyens et respectueux des autres États soit possible?

      La démocratie à l’anglaise, le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple, l’ideal de liberté égalité fraternité sont des utopies jamais vraiment réalisées. Nous sommes passés par le régime féodal, le roi de droit divin à côté desquels même le régime napoléonien ou la Restauration constituaient un réel progrès mais il reste vrai que beaucoup d’entre nous n’y croient pas encore vraiment.

      1. il reste vrai que beaucoup d’entre nous n’y croient pas encore vraiment.

        D’où les réactions résignées de la majorité des gens : « ç’a toujours été comme ça », « on ne peut rien y faire ». Ils ont bien conscience, mais ils baissent les bras. Le sentiment d’impuissance augmenté et confirmé par le renforcement de tout l’appareil répressif au moindre frémissement de la population ou de quelques éléments de celle-ci.

        Une foule aveugle se manœuvre, un petit groupe actif se réprime.

      2. @ Agnès – La liberté ne l’a jamais totalement emporté sur la soumission, ni l’égalité sur l’inégalité, ni la fraternité sur la haine mais l’histoire de l’humanité démontre que des progrès ont été possibles et qu’il ne s’agit pas du tout d’un pari stupide même si ça reste un pari.

  19. merci pour votre deuxième texte et surtout de m’avoir éclairé sur le second côté de la pièce qui est( peut être) en train de se jouer.

    J’admet que vous avez raisons:
    On ne peut affirmer que des foules qui se mettent à applaudir sans raisons individuelles, mais en raison des forces qu’exercent sur elles leur groupe d’appartenance, ne puissent évoluer vers des horizons obscures.

    Maintenant vous pointer la question de la « raison » qui ne peut orienter les foules ( le QI d’une foule est inversement proportionnel au nombre de participants ) vous avez je pense aussi raison. Cependant, Il faut aussi faire appel au QE ( quotient émotionnel) pour appréhender les capacités d’adaptation et d’évolution des individus. Et je perçois que le QE d’une foule est démultiplié par son nombre de participant: les émotions entre en résonance et se propagent de manière inter-individuelle.

    Et ici je pointe l’intuition de Timiota qui décrit l’importance de la dynamique d’affect dans le libre choix.

    Cela nous amène au cadre sociétal qui va permettre l’expression de cette dynamique d’affect. Quel choix avons nous dans une société Laïque? Et bien il y a l’art, le sport, la politique…mais aussi il semble logique vu l’importance du phénomène de n’a pas oublier: la religiosité.

    Notre culture nous oriente vers une société tournée vers l’individu, il est donc normal que de manière inconsciente l’humain se voie orienté vers des aspects transcendantales de l’existence.
    Si la religion est donc importante, il faut alors lui donner un cadre sociétal clair. Il serait donc alors intéressant de convoquer des états généraux pour laisser les partie en présente (athée compris…) organiser les règles de cette fonction sociétale permettant d’harmoniser les dynamique d’affect individuel et groupal.

  20. Le film « La Haine » est sorti en 1995 (il y a donc 20 ans)
    Déjà à l’époque on y voyait les prémisses de ce qui arrive aujourd’hui
    Avec la rencontre explosive de deux ingrédients
    D’un coté ce sentiment bien réel de dépossession de son avenir exprimé dans « La Haine » par toute une partie de notre population stigmatisée et privée d’avenir, et de l’autre cette vague de fascisme pseudo islamique qui semble tout balayer sur son passage et dont les interventions occidentales à répétition ont attisé la flamme.

    Entretemps, la mondialisation financière et internet ont supprimé les frontières, mettant en confrontation directe une société du XXIè siècle hyper individualiste, narcissique, et auto-destructrice, avec une société du XV ou XVIè siécle, obscurantiste, théocratique, et gavée de pétro-dollars

    Maintenant se pose – comme toujours – la question de savoir quelle société l’on veut, et quels sont les moyens que l’on se donne pour y parvenir.

    Vaste programme comme disait De Gaulle, et à écouter Boris Cyrulnik, (ou F. Lordon, ou d’autres) il n’est pas sur que cela ressemble à un fleuve tranquille

    « Fleuve paisible, rives fleuries. » (prov chinois)

    1. Faut-i également ajouter que;
      1- la classe politique n’est pas à la hauteur (quand elle n’est pas tout simplement aux ordres de la finance)
      2- Le système de nos pseudo démocraties fondées sur la délégation ne peut en aucun cas être l’instrument du changement

      « Donnez de l’argent, et bientôt vous aurez des fers. Ce mot de finance est un mot d’esclave, il est inconnu dans la cité. Dans un pays vraiment libre, les citoyens font tout avec leurs bras, et rien avec de l’argent ; loin de payer pour s’exempter de leurs devoirs, ils payeraient pour les remplir eux-mêmes….L’idée de Représentants est moderne : elle nous vient du gouvernement féodal… Dans les anciennes Républiques et même dans les Monarchies, jamais le peuple n’eut de représentants, on ne connaissait pas ce mot là ». Rousseau, Du Contrat social, (1762).

  21. Les « printemps arabes » ne sont pas nés de processus spontanés loin de là !! Idem en Ukraine plus récemment, tout ceci est planifié et orchestré, et maintenant de notoriété publique…

  22. Envoyer un porte-avions dans le golfe c’est comme vouloir éteindre un incendie avec une botte de paille

  23. Je suis un épicier casher… Un texte enfin rationnel et hors tabous (cad copernicien) sur cette affaire :
    http://www.huffingtonpost.fr/pascal-bruckner/je-suis-un-epicier-casher_b_6473344.html?utm_hp_ref=france
    C’est long : quelques extraits :
    1) Ces tueurs en mission ne sont pas que des « terroristes », ils ne sont pas seulement des « criminels », encore moins de simples «déséquilibrés». Ils sont des islamistes.
    2) Il s’agit de cette forme spécifique de guerre commise au nom de l’islam, visant à l’extermination ou à la réduction en esclavage de populations pour la seule raison de leur identité non musulmane. Ce n’est pas au jihad présenté complaisamment comme une ascèse spirituelle que nous avons affaire.
    3) La haine du Juif accompagne désormais la haine d’Israël. Que cette vieille haine s’habille des atours supposés progressistes de l’antisionisme ne change rien à l’affaire. Le déni idéologique de cette réalité constitue l’autre face de ce désastre de la pensée. Le propalestinisme victimaire et obsessionnel d’une partie de la gauche et de l’extrême gauche a aussi nourri la haine des Juifs.
    4) La confusion est à son comble quand, au nom de l’antiracisme, certains (1) attribuent la responsabilité première des crimes islamistes comme une réaction au climat d’«islamophobie » censé être suscité et entretenu par certains intellectuels et écrivains. Tout ceci ne serait pas arrivé, nous dit-on, si Finkielkraut, Zemmour et Houellebecq n’avaient pas écrit…

    (1) Hadrien dixit : Y compris sur ce forum

    1. Tss tss, pas que Bruckner :

      Ce billet est à la fois signé de :
      • Georges Bensoussan (historien),
      • Pascal Bruckner (écrivain),
      • Pierre André Taguieff (philosophe, historien),
      • Jacques Tarnero (essayiste-documentariste),
      • Michèle Tribalat (démographe)

    2. J’ai rêvé ou il m’a semblé que Paul Jorion incriminait Finkielkraut, Zemmour et Houellebecq (ou Onfray ?)

      Alors il faudrait savoir si ces gens là :
      1 allument le feu,
      2 se contentent de souffler sur des braises
      3 ou s’ils n’intéressent qu’un petit cercle de petits bourgeois, blancs, lettrés, et que l’essentiel se passe ailleurs

      1. Petit magicien le second, au lieu d’utiliser un terme aussi rance que « blanc » (une nouvelle catégorie de l’analyse politique, et on ne m’a pas prévenu!? Sans doute est-ce tendance?) surtout accolé à « petit bourgeois » -là ça sent la liquidation de classe en marche au nom du Bien- peut-être serais-tu avisé de lire un Gaston Kelman ou pourquoi pas et sans esprit de paradoxe un Jean Genet, mettons « Pompe Funèbre », parce que finalement être traitre à tout pourrait bien être la seule façon d’échapper à l’assignation identitaire qui à l’air de tenir lieu de pensée à beaucoup. A force de cinglerie confusionnelle, même un Pascal Bruckner -qui en profite remarque-le pour nous glisser sa petite musique : critique de la politique d’Israël = gross antisémitismus!!-nous semble plein de pertinence. Et il n’en manque pas ici le bougre.

      2. Vient de lire le papier signé Bruckner et consorts… Plus que décevant -c’est avouer que sa clarté suscite un espoir- mais toujours le même défaut d’un indéfectible soutient à Isaraël quelle que soit sa politique; donc rien sur le quotidien de la situation coloniale là-bas (si vous avec un autre nom pour désigner les annexions territoriales et les installations de colons, je suis preneur)… Mais impec sur la nature des crimes islamistes et leur qualification.

      3. @Jicé
        Dans petit bourgeois blanc éduqué.. je m’inclus naturellement.
        N’étant pas sociologue on pourrait aussi dire « bobo », « intello », …bref tous ceux dont l’habitus est plutôt à rechercher du coté de chez Bourdieu plutôt que du coté de chez Joe Star
        Mais peu importe
        Il y a une guerre à nos portes (aux dernières nouvelles en Belgique…)

      4. Houllebecq interviewé par Pujadas sur France2 par Pujadas, la veille de l’attentat, c’est un méga haut parleur offert à l’écrivain qui se revendique littérairement irresponsable. Je dirais irresponsable tout court. Tout comme son interviewer et la chaîne de télévision qui l’emploie.

    3. il ne faut bien sûr pas assimiler tous les musulmans à des terroristes
      Nous voilà rassurés !
      HUM, l’article lance juste une sommation aux français de confession musulmane : vous êtes avec nous ou contre nous. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Effectivement, c’est exactement la rhétorique NEO’Con et ses conséquences désastreuses, et les auteurs de l’article ne s’en cachent même pas. Quant aux ressorts socio-politiques, financiers, du terrorisme, cela n’existe pas, aucune mention. L’épisode bushien c »est comme cela n’avait jamais existé. Cet article est tout simplement affligeant.

      1. La petite fiole d’armes de destruction massive, c’est déjà pris.
        Par quoi Vals va-t-il la remplacer ? Comment va-t-il matérialiser le bien, le mal, la laïcité ?
        Patience, c’est le début de l’histoire, les publicitaires sont au goudron.

    1. J’ai lu .

      Important .

      C’est ce à quoi je pensais en écrivant dans le billet précédent que l’on s’était contenté d »e se satisfaire de l’économie de la drogue , et d’envoyer les enseignants au casse pipes qui sauraient bien trouvé les bons mots et les bonnes méthodes ».

      Ou en affirmant que, même avec des améliorations fortes dans l’art d’éduquer à la république ( et à l’égalité homme/femme) , tout sera vain s’il n’y a pas contrat républicain rénové global .

      Et dans contrat républicain , il y a budget , fiscalité , système monétaire , justice mondiale dans le partage de la richesse , comme , sinon le nerf , mais le support, de la seule vraie guerre qui compte : celle contre la faim , la misère ,les peurs , l’ignorance , les oukases de tous types ,les forces conservatrices ou sectaires .

  24. La foule n’est-elle pas l’expression d’une pensée paresseuse (expression de Cyrulnik), d’une pensée qui se contente vite de ce que les média offrent à penser ?

    Tous ces gens sont ensemble apparemment mais ils sont seuls ensemble, en vérité. Ils ont l’illusion d’être ensemble. Cette illusion les rassure face à un danger devenu évident. Ils font preuve d’ « esprit de corps » comme on dit dans les entreprises visant le profit maximum.

    Entrer dans cette foule, oui peut être, mais le plus possible à contre-courant en faisant l’effort de réfléchir, de ne pas se laisser conduire par une pensée paresseuse.

    Aiguiser sans cesse son libre-arbitre, cette remise en question de la pensée automatique ou paresseuse qui apparaît à notre conscience, c’est, je pense, la seule voie à suivre pour construire un monde meilleur autour de soi.

  25. Je ne me suis jamais senti vraiment français. Bon, j’ai des repères que m’a donné mon pays, mais comme j’ai dû me battre avec pour me faire une place, j’y vois plus des obstacles à franchir, avec lesquels il faut composer.

    Et je me dis que finalement, ce n’est pas plus mal: l’adversité que m’a offert mon parcours social me permet de voir notre façon de concevoir nos idéaux avec une certaine circonspection.

    Du coup j’avoue aujourd’hui être soulagé de ne pas me sentir concerné par l’engouement Charlie Hebdo. Et constater comme fait Le Monde que les nouvelles publications du prophète suscitent la colère du Moyen Orient, ça ressemble à mes yeux à du badinage révoltant: comme si c’était surprenant…

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