Aussi vrai que les cheveux vous tirent les poisons du corps…, par Marie-Paule Nougaret

Billet invité.

Avec un instinct très sûr, la révolte surgit pour tenter de sauver le plus précieux  : nous ne savons pas nettoyer l’eau, seuls les systèmes naturels le font. La zone à défendre (ZAD) de Notre Dame des Landes se situe dans un creux en haut de plusieurs bassins versants, propice aux marécages, bocages et prés mouillés. À Sivens dans le Tarn, quand Rémi Fraisse fut tué, fin octobre, on venait d’araser la forêt riveraine d’un cours d’eau jusqu’alors libre de gonfler jusqu’à son lit majeur, puis redescendre à l’étiage, en filtrant vers la nappe phréatique, selon la lune et les saisons.

Eau encore, à Roybon en Isère, où le projet de Center Parc menace le débit de la Drôme : la fédération de pêche a porté plainte (verdict en juin). Et eau, toujours, pour la ligne ferroviaire Lyon-Turin, qui pourrait tarir la source de Saint Thibaud de Couz, près de Chambéry, une ville sous pression démographique, avant même l’arrivée de la gare TGV, et qui surveille avec raison, la fonte des glaciers.

Quant aux nouveaux tunnels, dont l’utilité se discute après 20 millions d’€ de travaux sur la ligne existante  non seulement doivent-ils percer des montagnes d’amiante et d’uranium, et partant polluer l’eau qui refroidit les foreuses, mais encore faudra-t-il les drainer, au rythme de 60 millions de m3 d’eau par an, chiffre officiel .

Nous ne savons pas nettoyer l’eau. On peut la distiller pour la dessaler « et ce n’est plus la même », écrivait Aristote. 2300 ans plus tard, Bill Gates ne propose rien d’autre que la distillation des effluents humains de l’Afrique, sans préciser s’il préfère pour cela, brûler le fuel local très sale ou déboiser à mort).

On peut purifier l’eau avec des membranes calibrées sur la molécule H2O. Mais là encore, à quel prix, en énergie et pollution ?

Les stations d’épuration tentent d’imiter le travail de la nature, pour ce qu’on en comprend : décantation de l’eau dans les mares, filtration sur les graviers, oxygénation par les cascades. Un travail que l’économie ne compte pour rien, selon Vandana Shiva : la Terra Mater des anciens, toujours active, devenue Terra nullius, soit la terre de personne, au temps des colonies, n’est, dans le meilleur des cas, qu’un capital. Son travail n’entre pas dans le calcul de la valeur.

Qu’on nous comprenne bien. Il ne s’agit pas ici d’évaluer le prix de tel ou tel « service » distinct, que rendraient les écosystèmes, dans l‘idée bizarre d’en payer la destruction. Il s’agit de rappeler que si la nature s’arrête, tout s’arrête, à commencer par la respiration.

Les distinctions entre services rendus ne tiennent pas. Le travail de la nature est un tout. L’atmosphère et la biosphère interagissent avec la lithosphère (substrat rocheux). En plus de filtrer l’eau par exemple, les graviers abritent la ponte des poissons, freinent les courants, échangent des ions etc. Les animaux ne peuvent épurer l’eau et dépendent pour cela, de la végétation.

La plante a besoin d’eau, et même elle en détruit pour prendre de l’énergie (voir mon billet précédent). L’oxygène qui en sort s’échappe aussitôt. Mais pour capter le COaux molécules plus grosses, les plantes doivent ouvrir des pores dans leur feuillage vert. Alors de la vapeur d’eau fraîche sort sous pression.

Cette « évapotranspiration » comme disent les botanistes, ne concerne pas les cactus, ou les orchidées tropicales, qui ne laissent pas s’échapper l’eau et s’ouvrent au CO2 seulement la nuit (oui vous pouvez dormir près d’eux).

Cette transpiration des arbres, environ 200 l par jour  d’été, pour un platane de cent cinquante ans, se révèle très pure. Elle recharge les nuages et gonfle les pluies, elle rafraîchit l’atmosphère en ville et près des routes fréquentées. Elle imbibe les particules en suspension, les alourdit, et les fait choir, rendant l’air plus léger.

Pendant ce temps près des cours d’eaux, se joue un autre scenario. Les arbres qui poussent dans les milieux humides sous nos climats, sont de ceux qui perdent leurs feuilles. Lorsque survient la crue, les bactéries qui vivaient sur les feuilles mortes au pied du tronc, dans les racines, se retrouvent noyées. Alors, faute d’oxygène, elles se mettent à dévorer les nitrates dissous dans l’eau.

Ces nitrates, bien sûr, proviennent des engrais chimiques, épandus dans les champs au-dessus. Les plantes adorent ça, ça stimule leur croissance, mais ça les fatigue et les assoiffe puisqu’il leur faut aussi de l’eau propre. On en met toujours trop, la nature en fabrique déjà bien assez. C’est là le B.A. BA de l’agriculture bio, la raison de sa résistance aux sécheresses. Une partie de l’excès ruisselle avec les pluies vers la nappe du cours d’eau. Mais les nitrates, toxiques pour bébé, dans l’eau du biberon, sont aussi suspectés de favoriser les cancers. Pourtant c’est tout juste si la France n’oblige pas les charcutiers à en farcir leurs produits. Alors voici ta récompense lecteur : le jambon italien marqué DOP (de origina protettata) se compose seulement de viande et de sel (ne  pas acheter prédécoupé : c’est hors de prix).

Mais il y a mieux encore : les plantes aquatiques. La plupart des roseaux, iris, lotus et compagnie, possèdent une tige aérienne creuse, qui permet à l’oxygène (produit par la plante même) de descendre dans leur base immergée. Ainsi des bactéries aérobies peuvent-elles vivre sous l’eau, dans les racines, et détruire les polluants à base de carbone de la chimie du pétrole comme des élevages ou des flux urbains. Ces microbes élaborent même des composés qui piègent les métaux toxiques dans les rhizomes des plantes immergées. Aussi vrai que les cheveux vous tirent les poisons du corps.

Partager :

60 réflexions sur « Aussi vrai que les cheveux vous tirent les poisons du corps…, par Marie-Paule Nougaret »

  1. Cette transpiration des arbres, environ 200 l par jour d’été, pour un platane de cent cinquante ans, se révèle très pure. Elle recharge les nuages et gonfle les pluies, elle rafraîchit l’atmosphère en ville et près des routes fréquentées. Elle imbibe les particules en suspension, les alourdit, et les fait choir, rendant l’air plus léger.

    « Sécurité routière : des milliers d’arbres de bord de route vont être sacrifiés à la voiture »

    http://www.politis.fr/Securite-routiere-des-milliers-d,29863.html

    1. Stupide .

      Ce débat qui a pu avoir une réalité il y a une trentaine d’années , est largement derrière nous grâce à la compétence de pas mal de gens , dont des ingénieurs routiers , qui ont  » planté » , sur cette période , 3 à 4 fois plus d’arbres d’espèces variées qu’ils n’ont coupé de vieux platanes malades .

  2. Bonjour,

    Les entreprises produisent-elles vraiment de la richesse ?

    Les économistes penchés sur leurs écrits affirment que oui. Ils la comptabilisent par le PIB
    Cependant, si on demande à un économiste diplômé d’analyser un cas, sa certitude s’amenuise.

    Danone et ses yaourts par exemple.

    En dehors du pétrole pour le plastique, de l’aluminium pour l’opercule et du déjà déchet aussitôt ingurgité, maintenant assez connus, il y a la vache qui produit 10 000 l par an d’un lait frelaté au lieu des 2 000 sans dopage, le système supermarché qui gravite forcément autour du bête yaourt si facile à faire soit même ou précédemment mercantilisé localement.

    Finalement, la richesse produite par l’entreprise Danone provient de l’appauvrissement du « bien commun », de la paisible beauté apaisante gratuite d’une vache au pré,de l’obésité consécutive à des produits sucrés artificiellement à prix bas et de la campagne devenue économiquement morte.

    Finalement, Danone appauvrit. Son PIB devrait être compté négatif.

    Amicalement,

    Delphin

  3. Merci beaucoup pour cet exposé clair et instructif .
    J’ai lu quelque part que les chinois expérimentaient des techniques de dépollution de l’eau à base de végétaux .

      1. C’est pourquoi Annecy le Vieux a reçu des subventions pour planter des roseaux sur certain endroit de la rive du lac. Ces roseaux sont bien connus pour leur qualité dépollution de l’eau. En même temps la municipalité construisit un port flottant pour traîner de riches couillons sur le Lac. « Traîner de riches couillons » est l’expression d’un garde des Eaux et Forêts avec qui je discutais du non sens de ce port. J’ai appris que l’unité de compte d’un port comme celui-ci est l’anneau. J’ai cru comprendre qu’il existait une mystique de l’anneau parmi les aménageurs.

        Or, les remous des hélices cisaillent la partie sub aquatique des roseaux. Car roseaux et port sont au même endroit, le seul disponible. C’est tout bête: tout le reste a été « aménagé », c’est-à-dire bétonné.
        Les inconvénients de la motorisation ne se limitent pas aux remous, il faut en particulier compter sur les gaz d’échappement et fuites huile et carburant.

        En réalité, les roseaux poussent mais représentent un volume insignifiant. Je pense que la surface plantée se serait agrandie avec des conditions favorables.

        Un exemple ordinaire où les riches et les snobs de la région prélèvent plus que leur part de la richesse de la Nature.
        Le Docteur Servettaz est mort trop tôt. Il n’avait eut à lutter que contre les Ponts et Chaussées.
        (Livre: Docteur Servettaz, lac d’Annecy Eau pure. Semble épuisé. Non trouvé; lu à la bibliothèque d’Annecy il y a 25 ans environs.)
        J’ai moins de renseignements sur le lac de Nantua qui a fait, lui aussi, l’objet d’efforts pour l’épurer. Mais à la vue d’un immense quai de béton, on constate que la mystique de l’anneau est la suite logique d’une eau enfin favorable… au pognon.

      2. Autour des années 1985,Yves Charbonnel(chimiste,Univ.Paul Sabatier,Toulouse 3)et Anne
        Rivière(Docteur en Environnement) ont expérimenté un système de « lagunage à macrophytes »
        au Sénégal.Ce système a été diffusé par leur soin dans le cadre de la  » station internationale
        de recherche contre la faim dans le monde » de Toulouse(aujourd’hui malheureusement
        mise en sommeil).Mais cette « technologie appropriée » a été reprise avec un succès croissant
        par Anne Rivière dans le cadre de l’association EAU VIVANTE.On trouvera de nombreuses
        informations utiles en tapant précisément EAU VIVANTE.
        J’invite Marie Paule Nougaret à contacter Anne Rivière de ma part.

  4. Merci beaucoup pour ce billet, dense, très instructif sur les multiples interconnexions complexes des processus naturels et … poétique; cela me rappelle les passages du film « Avatar » qui évoquaient aussi les liens très étroits entre les différentes formes de vie. MERCI
    Marie-José

  5. Entre lagunage et stations sophistiquées , j’ai du accompagner la réalisation d’une bonne vingtaine d’installations de traitements des eaux usées .

    Ce qui m’a convaincu qu’il n’y avait rien de plus économiquement incompréhensible et con qu’une station d’épuration : on s’évertue à dépenser notre richesse pour investir (et faire fonctionner) dans un bidule qui consiste à essayer ( très partiellement ) de reconstituer un état positif dont on disposait naturellement ,et que l’on pouvait préserver pourvu qu’on s’y prenne autrement pour « produire » .

    Mais tout s’éclaire quand on comprend que la « production » est privée , et la « réparation des dégâts » , publique .

    Cerise sur le gâteau , on peut privatiser la réparation en la faisant payer au public .

    L’eau , comme l’information , est un « bien commun » essentiel que la puissance publique et démocratique ne doit sous traiter qu’à des conditions léonines et souveraines .

    1. Comparaison n’est pas raison, le système ‘eau’ n’est pas ouvert sur l’infini, alors que l’univers des informations est, lui, un système tout à fait ouvert sur l’infini.
      Si le système « eau » est lui-même considéré comme un sous ensemble du système d’information, alors il n’alimente qu’à ce titre bien délimité le système global d’information.

      1. Le « comme  » n’avait rien de comparatif .

        Il signifie plus bêtement que Eau , Information et pas mal d’autres choses ( demandez à François Leclerc ) sont des biens communs .

        Après , on peut discuter de la nature systémique des biens communs , mais c’est en faire peu de chose .

    2. « tout s’éclaire quand on comprend que la « production » est privée »

      Ah bon, l’eau n’est pas « produite » mais distribuée par des privés par délégation ou par des collectivités publiques , en France, elle est gratuite tout simplement dans d’autres pays.
      Ce qui est facturé en France , ce ne sont que les coûts de distribution ( canalisations etc..) et de retraitement.
      L’eau, en soi, est une richesse qui n’a pas de prix, considérée comme cela , on y fait un peu plus attention.

      1. « Production » était un terme générique qui ne visait pas particulièrement la « fourniture  » de l’eau ( protection des sources et bassins, pompage , traitement ,stockage, distribution )… dont le coût , que cette prestation soit strictement publique ou concédée , est dans tous les cas répercuté dans votre facture d’eau en même temps que celui du traitement ( même s’il y a des variantes ) .

        Ps : mon premier boulot de jeune ingénieur a été le calcul de réseaux de distribution d’eau , méthode Hardy Cross .

    3. à juannessy
      clà me rappelle ta réflexion d’hier affirmant que tu connaissais beaucoup d’ingénieurs et autres enfants de grandes écoles  » décoiffants  »
      comme tu dis, beaucoup sont décoiffants

  6. Merci pour ce récit poético-scientifique du fonctionnement de la Nature; en vous lisant je me faisais le film en « Technicolor et Panavision » !

  7. Comment ça on ne sait pas nettoyer l’eau ? Je ne comprends pas votre phrase.
    Mon père, né en 1906, ingénieur, « fabriquait » des stations d’épuration dès la fin des années 1930, il l’a fait jusqu’à l’âge de 78 ans (1984). C’étaient les communes de part le monde qui lui commandaient et en avaient la charge financière.
    Pour votre information des stations d’épuration existent dans la plupart des communes de France et du monde. Et quand il n’y en a pas c’est un désastre sanitaire : les maladies se répandent.
    De plus on sait rendre une eau polluée, sale, chargée en déchets divers, en eau potable. C’est ce qui est fait depuis des siècles à partir de l’eau de la Seine par exemple.
    Le procédé général se fait par décantation. L’eau séjourne dans différents bassins, où elle est remuée, puis elle décante, passe à travers des filtres, jusqu’à une extrême finesse. Ce n’est qu’à la toute fin que l’on emploie un peu d’eau de javel pour la purifier de toute bactérie quand elle est destinée à la boisson. Le chlore disparait par évaporation.
    D’ailleurs il est idiot qu’il n’y ait qu’un seul circuit d’eau. Il en faudrait deux : l’un totalement purifié pour l’eau de boisson et cuisine, et l’autre pour les usages de lavage du corps et domestique.

    Ceci ne vient pas en contradiction avec les merveilles de la nature, mais ne suffisent pas.
    De plus il va bien falloir que l’on trouve le procédé maintenant pour nettoyer la mer…

    1. L’ennui qui se révèle , c’est , qu’à grands frais ( de plus en plus cher ) , on la rend

      – quelquefois  » trop  » pure ( c’est une eau « morte » comme un terrain « lessivé » de ses éléments organiques et minéraux peut l’être )

      – quelquefois encore largement chargée en éléments qu’on ne sait pas neutraliser à gros débits ( cannabis , œstrogènes , produits pharmaceutiques variés dont les français(es) en particulier sont des consommateurs délirants ) . Les poissons , mais pas que , en savent quelque chose , qui ne connaissent plus leur sexe et dont la reproduction naturelle s’écroule .

      Et , ce qu’on a extrait , il faut bien en faire quelque chose et le stocker quelque part .

      Tout le monde ne peut pas exporter ses boues plus ou moins toxiques en Afrique .

      1. Et , ce qu’on a extrait , il faut bien en faire quelque chose et le stocker quelque part .

        Ne vous inquiétez pas, une bonne partie des boues d’épuration, à condition de répondre à certaines normes (ouf!) , sont épandues dans nos champs ainsi que dans certaines de nos forêts, mais uniquement à titre expérimentale pour ces dernières.

        Une autre information intéressante complètement désespérante que je souhaite partager avec vous :
        Une étude très récente a montré chez certains individus d’une espèce de poisson ripicole la présence de micro-plastiques dans leur système digestif. La majorité de ces micro-plastiques proviennent du passage de nos vêtements synthétiques dans nos machines à laver.

    2. Ce qu’à fait votre père était très bien, mais nos connaissances ont évolué et on se rend compte aujourd’hui des limites et des conséquences de ces modes de gestion.

      Les procédés de traitement sont adaptés aux « macro-poluants » (ex. : carbone, azote, …) mais pas aux micro-polluants (médicaments, plastifiants, etc.), à cause de leur nature physico-chimique et de leur niveau de dilution (alors que, pour les substances actives : médicaments, pesticides, etc., celles-ci ont un impact sur le vivant à des concentrations très très faibles).
      Les procédés qui pourraient traiter ces micro-polluants sont hors de prix (vu les volumes à traiter).
      De ce fait, depuis un siècle, nous avons réussi à contaminer l’ensemble des masses d’eau (rivières, lacs, etc.) : 90% de ces eaux sont contaminées en Europe

      Par ailleurs, aujourd’hui, la gestion des eaux est par nature contreproductive : le tout à l’égout (et la surenchère de technologie de traitement final qui va avec) conduit à un mélange de problèmes différents, c’est un nouveau problème qu’il n’est alors plus possible de résoudre.
      C’est un peu comme si je vous disais de mélanger tous vos déchets, de les broyer et ensuite de faire du tri sélectif.

      Ainsi, il faut repenser tous nos usages de l’eau et réduire à la source nos consommation et les pollutions.
      je vous encourage à écouter les deux vidéos citées dans mon commentaire

      1. Etonné que personne ne parle des nanoparticules et de leurs dangers : car elles se retrouvent in fine dans l’eau de notre organisme ( qq 80 % de notre poids ). Si , nous sommes au courant seulement de celles produites par nos voitures !

      2. ceci étant dit, 80% de la pollution des nappes phréatiques provient des pollutions industrielles et de l’agriculture productiviste ( étude que choisir récente)
        mais peu importe, au fond, puisque la pollution, comme la dépollution, intervient en positif sur le sacrosaint pib
        de plus que dire des 30 à 40 % de gaspillage d’eau  » propre  » suite au mauvais état des canalisations

      3. @patrice dailcroix
        Disons 20 à 30 %, ce qui est déjà suffisamment énorme…
        Héritage des privatisations passées ?

    3. tout le travail de la station imite celui de la nature et les plus poussées emploient des végétaux parce qu’on ne fait pas mieux. Comme le dit d’ailleurs le constructeur de stations d’épuration Juanessy ci-dessus (et dessous)
      Ça n’enlève rien à’ l’oeuvre de votre père. Mais la France aux mille cours d’eaux est aussi le pays record pour le nombre de site pollués en Europe, 10% du total, très officiellement.
      Libre à vous de penser que des stations d’épuration peuvent remplacer les torrents de montagne (Lyon-Turin) ou les cours d’eau sortant e la plus vaste forêt domaniale du pays (Sivens), pour moi ce n’est pas exactement pareil.

      1. les cours d’eau sortant e la plus vaste forêt domaniale du pays (Sivens)

        14 km2 la plus grande forêt domaniale du pays ? Sérieux ?

  8. Bravo , chère Marie, pour ce billet passionnant, poetique et précis à la fois. Je suis toujours enchantée de te lire..

  9. Chère Marie-Paule Nougaret, merci pour ce deuxième billet , passionnant comme le premier sur l’équilibre de l’oxygène.
    Vous évoquez la « connaissance des interactions » et vous en développez brillamment, et avec pédagogie, des exemples. Dans son billet Paul Jorion refait un point sur la robotisation, au sens large, elle comprend les robots, les logiciels et maintenant toutes les interconnexions rendues possibles par le Net et qui forcément vont aboutir à une sorte de nouveau éco-système artificiel que l’on peut appeler Intelligence Artificielle, au singulier ou au pluriel…
    Il faut noter ce point : pas besoin d’embarquer une énorme puissance dans la tête du robot, même avec les progrès inouïs de la miniaturisation : Romeo a un câble mais je suppose que c’est provisoire et qu’il sera simplement relié au réseau. Donc on a bien un système d’interactions complexes en cours de constitution accélérée. On pourrait imaginer une future mise en concurrence avec les bactéries, les vraies maîtresses de la Terre…
    Je voudrais ajouter amicalement à l’attention d’Alexandre Letourneau dont j’ai apprécié l’article sur nos systèmes cognitifs et le système que toutefois il ne peut pas dire que les sujets autres que financiers ne sont pas abordés sur ce blog : vos billets et ceux sur les IA le prouvent largement !

  10. Le vieux sage chinois nous dit : si tu veux dessiner ce roseau, alors il faut être ce roseau, et pas un autre.

    C’est ainsi que peut s’établir un rapport magique avec la matière. L’art tient beaucoup à cela, pas exclusivement bien entendu, puisque l’homme a ses tripes et son cœur pour le tourmenter. J’allais oublier qu’il a aussi un cerveau.
    La sphère hypersensible à l’opposée du mollusque politicien qui, il faut le dire, a quand même une forme de sensibilité.
    Mais nous, les tard venus, appartenons à une civilisation qui s’éteint progressivement (ces temps-ci je pense beaucoup à Paul Valéry).

    Le deuil est notre horizon, les couleurs se chargeront du crépuscule, l’art, des images spectrales.

    Bref et pour donner un peu plus dans le frais, l’autre jour, j’observais avec attention une mésange charbonnière : la beauté et la perfection même. De celles que Rosa Luxemburg aimait tant. Elles chantent la vie que cela plaise ou non.

    1. Merci pour votre petit texte, cher octobre, mais je ne serais pas aussi pessimiste que vous, bien qu’on puisse avoir toutes les raisons de l’être, pessimiste.
      C’est que, lorsque vous parlez de « rapport magique », au lieu de « avec la matière » il vaudrait mieux à mon sens dire « avec la nature » (= la vie, principe suprême), et que c’est là que tout se joue.
      Mme Nougaret parle de Rémi Fraisse et de Vandana Shiva. Joan Martinez Alier de L’écologisme des pauvres (éd. Les Petits Matins-Institut Veblen, 2014). Plus modestement, je propose (plus bas) une vidéo où s’exprime un maître de permaculture, Eric Escoffier.
      C’est que, absolument partout, monte la conscientisation des dégâts infligés à la planète par le capitalisme, mais c’est aussi, et surtout, que croissent partout les solutions !
      C’est dans la tension actuelle (en gros, Monsanto vs Vandana Shiva-Marie-Monique Robin-Via Campesina pour aller vite) et son issue qu’on verra si l’humanité mérite de survivre. Mais personnellement j’ai confiance, car la compréhension douce (« féminine », là encore au sens d’un principe) progresse inéluctablement.

  11. Bonjour,

    merci pour ce billet (et les autres)

    en complément:
    des émissions radio d’une heure chacune ou Ernst Zurcher abordela filtration de l’eau par les arbres, et la quasi « creation » de nouvelle molécules d ‘H2O par les arbres.
    Ernst Zurcher
    Ernst Zurcher vers 5e minute au colloque sur l’Arbre avec Francis Hallé

    Une autre station naturelle, la moule perlière d’eau douce, qui faisait des merveilles de filtration dans nos cours d’eaux et dont le journal « La Hulotte » a fait sa dernière et passionante monographie

    Moules perlières

  12. Merci beaucoup pour ce billet sur un sujet si fondamental ! Voici un lien hyper-intéressant et même passionnant : Eric Escoffier, Thierry Casasnovas : régénération du vivant ! (permaculture et alimentation, durée 38 mn) – YouTube https://www.youtube.com/watch?v=ItV0GvLOZzM
    « Eric Escoffier est passionné de permaculture. Il donne de nombreuses formations en permaculture, organise des PDC, etc., par le biais de son association Permaculture sans frontières. Il nous explique que c’est par l’alimentation vivante, originelle et crue qu’il s’est intéressé à la culture du vivant et à la permaculture, capable de transformer des déserts en forêts et de régénérer les sols malmenés par nos systèmes désuets d’« agriculture » et, somme toute, par notre ignorance et notre avidité. » Mis en ligne par Le Chou Brave, le magazine de l’alimentation vivante et de l’abondance.

    1. Mollison et Holmgren, ça présentait un semblant de science. Là, avec nos deux « permaculteurs », on est bien davantage dans du Rudolf Steiner, tendance dérive sectaire bien trop appuyée à mon goût.

      1. Alors là très cher Monsieur, je ne vous connais pas mais question science, et surtout application de la science (très complète puisqu’il s’agit d’écologie), permettez-moi de vous informer que ledit Escoffier est au moins du niveau d’un ingénieur chevronné !

      2. Chère Madame Nivoix,

        Moi je veux bien vous croire, mais à ce compte là, le Docteur Faustroll, pataphysicien de son état, était également un grand scientifique ignoré.

        Sérieusement, quand on voit le sieur Casanova dissertait devant un bouquin d’Iridologie (https://www.youtube.com/watch?v=I4pkEH5R07o), c’est clair que ça respire la « science » avec un grand « S ». Comme il le dit « ben oui, on fait du pognon, c’est pas un monde de bisounours » !

        Un crudivore avec la bénédiction de Woody Harrelson, ça me fait immanquablement penser à un scientologue qui s’imagine danser comme Travolta.

        Edit : cerise sur le gâteau, la cour des miracles ==> la « photographe de métier » aveugle d’un oeil qui retrouve la vue grâce à une irrigation colonnique ! Grandiose : https://www.youtube.com/watch?v=kvlEcR20d3s

      3. Du pareil au même, promeuvent la même pantalonnade pour désespérés avec leurs stages (bénévoles et pour le bien-être de l’humanité) à 350 € par tête de pipe (chez Escoffier, là). Participent aux même conférences organisées ensemble. Escoffier est sans doute un peu plus malin pour éviter de faire du télé-achat fantasmagorique comme son collègue Casasnovas, mais rien que le fait d’oser se produire avec des charlatans pareils discrédite définitivement et totalement l’entreprise.

        Escoffier, ça le dérange pas au coin du bon sens de faire du bizeness avec un mec qui se produit sur des chaînes de TV antisémites et conspirationnistes ?
        https://www.dailymotion.com/video/x2hlv8v_thierry-casasnovas-on-devient-ce-qu-on-mange-meta-tv-1-4_tv?start=1263

        Désolé Hélène, mais il faut revenir à la raison là.

      4. @ Julien Alexandre : Charlatanisme nauséabond, la permaculture…. ce qu’il faut pas entendre. On voit qu’on est en France ! Eh bien, continuez à vous arc-bouter, avec la FNSEA – en n’oubliant pas d’aller au salon de l’agriculture -, sur le vieux modèle agricole mortifère (12 calories apportées pour en retirer une, tout en polluant la vie à grande échelle ce qui nous affaiblit tous, pour le plus grand profit des labos pharmaceutiques). La permaculture = pour une calorie apportée dans le système, 12 calories produites grâce au soleil et à un agro-écosystème mimant la forêt, bénéfique pour l’eau et résilient au changement climatique (pour le moment, mais si on continue la folie tout disparaîtra). Mais après tout, puisque vous détenez le savoir et faites des leçons de morale aux quelques pionniers qui émergent… Ne croyez-vous pas que nous devrions prêter attention, en tant qu’individus mais surtout société, à ce que nous mangeons, et à quel est notre état de santé ? Je parle au niveau systémique. Enviez-vous la société nord-américaine ? Avez-vous vraiment écouté la vidéo que je conseille ci-dessus, avant de dire que c’est le Diable ?

      5. @ Hélène

        La permaculture, c’est du folklore, comme l’agriculture biodynamique dérivée de Steiner. À la limite je m’en fous. Non, rien de scientifique là-dedans. D’ailleurs il suffit de voir les apologues : ils parlent d’un « mode de vie ». Oui, très bien, y a les Amish, y a les Permaculteurs, qu’ils restent entre eux, tout va bien.

        Par contre, les deux guignols rachitiques (c’est ça l’exemple de « bonne santé » qu’ils vendent avec leur mode de vie ? Le type à droite qui confesse dans une autre vidéo qu’il est dans cet état là parce qu’il était bourré et drogué en permanence…) qui font du bizness et rien que du bizness sur la crédulité de pauvres gens, dont au moins l’un des deux se répand par ailleurs avec ses amis antisémites conspirationnistes sans que ça ne dérange visiblement l’autre qui se produit avec lui, son « grand ami » : kif kif bourricot.

        Savez-vous Hélène que l’un de vos deux permaculteurs est dans le viseur de la Milivudes depuis des années (celui qui guérit les cancers avec son extracteur de jus à 300 €, et qui restaure la vue des aveugles en leur lavant les intestins) ? C’est sans doute un complot pour étouffer la « vérité », n’est-ce pas ?

        Si vous êtes remontée parce que vous vous êtes fait plumer de 350 € dans un de leurs stages à la noix, je compatis. Mais arrêter de nous diffuser ces inepties, de pauvres gens se font plumer derrière et ça n’est pas acceptable.

      6. On attend l’avis de Vigneron .

        Mais mes deux ingénieurs agronomes familiaux me disent que l’on aurait tort de maltraiter ou trahir les attendus de la permaculture qui fait partie de l’expertise historique de la paysannerie , même si on ne l’appelait pas comme ça .

      7. Juannessy, les attendus sont les mêmes que dans l’agriculture bio, c’est pas le problème. Le souci, c’est le pognon que se font sur le dos de gogos les deux clowns rachitiques au nom d’une « science » qui n’en est pas une.

        Sérieusement, vous avez vu les vidéos honteuses d’un des deux qui guérit la cécité en lavant le gros intestin à la flotte ? Où qui prétend guérir (pas prévenir, guérir) des cancers avec du jus de mirabelle ?

      8. Julien,

        Pitié, arrêtez de taper sur la permaculture, vous n’y connaissez rien et dites n’importe quoi.
        La permaculture est seulement le nouveau nom que l’on donne à la culture historique paysanne. On redécouvre aujourd’hui en s’extasiant comment les maraîchers nourrissait Paris à la fin du XIX… C’est très bien, utile et nécessaire.
        Et ça attire les charlatans, bien sûr.

        Un peu de modération dans vos propos nous ferait le plus grand bien, fatigué en ce moment ?

      9. Oui bluegreen, le feng shui c’est aussi la « culture historique paysanne » chinoise. C’est pas pour autant qu’il faille appeler ça de la « science ».

        Et c’est pas moi qui ait choisi les exemples pitoyables et nauséabonds d’Hélène, je me contente de les dénoncer, car ils font en effet plus de tort que de bien aux gens bien intentionnés qui veulent gentiment cultiver leur jardin comme bon leur semble et qui ont parfaitement le droit de le faire de mon point de vue, en permaculture, en bio-dynamique ou en je ne sais quoi d’autre.

      10. La permaculture comme je l’ai compris, c’est s’aider de nos fabuleuses connaissances longuement acquises sur toute la surface du globe pour se nourrir et restaurer la nature, moi vois pas problème!
        Jsais pas ce qu’il vaux, mais ya un pro dans c’doc, https://www.youtube.com/watch?v=trZ8Iyq4kpc , faudrait qu’il en parle, et qu’il s’exporte.

      11. Merci Lucas. On voit tout de suite la différence d’esprit entre les types de bonne volonté, qui font ça bénévolement et même dans ce cas-ci sans argent du tout, et les guignols qui surfent sur une vague pour faire du pognon sur le dos de gogos.

      1. Si vous saviez comme il s’en tape « le capitalisme » de la permaculture et des banques de graines et de leur prétendue subversion..,

  13. « La permaculture, c’est du folklore », c’est comme si vous disiez « Edward Snowden, c’est du folklore ». A propos de la Miviludes : « Beaucoup de citoyens savent aujourd’hui, à la suite des nombreux scandales sanitaires qui ont émaillé dernièrement l’actualité, combien le système institutionnel s’est compromis avec le pouvoir de l’argent et les intérêts économiques. Et la Miviludes est le dernier verrou idéologique maintenu par le pouvoir pour préserver le monopole médical face à l’explosion du nombre de démarches thérapeutiques. » (extrait de : Le gouvernement publie sans débat contradictoire une liste noire de médecines douces | Ouvertures.net, Le temps du citoyen
    http://www.ouvertures.net/le-gouvernement-publie-sans-debat-contradictoire-une-liste-noire-de-medecines-douces/)

    1. Bien sûr, Hélène, bien sûr. Comme par hasard, voici donc Robert Ménard à la rescousse pour dénoncer la Miviludes. De mieux en mieux.

      Et sur le site Ouvertures de l’inénarrable JLML, militant de la reconnaissance des sectes en France (dont la scientologie, ce qui explique que vous n’étiez pas choquée par mon analogie au passage) :

      http://www.ouvertures.net/letat-condamne-pour-deni-de-justice-envers-la-scientologie/

      http://www.ouvertures.net/anne-morelli-le-choix-entre-la-designation-secte-et-religion-est-un-choix-politique/

      Ne trempez pas ce pauvre Snowden, qui n’a rien demandé, avec vos guignols sectaires.

    1. Je pense et j’espère que nous arriverons un jour à la gratuité pour l’essentiel, mais pour l’heure vivre dans la gratuité comme Benjamin Lesage, c’est parasiter amicalement ceux qui travaillent dans le système

Les commentaires sont fermés.