La carte secrète d’Alexis Tsipras

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Si vous imaginez que la carte secrète d’Alexis Tsipras, c’est la Russie, parce que vous auriez pris à la lettre le fait que Panos Kammenos, nouveau ministre de la Défense en Grèce, président de ANEL, les « Grecs indépendants », partenaire de Syriza dans l’alliance gouvernementale, est un grand ami de la Russie, détrompez-vous.

La carte secrète de la Grèce, elle se trouve ailleurs. Tendez l’oreille, et prenez au sérieux la leçon d’économie de M. Obama hier dimanche : « on ne peut pas pressurer continuellement un pays en dépression : il vient un moment où doit intervenir une stratégie de croissance pour qu’il soit à même de rembourser ses dettes de façon à éliminer une part de son déficit ».

Pourquoi ce ton encourageant de M. Obama envers la Grèce ? Parce qu’il doit y avoir quelqu’un dans son entourage à avoir lu le livre de Yanis Varoufakis, nouveau ministre grec des Finances, ouvrage intitulé « Le Minotaure planétaire » (2011).

Ne vous laissez pas impressionner par le fait que le sous-titre de ce livre dans son édition française (Le Cercle 2014) affirme : « L’ogre américain, la désunion européenne et la chaos mondial », l’édition originale n’évoque aucun dévoreur de petits enfants et mentionne plus sobrement « l’Amérique ». Quant à la conclusion de la traduction française, elle explique que dans l’édition originale en 2011, l’auteur, M. Yanis Varoufakis donc, imaginait à l’époque qu’une certaine « auguste puissance hégémonique » (p. 344) était de fait hors course et serait remplacée – dans le meilleur des cas – par les pays émergents, mais qu’il avait, trois ans plus tard, changé d’avis  : « J’ai précédemment avancé l’hypothèse que les rênes de l’Histoire soient cette fois-ci prises en main par les économies émergentes [mais] je ne pense pas que cela sera le cas » (p. 354).

Le véritable remède à nos misères présentes est connu de M. Varoufakis, et les lecteurs du Blog de PJ ne tomberont pas de leur chaise en en découvrant la définition sous sa plume : « que l’Occident ait une soudaine illumination et fasse sienne la suggestion de John Maynard Keynes d’une Union Monétaire Internationale […] que les États-Unis rejetèrent lors de la conférence de Bretton Woods en 1944 », mais là encore, « y a-t-il une chance que les choses se passent ainsi ? Très probablement pas » (p. 352).

Quoi alors ? Eh bien, c’est très simple : « The US Are Back ! ». Je ne cite pas là M. Varoufakis textuellement bien entendu, je me contente de résumer son propos ; ce qu’il dit lui, c’est ceci : « c’est encore aux États-Unis qu’il incombe de prendre en main, peut-être pour la dernière fois, les rênes de l’Histoire […] je ne vois pas comment une avancée véritable […] pourrait s’accomplir autrement » (p. 354).

Si les propos très conciliants de M. Obama hier à l’égard de M. Tsipras vous avaient rendus perplexe, je suppose que l’opinion du nouveau ministre grec des Finances vous les auront fait comprendre.

La carte secrète d’Alexis Tsipras : « The US Are Back ! »… mais chut !

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261 réflexions sur « La carte secrète d’Alexis Tsipras »

  1. Le coupable va aider la victime ?
    Les penseurs et philosophes US (les « économistes » sont exclus) vont accoucher d’une théorie bien ciblée qui va emporter les convictions des puissants et redresser les torts crées par l’école de Chicago ?
    Spécialement pour la Grèce?
    Bon, peut-être pas des intellectuels mais des banquiers, du genre de la Pieuvre GS ?

    Ce n’est pas une carte secrète, pas même un joker. C’est une victoire de l’ espérance sur l’expérience. Quand tout le monde vous laisse tomber, s’accrocher aux brindilles est le seul frein avant le gouffre.

    Des fois, être Grec, c’est pas facile.

      1. Du tout, du tout pas.
        Références , quelques unes parmi plusieurs:

        http://www.journaldunet.com/economie/magazine/les-anciens-de-goldman-sachs/
        Article titré : La pieuvre Goldman Sachs
        ou
        http://www.liberation.fr/economie/2010/02/20/une-pieuvre-fortifiee-par-la-crise_611131

        L’article fondateur, pour moi, de Matt Taibbi, « The Great American Bubble Machine », Rolling Stone,‎ 5 avril 2010, donne aussi l’idée d’un réseau ou d’une toile ( de l’ « universelle araigne », Louis 11…).
        Cette banque ne devrait pas être oubliée dans cette affaire.

      2. Daniel, je fais le sous-titre puisque vous n’avez pas saisi la réplique de Vigneron : la « pieuvre » était un symbole utilisé par le régime nazi pour dénoncer l’emprise des juifs sur l’économie. Goldman Sachs traînait depuis la glorieuse époque de séparation de Wall Street entre banques juives ou protestantes la réputation d’être LA banque juive avec Lehman Brothers (ce qui n’est plus le cas, comme JP Morgan n’est plus LA banque protestante).

        « La pieuvre GS » est par conséquent une expression « malheureuse », oui.

      3. @ Julien Alexandre.
        Vous avez raison.
        La chose m’avait échappée, je l’ignorais presque. Mettez-ça sur le dos de mes lacunes dans certains domaines que je devrais ne pas ignorer. Je n’avais pas pour but de faire un rapprochement indu, vous pouvez m’en croire. L’universelle araigne me va bien, ce faisant j’espère ne pas choquer une personne ou groupe de personnes, victimes de Louis 11. Rien avoir avec les Grecs, tombés sous le joug turc à l’époque. Du moins je l’espère.

    1. Oui, Pierre-Yves, voilà l’essentiel à dire ! Bravo !
      Pour la première fois depuis le début de la crise et sa gestion par les » prêtres d’une religion féroce« , il y a enfin des gens qui se battent courageusement contre eux. Et pour moi la vidéo de la rencontre du sinistre Jeroen Dijsselbloem avec Yanis Varoufakis restera dans les mémoires de tous !
      Tout le reste relève de petites arguties de gens dans leur petit confort qui nient la catastrophe huminatire en Grèce. La Grèce a été humiliée et écrasée par le système néolibéral eurocratique et antidémocratique (cf. l’aveu de Junker, le Parrain fiscaliste) et tout ça pour RIEN comme l’on dit à maintes reprises de économistes, certes très minoritaires, mais qu’Obama implicitement approuve…

      1. «Pour RIEN» majuscule certes, sauf un petit excédent budgétaire primaire qui arrange fort la marge de manoeuvre du gvt Tsipras…

      2. Vous êtes pathétique vigneron ou V-ignoble.

        Mais je vous admire : depuis des jours, à chaque billet, vous montez inlassablement au front. Vous utilisez toutes vos forces, votre érudition, vos connaissances (et je dis tout ça sans ironie) pour prendre la défense du néolibéralisme sous toutes ses manifestations et conséquences. Un travail de Sisyphe sur ce blog.

        Vous avez depuis longtemps chois votre camp : c’est votre droit et la confrontation peut être salutaire. Mais ce que je persiste à trouver très déplaisant, et pour tout dire assez limité, mesquin, c’est votre façon hypocrite et peu courageuse de le faire, toujours un peu en biais et masqué — et le plus souvent avec un grand mépris, votre marque de fabrique, mais ça, ce n’est pas votre faute, c’est lié à votre intelligence supérieure.

        Oui, il y a un excédent budgétaire primaire, et après ? Mais par exemple 500 femmes de ménage du ministère de finances virées, remplacé par un service privé externe (car il faut bien balayer un peu) pour vous c’est « pertes et profits ». Et la liste est longue ; Obama évoque un pays pressuré.
        Mais vous êtes cohérent : en France vous soutenez aussi ces politiques ineptes des Macron et Hollande qui à petit feu détruisent tout notre société et qui n’ont aucun résultat . Mais les faits…

        J’avais un jour décidé de ne plus vous répondre ; faites comme bon vous semble. Pour ma part, j’ai dit — le plus calmement que je le pouvais — ce que j’avais à dire.

      3. Tss tss Seignan, c’est bien Tsipras et SuperVarouf – comme Samaras avant eux – qui, à raison, mettent en avant les excédents budgétaires primaires obtenus au prix du sang, de la sueur et des larmes des grecs sans résultat tangible autre que ce chiffre que tu trouves dérisoire mais qui est leur seul butin, leur seul trophée (et leur seul gage de relative indépendance financière). Il s’agit bien de leur rendre justice de cela plutôt que de verser dans le misérabilisme. Leur atout est là, d’abord là. La preuve chiffrée qu’ils ont mené cette guerre absurde imposée cinq ans durant et qu’ils l’ont gagnée, la preuve d’un immense courage gaspillé, la preuve qu’ils ont gagné le droit désormais de la finir à leur guise : en mettant en oeuvre leurs réformes structurelles et non celles qu’une troïka, quelle qu’elle fût, était évidemment infoutue de leur faire appliquer.

    2. Évidemment!
      C’est ça la seule et unique info du jour!
      Et la seule source de ce fleuve de commentaires, entre coupures de poils en quatre et cynisme triste anti-déception!

  2. La Grèce pourrait demander l’annulation de la partie de la dette correspondant aux sur-taux d’intérêt (écarts ou gaps de taux d’intérêt) payés par l’Etat grec comparativement à ceux payés par les banques privées à la banque centrale, avec une hypothèse de l’ordre de 10% en moyenne/an, me semble t’il sur la période 2008-2015, c’est la moitié de la dette. Les grands Etats et banques centrales hors zone euro (USA, GB, Japon) ont eux monétisé ou fait racheter par la banque centrale une bonne partie de leur dette publique.
    Une autre revendication serait une amende de plusieurs milliards de dollars à Goldman Sachs, puisque ce sont eux qui ont contribué à maquiller les comptes de la Grèce pour la faire entrer dans la zone euro.

    Sur Obama, il ne faut pas oublier que l’électorat et les militants démocrates sont plus axés sur le travail, l’électorat républicain est plus conditionné par les media de la caste financière ultra réac (Fox News, Tea Party…) et sur les intérêts du capital rentier saupoudrés d’intégrisme religieux et de racisme (carte du parti républicain 2008 presque identique à la carte des Sudistes de 1860).

    Obama a aussi intérêt à ce que le système financier ne pète pas de nouveau avant 2016.
    Merkel a aussi dit qu’elle n’enverrait pas d’armes en Ukraine. C’est un bon point.

    1. Une autre revendication serait une amende de plusieurs milliards de dollars à Goldman Sachs, puisque ce sont eux qui ont contribué à maquiller les comptes de la Grèce pour la faire entrer dans la zone euro.

      Ouïe aïe aïe ! Mais évoquer une telle idée en face de Mario Draghi, c’est parler de corde dans la maison d’un pendu 🙂

      Car c’est bien lui qui dirigeait la partie européenne de Goldman Sachs lorsque cette banque aidait le gouvernement grec à maquiller ses comptes.

      Lors de son audition par le Parlement européen avant son entrée en fonctions à la tête de la BCE, il a du répondre à une question sur ce sujet de l’aide de GS à la fraude dirigée contre les Européens..

      Comme de bien entendu, il n’était au courant de rien. Et il l’a bien confirmé.

  3. Il est possible qu’il est des bottes secrètes dans la stratégie grecque , mais pour l’instant , on en est plutôt à :  » si tu ne viens pas pas à Varoufakis , Varoufakis viendra za toi ! ».

    Extraits:

    « Mais si aucun accord n’est possible, ni trouvé ?
    « Alors, je le dis clairement : « la mort est préférable. » Le vrai déficit de la Grèce, c’est un déficit de dignité.  »

    « Qu’entendez-vous par « la mort » ? La sortie de la zone euro ?

    Le terme de « mort » était allégorique. Et comme toute allégorie, moins on l’explique et mieux on le comprend. Quant à la sortie de la zone euro, je veux insister sur le fait que nous avons le droit de rester dans la zone euro. Nul ne peut nous le contester. »

    « La crise de 2008 est une crise comparable à celle de 1929 et l’on se souvient que cette dernière crise a libéré des forces qui ont détruit l’Europe. Or, nous n’avons jamais été autorisés à traiter de cette crise comme d’une crise systémique. L’Europe a toujours insisté sur le fait que la crise en Grèce était une crise grecque. Ce n’en est pas une. Nous devons enfin comprendre que si nous voulons une union monétaire, nous devons créer un réseau de solidarités internes. Une victoire de Syriza serait l’occasion de traiter enfin la crise dans sa vraie dimension. »
    ………………………………………..
    Et pour les feignants , ou ceux qui n’ ont pas le temps de lire , une fiche de lecture du livre de varoufakis à la fin cet article, pour comparer avec le ressenti de mister Jorion

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20150120trib9ab84d48e/la-grece-peut-forcer-l-europe-a-changer.html

    1. Citations:
       » Il y a, depuis le début des années 1990, la volonté du PS de capturer la Bundesbank pour permettre à la France d’être riche au-delà de ses propres limites.  »

       » En réalité, la France est en guerre avec l’Allemagne, et cela conduit à une véritable vassalisation de la France, à la création de ce que j’appelle un « Vichy post-moderne. »  »

      Des déclarations tirées du vademecum, catégorie french bashing ( petit manuel des idées toutes faites, en vrac et prêtes à l’emploi, à l’usage du parfait Anglo-Américain, entre amis, en réunion ou cocktail ).
      Il est vraiment britanno-centré…

      Mais il a (encore) changé d’avis: les USA, c’est fini.

       » le « Minotaure » est en train de mourir. La croissance américaine actuelle ne peut cacher deux réalités : les emplois créés sont souvent des emplois précaires et le recyclage des excédents créés par les déficits américains à Wall Street n’est plus possible. »

  4. Les copains US sont de retour

    « Rappelons qu’en décembre 2010 un accord a été signé entre Israël et Chypre en vue de faciliter et de poursuivre les recherches off-shore d’hydrocarbures – de part et d’autre – dans la partie orientale de la Méditerranée … de gigantesques réserves de gaz ayant été alors découvertes dans la zone. Selon les contrôles de la commission gouvernementale israélienne mise en place pour gérer un fonds d’exploitation des ventes, les recettes prévues des gisements « Léviathan », « Tamar » et « Dalit » se monteraient à 100 voire à 130 milliards de dollars jusqu’en 2040.
    Le groupe américain Noble Energy, alors principal opérateur du site indiquait alors pour sa part que les réserves du gisement offshore de gaz naturel au large d’Israël baptisé Léviathan étaient estimées à 450 milliards de m3.
    « Cette découverte fait potentiellement d’Israël un pays exportateur de gaz naturel », avait alors souligné David Stover, haut dirigeant de Noble Energy, société basé à Houston, Texas. Confirmant ainsi les propos du le ministre israélien des Infrastructures nationales Uzi Landau. Lequel avait affirmé qu’ Israël pourrait devenir un exportateur de gaz … vers l’Europe … au grand dam de la Russie. « Nous sommes d’ailleurs prêts à collaborer à un tel projet avec des investisseurs étrangers, mais aussi avec la Grèce et Chypre« , avait-t-il même précisé. »
    Elisabeth Studer

    Total abandonne la prospection, poussé ou contraint ?

  5. Ce qui perdra la Grèce c’est la Bulgarie ! Parce qu’aucun pays européen ne peut s’aligner sur des salaires aussi … « compétitifs ». La marge de manœuvre grecque est juste inexistante sur le moyen terme, question de frontières.

  6. (De mon voyage en décalage horaire.)

    Pfff!
    Quel foutoir [les commentaires sur] ce blog !

    Les discussions sur la finance, c’était plus cool, non?

    Pourquoi les avis éclatent-ils à ce point ?

    Le gouvernement grec d’aujourd’hui s’attaque à ce qui est globalement reconnu sur le blog de Paul Jorion comme une horreur foireuse.
    Ce gouvernement le fait avec un talent certain!
    François Leclerc ne le cache pas.
    Paul Jorion se plonge dans un des livres de Yanis Varoufakis.

    Varoufakis au quotidien a un talent qu’aucun de ses livres ne peut résumer: c’est une règle plutôt universelle.

    Et comme il est au coeur d’une agitation cruciale, Yanis va continuer de surprendre et de créer. Quoique nous disions: « eppur se mueve. »

    Au final, une seule attitude est productive: la bienveillance.

    (Les ricaneurs peuvent s’abstenir! Ils sont bien trop prédictibles.)

  7. Résumons:

    Suite aux élections, la Grèce est en capacité de faire exploser l’Europe, patiemment construite depuis les USA et WW2 pour affaiblir l’URSS, puis ensuite affaiblir les nations européennes dont certaines, et en particulier la France, on parfois tendance à perturber la paix des Friqués.

    Car les Friqués dominent le monde depuis les USA, terre acquise de tous temps à leur idéologie.

    Donc, ne voulant surtout pas voir exploser ce magnifique outil de leur domination qu’est la construction européenne, ils utilisent leur marionnette Obama pour calmer le jeu.
    Car leurs trop zélés zamis aux manettes de leur Europe, ont bien failli tout faire péter en appuyant trop fort sur les grecs. Donc, ils vont faire en sorte de sortir la tête de la Grèce hors de l’eau.

    Mais cet incident est fâcheux car c’est un précédent. Il se pourrait bien que cette histoire se répète ailleurs en Europe. Il pourrait alors se former un bloc européen anti-[cette construction européenne]

    Le pire est qu’un phénomène joue contre les Friqués: le développement technologique.
    – Il supprime le travail qui est (était) un merveilleux outil pour tenir les masses tranquilles,
    – Il offre des moyens de communications incontrôlables, qui permettent aux masses de s’organiser pour contrer leurs manœuvres.

    Une autre ère s’annonce, qui pourrait bien voir les cartes se redistribuer.
    Enfoncer les masses dans la misère pour mieux les dominer, est plus problématique qu’ils ne l’espéraient.

  8. Bonjour,

    Une des idées de Yanis Varoufakis est de mettre l’Allemagne (excédentaire) dans une position qui singe celle des USA pendant les 30 glorieuses, à l’échelle européenne. A cette époque, les USA recyclaient leurs éxcédents commerciaux dans le reste du monde (Europe, Japon)

    Le principe est que les excédents du leader commercial sont réinvestis dans les autres pays… (au lieu d’être thésaurisés et prêtés)

    Le facteur critique du succès est de « recycler » les excédents. Si cela ne se fait pas le déséquilibre s’installe et les riches deviennent plus riches…

    Ce que la finance a fait est de recycler les excédents (à l’échelle nationale et internationale) via le crédit au lieu de l’investissement. Elle a essayé de gagner sur tous les flux ! A l’aller sur les échanges commerciaux et au retour sur le recyclage via le crédit (avec les fraudes en plus).

    Si le recyclage est basé sur l’investissements, tout le monde gagne. S’il est basé sur le crédit, les riches s’enrichissent sans cesse jusqu’à ce que cela pète.

    A l’échelle nationale, si les riches prêtent aux pauvres les inégalités et le rapport de force augmentent.

    A l’échelle internationale, si les pays riches prêtent aux pauvres, c’est juste pareil…

    Le Minotaure a implémenté simultanément ces deux mécanismes (endettement privé et public) et la finance a déliré avec les flux de capitaux.

    Ce que la finance n’a pas compris est que l’économie fonctionne en boucle fermée (la production est consommée et le surplus est réinvesti dans la production – ce que YV appelle le recyclage) et pas de façon linéaire… Si l’on supprime le recyclage, les inégalités et le chaos s’installent… (en 1929 jusqu’à ce qu’une guerre remette de l’ordre)

    Note : pendant la période du Minotaure, les USA ont inversé le sens de rotation de la roue économique car ils sont devenus déficitaire commercial et ont utilisé leurs dettes jumelles – publique et commerciale – pour siphonner les capitaux. D’où les dérives/délires de la finance.

    Pierre

  9. La Grèce est malheureusement un tragique cas d’école. Et pour une fois on a l’occasion de démontrer des évidences : la vérité peut être dangereuse comme le raconte le « Roi est nu »
    Un jour Paul Jorion ayant assisté à une réunion au parlement européen (je crois me souvenir) a dit que les gens de la Troïka étaient les prêtres d’une religion féroce; pas des idiots mais des gens qui consciemment appliquaient une politique au service d’une caste, les 1% .
    Et la stratégie grecque qui aboutit à une excédent budgétaire primaire en est un magnifique exemple. Oui les Grecs ont cette carte qui leur a été imposé au prix fort par les politicards des trois familles, pas par les gens de Syriza — on se demande si certains experts autoproclamés ici réalisent qu’au-delà des chiffres il y a des humains. Oui Y. Varoufakis a travaillé avec Papandréou : et alors ? M. Colmant qui a fait un livre avec PJ, n’aurait-il pas le droit d’évoluer dans ses idées ?
    Mais bien sûr évoluer, accepter de modifier ses opinions, c’est au dessus de moyens des dogmatiques, par définition.
    Pour dégager un excédent on peut réduire de façon inique les dépenses au détriments des « assistés » ou alors taxer les revenus des plus riches ; faire des réformes qui attaquent le noyau dur des inégalités et des mafias politico-financières. En Grèce les armateurs, l’Église et tous les très riches fraudeurs avec leur corruption et leur clientélisme.
    Sortir du cadre et travailler en amont. Les dettes ont été imposées en temps de paix pour sauver un système et elles ont commencé à croître avant la crise pour favoriser l’accumulation au nom de la théorie du ruissellement avec les années 80 : TINA de Reagan et Thatcher. Depuis les exemples des absurdités ineptes de la machine à concentre les richesse sont innombrables.
    En Espagne on fait des économies drastiques sur l’éducation et la recherche, on sacrifie l’avenir au nom du dogme budgétaire.
    Et en France, ce n’est pas une loi Macron qui peut réussir en RIEN à diminuer un chômage à 5 millions, structurel. Par contre on a bien vu systématiquement des tentatives de faire passer en douce des amendements assez curieux, toujours soi-disant pour favoriser l’offre (=les patrons) mais en réalité pour renforcer ce pouvoir néolibéral qui pèse comme une menace sur nos libertés.
    Autre cas typique : tout le monde a vu l’absurdité et le vol légal que fut la privatisation des autoroutes… et que fait le gouvernement socialiste: il privatise l’aéroport de Toulouse. Non rien jamais ne les arrête.

    Mais la Grèce semble un gros grain de sable. Oui, Guy, il faut être bienveillant … et solidaire !

    PS- y a en qui z’aiment utiliser parfois du langage pseudo- familier : moi j’aime la typo qui renforce des RIENS.

  10. Le ministre Syriza des réformes administratives, Georgios Katrougkalos, vient de déclarer : « je peux vous assurer qu’un Parlement, où Syriza a la majorité, ne ratifiera jamais cet accord [le TTIP ou pacte transatlantique] ».

    http://www.commondreams.org/news/2015/02/02/syriza-official-vows-kill-eu-us-trade-deal-gift-all-european-people

    …autant pour le supposé tropisme opportuniste pro-US de Syriza !…

    On joue décidément aux petits chevaux : « cheval de Troie-Syriza » ambigu (pro-russe ? pro-US ? anti-euro ? pro-statu quo de l’euro ?) contre « cheval de Troie-TTIP » (des USA ? du néolibéralisme financier ? de la dictature mondiale des transnationales ?)

    1. Ratification du TTIP

      USA: soit le Sénat donne les pleins pouvoirs au président (fast track) soit le Sénat ratifie (à la majorité des 2/3?)

      UE : le plus probable est que le traité soit appliqué (partiellement?) jusqu’à ce que la question de savoir qui doit le ratifier soit tranchée par les instances juridiques appropriées, comme expliqué ici:
      http://www.ttip2014.eu/blog-detail/blog/National%20Parliaments%20TTIP.html

      Rappel: « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »

    2. Les négociations ont repris lundi dernier, toutefois en laissant de côté le mécanisme d’arbitrage qui semble gelé … et on peut le comprendre.

      1. Sans mécanisme d’arbitrage plus d’accords transatlantiques.
        Les accords transpacifiques aussi bloqués soient-ils vont finir par nous passer devant à ce rythme, voire le « mirifique projet » de l’APEC…

      2. Oui, tu as raison

        Mais justement, ce gros sujet de désaccord est mis de côté afin de faire avancer les négociations secteur par secteur.

        Et c’est bien ainsi qu’il faut procéder au lieu de tout bloquer sur 1 point, même si il s’agit de la pierre angulaire.

      3. @moût gâté
        les arbitrages, en pays civilisés et démocratiques, si tant est que tu comprennes ce terme …, se font devant les tribunaux
        pas devant des sherifs vendus
        ce qui permet au bien public de transcender le « bien privé »

        pour l’apec, c’est le consensus qui te gêne?

        la vrille devant et pas une tête qui dépasse?

  11. C’est amusant de les voir tous faire des ronds de jambe à Syriza, alors qu’ils n’ont jamais cessé de les « importuner ». C’est dire l’enjeu, ça doit s’agiter sec dans les milieux diplomatiques…. Chapeau Tsipras, et ses copains.

    En plus que Merkel veut sauver son Allemagne, avant le Système! ça doit être rigolo les discussions entre elle et Obama!

  12. @Philou, Gagnot et autres:
    Quand je vous disais que le spectacle est excellent… La moitié des personnages et la moitié du public se font balader.

  13. cf: « Si vous imaginez que la carte secrète d’Alexis Tsipras, c’est la Russie… »

    Effectivement, personnellement je le pense. Solidarités « nationalistes » et « orthodoxes ».

    Je pense qu’ Obama voit d’un mauvais œil la Grèce (membre de l’OTAN) éventuellement se rapprocher de Poutine au moment où le conflit ukrainien va rentrer dans une nouvelle phase dès que la météo sera plus clémente.

    Comme il est l’actionnaire majoritaire du FMI, il n’a qu’à effacer la dette grecque.

    1. Sur les 320 milliards de dette grecque, 32 seulement sont détenus par le FMI

      Les conséquences d’un symbole consistant à effacer cette ardoise ne se limitent pas à un montant (32m) et à un pays (la Grèce). TOUT l’édifice FMI sera mis à l’épreuve de ses contradictions et de son inadéquation par rapport au monde de 2015, viennent immédiatement à l’esprit les questions:

      -pourquoi la Grèce et pas l’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie, d’autres pays européens?
      -pourquoi des droits de vote inégalement représentés?
      -l’alternative BRICS au FMI/Banque mondiale peut-elle devenir plus attractive?

      Et le FMI a essentiellement été un outil de la politique hégémonique des USA depuis sa fondation en 1944 où personne n’aurait songé à contester cette hégémonie.

      Quand Paul Jorion mentionne une entrée sur scène des USA pour la dernière fois, j’interprète qu’ouvrir cette porte, qui es la seule que peut privilégier la raison, c’est pour les USA accepter de leur propre chef de descendre de la première marche du podium.

      Obama n’a plus beaucoup de pouvoir et de temps devant lui et paradoxalement il n’a jamais eu autant de raisons pour marquer la destinée de l’humanité toute entière. Mais il n’est pas entouré que de gens raisonnables et les USA ne manquent pas d’individus sains d’esprits pour lesquels un autre monde signifie plus à perdre qu’à gagner. Sans oublier une série d’autres qui fonctionnent en mode reptilien ce qui n’est jamais une bonne chose pour un règlement harmonieux des problèmes.

      1. On trouve donc aux USA, selon Lazarillo, et particulièrement dans l’entourage de Obama, d’un coté des vautours (ou « very serious men ») et de l’autre des reptiles (ou « not very serious men »). Plus un pygargue à tête blanche ? Mais noir. Et un raton laveur ? pour faire le ménage.

      2. Manque la chouette chevêche dans ta fable.

        « La chouette chevêche est le symbole de la sagesse dans le monde antique. Elle est liée à la déesse grecque Athéna, à laquelle Homère attache déjà l’épithète de glaukopis (« aux-yeux-de-chevêche »), peut-être pour sa perspicacité dans les ténèbres (de la nuit pour l’oiseau et de l’ignorance pour la déesse). Déesse des Arts et de la sagesse, de la guerre défensive et de l’activité intelligente, elle prête son symbole ailé à la ville d’Athènes, qui frappe monnaie à l’effigie de l’animal qui se retrouve actuellement sur la pièce grecque de un euro. Dans de nombreuses institutions (écoles, universités), la chouette fait partie des armes héraldiques »

    2. Chacun ses orthodoxes . En même temps envoyer le FMI dans une  » troïka »….

      Si votre scenario s’avérait , l’Europe des Balkans pourrait bien refaire parler d’elle .

      Ach ! Frau Merkel .. Sie müssen das wohl überlegen ….

  14. C’est fascinant ce qui se passe chez les hellènes ! Aussi bien Poutine qu’Obama s’intéressent à ce pays qui ne représente pourtant que 2,3% du PIB de l’UE (chiffres INSEE 2013), étrange, c’est donc que potentiellement les grecs pourraient avoir une influence déterminante sur l’équilibre politico-économique actuel ?
    Je n’ai pas le souvenir qu’Obama ait réagi à l’époque du « …..Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance…. », pas de soucis, le locataire de la Maison Blanche a du être immédiatement rassuré, F. Hollande élu n’enverra pas de  »bombinette » sur Wall Street !

  15. @ Paul Jorion
    Ca fait plaisir de voir la démocratie s’exprimer à plein ici, hein ?
    Foutraque et pourtant riche de remarques et de sensibilités !
    Vous avez cru un moment qu’on allait abandonner ?
    Soyez rassuré, c’est maintenant qu’on commence vraiment et vous n’y êtes pas pour rien !
    Comme dit Guy Leboutte, on commence enfin à s’amuser.

    Seul pb : c’est une armée de modérateurs dont vous allez avoir besoin si vous rouvrez les vannes des commentaires… on peut toujours rêver. 🙂

  16. De tous les commentaires j’en ai retenu quelques- uns de plausibles…
    Les gisements aux larges de la Crète…les intérêts économiques en jeu pour les USA …et le commentaire d’Edith du 2 février 2015 à 16:35 « Les Etats Unis regardent avec inquiétude, leurs futurs consommateurs européens se transformer en une population de pelés et de tondus.
    Ils se sont cassés la tête pour que le « lissage » entre eux et ces pays soit le plus avancé possible.
    Ils se démènent pour mener à bien le TAFTA.
    Tout cela pourquoi, si la récession emporte l’Europe ? »…
    Auxquels j’ajouterai l’intérêt des USA à garder l’Europe ‘unie’ et la Grêce comme’ alliée’ afin d’éviter son veto vis-à-vis de l’ingérence des USA en Ukraine (l’aide militaire bientôt plus conséquente…)

    1. Les Etats Unis regardent avec inquiétude, leurs futurs consommateurs européens se transformer en une population de pelés et de tondus.
      Ils se sont cassés la tête pour que le « lissage » entre eux et ces pays soit le plus avancé possible.
      Ils se démènent pour mener à bien le TAFTA.

      Non, ça je n’y crois pas. Les Friqués s’en foutent du marché en tant que marché. Ils veulent juste que les masses leur foutent la paix. D’où l’importance de dominer, et tous les moyens sont bons (le marché, la guerre, la finance…)

      Tout pourrait s’écrouler, du moment qu’ils conservent leur pouvoir bien assis aux états unis, et la main sur les ressources, le reste est sans importance. Sauf si, comme Syriza, des adversaires du Système un peu plus malin que les autres venaient réellement perturber leur torpeur…

      1. Mais non, vous mélangez tout.

        Ce que vous appelez improprement les « friqués » émanent du secteur primaire, du secteur secondaire et du secteur tertiaire.

        Ces sociétés (et donc leurs actionnaires) ne peuvent survivre si les capacités de consommation se réduisent à peu de chagrin.

        C’est pourquoi les Etats Unis et dernièrement le ministre Grec de l’économie s’attachent à redonner du pouvoir d’achat au classes moyennes, qui il faut le préciser, sont les premières à les intéresser.

      2. @ edith 3 février 2015 à 15:07

        Je ne vois pas ça comme vous:

        La société mondiale est une pyramide, avec en bas les pauvres, très nombreux, sans aucun pouvoir, sauf celui de vendre éventuellement leur maigre force de travail.

        Au dessus, les moyens, qui avions encore hier le pouvoir lié au fait que notre « force de travail » était indispensable au bien être de ceux du dessus.

        Au dessus les hyper fortunés (que j’appelle « les friqués »), en concurrence pour qui va capter un maximum de ressources.
        Ce sont eux qui mènent le bal. et plus particulièrement celui qui est tout en haut.

        Il peut y avoir provisoirement des intérêts communs dans tous ça, mais toujours moins car la compétition élimine toujours plus de monde.

        Peu importe donc le marché ! Ils n’ont pas besoin de vendre pour dominer, il suffit à celui du sommet de la pyramide de rester maître des ressources dont certaines entreprises indispensables à sa domination.
        Tous les autres peuvent disparaitre. C’est le but implicite du Système.

        Les entreprises et le marché ne sont que des moyens qui permettent à leurs actionnaires de participer à la compétition, mais peu importe qu’ils soient au final éliminés. Sauf 1.

        En fait, c’est comme au Monopoly…

        Ce qui vous trompe est que cela se déroule sur un temps beaucoup plus long qu’une partie de Monopoly, et vous êtes dans le feu de l’action. Il faut voir ça de manière extérieure au jeu.

        On veut redonner du pouvoir d’achat aux grecs pour éviter qu’ils ne fassent exploser la construction européenne américaine! Car cela pourrait libérer des forces politiques nuisibles aux intérêts des friqués…

  17. Je résume ce que j’ai compris :

    Que l’Europe gagne ou perde…
    Que la Russie gagne ou perde…
    Que les Arabes gagnent ou perdent…
    Que les Juifs gagnent ou perdent…
    etc..

    A la fin les (entreprises des) USA gagnent toujours 🙂

    J’ai tout compris ?

    1. Oui, mais l’essentiel ce ne sont pas les entreprises américaines en général, mais les Ressources, dont en effet certaines entreprises indispensables à la domination des USA, et donc des Friqués. Celles là seront toujours protégées, même si le monde s’écroule.

    2. Tout en sachant que les (les entreprises des) USA sont déjà très embarrassés… ils auront la gloire de périr au combat, les spartiates économique.

    3. Il y a encore d’autres sparring partners ( dont la Chine qui s’est contentée d’étatiser le système capitaliste ) , mais le principal, c’est que la fin n’est maîtrisée par personne et que c’est bien ça le problème à résoudre .

      Je reste sur mon rendez vous en 2060 .

      1. Non . Prudent seulement !

        Il y aura longtemps que je ne verserai plus mon obole à la donation du blog à cette date là .

  18. Que les « USA » via Obama et sa sortie sur la Grèce, « semblent » se préoccuper maintenant de leur classe moyenne (et encore sur quelle critère de richesse, de pouvoir d’achat et de « protections sociales » parle t-on au regard de la chute du « taux d’employabilité » aux US…?) des inégalités, d’un électorat plus potentiellement abstentionniste, cédant au populisme que enclin à adhérer aux promesses bien vaines…. et par effet domino, effet de manche (?) de celle européenne, veut-il dire que ce pays dominant par rapport au poids excessif de sa monnaie (sans réel effet paritaire), et dettes publiques/privées insurmontables, par rapport à ses appétits énergivores irresponsables, veut-il dire qu’il s’intéresse aussi aux classes moyennes (modestes, pauvres extrêmement pauvres) des pays émergents et pauvres…? Voir… Est-ce que Obama et les US comme en Europe et ailleurs « on » semble plus s’occuper du pouvoir d’achat du-de la consommateur-trice/citoyen-ne ou du consumérisme soit son opposition totale…?

    On parle de cette « classe moyenne », d’enfants souvent, se crevant au sens littéraire comme réel du terme à la tâche (quand bientôt elle sera remplacée par des robots) qui fabrique les téléphones portables de la marque à la pomme, les ordinateurs, tablettes, etc griffés made in USA, et des « objets » connectés, cette promesse de « croissance » de demain. On parle aussi de cette « classe moyenne » des pays africains du Bangladesh etc, qui encore sous le joug d’un néocolonialisme meurt sur des chantiers de construction, dans les mines de minerais, dans des usines s’effondrant,qui sans protections sociales, syndicats, sans Droits ni politiques non corrompus sont encore esclaves. Quand en plus elle ne meurt en habitant des lieux pollués (danger pour la santé publique) par l’industrialisation sans contrôles, sans normes, par les délocalisations plus rentables et autres externalisations des risques environnementaux. On parle de la logique mortifère de la « mondialisation » et sa « compétitivité » n’osant vendre la réalité de ses méfaits dans la course au moins disant social, fiscal, moral, environnemental… que sous le terme fallacieux de « bienveillante » et bienheureuse »

    On parle alors d’un déséquilibre et des inégalités dans la répartition et du partage des richesses, de Ressources, des risques, des pouvoirs et représentativités réelles, démocratiques institutionnelles, sociales, culturelles, cultuelles, de ce monde devant accélérer sa course aux profits défiscalisés, à plus « aucun frein économique » comme le principe de précaution, arrangeant autant les « intérêts généraux » et opaques de la classe moyenne US que ceux tout autant opaques (qu’ancestraux pourrait-on dire)de la classe moyenne et autre oligarchie européenne, en toute indifférence. On parle donc des dettes publiques qui imbriquées mélangées aux intérêts généraux noyés, neutralisés ne peuvent pas qu’être analysées sur la seule focale de celle Grecque…

  19. Texte de Evans-Pritchard sur le Telegraph qui signale le soutien à la Grèce non seulement des Etats-Unis mais encore du Royaume-Uni.

    Et prédit que l’Allemagne devra céder, mais qu’il devrait être possible de ne pas annuler franchement aucune partie de la dette grecque, afin de permettre aux créditeurs de ne pas perdre la face et d’éviter de faire apparaître leurs pertes aux contribuables.

    Un allongement de la maturité de la dette jusqu’à quarante ans, joint à une baisse de 1,5 point du taux d’intérêt moyen (qui serait donc proche de 1% !), devrait suffire selon Evans-Pritchard.

    How this will end is anybody’s guess. With goodwill on both sides, you could imagine a deal along the following lines:
    The Troika is renamed the Love Brigade. Greece’s primary surplus for coming years is cut from 4.5pc to 2.5pc of GDP, moving closer to fiscal neutrality and creating some leeway for Syriza’s social welfare programmes (not that expensive).
    To pay for this, the debt could be stretched out until 2055 – a date already circulated before – with the average interest rate cut by around 1.5 percentage points.
    Chancellor Angela Merkel could agree to this without having to admit to the Bundestag that German taxpayers have lost a lot of money (bailing out German banks in Greece) or having to submit the losses as a line-item in the annual budget.
    Syriza would have little difficulty calling this debt relief. There would be no more extend-and-pretend loans shovelled onto Greece. All would have a face-saving way out. The cost would be trivial compared with the huge sums already wasted.

    Je ne peux comprendre cela que comme une proposition de cacher sous le tapis les pertes pour le contribuable européen. Car enfin un taux d’intérêt à 1% sur 40 ans sera évidemment bien inférieur à l’inflation moyenne, donc c’est une perte assurée et pas de petite dimension. Pendant ce temps naturellement les banques qui ont été débarrassées des obligations grecques dévaluées par le contribuable… n’auront à se soucier de rien bien entendu.

    Mais avec la pression américaine et britannique, ça a plus de chance de passer effectivement. Washington n’a certainement pas envie d’une rupture entre Grèce et UE qui troublerait les marchés financiers et, pire de leur point de vue, pourrait entraîner un effondrement du régime des sanctions européennes contre la Russie.

    Coup de billard passant par ANEL et Moscou pour arriver sur Washington et finalement sur Berlin et Bruxelles, du point de vue du gouvernement grec.

    Assez bien joué, en effet.

    1. Sauf que sans tout ce ramdam, ni agitation de démons divers, ni supposés coups à n bandes, c’est bien cette solution de l’étalement plus baisse du taux d’intérêt moyen (par ex de 3 à 1,5% soit de 4,5% du pib 2014 à 2,3% en coût total de la dette comme indiqué dans l’article, bref un coût budgétaire à la française…) qui était déjà dans les cartons européens. Prête à l’emploi, annoncée souvent, bref disponible. Qu’Ambroise, le petit télégraphiste bruxellophobe, croit la découvrir enfin ne change rien à l’affaire.
      Mais bon, vive le storytelling, ah non pardon, on dit « vive la politique », et le théâtre.
      Perso j’aime bien Varouf quand il cite les derniers mots de l’Hotel California des Eagles à propos de l’€zone, même si la citation plait forcément à l’Ambroise :

      You can check out any time you like
      But you can never leave

    2. c’est bien cette solution de l’étalement plus baisse du taux d’intérêt moyen (par ex de 3 à 1,5% soit de 4,5% du pib 2014 à 2,3% en coût total de la dette

      C’est suffisamment ronflant et calculé au plus précis pour plaire aux experts. Deux chiffres après la virgule aurait été mieux, mais bon.

      (en fait les mecs ont griffonné ça vite fait sur un coin de table…)

  20. La conclusion de tout ça, est que dans ce Système de m…. , un petit chez soi (éventuellement grec) vaut mieux qu’un grand chez les autres.
    Et vive l’autarcie, plus des échanges éventuels, mais soigneusement pesés.

    On y reviendra fatalement, en attendant de se réunir éventuellement à nouveau dans un système ou la propriété des Ressources sera enfin propriété de la collectivité…

  21. Le coté positif de cette histoire est que Syriza ayant fait plié la Troïka et Merkel, Tsipras pourra relancer l’économie grecque, et servira d’exemple à l’Espagne, et aux autres qui voudraient suivre.

    Si les USA ne viennent pas y « rétablir la démocratie », ceux là seraient à l’origine de la construction d’une autre Europe.

    Pour tempérer cet optimisme, on a pas finit de tenter de renverser ces mal éduqués (affaire de mœurs/escroqueries…)

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