Une Pax laica d’urgence, par Ioana-Noemy Toma

Billet invité.

On a entendu bien des opinions concernant la liberté d’expression et ses limites, exprimées après les horribles attentats de Paris de ce mois de janvier.

Tandis que les urgences humanitaires ne cessent de croître, il semble que le futile s’insinue dans les débats. La majorité semble ignorer un cheval de Troie des plus anciens dans la cité humaine : le mythe surnaturel (contrairement aux affirmations, il n’est pas né une fois avec les premiers humains, mais des dizaines de milliers d’années plus tard). Malgrè l’évolution de la connaissance humaine, on tarde à tort à classer la religion pour ce qu’elle est en réalité, à savoir un accident de l’imagination humaine, facilement demystifiable et corrigeable, ayant sa place dans les archives de l’histoire humaine et non pas dans les préoccupations journalières d’une société humaine éclairée.

L’humanité laisse à tort un mythe aliénant proliférer, par une tolérance imprudente et hypocrite, sous la trompeuse apparence de « liberté » individuelle et de séparation de l’institution étatique. Et ce mythe continue à produire maintes blessures, de l’enchantement passif jusqu’au fanatisme terroriste. Au lieu de soigner au plus vite, on respecte ou on moque une atteinte à la conscience humaine qui crée bien des monstres et des tyrannies. Le malentendu devrait être résolu en connaissance de cause.

Individuellement, il faut reconnaître l’affection psychologique qui se cache derrière les religions, à savoir des hallucinations appelées « innocemment » visions, des idées absurdes, offensant la raison commune, et une dévotion inconditionnelle à des dieux-mythes, en fait des inventions humaines, ayant le potentiel d’éloigner la conscience humaine des réalités terrestres et de susciter une haine ignorante vis-à-vis de ce monde. Cette affection, la mythose, est pourtant traitable cognitivement et culturellement par l’éducation à l’Univers et à la société humaine de ceux qui se sont habitués plus ou moins à déformer leur perception du monde par l’illusion du surnaturel.

Les preuves scientifiques, technologiques, historiques etc. sont plus que suffisantes pour redonner la dignité aux êtres humains, les désenchanter et les libérer d’un esclavage honteux, pour qu’ils puissent mieux trouver leur place dans la grande famille des Homines Sapientes.

À côté de la prise de conscience individuelle vient l’engagement de la responsabilité des nations, pour arrêter la fraude de la « liberté religieuse », créatrice de malentendus et de corruption. Pour cela, il faut corriger d’abord les droits nationaux et la Déclaration Universelle des Droits Humains, en remplaçant l’illusoire liberté religieuse par la vraie liberté de la conscience humaine. C’est la raison, et non pas la superstition, qui doit être le facteur unissant les humains, tous enfants et citoyens de la Terre.

Une convention internationale « du désenchantement » / du rationalisme devra stopper le vrai blasphème, celui contre la dignité humaine et la protéger contre toute autre mystification. Une entente rationnelle renforcera la société humaine dans son ensemble, pour mieux résoudre les problèmes terrestres réels. 

On ne demande pas une annulation des cultures, mais une évolution en conformité avec le stade supérieur de connaissance auquel l’humanité est arrivée par ses propres moyens, sans l’intercession d’aucune puissance surnaturelle.

Les églises pourront se transformer en associations de culture et d’assistance sociale, qui forgent leur solidarité sur le fondement plus fort des vérités généralement acceptées.

La Pax Laica, seule à pouvoir apaiser les conflits religieux pour toujours, est à la portée de l’humanité éclairée. Proclamons-la avant que d’autres sacrifices n’aient lieu. Les démunis de cette planète, qui attendent la générosité de leurs frères plus forts, et le développement durable méritent plus d’attention que quelques disputes absurdes.

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184 réflexions sur « Une Pax laica d’urgence, par Ioana-Noemy Toma »

  1. Le respect de la dignité humaine ne passe pas par l’intolérante présentation des religions comme « affections psychologiques. »C ‘est triste d’écrire une chose pareille,  » affection psychologique ».

    Le pire des mythes est celui de prétendre savoir , voir tout savoir .Pour un avenir meilleur , il faudrait comprendre que la tolérance passe par l’humilité .La tolérance vaut aussi pour les atés.

    La soit disante paix laïca proposé sur ce blog est une forme de paix romaine , ceux qui la ferment seront les bienvenus , ceux qui l’ouvriraient sur leur croyance seraient considérés comme déviants.Avec pour projet de remplacer la croix par l’internement?

    1. Allo ?! atés où ?

      Laïcité n’est pas athéisme .

      Par contre , il me semble avoir entendu récemment sur les ondes que l’émir d’Arabie saoudite ,a prévu de décréter tous les athées terroristes pour … se prémunir du retour at home de ses propres djihadistes

      Pour les laïcs , on ne précisait pas s’il envisageait de leur imposer la conversion à l’islam . Enfin , le sien .

      1. Parler de laïcitÄ— tout en décrivant la religion comme une affection psychologique permet de dÄ—duire que l’auteure est plus athée que laïque .
        Tout comme certains se servent des religions pour arriver à leur fin …d’autres aimeraient se servir de la laïcité .

      2. Parler de laïcitÄ— tout en décrivant la religion comme une affection psychologique permet de dÄ—duire que l’auteure est plus athée que laïque .
        Tout comme certains se servent des religions pour arriver à leur fin …d’autres aimeraient se servir de la laïcité .

        Je reposte juste pour vérifier si mon commentaire est en attente de modération., ou en attente de dissimulation de la véritÄ—.
        Au cas où, il faut savoir partir en essuyant ses pieds.

      3. C’st bien pour ça que j’ai souligné la différence .

        Remarque faite qu’il y a des laïcs athées , ce qui est mon cas , et que c’est la laïcité qui me permet de cohabiter avec « l’autre » sans chercher à avoir « raison » de lui . Pourvu qu’il en fasse autant .

        Dans la laïcité .

      4. Moi qui pensai que c’est la tolérance qui permet de cohabiter avec l’autre.
        Probablement qu’il y a une faute de frappe au fronton des mairies :liberté , égalité , laïcité…

        🙂

      5. La tolérance est un concept à géométrie très variable .

        La cohabitation , c’est la loi républicaine qui la permet .

        D’où l’importance de ne pas la brader au marché et aux jeux financiers .

    2. Allons ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, la laïcité est fondamentalement incroyante, c’est même sa nature propre, sa beauté et sa force, dire qu’elle est neutre, c’est le minimum syndicale obligé pour éviter la confrontation ouverte avec Médor !
      Mais celui qui regarde comment elle fonctionne et d’où elle est patiemment venue, ce très long chemin parcouru, voit immédiatement en elle, ce formidable outil de destruction massif des religions révélées dominantes et de tout leur cirque habituel en leur refusant le droit de cité dans le domaine de la chose Publique !

      En clair et très simplement, c’est : « Couché ! A la niche ! ( remplacer selon les besoins par à la synagogue, à l’église, au temple, à la mosquée !)  » Technique de dressage efficace.

      1. par le petit bout, par le petit bout de la lorgnette …….
         » tu causes , tu causes … » disait queneau

      2. C’est clair !

        Mais peut on faire autrement avec ce genre de toutou ?

        ‘If you insult my mother you can expect a punch.' »

        C’est pas Tyson, qui dit ça, mais le Pape, il y a 5 ou 6 jours.

    1. Pour l’empereur Hadrien , déjà cité , les chrétiens et pas mal d’autres étaient une secte . Il avait sans doute raison quand on lit leurs exigences dans les entrevues où ils les accueille .

      On notera que pour avoir la paix ( romaine mais pas que , car il était érudit d’enseignement des philosophes grecs , et ses nombreux voyages lui avaient  » appris le monde et les gens » ), il avait mis en œuvre une forme de laïcité ,qui l’avait conduit par exemple à faire reconstruire le Panthéon ( lieu pour tous les dieux ) à Rome .

      Mais il avait bien repéré que les emmerdes venaient toujours des dogmatiques , des spéculateurs qui déconnectaient la monnaie de la vraie richesse économique, des ignares , des psychopathes avides de pouvoir …

      Il a régné 20 ans , ce qui est rare à une époque où il valait mieux vérifier ce que l’on buvait

      J’ai la faiblesse de penser que si l’empire romain s’est effondré plus tard , ce n’est pas à cause de cet empereur là .Les théories ne manquent pas sur le sujet . Mais 2000 ans plus tard , c’est peut être pour des raisons sœurs que l’empire dollar s’écroulera .

      A moins que …Revoir A B C D

      1. Ouèche, un vrai non-dogmatique que ce gars très sympathique,

        La même année, Trajan repart en guerre contre les Daces et confie à Hadrien le commandement de la légion I Minervia40, stationnée non loin de Colonia Agrippinensis (Cologne).

        Cette deuxième campagne s’achève par le succès et la création de la Dacie comme province romaine. L’Histoire Auguste note qu’Hadrien s’est signalé par « un grand nombre d’actions d’éclat » ; il est effectivement décoré (dona militaria) par Trajan pour faits d’armes durant les deux expéditions…
        Bof, valait peut-être mieux pas être Sarmate pour apprécier l’humanité de l’HOMME.

        Quant à « l’effondrement de l’empire romain », lequel celui d’Occident? celui d’Orient?
        Il n’y a pas eu d’effondrement…tout se transforme.

      2. Votre lecture de l’histoire , réduite à Wikipédia et à la recherche sélective de  » preuves  » de l’inanité de système qui n’est pas celui de vos espérances , est la trace de votre confusion entre sarcasme et révolte saine .

        C’est étrangement un handicap que vous partagez avec Vigneron et Clo Clo .

  2. Pour les bouddhistes les Trois Piliers sont La Compassion, La Modération, L’Humilité……Vaste programme : à ranger dans les religions ? Une chose à laquelle je peux adhérer : la tolérance. Malraux disait <>. Merci pour l’occasion de m’en souvenir. Bonsoir

  3. Vous proposez un programme d’actions qui s’apparente à un combat, ou si ce mot paraît trop fort, à une lutte.
    Je suis d’accord sur le but: la laïcité, je suis d’accord avec les moyens: la Science, la Culture et la reconnaissance d’autrui.

    Mais je trouve dangereux de l’imposer.
    Seul, l’exemple que nous, laïcs et athées, représentons est valable. Le risque du viol des consciences est trop élevé. Il faut « agir » dans ce domaine avec une très grande délicatesse.

    Trois interventions sur ce blog relatif à l’après Charlie
    ( http://www.pauljorion.com/blog/2015/01/21/catharsis-ou-tout-repressif-par-annie-cynsiger/ , http://www.pauljorion.com/blog/2015/01/21/trends-tendances-des-choses-qui-ne-vont-pas-de-soi-jeudi-15-janvier-2015/ , et la votre ) sont « interventionnistes ».
    Paul est même radical: « […] notre vie ensemble est tout simplement impossible. » Trop radical à mon opinion. Veut-il dire retour au pays d’origine, ou création de ghettos autarciques, ou bien apartheid ? En tout cas, il évoque une séparation ou un éloignement. C’est simplement impossible.

    Je ne me sens pas en accord avec ces 3 textes. Je n’ai pas de solutions – existent-t-elle seulement ? Mais j’ai l’intuition qu’elles ne sont pas de cet ordre.
    Comme l’a relevé chantalbanach ( http://www.pauljorion.com/blog/2015/01/20/et-si-le-moment-charlie-etait-beaucoup-plus-quune-marche-dun-jour-par-jean-paul-vignal/#comment-544855 ) une évolution dans ce domaine réclame du temps, plusieurs générations sans doute.
    Il est possible que ce délai soit insupportable, mais toute précipitation volontariste irait à l’encontre du but. Le fanatisme ne se combat pas avec ses armes. Et la Justice a assez de moyens quand la répression est nécessaire. Nous sommes une Société forte, capable de patience, n’en doutons pas.
    La situation économique désastreuse, et le chômage induit, sont le principal obstacle à un action positive. Là est notre faiblesse qui rend d’ailleurs l’interventionnisme dérisoire.

    Je me permet d’ajouter un critère au but que nous visons:
    outre de vivre en paix, le « progrès » se mesurera bien assez par l’amélioration de la condition féminine.

  4. Voici ma réaction au texte avant d’avoir lu les commentaires:

    Le début est parfait, six paragraphes.
    D’accord, affirmer l’aliénation religieuse est un devoir de la conscience historique, que je ne nomme pas « éclairée », non merci, et la république laïque à force de s’adonner aux courbettes de la realpolitik et au business-über-alles a perdu une part de sa substantifique moelle, c’est certain.

    La suite du texte entre dans les préconisations et, à la fois, va trop vite, et est trop précis. Une convention internationale, mondiale? Ouh là là, les armées d’ambitieux qui s’y feront une niche! Un peu de modestie! On dirait l’écho de Jacques Attali plaidant pour un gouvernement mondial.

    Et l’usage des majuscules, à mon avis (nous sommes en français), doit être proscrit. Plus exactement, il est suspect, et personnellement, je ne souscris à aucun programme en majuscules. Les professionnels de la Laïcité, non merci. Les Donneurs de Leçons, non plus. Du gai savoir, assuré, modeste et rieur, oui. Une religion universelle, laïque et athée? Mon dieu! Buñuel disait: je suis athée, dieu merci.

    Mon questionnement est le suivant:
    Il n’est pas difficile, quoique insuffisamment partagé, de constater que la mythose dont parle l’auteure de ce billet est proprement un délire, la légende des commencements du monde que chaque peuple sur terre s’est un jour bricolée à une époque fort arriérée, c’est à dire très en arrière. Il n’est pas difficile non plus de refuser, pour ceux qui s’en souviennent, les guerres de religion auxquelles l’Europe a trop donné.
    C’est déjà moins aisé de montrer que la science et la conscience suffisent à établir la dignité de l’homo sapiens. Mais tout en attendant une bonne synthèse qui parlerait à l’universel, je peux accepter l’hypothèse.
    Où il me semble que les athées, dont je suis, les agnostiques et/ou les scientifiques, n’ont pas encore de résultat convaincant, c’est d’énoncer et de décrire, d’établir, la fonction trans-historique qui nous habite et nous traverse tous, peut-être au titre de matière vivante, ou d’être humain, qui est une loi de la condition humaine, et qui nous a valu, pour faire court, les religions, mais qui s’exerce tout aussi bien chez les mécréants ou esprits libres de tous temps, rebelles de toutes cultures avant qu’une relative laïcité ne s’installe ça et là, dans des territoires encore réduits. Quel est le fondement de la religion qui me travaille et me traverse, moi athée, autant que n’importe quel autre être humain? En quoi cette fonction trans-historique que je postule, me nourrit-elle et me stimule-t-elle, comment me rend-t-elle plus vivant? À quels abandons, aussi, me pousserait-elle les jours de doute ou de chagrin?
    Quand je pourrai terminer en souriant et avec toute ma conviction cette phrase que je dirai à un croyant: mon frère, mon ami, ta religion est un délire, ton dieu n’existe pas, je… Quand nous pourrons terminer cette phrase en humanité, nous aurons avancé.

    Si la phrase existe et que j’ai ratée, ce serait charitable de m’en informer, j’en serais ravi!

    En attendant, je retourne à mes affaires. Je lirai les commentaires quand j’aurai du temps.

  5. Plutôt que cette pax laïca très volontariste et programmatique qui ramène, je le crains chacun, athées comme religieux, sur son pré carré en ordre de bataille, l’urgence n’est-elle pas l’ouverture au mystère ? Car d’ouverture au mystère (qui n’est pas illusion, mais est ce qu’on ne connaît pas, qu’on sait ne pas connaître) on en trouve aussi bien dans l’attitude scientifique que dans la religion quand cette dernière rime avec spiritualité. L’ouverture au mystère contient l’ouverture à l’autre et donc la possibilité de la laïcité. Il y a là un pont qui permet encore un dialogue. Les religions évoluent, ce qui tend à montrer qu’elles ne sont pas indifférentes, imperméables à la raison. Dialogue qui sera refusé si la religion est assimilée à une affection psychologique.

    Les grecs ont-il cru à leurs mythes ? ( Paul Veyne).

      1. parle plutôt de  » king gyros « , sinon tu vas fâcher les turcs
        mais bon, on ne va pas te demander l’impossible pour un mot d’esprit (?)

    1. Je signe en identifiant , pour ce qui me concerne , ouverture à la laïcité et ouverture ( « introduction » , dans un titre récent d’un matheux , mais ouverture est plus large ) aux mystères .

       » …L’avenir du monde ne m’inquiète plus; je ne m’efforce plus de calculer, avec angoisse , la durée plus ou moins longue de la paix romaine ; je laisse faire aux dieux. Ce n’est pas que j’ai acquis plus de confiance en leur justice, qui n’est pas la nôtre, ou plus de foi en la sagesse de l’homme; le contraire est vrai .La vie est atroce; nous savons cela. Mais précisément parce que j’attends peu de choses de la condition humaine, les périodes de bonheur, les progrès partiels, les efforts de recommencement et de continuité me semblent autant de prodiges qui compensent presque l’immense masse des maux , des échecs, de l’incurie , et de l’erreur. Les catastrophes et les ruines viendront; le désordre triomphera, mais de temps en temps , l’ordre aussi .La paix s’installera à nouveau entre deux périodes de guerre; les mots de liberté , d’humanité , de justice retrouveront ça et là le sens que nous avons tenté de leur donner .Nos livres ne périront pas tous; on réparera nos statues brisées; d’autres coupoles et d’autres frontons naîtront de nos frontons et de nos coupoles; quelques hommes penseront, travailleront et sentiront comme nous…… si les barbares s’emparent jamais de l’empire du monde, ils seront forcés d’adopter certaines de nos méthodes; ils finiront par nous ressembler….j’accepte avec calme ces vicissitudes de Rome éternelle …… Tachons d’entrer dans la mort les yeux ouverts…. »

      1. @juannessy

        Hadrien n’a pas laissé que des lignes de fortifications en Dacie .

        C’est ben vrai, aussi des Sarmates raides morts.

      2. Et pas seulement des morts violents là !

        Mais , dans des temps où la force brutale était la seule évidence en vogue , il est à ma connaissance , le premier investi de pouvoir ,qui ait vraiment compris la responsabilité terrible de ce pouvoir qui « l’obligeait » .

        Non pas à faire des morts comme on lui avait appris à le faire , mais à repérer toutes les fausses solutions , les menteurs , les lâchetés , et à affirmer , dans une tragique recherche de l’harmonie entre intelligence et volonté , que la paix se construisait cœur à cœur et brique à brique , dans l’humanité , la liberté et la justice .

        Et à le démontrer dans son activité journalière en direction des villes grecques , des barbares , des gaulois cultivateurs de vignobles , , de l’ouverture des écoles publiques de grammaire, du code commercial de Palmyre , du mariage monogame ,, de l’abus des condamnations aux travaux forcés ….

        Sur les 20 ans de son règne , les 16 premiers seront marqués d’une nette diminution des actes de guerre . Il sera en désolation d’être conduit à y revenir dans les 4 derniers , pour tenter de rétablir l’ordre en …. Palestine .

        Pas de méprise , l’organisation impériale romaine n’est pas mon idéal .

        Je salue simplement un homme qui a dit , fait et transmis ce qu’il me parait vital de continuer à faire vivre .

        Marguerite Yourcenar , dans ses notes , indiquait qu’elle pensait trouver dans Omar Khayyam le poète astronome , une stature comparable . C’est par elle que j’ai appris à connaître ce personnage effectivement immense .

      3. @Juannessy : Votre lecture de l’histoire , réduite à Wikipédia et à la recherche sélective de » preuves » de l’inanité de système qui n’est pas celui de vos espérances , est la trace de votre confusion entre sarcasme et révolte saine .

        C’est étrangement un handicap que vous partagez avec Vigneron et Clo Clo .
        juannessy
        23 janvier 2015 à 21:47

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Omar_Khayyam
        ouala, tiens c’est pas Wiki ça…

        Pour Cloclo et son taste- maître, leurs oignons, rien à cirer,

        des gaulois cultivateurs de vignobles

        boire un petit coup c’est (7) agréable, boire un petit coup c’est doux (D’Espagne, de Cadiz, la con-currence c’est pas sein)
        Pour le reste comme beaucoup, ici et là, vous vous payez (combien?) de mots :

        Non pas à faire des morts comme on lui avait appris à le faire

        Il avait son style à lui?
        puis,

        l’humanité , la liberté et la justice

        . C’est vrai quoi ça abuze et faut pas, faut rester pondéré Hadrien avait capté, un peu de condamnation ça va, mais :

        l’abus des condamnations aux travaux forcés

        , faut pas en abuser..héhé.
        Allez, bonne continuation, de ma malsaine révolte à vos propos un chouya oiseux:
        Spartacus, cet esclave. C’est Esclave. 7 esclaves, ou combien? pour les Maîtres de Rome.
        bisoux

  6. Conscience et inconscience. Nous allons en prendre plein la vanité et le rêve et le mystère avec les neurosciences. Ce qui est raison connaissance, analyse et synthèse aujourd’hui peut être mythe demain. Demain-demain, dans 5, 10, 20 ans et non 100 000 ans. Combien de temps pour l’adaptation ?
    Dans la raison pure c’est la combinaison de raison et de pure qui me gêne. Cet attelage ne propose pas une démonstration mais aboutit à sa conclusion induite dans l’hypothèse. Il n’est ni raison ni pureté mais indice transformé en preuve. Un absolu, à atteindre. Il n’est peut-être pas faux, mais il n’est pas vrai, simplement parce qu’il sous-tend une foi en la raison annonçant des victimes et des coupables, des morts pour des vivants futurs.

    Si j’émets l’hypothèse que la raison crée des certitudes/preuves comme la religion crée des croyances/foi auxquelles il est tout aussi difficile de renoncer que des « mythes » pour les dépasser, suis-je entrain de comparer ce qui est comparable ? La réponse que chacun apportera dépendra vraisemblablement de ses ….. valeurs. Une valeur est-elle toujours inaliénable ? Si la réponse est affirmative, alors la majuscule s’impose d’elle-même, un grand V scintille, un symbole, celui de V comme victoire.
    A priori, s’il y a victoire des uns, il y a défaite des autres. Si j’affirme que la raison seule et la foi seule, dissociées, portent en elles leur potentiel de conflits pouvant aller du débat à la cruauté, puis la férocité, puis la monstruosité, suis-je dans l’extrapolation ou l’histoire et l’actualité ?

    En 2015 il me semble que le temporel et le spirituel n’avance pas à la même allure ni sur le même espace. Le temporel cavale à pleine vitesse sur un chemin tracé par la démocratie (raison/progrès) quand le spirituel joue encore au funambule sur le fil du rasoir (la vie, la mort, la vie éternelle, la mort éternelle).
    En 2015 le temporel (raison) écrase le spirituel (mystère).

    En lisant ce billet j’ai pensé à mon cher Coluche « on croit que les rêves, c’est fait pour se réaliser. C’est ça le problème des rêves : c’est que c’est fait pour être rêvé ».

    1. En 2015, dans la famille, il y a les petits frères robots et les petits cousins clones nés de la raison et de la science. Deux branches qui ne sont pas nées, que nous créons précisément à l’image que nous nous faisons de la perfection, de la raison, de la vie sans la mort, de l’immortalité : du fini.

      Dans le même temps, en voyant que la planète est finie, nous constatons que notre espace est clos, fini. Dans cet espace clos, fini, le seul territoire à notre disposition pour continuer notre expansion/évolution est culturel.

      Trois banches,
      une face à l’infini la vie et la mort, qui crée dans un espace fini,
      deux faces au temps fini et l’immortalité qui reproduisent, dans un espace illimité, infini.

      Dans notre 2015, autant une filiation autre que culturelle avec les robots me semble improbable, incestueuse, autant une filiation culturelle et génitale (endo et/ou exo) avec les clones me semble écrite.
      Notre espèce, humaine, ne disparaitra pas. Elle et son mystère peuvent être simplement englouties.

      Avec la seule raison, c’est notre infinitude qui est définitivement mise en joue et avec elle la création telle que nous la concevons, grâce à elle et lui notre mystère. C’est notre finitude, comme espèce, humaine, qui voit le jour.

      Peut–être, juste peut-être, en 2015, préférons-nous nous saborder, nous suicider plutôt que d’être enterrés vivants. Un truc du genre « Disparaître pour disparaître, autant tout tout faire pêter. Après nous, le déluge ».

      1. La tentation évoquée dans votre dernier paragraphe n’est pas neuve !

        Woody Allen disait :  » Quand on comprend vraiment que l’on est mortel , il est dur de rester décontracté ».

        Mais ça n’est pas la première fois que j’écris ici que la conscientisation générale de la finitude de notre existence individuelle et des ressources de notre planète comme seul vaisseau crédible , à horizon imaginable , sera le choc métaphysique de ce siècle

        En même temps , on peut dire que , même avec notre capacité à créer ce que Serres appelle des objets -monde , on aura de la peine à vraiment  » tout » faire péter , et que ,curieux comme on l’est , on risque de suspendre le geste ,en se disant  » merde , c’est quand même con de ne pas être là pour tenter de continuer à percer les mystères qui vont nous  » survivre » .

        Je retourne à mon paracétamol .

      2. curieux comme on l’est , on risque de suspendre le geste ,en se disant » merde , c’est quand même con de ne pas être là pour tenter de continuer à percer les mystères qui vont nous » survivre » .

        C’est justement l’occasion d’aider les générations futures à les percer, ça nous devrait être suffisant à nous faire vivre.
        Soignez vous bien!

      3. @ baleine 24 janvier 2015 à 08:11

        Vous êtes vous demandé qui est le « nous » dont vous parlez ?

        N’avez vous pas remarqué que vous et moi sommes contraints dans nos choix par le système économique capitaliste des rentiers?
        Les hyper fortunés, (réunis à Davos), décident en pratique de tout (ils financent politiques et médias) car ils possèdent l’essentiel des ressources et contrôlent la monnaie.

        En fait le « nous » dont vous parlez, ce sont eux.
        Nous, vous et moi, ne sommes que leurs pantins, mais il ne tient que à nous de reprendre le contrôle de l’économie pour lui donner un sens sensé.

        Le problème essentiel est que nous n’en sommes généralement pas conscients. On « croit » que c’est une fatalité, alors que non. Ce n’est qu’une faiblesse de notre part dont ils profitent bien…

      4. @Michel

        C’est justement l’occasion d’aider les générations futures à les percer, ça nous devrait être suffisant à nous faire vivre.

        J’ajouterais que tant que l’on aura pas repris le pouvoir économique aux rentiers, jamais on ne pourra se préoccuper d’économie durable, si ce n’est dans les livres, et en marge du système, comme vous le faite.

    2. « Si j’émets l’hypothèse que la raison crée des certitudes/preuves comme la religion crée des croyances/foi auxquelles il est tout aussi difficile de renoncer que des « mythes » pour les dépasser, suis-je entrain de comparer ce qui est comparable ? »

      Il faudrait détailler le processus de développement des croyances religieuses, et celui des données acquises.

      Je pense que la comparaison serait en effet mise en doute… même si l’un pioche souvent dans l’autre.

  7. Ce billet et ses divers commentaires montrent à quel point la laïcité ne sera jamais un symbole comme le sont les trois mots gravés sur les bâtiments publics en France. Jamais. Jamais de jamais.
    Stéphane Mallarmé disait déjà en son temps que rien, en dépit de l’insipide tendance, ne se montrera exclusivement laïque, parce que ce mot n’élit pas précisément de sens.

    Les athées purs et durs ont leur propre incohérence, leur propre « affection psychologique » pour reprendre un bon mot qui fait sourire. Einstein disait que Dieu ne joue pas aux dés. Que peut en comprendre un athée pur et dur ? Qu’en fait-on ? On supprime cela des livres de la République ? Et pour les nombres transcendants en mathématiques, on change aussi le mot ?

    A lire ce billet, les cloches de la cathédrale Notre-Dame qui ont sonné le « glas pour Charlie » ont tué Charb, Cabu et tous les autres plus sûrement que les balles de kalach.

    Quand le cortex est trop investi par du symbolique ( croyant ou athée), il y a comme le signe d’ une crispation qui affecterait aussi le petit reptilien (je parle ici du cerveau) qui commande à bien des choses….
    La symbolique monétaire qui en prend un coup aujourd’hui pourrait bien expliquer le coup de mou qui perce dans certains propos de Paul Jorion dont une partie de la vie s’est investie sur l’économie et toute sa symbolique. Une analyse didactique c’est bien mais c’est un peu comme une guerre en dentelles. Peut-être il faut-il aller plus profond ? Monter dans les tranchées de Verdun ? Toucher à la Voie Sacrée ?

    Loana-Noemy Toma, votre billet se termine par une phrase qui vous honore: « les démunis de cette planète qui attendent la générosité de leurs frères plus forts » Je la partage avec vous, par une même affection psychologique, si je peux reprendre votre mot.

    Question subsidiaire.
    Que vaut la symbolique du mot « fraternité » gravé sur les bâtiments publique devant le tragique de 2 frères qui dans leurs courses folles et meurtrières vont ensemble à la mort ?
    Vous avez compris la question ?

    1. J’imagine qu’il fallait comprendre  » vérités de base  » comme  » c’est ma culture  » ( êducation de Paul Jorion en lien avec la franc- maçonnerie?)
      Un esprit tolérant se doit de respecter les différentes cultures . Encore mieux , un esprit ouvert se doit d’interroger sa propre culture .C’est , je crois, les clées de la fraternité républicaine .

      PS : conseil à une Loana – Noémie Toma qui chercherait à s’ouvrir à la  » folie  » d’une culture différente de la sienne : chercher le divin en soi .

      1. Supposons que les nazis aient eu le temps de créer une culture/civilisation durable. Devrais-je la respecter pour être tolérant ? Devrais-je respecter les sacrifices des prêtres aztèques dont les dieux avaient si soif ?

        Respectons les gens, pas leurs idées absurdes. Et ne confondons pas le respect et la peur. Personne ne respecte les Raéliens ou les Témoins de Jéovah : c’est qu’on ne les craint pas, car ils sont peu nombreux et ne tuent pas beaucoup

        PS : si, comme nous y invite l’article (avec lequel je suis d’accord stratégiquement mais pas tactiquement), et en particulier sa dernière phrase mal comprise par plusieurs, on cherchait plutôt à résoudre nos problème terrestres au lieu de perdre du temps avec des absurdités ? Si divin il y a, et si parfait il est selon toute bonne théologie, alors on peut supposer que la patience est une de ses vertus, et qu’il attendra bien un peu.

      2. @Marcel

        Vous avez en tête ces mot de Thomas Mann, peut-être : “Civilisation et culture sont des contraires… Personne ne contestera que le Mexique au temps de sa découverte possédait une culture, mais personne ne prétendra qu’il était alors civilisé. La culture n’est assurément pas l’opposé de la barbarie Bien souvent , elle n’est au contraire qu’une sauvagerie d’un grand style – et parmi les peuples de l’antiquité, les seul,s peut-être, qui furent civilisés, étaient les chinois. La culture est fermeture, style, forme, attitude, goût, elle est une certaines organisation du monde, et peu importe que cela puisse être aventureux, bouffon, sauvage, sanglant et terrifiant. La culture peut inclure des oracles, la magie, la pédérastie, des sacrifices humains, des cultes orgiastiques, l’inquisition, des autodafés, des danses rituelles de la sorcellerie et toute espèce de cruauté. La civilisation, de son côté, est raison, lumière, douceur, décence, scepticisme, détente,Esprit… anti-génial” .)

        Il y a bien d’autres choses à rappeler à Beber (lire complètement Lévi-Strauss par ex; penser correctement la relation à autrui etc. Je l’avais fait ce matin mais une fausse manip a tout envoyé je ne sais où).

        A+

      3. @ Marcel
        Chercher le divin en soi ne veut pas dire se prendre pour Dieu . Cela passant du supposé droit de vie et de mort que certains se permettent , à la prétention de tout savoir sur tout.

        Ainsi donc vous écrivez  » personne ne respecte les témoins de Jéhovah  » .
        C’est faux pour deux raisons que vous comprendrez :
        1. Il existe des cons et des gens bien partout .
        2 . Vous même les respectez plus que moi puisque vous avez mis une majuscule , non seulement à Jéhovah mais à Témoin.

        Il ne s’ agit de respecter ce qui nous apparaît comme déraisonnable (voir abject )dans la culture de l’autre , mais de prendre en compte le fait que l’on ne choisit pas le milieu ,ni le lieu , ni la date de notre naissance. Il s’agit de prendre en compte le fait que tout humain baigne dans un bain culturel , mais que celui ci ne façonne pas l’intégralité de notre être, même s’il peut l’influencer à ses dépens.

  8. @ juannessy.

    J’approuve tout a fait votre analyse concernant la notion de propriété privée (frein à la « valeur réelle » intrinsèque de tout le monde vivant, des biens communs, je rajouterais à votre expression « ver dans le fruit ») étendue au delà de l’aspect matérielle, soit jusqu’à à la foi la propriété intellectuelle et le monde du vivant… Je n’ai pas mieux non plus comme définition généraliste que celle que vous énoncez au travers des trois piliers d’une constitution mal fichue par ailleurs. Désolé si mes fautes de syntaxe et autres dénaturent mes propos, les rendent incompréhensibles, sans pouvoir les partager. Je fais de mon mieux avec le bagage que j’ai, et ce que je peux essayer d’y rajouter, suivant ce que le peux trouver chemin faisant. Je ne désespère pas m’améliorer néanmoins. En tout cas j’y travail.

  9. Je dois avouer une certaine perplexité vis-à-vis de ce texte.

    Ma première réaction était de le reconnaître comme évidemment ironique, une caricature et déformation du principe de laïcité en idéologie athée messianique et arrogante, destinée à en dénoncer les travers supposés. Conviction qui s’est renforcée au fur et à mesure de la lecture et a été définitivement confirmée par le passage sur les « démunis de cette planète, qui attendent la générosité de leurs frères plus forts », satire amusante des antiques conceptions sur la « mission civilisatrice » et le « fardeau de l’homme blanc ».

    Et je me suis étonné que – à moins que j’ai parcouru trop vite la page – pas un seul commentateur n’ait compris le texte de cette façon.

    Ce qui m’a poussé à y regarder de plus près, notamment le micro-blog de Ioana-Noemy Toma sur Twitter, et à poser l’hypothèse que le texte pourrait finalement, à mon grand étonnement, être du premier degré.

    Dans cette hypothèse, je voudrais insister sur deux points :

    – Ce que l’auteur défend n’a rien à voir avec la laïcité, qui est une conception et une pratique de la séparation rigoureuse de l’Etat et de tout clergé, que ce clergé défende d’ailleurs une religion au sens propre, ou une idéologie politique. Neutralité et impartialité de l’Etat vis-à-vis de toute croyance religieuse ou idéologique appuyées notamment sur la liberté de tout citoyen de s’exprimer sans entrave sur ses vues en matière de métaphysique ou de politique, et de les pratiquer si la question se présente.

    L’auteur défend une version de l’athéisme voyant dans toute religion une illusion et une manipulation, et dans l’idée même de Créateur une superstition. Ce qui est une position métaphysique comme une autre, naturellement. Donc une position vis-à-vis de laquelle l’Etat doit précisément parce qu’il est laïc maintenir une complète neutralité et impartialité.

    Si cette version de l’athéisme, ou une autre, devenait idéologie officielle de la République, ce serait une violation aussi grave du principe de laïcité que si le catholicisme, ou l’islam, était proclamé religion de l’Etat.

    – La croyance comme quoi la Science dissiperait la religion comme la lumière dissipe l’ignorance, que l’auteur exprime avec flamboyance (« Les preuves scientifiques, technologiques, historiques etc. sont plus que suffisantes ») a une certaine fraîcheur naïve très « rationalisme du XIXème siècle ».

    Or, nous ne sommes plus au XIXème siècle. La science a beaucoup progressé depuis – et l’histoire également, notamment l’histoire du premier siècle de notre ère – de la cosmologie à la biologie moléculaire en passant par la physique quantique. Parmi les scientifiques on trouvera des croyants aussi bien que des athées, sans oublier les agnostiques qui selon mon impression pourraient bien être les plus nombreux.

    Et pour un chercheur convaincu que l’aventure scientifique aboutira au final à une explication de l’Univers rendant définitivement inutile l’hypothèse Dieu – et qui reconnaît honnêtement qu’elle n’y est pas encore – on en trouvera un autre qui au vu de ce que nous savons maintenant de la biologie moléculaire en conclut que l’athéisme n’est plus tenable – tout en reconnaissant honnêtement ne pas pouvoir le prouver.

    Bref, il y aura encore bien longtemps de la place, y compris à la pointe des recherches scientifiques pour « la rose et le réséda », pour celui qui croit au Ciel et celui qui n’y croit pas.

    Autant en prendre son parti 🙂

  10. J’ai la crève . Je vais me coucher .

    Je vais essayer de retrouver la vision de Moïse Jorion , dévalant le mont Sinaï comme un dératé sur une BMW bondissante (style Gaston Lagaffe descendant la rampe d’escalier sur l’un de ses engins déments ) , avec les nouvelles tables de la Loi tressautant sur la place arrière , ficelée tant bien que mal .

    Et il fonce tout droit sur la planche d’un tremplin en équilibre au dessus de l’abime où l’espèce humaine essaie de ne pas tomber , en criant non pas » banzaï !  » , mais :

     » c’est mon inconscient qui est aux commaaaaandes !!! » .

    Du travail pour Merkes ?

    1. juan,pas de BMW en trial comme tu le dis plus haut.Sur ce coup là les fabricants sont principalement
      italiens ou espagnols

  11. Personnellement, je n’arrive pas à me distancier de la notion de sentiment océanique développée par Romain Roland. Je ne peux que suggérer la lecture du livre « la mystique sauvage » de Michel Hulin paru aux éditions PUF. On peut aussi s’attarder sur « l’âme de la Nature » de Rupert Sheldrake, un ouvrage paru chez Albin Michel. A chacun d’en retenir ce qu’il veut.
    Je vais essayer de formaliser mon idée. Mettons un grand cercle et un petit cercle. Le petit cercle est dans le grand cercle. Du point de vue du petit cercle, les choses paraissent simples: il est né et il va mourir. Du point de vue du grand cercle, c’est différent. Le grand cercle voit apparaître en son sein des manifestations diverses, notamment plein de petits cercles qui se forment comme des bulles de savon. Le grand cercle pourrait se dire qu’il est chacun de ces petits cercles et tous en même temps. Peu importe que les petits cercles apparaissent et disparaissent successivement pour laisser place à d’autres. Le grand cercle est tout cela. Une de mes questions est de savoir si le grand cercle garde les petits cercles en mémoire. Rupert Sheldrake semble répondre par l’affirmative, mais peut-être l’ai-je mal compris, ma vanité me faisant prendre des vessies pour des lanternes.
    Bref, il y a un grand cercle, à qui l’on peut attribuer n’importe quel nom, et le petit cercle qui est évidemment moi. Il me semble qu’il y a parfois des connexions entre le grand cercle et les petits cercles. Ces connexions peuvent se traduire par un sentiment océanique tel que décrit par Romain Roland. Dans des cas extrêmes, ces connexions peuvent conduire un petit cercle, sans doute un peu fragile, jusqu’à la dépersonnalisation. Ainsi, le fou s’écrie: « je suis Dieu! ». Plus communément, ces connexions peuvent aussi inciter les petits cercles à prendre conscience qu’il font partie d’un tout, de quelque chose qui les dépasse. Michel Hulin constate que ce sentiment surgit spontanément, même et en particulier lorsque l’on tente de le réprimer.
    Y aurait-il donc quelque chose qui nous transcende? Il faut choisir entre le mystère et l’absurde. Qu’importe-t-il de choisir le mystère si cela peut aider, pourvu qu’un petit cercle ne se mette pas à dire n’importe quoi au nom du grand? Le grand cercle est comparable au vide ou à un écran blanc de cinéma. Il ne dit rien et je ne vois pas ce qui permettrait aux manifestations en son sein d’affirmer quoi que ce soit.
    Si je suis ma logique, je commets à l’instant une erreur en exprimant un avis qui devrait peut-être rester dans ma sphère intime.

    1. Oui, vous êtes logique. Religion bien comprise c’est se taire (mysticisme, chants, célébrations) ou se dévouer (Abbé Pierre etc). Surtout ni discourir (absurdité de toute théologie…j’attends de pieds ferme le premier énoncé qui s’y risquerait) ni politiser (cela mène nécessairment et non accidentellement où chacun sait). C’est vous dire si 99% des croyants sont à côté de la plaque. Dieu a toujours été aimé par des cons!

      + : religion = cas particulier/réduction d’une expérience fondamentale, pré-rationnelle, celle de l’il-y-a-de-l’être. D’où l’erreur grossière de Pascal : théologiser l’expérience ontologique originelle.

      A+

      1. D’où l’erreur grossière de Pascal

        Un certain Blaise Pascal, etc.,etc
        Prévert
        Et quoi? Euh? Attention aux pieds ferme
        ça finit en cloche-pied, et de cloche à église…
        Politique? Toute religion EST politique : les Tables de la Loi…
        AH! Paul Jorion …

      2. Béber tu ne sais pas lire! le sens d’une phrase c’est quand on a lu la phrase tout entière (et qu’on la caviarde pas ensuite). Je t’autorise donc à célébrer qui tu veux par cantiques et psaumes; tu peux aussi donner ta pièce, partager ton manteau ou laver les pieds des indigents. Pour le reste les pauvres en esprit entreront dans le Royaume : l’espérance t’es donc permise.

        NB : tu sais pas non plus lire Th. Mann; mais là il est tard, je vais finir ma nuit.

  12. Magnifique ce texte !
    Outre que l’auteur exprime une opinion sortant des sentiers battus, qui devrait pouvoir être discutée sereinement, ce sont surtout les commentaires qu’il suscite qui sont éclairants.
    Là au moins on comprend pourquoi on est dans la merde et que seul un heureux hasard pourrait nous en sortir, la probabilité apparaissant nulle.
    Vous avez dit sectarisme ?
    Ben mon Paulo on est pas sortis de l’auberge, doivent être morts de rire les féroces religieux, finalement ce sont des gens tout à fait représentatifs… des caricatures.
    C’est moi qu’ai raison !!! et pis c’est écrit là ! et l’histoire dit que ! et t’as pas lu le bon bouquin, moi je…Vignoble…
    La culture est nécessaire mais intensive et mal comprise elle fait des ravages.
    Un inculte conscient.
    Intelligence…c’est quoi ce truc… 🙁

  13. Nul ricanement ,ce texte dans son intransigeance me dérange,je pense que l’on peut très bien épouser tout ou partie d’ une religion dans une version douce, c’est à dire sans illusion excessive,sans prosélytisme,sans exclusion.Au nom d’un certain rationalisme,la porte est éventuellement ouverte à toutes les dérives fascisantes .La condition humaine étant ce qu’elle est ,nous avons besoin de poésie,de pensée magique,de conte de fée.
    Once upon a time.

    1. La condition humaine étant ce qu’elle est

      Je dirais même plus : elle est ce qu’elle est, mais qu’est-elle la condition, ou plutôt, sans renoncer à et/ou De quoi la condition humaineux est-elle le non?
      Heuheuheu…
      Once(tiens c’est le nom de la loterie en Espagne, vendue par des …aveugles) upon, non on dit ipon, c’est au dojo, time is money, hops on est revenu à la loterie (ONCE)

      pensée magique

      Penser Majax.

    2. « Pax laica » ne signifie pas interdire ou abolir les religions.
      C’est selon moi, de la justesse plutôt que de l’intransigeance.
      La religion doit être secondaire, surtout en ces temps de rencontres.

  14. La Pax Laica, seule à pouvoir apaiser les conflits religieux pour toujours, est à la portée de l’humanité éclairée. Proclamons-la avant que d’autres sacrifices n’aient lieu. Les démunis de cette planète, qui attendent la générosité de leurs frères plus forts, et le développement durable méritent plus d’attention que quelques disputes absurdes.

    C’est pas gagné :

    http://laregledujeu.org/2015/01/23/18839/antisemitisme-le-discours-de-bernard-henri-levy-a-lassemblee-generale-de-lonu/

    1. La Pax Laica

      Parlez-moi pas de Laïka, pauv’chienne, qui z’ont laissé mourrir de faim dans l’espace inter-sidéré, Salauds de cocommunist.

      Mais bon Pax Laica va avec Sanctis Bellum (si vis pax, para bellum)
      Latin l’attends.

      la générosité de leurs frères plus forts

      Et les soeurs, hein? Pas fortes noceurs.?

  15. Bon je profite de l’ouverture par Paul de ce post, intéressant, pour faire un bref passage ici.

    @Loana-Noemy Toma

    Michel Maffesoli, dans son texte Rites piaculaires prend le problème exactement à l’opposé de vous, pourrait-on dire.

    Notez bien que si j’écris « pourrait-on dire » c’est parce que j’espère que ces deux positions ne sont pas vouées à être irréconciliables.

    Maffesoli :

    « Le retour du religieux est là. Ou mieux, celui de la religiosité diffuse. Certes, on peut continuer, « en sautant comme des cabris », pour reprendre une formule célèbre, en beuglant : laïcité, laïcité, laïcité ! Injonction n’étant l’expression que d’un pur et simple « laïcisme », c’est-à-dire le contraire de la laïcité. Une antiphrase en quelque sorte . En effet, souvenons-nous qu’au Moyen Age, les frères « lais »(frères convers dans les monastères) n’étaient, justement, pas des prêtres. Or, c’est bien l’esprit prêtre, celui du dogmatisme qui prévaut dans l’intolérance « laïciste » de la bienpensance !

    Dès lors, plutôt que d’entonner les pieuses rengaines de ce laïcisme tout à la fois benêt et désuet, déniant ce qui est là, il est nécessaire d’intégrer, de ritualiser, en bref « d’homéopathiser » ce nouvel esprit du temps à fondement religieux. Un autre cycle s’amorce qui au delà de « l’esprit prêtre », propre « aux fanatismes athées » redonne ses lettres de noblesse au qualitatif. Est attentif au prix des choses sans prix, au symbole, en un mot à ce que Régis Debray nomme le « sacral ».

    Vous écrivez : « Une convention internationale « du désenchantement » / du rationalisme devra stopper le vrai blasphème, celui contre la dignité humaine et la protéger contre toute autre mystification. Une entente rationnelle renforcera la société humaine dans son ensemble, pour mieux résoudre les problèmes terrestres réels. »

    Je préférerais personnellement une convention internationale du réenchantement du monde pour stopper le blasphème matérialisme, encore que, décidément, je n’aime pas du tout ce mot de blasphème tant il sonne comme un étendard du lyrique le plus creux ; mais une entente contre la mystification d’un rationalisme borgne, une entente des laïcs spiritualistes, ça oui !

    Salut Pierre-Yves !
    Salut Vigneron… toujours aussi créatif question pseudo à ce que je vois !

    1. Permettez

      Le propos de Maffesoli est d’une nullité crasse. Si vous n’avez rien à dire, pourquoi perdre votre temps à vous dissimuler derrière un faux-nez?

      « Blasphème matérialiste » : est-ce que les mots ont encore un sens? Est-ce qu’une loi scélérate vous a interdit de vous instruire un peu?

      Le texte cité pue la sacristie rance. N’ignorez pas ce qui se cache derrière ce goupillon.

      1. @ Juan
        Ha tiens donc , votre nez s’est débouché ?

        Si vous ne savez plus lire les propos de l’autre sans abonder dans l’injure, c’est pas la Pax Laïca qui va arranger les choses…

      2. @Beber :

        si si , je sais lire , et j’ai même de la suite dans les idées ( remonter en début de file , où il est déjà question de sacristie , sapristi ! ) .

  16. Puisqu’il faut savoir penser (un peu) contre soi-même, j’ajouterais tout de même que le coté intéressant du billet, au delà de son coté militant très dixhuitièmiste (Ecrasons l’infâme !), c’est qu’il ne se satisfait pas de l’état d’ignorance dans lequel sont plongés beaucoup d’êtres humains à la surface de notre Terre. Que dis-je, l’état d’ignorance dans lequel sont plongés tous les humains. Au nombre desquels je ne m’exclus donc pas, comme tout un chacun, en tant que personne aujourd’hui ne détient la solution complète de nos problèmes, vitaux. L’ignorance en quelque sorte est constitutive de notre « nature ». Et c’est d’ailleurs cette ignorance constitutive inscrite dans notre biologie, qui fait de nous des êtres culturels ; à la différence des autres mammifères et autres vivants (même si ce n’est qu’une question de degré) nous ne naissons pas tout équipés de pied en cape (mal équipés dit Jorion), il nous faut un bon bout de temps avant de pouvoir déployer le meilleur de nos capacités, des capacités qui sont-elles-mêmes capables d’engendrer des capacités nouvelles. Il nous est certes loisible de proposer des alternatives, ce qui est déjà un progrès par rapport à l’illusion que le fonctionnement actuel ou passé du monde serait le seul possible, mais personne ne sait quel chemin empruntera l’espèce humaine pour accomplir certaines de ces alternatives, si cela se produit. D’où la nécessité d’une ouverture au mystère, pour nous mettre, au moins, en état de recevoir et concevoir des alternatives. Je laisse à Paul le soin d’évoquer l’ouverture au mystère qui prédispose à la cure psychanalytique, laquelle me semble être aussi une piste à suivre, en tant que les résistances au changement profond dont l’humanité a besoin, ont quelque chose à voir avec une mémoire souffrante — les complexes — enfouie dans beaucoup de traits culturels. Alors oui, en ce sens la religion peut être une affection psychologique, mais j’ajouterais, ni plus ni moins que pour tout autre fait humain. L’affection psychologique c’est précisément ce qui fait notre humanité, que serions-nous sans nos affects ? Y compris pour penser !

    Ainsi, dès lors que l’on pense alternatives, pourquoi faudrait-il se borner au domaine de l’économie ? Si en effet l’économisme est une religion féroce, cela devrait-il nous épargner d’égratigner des religions féroces établies de longue date ? Leur longévité les rend-elles plus crédibles comme solutions clés en main ? Elles rendent, on rendu quelques services à l’humanité, ici ou là, des hommes et des femmes admirables sont sorties de leurs rangs, d’innombrables anonymes y ont puisé une force pour nourrir leur générosité que nul ne pourra leur dénier, mais peuvent-elles se satisfaire d’un dogme qui à l’heure des périls sont plus que jamais des freins à la transformation de nos institutions dont les noyaux de croyances ont elles-mêmes souvent quelque chose à voir avec des croyances religieuses. Un seul exemple, s’il est si difficile à remettre en cause le salariat avec le salaire comme dû objectivé d’un nombre d’heures travaillées, n’est-ce pas parce que le travail, l’activité humaine, ont été dans les grandes religions monothéistes associés à la lutte pour la vie, à la souffrance même : tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. Tu gagneras ta vie ! Après avoir mangé à l’arbre de la connaissance, nous avons été exclus du paradis terrestre et depuis ce temps devons lutter pour assurer notre survie. Abel en est mort. Rien de moins spirituel que cet éloge de l’ignorance ! L’humain pour avoir fait preuve d’initiative s’est enfermé dans une certaine condition humaine, ad vitam eternam. Bien entendu des couches et des couches d’exégèses ont relativisé les écritures révélées, leur ont donné des significations parfois en contradictions les unes avec les autres. Et c’est ainsi que les dogmes religieux ont évolué. Mais il reste quelques noyaux durs, qui passent de plus en plus mal, parce que les défis auxquels se confronte l’espèce sont pour certains inédits. On ne combat pas des maux inédits avec de vieilles recettes.

    Mais plutôt que d’écraser l’infâme ne serait-il pas plus fructueux de tabler sur la nécessaire évolution culturelle — au sens générique du terme — de l’espèce humaine, devant l’évidence qu’il y a maintenant un lot de souffrances telles, que les religions par leurs seules forces ne pourront pas en l’état relever les défis. Le recul de l’ignorance serait alors le fait de tous les domaines de la vie sociale, ou d’aucun. L’humanité a à accomplir une révolution matérielle (vivre bien avec moins de ressources disponibles) et spirituelle (vivre ensemble pacifiquement), les deux aspects étant liés l’un à l’autre.

  17. Pas si simple : l’ignorance est un état négatif que comble l’instruction; le préjugé ou la fièvre de l’appartenance un état positif peu enclin à se laisser discuter. A ce sujet, finissons-en avec le pire des lieux communs du moment, le fameux « retour du religieux ». Y en a tout simplement pas. C’est au retour des identités conçues comme des passions d’appartenir, que nous assistons, donc à cette fichue bonne vieille pulsion de mort que le pas si sot Sigmund avait diagnostiquée dans l’histoire. Le seul remède c’est de se réapproprier le futur, donc de le rendre désirable, ce qui renvoie à ce que la fonction politique a de plus essentiel. Mais la politique n’est pas que parole et verbe, elle est action (tient, comme la foi authentique) et toutes nos spéculation et ergotations, même bien intentionnées, nous en éloignent. Bref il faut commencer, c’est en commençant qu’on pose le commencement (y a pas un truc de ce genre chez Aristote? Auquel cas ce serait une belle rencontre par cette nuit d’insomnie).

  18. Dieu cet anonyme, capable d’un tel audimat mérite bien qu’on lui accorde une place quelque part, n’oublions pas que son contraire le diable règne lui aussi en maître absolu sur nos états d’âme tangibles.

    Rien n’est parfait dans la-Ï-cité!

  19. Vivre ensemble pacifiquement voudrait que l’on passe de la civilisation du « moi « actuelle à la civilisation du « nous « .
    Pour cela, Un chemin possible est celui de la recherche de ce qui uni et non plus de ce qui divise .
    « Chercher le divin en soi  » est une piste que certains voudraient éviter.
    Elle s’imposera d’elle même comme ultime recours.

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